21 novembre 201923:29

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 21 novembre 2019

2404-21-11-2019

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Sur la future participation de Sergueï Lavrov au Conseil des ministres des Affaires étrangères du G20 au Japon 

 

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et ses homologues du G20 participeront à la rencontre des chefs de diplomatie des États membres du Groupe qui se déroulera du 22 au 23 novembre à Nagoya (Japon).

Cet événement se tiendra dans le cadre de la présidence japonaise de ce forum en 2019. Conformément à l'ordre du jour, les ministres débattront du libre-échange et de la gouvernance mondiale, de la mise en pratique des objectifs de développement durable et du partenariat multilatéral dans l'intérêt de l'Afrique.

Le dernier sommet du G20, qui a eu lieu du 28 au 29 juin dernier au Japon en présence du Président russe Vladimir Poutine, a confirmé la pertinence et la durabilité de ce format dans le contexte des risques croissants de fragmentation de l'espace économique global. C'est particulièrement important dans la mesure où plusieurs formats interétatiques font du sur-place. La déclaration finale du sommet a fixé la volonté des leaders de conserver et de renforcer le système de gestion économique globale, de moderniser ses institutions telles que l'OMC ou le FMI. Les participants au sommet ont adopté une déclaration spéciale sur la prévention et la lutte contre le terrorisme sur les plateformes en ligne et les réseaux sociaux. 

Le G20 est aujourd'hui une structure élargie de gouvernance mondiale, qui représente les intérêts de tous les acteurs-clés et adopte des décisions sur la base des principes de consensus. Son importance augmente davantage dans le contexte des divergences géopolitiques et de la percée du protectionnisme que l'on constate actuellement. Le G20 a réalisé des accomplissements sérieux: une réforme solide du système fiscal international, de la surveillance bancaire et des mécanismes de coopération des États dans la lutte contre la corruption. Le forum se penche concrètement sur les questions relatives à l'économie numérique, au renforcement du potentiel humain, aux investissements dans l'infrastructure, à l'énergie, au commerce, au climat et à la protection de l'environnement.

Le G20 regroupe deux tiers de la population de la planète et environ 80-85% de toute la production mondiale. Ses décisions ont une influence concrète sur le fonctionnement des marchés globaux, sont capables de leur donner une accélération sérieuse. L'organisation incarne également les changements en cours des rapports de forces dans l'économie mondiale. La part des pays développés dans le PIB par habitant à parité de pouvoir d'achat a diminué de 58% à 40% depuis 25 ans. Parallèlement, le poids des pays émergents ne cesse de croître.   

L'Arabie saoudite reprendra la présidence du G20 dès le 1er décembre 2019. La Russie axera ses actions sur un travail étroit avec ses partenaires saoudiens afin d'assurer la continuité dans les affaires du groupe.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devrait participer à une série de rencontres bilatérales avec ses homologues. La première - son entretien avec le Ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi - se déroulera le 22 novembre. Le 23 novembre, il mènera des pourparlers bilatéraux avec nos collègues chinois et participera à tout un nombre d'autres rencontres, au sujet desquelles nous ferons une annonce supplémentaire.  

 

Sur les futurs pourparlers de Sergueï Lavrov avec le Ministre des Affaires étrangères du Népal, Pradeep Kumar Gyawali  

 

Le Ministre népalais des Affaires étrangères, Pradeep Kumar Gyawali, se rendra le 25 novembre à Moscou pour une visite de travail à l'invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Ils débattront des questions d'actualité relatives aux rapports russo-népalais, y compris de l'approfondissement du dialogue politique, de l'élargissement de la coopération dans le domaine commercial, économique, ou encore humain, notamment en matière de tourisme, ainsi que du perfectionnement de la base juridique bilatérale.

L'examen de l'ordre du jour international et régional portera une attention spéciale à l'approfondissement de la coopération au sein des organisations internationales, avant tout l'Onu et ses institutions spécialisées.  

 

Sur la visite de travail en Russie du premier Vice-Ministre des Affaires étrangères de la Chine, Le Yucheng  

 

Lundi 25 novembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accueillera le premier Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères, Le Yucheng. Le même jour, le premier Vice-Ministre russe des Affaires étrangères Vladimir Titov participera à des consultations avec son homologue chinois. Le Yucheng devrait également s'entretenir avec les Vice-Ministres russes des Affaires étrangères Igor Morgoulov et Andreï Roudenko.

Ils débattront de l'état actuel des relations bilatérales et des moyens d'approfondir davantage la concertation des actions de la Russie et de la Chine en matière de politique étrangère. Les rencontres les négociations et les contacts seront assez chargés.

 

Sur la future visite en Russie du Ministre des Affaires étrangères de l'Islande, Gudlaugur Thór Thórdarson 

 

Le Ministre islandais des Affaires étrangères Gudlaugur Thór Thórdarson se rendra à Moscou le 26 novembre pour une visite de travail.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront l'état actuel et les perspectives des relations bilatérales, ainsi que les moyens d'intensifier la coopération dans le domaine commercial, économique, et socioculturel. Ils échangeront également leurs avis sur les thèmes d'actualité de l'ordre du jour international.

Ils mettront l'accent sur la coopération au sein du Conseil de l'Arctique, qui est considéré par la Russie et l'Islande comme la plateforme-clé de décisions collectives en matière d'assurance du développement durable de l'Arctique.

Nous espérons que la visite de Gudlaugur Thór Thórdarson favorisera l'élargissement de la dynamique positive de la coopération russo-islandaise, ainsi que l'approfondissement du dialogue entre nos pays sur les problèmes régionaux et internationaux. Avant la visite, nous publierons également des informations supplémentaires et plus détaillées sur les relations bilatérales.

 

Sur la future participation de Sergueï Lavrov à la réunion conjointe du Conseil des ministres des Affaires étrangères, du Conseil des ministres de la Défense et du Comité des secrétaires à la sécurité nationale de l'Organisation du Traité de sécurité collective à Bichkek

 

Mercredi 27 novembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion conjointe du Conseil des ministres des Affaires étrangères, du Conseil des ministres de la Défense et du Comité des secrétaires à la sécurité nationale de l'Organisation du Traité de sécurité collective. Cet événement se déroulera à Bichkek en prévision de la réunion du Conseil de sécurité collective de l'OTSC du 28 novembre.

Sous la présidence du Ministre kirghiz des Affaires étrangères, la réunion permettra de dresser le bilan de l'activité de l'Organisation dans la période qui s'est déroulée entre les sessions (2018-2019). Les participants évoqueront la situation militaire et politique dans les régions de sécurité collective de l'OTSC. La réunion conjointe prévoit également d'aborder les questions qui seront portées à l'examen du Conseil de sécurité collective de l'OTSC, notamment la Déclaration sur le perfectionnement de la coopération et du partenariat pour le renforcement de la sécurité internationale et régionale, ainsi que le Plan d'événements commémoratifs des 75 ans de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945.

Les Ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTSC examineront un projet de déclaration commune sur les efforts de stabilisation de la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et devraient adopter la Liste des thèmes des déclarations communes en 2020.

Lors de la session du Conseil de sécurité collective, le Kirghizstan en transmettra la présidence à la Russie. Sergueï Lavrov devrait informer ses collègues des orientations prioritaires de l'activité de l'OTSC sous la présidence russe de l'Organisation.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

Nous avons constaté un article du quotidien américain The New York Times du 14 novembre au titre curieux: "L'enquête de l'Onu sur les frappes contre les hôpitaux syriens pourrait être torpillée en résultat d'une influence limitée de la Russie". Cette idée a servi de titre à la publication et domine cette dernière.

Pour parler brièvement du contenu de l'article, ses auteurs ont déjà tenté par le passé de "prouver" l'implication de la Russie dans le bombardement des sites médicaux dans le Nord-Ouest de la Syrie en recherchant des informations sur internet et les réseaux sociaux. Dans ce cas concret, ils soulignent la pression que la Russie exercerait sur la commission intérieure créée, selon eux, par le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres afin d'enquêter sur les attaques contre les hôpitaux syriens. La Russie serait opposée à la publication des résultats du travail de la commission.

Vous pouvez former votre propre jugement sur ces fake news, ces insinuations, ce travail malhonnête des journalistes. Ce n'est évidemment pas la première fois que nous faisons face à des enquêtes politisées et peu professionnelles publiées par la presse occidentale. Elles s'appuient en général sur l'altération des faits, des accusations qui ne se fondent pas sur des preuves mais sur des informations de prétendues "sources fiables". La publication du New York Times ne fait pas exception. 

Quelles informations auraient dû connaître les auteurs avant de s'occuper d'enquêtes de ce genre? La commission intérieure n'a pas été créée le 1er août dernier par le Secrétaire général de l'Onu afin de désigner les coupables (il semble que c'est que les journalistes voudraient). Son objectif est de perfectionner les critères d'évaluation et d'identification des sites d'infrastructure civile - ladite "déconfliction" - appliqué par différentes agences de l'Onu dans la zone des conflits armés. Ce mécanisme est en effet loin d'être parfait. Ce n'est pas évident pour nous seuls. Les arguments russes à ce sujet ont été à plusieurs reprises évoqués lors des réunions du Conseil de sécurité de l'Onu sur la situation en Syrie, ainsi que dans le cadre du dialogue direct avec les médias. Il n'existe aucune pression secrète, aucune tentative de détourner le travail des experts, mais une position directe d'un État, confirmée par des arguments. Lors de la conférence de presse du 16 septembre (elle a été publiée le 14 novembre, près de deux mois après), Vassili Nebenzia, ambassadeur russe auprès de l'Onu, a encore une fois présente un dossier considérable contenant des estimations critiques concernant le processus de déconfliction.

Nous regrettons que le New York Times ne fasse pas attention et n'organise pas ses propres enquêtes sur les attaques pratiquement quotidiennes des terroristes, notamment des combattants de l'organisation Hayat Tahrir Al-Cham et d'autres groupes terroristes et radicaux alliés à cette organisation qui tuent en effet les civils et torpillent la situation dans la région en frappant les écoles, les établissements médicaux, les camps de réfugiés et d'autres sites d'infrastructure civile. Mais cela n'intéresse visiblement aucun collaborateur de la rédaction du quotidien. C'est regrettable…

En réalité, la population civile des territoires non-contrôlés par le gouvernement, y compris dans le Nord-Ouest, souffre des exactions des terroristes qui tentent - avec le soutien des sponsors étrangers (je voudrais bien savoir si les journalistes de The New York Times savent qui jouent ce rôle) - de se présenter comme des représentants de l'"opposition modérée" et de l'"administration locale". Il est à noter qu'ils répriment sévèrement toutes les contestations locales. Ainsi, les habitants de Kafr Takharim qui avaient exprimé leur mécontentement contre l'arbitraire des autorités autoproclamées se trouvent depuis longtemps assiégés par les radicaux, coupés du monde extérieur. 

Ce sont des faits qui ne suscitent pas vraiment d'intérêt car ils contredisent la tonalité fixée par l'establishment politique de Washington. Nous entendons tellement parler de fake news et de propagande: en voilà un exemple concret. S'ils peuvent nous répondre, nous écouterons avec plaisir leurs arguments. Mais ils préfèrent en général ignorer tout ce que nous disons. Nous continuerons de parler, pour que ce soit remarqué.

 

Sur la situation actuelle au Venezuela

 

La situation au Venezuela reste tendue, mais il y a aussi des signes encourageants. Les actions de rue des parties en conflit se sont heureusement déroulées sans aucun incident sérieux. Nous avons constaté que le nombre de manifestants de l'opposition s'était considérablement réduit. En même temps, malgré les sanctions et la pression de Washington, le dialogue entre le Gouvernement et l'opposition se poursuit. Nous sommes heureux que d'autres pays de la région soutiennent ces efforts.

Une nouvelle rencontre s'est déroulée le 18 novembre dans le cadre du "Mécanisme de Montevideo" - format créé par le Mexique, l'Uruguay et les pays de la Communauté caribéenne (CARICOM) afin de favoriser le règlement au Venezuela. La déclaration finale de la réunion souligne la nécessité de trouver une solution pacifique et démocratique à la situation compliquée, de crise, et l'impératif que ce soient les Vénézuéliens-mêmes qui déterminent l'avenir du pays. Elle souligne les initiatives concertées par le Gouvernement et l'opposition, notamment la reprise de la participation des députés socialistes aux travaux de l'Assemblée nationale, l'arrêt de l'enquête sur les opposants, le lancement du travail sur le renouvellement du Conseil électoral national. Il faut surtout mentionner le rejet, par les pays de la région, de l'activation du Traité interaméricain d'assistance réciproque (Pacte de Rio), qui a été créé afin de prévenir une agression entre les États et pas régler les crises humanitaires.

Nous apprécions grandement l'approche mesurée des pays du Mécanisme de Montevideo qui respectent les principes de la Charte de l'Onu et des normes du droit international. Nous avons souligné à plusieurs reprises que la recherche d'une solution politique inclusive par les Vénézuéliens-mêmes par le dialogue politique, sans aucune condition préalable et aucune ingérence extérieure, était le seul moyen de résoudre les divergences vénézuéliennes de manière pacifique.

La politique responsable de ce groupe d'États contraste surtout avec la position de Washington qui ignore obstinément les changements positifs survenus dans les négociations entre le Gouvernement et l'opposition au Venezuela. Nos collègues américains continuent d'appeler à la destitution du Président légitime, ce qui contredit le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains. Nous le soulignons régulièrement, mais je vais le répéter encore une fois: l'objectif de la communauté internationale est de favoriser la compréhension mutuelle entre les différentes forces politiques vénézuéliennes, et pas d'aider une certaine partie du conflit.

Nous estimons que cela cache une volonté de déstabiliser la situation au Venezuela dans le contexte de la politique générale de reformatage de l'Amérique latine dans l'esprit de la réanimation de la "doctrine Monroe". Faute d'idées, les outils de destitution du gouvernement légitime restent les mêmes: le raffermissement des mesures unilatérales illégitimes, le soutien infaillible à Juan Guaido en perte de popularité, la poursuite de la campagne de propagande anti-Maduro et du travail de torpillage - géré de l'étranger - à l'intérieur du pays.

Nous sommes particulièrement préoccupés par l'approche non objective de certains médias qui se tiennent à la politique des doubles standards dans la couverture de la situation dans les pays d'Amérique latine. Notamment, en ce qui concerne le Venezuela, nous constatons des accusations totales et sans appel contre les autorités légitimes, ainsi qu'un silence absolu sur les actions illégales de l'opposition radicale. La plupart des médias des États occidentaux continuent de raconter des histoires sur les contestations antigouvernementales massives en passant sous silence le progrès dans les négociations entre le Gouvernement et l'opposition. En même temps, l'utilisation excessive de la force contre les manifestants ou les violations de l'ordre constitutionnel ne suscitent pas cette réaction dans d'autres pays, y compris de la part des médias. Cela détruit les principes du journalisme honnête et indépendant. Je voudrais constater plus de préoccupation pour le sort des personnes réelles et plus d'objectivité dans la couverture des événements dans la région. Ce sont les citoyens ordinaires, et la société en général, qui sont les victimes de cette approche conjoncturelle et peu objective basée sur le fait de se permettre d'influer.

 

Sur la situation autour de la Bolivie

 

Notre position sur les récents événements en Bolivie a été clairement présentée par le Président russe Vladimir Poutine en conférence de presse le 14 novembre dernier à Brasilia, tandis que ses aspects juridiques ont été précisés par les dirigeants du Ministère russe des Affaires étrangères - le Ministre Sergueï Lavrov et le Vice-Ministre Sergueï Riabkov. En particulier, les estimations présentées en réponse à une question de l'agence Prensa Latina et publiées sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères restent toujours d'actualité. Nous les avons reconfirmées à plusieurs reprises - et c'est ce que je fais aujourd'hui encore.

Malheureusement, la situation politique et sociale dans le pays reste tendue. On constate toujours un potentiel déstabilisant dans le contexte du problème non résolu de la légitimité des nouveaux dirigeants, arrivés au pouvoir en résultat d'actions comportant plusieurs éléments d'un coup d'État. Qui plus est, il s'agit désormais non seulement d'affrontements entre les partisans et les opposants à Evo Morales, mais aussi d'une confrontation potentielle sur une base ethnique et sociale.

Il ne faut pas oublier un fait très important: le nom officiel du pays est "État plurinational de Bolivie". Nous comprenons bien les répercussions d'un conflit national éventuel, surtout s'il est sciemment réchauffé et encouragé de l'étranger. C'est une sphère très précise, un matériau très compliqué. On peut très rapidement le détruire, mais sa reconstruction est très compliquée. La Bolivie est un État multiethnique dominé par la population autochtone, amérindienne. Elle a 37 langues officielles (pour une population de 10,5 millions de personnes).

Dans ce contexte, nous sommes toujours préoccupés par les déclarations de certains politiciens boliviens qui jouent actuellement les premiers rôles, mais sont connus pour leurs opinions d'extrême-droite. Ils appellent ouvertement à une confrontation raciale et de classes. En même temps, un décret du chef d'État provisoire Jeanine Áñez annule la responsabilité des militaires et des structures de force dans la répression des manifestations. Cette décision s'est soldée par la hausse du nombre de victimes et a été condamnée par la Commission interaméricaine des droits de l'homme pour sa "non-conformité avec les standards internationaux dans le domaine de la protection des droits de l'homme" et ses "atteintes au droit, à la vérité, à la justice et aux normes internationales".

Selon nous, il est important d'écouter l'opinion de la Haut-Commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme - en tant qu'ancienne Président chilienne, Michelle Bachelet connaît parfaitement la région et ses problèmes - qui a évoqué un risque de "scission de la Bolivie", le danger que les "actions répressives des autorités ne fassent que renforcer l'indignation et mettre en péril toute avancée possible vers le dialogue", ce qui pourrait faire sortir la situation hors de tout contrôle.

Nous appelons les autorités provisoires boliviennes à promouvoir un agenda unificateur au lieu de se focaliser sur l'instigation de la haine. C'est le seul moyen pour la Bolivie de surmonter le test difficile auquel elle fait face actuellement.

Nous confirmons encore une fois que l'intérêt de la Russie est de voir une Amérique latine stable politiquement et économiquement. Cela concerne naturellement la Bolivie, avec laquelle nous avons des liens historiques d'amitié et une coopération mutuellement avantageuse.

Pourquoi est-ce que je répète à chaque fois pratiquement la même phrase sur les intérêts de la Russie?  Il y a des raisons à cela, pas théoriques mais tout à fait concrètes. Le fait est qu'on constate des fake news concernant la position de la Russie et ses intérêts dans certains pays ou dans la région en général, qui apparaissent à l'extérieur de la région ou parfois dans les pays de cette dernière, dans leur espace médiatique. Cela concerne des publications, des articles comprenant des citations imaginées et des faits montés de toutes pièces. Il y en a énormément. Nous sommes en mesure de dépister et de démentir immédiatement certaines publications, mais d'autres ne peuvent pas être vérifiées car elles se multiplient très rapidement. Vous avez chaque fois la possibilité de consulter la source - le Ministère russe des Affaires étrangères - et confirmer notre intérêt pour les relations que nous voulons réellement développer avec la région en général, tout comme avec des pays concrets. Il s'agit d'une Amérique latine politiquement et économiquement stable, liée à nous par des relations historiques d'amitié. Nous voulons développer des relations mutuellement avantageuses et respectueuses avec cette région dans tous les domaines.   

 

Sur le déroulement à New York de la Conférence sur la création au Moyen-Orient d'une zone exempte d'armes de destruction massive et de leurs vecteurs

 

New York accueille du 18 au 22 novembre la Conférence sur la création au Moyen-Orient d'une zone exempte d'armes de destruction massive et de leurs vecteurs.

La création de cette zone a été prévue par la résolution de la Conférence d'examen et de prolongation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 1995. La Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni, pays initiateurs du TNP, étaient les coauteurs de cette résolution.

La zone exempte d'armes de destruction massive est toujours l'un des sujets les plus importants dans le cadre du processus d'examen du TNP. Sa création apporterait une contribution importante au renforcement du régime de non-prolifération nucléaire.

Malheureusement, la résolution de 1995 n'est toujours pas entrée en vigueur à cause de la position de certains États-clés de ce processus.

La Conférence d'examen du TNP de 2010 a chargé le Secrétaire général de l'Onu de convoquer - avec le soutien de la Russie, des États-Unis et du Royaume-Uni - une conférence à ce sujet. Cependant, cela n'a pas été fait à cause du refus d'Israël d'y participer et du changement ultérieur de la position des États-Unis et du Royaume-Unis. La conférence d'examen de 2015 n'a pas non plus permis d'atteindre les ententes nécessaires en raison d'une position peu constructive des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada qui ont torpillé l'adoption du texte final, si l'on appelle les choses par leur nom.

La conférence actuelle se déroule en conformité avec la résolution de l'Assemblée générale de l'Onu adoptée en décembre 2018 à l'initiative des États arabes. La Russie a soutenu cette décision.

Nous espérons que cette conférence servira de point de départ à la mise en pratique de la résolution 1995 et constituera un progrès considérable vers le règlement de la situation et le renforcement de la sécurité au Moyen-Orient, ce qui, à notre avis, devrait être dans l'intérêt de tous les pays de la région.

Nous espérons que le nombre de participants à ce processus s'élargira et que ce dernier aboutira à la signature des ententes appropriées sur la formation au Moyen-Orient d'une zone exempte d'armes de destruction massive. De notre côté, nous offrirons tout le soutien possible à ce travail.

Mikhaïl Oulianov, chef de la délégation russe et Représentant permanent de la Russie auprès des organisations internationales à Vienne, a prononcé un discours à l'ouverture de la conférence. Le texte de son intervention a été publié sur les pages officielles du Ministère russe des Affaires étrangères et de la Représentation permanente de la Russie auprès de l'Onu à Vienne.

 

Sur la pression de Washington sur le Caire en raison de la volonté égyptienne d'acheter les chasseurs russes Su-35

 

Nous avons constaté des menaces directes des responsables américains d'introduire des sanctions contre l’Égypte en raison de sa volonté d'étudier l'achat éventuel de chasseurs russes Su-35. C'est un nouvel exemple de comportement très agressif. Il s'agit malheureusement du style de Washington, que nous observons depuis des années. Des dizaines de pays d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine - de toutes les régions du monde - font face à ce comportement américain.

Il existe des preuves indiquant que les États-Unis font tout leur possible pour empêcher le développement des liens de la Russie avec d'autres États. Suite à l'échec de la conception et de la tentative d'isolement de la Russie, ils sont passés au "plan B". Autrement dit, ils ont tout simplement commencé à nous faire obstacle par tous les outils et tous les mécanismes. Cela concerne également la coopération militaire et technique. Ils ont introduit des sanctions contre la Russie et tentent actuellement de les utiliser pour faire peur à nos partenaires, qui préfèrent les armes russes d'excellente qualité.

Si nous le comprenons bien, les spin-doctors qui se trouvent derrière cette conception de Washington tentent de faire coup double: nuire à la Russie en torpillant ses contrats et imposer en même temps les armes américaines aux acheteurs étrangers. S'ils veulent vendre leurs armes, il leur faut se rappeler de la concurrence libre fondée sur le bénéfice, la décision libre et les avantages concurrentiels. Quand ils oublient les principes de l'économie de marché, ils frappent notamment le produit qu'ils tentent de vendre eux-mêmes. En utilisant la pression politique et une rhétorique agressive, ils ne font que nuire à eux-mêmes.

Quelles en sont les raisons? Leurs armes, plus chères, pourraient s'avérer moins compétitives car elles s'avèrent souvent obsolètes. Autrement dit, nous constatons une combinaison de la promotion de leurs propres intérêts géopolitiques et de la tentative d'imposer des solutions toutes faites au lieu de s'appuyer sur les principes de concurrence libre afin d'obtenir un bénéfice commercial.

De moins en moins d'acteurs permettant à Washington de leur dicter quoi acheter et à qui, qui consentent à céder une partie de leur souveraineté en faveur des États-Unis, et à perdre leur avantage. Tout comme nos amis égyptiens, la majorité des partenaires de la Russie dans le monde préfèrent adopter les décisions autonomes en se laissant guider par le rapport entre le prix et la qualité. Comme vous vous le rappelez parfaitement, même un pays membre de l'Otan, la Turquie, a choisi un système antiaérien russe malgré toutes les intimidations, les menaces, les pressions etc. de la part des Américains.   

La méthode des menaces s'est complément discréditée, notamment à cause du niveau de leur mise en œuvre de la part des États-Unis. En faisant pression sur d'autres pays, l'Amérique ne fait que torpiller la confiance qu'on lui porte, fait encore une fois réfléchir le monde à la nécessité de renoncer au dollar dans les transactions commerciales, car cette devise a cessé d'être un outil de relations de marché et d'échanges normaux. Le dollar s'est transformé en levier de la politique étrangère de Washington. Quand il n'y a que la politique, et que l'économie de marché et les principes de liberté du commerce non seulement sont repoussés en arrière, mais sont en général absents, c'est absolument inacceptable.   

 

Sur la reconnaissance de l'espace comme une sphère d'opérations de l'Otan

 

Hier, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan à Bruxelles, a été annoncée la reconnaissance de l'espace comme une nouvelle sphère d'opérations de l'Otan sur le même plan que la terre, les airs, la mer et le cyberespace.

Les déclarations de ce genre suscitent des préoccupations. La planification militaire de l'Alliance vise la supériorité dans tous les milieux avec toutes les conséquences qui s'ensuivent - la militarisation et l'escalade des tensions. Aujourd'hui, l'Alliance s'en prend à l'espace.

Nous suivrons attentivement la mise en œuvre des promesses du secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg concernant l'absence de volonté de déployer des armes dans l'espace. Nous appelons les pays de l'Otan à soutenir nos efforts visant la prévention de la course aux armements dans l'espace, qui pourrait influer de manière très négative sur la sécurité internationale et la stabilité stratégique.

Nous estimons que la transformation de l'espace en arène d'affrontement armé ne répondrait aux intérêts d'aucun pays du monde, d'aucun pays membre de l'Otan.

 

Sur l'adoption de la résolution de l'Assemblée générale de l'Onu sur le rapport du Comité des relations avec le pays hôte

 

Mercredi 20 novembre, la Sixième commission de l'Assemblée générale de l'Onu a adopté une résolution sur le rapport du Comité des relations avec le pays hôte.

La résolution constitue une réponse à la crise sans précédent liée au non-respect, par les États-Unis, de leurs engagements dans le cadre de l'Accord de siège de l'Onu de 1947. Les autorités américaines n'avaient jamais abusé de manière si ostentatoire de leur statut de pays hôte des Nations unies. Ainsi, Washington a refusé d'octroyer un visa à 18 membres de la délégation russe, ainsi qu'à un certain nombre de délégués d'autres pays. Les diplomates iraniens et cubains des missions de ces pays auprès de l'Onu et des délégations venues de leurs capitales ont fait face à des limitations de déplacement très sévères. Les Américains n'ont toujours pas restitué les locaux de la Représentation permanente russe, bloqués depuis 2016. 

L'Assemblée générale a exprimé sa préoccupation sérieuse vis-à-vis du non-octroi des visas et a clairement et directement indiqué à Washington la nécessité de délivrer immédiatement des visas d'entrée sans aucune exception à tous les délégués des États membres venant à New York afin de participer aux événements organisés par les Nations unies, ainsi que d'annuler les limitations de déplacement imposées aux collaborateurs des représentations. L'application du principe de réciprocité envers les délégations accréditées auprès de l'Onu a été reconnue comme inacceptable.

La résolution exige que Washington règle tous les problèmes existants dans des délais raisonnables et limités. Elle souligne que, dans le cas contraire, l'Assemblée générale examinera tout à fait sérieusement le recours éventuel aux mesures prévues par le point 21 de l'Accord de siège de l'Onu, qui prévoit la possibilité de saisir une cour d'arbitrage d'un litige avec les États-Unis.

La résolution appelle le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres à intervenir dans la situation pour assurer le fonctionnement normal du Secrétariat de l'Onu et des représentations permanentes à l'aide des mécanismes juridiques à sa disposition.

Nous comptons sur une mise en œuvre rapide de toutes les recommandations du Comité des relations avec le pays hôte figurant dans son rapport et reflétées dans la résolution.

Nous voudrions rappeler encore une fois aux autorités américaines que la possibilité d'accueillir le siège de l'Onu sur leur territoire constitue un privilège offert au Gouvernement des États-Unis en lien avec les garanties du respect de ses engagements vis-à-vis de l'organisation mondiale et de ses membres. Nous ferons tout pour obtenir leur mise en œuvre complète.  

 

Sur la situation des médias russes en Lettonie

 

Des nouvelles nous sont parvenues sur la situation de la liberté d'expression en Lettonie, qui suscitent peu d'optimisme. Elles concernent la politique de répression contre les médias menée par les autorités de ce pays.

Le Conseil national sur les médias électroniques de la Lettonie a décidé le 20 novembre d'interrompre la transmission de neuf chaînes russophones sur le territoire de la république. Cela concerne Peterburg - 5 kanal, Dom kino, Dom kino premium, Vremia: dalekoïe et blizkoïe, Mouzyka Pervogo, etc. En tant que prétexte, l'organisation avance le fait que le bénéficiaire final de ces chaînes est Iouri Kovaltchouk, qui fait l'objet de sanctions de l'UE.

Autrement dit, Riga a trouvé un nouveau prétexte pour poursuivre sa politique illégitime visant la limitation de l'accès des citoyens russophones du pays aux sources d'information alternatives. Rappelons que le régulateur letton a déjà interdit la retransmission de chaînes russes, notamment de Rossiya-RTR, et a bloqué cet été l'accès au site Baltnews.lv appartenant à l'agence de presse Rossiya segodnya. Cette décision n'était liée à aucune personnalité. Les prétextes sont différents, le résultat est le même: le blocage des médias. Il ne s'agit pas de l'imposition de conditions impossibles, mais de la création de situations qui empêchent physiquement les médias de faire leur travail.

Ces actions discriminatoires des autorités lettones vis-à-vis des médias russes et ces tentatives ouvertes de nettoyer l'espace médiatique des points de vue alternatifs voire indésirables constituent une violation grossière du droit international en ce qui concerne la liberté d'expression et l'accès égal à l'information.

Nous appelons les structures internationales spécialisées et les ONG à réagir à cette situation. Nous avons déjà envoyé des matériaux aux structures compétentes, notamment à l'OSCE, et nous apportons actuellement des faits supplémentaires. Nous attendons une réaction. Nous continuerons de suivre ce thème. 

  

Sur la cérémonie solennelle de pose de la première pierre des fondations d'un monument en hommage aux défenseurs de Leningrad assiégé

 

La cérémonie solennelle de pose de la première pierre des fondations du monument "La bougie de la mémoire" s'est déroulée le 12 novembre à Jérusalem. Il s'agit d'un ensemble consacré à l'exploit des défenseurs et des habitants de Leningrad assiégé pendant la Grande Guerre patriotique 1941-1945. Étaient présents l'Ambassadeur russe en Israël Anatoli Viktorov, une délégation de l'administration de Saint-Pétersbourg, des députés de la Knesset, le maire de Jérusalem, des représentants du Ministère israélien des Affaires étrangères, des associations sociales, religieuses et de vétérans de la Russie et d'Israël, des bienfaiteurs et des philanthropes. Le monument devrait être inauguré lors de la visite du Président russe Vladimir Poutine en Israël.

En Israël vivent 1 308 survivants du siège de Leningrad et environ 7 000 vétérans qui considèrent comme sacrée la mémoire des événements de la Grande Guerre patriotique. Comme le mémorial Piskarev de Saint-Pétersbourg qui abrite les restes de 40 000 Juifs, le monument des défenseurs de la ville assiégée en Israël renforcera la compréhension commune du sens de cette période tragique de l'histoire commune, et transmettra aux jeunes et aux futures générations la représentation réelle de l'héroïsme, ainsi que la vérité sur la tragédie de la guerre et du blocus.

Ce monument est appelé à refléter l'histoire commune de la Russie et d'Israël, car des représentants de tous les peuples et de toutes les ethnicités de l'Union soviétique ont combattu dans les rangs de l'Armée rouge pendant la Grande Guerre patriotique. Les guerriers de l'Armée rouge ont apporté une contribution décisive à la défaite du nazisme et la libération de l'Europe de la "peste brune". Ils ont sauvé le peuple juif et d'autres peuples européens de l’extermination.

La cérémonie de pose de la pierre a une importance symbolique: elle renforce les fondations non seulement du monument, mais aussi des relations russo-israéliennes, des liens humains. Nous apprécions le fait que nos pays ont actuellement une attitude particulière envers la Grande Guerre patriotique. Les gens défendent la vérité historique et sont prêts à résister aux tentatives de réécrire le déroulement et le bilan de Seconde Guerre mondiale.     

 

Sur la participation des réfugiés azerbaïdjanais au règlement dans le Haut-Karabakh

 

On nous a posé une question sur la participation éventuelle des personnes déplacées et des réfugiés azerbaïdjanais - au même titre que les Arméniens du Haut-Karabakh - au règlement du conflit du Haut-Karabakh, ainsi que sur leur retour éventuel sur ce territoire et leur cohabitation avec la population arménienne, comme c'était le cas avant le conflit. 

Les déclarations des représentants des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE ont indiqué à plusieurs reprises que le plan de règlement du conflit devait inclure le droit de toutes les personnes déplacées et de tous les réfugiés à revenir là où ils vivaient par le passé.

En ce qui concerne le format des négociations, il faut poser cette question aux parties qui doivent définir et concerter la liste des participants. Aujourd'hui, les négociations sont menées au niveau des autorités de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie. Si nous constatons des ententes entre les deux États, nous les soutiendrons. 

 

Réponses aux questions:

Question: L'ancien président bolivien Evo Morales s'est adressé aux médiateurs internationaux afin de demander leur aide pour son retour en Bolivie depuis le Mexique, où il s'est vu proposer l'asile politique. Il a également indiqué que la Russie pourrait devenir médiatrice. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Comme vous le savez, nous sommes globalement ouverts au travail dans le domaine du maintien de la paix. Il existe tout un nombre d'exemples de notre participation active - politique et diplomatique - à cette activité. Ils sont notoires. C'est un trait caractéristique de la diplomatie et de la politique étrangère russes. Mais il y a des prérequis, il existe des procédures appropriées. Nous nous laissons guider par le droit international en combinaison avec les lois et les mécanismes de la diplomatie. Nous considérons la base juridique internationale comme une priorité dans ce cas-là.

Premièrement, la politique même de la Russie dans la région se base sur le respect mutuel, le droit international, l'avantage mutuel et tout ce qui a été énuméré par la Charte de l'Onu - un facteur très important de stabilisation de la situation - vise à prévenir les conflits potentiels. Quand la Russie a commencé à un certain moment à développer activement ses relations avec l'Amérique latine dans tous les domaines - dans le cadre bilatéral ou de ses contacts avec les ensembles régionaux - cela a constitué un exemple très important des principes de formation de ces relations. La Russie n'a pas de frontières avec la région, mais a néanmoins des relations excellentes avec elle dans le domaine économique, politique et humain. Deuxièmement, il y a beaucoup d'exemples de nos efforts de médiation, mais ils doivent s'effectuer sur la base du droit international. Globalement, nous sommes toujours ouverts pour évoquer la question et les fonctions de médiation.

J'ai déjà mentionné le sujet des fake news, mais nous avons constaté aujourd'hui un cas absolument unique. Cela ne concerne pas l'Amérique latine, mais une région différente qui est pourtant elle aussi remplie de fake news. Ainsi, on a constaté aujourd'hui dans l'espace médiatique libyen une publication accompagnée d'une prétendue capture d'écran de la une du quotidien Izvestia. Malheureusement, elle a été activement diffusée dans le secteur libyen d'Internet. Les informations sur des négociations secrètes entre Fayez el-Sarraj et Khalifa Haftar auraient été présentées par un article prétendument publié par le journal russe. C'est comme ça qu'on l'a présenté sur internet libyen. La une du numéro actuel d'Izvestia est pourtant celle-ci. Nous en avons spécialement apporté un exemplaire. Il n'a rien à voir avec cette capture d'écran. Nous avons reçu un appel des représentants terrifiés du quotidien, car nous n'avons jamais vu une telle insolence, un exemple si évident de fake news. Voilà un exemple concret de l'utilisation des médias dans la terrible guerre d'information globale. Cela sera un bon exemple dans notre rubrique présentant les désinformations, mais il s'agit malheureusement de choses quotidiennes et omniprésentes. Ce n'est pas tout simplement une citation altérée ou imaginée qu'on attribue à une source: on reprend un quotidien russe - l'un des plus populaires, faisant partie du top-5 - pour l'utiliser en tant que "source" qui répand des désinformations. C'est une fake news sur une fake news. Je ne pouvais pas ne pas vous le montrer.

Question: Pouvez-vous commenter une vidéo publiée par les médias serbes qui montre prétendument un agent des services de renseignements ou un diplomate russe transmettant de l'argent à un officier serbe?

Réponse: C'est un autre exemple de ce dont nous parlons actuellement. Ce sont des technologies utilisées à des fins spécifiques. Nos pays organiseront bientôt des contacts au sommet. Nous nous sommes déjà habitués au fait qu'on constate régulièrement, à la veille de ces contacts, des sujets curieux qu'on présente comme des scoops. Quelque temps après, ces derniers sont désavoués ou s'avèrent montés de toutes pièces. Toutes les questions suscitant des préoccupations de ce genre chez les États sont résolues via les canaux appropriés. Il faut considérer tout cela comme une histoire de provocation. Cette vidéo doit être examinée par les organes mandatés. En ce qui concerne l'opinion publique, l'objectif des auteurs de ce "film" est absolument évident: des provocations et une tentative de créer une humeur spécifique avant tout un nombre de pourparlers, de rencontres et de visites. Nous le constatons de manière absolument régulière. On pourrait poser une question importante à l'espace médiatique: quand apprendra-t-on qu'il s'agit de provocations et qu'elles méritent une attitude appropriée? Probablement jamais. Et cela suscitera toujours un intérêt.

Je pourrais facilement vous citer une dizaine de cas de ce genre survenus seulement en 2019: des visites, des pourparlers ou des sommets ont été précédés ou suivis par de telles provocations, fake news, altérations, etc.  

S'il y a des questions ou des préoccupations dans ces domaines, tous les États disposent des outils appropriés afin de résoudre ces questions de manière civilisée. Nous sommes tous des adultes et le comprenons parfaitement.     

Question: Il y a quelques jours est apparue dans les médias l'information selon laquelle des citoyens russes rencontreraient des problèmes pour recevoir des visas britanniques. Il était question en l'occurrence de nos collègues journalistes. L'Ambassade du Royaume-Uni a fait un commentaire faisant allusion au fait que ce n'étaient pas de vrais journalistes, et que c'est pour cette raison qu'ils n'avaient pas reçu de visa. Que pouvez-vous dire de cette situation et prévoit-on une réaction des autorités russes?

Réponse: C'est ça, les vrais journalistes sont probablement ceux qui font des fakes. Je n'ai pas vu de commentaires indiquant qu'ils ne seraient pas de vrais journalistes. J'ai vu les commentaires de l'Ambassade britannique disant qu'elle ne commentait pas car en général elle ne commente pas ce genre de choses, qu'elle aimait les véritables journalistes et les aidait par tous les moyens, et que dans 99,9% des cas des visas étaient accordés aux journalistes. C'est une excellente information. Soit vous ne commentez pas, soit vous le faites. Mais puisque vous parlez du pourcentage, vous pourriez donner le chiffre. Dans ce cas nous saurions ce que représente un centième de pourcent - une moitié de personne, quinze ou vingt-cinq personnes. C'est une ruse classique sur laquelle on cherche à focaliser notre attention. Pas besoin de pourcentages. Donnez des chiffres réels. Sur quel chiffre nous basons-nous réellement? Dans ce cas nous saurons à combien de journalistes le système britannique a refusé un visa (mais il faut aussi préciser de quels pays). En l'occurrence le pourcentage n'indique rien. Il faut des chiffres réels.

Deuxième point. Nous réaffirmons effectivement que les autorités britanniques ont refusé des visas à des journalistes russes. L'un d'eux est un correspondant permanent qui était basé et travaillait à Londres. Son visa n'a pas été prolongé, il n'a donc pas pu travailler. Un autre n'a pas obtenu de visa d'entrée et n'a pas pu se rendre à Londres en tant que correspondant spécial pour y travailler à long terme. On ignore pourquoi les autorités britanniques ne commentent pas ce fait, alors qu'elles commentent en permanence tout ce qui concerne le thème journalistique et la liberté d'expression. Je pense que si vous commentez ce qui est lié à la protection des droits des journalistes, si vous organisez dans votre capitale une conférence sur la protection de la liberté d'expression, la sécurité des journalistes, si vous en faites un thème majeur de la politique étrangère, alors commentez ce cas concret: pourquoi les visas ne sont-ils pas délivrés? Pourquoi ce problème est-il systémique?

Nous avons reçu des questions, notamment concernant notre réaction. Vous savez parfaitement que le principe de réciprocité reste en vigueur. Il ne faudra donc pas présenter l'affaire comme si la Russie n'avait pas délivré de visas aux journalistes britanniques, les avait annulés ou avait commencé à causer des obstacles. Personne n'a causé aucun obstacle aux journalistes britanniques ni n'a eu l'intention de le faire. Mais le principe de réciprocité reste d'actualité. Si l'Ambassade britannique ou les journalistes britanniques avaient des questions, nous y répondrions volontiers selon la procédure établie.

Question: Le 13 novembre 2019, l'oligarque ukrainien Igor Kolomoïski a accordé une interview au journal The New York Times. Dans cette interview il a prononcé plusieurs phrases assez franches. Il a dit que l'Amérique avait trahi l'Ukraine, l'avait poussée à faire la guerre contre la Russie, mais n'avait même pas donné d'argent. Qu'ils ne seraient pas acceptés au sein de l'Otan et de l'UE, et qu'ils iront voir la Russie pour lui emprunter 100 milliards de dollars. Que la Russie les leur donnera et qu'ils régleront leurs problèmes. De plus, plusieurs experts notent que l'Ukraine s'enfonce dans la dette et que c'est un exemple qui montre comment il ne faut pas gérer un État.

Réponse: C'est très intéressant. Le thème de la Fédération de Russie ne quitte pas la une des médias américains - la télévision, la radio, internet, les réseaux sociaux et, évidemment, les journaux. Quand les représentants officiels russes veulent s'exprimer sur ces sujets qui inquiètent les Américains, le New York Times, entre autres, n'a pas la possibilité de publier ces articles. Ils disent qu'il y a peu de place dans le journal pour nos articles. Et soudainement en ouvrant le journal on y trouve un oligarque. Sachant qu'évidemment personne n'est opposé au monde des affaires, personne ne s'oppose à ce que ses représentants partagent leurs opinions et idées. C'est très intéressant. En même temps, comment de tels doubles standards peuvent-ils coexister: comment peut-on mentionner la Russie des dizaines et des centaines de fois dans les journaux, et quand, en la personne de ses représentants officiels et des diplomates haut placés, elle tente de "venir" et de répondre aux questions qui préoccupent la société américaine, on ne trouve pas la place. C'est un fait. Sachant qu'on propose immédiatement de publier quelque part à côté une publication à titre commercial dans les rubriques commerciales. C'est une tendance très intéressante. C'est absurde. Je ne pouvais pas ne pas partager avec vous cette tendance intéressante puisque vous avez mentionné le New York Times.

Quant à l'Ukraine qui s'enfonce dans la dette, connaissez-vous le montant de la dette américaine?

Question: Elle a dépassé 22.000 milliards de dollars.

Réponse: C'est un chiffre réel, pas fictif. Nous vivons dans un monde de clichés, dans un monde de thèses que nous répétons sans réfléchir. Je voudrais demander: qui encore se trouve dans le trou de la dette et quel trou est le plus profond?

Question: Pourrait-on supposer que, si une telle tendance perdurait, le régime ukrainien, qui éprouve une telle tension intérieure, serait prêt non seulement à accepter les Accords de Minsk mais également à s'asseoir à la table des négociations avec les leaders des DNR et LNR?

Réponse: Nous ne voyons pas les Accords de Minsk d'un point de vue financier et économique. Nous voyons les Accords de Minsk comme une opportunité s'offrant à l'Ukraine pour la réintégration (bien que ce terme ne soit pas simple pour le Donbass et y suscite déjà une réaction allergique), pour revenir d'une manière ou d'une autre aux positions d'une véritable structure étatique - non pas d'interminables hystéries politiques, pas de mauvais jeu politique, mais sur une plateforme, sur une base, au niveau d'une véritable structure étatique. Je trouve qu'il est bien plus important de voir les Accords de Minsk et toutes les questions liées à leur réalisation de ce point de vue précis.

Un autre angle sous lequel nous voyons les Accords de Minsk est également important. Il concerne la dimension humaine, la vie des hommes. Parce que la structure étatique concerne également la vie des citoyens. C'est pourquoi nous voyons les Accords de Minsk du point de vue du retour de la vie des gens à la normale. Pas à la survie, mais à la vie.

En ce qui concerne l'aspect financier et économique, c'est une question qui est également importante mais je trouve que les deux aspects que j'ai évoqués sont prioritaires. C'est de ce point de vue que nous envisageons les Accords de Minsk et avons considéré l'approche de leur élaboration - le premier paquet des Accords de Minsk et le second, dont tout le monde parle si souvent.

Question: Il y a quelques jours, les médias ont rapporté que la Fondation russe pour la paix avait invité en Russie trois représentants éminents du mouvement des "Gilets jaunes". Ces médias en question concluent que le gouvernement russe est lié aux "Gilets jaunes". Que pouvez-vous dire de ces affirmations?

Réponse: La fondation russe pour la paix est une ONG, l'une de nos plus anciennes. Les représentants de cette structure participent activement au travail des plateformes et des forums qui réunissent les ONG à travers le monde. Par exemple, à l'Onu, un très grand nombre d'activités se déroulent avec la participation de ses représentants. Ils participent activement aux activités en Europe et dans d'autres régions du monde précisément en tant que représentants de l'ONG. J'ignore comment l'activité de l'ONG peut être associée à la position de l’État. Je trouve que c'est simplement une mauvaise interprétation des événements et des réalités. Je n'ai pas vu les publications dont vous parlez, mais si c'est le cas, elles sont complètement fausses. Il existe un grand nombre d'ONG et de représentants civils en Russie. Tous occupent des positions différentes. Nous devons souvent nous justifier pour les actions politiques résonnantes de différentes organisations, mais à chaque fois nous disons que ce ne sont pas des structures gouvernementales.

Question: L'authenticité de la vidéo avec Gueorgui Kleban, qui était pendant une certaine période conseiller de l'attaché militaire de l'Ambassade de Russie en Serbie, a été confirmée par le service de sécurité serbe. Le gouvernement serbe a déclaré que la situation était sérieuse, qu'une enquête sera menée.

Réponse: Le service de sécurité serbe a confirmé l'identité de tous les individus sur la vidéo?

Question: Nos services de sécurité ont confirmé seulement l'identité du citoyen russe. Il n'y a pas encore d'informations sur le second individu.

Réponse: Et pourquoi son identité n'a pas été confirmée? Je pense qu'il faut confirmer tous les faits: quand la vidéo est apparue, qui s'y trouve, qui a fait le montage, quand cela a été fait. Ensuite je le commenterai. Je ne peux pas commenter toutes les vidéos publiées. Je n'esquive pas la question, je reviendrai sur ce sujet quand je disposerai des faits. Je ne peux rien dire pour l'instant parce que ni vous ni nous ne disposons des faits, comme nous venons de le découvrir. Ce sont des facteurs clés pour un commentaire. Il faut d'abord poser la question aux spécialistes qui doivent traiter de telles informations. Si nous commentons, confirmons ou réfutons quelque chose, nous deviendrons nous-mêmes la source d'informations non vérifiées. Je ne le veux pas.

Question: Que pouvez-vous dire de la déclaration du gouvernement serbe selon laquelle la situation est sérieuse? Comment cela pourrait-il affecter les relations russo-serbes?

Réponse: J'ai déjà donné une réponse développée à cette question. Vous voulez des déclarations politiques? Les déclarations politiques doivent être formulées en s'appuyant sur les faits. Je vous ai posé une question: peut-être qu'en tant que journaliste vous aviez des informations supplémentaires qui auraient permis de faire la lumière sur ce que nous avons vu? Vous avez dit que non. Si vous en aviez, je le commenterais. Je n'en ai pas. Mon but n'est pas d'inventer. Mon but est de commenter les faits. Contrairement à de nombreux pays nous revenons toujours sur de tels cas quand nous avons tous les faits devant les yeux et quand ils sont vérifiés. Je ne vais pas commenter des choses qui sont clairement provocatrices. Je ne vais pas jouer dans le sens de ceux qui ont décidé d'organiser cette provocation. Combien de fois avons-nous vu des scoops vidéo qui étaient en réalité des images datant d'il y a 15 ans? Combien de fois avons-nous vu des photos d'un pays qui étaient en réalité des photos d'un autre continent? Combien de fois avons-nous vu des vidéos contenant des informations n'étant pas liées aux individus, aux pays ni à la période historique mentionnés? Constamment. Nous n'avons jamais esquivé les commentaires sur ces sujets. Mais je le commenterai quand des informations appropriées seront publiées. Je n'en ai pas actuellement. Je ne suis pas un expert ou un criminaliste, j'opère avec les faits et je les commente. J'ai déjà parlé de mes suppositions concernant la nature de l'apparition d'une telle chose.

Question: Que pouvez-vous dire de la déclaration du gouvernement serbe selon laquelle la situation est sérieuse?

Réponse: C'est une déclaration très sérieuse sur le fait que la situation est sérieuse. Je ne peux rien ajouter. C'est l'une des déclarations les plus sérieuses sur le fait que la situation est sérieuse. Et pour le reste, nous nous occupons de choses peu sérieuses?

Nous commenterons ce thème à mesure que des faits apparaîtront. Il existe des choses primaires qu'on voudrait comprendre et savoir. Et vous en premier lieu, il me semble.

Question: Le Ministre islandais des Affaires étrangères Gudlaugur Thór Thórdarson, qui ne s'est pas rendu en Russie depuis longtemps, vient à Moscou. L'importance de l'Islande grandit compte tenu de l'ouverture de la Route maritime du Nord. Le vice-Président américain Mike Pence s'est rendu à Reykjavik mi-septembre et a déclaré à la presse islandaise qu'il remerciait Gudlaugur Thór Thórdarson pour le rejet par l'Islande du projet chinois "La Ceinture et la Route" par le renoncement à l'achat de produits de la compagnie Huawei. L'Ambassadeur de Chine en Islande s'est indigné que Mike Pence commente les relations de l'Islande avec un pays tiers, en l'occurrence avec la Chine. Que pouvez-vous dire des actions de la diplomatie américaine?

Réponse: Vous voulez impliquer un quatrième pays dans l'indignation d'un troisième pays sur le fait que le deuxième commente ses relations avec le premier?

Question: Que pouvez-vous dire des relations russo-islandaises?

Réponse: Comme je l'ai déjà dit, nous avons une large liste de thèmes à aborder avec nos partenaires. Nous soulèverons également la politique mondiale et l'agenda régional qui concerne avant tout nos deux pays. Les relations avec les pays tiers, compte tenu du grand nombre de crises et de conflits mondiaux, et la situation mondiale instable seront également abordées, mais nous nous pencherons avant tout sur les relations bilatérales.

Question: Que fait l'Islande pour lever les sanctions antirusses?

Réponse: Vous connaissez notre position. Nous n'avons rien fait pour poser la question de la levée des sanctions parce que nous ne les avons pas décrétées. Elles n'ont même pas été décrétées par l'UE ni les pays qui ont soutenu les collègues européens dans cet élan, mais à l'initiative des États-Unis avec une pression directe de l'administration de Barack Obama, de l'ancien vice-Président Joe Biden. Cette combinaison a été jouée et l'UE a adopté les sanctions soutenues par plusieurs pays hors UE mais faisant partie du continent européen. C'est pourquoi nous ne parlons pas des sanctions, ne soulevons pas ce sujet. Cela a été dit par le gouvernement russe, par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Si un pays souhaitait en parler, nous serions prêts à l'écouter.

Vous connaissez également notre approche concernant la politique de sanctions. Nous pensons que les sanctions sortent du champ légal, que c'est un instrument inefficace. Nous avons cité les chiffres, les avis des experts. Des sommes immenses, perdues avant tout par l'UE et les pays prenant partie, ont été annoncés suite à l'adoption des sanctions antirusses et des contremesures. Je répète que si les partenaires soulevaient eux-mêmes la question, nous serions prêts à les entendre. Vous connaissez notre position fondamentale.

Question: Est-ce que le Ministère russe des Affaires étrangères applique la loi fédérale russe sur l'interdiction de la propagande du fascisme en Fédération de Russie par rapport à la glorification des collaborateurs hitlériens arméniens et azerbaïdjanais Garéguine Njdeh et Mamed Rassoulzade?

Réponse: Bien évidemment, nous nous référons à la législation russe en ce qui concerne ces questions, nos contacts internationaux et la formulation des positions dans le cadre des organisations internationales. C'est une réponse générale à une question générale. Que voulez-vous dire concrètement?

Question: Ces individus sont continuellement glorifiés en Arménie et en Azerbaïdjan. Les vagues médiatiques arrivent jusqu'aux médias russes et aux associations nationales. Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères de ces campagnes médiatiques?

Réponse: Les campagnes médiatiques de qui? Précisez, je vous prie, ce que vous voulez dire concrètement et je répondrai volontiers à vous ou à votre édition. Je veux attirer votre attention sur les revues préparées par les spécialistes des droits de l'homme, du thème lié à l'inadmissibilité de toute pratique de glorification et de réincarnation de tout ce qui est lié au fascisme et au nazisme. Des rapports ont été publiés à ce sujet avec un avis en matière de droit international concernant les tendances qui ont lieu dans plusieurs pays. Il s'agissait d'un avis en ce sens dans différents pays, notamment ceux que vous avez mentionnés. Ces publications se trouvent sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Pouvez-vous rappeler la position de la Russie concernant la situation au Liban et en Irak?

Réponse: Au sujet de l'Irak et du Liban j'ai apporté une analyse très détaillée pendant la conférence de presse précédente. La vidéo et le texte sont disponibles sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. Et récemment le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait de vastes commentaires sur le thème de l'Irak.

Question: Comment la Russie voit-elle la situation en Iran? Dans le contexte des événements de vendredi à lundi?

Réponse: Nous suivons l'évolution de la situation. Nous comprenons qu'elle n'est pas simple compte tenu de la situation internationale. Nous voyons combien d'acteurs extérieurs tentent d'influencer l'évolution de la situation en Iran.

Nous avons remarqué la déclaration du Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo en soutien au peuple iranien. Cela nous a confus. Bien des choses qui suscitent le mécontentement et entraînent les processus se déroulant en Iran sont précisément provoquées par les actions américaines. Je pense qu'en tant que chaîne régionale vous le savez.

Après la décision du gouvernement iranien d'augmenter le prix de l'essence, une vague de protestations a commencé dans le pays. Cependant, cette situation a été provoquée par une pression massive et illégale par les sanctions exercée par les Etats-Unis sur ce pays. Les actions de Washington transgressent les droits de l'homme fondamentaux, les intérêts légitimes de la population iranienne à l'accès à la nourriture, aux médicaments et à tous les produits nécessaires. C'était précisément l'objectif des Etats-Unis en lançant la politique de très dure pression par les sanctions contre l'Iran.

D'une part, Washington prétend soutenir les attentes du peuple iranien, du moins en paroles. Mais en même temps il fait tout pour que la population de ce pays souffre et se retrouve dans la situation la plus inconfortable possible. Cette position hypocrite est largement appliquée par les Américains sur tous les continents. La situation actuelle en Iran est survenue précisément après le sabotage de l'accord nucléaire par Washington. Nous comprenons comment la situation a évolué, nous le commentions régulièrement. Nous avons parlé de l'illégitimité de cette attitude des Etats-Unis envers l'accord signé par la délégation américaine de haut niveau après des années de travail. L'accord a été approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies et a obtenu une légitimité juridique internationale. Nous suivons également la situation avec nos collègues européens qui, malheureusement, selon nous, ne sont pas très actifs en ce sens.

Dans le contexte de la situation en Iran le rôle des médias occidentaux peut également être qualifié de disgracieux. Ils cherchent à profiter de la moindre opportunité pour s'ingérer dans les affaires intérieures. Notamment les médias britanniques qui y jouent un rôle particulier.

On nous demande de commenter la situation en Iran dans le contexte des citoyens russes qui s'y trouvent. Nous constatons que dans l'ensemble la situation en Iran se normalise progressivement. Aucune victime parmi les citoyens russes n'a été rapportée.

Question: Le président du Parlement estonien Henn Põlluaas a écrit sur Facebook que la Russie devait rendre à la république les 5% annexés du territoire. D'après vous, certains politiques estoniens tenteraient-ils de bloquer certains signaux positifs dans les relations russo-estoniennes?

Réponse: Je n'ai aucun doute à ce sujet. Nous l'avons indiqué, mentionné approximativement dans la même tendance que vous, dans le cadre d'une réponse à deux questions concernant la Serbie. Dès l'apparition d'événements positifs (négociations, rencontres au sommet, signature de grands contrats et accords, interruption d'un long silence diplomatique dans les relations, initiatives sociales et culturelles intéressantes, etc.) nous voyons dans le contraste une action – des provocations, des déclarations appelées à porter atteinte à ces tendances.

Il ne fait aucun doute que la déclaration n'ayant aucune base historique ni juridique a été faite précisément à des fins provocatrices. Je pense que pas besoin d'être grand spécialiste pour cela. La question est de savoir pourquoi? Pourquoi maintenant? Pour quelle raison? Vous obtiendrez une seule réponse – la provocation.

Malheureusement, ce n'est pas nouveau. Nous le voyons sur l'exemple des relations non seulement avec les pays baltes, mais également avec bien d'autres pays. J'ai cité aujourd'hui un exemple du journal Izvestia, des fakes qui ont été lancés en utilisant un média russe. Cela arrive tous les jours, c'est devenu une routine. Après un certain temps la vérité fait surface. Tout le monde le comprend, mais le mal a déjà été fait.

Question: Le commandant de la marine ukrainienne Igor Vorontchenko et le Président ukrainien Vladimir Zelenski disent que la Russie a volé des installations sanitaires sur les navires ukrainiens. Le FSB russe montre une vidéo que toutes les installations sont en place. Il s'avère que les autorités ukrainiennes ont inventé toutes ces accusations pour un nouveau conflit avec la Russie? Elles n'ont pas passé l'épreuve de la bonne foi russe? Comment cela décrit le Président ukrainien Vladimir Zelenski personnellement.

Réponse: Sur cette note élevée je ne vous répondrai pas. Une seule chose que je ne comprends pas: comment l'opérationnalité des navires militaires ukrainiens dépend de la présence d'installations sanitaires?

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