25 octobre 201818:09

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 25 octobre 2018

2015-25-10-2018

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Bonjour,

Je pense que vous vous souvenez du sujet avec lequel nous avions entamé la dernière conférence de presse. Je ne peux pas ne pas revenir aujourd'hui à ce thème: il me faut exprimer notre reconnaissance sincère à ceux qui ne sont pas restés indifférents à la tragédie nationale qui s'est produite au lycée polytechnique de Kertch.

Nous avons reçu d'innombrables condoléances, des mots de soutien et de véritable et sincère compassion vis-à-vis de notre pays, des familles des défunts et des victimes.

Je voudrais remercier une nouvelle fois les simples citoyens, les représentants du gouvernement, les journalistes et les organisations internationales. Merci pour vos mots de soutien sincère.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à des pourparlers avec le Ministre kirghiz des Affaires étrangères Tchyngyz Aïdarbekov

 

Vendredi 26 octobre à Moscou, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre kirghiz des Affaires étrangères Tchyngyz Aïdarbekov. Il s'agira du premier contact entre les chefs de diplomatie de nos deux pays après la nomination de Tchyngyz Aïdarbekov à ce poste ce 17 octobre.

Il est prévu d'évoquer le calendrier des activités à haut niveau et au sommet, plusieurs questions essentielles de la coopération bilatérale diversifiée, ainsi que d'échanger nos avis sur les thèmes régionaux et internationaux d'actualité.

Le Ministère russe des Affaires étrangères est convaincu que cette rencontre des ministres contribuera à la mise en œuvre des accords convenus au sommet, au développement des liens russo-kirghizes dans le cadre du dialogue politique intensif reflétant la dynamique élevée des relations d'alliance et de partenariat stratégique entre nos deux pays.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov avec le président du Comité de négociation syrien Nasser al-Hariri

 

Ce 26 octobre à Moscou est également prévu un entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le président du Comité de négociation syrien Nasser al-Hariri.

Nous comptons sur un échange substantiel d'avis sur l'évolution de la situation en Syrie et autour, avec un accent sur le règlement politique au plus vite de la crise dans ce pays à travers un dialogue intersyrien inclusif s'appuyant sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et tenant compte des résultats du Congrès du dialogue national syrien de Sotchi.

Parmi les thèmes prioritaires qui seront évoqués avec la délégation du Comité de négociation syrien figurent les efforts pour la formation du Comité constitutionnel, l'élimination définitive de la présence terroriste sur le territoire de la Syrie, la contribution au rétablissement de l'infrastructure socioéconomique détruite, la mise en place des conditions pour le retour dans leur foyer des déplacés internes et l'intensification du rapatriement des réfugiés syriens depuis l'étranger.

Le programme de séjour de Nasser al-Hariri à Moscou prévoit également des consultations avec Mikhaïl Bogdanov, représentant spécial du Président russe pour le Moyen-Orient et l'Afrique et vice-Ministre des Affaires étrangères.

 

Sur la rencontre de Sergueï Lavrov avec le Haut-Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales Lamberto Zannier  ce 29 octobre

 

Lamberto Zannier, Haut-Commissaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour les minorités nationales, se trouvera en Fédération de Russie du 28 au 30 octobre.

Le programme de son séjour en Russie inclut des rencontres avec les représentants des organes fédéraux à Moscou, notamment avec la direction du Ministère de l’Éducation, Rossotroudnitchestvo et l'Agence fédérale chargée des nationalités. De plus, Lamberto Zannier participera à la 2e conférence internationale "Protégeons l'avenir" organisée par le Congrès juif russe.

Lundi 29 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontrera Lamberto Zannier pour aborder la situation de la population russophone en Ukraine, dans les pays baltes et en Moldavie, et informer le Haut-Commissaire des mesures prises pour le soutien des minorités nationales en Russie.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion du Conseil d'affaires

 

Mardi 30 octobre, le Conseil d'affaires auprès du Ministère russe des Affaires étrangères se réunira sous la présidence du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Pour faire suite aux discussions de la Réunion des ambassadeurs et des représentants permanents de la Fédération de Russie en juillet dernier, il est prévu de consacrer cette activité à l'amélioration de l'efficacité de l'accompagnement politico-diplomatique des projets entrepreneuriaux russes visant à accroître les exportations de hautes technologies. Les participants évoqueront également les moyens permettant de renforcer les positions des producteurs russes sur les marchés extérieurs.

A cette réunion participeront des représentants du Ministère russe des Affaires étrangères, d'autres ministères intéressés, ainsi que les responsables des principales associations d'affaires et des grandes entreprises russes.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au 6e Congrès mondial des compatriotes le 31 octobre prochain
 

Mercredi 31 octobre à Moscou s'ouvrira le 6e Congrès mondial des compatriotes russes résidant à l'étranger. C'est un événement planifié qui se déroule sous l'égide de la Commission gouvernementale pour les compatriotes à l'étranger et du Conseil mondial de coordination des compatriotes russes.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prononcera un discours à la session plénière le jour de l'ouverture du Congrès.

Je voudrais parler plus en détail du contenu et du programme de cet événement, ainsi que de ses participants.

Chacun des cinq Congrès précédents a marqué une nouvelle étape de développement des relations entre la Russie et nos compatriotes à l'étranger, et a ouvert davantage de possibilités et de perspectives pour poursuivre la coopération. Cette année, des activistes de la communauté russe, des représentants éminents de notre diaspora, participeront au travail du Congrès. En tout, nous attendons 415 délégués de 98 pays. A ce Congrès participeront également des responsables du gouvernement russe, des gouverneurs, des représentants de ministères et d'institutions, des leaders des religions russes traditionnelles, des membres d'ONG, des journalistes et des scientifiques.

Le forum se composera de réunions plénières et de cinq sections thématiques: "La protection des droits et des intérêts légitimes des compatriotes", "La préservation de l'identité russe: le soutien de l'enseignement russophone","Le rôle de la jeunesse dans la consolidation de la communauté", "Les médias de l’Étranger russe dans le monde contemporain", et "La coopération économique de la Russie avec les pays étrangers et les compatriotes".

Un Insigne émérite de compatriote et un Diplôme de la Commission gouvernementale pour les compatriotes à l'étranger sera remis à cette occasion aux représentants les plus actifs des communautés étrangères russes, dont l'activité vise immuablement à renforcer les liens avec leur Patrie historique, à préserver et à soutenir le russe et la culture russe.

Les liens avec la diaspora russe, multiethnique et composée de plusieurs millions de personnes, se sont nettement intensifiés au cours des trois dernières années. Le travail avec les compatriotes à l'étranger a atteint un  nouveau niveau de coopération de partenariat dans les secteurs importants comme la protection des droits et des intérêts légitimes, la propagation de la langue russe, et l'implication de la jeunesse dans le mouvement social des compatriotes.

En dépit des sentiments antirusses et de la russophobie activement propagés dans le monde, aujourd'hui notre diaspora est plus forte et soudée que jamais. Nos compatriotes à l'étranger sont ouverts au dialogue et sont prêts à renforcer les liens avec leur Patrie et déploient en même temps des efforts pour développer la coopération de leur pays d'accueil avec la Fédération de Russie.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la présentation de la région de Moscou

 

Jeudi 1er novembre, la Maison de réception du Ministère russe des Affaires étrangères accueillera une présentation de la région de Moscou dans le cadre du soutien des régions au développement et au renforcement de la coopération avec les pays étrangers et leur communauté d'affaires. De telles activités sont organisées par le Ministère depuis 2007.

Cette présentation se déroulera en présence des représentants du corps diplomatique accrédité à Moscou, des organes publics régionaux et fédéraux, des milieux d'affaires, et des médias russes et étrangers. Nous vous invitons tous à y participer.

Cette activité vise à afficher les capacités économiques et le potentiel d'investissement de la région de Moscou, ainsi qu'à présenter les projets des autorités de la région pour le renforcement des liens d'affaires avec les partenaires étrangers. Les organisateurs présenteront différents projets auxquels pourraient participer les représentants d'affaires et les structures étrangères intéressées.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Gouverneur de la région de Moscou Andreï Vorobiev prononceront chacun un discours.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov avec le Secrétaire général de l'OSCE Thomas Greminger

 

L'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Secrétaire général de l'OSCE Thomas Greminger est fixé au 2 novembre à Moscou.

Il est notamment prévu d'évoquer les questions à l'ordre du jour de l'OSCE à l'approche de la réunion ministérielle (CMAE) de l'Organisation qui se tiendra à Milan les 6 et 7 décembre. Pour cette activité centrale pour l'OSCE, la Russie préparera des projets de décisions sur les problèmes d'actualité pour ses États membres tels que la lutte contre le terrorisme, contre la menace des drogues, pour la garantie des droits linguistiques et à l'éducation des citoyens, ou encore pour le libre accès des médias et du public à l'information.

Les deux interlocuteurs comptent échanger leurs points de vue sur les thèmes susceptibles d'unifier les trois "dimensions" de l'OSCE (militaro-politique, économico-environnementale et sociale), ainsi que soutenir les efforts de l'organisation pour contribuer au règlement des conflits régionaux, y compris le travail de la Mission spéciale d'observation de l'OSCE en Ukraine.

De plus, les deux responsables aborderont les questions liées à l'activité des institutions spécialisées de l'OSCE (le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme, le Haut-Commissariat pour les minorités nationales, le Représentant pour la liberté des médias) et la présence sur le terrain de l'Organisation dans plusieurs pays de l'espace postsoviétique et dans les Balkans. Les parties exposeront leur point de vue sur les aspects administratifs, budgétaires et de personnel dans le travail de l'OSCE.

 

Sur la libération de Mikhaïl Botchkarev de la prison norvégienne où il était détenu

 

Le 21 septembre dernier à Oslo avait été rapportée l'arrestation du collaborateur de l'Appareil du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale russe Mikhaïl Botchkarev sur une accusation d'espionnage montée de toutes pièces. Comme nous l'avons déjà déclaré, il a été libéré le 19 octobre de la prison norvégienne où il était détenu. A l'heure actuelle, le citoyen russe se trouve à Moscou. Dans le même temps, le Service de sécurité de la police norvégien a annoncé la "poursuite de l'enquête" sur cette prétendue "affaire".

Comme l'ont déjà fait remarquer des responsables russes, ces actions ne sont rien d'autre qu'une provocation et une démarche hostile des autorités norvégiennes. Depuis le début, nous pointons le caractère fictif des accusations avancées contre Mikhaïl Botchkarev. Aucune excuse officielle n'a encore été présentée par les autorités norvégiennes, notamment du parlement du pays qui a provoqué cet incident. Bien évidemment, ces actions vont à l'encontre des intérêts du développement des relations russo-norvégiennes et entraîneront forcément des conséquences négatives, notamment pour les contacts parlementaires.

 

Sur l'évolution de la situation autour de Maria Boutina

 

Nous suivons très attentivement la situation concernant la citoyenne russe Maria Boutina, arrêtée aux USA sur une fausse accusation d'activité en tant qu'"agent d'un gouvernement étranger".

La semaine dernière, les diplomates de notre Ambassade à Washington l'ont rencontrée. Nous avons été satisfaits d'apprendre que ses conditions de détention en prison s'amélioraient progressivement et qu'elle était notamment autorisée à travailler à la bibliothèque de l'établissement pénitentiaire. Nous sommes certains que cet accès permanent aux livres et à la presse apportera à notre compatriote un soutien moral supplémentaire dans les conditions où son nom a été diffamé, une atmosphère de haine a été créée autour d'elle, quand elle est pratiquement devenue le symbole de la russophobie propagée par plusieurs cercles politiques américains. Nous insisterons sur le transfert au plus vite de Maria Boutina dans une nouvelle cellule, parce qu'avec l'arrivée de l'automne il fait très froid dans celle où elle vit actuellement.

Dans le même temps, nous sommes perplexes face au fait que le tribunal examinant l'affaire de la Russe n'a toujours pas transmis à Maria Boutina les dossiers juridiques, alors que la prochaine audience est prévue pour le 13 novembre. Malheureusement, c'est une raison de plus pour douter de l'impartialité de la justice américaine.

De notre côté, nous insistons sur l'innocence totale de Maria Boutina, qui a été arrêtée uniquement à cause de son passeport russe et qui est, sans aucun doute, une prisonnière politique. Nous exigeons sa libération immédiate. Nous continuerons de tout faire pour défendre les droits de notre compatriote et faire revenir Maria en Russie au plus vite.

 

Sur l'évolution de la situation autour de Kirill Vychinski

 

Mardi 23 octobre a été annoncée la décision du tribunal municipal de Kherson de prolonger la détention du directeur de RIA Novosti Ukraine Kirill Vychinski jusqu'au 4 novembre.

Le journaliste professionnel, arrêté sur une accusation de haute trahison complètement fallacieuse et montée de toutes pièces, est toujours en prison.

Nous appelons la communauté internationale à influer sur cette violation scandaleuse des engagements internationaux de l'Ukraine en matière de liberté des médias. Nous attendons des structures internationales compétentes et des ONG non seulement des déclarations ou de nouveaux communiqués concis sur les réseaux sociaux, mais également qu'elles prennent sous contrôle cette situation, qu'elles rappellent régulièrement à Kiev ses engagements directs puisque ses représentants les ont signés et déclarent constamment leur attachement aux valeurs qu'ils prônent, notamment la liberté des médias, la liberté d'expression et la sécurité du travail des journalistes. Nous condamnons fermement la politique répressive de Kiev vis-à-vis de ce représentant de la communauté journalistique.

Ces questions seront soulevées et abordées par les représentants officiels russes, notamment par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov durant ses contacts à venir avec les représentants de l'OSCE. J'en ai déjà parlé.

Nous exigeons des autorités ukrainiennes la libération immédiate de Kirill Vychinski.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

La situation reste difficile en Syrie.

En dépit de la mise en œuvre globalement réussie du Mémorandum sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d'Idleb, signé à l'issue de l'entretien du Président russe Vladimir Poutine avec le Président turc Recep Tayyip Erdogan à Sotchi ce 17 septembre, les terroristes qui se trouvent à Idleb continuent de commettre périodiquement des provocations armées. Ainsi, ce 20 octobre, des bandes armées sévissant au nord-ouest d'Alep ont tiré 37 obus contre des quartiers civils, faisant deux morts et dix blessés parmi les civils. Au nord de la province de Hama et au sud-est de la zone d'Idleb sont également constatés des tirs périodiques du Front al-Nosra et de leurs alliés des groupes affiliés à Al-Qaïda contre les positions des forces gouvernementales.

A ce sujet, je me dois de rappeler que l'une des priorités incontestables des efforts des parties impliquées dans le processus de paix syrien est l'élimination définitive de la présence terroriste sur l'ensemble du territoire syrien. Cela s'adresse avant tout aux membres des groupes armés illégaux qui ont le choix entre se plier aux exigences du Mémorandum du 17 septembre ou miser sur l'alliance avec Nosra et Al-Qaïda.

Nous restons préoccupés par la situation aussi bien au nord-est de la Syrie, où les Américains continuent d'essayer de flirter avec des groupes séparatistes kurdes, qu'au sud du pays dans la région d'al-Tanf, où les forces américaines occupent de facto une partie du territoire de l’État syrien souverain de manière non dissimulée. Selon les informations rapportées, les combattants, qui ont trouvé un "asile" dans cette "zone exclusive" de 55 km arbitrairement créée par les Américains exigent des habitants qui veulent en sortir 2 000 dollars par personne.

D'après les sources syriennes, la coalition internationale menée par les USA, qui a été prise une semaine plus tôt en flagrant délit d'usage de munitions au phosphore près du village de Hajin, a lancé ce 23 octobre une frappe aérienne contre une mosquée à al-Sous à l'est de la province de Deir ez-Zor, qui a fait près de 70 morts. Les autorités syriennes ont envoyé des notes au Secrétaire général de l'Onu et au Président du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à mener une enquête internationale transparente et indépendante sur ces incidents.

Rappelons également que le mois d'octobre marque le premier anniversaire de la "libération" de Raqqa par la coalition, quand la ville a été de facto rayée de la surface de la planète et remplie de corps suite aux bombardements et aux tirs d'artillerie massifs. Nous notons qu'à ce jour, 80% du territoire de la ville n'est plus habitable.

Parmi les points positifs, nous voudrions noter que dans les régions contrôlées par les autorités syriennes légitimes se poursuivent les efforts pour le rétablissement de la vie normale, pour créer les conditions permettant d'accélérer le retour au foyer des déplacés internes et le rapatriement de réfugiés syriens. Après l'ouverture du passage Nassyb à la frontière jordano-syrienne, des centaines de Syriens qui s'étaient réfugiés en Jordanie ont rejoint le flux quotidien de leurs compatriotes revenant du Liban.

 

Sur le départ de son poste de l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura

 

Pendant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies ce 17 octobre, l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura a fait part de son intention de quitter son poste fin novembre.

Dans ce contexte, nous voudrions noter, comme nous l'avons déjà fait plusieurs fois, notamment en conférence de presse, que durant tout le mandat de Staffan de Mistura la Russie a entretenu avec lui un contact étroit dans différents formats bilatéraux et multilatéraux.

Il faut mentionner l'importance particulière de la participation de l'Envoyé spécial à la mise en œuvre des décisions du Congrès du dialogue national syrien de Sotchi, auquel il était personnellement présent. Nous soulignons sa contribution à ce processus.

Nous réaffirmons notre disposition à une coopération constructive avec le successeur de Staffan de Mistura, qui sera nommé par le Secrétaire général de l'Onu. Nous partons du principe que, conformément aux principes fondamentaux de l'Onu en matière de médiation, la candidature du nouvel Envoyé spécial devra être acceptable pour les autorités syriennes. De plus, l'accomplissement de ses tâches devra être neutre, impartial, et s'inscrire dans le cadre de la Charte de l'Onu et des décisions du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Sur la prétendue "exagération", par la Russie, de la menace de Daech en Afghanistan

 

Nous abordons régulièrement - pratiquement à chaque conférence de presse - le thème de l'Afghanistan, aussi bien en réponse à vos questions que compte tenu de l'évolution de la situation dans le pays. Nous avons découvert avec surprise dans les médias les déclarations de prétendus "experts", et même de représentants officiels, selon lesquelles la Russie "exagérerait" les menaces, notamment liées à Daech en Afghanistan.

Nous ne trouvons pas exagérées nos évaluations de la menace émanant de Daech en Afghanistan. L'organisation terroriste continue de renforcer ses positions au nord du pays et de mener une propagande active auprès de la population locale. Les terroristes organisent régulièrement des attentats de grande ampleur. Nous avons également attiré plusieurs fois l'attention sur les vols d'hélicoptères sans signes distinctifs vers les zones de stationnement des terroristes pour leur fournir des armes et des renforts. Une telle situation est très étrange quand on sait que le territoire afghan déborde de militaires américains et de l'Otan. Comment peut-on s'imaginer qu'un hélicoptère (ce n'est pas une voiture) puisse se déplacer librement dans l'espace aérien afghan sans aucun signe distinctif?

Ceux qui se sont déjà rendus à l'aéroport de Kaboul peuvent s'imaginer comment est contrôlé l'espace aérien intérieur de l'Afghanistan. Il est impossible de s'imaginer une navigation libre d'hélicoptères transportant des armes et des renforts vers la zone d'action et d'opérations de l'organisation terroriste.

Tout cela se déroule à proximité immédiate des frontières des pays d'Asie centrale, qui sont nos voisins et alliés proches au sein de la Communauté des États indépendants (CEI), de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) et de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Les extrémistes ne cachent pas qu'ils cherchent à renverser le pouvoir laïque dans ces États et à créer ce qu'on appelle un "califat".

Malheureusement, nous sommes constamment contraints de réfuter les insinuations concernant nos contacts avec les talibans. Je voudrais rappeler que l'objectif principal de ces contacts est la garantie de la sécurité des citoyens russes se trouvant en Afghanistan et la contribution au processus de réconciliation nationale dans ce pays. D'ailleurs, les USA et d'autres pays entretiennent également des contacts périodiques avec les talibans. Nous espérons que c'est pour promouvoir le processus de paix en Afghanistan.

 

Sur notre position suite au retrait des USA du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaires (FNI)

 

Ce thème a été commenté par le Président russe Vladimir Poutine, ainsi que par les représentants des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, par nos députés et plusieurs représentants de la société (et pas seulement de notre pays). La première réaction de la communauté internationale était proche du choc.

Compte tenu du grand nombre de questions qui nous ont été posées par les médias à ce sujet, nous les avons analysées pour préparer une réponse globale avec des explications supplémentaires sur le sujet.

La déclaration du Président américain Donald Trump concernant l'intention de se retirer du Traité FNI et de lancer l'élaboration d'armements interdits par le Traité suscite un profond regret et une forte préoccupation. Nous pensons que cela serait l'une des plus dangereuses erreurs de toute la série des mesures prises dernièrement par Washington pour se retirer de plusieurs structures et accords internationaux. Globalement, cela donne l'impression que les USA cherchent désespérément à freiner les processus historiques qui ne sont pas soumis à leur contrôle et à s'assurer une position dominante dans différents secteurs, notamment militaire. Tout cela ne fait qu'encourager la hausse des turbulences dans les relations internationales.

La rupture du Traité FNI serait une démarche très dangereuse qui aurait l'influence la plus négative sur la situation en matière de sécurité internationale et de stabilité stratégique. Les actions des USA risquent d'entraîner des régions entières dans une nouvelle course aux armements. Il est manifestement question de la mise en œuvre par étapes d'une ligne préalablement fixée. Car bien avant l'annonce de son intention de se retirer du Traité, Washington avait déjà initié sous de faux prétextes des programmes militaires concrets qui, s'ils étaient poursuivis, iraient à l'encontre de l'esprit et de la lettre du Traité FNI. La liste de tels projets continue de s'allonger.

Nous sommes convaincus que les actions destructives des USA ne trouveront pas la compréhension des membres de la communauté internationale attachés au maintien de la sécurité et de la stabilité et souhaitant le renforcement des régimes actuels de contrôle des armements. C'est ce qu'indiquent aussi bien les premières déclarations que les échos des experts et des analystes que nous voyons dans les médias internationaux.

Nous appelons tous ceux qui ressentent leur propre responsabilité pour les destins du monde à envoyer à Washington un signal clair concernant le danger que représentent les plans annoncés.

De notre côté, nous avons également l'intention de poursuivre le travail avec les autorités américaines. Cependant, pour l'instant, nous avons l'impression que l'intention des USA de se retirer du Traité FNI est essentiellement due à la réticence de certaines forces de Washington de s'entendre avec nous sur une base équitable et à la volonté de s'assurer une domination militaire dans tous les domaines.

Tout en piétinant le Traité, les USA mènent une vaste campagne de propagande visant à justifier cette démarche par de prétendues "infractions" commises par la Russie. C'est absolument inadmissible - parce que c'est faux. Les USA n'ont toujours pas réussi à nous fournir la moindre preuve justifiant leurs critiques. Elles restent infondées et sont manifestement provocatrices. Nous déclarons à nouveau que la Russie respecte rigoureusement les termes du Traité.

Nous voudrions rappeler que pendant des années, nous avons fait preuve d'une très grande patience et de retenue, en pointant les violations directes et évidentes du Traité FNI par les USA (et, contrairement à nos collègues, nous les en notifions). A présent, nous devons très sérieusement mettre en garde Washington: si les USA détruisaient le Traité, nous devrions réagir. Et ce immédiatement et symétriquement, comme l'a déjà déclaré le Président russe Vladimir Poutine.

Comme nous l'avons indiqué à plusieurs reprises, bien que ce Traité ne soit pas parfait dans les conditions actuelles de sécurité, il conserve néanmoins sa valeur. Nous sommes prêts à mener le travail nécessaire pour qu'il reste viable. Mais pour cela, nous avons besoin d'un partenaire responsable et intéressé par la poursuite du dialogue au profit de la stabilité et de la sécurité internationales. Il ne sera possible de trouver une solution à ce problème que via un dialogue franc, d'égal à égal et constructif. Nous espérons que Washington en prendra enfin conscience.

Nous avons également reçu plusieurs questions concrètes concernant les déclarations des politiciens américains au sujet de cette initiative. Par exemple, il nous a été demandé de commenter l'éventuelle adhésion de la Chine au Traité FNI, ainsi que les essais qui auraient été organisés par la Russie en violation du Traité. Je voudrais répondre à toutes ces questions.

Le caractère infondé de la campagne lancée par les USA pour nous accuser d'enfreindre le Traité FNI est sans précédent. Cela fait plusieurs années que les autorités américaines refusent de fournir la moindre information objective sur laquelle Washington se serait appuyée pour affirmer que le missile de croisière développé et testé en Russie sous l'indicatif 9M729 serait doté d'une portée interdite par le Traité.

De notre côté, nous avons réaffirmé à de nombreuses reprises que les programmes balistiques menés en Russie correspondaient parfaitement à nos engagements dans le cadre du Traité FNI. Cela concerne également le missile de croisière 9M729 au sujet duquel nous faisons preuve de la plus grande transparence possible. En particulier, le Ministère russe de la Défense a annoncé dans les médias son lancement à distance maximale, tout en indiquant la distance parcourue par ce missile. Ces paramètres correspondent aux exigences du Traité FNI.

Les explications nécessaires sur le missile ont également été présentées aux Américains via les canaux de dialogue existants. Si les USA ne sont pas d'accord avec l'information fournie, il est logique d'attendre des faits concrets de leur part. Cependant, ils ne se réfèrent qu'à de prétendues "informations confidentielles". Cette approche ressemble davantage à un blocage intentionnel du travail visant à régler ce problème.

Nous avons noté que les autorités américaines avançaient activement le facteur chinois dans le contexte du Traité FNI.

Cette question a été commentée par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a abordé en détail ce thème dans l'interview enregistrée aujourd'hui pour une émission qui sera diffusée sur la chaîne Rossiya 1 dimanche. Nous avons annoncé la diffusion de cette interview, dont des extraits seront disponibles dès aujourd'hui et sur le site du Ministère des Affaires étrangères sous forme écrite.

La question de l'éventuelle participation de la Chine à de nouveaux accords en matière de missiles à portée intermédiaire, évoqués de manière hypothétique par le Président américain Donald Trump, ne doit pas s'adresser à nous.

Je rappelle qu'à une époque, la Russie s'était adressée à la communauté internationale pour proposer d'universaliser les engagements du Traité FNI. Cette initiative n'avait pas été largement soutenue. Toutefois, nous restons ouverts à la discussion autour de toute idée constructive qui pourrait mener au renforcement de la stabilité et de la sécurité internationales. En l'occurrence, ce sont des décisions de consensus, mutuellement acceptables, qui sont nécessaires. Or elles sont incompatibles avec les tentatives de diktat et de chantage de Washington.

 

Sur la réaction russe à la menace des USA de se retirer de l'Union postale universelle

 

Nous sommes préoccupés par l'intention des USA de se retirer de l'Union postale universelle (UPU).

Vous le savez, l'UPU est la principale plateforme internationale de coopération entre les services postaux, dans le cadre de laquelle sont élaborés les principes d'organisation et de fonctionnement des échanges postaux mondiaux. Il n'y a pas de missiles ici. Parmi les principales missions de l'UPU figure la contribution au développement du service postal mondial, l'augmentation du nombre d'envois postaux grâce à l'introduction de formes modernes de produits et services postaux, ainsi que l'amélioration de la qualité du service pour les clients de la poste.

A ce que l'on sache, la décision de Washington est motivée par des raisons économiques, notamment l'influence néfaste des tarifs de l'UPU sur les compagnies américaines spécialisées dans le secteur des envois postaux et sur l'infrastructure postale des USA dans l'ensemble. Cependant, nous pensons que la volonté de l'administration américaine de contraindre l'UPU à travailler essentiellement selon ses règles est contreproductive, car cela déséquilibre l'espace postal commun.

Nous sommes certains que les organisations internationales doivent refléter les intérêts de tous leurs membres, et que les différends qui surviennent dans leur cadre doivent être réglés par les négociations, et non en avançant des ultimatums ou par le chantage financier. D'autant que l'efficacité de telles méthodes a été plusieurs fois remise en question. De tels exemples existent également dans l'histoire américaine. Nous nous souvenons encore que Washington a claqué la porte de l'Unesco au début des années 1980, puis y est revenu sans faire de bruit deux décennies plus tard, avant d'en sortir de nouveau.

 

Sur les plans de l'Otan d'organiser des cyberexercices

 

Les communiqués sur les projets des pays de l'Otan d'organiser des cyberexercices sont regrettables, mais pas surprenants. Ces intentions correspondent à la conception générale des pays occidentaux, qui se résume à utiliser leur avantage technologique pour imposer leur volonté au reste du monde.

Pendant que la Première commission de l'Assemblée générale des Nations unies débat activement du projet de résolution russe destiné à fixer des règles de comportement responsable des États dans l'espace informatique - projet qui prône notamment un usage uniquement pacifique des technologies de l'information et de la communication et la prévention des conflits dans le cyberespace - les pays occidentaux renforcent leur potentiel cybernétique.

Les représentants de l'administration américaine, en commentant leur intention de se retirer du Traité FNI, affirment que ce dernier ne correspondrait pas aux nouvelles réalités, que les pays membres ne seraient pas égaux en droits et qu'il faudrait élaborer quelque chose de nouveau pour parvenir à une approche équitable et responsable. Cependant, au moment où la Russie a proposé de nouvelles approches de la cybersécurité correspondant aux réalités contemporaines de l'espace informatique, l'Occident entraîne ses compétences de guerre dans le milieu numérique. De telles actions mettent à nu et expliquent la passivité de la diplomatie occidentale face à la nécessité d'élaborer un code universel de comportement des États dans la sphère cybernétique, appelé avant tout à le prémunir des conflits avec l'usage des technologies de l'information et de la communication.

Cette politique des pays occidentaux, selon nous, représente une menace pour la majeure partie de la communauté internationale prônant un milieu numérique pacifique. De notre côté, nous comptons sur le soutien de notre résolution par les États qui ne veulent pas que l'espace de l'information se transforme en polygone d'essai de nouvelles armes cybernétiques.

 

Sur la réponse du gouvernement britannique au rapport d'une commission parlementaire sur les fake news

 

Mardi 23 octobre, le gouvernement britannique a publié sa réponse au rapport de la commission parlementaire pour la culture, les technologies numériques, les médias et le sport "La désinformation et les fake news".

Le document est intéressant du point de vue de l'analyse de la campagne menée par les médias occidentaux sur la prétendue "ingérence russe" dans l'espace de l'information et les processus démocratiques d'autres pays. Dans sa réponse, le gouvernement britannique a confirmé qu'il ne disposait pas de preuves d'une influence extérieure avérée, y compris émanant de la Russie, sur les processus électoraux dans le pays. Le gouvernement n'a pas non plus réagi à la question du nombre de cas d'"ingérence russe" dans la politique britannique faisant l'objet d'une enquête policière.

Le plus intéressant en l'occurrence est que la réponse des autorités n'a pas satisfait le président de cette commission parlementaire, Damian Collins, qui a publiquement exprimé sa déception quant à l'opportunité manquée de régler le problème de la propagation de l'information "nuisible et trompeuse".

 D'abord, le pouvoir exécutif du Royaume-Uni a parlé pendant plusieurs années (et particulièrement depuis un an) de l'ingérence russe partout: dans les processus intérieurs du pays, dans sa politique, dans les questions de sécurité, etc. Après une aussi vaste campagne médiatique exprimée par les hauts responsables du pouvoir exécutif, le pouvoir législatif s'y est intéressé - et a demandé des confirmations.

Comme l'a montré la réponse du gouvernement britannique, le pouvoir exécutif ne peut pas fournir la moindre preuve à ses députés.

Toute cette histoire est orientée vers l'extérieur et vers le public national, mais quand il faut en répondre devant le pouvoir législatif et que cette réponse est susceptible d'être utilisée notamment en tant qu'information compromettante pour percer à jour cette campagne de désinformation, il n'y a rien de concret. C'est un schéma génial.

Comme vous le voyez, le gouvernement britannique, qui a créé de toutes pièces un mythe sur les hackers russes et les spécialistes de la désinformation, s'est lui-même mis au pied du mur. Tant de ressources et d'efforts ont été dépensés par les politiciens britanniques pour propager ce mensonge qu'il est pratiquement impossible à présent d'expliquer à l'opinion publique comment ces hackers s'ingèrent dans les élections dans d'autres pays sans pour autant d'avoir de l'influence sur la situation au Royaume-Uni.

C'est une impasse du point de vue de la logique. Mais je pense qu'elle devrait servir de bonne leçon à l'avenir.

 

Sur l'effondrement d'un escalator dans le métro de Rome

 

Mardi 23 octobre à 19:30, heure locale, un escalator s'est effondré à la station Repubblica du métro de Rome. Selon les dernières informations, 16 supporters du club CSKA de Moscou ont été hospitalisés suite à cet incident. Ils étaient venus à Rome pour assister au match de la Ligue des Champions entre l'AS Roma et le CSKA de Moscou. Deux autres Russes ont été hospitalisés avec des traumatismes suite à des échauffourées avec des supporters italiens.

Les blessés sont répartis dans six hôpitaux de Rome. Des diplomates de l'Ambassade de Russie en Italie ont été immédiatement envoyés pour les rencontrer. La mission diplomatique a mis en place une ligne verte pour les proches des supporters. Nous avons dressé la liste des Russes hospitalisés. Le contact a été établi entre les blessés et leurs proches en Russie.

Dès qu'elle a eu connaissance de l'incident, l'Ambassade a immédiatement mis en place une cellule d'urgence, une ligne verte, et a transmis l'information sur les faits via les médias et les départements compétents du Ministère russe des Affaires étrangères. Les diplomates russes se sont rendus d'urgence dans les 7 hôpitaux de la capitale italienne où ont été admis les Russes blessés. Grâce aux actions rapides de l'Ambassade, seulement 6 heures après la tragédie, à 03:00 le 24 octobre, l'identité de tous les blessés a été établie, la plupart d'entre eux ont été directement contactés par les diplomates et une liste détaillée des Russes hospitalisés à Rome a été rédigée. Toute la nuit et le lendemain, les diplomates russes se sont rendus dans les hôpitaux, ont apporté leur contribution et leur aide aux citoyens russes, les ont aidés avec la traduction, les livraisons,  sont occupés des questions consulaires, organisationnelles et autres.

Aux six Russes qui continuent de recevoir des soins ont été attachés des diplomates qui les aident à régler tous les problèmes et les difficultés qui surviennent.

Le département consulaire du Ministère russe des Affaires étrangères apporte son aide à la direction du club CSKA de Moscou pour organiser le voyage des proches des blessés à Rome. Le Consulat général de l'Italie à Moscou s'est dit prêt à leur délivrer des visas dans le cadre d'une procédure accélérée.

La Russie juge nécessaire d'élucider toutes les circonstances des faits. C'est fondamental compte tenu de l'apparition d'informations sur le prétendu comportement indécent de supporters russes qui aurait entraîné l'effondrement de l'escalator. Nous prônons le déroulement d'une expertise indépendante pour que de tels incidents ne se reproduise plus.

 

Sur la visite à Skopje du sous-secrétaire d’État américain Matthew Palmer dans le contexte de la mise en œuvre de l'accord de Prespa

 

De nouvelles accusations infondées concernant une prétendue "ingérence flagrante" de Moscou dans les processus politiques intérieurs en République de Macédoine ont été avancées par le sous-secrétaire d’État américain Matthew Palmer à Skopje ce 22 octobre.

Nous voudrions rappeler que ce sont les USA et pas la Russie qui, ce 19 octobre, par des méthodes malhonnêtes - chantage, menaces et corruption de députés - ont fait adopter au parlement de ce pays la décision d'entamer la procédure d'amendement à la Constitution macédonienne dans l'esprit de l'accord de Prespa. Notons que l'ambassadeur américain à Skopje se trouvait au parlement macédonien et dirigeait directement ce processus. Nos partenaires passent sous silence le fait que la majeure partie de la population macédonienne s'oppose à l'accord de Prespa, comme l'a montré l'échec du référendum du 30 septembre.

La position de la Russie concernant l'appellation de l’État macédonien reste inchangée: la décision à long terme doit être prise par les parties concernées, sans pression extérieure ni délais artificiels ni conditions, s'appuyer sur un large soutien de la société et s'inscrire dans le cadre du droit et de la résolution 845 du  Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Sur les "Journées de Saint-Pétersbourg" au Liban

 

Nous voudrions attirer l'attention sur un événement important pour les relations russo-libanaises: le programme culturel "Journées de Saint-Pétersbourg" qui se déroulera du 31 octobre au 7 novembre dans la République libanaise.

La capitale, Beyrouth, et d'autres villes libanaises accueilleront des concerts de groupes d'enfants et d'adolescents de Saint-Pétersbourg, l'exposition de la collection "Le plus beau pays" de la Société russe  de géographie, des conversations sur la littérature russe contemporaine et les nouvelles œuvres littéraires en provenance de Saint-Pétersbourg, des présentations vidéo et d'autres événements.

La particularité de cette initiative destinée à soutenir les centres culturels de la diaspora russe au Liban et à familiariser les habitants de ce pays avec la "capitale russe du Nord", est que ses inspirateurs et organisateurs sont des ONG: l'association régionale de Saint-Pétersbourg "Centre culturel russo-arabe" et l'ONG autonome Centre de programmes culturels "Culture et paix". Cela témoigne clairement de l'évolution active, entre les peuples de nos deux pays amis, des liens sociaux qui ont toujours joué un rôle important dans la coopération russo-libanaise.

De notre côté, nous saluons le déroulement de cet événement culturel qui contribuera indéniablement au renforcement et au développement des relations entre la Fédération de Russie et la République libanaise. Nous espérons qu'il sera dûment couvert par les médias russes.

 

Sur l'organisation de la 1ère Foire internationale des importations de Chine

 

La 1ère Foire internationale des importations de Chine se tiendra du 5 au 10 novembre à Shanghai (Chine). Les partenaires de la Foire sont l'Organisation mondiale du Commerce, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement et l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel.

La participation de plus de 1 000 compagnies de 130 pays est attendue.

La Fédération de Russie participera à cet événement avec le statut de pays-invité d'honneur. La préparation globale de la participation de la Fédération de Russie à la Foire est prise en charge par le Ministère russe de l'Industrie et du Commerce, le Ministère russe du Développement économique et le Centre russe des exportations.

L'exposition nationale russe présentera le potentiel commercial et industriel de la Fédération de Russie, ainsi que les projets les plus significatifs réalisés conjointement avec les partenaires chinois. Avant tout, l'exposition présentera les projets russo-chinois communs dans les secteurs pétrolier et gazier, l'énergie nucléaire, le transport, la logistique, etc.

En marge de la Foire seront organisées des rencontres avec les partenaires chinois potentiels, des présentations, des séminaires et des tables rondes qui permettront aux participants russes d'avoir une large vision des tendances et des besoins du marché chinois, et ouvriront des opportunités supplémentaires de développement des liens d'affaires.

 

Sur le démantèlement d'un monument de gratitude à l'Armée rouge à Varsovie

 

Actuellement à Varsovie, la capitale polonaise, s'achève le démantèlement de l'un des plus célèbres monuments de gratitude à l'Armée rouge, érigé en 1946 au parc Skaryszewski à l'emplacement où les dépouilles de 26 soldats soviétiques tués en septembre 1944 dans les combats pour libérer Varsovie avaient été enterrées. Par la suite, leurs ossements avaient été transportés au cimetière mémorial rue Żwirki i Wigury.

Il s'agit manifestement d'une nouvelle tentative de l'administration polonaise de réviser foncièrement les événements historiques de la Seconde Guerre mondiale, de ternir les pages liées au rôle décisif de l'Armée rouge dans la libération de la Pologne des occupants fascistes. Il y est devenu courant d'accuser les forces soviétiques d'"inaction" pendant la révolte de Varsovie en août-septembre 1944, même si pendant toute cette période les combats sanglants aux abords de la capitale polonaise n'ont pas cessé un seul jour et nos pertes sur cette partie du front s'élèvent à plus de 200.000 hommes.

La politique antirusse destructive dans le domaine commémoratif n'est pas seulement amorale: elle constitue également une grossière violation des engagements juridiques internationaux en la matière. Son effet destructeur pour les relations bilatérales est inévitable.

 

Sur la préparation d'un accord énergétique entre la Russie et l'Iran dans le contexte de durcissement des sanctions américaines

 

Nous réaffirmons la position fondamentale de la Russie concernant le caractère illégitime des sanctions unilatérales des USA. Nous prenons des mesures pour minimiser leur effet négatif sur la coopération russo-iranienne commerciale et économique.

La coopération avec Téhéran dans le domaine énergétique est l'une des priorités de l'ordre du jour économique bilatéral. Plusieurs accords ont déjà été passés dans ce domaine, notamment au niveau de la Commission intergouvernementale russo-iranienne pour la coopération commerciale et économique. Parmi les principaux projets énergétiques figurent la construction, par des opérateurs russes, de la centrale de Sirik au sud de l'Iran, et la construction des deuxième et troisième réacteurs de la centrale de Bouchehr.

 

Réponses aux questions:

Question: Après sa visite à Moscou, le conseiller du Président américain John Bolton est parti en tournée dans les pays de Transcaucasie. En Azerbaïdjan et en Arménie, en tant que représentant d'un pays coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE, il a déjà fait des déclarations sur le dossier du Haut-Karabakh. Il a notamment dit que le conflit devait être réglé par des moyens pacifiques et que c'était à ses protagonistes eux-mêmes de trouver une solution. Comment pouvez-vous commenter le fait-même que Bolton se soit rendu dans les pays de Transcaucasie immédiatement après la Russie, et ses déclarations sur le Haut-Karabakh?

Réponse: Honnêtement, je ne vois aucune raison de commenter ces déclarations. Les pays mènent leur politique étrangère indépendante, ils ont leurs contacts. La manière dont les pays démocratiques établissent leur calendrier de contacts diplomatiques ne regarde pas du tout la Fédération de Russie.

En ce qui concerne le processus de paix du Haut-Karabakh, je n'ai pas eu connaissance de ces déclarations de John Bolton. Évidemment, le règlement pacifique est dans l'intérêt de tous les acteurs de ce dossier: du Groupe de Minsk de l'OSCE et des parties elles-mêmes. Nous y avons toujours été attachés, cela a toujours été l'objectif principal.

Question: Le Forum humanitaire de Bakou a commencé aujourd'hui. Il a été instauré il y a huit ans par les Présidents de l'Azerbaïdjan et de la Russie. Que pouvez-vous dire sur le fait que cette initiative de l'Azerbaïdjan et de la Russie a débouché sur une plateforme effective de coopération sociale qui fait autorité et intéresse également d'autres pays?

Réponse: Nous ne pouvons que saluer tout développement des contacts et des liens sociaux bilatéraux qui offrent la possibilité de développer la coopération multilatérale. Qui plus est quand ils atteignent un tel niveau et apportent de tels résultats.

Question: Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a récemment déclaré que son pays avait l'intention de signer un traité de paix avec la Russie, mais seulement après le règlement des litiges territoriaux. J'ai deux questions à ce sujet. Quand et où se dérouleront les prochains cycles des négociations russo-japonaises? Et quelle est, dans l'ensemble, la position du Ministère russe des Affaires étrangères par rapport à cette position du Japon?

Réponse: Vous, tout comme le Japon, connaissez notre position à ce sujet. Nous avons noté plusieurs fois dernièrement que toutes les déclarations devaient s'inscrire dans le cadre des accords en vigueur. Ces derniers temps, il y en a eu beaucoup. En ce qui concerne le calendrier des contacts, je demanderai des précisions et nous pourrons vous les présenter. Actuellement, je n'ai pas d'informations concrètes à ce sujet.

Question: Deux semaines nous séparent des élections au Congrès américain. Quelles sont vos attentes? Comment la politique américaine vis-à-vis de la Russie pourrait-elle évoluer? Changera-t-elle de cap en cas de renforcement des positions des républicains ou, au contraire, s'ils perdaient et que les démocrates obtenaient la majorité?

Réponse: En ce qui concerne les élections législatives américaines, il s'agit, tout comme dans tous les autres pays, de processus internes. Nous partons du principe que nous ne changeons pas notre volonté d'entretenir un dialogue normal et mutuellement respectable au profit de l'évolution des relations bilatérales. En ce qui concerne le déroulement du vote et le gagnant: tout cela s'adresse aux Américains, aux électeurs américains et probablement aux experts et aux politologues qui peuvent et doivent analyser les événements avant, pendant et après. Ce n'est pas aux ministères des Affaires étrangères d'autres pays de formuler leurs conclusions et d'exprimer leurs préférences. Nous respectons le choix du peuple américain, qui exerce sa volonté démocratique par le vote en élisant le président et les représentants du pouvoir législatif. C'est une question intérieure des États-Unis. Je répète que nous prônons le développement de relations normales et à part entière avec les USA dans un esprit de respect mutuel.

Question: Le Parlement européen a approuvé la résolution qui appelle les autorités de l'UE à renforcer les sanctions contre la Russie en cas d'escalade de la situation en mer d'Azov. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: C'est une nouvelle carte propagandiste jouée par nos collègues occidentaux. Regardez la déclaration des représentants américains et celle des représentants européens: les députés européens ont enfin compris qu'elles étaient identiques et ne s'appuyaient sur aucune preuve. Elles sont un exemple de propagande politique. Il est apparemment impossible d'accuser davantage la Fédération de Russie de non-respect des Accords de Minsk à cause de l'absurdité de cette thèse. Tout le monde sait parfaitement que c'est le régime de Kiev qui les bloque ou les a déjà bloqués. Il fallait trouver un nouveau thème - et il a été inventé. En l'occurrence, il s'agit simplement d'un coup propagandiste.

Nous avons déjà exprimé notre position à ce sujet. Elle est disponible sur le site du Ministère.

Question: La semaine prochaine, les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE se rendront en Arménie pour "préparer une nouvelle réunion des ministres des Affaires étrangères des pays belligérants". Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan Elmar Mamediarov, a déclaré à Bakou qu'après le changement de pouvoir en Arménie le processus de paix du Haut-Karabakh avait ralenti. Plusieurs experts disent que pendant les prochaines rencontres et discussions pourraient être soumises des propositions visant à moderniser les fameux principes de Madrid pour régler le problème du Haut-Karabakh. Est-ce le cas? Y a-t-il des commentaires à ce sujet?

Réponse: Honnêtement, je n'ai pas entendu parler de tels processus visant à apporter des changements à ces principes. Sur quoi s'appuie votre question? S'il y a des déclarations concrètes, présentez-nous les. Il est peut-être question d'hypothèses des experts, mais alors c'est différent. Nous opérons tous avec des informations officielles, dont je ne dispose pas pour l'instant.

Question: Le quotidien The New York Times a publié un article indiquant que le Président américain Donald Trump possédait plusieurs iPhones personnels écoutés par la Chine et la Russie. Il y a très peu d'informations sur la Russie, mais sur la Chine il est écrit qu'elle ne surveillerait pas seulement les informations partagées par le Président dans ses conversations, mais qu'elle chercherait également à connaître les abonnés les plus contactés par le dirigeant américain. Tout cela est fait pour influencer la politique aux USA et la politique du Président. Il y a peu d'informations et peu de détails sur la Russie dans cet article. Le journal se réfère à des sources anonymes. Avez-vous peut-être des informations, des détails?

Réponse: Oui, j'en ai. C'est un autre exemple du théâtre de l'absurde absolu d'une sorte de "monde de l'autre côté du miroir" dans lequel nous nous trouvons. Quand le quotidien The New York Times, comme vous l'avez dit, sans citer de sources concrètes ni s'appuyer sur des informations officielles, parle de prétendues écoutes de plusieurs téléphones du Président américain, j'ignore comment le caractériser. Surtout quand l'on sait que les USA, selon les informations officiellement publiées, espionnaient de façon complètement éhontée, par exemple, la chancelière allemande Angela Merkel. Si les USA, et notamment les médias, prennent tellement à cœur ce problème, je pense qu'ils devraient surtout s'intéresser à l'utilisation par les politiciens et les services spéciaux américains des équipements pour espionner et écouter leurs partenaires, notamment de l'Otan. Mais pour une raison qu'on ignore, ni le New York Times ni d'autres journaux n'ont accordé autant de temps à ce sujet qu'aux fuites interminables et aux références à des sources anonymes concernant une prétendue ingérence de la Russie, des piratages, des hackers, etc., dont l'existence n'a jamais été confirmée.

Question: Nous croyons et nous espérons vraiment que vous croyez en la diplomatie populaire. On parle actuellement d'une famille de Lettonie qui a ouvert en Crimée un restaurant de cuisine lettone. Ce qui n'a pas du tout été apprécié par les autorités lettones. Des menaces de poursuites pénales allant jusqu'à l'emprisonnement sont exprimées au niveau du Ministère des Affaires étrangères et de la police de sécurité du pays. Viktoria Sisseliatina, la propriétaire de l'établissement, se bat seule contre cette persécution. Elle n'a pas les moyens de s'offrir les services d'avocats onéreux. Elle a lancé sur les réseaux sociaux un flash-mob sur l'amitié entre les peuples de la Lettonie et de la Russie avec le hashtag #PeuplesLettonEtRusseEnsemble. D'après vous, la diplomatie populaire a-t-elle une chance d'améliorer ce contexte négatif? Peut-être que vous serez d'accord avec elle et la soutiendrez avec ce hashtag.

Réponse: Je vais étudier cette affaire. Si tout est comme vous le dites, si les autorités officielles recourent effectivement à la force pour détruire l'entreprise d'une personne qui ne fait rien de criminel, qui n'enfreint pas la loi, ne le fait pas intentionnellement, alors pourquoi ne pas la soutenir? Nous allons nous pencher sur cette histoire.

Question: Quelle est la position de la Russie par rapport aux nouveaux détails concernant le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi? Si l'implication des autorités saoudiennes dans ce meurtre était prouvée, pourrait-ce influer sur les relations bilatérales entre la Russie et l'Arabie saoudite?

Réponse: Tout d'abord, je souhaite la bienvenue à la chaîne Al Jazeera à notre conférence de presse. Je peux littéralement compter sur les doigts d'une main le nombre de fois que vous êtes venus nous voir. J'espère que vous ne vous intéressez pas uniquement à cette question ni uniquement au sort d'une seule personne. Peut-être que vous vous intéressez, par exemple, au sort des civils et des enfants syriens morts pendant les années de guerre en Syrie. Nous en parlons régulièrement ici. Venez. Nous partagerons aussi ces informations avec vous, nous répondrons volontiers à vos questions.

En ce qui concerne votre question concrète sur le sort du journaliste, je ne pense pas qu'il faille en parler à nouveau. Je me suis exprimée à ce sujet de manière suffisamment précise en conférence de presse il y a deux semaines. Le gouvernement russe et le Président russe Vladimir Poutine ont partagé leur position. Tous les avis ont été donnés.

Pour faire la synthèse de tout ce qui a été dit: nous partons du principe qu'une enquête doit avoir lieu. Comme je l'ai dit, à l'heure actuelle les déclarations politiques doivent céder la place à une enquête objective, globale et impartiale. Quand elle aura été menée dans le cadre juridique en conformité avec toutes les procédures, alors les appréciations et les déclarations politiques seront formulées.

Nous saluons également le travail commun qui a commencé entre la Turquie et l'Arabie saoudite.

Question: Récemment, le conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton a déclaré à Moscou qu'il avait partagé avec les autorités russes les informations dont disposaient les USA sur l'assassinat de Jamal Khashoggi. Y a-t-il des détails à ce sujet?

Réponse: Honnêtement, je ne peux pas dire que quelque chose de substantiel ait été transmis à la Russie en la matière. On comprend parfaitement l'implication des USA dans cette histoire. Après tout, le journaliste en question travaillait pour la presse américaine. On comprend pourquoi John Bolton a soulevé ce thème en tant que représentant du pays où travaillait ce journaliste. Malheureusement, ce fait indiscutable n'est jamais mentionné dans les déclarations que nous entendons.

Question: L'agence Interfax a annoncé hier que la prochaine réunion du format de Moscou sur l'Afghanistan aurait lieu à Moscou ce 1er novembre. Elle a également annoncé que Kaboul et les talibans y participeraient. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: J'ai vu des références à des dates concrètes. Je peux dire que le processus de mise au point des délais, des modalités et des participants de la prochaine réunion du format de Moscou sur l'Afghanistan est en cours. Je n'ai pas de date définitive ni de liste des participants à partager avec vous. Je ne pas non plus confirmer pour le moment l'éventuelle participation à cet événement du chef de la diplomatie russe. Dès que cette question sera convenue et que nous aurons des informations, nous les partagerons avec vous. Mais aujourd'hui je ne peux pas confirmer cette information parce que le processus est en cours.

Question: Les plus grandes manœuvres de l'Otan depuis 16 ans ont commencé aujourd'hui avec la participation de deux pays non alignés – la Suède et la Finlande. Il a été annoncé que pendant ces exercices les pays de l'Otan n'utiliseraient pas seulement l'infrastructure militaire de ces pays, mais aussi que les forces armées, les navires et les avions de la Suède et de la Finlande y participeraient directement. Le Ministère russe des Affaires étrangères trouve-t-il cette situation normale étant donné que les gouvernements de la Finlande et de la Suède déclaraient jusque-là qu'ils étaient attachés à leur politique de non-alignement?

Réponse: La Russie considère tous les événements que vous avez décrits comme un travail ciblé de l'Otan pour impliquer la Finlande et la Suède dans l'activité pratique de l'Alliance et notamment pour assurer la participation régulière des contingents de ces pays aux exercices de l'Otan, ainsi que la participation des forces armées des États membres de l'Alliance aux manœuvres qui se déroulent sur le territoire finlandais et suédois. C'est une position claire. Elle n'a pas changé. Cette ligne ne contribue pas au renforcement de la stabilité et de la sécurité au nord de l'Europe, ni sur le continent européen dans l'ensemble.

Cette politique et cette approche comportent des risques réels de dégradation de la situation dans la région. Mais en principe, étant donné que l'Otan est dirigée par les USA tant dans les faits que du point de vue de la politique du personnel, des moyens et des méthodes pour élaborer et prendre les décisions, tout cela s'inscrit dans la ligne de Washington visant à réduire le niveau de sécurité en Europe. C'est une nouvelle pièce du puzzle général. Cette pièce n'est pas grande mais du point de vue de l'impact pour la sécurité et l'irréversibilité des processus, c'est discutable. Je pense qu'elle aura un sérieux impact.

Nous considérons les actions de l'Otan comme une tentative d'utiliser le potentiel militaro-politique de la Finlande et de la Suède pour réaliser les tâches conjoncturelles de l'Alliance visant à réfréner la Russie sous un prétexte fallacieux. Nous partons du principe que Stockholm et Helsinki en sont également conscients et se rendent compte des menaces réelles et de l'origine de ces menaces réelles pour la sécurité européenne. Elles ne viennent certainement pas de la Russie.

Question: Le Ministre serbe de la Défense Aleksandar Vulin a indiqué aujourd'hui lors d'un forum international à Pékin que son pays faisait face à un défi important nommé "Grande Albanie". Que pensez-vous de la possibilité de mise en œuvre du projet de Grande Albanie dans le contexte de la volonté du Kosovo séparatiste de créer sa propre armée et d'établir des frontières avec la Serbie?

Réponse: A mon avis, cette question mérite un bon article, voire une étude scientifique. Partageons-la en plusieurs parties. En ce qui concerne le Kosovo, comme vous le savez bien, nous ne le reconnaissons pas comme un État. De plus, nous avons déjà indiqué à plusieurs reprises que nous étions inquiets de voir les tendances qui s'y développaient ces derniers temps. Malgré l'inconsistance absolue de ce territoire d'un point de vue étatique, il "pompe" des armes. Cette volonté ouverte suscite naturellement de l'inquiétude, car il ne s'agit pas d'un État réel.

En ce qui concerne les propos du ministre serbe de la Défense concernant le nombre et la nature des menaces pour son pays, c'est l'affaire des Serbes. Ils ont le droit de dire où se trouvent, selon eux, les racines des menaces.

Question: Le vice-ministre russe de la Défense Alexandre Fomine a déclaré lors du Forum de Xiangshan sur la sécurité (Chine) que les drones utilisés pour attaquer la base aérienne russe de Khmeimim avaient été dirigés par un avion de renseignement américain Poseidon 8. Comment pouvez-vous commenter ces propos? Faut-il s'attendre à une certaine réaction?

Réponse: Nous ne pouvons que confirmer ces informations présentées par nos experts militaires. Elles sont absolument authentiques. Nous avons plus d'une fois évoqué nos préoccupations à ce sujet. Nous partagerons évidemment notre inquiétude avec nos partenaires américains, y compris au niveau politique et militaire.

Question: La déclaration américaine sur la volonté de Washington de quitter le traité FNI a été faite juste avant la venue de John Bolton à Moscou. Ce dernier s'est notamment entretenu avec le Président russe Vladimir Poutine, le Secrétaire du Conseil de sécurité Nikolaï Patrouchev, le Ministre de la Défense Sergueï Choïgou, et le Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Toutes ces rencontres n'ont visiblement suscité aucun changement de la position américaine. Nous constatons que ce processus est déjà en cours. Quelle en est, selon vous, la raison? L'incapacité russe à persuader les Américains? Ou à prouver que Moscou de disposait pas d'un tel missile? Ou les Américains ne veulent-ils tout simplement rien entendre?

Réponse: Vous avez probablement mal écouté. Je me suis déjà prononcée à ce sujet. A mon avis, mes commentaires étaient univoques. Il ne s'agit pas d'une décision spontanée des États-Unis, adoptée à la veille de la visite de John Bolton à Moscou, mais d'une approche politique et militaire appliquée de manière préméditée par Washington depuis quelques années. Nous maintenons depuis longtemps une polémique publique avec les États-Unis et plusieurs responsables américains. Nous n'avons pas été surpris par la position américaine.

C'est évidemment aux Américains de répondre à toutes les questions concernant le contenu, les délais et la forme de ce retrait. Ils ont notamment souligné qu'il ne s'agissait pas d'une décision définitive, mais d'une éventualité. C'est typique du style politique qui est le leur aujourd'hui.

Nous avons régulièrement - plusieurs fois par mois - soulevé cette question. Nous avons indiqué que nous étions au courant des origines de la situation, avons évoqué des exemples concrets et appelé les Américains à nous présenter des faits si des préoccupations réelles faisaient leur apparition. Comme d'habitude, selon leur style politique de ces dernières années, ils ne nous ont rien présenté. Pour répondre à votre question, je peux répéter encore une fois que cette stratégie est menée depuis longtemps.

En ce qui concerne l'absence de changements en la matière lors de la visite de John Bolton, je doute qu'il soit venu pour modifier cette stratégie.

Question: Si le missile suscitant des prétentions respecte le traité en termes de portée, ne serait-il pas préférable de présenter ses capacités techniques au grand public?

Réponse: Pourquoi parlez-vous d'un missile? Ce missile n'a été mentionné que par certains médias et experts. On nous a posé une question, et nous avons évoqué ce sujet. Mais les USA ne parlent déjà plus d'un missile, mais de la Chine. Nous pouvons vous présenter la Chine: elle se trouve sur la carte, elle est notre voisine. Les arguments changent de mois en mois, on évoque chaque fois de nouveaux sujets. Vous avez raison. On a évoqué un missile il y a quelque temps. Ensuite on a parlé de la violation de certains aspects du traité par la Russie. Aujourd'hui, il s'est avéré que la cible principale était la Chine. Les Américains mettent en œuvre une stratégie et choisissent leurs arguments selon les cas et les moments.

Question: Le Forum de Varsovie sur la sécurité se déroule actuellement en Pologne. Le Ministre polonais des Affaires étrangères Jacek Czaputowicz a déclaré que la Pologne craignait le renforcement de la présence militaire russe dans la région Baltique compte tenu de la construction du gazoduc Nord Stream 2. Je cite: "Le Nord Stream 2 pourrait donner un prétexte de plus à la Russie pour qu'elle élargisse sa présence militaire dans la région de la mer Baltique". Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Le Ministre polonais des Affaires étrangères Jacek Czaputowicz n'est pas le seul à s'être exprimé à ce sujet. Le Président polonais Andrzej Duda s'est exprimé également. Les autorités polonaises ont évoqué à différents niveaux leur préoccupation face aux prétendues menaces liées à la construction du gazoduc Nord Stream 2. On ignore de quelle manière l'apparition d'un canal supplémentaire (je souligne – supplémentaire) d'acheminement de gaz en Europe pourrait menacer la sécurité énergétique européenne. Il est question d'une diversification des fournitures d'hydrocarbures. A ce que l'on sache, c'est précisément l'une des tâches de l'UE elle-même, dont Varsovie est membre.

En ce qui concerne les aspects économiques, je voudrais rappeler que l'itinéraire du Nord Stream 2 est presque 2 000 km plus court que la version ukrainienne actuelle. Selon les prévisions, le coût du transport de gaz via le nouveau gazoduc sera plusieurs fois inférieur par rapport à l'itinéraire ukrainien. C'est une information ouverte, mais je voudrais la répéter en réponse aux déclarations de la Pologne. Le Nord Stream 2 est construit avec des technologies modernes qui réduisent considérablement les risques d'accident et les émissions de gaz à effet de serre. Les nombreuses préoccupations préalablement exprimées ont été prises en compte.

Il est parfaitement clair que les opposants au Nord Stream 2 ne sont pas du tout motivés par la sécurité énergétique de l'Europe ou l'environnement, mais par les craintes concernant leur propre profit, leur propre rôle. Ce sont des choses différentes.

Nous avons toujours dit que chaque pays européen avait le droit d'acheter du gaz de pipeline ou liquéfié là où il le souhaitait. En l'occurrence il ne faut mentir à personne. Si on achète un produit plus coûteux au détriment de sa propre économie et de ses propres intérêts, c'est ce qu'on appelle une décision purement politique.

D'après nous, il est question d'une politisation classique de la coopération en la matière. Ce n'est pas Moscou qui le fait mais Varsovie - les citations que vous avez faites et les déclarations que j'ai entendues sont là pour le confirmer.

Quant au transit ukrainien - et la Pologne en a parlé également - la Russie a déclaré à plusieurs reprises que les fournitures de gaz en Europe via l'Ukraine pourraient être maintenues si l'itinéraire ukrainien conservait son attractivité économique. Il est également nécessaire de régler le fameux litige entre les acteurs économiques intéressés.

 

à suivre

 

 

Question: Le Président russe Vladimir Poutine a indiqué au conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton que leur rencontre avec Donald Trump à Helsinki avait été, selon eux, assez fructueuse. Est-ce que John Bolton a réagi à ces propos ou a préféré les ignorer? Je comprends bien qu'il s'agit d'une conversation présidentielle, mais John Bolton s'est également entretenu avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et d'autres dirigeants russes. N'a-t-il donné aucune explication au cours de sa rencontre avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov? Comment en est-on arrivé là?

Réponse: Le fait est que - comme vous l'avez justement souligné - l'agenda présidentiel ne relève pas des compétences du Ministère russe des Affaires étrangères. Une délégation américaine a en effet mené des pourparlers au Ministère russe des Affaires étrangères. Il est incorrect d'évoquer littéralement ou par des allusions ce qui a été dit à huis clos. Nous avons présenté des estimations générales assez détaillées de ces rencontres et des questions concrètes qui ont été évoquées, sans pourtant rien citer directement ou indirectement. On peut facilement comprendre qu'il existe actuellement beaucoup de problèmes à Washington.

 

Question: Selon vous, quelles sont les diasporas russes les plus influentes à l'étranger, sans compter l'étranger proche qui est un cas à part?

Réponse: Influentes sur quoi? Si vous parlez de la politique intérieure, le Ministère russe des Affaires étrangères n'a aucun objectif en la matière. Nous ne transformons pas nos compatriotes en unités d'influence sur la politique intérieure des pays où ils séjournent. Notre objectif est de les aider à résoudre leurs problèmes quotidiens. Cela concerne aussi bien les cours de langue russe (comme vous travaillez depuis longtemps aux États-Unis, vous êtes au courant de la hausse considérable de l'intérêt pour le russe depuis 10 ans) que les questions de passeport, de citoyenneté et de visa, ou encore le soutien aux initiatives communautaires, aux médias des compatriotes et à leurs projets sociaux et culturels. Nous assurons ce soutien. Quant aux lieux et aux niveaux de concentration de nos concitoyens, il vaut mieux poser ces questions aux experts du Département du travail avec les compatriotes du Ministère russe des Affaires étrangères.

New York, plus précisément, Brooklyn, a récemment accueilli le Congrès de la presse russophone. Je ne peux pas dire que la communauté soit désunie mais il existe des problèmes, liés notamment à la situation en Ukraine. Il y a des divisions au sein de la diaspora, très sensible à la situation ukrainienne. Dans tous les cas, les États-Unis, le Canada et les pays européens, notamment la France et l'Allemagne, accueillent des diasporas fortes, nombreuses et actives. Nous le constatons grâce à nos contacts réguliers avec elles. Voilà en ce qui concerne le monde occidental.

Autre exemple: je comprends bien que l'Argentine ne fasse pas partie de votre question, mais elle se trouve elle aussi à l'ouest. Je m'y suis rendue il y a un an pour prendre part à des consultations relatives à la problématique de l'information et j'ai rencontré des représentants de la diaspora russe. Elle est très structurée, compte tenu de l'organisation intérieure de la vie sociale intérieure en Argentine. Il s'agit d'un chœur de diasporas. L'organisation du pays s'appuie sur la vie des diasporas - ce sont les traditions de l'histoire argentine. La diaspora russe n'a pas posé de questions mais a présenté des objectifs relatifs aux études des enfants, à l'école russe et à la coopération dans différents domaines.

 

Question: Que pensez-vous de l'attribution du Prix Sakharov à Oleg Sentsov?

Réponse: Il s'agit d'une décision absolument politisée. Je ne sais pas sur quoi elle se base, mais le fait qu'elle s'appuie sur une approche politisée est absolument clair. Même si l'on ignore ses mécanismes concrets. Si vous avez des informations plus détaillées et concrètes sur la manière dont cette décision a été prise, présentez-nous-les, s'il vous plaît. Cela intéresse tout le monde ici.

Quand on me parle du "cinéaste" Oleg Sentsov et que l'on me pose des questions sur lui, je demande: "Avez-vous regardé ses films?" Pratiquement personne ne les a vus. Les fondements de l'attribution de ces prix restent une question ouverte. Il faut demander aux organisateurs par quoi ils se sont laissés guider. Et pourquoi ont-ils choisi Oleg Sentsov et pas Nadejda Savtchenko? Cette dernière a beaucoup plus souffert. Sa situation actuelle est infiniment plus grave que celle d'Oleg Sentsov, parce qu'elle est revenue dans sa patrie pour y être trahie. Vous avez tort de sourire. D'abord on l’a activement appelée, soutenue et encouragée, comme nous le constatons actuellement avec Oleg Sentsov. On a organisé tout une expérience sur une personne et sa conscience. Pour ensuite la trahir d'une manière cynique et impitoyable.

 

Question: Concernant le traité FNI. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a participé hier soir à une émission de la chaîne Pierviy Kanal  et indiqué que la Russie présenterait un projet de résolution en faveur du maintien du traité. L'a-t-elle déjà fait?

Réponse: Ce travail a été lancé dans le cadre de la Première Commission de l'Assemblée générale de l'Onu.

 

Question: Vous avez évoqué l'universalisation du traité FNI. Je sais que la Russie prône toujours cette idée, sans l'imposer ni dicter sa volonté. Je trouve que c'est une attitude très passive. Ne pensez-vous pas qu'une opportunité unique se présente aujourd'hui ? Vous pouvez d'abord régler les problèmes existants avec les USA, puis élargir les termes du Traité à d'autres régions.

Par exemple, le problème des missiles concerne également les relations entre le Japon et la Russie parce que ces dernières années, Tokyo a l'intention d'accueillir l'ABM américain terrestre pour se protéger contre les missiles nord-coréens, ce à quoi la Russie réagit très douloureusement. Alors qu'en rendant ce Traité universel, nous pourrions régler différents problèmes. Qu'en pensez-vous?

Réponse: En ce qui concerne la passivité russe, je voudrais rappeler l'histoire du traité ABM. Elle est très semblable à celle-ci. A l'époque, vous vous souvenez, les USA avaient également décidé de se retirer unilatéralement de l'accord à ce sujet sous différents prétextes. Les motifs évoluaient selon les périodes: d'abord la menace iranienne, qui a disparu, puis est réapparue, etc.

Souvenez-vous à quel point la Fédération de Russie était active à tous les niveaux - de l’État, de la communauté scientifique et des associations - pour prouver grâce à des exemples concrets toute l'inutilité et le caractère irréaliste des arguments des USA au profit de leur retrait unilatéral du traité ABM.

Pas loin d'ici, dans un hôtel de Moscou, a été organisée une grande conférence à laquelle ont participé nos militaires, experts, scientifiques, des représentants de tous les milieux - de la politique à la science - qui, faits en main, à l'aide de présentations et de diagrammes numériques, ont expliqué que, premièrement, toute l'argumentation des USA ne tenait pas debout et, deuxièmement, que cela créait des menaces réelles pour la paix et la sécurité internationales à cause du changement du système de sécurité actuel. Et tout cela a duré plusieurs jours. C'est un exemple de conférence ouverte à tous organisée par la Fédération de Russie sur son territoire. Ceux qui n'ont pas pu y assister ont reçu la documentation relative à l'événement. Ce n'est qu'un exemple de notre approche active et responsable. Nous comprenons que chaque pays a sa propre vision, qui plus est les pays comme les États-Unis où les décisions et leur exact contraire sont prises après les changements d'administration et sont proclamées comme des idées nationales, des intérêts, des axes.

Nous savons parfaitement qu'ils ont le droit de modifier leur position, mais je voulais vous montrer sur cet exemple à quel point nous sommes toujours actifs du point de vue du maintien des accords en vigueur afin de garantir la sécurité et la stabilité internationales. Le problème ne réside pas dans notre passivité. Nous avons mené un travail explicatif très actif sur le traité que vous avez mentionné. Il y a eu des interviews, des articles et des réponses sur chaque déclaration américaine. Nous avons systématiquement présenté notre ligne et les faits. A chaque entretien nous avons soulevé cette question avec les secrétaires d’État, les dirigeants des organes de défense. Bien évidemment, cette question est également inscrite à l'agenda présidentiel. Le problème n'est la Russie ni sa position, mais la volonté des USA de se retirer d'un nombre de plus en plus grand d'accords internationaux. Par exemple, dans le cas de l'Union postale universelle (j'ai cité cet exemple aujourd'hui), quel est le rapport avec la passivité de la Russie dont vous parlez? Cela concerne tous les pays. Cela concerne le monde entier, mais aujourd'hui ces problématiques sont dictées par la position du moment des USA et de leur administration. Je ne peux certainement pas l'accepter.

Quant à la future architecture de sécurité mondiale ou à l'avenir de ce Traité, s'il était détruit par la volonté d'une partie je pense que le monde entier devrait s'asseoir pour réfléchir à l'avenir. J'ai dit aujourd'hui que nous étions prêts à un travail orienté sur le maintien et l'apport au monde d'une plus grande sécurité et stabilité. Même si aujourd'hui, honnêtement, nous ne voyons pas de telles prémisses vu les déclarations faites par Washington.

Les exemples comme celui de l'ABM et notre position active sont nombreux. Je pense qu'il serait intéressant que j'en parle la prochaine fois.

 

Question: Samedi en Turquie se tiendra une réunion sur la Syrie au niveau présidentiel avec la participation de l'Allemagne, de la France, de la Russie et de la Turquie. Pouvez-vous commenter cette rencontre et nous dire ce à quoi l'on peut s'attendre? Dans quelle mesure la coopération peut être importante à l'étape actuelle?

Réponse: Cette réunion relève de la compétence de l'Administration présidentielle. Quant à l'importance et à la pertinence du dialogue, indépendamment des niveaux et des formats, elle est éminemment d'actualité car il est question de pays qui jouent un rôle significatif dans cette région sur ce dossier.

 

Question: Récemment, les autorités pakistanaises ont suspendu l'activité de plusieurs ONG caritatives et du domaine de la santé qui menaient une activité antigouvernementale sur le territoire du Pakistan. Neuf de ces organisations étaient américaines et trois britanniques. D'après l'expérience russe, quelles conséquences pourraient attendre le Pakistan, qui cherche à mener une politique indépendante? La Russie ne regrette-t-elle pas d'avoir réussi à une époque, malgré la pression internationale, à défendre sa souveraineté et à prendre de telles décisions?

Réponse: Vu votre préoccupation pour l'indépendance du Pakistan (je partirai de ce point), vu l'indépendance des décisions prises par ce pays, je ne juge pas possible ni correct de commenter les questions de l'agenda national. Si cette décision a été prise dans le pays, c'est probablement une question qui a été convenue au Pakistan-même. Elle n'a rien à voir avec la Fédération de Russie. C'est une question de votre agenda national. Si, en l'occurrence, il existe un lien avec la Fédération de Russie, dites-le moi - je n'en ai pas connaissance.

Si vous parlez de l'expérience russe, malheureusement, nous avons été effectivement confrontés, notamment ces dernières années, à une étrange activité d'ONG liées aux pays occidentaux, notamment aux USA et à plusieurs pays européens, qui n'exerçaient pas l'activité officiellement déclarée. C'est effectivement le cas, je le confirme. Cela concerne les ONG et, malheureusement, plusieurs médias.

 

Question: Les intentions des USA de créer en Syrie un pseudo-État ont-elles été évoquées pendant l'entretien entre Sergueï Lavrov et John Bolton? Quelle était la position de l'Amérique étant donné que John Bolton a annoncé une entente pour coordonner avec Moscou les actions en Syrie?

Réponse: Bien évidemment, la question syrienne a été soulevée. La Russie a exposé ses approches une nouvelle fois. Je pense que les Américains les connaissent très bien car le dialogue est régulièrement entretenu sur le thème syrien, concernant l'avenir de cet État en tant que pays intègre, souverain et indépendant. Ce sont nos positions de départ.

Nous exprimons cette position publiquement, elle s'adresse à tout le monde – aux partenaires américains et à d'autres parties intéressées. C'est une position fondamentale de la Russie dans le contexte du processus de paix syrien, soulignant l'inadmissibilité de la division de la Syrie et de la création sur son territoire d'enclaves non contrôlées par Damas - qui est le gouvernement légitime officiel. Nous en parlons régulièrement.

Question: La chef du parti ukrainien Patrie, Ioulia Timochenko, a déclaré qu'en cas de victoire à la présidentielle elle "reprendrait le Donbass". Elle a déclaré qu'elle obtiendrait la paix, mais selon les conditions de l'Ukraine – "reprendra le Donbass ukrainien". Dans le Donbass sera rétablie la législation ukrainienne, le territoire sera démilitarisé, nous reprendrons 2 millions de réfugiés. D'après vous, le retour du Donbass au sein de l'Ukraine est-il possible?

Réponse: La mise en œuvre des Accords de Minsk est possible. Pourquoi inventer d'autres schémas? L'Ukraine elle-même a signé les Accords de Minsk en tant que "feuille de route", comme vous l'avez dit, du "retour du Donbass", et comme le dit la communauté internationale: du "règlement du conflit ukrainien intérieur". Il existe les Accords de Minsk, qu'il faut tout simplement remplir. La politicienne ukrainienne s'est peut-être exprimée ainsi pour montrer son désaccord avec la politique menée par le régime de Kiev, mais ce n'est pas à moi qu'il faut poser cette question.

Question: Ma question concerne l'initiative de Donald Trump de se retirer du traité FNI. Le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a pratiquement accusé la Russie et dit que le problème résidait dans le comportement de Moscou. Comme quoi ce serait la raison de cette décision des USA.

Réponse: Il n'a peut-être pas entendu que le Président américain parlait de la Chine.

Question: Si vous me permettez une citation, il a déclaré  que tous les alliés étaient unanimes sur le fait que les USA respectaient les conditions de l'accord. Les problèmes, les menaces et les défis: c'est le comportement de la Russie.

Réponse: J'ai un conseil pour la direction de l'Otan. Je me permettrai de donner un conseil, notamment à Jens Stoltenberg, de prendre tout de même connaissance en détail des déclarations qui ont été faites par le Président américain. De nombreuses déclarations ont été faites, mais il serait peut-être utile de lire et de voir toutes les préoccupations exprimées par les autorités américaines avant d'accuser la Fédération de Russie de tous les maux.

Autre point. Jens Stoltenberg entretien un dialogue régulier notamment avec le chef de la diplomatie russe. Si l'Otan avait des preuves concrètes, si l'Otan, qui exprime, selon lui, la volonté des alliés, possédait des informations sur la prétendue non-tenue par la Russie de ses engagements, elles pourraient être transmises simplement sur son initiative, sans déléguer cela à personne: directement. Nous n'avons pas reçu de telles informations, même si la dernière rencontre a eu lieu très récemment.

Question: Permettez-moi de demander une précision sur votre réponse concernant le Karabakh et John Bolton. Peut-on dire qu'entre la Russie et les USA, il existe une entente totale sur le processus de paix du Karabakh, que les pays regardent dans la même direction?

Réponse: A l'heure actuelle, vu la diplomatie numérique activement promue aux USA, je ne parlerais pas d'une coïncidence totale des questions ou des positions sur les questions où une telle entente était réelle auparavant. Tout change rapidement - plusieurs fois par jour. Pour répondre à votre question très concrète concernant le processus de paix du Karabakh, nous signons sous l'expression "processus de paix", car cela correspond entièrement aux approches russes.

 

 

 

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