4 décembre 201916:17

Allocution du représentant de la délégation de la Fédération de Russie à la Réunion des États parties de la Convention sur l'interdiction des armes biologiques (CABT) sur le point 5 de l'ordre du jour du Débat général, Genève, 3 décembre 2019

2514-04-12-2019

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

Monsieur le Président,

Nous vous félicitons pour votre élection à ce poste à responsabilités et vous souhaitons de la réussite dans votre travail. De notre côté, nous sommes prêts à coopérer.

Chers collègues,

Le cycle d'examen actuel touche à sa fin. Certains pourraient penser - à juste titre, en un sens - qu'il reste encore deux ans avant la Conférence d'examen de 2021 (CE 2021), qu'il reste suffisamment de temps pour la préparer comme il se doit et l'organiser avec réussite. En même temps, comme le montre l'expérience, l'habitude de "remettre à plus tard" a ses lacunes. En 2016, malgré tous les efforts, les participants à la CE n'ont pas réussi à tomber d'accord pour adopter un document final substantiel avec un programme de travail intersession.

La délégation russe préconise d'entamer sans attendre la préparation de la CE 2021. Il est en notre pouvoir, pendant cette Réunion des États parties déjà, de créer des éléments, des blocs, qui poseraient les bases des futures recommandations et décisions de la Conférence d'examen. De plus, les élaborations communes serviraient de repère pour les réunions des groupes d'experts de la CABT, ce qui leur permettrait de se concentrer sur les décisions qui ont une chance d'être adoptées par consensus.

La délégation russe a préparé "matière à réfléchir" pour une éventuelle inclusion au rapport final de la Réunion des États parties, que nous diffuserons prochainement. Bien évidemment, nous préférerions des formulations plus fortes et nettes, notamment en ce qui concerne la reprise du travail sur le protocole à la Convention prévoyant, entre autres, un mécanisme efficace de vérification des engagements.

Cette tâche est d'autant plus d'actualité que les tentatives se poursuivent de présenter à titre d'alternative une sorte de "peer review" (évaluation par les pairs) ou d'autres initiatives suscitant de sérieuses questions. Nous ne sommes opposés en aucun cas aux mesures de transparence et de renforcement de la confiance. Au contraire, nous prônons leur perfectionnement dans le cadre de la CABT et, vous le savez tous, nous avons soumis des propositions pour que les États parties fournissent des rapports sur leur activité médico-biologique hors de leurs frontières, y compris au niveau militaire. Le document de travail en question a été publié par la Fédération de Russie sur le site de la CABT (BWC/CONF.VIII/WP.9 du 14 octobre 2016). Nous comptons sur son soutien.

Dans ce même contexte, nous avons l'intention d'attirer l'attention des délégations sur l'idée de créer, dans le cadre du Secrétariat de l'Onu, une sorte d'"appareil intermédiaire permanent" afin d'institutionnaliser le mécanisme du Secrétaire général de l'Onu pour enquêter sur les cas d'utilisation d'armes chimiques et biologiques. Nous voudrions rappeler que la création de cette entité en soi n'est aucunement prévue par les résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations unies, conformément auxquelles a été créé le mécanisme du Secrétaire général, et ne possède de facto aucune base légale. De plus, cette initiative n'est pas élaborée ni convenue avec les États parties de la CABT. Il s'avère même qu'ils n'en ont pas tous connaissance.

Nous avons de sérieux reproches concernant le travail sur la mise en œuvre de ces plans. Nous faisons allusion à l'absence de la transparence nécessaire dont parlent tant certains de nos collègues. Mais, pour une raison qu'on ignore, ils n'expliquent pas pourquoi, derrière le dos des États membres de l'Onu, le Bureau des affaires de désarmement de l'Onu (UNODA) procède aux préparatifs pour mettre en œuvre cette initiative. Nous espérons obtenir non seulement des explications, mais également des informations détaillées à ce sujet de la part de nos collègues du bureau de Genève de l'UNODA. Après tout, ils doivent être au courant.

Le plus important est que toute cette activité affectant directement la sphère de responsabilité de la CABT se déroule sans la participation des États parties de la Convention.

Je répète que la Russie prône le lancement au plus vite des négociations sur le protocole à la Convention prévoyant, entre autres, un mécanisme de vérification efficace. En même temps, nous faisons preuve de réalisme et comprenons qu'à cause de la position intraitable de l'une des délégations il sera impossible d'entamer ce travail, sachant que la délégation russe a soumis et continue d'avancer des initiatives visant à institutionnaliser le régime de la CABT. Il est avant tout question de la création, dans le cadre de la Convention, de sections médico-biologiques mobiles et d'un Comité scientifique consultatif avec une représentation géographique égale. Je n'entrerai pas dans les détails, nous en parlerons ultérieurement en évoquant les points correspondants de l'agenda. Il est évident que la réalisation de ces projets nécessitera des fonds supplémentaires. Néanmoins, tout le monde y gagnerait, notamment les pays émergents qui sont confrontés à de sérieux défis en matière de biosécurité.

De plus, la Russie soutient toutes les autres propositions visant à consolider les bases organisationnelles de la CABT. Dans ce contexte, nous saluons les initiatives de la Chine de créer, dans le cadre de la Convention, un régime de coopération autonome et non discriminatoire mais résistant face aux risques pour échanger les biotechnologies, ainsi que d'adopter un code de conduite volontaire des chercheurs en biologie.

Pour conclure, je peux affirmer que la délégation russe est prête à la coopération la plus étroite avec la présidence française à la Réunion des États parties et avec toutes les délégations afin d'obtenir des résultats pratiques. Je voudrais souligner en particulier que personne ne fera ce travail à part vous et nous, c'est-à-dire la communauté de la CABT.

x
x
Outils supplémentaires de recherche