Briefings du ministère des Affaires Etrangères

26 mars 202119:37

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 26 mars 2021

 

Sur la réunion des Conseils d'observation et de tutelle du MGIMO du Ministère russe des Affaires étrangères

 

Mercredi 31 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov présidera une réunion conjointe des Conseils d'observation et de tutelle du MGIMO du Ministère russe des Affaires étrangères.

Pendant cette réunion seront présentés un rapport sur l'activité de l'Université en 2020 et les objectifs pour l'année en cours. Il est également prévu d'analyser la mise en œuvre de la Stratégie de développement de l'université et d'autres questions relatives aux projets à long terme de l'établissement.

 

Sur la future visite de travail en Fédération de Russie de Rachid Meredov, vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères du Turkménistan

 

Du 30 mars au 2 avril, Rachid Meredov, vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères du Turkménistan, se rendra en visite de travail en Fédération de Russie. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans le cadre de ce déplacement.

Ce visiteur de marque participera à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la CEI, et soulèvera les questions centrales figurant à l'ordre du jour de la Commission intergouvernementale russo-turkmène pour la coopération économique dont il est le coprésident.

Les deux ministres comptent évoquer les thèmes centraux de la coopération bilatérale, les sujets d'actualité relatifs à la sécurité régionale et mondiale, ainsi que la coopération au sein des organisations interétatiques. Le Mémorandum d'entente entre le gouvernement de la Fédération de Russie et le gouvernement du Turkménistan pour garantir la sécurité biologique est également prêt à être signé par les chefs de diplomatie.

La Russie considère cette visite à venir comme un élément important des mesures globales visant à approfondir le partenariat stratégique bilatéral conformément au Traité de partenariat stratégique entre la Fédération de Russie et le Turkménistan signé par les deux chefs d’État à l'initiative du Président turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à une session spéciale du club de discussion Valdaï

 

Mercredi 31 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la session spéciale "La Russie au Moyen-Orient" dans le cadre de la conférence "Le Moyen-Orient à la recherche du renouveau manqué" organisée par le Club de discussion international Valdaï.

Au cours de cet événement, Sergueï Lavrov exprimera les approches fondamentales de la diplomatie russe vis-à-vis du dossier du Moyen-Orient en mettant l'accent sur la situation en Syrie, en Libye, sur le processus de paix israélo-palestinien et le Golfe.

Il réaffirmera également la nécessité de régler politiquement les conflits qui persistent dans la région, de respecter rigoureusement les normes du droit international, de respecter les principes de souveraineté, d'indépendance, d'intégrité territoriale des États et de non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la réunion du CMAE de la CEI

 

Vendredi 2 avril à Moscou se tiendra la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Communauté des États indépendants. Je rappelle que cette année, la CEI est présidée par la Biélorussie.

L'ordre du jour inclut couvre les axes principaux de l'interaction au sein de la CEI. Les participants à la réunion échangeront leurs avis sur les thèmes régionaux et internationaux d'actualité et évoqueront les perspectives d'approfondissement de la coopération multidimensionnelle dans le cadre de l'Organisation, notamment dans les secteurs social et de l'application de la loi.

Afin de renforcer les positions des pays de la Communauté sur la scène internationale, les ministres feront le bilan de la mise en œuvre du Programme d'action pour intensifier le partenariat entre les ministères des Affaires étrangères des États membres de la CEI et du Plan de consultations interministérielles multiniveaux en 2020.

A l'occasion des 80 ans du début de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 cette année, les chefs de diplomatie examineront le projet de Communiqué des chefs d’État des États membres de la CEI adressé aux nations de la Communauté et à la communauté internationale.

Plusieurs projets de documents adoptés à l'issue de la réunion seront soumis à l'approbation du Conseil des chefs de gouvernement de la CEI (28 mai 2021, Minsk) et du Conseil des chefs d’État de la CEI (15 octobre 2021, Minsk).

Parmi les autres rencontres éventuelles en marge du CMAE de la CEI est prévu un entretien de Sergueï Lavrov avec les ministres des Affaires étrangères azéri, Djeyhoun Baïramov, et arménien, Ara Aïvazian.

 

Point de situation sur le coronavirus

 

La situation épidémiologique mondiale concernant la Covid-19 reste ambiguë et assez alarmante dans certains pays. A la date du 26 mars, le nombre de personnes infectées dans le monde a atteint 126 millions de personnes, dont 46 millions rien que cette année. Le nombre total de victimes depuis le début de la pandémie dans le monde a dépassé 2,7 millions de personnes.

La courbe de la morbidité quotidienne dans le monde en mars a repris son ascension, alors que la mortalité journalière liée au coronavirus affiche une dynamique de baisse instable. La sollicitation des établissements médicaux spécialisés dans certains pays (jusqu'à 80%), où les systèmes de santé fonctionnent à la limite de leurs capacités, est préoccupante.

Les variants britannique, sud-africain et brésilien du coronavirus continuent de se répandre à travers la planète. Le maintien de l'état d'urgence dans certains pays est avant tout perçu par les autorités comme une mesure préventive visant à minimiser les risques de reprise de l'épidémie, à laquelle pourraient contribuer les maladies printanières saisonnières, notamment dans les grandes agglomérations.

Pratiquement tous les jours, tel ou tel pays change son approche de l'organisation des mesures relatives à la pandémie. Soit ces mesures sont levées, soit de nouvelles sont adoptées et complétées. Cela arrive tous les jours, voire toutes les heures.

Nous remarquons les informations concernant les difficultés rencontrées dans le cadre de la vaccination dans le monde. L'absence de caractère systémique dans plusieurs pays, notamment en Occident. L'absence de compréhension de la procédure de vaccination, des problèmes avec les vaccins. Je ne le dis pas pour souligner une nouvelle fois la crise dans plusieurs pays occidentaux, mais pour mettre en garde nos citoyens, notamment avant un éventuel départ à l'étranger. La saison de vacances commence et il faut évaluer objectivement la situation épidémiologique et les perspectives d'un séjour à l'étranger.

Dans notre pays, la campagne de vaccination suit son cours et continue de prendre de l'ampleur, englobant de plus en plus de groupes d'âge. Le Président russe Vladimir Poutine a été vacciné contre le coronavirus en début de semaine.

Je voudrais rappeler que trois vaccins ont été enregistrés à ce jour en Russie: Sputnik V, du Centre Gamaleïa, EpiVacCorona du centre Vektor de Novossibirsk, et CoviVac du centre Tchoumakov de l'Académie des sciences de Russie. Le 25 mars, le vice-Ministre russe de la Santé Pavel Pougatchev a déclaré: "Ces trois vaccins sont efficaces: ce n'est donc pas la peine d'attendre un vaccin en particulier, il est possible de se vacciner avec l'un de ces trois vaccins sans problème."

Je voudrais dire encore quelques mots sur l'attention portée au vaccin russe à l'étranger. En ce qui concerne Sputnik V, la demande pour le vaccin russe dans le monde est très élevée. Tous les jours, nous recevons de nouvelles commandes ou la confirmation du passage des procédures nécessaires par le vaccin russe. Ce produit a été certifié sur une base bilatérale dans 57 pays, 21 États l'achètent et certains pays sont prêts à organiser sa production sur leur territoire. Nous constatons un nombre grandissant d'échos positifs des représentants officiels étrangers. Les médias publient de plus en plus d'articles objectifs sur notre vaccin. Nous attendons la fin de la procédure d'enregistrement du Sputnik V par l'Organisation mondiale de la santé et l'UE.

L'évaluation de la situation épidémiologique dans le monde continue d'être suivie de près par le Centre opérationnel pour la prévention de l'entrée et de la prolifération du nouveau coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie. Il prend régulièrement les décisions nécessaires compte tenu des circonstances. Ainsi, le 25 mars, a été annoncée la reprise de la communication aérienne régulière avec le Venezuela, l'Allemagne, la Syrie, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Sri Lanka à partir du 1er avril. A partir de cette date augmentera également le nombre de vols réguliers avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, l’Égypte, Cuba et les Émirats arabes unis. Enfin, à partir de début avril seront également organisés des vols vers des pays étrangers depuis les aéroports de Barnaoul, de Belgorod, de Volgograd, de Voronej, de Kalouga, de Krasnodar, de Lipetsk, de Naltchik, d'Orenbourg, de Saratov, de Sotchi, de Tioumen et d'Ioujno-Sakhalinsk, bien évidemment en respectant les normes épidémiologiques et sanitaires en vigueur.

Nous attirons une nouvelle fois l'attention sur les recommandations du Ministère russe des Affaires étrangères pour les citoyens ayant l'intention de partir à l'étranger. Nous appelons à adopter l'approche la plus pesée et réfléchie de ces voyages, à ne pas s'exposer à des risques inutiles et, dans la mesure du possible, à modifier ces plans de départ compte tenu de toutes les circonstances tout en accordant une attention particulière avant tout à la vie et à la santé de soi-même et de ses proches. Compte tenu de toutes les circonstances et des recommandations du Centre opérationnel et du Ministère de la Santé, nous appelons les citoyens à se faire vacciner - notamment les personnes âgées. En partant à l'étranger, vous devez être conscients que vous vous soumettez  à des risques supplémentaires liés à la logistique et au séjour à l'étranger. Vous voyez, je le souligne encore: dans tous les pays la dynamique de contamination et le problème des lits d'hôpital libres, parfois critique dans les établissements de soins, sont effectivement alarmants. A cet égard, il faut tout faire pour vous prémunir vous-mêmes et vos proches si vous prévoyez de tels voyages.

Nous préconisons également de suivre les informations les plus récentes sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères, sur les pages de nos ambassades sur internet et sur les réseaux sociaux.

Nous conseillons de nouveau à ceux qui partent à l'étranger d'installer l'application mobile officielle "Assistant à l'étranger" développée par le Ministère des Affaires étrangères. Il est possible d'y trouver des publications d'actualité et les informations de contact. Ces informations sont mises à jour régulièrement.

 

Sur la revue "L'activité de la Fédération de Russie sur le plan diplomatique et en politique étrangère en 2020"

 

Je voudrais attirer votre attention sur la publication, sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères, de la revue "L'activité de la Fédération de Russie sur le plan diplomatique et en politique étrangère en 2020".

Cette revue préparée par le Ministère couvre les axes principaux de la politique étrangère de la Russie en 2020, qui a notamment visé à réduire les phénomènes de crise sur la scène mondiale et à développer la coopération avec les partenaires intéressés afin de contribuer à la garantie de la sécurité et au développement socioéconomique de notre pays.

Parmi les axes les plus importants de l'activité du Ministère russe des Affaires étrangères en 2020, on peut souligner: l'interaction interétatique dans le cadre des principes universels et des normes du droit international avec un rôle de coordination central de l'Onu, le travail pour le rapatriement des Russes et le soutien de ceux qui se sont retrouvés à l'étranger dans une situation difficile, la participation active au règlement de différents conflits régionaux et crises, et les objectifs de la présidence au sein des organisations interétatiques - Brics, RIC, OTSC, OCS. Les efforts de la Russie en matière de diplomatie économique ont notamment permis de stabiliser les prix sur le marché mondial des hydrocarbures, et de modifier les accords avec plusieurs États  afin d'éviter la double imposition. De plus, dans le contexte de la célébration du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la création de l'Onu, a été effectué un travail d'envergure à l'étranger, notamment sur les plateformes internationales, en matière de commémoration des victimes de la guerre, et au sujet de l'inadmissibilité de la glorification du nazisme et de la falsification de l'histoire.

Nous suggérons à tous les journalistes et à ceux qui s'intéressent à la thématique internationale de se familiariser avec cette revue.

 

Sur la mise en œuvre du projet conjoint de la Russie et du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'Onu pour développer le système de restauration scolaire au Tadjikistan

 

La Fédération de Russie, conjointement avec le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'Onu, apporte une aide tangible au renforcement du potentiel matériel et technique du système de restauration scolaire au Tadjikistan. Chaque année, dans le cadre de ce programme, plus de 600.000 élèves d'école primaire de 52 régions rurales de la République bénéficient d'une aide alimentaire.

Je rappelle qu'entre 2013 et 2019, notre pays a alloué à ces fins 17,1 millions de dollars au PAM. L'an dernier a été lancée une nouvelle étape de réalisation de ce projet pour 2020-2023 avec un financement russe à hauteur de 11,2 millions de dollars.

Le 20 mars 2021, dans le village de Pianj de la province de Khatlon, s'est tenue l'inauguration d'une boulangerie qui, grâce à ses équipements modernes, alimentera en pain frais près de 9.000 élèves de 31 écoles du district de Pianj.

De plus, dans le cadre du PAM, notre pays apporte une importante aide alimentaire au Tadjikistan dont le montant, rien qu'en 2005, a dépassé 87,5 millions de dollars.

Nous sommes attachés au développement durable de cet État ami. Je trouve que les informations mentionnées témoignent clairement de notre solidarité avec le Tadjikistan dans sa préoccupation vis-à-vis de la génération qui grandit.

 

Sur les nouvelles sanctions de l'UE

 

L'ordre du jour international comporte également des facteurs et éléments destructifs. En opposition à la coopération humanitaire normale - et pas seulement humanitaire mais également en principe - l'Occident recourt dans les affaires internationales à la politique des sanctions unilatérales.

Nous ne sommes pas surpris par la décision prise le 22 mars dernier par le Conseil de l'UE de décréter de nouvelles restrictions contre deux citoyens russes, ainsi que des représentants d'autres pays, dans le cadre du "Régime mondial de sanctions de l'UE en matière de droits de l'homme". L'UE poursuit sa politique illégale de sanctions unilatérales. Elle est contraire au droit international. Cette ligne conduit à des tendances destructives, au chaos dans les affaires internationales, elle risque de renforcer la confrontation et de dégrader les relations interétatiques. Cette politique est archaïque. Il faut le savoir. Elle est inadmissible et hors la loi.

Nous nous opposons absolument à la politisation des droits de l'homme. L'Union européenne doit renoncer aux revendications de leadership et d'exclusivité en matière de droits de l'homme, ne pas fermer les yeux sur les problèmes qui existent sur le territoire de ses pays membres en la matière. Il faut aspirer à élaborer dans le domaine des droits de l'homme des approches communes, sans doubles standards, envers tous les pays, en respectant leurs particularités culturelles et civilisationnelles, leurs traditions, la diversité et leur propre voie de développement. Il est impossible d'essayer constamment d'enseigner aux autres ce que l'on n'arrive pas à faire soi-même. Cela concerne directement l'UE, Bruxelles. Nous voyons la crise qui s'y déroule sous nos yeux en matière de droits de l'homme ces dernières années. Ce n'est pas seulement une très brutale répression de la dissidence sous la forme de protestations, notamment concernant les restrictions adoptées par rapport à la pandémie, pas seulement une brutale répression de la dissidence par des blocages ou une politique sélective envers les médias, mais également une situation absolument inadmissible vis-à-vis de l'importante migration depuis le continent africain, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, d'un nombre immense de problèmes en matière de droits de l'homme, notamment liés au racisme, au nationalisme et au néonazisme. C'est un nœud de problèmes que nous n'arrivons pas à régler avec l'UE. Elle cherche à feindre que ces problèmes n'existent pas. En même temps, l'UE tente de donner des leçons à d'autres pays, régions et continents. C'est impossible. C'est une politique étrange, absolument sans perspectives et très dangereuse. Nous avons exprimé notre avis sur ces démarches.

Je voudrais répéter que, comme toujours, ces nouvelles démarches hostiles de l'UE envers la Russie ne resteront pas sans réaction symétrique.

 

Sur les nouvelles sanctions antirusses de l'Ukraine

 

Puisque, depuis un certain temps, Bruxelles est devenu co-sponsor de tous les "changements" qui s'opèrent actuellement en Ukraine, puisque Bruxelles soutient le régime de Kiev dans tout ce qui est entrepris sous la forme d'un "mouvement" vers de prétendus fondements démocratiques et valeurs occidentales, il serait possible de réagir (du moins publiquement) à la validation le 23 mars, par le Président ukrainien Vladimir Zelenski, de la décision du Conseil de sécurité nationale et de défense de l'Ukraine d'adopter des sanctions de trois ans contre 26 citoyens de la Fédération de Russie, 81 compagnies russes et plusieurs médias russes. Parmi ces derniers: l'agence de presse Rossiya Segodnya, les sites d'information Lenta.ru et Gazeta.ru, ainsi que des agrégateurs d'actualité, etc.

J'ai l'impression que par de telles mesures, le régime ukrainien étudie le "fond" de la diplomatie en Ukraine. Le fait est que les restrictions incluent le blocage des actifs, la restriction et la suspension des services de télécommunication et des réseaux communs de télécommunications, ainsi que l'interdiction pour les opérateurs internet de fournir des services d'accès aux médias mentionnés.

Cette nouvelle portion de sanctions a complété les statistiques déjà alarmantes du mois dernier, quand avaient été bloqués plus de 400 sites et 7 chaînes. Autrement dit, l'aspiration à la démocratie en Ukraine a clairement tendance à chuter. Nous considérons ces démarches comme contraires aux principes fondamentaux de la liberté d'expression et du pluralisme d'opinions, ainsi que contraires à l'esprit de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Peut-être qu'elle aussi sera bientôt interdite à la lecture en Ukraine, parce qu'en lisant ce document il devient clair que le pays avance dans le sens opposé.

Nous constatons, dans la continuité de la ligne de Kiev, la directive d'instaurer la censure, d'éliminer de l'espace informationnel les médias indésirables, de discriminer les citoyens russophones de son pays et d'intimider tous les dissidents et les récalcitrants vis-à-vis de la situation en Ukraine.

Je rappelle que depuis 2014, année du coup d’État à Kiev après lequel les autorités ukrainiennes ont adopté leur ligne de rupture de toutes les relations avec la Russie, l'Ukraine a déjà organisé plusieurs campagnes de restriction de la présence russe et russophone sur son territoire. Selon les différentes estimations, les "sanctions" illégitimes de l'Ukraine concernent près de 2.300 personnes physiques et plus de 1.000 personnes morales de Russie. Je voudrais rappeler également que parmi les "indésirables" pour le régime de Kiev se trouvent des structures telles que l'Université d’État de Moscou, le musée de l'Ermitage, le Musée des beaux-arts Pouchkine et d'autres.

La législation ukrainienne a été réformée dans l'objectif de justifier l'offensive contre les sources d'information alternatives. Elle était gênante et a donc été changée. Les documents juridiques déjà adoptés ou en élaboration contiennent des termes clairement discriminatoires, mais sans conséquences pour Kiev. Bruxelles a d'autres occupations: les sanctions unilatérales illégales contre Moscou et une nouvelle mythologisation d'une prétendue menace russe.

Cette fois non plus, nous n'avons pas constaté de réaction des structures compétentes de l'OSCE, de l'Onu, du Conseil de l'Europe ou de l'Unesco pour la liberté des médias et les droits de l'homme aux restrictions illégitimes de l'Ukraine depuis le 23 mars.

Nous appelons la communauté internationale à renoncer à cette politique non seulement de doubles standards, mais également de non-adoption de mesures efficaces contre une atteinte notoire aux principes démocratiques, et à exprimer un avis objectif sur tous les nombreux épisodes d'assassinats, d'intimidations, de persécutions pénales des dissidents et d'autres formes de persécutions de journalistes en Ukraine. De notre côté, bien évidemment, nous envoyons et continuerons d'envoyer toutes les informations à ces structures internationales.

 

Sur la réunion du Conseil de l'Otan au niveau des ministres des Affaires étrangères

 

Du 23 au 24 mars s'est déroulée la réunion du Conseil de l'Otan au niveau des ministres des Affaires étrangères. La discussion et les résultats de cette réunion n'ont apporté aucune surprise. Une nouvelle fois a été mise en évidence l'incapacité à donner du sens à l'existence de l'Alliance et à formuler un ordre du jour positif. Les participants ont reconnu la nécessité de continuer de considérer la Russie comme le principal défi pour la sécurité de l'Occident collectif. Ni la pandémie ni l'infodémie ni le terrorisme international ni les problèmes migratoires ni les crises économiques et financières dans leurs propres pays: rien n'a été placé par l'Alliance en tant que principale menace non seulement du moment, mais, en principe, à son existence.

C'est par "l'agression mythique" de Moscou que Bruxelles continue de justifier l'augmentation du financement de son activité et le plus important renforcement de son potentiel militaire depuis la Guerre froide, notamment sur le flanc Est. Il a tenté également de rejeter sur notre pays la responsabilité de la "rupture" du Traité FNI. Tout en sachant qu'à contre-courant de ses propres déclarations résonnantes concernant la nécessité de réduire la tension sur le continent européen, l'Otan continue d'ignorer systématiquement nos propositions de relancer un dialogue professionnel substantiel sur la stabilité et la sécurité dans la région euro-atlantique.

Nous tiendrons compte du maintien de la disposition conflictuelle de l'Otan dans notre planification militaire et en politique étrangère, comme nous l'avons déjà dit plusieurs fois.

Toutes ces déclarations du Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg selon lesquelles la Russie refuserait de dialoguer sont un mensonge. Le dialogue substantiel a été proposé pour éviter une campagne de communication politisée, ce pourquoi nos partenaires occidentaux sont bien connus. Nous avons appelé à parler concrètement, avec la participation d'experts, notamment militaires, sur un large ordre du jour. Toutes ces propositions se trouvent sur la table de Jens Stoltenberg. Il peut les trouver et cesser de répandre la fausse information selon laquelle la Russie refuserait prétendument le dialogue. La Russie refuse de participer à une campagne de communication politisée préalablement planifiée. Ce n'est certainement pas pour nous. Alors que, je le répète, nous ne refuserons pas une discussion concrète en faisant appel aux experts militaires, puisque nous vous l'avons nous-mêmes proposée.

 

Sur la publication du Livre blanc de la défense et de la construction militaire par le Ministère britannique de la Défense

 

Nous avons remarqué le Livre blanc de la défense et de la construction militaire publié par le Ministère britannique de la Défense, où sont décrits en détail les axes et les étapes de la modernisation des forces armées du pays. Nous remarquons la nature agressive de ce document, qui revendique une portée mondiale.

La cible principale (comme c'est de coutume à Londres depuis un certain temps) est, évidemment, Moscou. Afin de se protéger contre ses "ruses" il est proposé de développer le potentiel non pas défensif, mais offensif, notamment en créant des forces spéciales qui ont immédiatement été surnommées par les journaux "forces spéciales antirusses".

Répétant des termes conflictuels durs, le document du Ministère britannique de la Défense présente de nouveau notre pays comme un facteur clé qui pousse Londres à renforcer et à moderniser sa propre puissance militaire, et à se projeter sur les théâtres d'opérations éloignés. On devine facilement où ils se situent.

Pendant la présentation du Livre blanc au parlement britannique, le Ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, en répondant à une question de ses collègues députés, a déclaré sans gêne que ce document résultait de l'analyse de la construction militaire et de l'activité "subversive" de la Russie, notamment en Crimée, de l'effondrement du Traité FNI et de l'application par Moscou d'un large éventail de formes de lutte "hybrides".

J'ai une question pour le Ministre britannique de la Défense. Est-ce que Londres se souvient de l'existence des États-Unis? Si oui, que pensent les Britanniques des actions et de l'activité de cet État dans l'espace international? Ou l'ont-ils oublié? S'ils l'ont oublié, alors je vais le rappeler aujourd'hui.

Nous considérons la publication de ce Livre blanc et les déclarations du ministre du gouvernement britannique à ce sujet comme une nouvelle confirmation de la ligne de Londres, orientée sur la lutte politique et la confrontation.

Ce qui est précisément une véritable agression. Aujourd'hui sur le papier, mais dans les pensées, dans l'idéologie et la mentalité de Londres, ces plans sont tout à fait réalistes vu ce que nous lisons. Le fait qu'au niveau doctrinal, les autorités britanniques attribuent à la Russie le rôle d'"ennemi" nous préoccupe profondément.

Nous espérons que l'instinct de survie prévaudra dans les esprits des "faucons" londoniens.

 

Sur les opérations illégales des États-Unis

 

Je voudrais raconter à Londres et à l'Otan ce qui, dans le contexte historique - et je ne prends pas une période lointaine mais l'histoire contemporaine - a réellement menacé la paix non seulement en théorie, mais aussi en pratique (je fais allusion aux actions des États-Unis). Étant donné que les États-Unis, l'Otan, le Royaume-Uni accusent constamment notre pays, nous disent en permanence que nous menons des opérations hybrides, détruisons les démocraties occidentales, aspirons à influencer l'issue des élections, etc., il convient de faire une remarque à ce sujet.

Les élites américaines comme les Américains ordinaires se représentent un rôle particulier des États-Unis dans le monde, une sorte de messianisme américain. C'est précisément la vision du fait que les États-Unis auraient le droit de s'ingérer dans toutes les affaires à travers le monde qui leur sert de justification pour influencer la situation dans d'autres pays. Ils se considèrent en droit de dicter à d'autres leur volonté, en droit non seulement de donner des leçons au monde entier, mais également d'imposer aux autres pays et sociétés civiles du monde entier leur vision de la voie que ces pays et le monde dans l'ensemble doivent suivre pour se développer.

Je répète ce que notre pays et notre gouvernement disent régulièrement. Nous ne pratiquons pas le changement de régime, l'ingérence dans les affaires intérieures d'autres pays, les actions mises en scène à l'étranger. Nous appelons à respecter et à remplir les termes fondamentaux de la Charte de l'Onu, où tout est dit. Ceci étant dit, nous constatons que ces technologies sont parfaitement maîtrisées par ceux qui nous accusent d'y recourir, à savoir les États-Unis qui ont accumulé une riche expérience en la matière. La liste de leurs mérites et exemples de mauvaise conduite à travers le monde est impressionnante. Nous avions des doutes à le faire jusqu'ici, mais désormais nous consacrerons régulièrement une rubrique de notre conférence de presse à la présentation de tels exemples.

Les États-Unis bafouent régulièrement la souveraineté nationale d'autres pays en s'ingérant dans leurs affaires intérieures. La tactique favorite des renseignements américains consiste à s'ingérer dans les processus électoraux d'autres pays et à commettre des coups d’État afin de renverser des régimes indésirables.

Cela est reconnu aussi bien par les experts que par les anciens agents des services de renseignement américains. Steven Hall, ancien directeur du département russe de la CIA, a déclaré dans une interview au New York Times en 2017 que "les États-Unis [avaient] organisé des opérations pour s'ingérer dans les élections d'autres pays", et qu'il "[espérait] que cette pratique se [poursuivrait]". Ce même quotidien cite l'expert et professeur Loch Johnson, de l'université de Géorgie, qui affirme que la CIA s'ingère dans les élections étrangères depuis sa création en 1947.

Selon une étude du politologue Dov Levin de l'Université Carnegie Mellon, se référant à des documents déclassifiés des renseignements américains, entre 1946 et 2000 les États-Unis se sont ingérés plus de 80 fois dans les élections de 45 pays (et cela n'inclut pas l'organisation de coups d’État militaires et de révolutions de couleur, autrement dit ce chiffre ne recouvre que les ingérences "pacifiques"). Ces opérations étaient confidentielles et incluaient le financement et l'organisation de campagnes électorales, la désinformation et la propagande, ainsi que la pression économique sur le gouvernement de différents pays. D'après Dov Levin, dans 59% des cas les Américains ont obtenu le résultat escompté.

Des experts indépendants, par exemple Nick Turse (journaliste d'investigation, historien et auteur du site TomDispatch.com, chercheur du The Nation Institute) affirme que les États-Unis mènent une guerre secrète dans 141 des 190 pays de notre planète. Il n'est pas le seul à le penser. C'est également l'avis de William Hartung, directeur du Projet en matière d'armement et de sécurité du Centre de la politique internationale: "La plupart des Américains seront étonnés d'apprendre que les forces des opérations spéciales des États-Unis sont déployées sur les trois quarts de notre planète. Il n'y a presque ou aucune transparence concernant ce qu'ils font dans ces pays, pour savoir si leurs actions renforcent la sécurité ou provoquent une plus grande tension et des conflits."

Michael Weisman, porte-parole du Commandement des opérations spéciales des États-Unis en Europe, a déclaré à une époque: "Excepté la Russie et la Biélorussie, nous participons à la formation du personnel de pratiquement tous les pays d'Europe soit au niveau bilatéral, soit dans le cadre d'accords multilatéraux. Les forces des opérations spéciales sont déployées également à l'invitation de nos alliés des pays baltes et de la Pologne depuis 2014 dans le cadre de l'Initiative de contention plus large du Commandement européen des États-Unis et du ministère de la Défense. La présence permanente des forces spéciales des États-Unis et de nos alliés comporte un message très clair d'attachement des États-Unis au soutien de nos alliés et à la protection de l'alliance Otan." Lors de la récente réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Otan, ces informations ont-elles été soulevées ou les États-Unis se trouvent-ils de nouveau dans une position exclusive et n'ont-ils pas été évoqués?

En 2019, l'Université unifiée des opérations spéciales, établissement de formation qui fait partie du Commandement des opérations spéciales des États-Unis, a publié un rapport de 250 pages intitulé "Le soutien à la résistance: objectif stratégique et efficacité" dans lequel son auteur, l'ancien officier des Forces spéciales de l'armée américaine Will Irving, analyse en détail les approches, la pratique et les résultats des cas connus d'ingérence directe des États-Unis dans les affaires intérieures d'autres États.

L'auteur souligne que son analyse s'appuie uniquement sur les sources ouvertes et déclassifiées montrant que le tableau global du travail subversif du Pentagone contre d'autres États est en réalité bien plus large que les faits exposés dans le rapport. Néanmoins, l'auteur ne s'écarte pas des clichés propagandistes habituels. Ainsi, les forces soutenues par les États-Unis sont pratiquement partout désignées comme "insurgées" ou "de résistance", alors qu'il s'agit directement de "créatures" du Pentagone ou de la CIA. Mais c'est également une confirmation factuelle de l'activité subversive des États-Unis, de l'ingérence dans les affaires intérieures d'autres États, du contrôle manuel des processus électoraux dans des pays qui se disent démocratiques.

Ce rapport témoigne clairement que la politique des États-Unis envers d'autres pays a toujours été basée sur le principe d'"exclusivité" de Washington, qui sous-entend le "droit légitime" de s'ingérer dans les affaires d'autres États que les États-Unis se sont attribués. Il ne s'agit pas de l'interdiction de s'ingérer dans les affaires d'autres pays, il s'agit de l'interdiction de s'ingérer dans les affaires d'autres pays pour tout le monde sauf les États-Unis. Les États-Unis estiment en avoir le droit absolu parce qu'ils sont "exclusifs" et parce qu'ils sont les seuls à savoir comment le monde contemporain doit se développer.

Afin de justifier cette position unilatérale, Will Irving commet même une fraude directe en déclarant que tous les pays victimes, au moment des opérations spéciales, se trouvaient sous la direction d'un "régime répressif autoritaire". Et quand cela semble absolument absurde, il affirme que le pouvoir a été constitué par des "forces d'occupation hostiles" - comme le déclarent actuellement et régulièrement les représentants de l'establishment américain, même si cela s'est déroulé dans le cadre des procédures démocratiques normales.

De plus, l'auteur du rapport souligne que ce document n'évoque pas sciemment les opérations en cours sous prétexte du "statut secret de l'information" ou de "l'indétermination du résultat final". Par ailleurs, l'auteur lui-même est forcé de reconnaître qu'aucune des administrations de la Maison blanche (depuis la Seconde Guerre mondiale) n'a finalement réussi à s'abstenir d'organiser des opérations spéciales contre d'autres pays, même si formellement lors de leur élection les présidents déclaraient vouloir renoncer à une telle politique.

La disposition des États-Unis à s'ingérer pratiquement dans chaque processus, dans chaque litige politique, notamment par le biais des militaires et des renseignements agissant sous couverture diplomatique, est bien illustrée par une plaisanterie inventée à ce sujet qui, malheureusement, est déjà devenue réalité: "Pourquoi n'y a -t-il jamais de coups d’État à Washington? Parce qu'il n'y a pas d'ambassade américaine."

Comme l'ont montré les événements du début d'année, les Américains s'efforcent de ne pas voir les problèmes aux États-Unis mêmes. Et tous les problèmes qui existent à l'intérieur du pays ont été simplement qualifiés (sans penser que cela paraissait à la fois ridicule et terrifiant) de "terrorisme intérieur". Je répète que nous reviendrons régulièrement sur ce sujet. Les partenaires américains ne nous laissent pas d'autre choix.

 

Sur l'évaluation russe de l'activité du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe

 

Le fait que nous ne parlons pas des droits de l'homme mais de l'attitude des partenaires occidentaux envers le thème des droits de l'homme est déjà une nouvelle.

Nous avons noté la déclaration, publiée le 18 mars sur le site officiel du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic, concernant la situation des droits de l'homme en République tchétchène. Sans soulever le fond du texte et les formulations utilisées par la Commissaire, nous voulons noter ce qui suit.

L'activité de Dunja Mijatovic au poste de Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe peut difficilement être qualifiée de satisfaisante. A nos yeux, ses approches sont préconçues et ne correspondent pas aux standards des droits de l'homme. Cela vaut notamment pour l'absence totale de réaction publique de la Commissaire aux problèmes dans d'autres pays, tels que: la ségrégation des "non-citoyens" dans les pays baltes; l'atteinte aux droits des habitants russophones de l'Ukraine; l'interdiction extrajudiciaire de la diffusion des médias d'opposition en Ukraine; la censure télévisuelle en Lettonie, en Lituanie et en Estonie; la répression de la dissidence et des tentatives de se faire entendre auprès des autorités dans plusieurs pays du continent européen; la grossière violation des droits de l'homme sur le territoire des pays de l'UE. Rien de cela n'est commenté globalement et professionnellement dans l'espace public. Quand nous demandons pourquoi il n'y a pas de réaction à différents événements, on répond que tous les problèmes sont réglés au niveau bilatéral: ils en parlent, informent, cherchent à faire en sorte que les pays améliorent la situation. Dans ce cas pourquoi, avec la Russie et d'autres pays, cela ne se déroule pas au format bilatéral mais en alternant constamment les réseaux sociaux et le micro? Il n'y a pas de réponse. Même si elle est déjà évidente.

Je répète qu'il n'y a aucune réaction publique à tout un éventail de problèmes depuis un mois en UE, mais qu'il y a beaucoup de zèle pour commenter la situation des droits de l'homme dans notre pays. On a pu l'observer notamment lors des actions des forces de l'ordre russes pendant les manifestations non autorisées en janvier-février dernier.

Nous attendons de la Commissaire un changement au plus vite de ses approches, loin d'être objectives. Nous ne sommes pas les seuls. Le monde entier suit aujourd'hui comment les organisations internationales réussiront à défendre leur rôle messianiste dans ce monde, observe si elles réussiront à ne pas céder sous la pression de certains pays occidentaux, à rester objectives et indépendantes, attachées au droit international, à ne pas devenir un instrument entre les mains de différents pays. Acteurs régionaux, groupes de pays: nombreux sont ceux qui suivent la situation. Nous construirons les relations avec la Commissaire sur une base pragmatique à condition qu'elle renonce à cette ligne sélective et discriminatoire. Cette approche unilatérale est une atteinte à l'institution des organisations internationales.

 

Sur l'avis du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'Onu concernant la situation des minorités nationales et linguistiques en Lettonie

 

Nous avons été alarmés par les résultats de l'examen, au Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'Onu (CESCR), du deuxième rapport périodique de la Lettonie sur l'accomplissement par Riga du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Les avis des experts de l'Onu sont très inquiétants. Ainsi, les experts du Comité ont constaté que se renforçaient l'attitude préconçue et la discrimination en Lettonie envers certains individus et groupes en fonction de leur langue, religion, origine nationale ou ethnique; ainsi que l'absence d'une politique et d'une législation globales contre la discrimination afin de garantir les droits économiques, sociaux et culturels pour tous sur une base équitable.

Il est souligné en particulier que la ligne de conduite menée par les autorités lettones envers les individus appartenant aux minorités était discriminatoire, notamment en matière de garantie des droits économiques, sociaux et culturels: l'accès aux services de santé, à la sécurité sociale et à l'éducation est rendu compliqué, et on constate des obstacles à l'embauche dans le secteur privé et public.

Parmi d'autres problèmes, le Comité de l'Onu a pointé la situation relative au maintien en Lettonie de l'institution honteuse des "non-citoyens", et la discrimination continue des personnes de cette catégorie. En particulier, les experts ont conclu que les "non-citoyens" étaient les plus touchés par le chômage. A ce sujet, les experts de l'Onu ont recommandé aux autorités lettones de redoubler d'efforts pour faciliter l'accès à la naturalisation et de prendre des mesures pour garantir un accès non discriminatoire aux droits économiques, sociaux et culturels pour les "non-citoyens".

Le Comité a également souligné les questions relatives à la politique linguistique de Riga dans le domaine de l'éducation. Les conclusions des experts de l'Onu sont claires: les approches de la Lettonie du domaine linguistique risquent d'entraîner des conséquences négatives pour la réalisation du droit des individus faisant partie des minorités. De plus, les amendements en la matière à la loi sur l'éducation et aux Règles du cabinet des ministres de la Lettonie n°716 du 21 novembre 2018 ont été qualifiés de discriminatoires par le Comité, qui créent des restrictions injustifiées pour l'éducation dans la langue des minorités et pour l'enseignement des langues des minorités dans les établissements aussi bien public que privés d'enseignement préscolaire et primaire.

A ce sujet, le Comité a recommandé aux autorités lettones de revoir sa politique et sa législation linguistiques afin de contribuer à l'enseignement des langues des minorités et dans la langue des minorités, notamment afin d'éviter un impact négatif sur les résultats scolaires des enfants faisant partie des minorités.

Les conclusions du Comité concordent avec l'avis russe exprimé plusieurs fois dans le cadre des activités organisées à l'Onu, à l'OSCE et au Conseil de l'Europe concernant la grossière violation systématique par Riga des droits des citoyens russophones.

Nous insistons pour que les autorités lettones entendent l'avis des mécanismes de contrôle internationaux en matière de droits de l'homme, notamment du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, et prennent des mesures adéquates et efficaces au niveau législatif et politique pour tenir leurs engagements internationaux en matière de droits de l'homme.

Une nouvelle fois, nous voulons souligner que la Russie continuera de défendre activement les droits de ses compatriotes, où qu'ils se trouvent. Nous suivons de très près la situation des citoyens russophones dans les pays baltes et en Ukraine.

 

Sur les résultats de la 46e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies

 

Du 22 février au 24 mars 2021, en visioconférence depuis Genève, s'est déroulée la 46e session du Conseil des droits de l'homme de l'Onu (CDH). Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a participé au travail de son segment de haut niveau.

Les participants à la session ont évoqué un large éventail de questions à l'ordre du jour international en matière de droits de l'homme, notamment l'accès équitable aux vaccins contre le nouveau coronavirus, l'impact négatif des mesures coercitives unilatérales sur les droits de l'homme, la coopération en matière de droits de l'homme, la garantie de la liberté de religion, la démocratie et la primauté du droit, ainsi que le sujet des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que d'autres thématiques.

A l'issue de la session ont été adoptées plus de 30 résolutions, notamment sur la situation des droits de l'homme en Biélorussie, en Iran, en Corée du Nord, en Birmanie, au Nicaragua, en Syrie, au Sri Lanka, au Soudan du Sud et sur les territoires palestiniens occupés. Les participants ont approuvé les résultats de la procédure d'Examen périodique universel pour Andorre, la Biélorussie, la Bulgarie, le Honduras, le Liberia, la Libye, le Malawi, les Maldives, les îles Marshall, la Mongolie, le Panama, les États-Unis, la Croatie et la Jamaïque.

Des experts ont été nommés aux postes de rapporteurs spéciaux sur les exécutions extrajudiciaires et sur le Cambodge, ainsi qu'au sein du Mécanisme d'experts sur les droits des peuples autochtones, du Groupe de travail sur les personnes d'ascendance africaine et du Groupe de travail sur la détention arbitraire.

De retour au Conseil après quatre ans d'interruption en tant que membre à part entière, la délégation russe a profité de la session pour faire comprendre à ses partenaires l'importance d'instaurer un dialogue international constructif sur l'encouragement et la protection des droits de l'homme, de respecter les particularités nationales, culturelles et historiques de chaque État dans les processus de transformations démocratiques sans imposer à qui que ce soit des valeurs étrangères, tout comme l'inadmissibilité d'appliquer la politique des doubles standards et de politiser le travail du Conseil. La Russie s'est fermement opposée aux tentatives de plusieurs pays occidentaux de s'ingérer, par le biais des décisions du CDH, dans les affaires intérieures des États souverains, de faire pression sur les gouvernements nationaux, d'exprimer ses revendications territoriales.

Pour la première fois depuis le lancement du CDH, avec le soutien de la Russie a été adoptée une déclaration conjointe d'un groupe d’États exprimant la préoccupation vis-à-vis de la situation des droits de l'homme dans les pays de l'UE et du Royaume-Uni.

Au cours de cette session, la Fédération de Russie a attiré plusieurs fois l'attention du Conseil sur le caractère inadmissible, au XXIe siècle, du fait que les pays européens les plus touchés par l'idéologie fasciste mènent une politique de ségrégation ethnique et religieuse. Conjointement avec les pays membres du Mouvement des non-alignés la Russie, a clairement posé au CDH la question de l'illégalité et de l'impact négatif sur les droits de l'homme des restrictions unilatérales, notamment dans le contexte du blocus de l'eau de la Crimée par l'Ukraine.

 

Sur la déclaration du Secrétaire d’État américain Antony Blinken concernant l'usage de la désinformation par la Russie

 

Nous avons été surpris par la déclaration du Secrétaire d’État américain Antony Blinken selon laquelle la Russie, soi-disant, "sape la certitude des vaccins sûrs et efficaces (contre le coronavirus)". Quel rapport avec la Russie? Présentez des faits concrets, au moins à vos propres médias. Nous voyons de nombreuses réclamations réciproques des partenaires occidentaux concernant la vaccination, l'activité de leurs propres compagnies pharmaceutiques. La Russie ne s'ingère pas dans les calendriers des fournitures, l'ordre de vaccination dans les pays occidentaux, dans la licence des produits occidentaux ou la suspension de leur utilisation. Nous ne faisons que lire à propos de ces événements, et ce sur les pages des médias de masse occidentaux.

Cela paraît d'autant plus absurde quand on sait que la Russie a fait savoir sa disposition dépolitisée à une coopération ouverte avec tous les pays intéressés en matière de livraison des vaccins, d'analyse conjointe de leur efficacité, ainsi que de localisation de la production dans différentes régions du monde.

 

Sur les déclarations des représentants de l'UE au sujet du vaccin russe Sputnik V

 

Nous avons noté les déclarations publiques de certains représentants de la Commission européenne, y compris du Commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton, concernant l'absence de nécessité d'achats centralisés du produit russe Sputnik V par l'UE.

A cet égard, force est de constater avec regret que la Commission européenne poursuit sa ligne initiale, qui boite nettement, visant à coopérer uniquement avec les compagnies occidentales: les contrats pour l'acquisition de vaccins au niveau de l'UE ont été signés uniquement avec des producteurs de l'UE, des États-Unis et du Royaume-Uni.

Nous voudrions rappeler que le Sputnik V a été enregistré au Ministère russe de la Santé en août 2020 déjà. Après cela, il a été proposé aux partenaires étrangers de participer à ses études conjointes, de mettre au point les paramètres des fournitures et même la possibilité de localiser la production. Néanmoins, même maintenant que l'efficacité et la sécurité du Sputnik V ne fait plus aucun doute pour personne, alors que la demande mondiale de ce vaccin grandit exponentiellement, notamment dans les pays de l'UE, Thierry Breton réfute catégoriquement le besoin du vaccin russe pour l'UE. N'est-ce pas une approche politisée?

Nous espérons que cette attitude de la Commission européenne envers le Sputnik V, et en réalité envers ses propres citoyens, n'affectera pas la durée d'examen de notre demande d'enregistrement du vaccin russe par l'Agence européenne des médicaments. Notamment compte tenu de l'intérêt porté à notre vaccin par plusieurs pays membres de l'UE, ou encore de la déclaration du directeur du Bureau régional de l'OMS pour l'Europe Hans Kluge selon qui "l'Europe a réellement besoin du vaccin russe".

 

Sur la décision des habitants de la province afghane d'Orozgan de porter plainte suite au bombardement des forces aériennes des Pays-Bas

 

Notre attention a été attirée par la récente décision des habitants de la province afghane d'Orozgan de porter plainte à la Cour pénale internationale suite au bombardement de sites civils par l'armée de l'air néerlandaise dans la nuit du 16 au 17 juin 2007, dans lequel 250 civils avaient trouvé la mort.

Les autorités russes ont parlé plusieurs fois du grand nombre de victimes civiles afghanes suite aux frappes aériennes des forces de la coalition internationale. Nous n'avons jamais entendu dire que les responsables de la mort de civils avaient été sanctionnés comme il se doit. C'est une asymétrie dans l'appréciation des droits de l'homme de la part des partenaires occidentaux. D'un côté, ils sont préoccupés par la situation dans les régions paisibles qui ne sont pas aux prises avec des conflits armés, mais en même temps ils ne voient pas des milliers de civils mourir à cause des actions illégales de leurs propres forces armées.

Nous condamnons fermement les crimes contre les civils afghans et appelons les Pays-Bas à mener eux-mêmes une enquête objective et globale sur cet incident, à traduire les coupables en justice. Nous appelons toutes les parties impliquées, notamment les forces de la coalition internationale, à prendre des mesures exhaustives pour prévenir la mort de la population civile en Afghanistan. Nous sommes certains que cela empêcherait la montée des sentiments radicaux au sein de la société afghane.

 

Sur les appels de l'organisation internationale des droits de l'homme Amnesty International à vérifier rigoureusement la légalité et la justification des méthodes utilisées par les policiers néerlandais lors de l'interpellation des manifestants le 14 mars

 

Le monde entier a suivi avec inquiétude et remarqué le niveau de violence inhumaine avec laquelle les forces de l'ordre néerlandaises ont réprimé les récentes protestations à La Haye contre les restrictions liées au coronavirus dans le Royaume. Les extraits vidéo publiés sont plus qu'éloquents: les manifestants étaient dispersés par des canons à eau, attaqués par des chiens de service, frappés à la tête par des matraques, une femme a même été poussée sous une voiture. Tout cela dans un pays qui s'est proclamé unilatéralement modèle de la démocratie et des droits de l'homme, "Mecque juridique" du monde.

Ce n'est pas la première fois que les forces de l'ordre néerlandaises "rétablissent l'ordre" de cette manière. Rappelez-vous ce qui s'était passé lors des manifestations en janvier, quand des dizaines de personnes avaient été blessées et des centaines interpellées.

Cependant, cette fois, les policiers néerlandais sont allés trop loin même selon Amnesty International, qui jusque-là avait préféré garder le silence. Les militants ont été bouleversés par de telles cruautés, et appellent à procéder à une vérification rigoureuse de la légalité et de la justification des actions de la police.

Et qu'en est-il des autorités officielles? Le gouvernement s'est refusé à tout commentaire substantiel. Le seul écho aux événements a été la déclaration du ministre de la Santé disant qu'il regrettait les protestations des gens contre les mesures visant à contenir la propagation du coronavirus. Au lieu de formuler des excuses, le chef de la police de La Haye a accusé les manifestants d'avoir "provoqué eux-mêmes" les actions agressives, et a dit que les vidéos choquantes publiées étaient "sorties du contexte". Voilà à quoi ressemble la démocratie et la protection des droits de l'homme à la néerlandaise.

 

Sur la date anniversaire de l'agression de l'Otan contre la Yougoslavie

 

Le 24 mars 1999, l'Otan a lancé des bombardements de la Yougoslavie.

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, en Europe a été commis un acte d'agression contre un État souverain indépendant. L'Otan a grossièrement violé les principes fondamentaux du droit international fixés dans la Charte de l'Onu en transformant les Balkans en polygone pour appliquer les méthodes modernes de guerre contre un pays notoirement moins puissant. C'est alors qu'a été lancé le processus de substitution des mécanismes légitimes qui régulent les relations internationales par un certain "ordre basé sur des règles", qui est en réalité un arbitraire cynique couvert par le mensonge propagandiste concernant une "catastrophe humanitaire" dans la région autonome serbe du Kosovo.

En 78 jours de campagne otanienne ont été tués près de 2.000 civils, de nombreux immeubles ont été détruits ou endommagés dans des dizaines de villes, dont Belgrade. L'utilisation de munitions à uranium appauvri a conduit à la contamination de vastes espaces et à un sursaut sans précédent de maladies cancéreuses, dont les habitants souffrent encore à ce jour, notamment les militaires du contingent de la Force pour le Kosovo qui y a été envoyée après la guerre sur décision du Conseil de sécurité des Nations unies. Plus de 200.000 habitants de la région, de nationalité non albanaise, ont quitté leur foyer et ne peuvent toujours pas rentrer chez eux, avant tout pour des raisons de sécurité.

Sous couvert de l'agression otanienne, les combattants de l'Armée de libération du Kosovo ont commis des crimes odieux, notamment en kidnappant des Serbes pour alimenter un trafic d'organes. De nombreux criminels restent encore en liberté, alors que tous devraient être traduits en justice indépendamment de leur statut et influence.

L'opération armée de l'Otan contre la Yougoslavie souveraine il y a plus de vingt ans est devenue une véritable tragédie, dont les conséquences multidimensionnelles et à long terme se font encore sentir. L'une des principales leçons, comme le confirme l'atermoiement chronique du règlement du problème du Kosovo, est que l'anarchie et l'arbitraire ne peuvent remplir aucun objectif et ne font qu'aggraver la situation.

La question de la responsabilité des alliés de l'Otan pour le préjudice causé aux relations internationales et à un pays concret reste ouverte.

 

Sur les incursions terroristes au Niger

 

Nous sommes extrêmement préoccupés par la vague d'attentats qui perdure au Niger, pays ami. Le 21 mars dernier, une attaque d'inconnus contre plusieurs villages dans la région de Tahoua, près de la frontière malienne, a tué 137 Nigériens. Depuis décembre 2020, c'est la quatrième grande attaque de terroristes contre la population civile. Le nombre total de victimes a dépassé 300 personnes.

Moscou condamne fermement les actions inhumaines des extrémistes. Nous soutenons la disposition des autorités nigériennes à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité, arrêter et traduire en justice les coupables des crimes commis.

Nous remarquons que le sursaut d'activité terroriste au Niger se produit à une période primordiale pour le pays: les élections législatives et présidentielles. Nous sommes certains que malgré les obstacles causés par les extrémistes, la société nigérienne continuera d'avancer sur la voie d'un développement démocratique durable.

Nous présentons nos condoléances aux familles et aux proches des victimes, et souhaitons un rapide rétablissement aux blessés suite à ce nouvel acte monstrueux des forces terroristes au Niger.

La Russie a fermement l'intention de continuer d'apporter une contribution constructive aux efforts internationaux visant à assurer la paix et la sécurité dans la région du Sahara-Sahel, et d'aider les pays, dont le Niger, à renforcer l'opérationnalité des forces armées, à former des militaires et des collaborateurs des forces de l'ordre.

 

Sur la situation relative à la banqueroute de la société financière Wirecard

 

Comme on le sait, en Allemagne se poursuit le procès de la société financière allemande Wirecard qui a fait banqueroute en 2020. Le Bundestag a créé un comité spécial pour enquêter sur l'activité de cette structure commerciale. Son directeur exécutif, le citoyen autrichien Jan Marsalek, qui fuit actuellement la justice, est accusé par les autorités allemandes d'avoir commis, dans le cadre d'un groupe de crime organisé, des actions frauduleuses ayant entraîné un immense préjudice (selon les estimations, il s'agit d'environ 2,8 milliards d'euros).

En septembre 2020, le Parquet de Russie a reçu une demande du Parquet de Munich d'établir l'emplacement, d'interpeller et de placer en détention Jan Marsalek pour son extradition en Allemagne s'il était retrouvé sur le territoire russe. Pour autant, l'Allemagne n'a fourni aucune information confirmant le séjour de l'Autrichien dans notre pays. Cette requête est traitée par les autorités compétentes russes, ce dont l'Allemagne a été informée à titre de réaction intermédiaire via les canaux diplomatiques.

Sur cette toile de fond, les spéculations qui continuent de circuler dans l'espace public allemand, ainsi que les déclarations de certains députés allemands concernant de prétendus liens étroits de Jan Marsalek avec les renseignements russes, sont consternantes. Nous espérons que Berlin n'a pas l'intention de chercher, ici aussi, une "trace russe". Nous mettons en garde les autorités allemandes contre la politisation de ce sujet et sa manipulation pour attiser une nouvelle hystérie antirusse.

 

Sur la profanation d'un monument russe en Moldavie

 

Le 20 mars, aux abords du village d'Ivancea (région d'Orhei) en Moldavie, a été détruit le monument aux guerriers du 2e corps de cavalerie tombés au combat contre les occupants fascistes durant l'été 1941. Des vandales ont scié le monument en forme de flèche en inox, qui s'est brisée en tombant.

A ce que l'on sache, les forces de l'ordre moldaves recueillent actuellement les preuves pour établir les circonstances des faits.

Nous condamnons fermement cet acte de vandalisme. Nous voudrions rappeler que la Moldavie est membre de l'Accord de commémoration de la bravoure et de l'héroïsme des peuples des pays de la CEI dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 du 3 septembre 2011, conformément auquel les signataires assurent "la protection et la préservation des cimetières et monuments militaires situés sur leur territoire".

Nous espérons que cet engagement international de la Moldavie sera tenu et que l'incident fera l'objet d'une enquête minutieuse, que les coupables seront identifiés et traduits en justice, et que le monument endommagé sera réparé.

 

Sur la décision des autorités polonaises de renommer une rue d'Inowroclaw qui portait le nom d'un Héros de l'Union soviétique

 

Une nouvelle fois, nous avons été confrontés à ce qu'on appelle la "politique historique" des autorités polonaises. Sur recommandation de l'Institut polonais de la mémoire nationale, à Inowroclaw a été changé le nom d'une rue qui avait longtemps porté le nom du Héros de l'Union soviétique Ivan Aleinik (qui s'écrit correctement Aleinikov) en hommage au courageux officier soviétique qui a donné sa vie pour libérer l'Europe du nazisme. Cependant, aujourd'hui, la Pologne préfère se débarrasser de tels souvenirs.

Voici un rappel historique. Le 21 janvier 1945, pendant l'opération Varsovie-Poznan de l'Armée rouge, le lieutenant de garde Ivan Aleinikov, commandant du char T-34, a poursuivi sa mission malgré ses blessures mais son char a été touché. Le commandant et l'équipage ont brûlé. Pour l'accomplissement de ses missions, pour son héroïsme et son courage, Ivan Aleinikov a obtenu (à titre posthume) le titre de Héros de l'Union soviétique. Il a été enterré à Inowroclaw dans une fosse commune sur le territoire des guerriers de l'Armée soviétique et des prisonniers de guerre au cimetière catholique.

Désormais, la rue Aleinikov a reçu le nom de Tadeusz Chęsy, citoyen émérite d'Inowroclaw, entrepreneur et mécène. Ce cas témoigne clairement du cynisme des autorités polonaises, qui se débarrassent facilement de la gratitude ou tout simplement de l'attitude décente envers la mémoire des guerriers soviétiques libérateurs grâce auxquels la Pologne reste aujourd'hui sur la carte du monde et, d'ailleurs, possède la ville d'Inowroclaw, qui faisait jusqu'en 1945 partie de l'Allemagne sous le nom de Hohensalza.

 

Sur la présentation de l'album commémoratif "La Russie et la Chine se souviennent d'eux"

 

Le 16 mars, à la galerie d'art Jintai à Pékin, s'est tenue la présentation de l'album commémoratif "La Russie et la Chine se souviennent d'eux" publié par l'Ambassade de Russie en Chine en russe et en chinois.

L'édition illustrée de presque 200 pages contient une description détaillée des principaux événements liés à la participation de l'Union soviétique à la guerre pour la libération de la Chine des occupants japonais de 1937-1945. Durant sa préparation ont été utilisés des documents d'archives uniques des Archives militaires centrales du Ministère russe de la Défense et des Archives militaires nationales russes, certains pour la première fois.

En signe de gratitude envers les collègues chinois pour leur contribution à la cause de l'immortalisation de la mémoire des soldats et des officiers soviétiques tués en Chine pendant la guerre de résistance contre l'agression japonaise, l'Ambassadeur de Russie en Chine Andreï Denissov a remis à plusieurs citoyens et organisations (musées et espaces d'exposition) des médailles du Ministère russe de la Défense et du Comité d'organisation russe Pobeda.

Compte tenu des restrictions épidémiologiques, la présentation a constitué l'une des plus vastes activités organisées par l'Ambassade de Russie en Chine ces derniers temps, et a reçu de très grands échos positifs dans la presse chinoise.

Nous coopérons étroitement avec la Chine dans le domaine de la commémoration militaire. Nous sommes disposés ensemble, de manière active et positive, à faire en sorte que ce domaine des relations bilatérales reste un fil solide qui relie nos peuples et renforce le partenariat stratégique russo-chinois.

 

Sur le 7e défilé moto international "Routes de la Victoire - retour à la maison 2021"

 

La section "Routes de la Victoire" du moto-club panrusse "Loups de nuit", conjointement avec la Fondation de soutien et de développement du mouvement moto patriotique "Routes de la Victoire", comptent organiser en mai le 7e défilé moto international "Routes de la Victoire - retour à la maison 2021", à l'occasion du 76e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945.

Pour la première fois de ces dernières années, le défilé moto commencera dans plusieurs capitales européennes pour se terminer en Russie, ce qui symbolisera le retour des guerriers libérateurs soviétiques à la maison. Les membres des clubs moto étrangers d'Allemagne, des Pays-Bas, de Slovaquie, de Slovénie, de Pologne, du Monténégro, de République tchèque et d'autres pays se joindront aux participants russes à Saint-Pétersbourg, où, le 2 mai, sera donné le départ officiel du défilé moto dont l'arrivée solennelle aura lieu le 9 mai à Moscou.

Nous pensons que la réalisation de ce projet contribuera à la sauvegarde de la mémoire historique de l'exploit héroïque du peuple soviétique pendant la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 et du rôle de notre pays dans la victoire contre le nazisme, ainsi qu'à l'éducation patriotique de la génération qui grandit.

De notre côté, comme les années précédentes, nous serons prêts à apporter la contribution informationnelle, consulaire et autre aux organisateurs et aux participants du défilé moto international.

 

Sur la célébration du 200e anniversaire du début de la guerre d'indépendance grecque

 

Le 25 mars, la République grecque a célébré le 200e anniversaire du début de la guerre d'indépendance qui a conduit à la création d'un État indépendant.

L'Empire russe a pleinement contribué à l'acquisition par la Grèce d'un statut autonome, à la préservation de son identité, de sa culture et de sa religion. Il est très symbolique que le premier gouverneur de la Grèce libérée a été le dirigeant russe éminent d'origine grecque en charge des affaires du Ministère des Affaires étrangères de l'Empire russe, Ioannis Kapodistrias.

Aujourd'hui, le partenariat russo-grec s'appuie sur un bagage historique solide, et revêt un caractère ouvert et dynamique. Malgré les conditions difficiles de la pandémie de coronavirus, nous entretenons un dialogue politique régulier. Nous élaborons ensemble des mesures visant à stimuler la coopération commerciale et économique, les échanges socioculturels. Nous mettons en œuvre l'entente sur l'organisation de l'Année de l'histoire Russie-Grèce 2021. Une coopération constructive a été mise en place dans le cadre de formats multilatéraux dont l'Onu, l'OSCE, le Conseil de l'Europe et la Coopération de la mer Noire.

L'importance du développement des relations avec la République grecque est confirmée par la participation du Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine aux activités festives à Athènes les 24 et 25 mars 2021 à l'occasion du 200e anniversaire du début de la guerre d'indépendance grecque.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov  a envoyé ses salutations aux organisateurs et aux participants au Forum de diplomatie populaire consacré à cet événement.

 

Sur la célébration de la Journée d'indépendance du Bangladesh

 

Le 26 mars, la République populaire du Bangladesh fête le 50e anniversaire de son indépendance.

Durant ce demi-siècle, le Bangladesh a réalisé des succès importants. Le pays avance assurément sur le chemin du progrès, participe au règlement des problèmes mondiaux actuels, notamment la lutte contre la pauvreté et le changement climatique, et c'est un important pourvoyeur d'unités militaires pour les missions de maintien de la paix de l'Onu.

La Russie et le Bangladesh entretiennent des relations d'amitié depuis 1971-1972. Notre pays a reconnu parmi les premiers l'indépendance du Bangladesh et a utilisé son influence sur la scène internationale afin de soutenir ce nouvel État. A la demande du gouvernement du Bangladesh, des marins russes ont déminé le port de Chittagong en le nettoyant des débris des navires naufragés. L'URSS a apporté au Bangladais une aide considérable pour relancer l'économie nationale détruite pendant la guerre d'indépendance, ainsi que pour former des cadres.

Aujourd'hui, le Bangladesh est un partenaire commercial important de la Russie en Asie du Sud. La proximité des approches sur plusieurs thèmes de l'ordre du jour international nous permet de coopérer de manière productive dans le cadre de l'Onu et d'autres structures multilatérales. Nous sommes disposés à élargir et à renforcer notre coopération.

Nous félicitons nous amis bangladais à l'occasion de ce merveilleux anniversaire. Nous leur souhaitons paix, prospérité et bien-être.

 

Sur l'inauguration d'une exposition consacrée au 30e anniversaire des relations diplomatiques entre la Russie et le Panama

 

Le 29 mars marque le 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Russie et le Panama. Au cours de ces années, nos pays ont réalisé un grand travail productif au profit de relations bilatérales basées sur des traditions solides de coopération équitable et dans le respect mutuel.

En général, à l'occasion de telles dates, le Ministère organise plusieurs grandes expositions. Cependant, compte tenu de la situation actuelle relative à la pandémie de coronavirus, cette exposition thématique est préparée au format numérique et sera publiée sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Elle regroupe des documents fondamentaux, des images historiques rares et d'autres documents des Archives de la politique étrangère de Russie qui reflètent les pages les plus marquantes de l'histoire de la coopération entre la Russie et le Panama.

L'exposition sera ouverte par le texte des vœux du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov adressés à son homologue le Ministre des Affaires étrangères du Panama Erika Mouynes, ainsi que par l'allocution vidéo du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

 

 Réponses aux questions:

Question: Je voudrais poser une question sur la situation liée à la nouvelle histoire d'espionnage avec une "trace russe" lancée en Bulgarie, et l'aggravation artificielle de l’espionnite. Le jour du 7e anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie, un nouveau "scoop" d'espionnage a été révélé en Bulgarie, suite à quoi Sofia a annoncé l'expulsion de deux diplomates russes. Le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko avait averti que si la Bulgarie expulsait des diplomates russes, des contremesures seraient prises. Les habitants de notre pays, qui comprennent que le scandale d'espionnage leur est imposé de l'extérieur, sont très inquiets des conséquences que pourrait avoir cette situation pour les relations bilatérales.

Quelles contremesures seront prises par la Russie vis-à-vis de la Bulgarie? Comment éviter la détérioration des relations bilatérales étant donné que c'est l'objectif précis des pays tiers visant à durcir la rhétorique antirusse dans les Balkans?

Réponse: Nous avons déjà commenté plusieurs fois ce sujet. Ce n'est pas à l'initiative de Moscou qu'un trop grand nombre d'événements destructifs, qui ne sont pas dans l'intérêt de nos peuples, se produit dans les relations bilatérales. Il faut constamment y réagir.

Le 23 mars a été publié un commentaire du Ministère russe des Affaires étrangères. Je peux répéter que le 22 mars, le Ministère des Affaires étrangères de la Bulgarie a proclamé personae non gratae deux diplomates de l'Ambassade de Russie à Sofia. Il s'agit de la cinquième démarche de ce genre en un an et demi. Encore une fois sans fournir la moindre preuve.

Cette démarche a été précédée par une campagne résonnante autour du fait que le parquet bulgare aurait "percé à jour" un groupe d'individus travaillant pour la Russie au sein des structures des forces publiques. Comme si était préparé le terrain pour proclamer des diplomates russes personae non gratae.

Nous constatons une nouvelle aggravation de l'espionnite antirusse en Bulgarie, qui a récidivé pour une raison qu'on ignore à l'approche des élections législatives prévues le 4 avril et sur fond de montée en flèche de la russophobie en Occident, notamment aux États-Unis.

Nous avons appelé une nouvelle fois Sofia à cesser de participer à des campagnes politisées menées à l'initiative de pays ou groupes de pays occidentaux, à cesser de faire la "chasse aux sorcières". Tout cela porte atteinte aux intérêts nationaux de la Bulgarie, aux relations bilatérales avec la Russie. Il faut revenir à un ordre du jour positif, bien plus naturel pour les relations russo-bulgares.

De tels actes nécessitent une réponse. La Fédération de Russie se réserve le droit de prendre des mesures symétriques. Nous le disons à chaque fois. Malheureusement, nous constatons des récidives.

Je suis d'accord avec vous sur le fait ce n'est pas dans l'intérêt du peuple bulgare. Très probablement, de telles démarches et actions sont "stimulées" de l'extérieur. C'est impossible à expliquer par les intérêts nationaux naturels de la Bulgarie.

Question: Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré: "Nous devons évoquer les canaux de liaison avec la Russie. La Russie est un voisin dangereux, mais nous devons partager avec elle certaines questions sur lesquelles nous avons des intérêts communs, telles que l'accord nucléaire avec l'Iran et le changement climatique. Mais, dans le même temps, nous devons contenir la Russie et lui faire face."

Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères de cette déclaration? Peut-on dire que la rhétorique antirusse durcit intentionnellement à certaines fins? Comment la Russie voit-elle l'interaction à venir avec l'Europe dans ces conditions?

Réponse: Nous commentons régulièrement de tels sujets.

Il est insensé de prétendre que la Russie est un "voisin dangereux". Dans le contexte historique, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell ne peut pas ignorer que dans une plus grande mesure, les pays de l'UE actuelle ont davantage souffert l'un de l'autre, mais jamais à cause de la Russie. Alors que dans le contexte historique la Russie a subi une agression permanente de la part de ces pays.

Josep Borrell doit regarder la situation de manière réaliste et analyser qui est réellement un "voisin dangereux" au sein de l'UE au lieu d'inventer ce qui n'existe pas.

Les collègues européens disent (notamment les Britanniques quand ils faisaient partie de l'UE, et maintenant cette thèse est relayée par d'autres) que la Russie s'est toujours comportée de manière agressive et pourrait agir ainsi à terme. Mais il n'existe pas de tels exemples. La Russie n'a jamais déclenché de guerres mondiales. Au cours de ces conflits, la Russie a mené une campagne de libération en expulsant les occupants non seulement de son territoire, mais également d'autres pays, tout en subissant constamment une agression. C'est notre expérience historique, notre caractère national, notre mission.

Qui a donné le droit à Josep Borrell de s'exprimer ainsi et de parler sur ce ton au peuple russe? Il parle de notre pays comme d'un "voisin dangereux", mais il ne peut pas ne pas connaître l'histoire. Alors même que les témoins de l'histoire du XXe siècle sont en vie. Les preuves historiques n'ont pas disparu, malgré les tentatives de plusieurs pays de l'UE d'arracher ces pages du contexte historique. J'en ai également parlé aujourd'hui: les démantèlements de monuments, le changement de nom des rues, l'installation de monuments aux prétendus "héros" qui ne l'ont certainement jamais été.

Ce sont des comparaisons, des expressions et un ton inadmissibles. Nous l'avons commenté plusieurs fois au niveau de notre gouvernement. Nous avons proposé à l'UE de changer son ton accusateur, d'être réaliste, de voir ses propres problèmes, de ne pas essayer de les minimiser en usant d'une mythologisation du rôle agressif de la Russie. Nous avons appelé plusieurs fois à entamer un dialogue en ayant au moins des faits entre les mains. Nous sommes prêts à un tel dialogue. Nous l'avons dit lors des pourparlers, et publiquement. Nous avons des choses à nous dire. Et la rhétorique conflictuelle doit disparaître, rester dans le passé. Cela ne concerne pas seulement la coopération entre Bruxelles et Moscou. La rhétorique conflictuelle porte bien plus atteinte (qu'on ne le pense) à la renommée occidentale d'un certain leader, "producteur de sens". Tous les spécialistes des relations internationales savent parfaitement que la Russie n'a jamais été un voisin dangereux ou agressif dans le contexte historique. De telles déclarations ne sont pas seulement offensantes et fausses: c'est aussi, et simplement, de la désinformation.

Question: Comment le nouveau scandale d'espionnage se reflétera-t-il sur les relations entre la Bulgarie et la Russie? Ne pensez-vous pas que les expulsions réciproques régulières (cinq depuis un an et demi) fassent baisser le niveau des relations diplomatiques entre la Bulgarie et la Russie?

Réponse: De telles démarches n'apportent aucune valeur ajoutée constructive et rien de positif aux relations bilatérales. Bien évidemment, elles portent atteinte aux relations russo-bulgares, les font reculer, ne stimulent pas leur progrès.

Quand vous parlez de "baisse" ou de "hausse du niveau des relations", c'est excellent pour un article de journal, pour un commentaire. Mais il y a les citoyens des deux pays, les habitants de la Bulgarie qui ne veulent pas être tentés par le vocabulaire de la politologie mais plutôt comprendre: pourquoi tout cela arrive? Qui en a besoin? Pourquoi tout cela est fait? Pour que des gens qui se considèrent ou veulent devenir des politiciens puissent avancer quelque part? Ils doivent formuler un ordre du jour positif mais cela nécessite des efforts, il faut des actions et des résultats. Il est bien plus facile de créer un agenda à partir de rien, de la conjoncture occidentale antirusse. Dans ce cas, les Bulgares peuvent demander à ces "politiques" s'ils ne trouvent pas qu'en détériorant les relations bilatérales avec la Russie ils ne sont d'aucune utilité pour leur peuple, même s'ils déclarent travailler au profit de leurs compatriotes?

Il faudrait évoquer cette question en Bulgarie même. Cette question ne s'adresse pas à la Russie. Nous avons confirmé non pas en paroles mais en actes notre rôle en tant que partenaire responsable et fiable de la Bulgarie dans le cadre de plusieurs grands projets (y compris économiques). Ce ne sont pas des paroles ou la théorie, mais la pratique de notre coopération. Nous avons confirmé notre approche par les actes. Tout ce que vous évoquez concerne le dialogue bulgare intérieur entre les citoyens et les "politiques".

Puisque vous avez posé cette question, je trouve que le dialogue intérieur est mûr: où et pourquoi ces gens mènent la société bulgare, quel préjudice infligent-ils aux relations bilatérales et au peuple bulgare par ces actes?

Ils parleront peut-être d'"utilité". Je ne l'exclus pas. Peut-être qu'au moins, dans l'espace national, ils apporteront des faits concrets témoignant de l'utilité de telles actions. Peut-être qu'ils possèdent quelque chose mais qu'ils ne montrent rien pour une raison qu'on ignore. Cette question s'adresse à la société bulgare.

Question: Le 23 mars s'est tenue une téléconférence des représentants spéciaux du Quartet des médiateurs internationaux sur le processus de paix au Proche-Orient comprenant la Russie, les États-Unis, l'Onu et l'UE.

Les interlocuteurs ont réaffirmé la nature unique du Quartet en tant que seul mécanisme d'accompagnement du processus de paix dans la région approuvé par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Est-ce que cela signifie que l'administration actuelle de la Maison blanche s'écarte de la politique de l'ancienne administration qui avait proposé le "deal du siècle" et que les décisions prises sous la présidence de Donald Trump peuvent changer? Ce thème a-t-il été évoqué pendant la téléconférence?

Vous avez mentionné aujourd'hui que Sergueï Lavrov participerait au travail du club Valdaï. Il a rencontré plusieurs collègues de la région à Moscou (notamment lors de la visite du Ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi), et également pendant sa tournée dans le Golfe. Cette activité russe au Moyen-Orient indique-t-elle que la Russie prépare une initiative pour réanimer le processus et le travail du Quartet?

Réponse: Vous m'interrogez sur la position des États-Unis dans différents domaines. Peut-on considérer la position de l'administration actuelle comme une politique modifiée de la précédente? C'est aux autorités américaines de répondre à ces questions. J'espérais vraiment que le Président américain Joe Biden répondrait également à cette question, ainsi que sur le "deal du siècle", sur la politique au Moyen-Orient et bien d'autres. J'ai suivi très attentivement la conférence de presse, mais, malheureusement, ce n'était pas dans le scénario. Le scénario de la conférence de presse était ferme. La mise en scène était trop flagrante. Je n'avais jamais vu cela. C'est un nouveau terme dans ce genre d'activités. Demandez aux États-Unis de commenter leurs plans.

Qu'entendons-nous dans l'espace public? Nous entendons ce que déclare le nouveau gouvernement américain, notamment concernant les plans de relancer l'interaction avec l'Autorité palestinienne, suspendue pendant la période précédente. Cela implique la reprise de l'activité du bureau de l'Organisation de libération de la Palestine à Washington, du Consulat général des États-Unis à Jérusalem, ainsi que de l'aide humanitaire américaine aux réfugiés palestiniens via l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

Nos pays, en tant que co-sponsors, étaient à l'origine de la mise en place du processus de paix au Proche-Orient. Cette histoire est complexe. A l'heure actuelle, à ce que l'on sache, nos positions avec les États-Unis se résument au fait que le problème palestinien doit être réglé dans le cadre du principe de deux États approuvé par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, de la Palestine et d'Israël coexistant en paix et en sécurité, ainsi qu'en reconnaissant le rôle important du Quartet.

Mais pour l'instant ce ne sont que des intentions déclarées. Notre approche est publique. Elle est réaffirmée par notre position sur la scène internationale et au sein des organisations internationales, par un travail concret. Actuellement, cette "similitude" d'approche des États-Unis n'est appuyée que par des intentions sous la forme de déclarations. Il faut attendre des actions concrètes. Il faut demander aux Américains pour que vous compreniez en tant que journalistes leur stratégie au Proche-Orient. Il faut attendre les paramètres définitifs de la ligne des États-Unis pour le Proche-Orient dans le cadre de la "revue de la politique étrangère" et de son application.

Il existe des possibilités pour une coordination russo-américaine constructive en ce sens. Un dialogue régulier a été établi entre Vladimir Safronkov, représentant spécial du Ministère russe des Affaires étrangères pour le Proche-Orient, et Hady Amr, sous-secrétaire d’État en charge de ce dossier au Département d’État américain.

C'est à eux de commenter les actions ou la politique des États-Unis sur cet axe pour différentes raisons. Une nouvelle administration, de nouvelles approches, une nouvelle équipe. Nous voudrions de la précision. Nous ne la ressentons pas à 100% pour l'instant. Certainement parce que ces approches sont en cours de détermination. Mais il est temps de les formuler.

Question: Que pensez-vous du résultat des législatives anticipées en Israël?

Réponse: Des législatives anticipées se sont déroulées en Israël le 23 mars. Selon les informations préliminaires le parti Likoud au pouvoir, dirigé par le premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu, est en tête. Le dépouillement des bulletins se poursuit. Parmi les 120 députés de la nouvelle Knesset sont attendus des représentants de 13 blocs et partis politiques.

Après l'annonce des résultats officiels du vote commencera le processus de constitution de la coalition gouvernementale et de validation du cabinet des ministres, qui devra remplir d'importantes missions tant sur le plan de la politique intérieure que de la politique internationale, notamment liées à la garantie de la paix, de la stabilité et de la sécurité au Proche-Orient.

Nous espérons que parmi les priorités du futur gouvernement figure toujours le renforcement de la coopération russo-israélienne amicale et mutuellement avantageuse dans différents domaines. Nous sommes disposés à poursuivre un travail constructif avec la nouvelle composition de la Knesset et le futur gouvernement d'Israël.

Question: Vous avez mentionné la conférence de presse de Joe Biden. Nous voudrions entendre ce que le Ministère des Affaires étrangères en pense dans l'ensemble.

Réponse: Il est évident que la conférence a été mise en scène. Je ne cache pas que cela m'a personnellement choqué. Je ne m'attendais pas à ce qu'aux États-Unis des actions médiatiques mises en scène puissent être organisées à un tel niveau. On nous parlait tant de la nécessité de respecter la liberté d'expression, d'éviter toute malhonnêteté dans le travail avec les médias qu'il est étrange de voir tout cela venant de Washington. Chacun a ses propres traditions, mais il n'y a pas si longtemps ces traditions étaient celles de la communication directe des représentants officiels, et surtout des dirigeants du pays, avec la presse. Toutefois, ces derniers temps, les médias russes étaient discriminés. Aujourd'hui, la discrimination n'est plus subie seulement par les médias étrangers mais également par des journalistes américains. Le tri des questions et des journalistes. Il était clair qu'un seul groupe de journalistes avait la parole. La parole n'a pas été donnée à ceux qui représentaient l'opposition, les représentants d'une autre partie de la communauté journalistique mainstream, et ceux qui ne représentent pas les médias de masse. L'impression est choquante. Ce n'est pas seulement le niveau d'un État ou d'un département, mais le sommet. C'est ainsi que le chef de l’État interagit avec les médias. Si nous voyons une telle attitude envers les journalistes, le journalisme et la liberté d'expression lors d'une activité médiatique ouverte, on se demande comment le travail se déroule en coulisses. Les méthodes utilisées par les représentants actuels du pouvoir à Washington font peur. Les impressions que l'on retire de cette conférence de presse sont choquantes.

Question: Quelle est la position du Ministère russe des Affaires étrangères concernant l'annulation de la transaction pour la vente de l'usine norvégienne de moteurs diesel Bergen Engines par la compagnie russe Transmachholding?

Réponse: C'est une nouvelle décourageante. Elle a été présentée sous le prétexte de "protection des intérêts nationaux".

Les arguments avancés par les autorités norvégiennes concernant cette décision sont mensongers. Selon les multiples confirmations des organes compétents norvégiens, les produits de l'usine et ses élaborations ne sont pas frappés par les restrictions norvégiennes sur les exportations. La transaction était purement commerciale. Son objectif consistait à ouvrir de nouveaux débouchés à l'entreprise norvégienne Bergen Engines, à élaborer de nouveaux produits, à garantir des emplois à l'usine en Norvège. Tout ce que le monde occidental a voulu nous enseigner pendant tellement d'années: comment faire les affaires, comment mener les affaires, comment faire de l'économie dépolitisée, comment ne pas la politiser.

L'annulation de la transaction avec Transmachholding  s'inscrit dans le cadre de la "double approche" adoptée par Oslo ces dernières années à l'égard de notre pays, avec un penchant flagrant pour la "contention" de la Russie. Il existe plusieurs exemples de blocages de contrats commerciaux par Oslo. Ces dernières années, les entreprises norvégiennes s'abstiennent de réaliser de nouveaux projets avec des partenaires russes même dans des secteurs qui ne sont pas concernés par les sanctions, craignant une telle ingérence politique inappropriée dans la coopération purement commerciale. Parlons des résultats. Qu'en ont retiré les autorités norvégiennes? Des chiffres négatifs des échanges bilatéraux, l'absence totale de grands projets dans notre coopération commerciale et économique, et les indicateurs nationaux qui en découlent.

Nous appelons les autorités norvégiennes à ne pas être prises en otage des phobies politiques et à suivre les traditions de bon voisinage dont est riche l'histoire séculaire des relations de la Fédération de Russie et de la Norvège. Et, surtout, à revenir à la mentalité qui a toujours constitué le fondement du monde occidental et de la civilisation occidentale: la démocratie, la liberté, notamment de concurrence, la primauté et le respect de la loi, le respect du partenaire, l'autonomie, l'indépendance, la vraie souveraineté. Il faut y revenir. On pourrait poser une question: au nom de quoi? Mais, d'après moi, la réponse est évidente: non pas au nom de la Russie et des relations bilatérales, mais au nom de soi, des intérêts de ses propres compagnies et de son peuple. C'est évident.

Question: "Nous avons renforcé notre présence au sol, en mer et dans les airs, mais nous avons également renforcé la coopération avec les partenaires en Géorgie et en Ukraine. Nous continuerons, et réfléchissons à faire en sorte d'élargir ce partenariat grâce à un soutien politique et pratique", a déclaré le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg en conférence de presse. Et d'ajouter que l'Otan "ne se reposera pas pas sur ses acquis même en cas d'escalade dans la région". De plus, l'armée ukrainienne a récemment organisé des exercices à la frontière avec la Crimée en travaillant des frappes contre un "ennemi conditionnel". Comment la Russie réagira-t-elle au renforcement de la présence militaire de l'Otan en mer Noire et quelles mesures pourraient être prises pour empêcher des provocations?

Réponse: Pour répondre de manière brève concernant la garantie de notre propre sécurité: elle est traditionnellement en adéquation avec la réalité.

En ce qui concerne les déclarations sur la lutte contre les risques et les défis, je l'ai déjà commenté. L'Otan ne cherche pas les menaces au bon endroit. Les nouveaux risques et défis pour l'Otan ne viennent pas de l'Est, de Moscou et de la Russie. Les nouveaux risques et défis sont la pandémie, l'instabilité financière et économique, les droits de l'homme et leur politisation, les problèmes non réglés du monde occidental tels que le racisme, le nationalisme, la discrimination et ainsi de suite. C'est la crise idéologique, la crise du processus politique dans plusieurs pays de l'Otan. C'est le problème de la migration et l'attitude envers les migrants dans les pays de l'Otan. La violation de la liberté d'expression, l'utilisation disproportionnée et inconditionnelle des ressources médiatiques parfois au-delà du cadre légal (je fais allusion à la pression sur les médias, l'usage de compagnies médiatiques à ses propres fins de propagande). C'est la menace réelle pour les pays de l'Otan. Ce n'est pas du tout lié à notre pays.

Sur les différents problèmes graves et compliqués qui représentent réellement une menace pour la paix et la stabilité non seulement au sein de l'Otan, mais également dans le monde entier, la Russie propose l'interaction, le partenariat, la coopération, tend la main. C'est le problème du vaccin, dont nous avons parlé plusieurs fois aujourd'hui, la cybersécurité (nos initiatives sont bien connues), la lutte contre le terrorisme international, la lutte contre les nouvelles formes de discrimination, de racisme, de nationalisme. Nous sommes prêts à coopérer, à partage notre expérience fructueuse (et elle est importante). Nous avons fait plusieurs propositions globales anticrise au monde entier pour surmonter les conséquences de la pandémie, qui ont été ignorées par les membres de l'Alliance une nouvelle fois non pas au profit de leurs peuples et citoyens. Ils ne cherchent pas les menaces au bon endroit, ce qui est dangereux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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