Briefings du ministère des Affaires Etrangères

12 mars 202115:25

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 12 mars 2021

 

Sur la visite en Russie de Rik Daems, Président de l'APCE

 

Comme cela a déjà été annoncé, à l'invitation du président de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie Viatcheslav Volodine, le Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) Rik Daems effectuera une visite de travail à Moscou les 15 et 16 mars. A son programme figure également un entretien avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov afin d'évoquer la situation au Conseil de l'Europe, ainsi que l'ordre du jour international de l'Organisation.

 

Sur la visite en Fédération de Russie de Gabi Ashkenazi, Ministre des Affaires étrangères d'Israël

 

Mercredi 17 mars, le Ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi se trouvera à Moscou en visite de travail. Ce jour-là, il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

En cette année du trentième anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques russo-israéliennes, les ministres comptent évoquer en détail l'ordre du jour bilatéral, notamment le développement des contacts au niveau des ministères des Affaires étrangères, l'activité de la Commission russo-israélienne mixte pour la coopération commerciale et économique visant à renforcer la coopération d'affaires touchée par la pandémie de coronavirus, ainsi que les liens sociaux.

Un échange d'avis est prévu sur l'ordre du jour régional et international avec un accent sur l'état du processus de paix au Proche-Orient. Côté russe a été exprimé l'attachement à l'intensification des efforts du Quartet de médiateurs internationaux pour le Moyen-Orient afin de relancer le processus de paix à travers un dialogue direct entre les Israéliens et les Palestiniens sur la base universelle du droit international.

Une attention particulière sera accordée à la coordination des démarches pour lutter contre les tentatives de réécrire l'histoire et les résultats de la Seconde Guerre mondiale, contre la glorification des nazis et leurs complices, contre le déni de l'Holocauste.

Nous remarquons le caractère intensif du dialogue russo-israélien multidimensionnel, qui se distingue par le respect réciproque et l'intérêt mutuel à trouver un terrain d'entente sur les questions évoquées dans l'intérêt des deux nations.

 

Sur la réunion du "trio" élargi concernant le processus de paix en Afghanistan

 

Jeudi 18 mars à Moscou est prévue une nouvelle réunion du "trio" élargi au niveau des représentants spéciaux de la Russie, de la Chine, des États-Unis et du Pakistan consacrée au processus de paix interafghan. Y participeront également les délégations du gouvernement afghan, du Haut conseil pour la réconciliation nationale de l'Afghanistan, de représentants politiques afghans éminents, des talibans, ainsi que du Qatar en tant qu'invité d'honneur. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prononcera un discours de salutations devant les participants.

La réunion permettra d'évoquer la contribution au progrès des négociations interafghanes à Doha, à la baisse du niveau de violence et à la cessation du conflit armé en Afghanistan, ainsi qu'à l'établissement de ce pays en tant qu’État indépendant, pacifique et autonome libéré du terrorisme et de la narcocriminalité.

L'adoption d'une déclaration conjointe est prévue à l'issue de cette réunion.

A la veille de la conférence de presse l'agence de presse Rossiya Segodnya nous a contacté pour savoir si des rencontres du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov étaient prévues en marge de la réunion. Ces rencontres seraient envisageables si de telles requêtes étaient formulées. L'emploi du temps est en cours de rédaction actuellement.

 

Sur la lettre de remerciement du doyen du corps diplomatique de Moscou

 

Je voudrais dire quelques mots au sujet des efforts communs de la communauté internationale et de la contribution de notre pays à la lutte contre la pandémie.

La Russie a accordé aux collaborateurs des ambassades accréditées en Fédération de Russie et aux membres de leurs familles la possibilité de se faire vacciner gratuitement avec le vaccin Sputnik V. Nous le faisons dans le cadre des documents juridiques internationaux et en nous basant sur les normes, les règles et les traditions du travail diplomatique. Plusieurs diplomates étrangers se sont déjà fait vacciner avec le vaccin russe.

Au nom du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a été reçue une lettre de remerciement de l'Ambassadeur d'Azerbaïdjan Polad Bülbüloglu - doyen du corps diplomatique de Moscou. Il y souligne que "l'initiative du Ministère russe des Affaires étrangères mérite le plus grand respect et [qu']elle est tenue en grande estime par tout le corps diplomatique".

Je voudrais rappeler que le vaccin Sputnik V contre le coronavirus, créé en Russie, continue de prouver son efficacité aussi bien dans notre pays qu'en dehors. Le vaccin a déjà été approuvé pour utilisation dans 50 pays, ce qui en fait le deuxième vaccin bénéficiant du plus grand nombre d'enregistrements nationaux au niveau mondial. D'autres vaccins russes sont en approche.

Nous n'avons pas du tout l'intention de politiser ce thème, ne participons à aucune course politique, et encore moins à l'infodémie. Nous espérons que nous ne sommes pas affectés par cette dernière - je fais allusion à l'immense quantité de fakes qui circulent. Malheureusement, nous devenons la cible de mensonges, d'un grand nombre de fausses informations publiées notamment sur le vaccin russe et sur les efforts de notre pays dans cette direction. Les tentatives de discréditer la Russie et sa contribution à la lutte mondiale générale contre la pandémie fonctionnent, mais seulement dans un sens: contre ceux qui entreprennent de telles tentatives.

Nous sommes certains que pour surmonter l'épidémie de coronavirus qui perdure et ses importantes conséquences socioéconomiques, la communauté internationale doit s'unir et coordonner ses efforts. Les vaccins russes (je le rappelle à tous ceux qui inventent des fables et tentent d'offenser ou de publier de fausses informations) font partie de la contribution générale à la lutte contre la pandémie. On voudrait croire que les partenaires étrangers également, conscients de l'importance du progrès dans l'immunisation de toute la population de la planète, cesseront de gaspiller des forces pour politiser ce problème, dresser des barrières supplémentaires, et se concentreront sur l'ordre du jour positif dans l'intérêt commun.

Nous ne sommes pas seulement prêts à dialoguer, à interagir, à coopérer: nous travaillons activement en ce sens - et vous en informons régulièrement.

 

Déclaration du Ministère russe des Affaires étrangères en lien avec les dix ans du début des manifestations antigouvernementales en Syrie

 

Je voudrais lire la Déclaration du Ministère russe des Affaires étrangères liée aux dix ans du début des manifestations antigouvernementales en Syrie. Ce document a été publié sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères:

Lundi 15 mars, cela fera dix ans jour pour jour que les manifestations que l'on sait ont éclaté en Syrie. A cause de l'ingérence extérieure, le processus de paix intérieur a rapidement dégénéré en conflit armé ayant porté des groupes armés illégaux sur le devant de la scène. Le pays a subi une agression sans précédent du terrorisme international.

Grâce à la contribution décisive de la Russie, il a été possible de défaire Daech, d'infliger un préjudice irréparable à d'autres structures terroristes internationales. Grâce aux efforts combinés des partenaires du format d'Astana, c'est-à-dire de la Russie, de l'Iran et de la Turquie, un cessez-le-feu durable est garanti sur la majeure partie du territoire syrien. En même temps, des foyers de tension persistent encore à Idleb, où se sont retranchés des terroristes du Front al-Nosra et des bandes alliées, ainsi que dans les zones de présence militaire illégale des États-Unis à l'Est de l'Euphrate et à al-Tanf.

Adoptant une position sans compromis à l'égard du terrorisme international sous toutes ses formes et apportant une aide militaire pour son éradication sur le sol syrien, la Russie prône fermement et systématiquement le règlement du conflit intérieur en Syrie par la voie politique. Nous sommes absolument convaincus qu'il n'a pas de solution militaire. Nous sommes attachés au processus de paix mené et réalisé par les Syriens eux-mêmes dans le cadre de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour le faire avancer, en contact avec le gouvernement syrien et les représentants de l'opposition.

Nous contribuons activement au travail du Comité constitutionnel intersyrien à Genève créé conformément aux décisions du Congrès du dialogue national syrien qui s'est déroulé à Sotchi en 2018. Nous incitons les camps syriens à mener sur cette plateforme des discussions régulières et constructives. Nous sommes convaincus de la nécessité, pour les Syriens, d'élaborer eux-mêmes une vision générale de l'avenir de leur patrie sans aucune pression extérieure ni délais artificiels pour déboucher sur un résultat final.

La priorité de notre politique sur le dossier syrien a toujours été et reste le respect de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de la Syrie.

En cet anniversaire tragique du début des événements destructifs et sanglants en Syrie, il convient de rappeler les nombreuses cruautés des terroristes envers les civils et les provocations des membres de l'organisation pseudo-humanitaires des "Casques blancs" avec l'usage de l'arme chimique - provocations inspirées par leurs protecteurs occidentaux. Vous le savez, ce sont les fausses accusations de crimes de guerre visant le gouvernement syrien qui ont été utilisées à plusieurs reprises par les Américains et leurs alliés pour justifier les frappes contre le territoire syrien en transgressant le droit international et en contournant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Nous considérons la contribution au retour volontaire et en sécurité dans leur foyer des réfugiés et des déplacés internes syriens comme une étape primordiale du rétablissement de l'unité nationale de la Syrie. Nous sommes certains que le règlement du problème humanitaire actuel, qui consiste à garantir des conditions de vie décentes pour les millions de Syriens épuisés à l'étranger, nécessite une participation active de toute la communauté internationale.

Malheureusement, les tendances positives en Syrie ne conviennent pas à tout le monde. Après l'échec des tentatives des forces antisyriennes, pendant plusieurs années, de renverser le gouvernement légitime de ce pays par la force, par l'intermédiaire de bandits et de terroristes, ils sont passés aux méthodes d'étouffement financier et économique. A cet effet, ils utilisent des restrictions unilatérales, bloquent l'aide extérieure, créent des obstacles au retour des réfugiés et des déplacés internes sur les territoires contrôlés par le gouvernement syrien. L'aide sélective accordée par les pays occidentaux à leurs clients en Syrie ne peut que consolider les lignes existantes de scission au sein de la société syrienne et stimuler le séparatisme dans les régions qui s'isolent artificiellement aujourd'hui.

Nous trouvons inhumaines et destructives les approches de ceux qui avancent des exigences politiques pour apporter une aide humanitaire aux Syriens, notamment dans le contexte de la pandémie de coronavirus. De facto, les Syriens sont punis parce qu'ils n'ont pas voulu vivre selon des recettes imposées de l'extérieur. Nous y voyons une preuve de plus des doubles standards appliqués par nos antagonistes vis-à-vis de la Syrie, dont ils veulent faire un otage des intérêts géopolitiques égoïstes, qu'ils veulent transformer en un territoire de conflits intérieurs permanents et en arène de règlement de comptes entre forces extérieures. Pas étonnant qu'une telle position soit adoptée par les États qui ont directement participé à l'attisement de l'incendie syrien, qui ont soutenu et soutiennent encore aujourd'hui les forces antigouvernementales, y compris les terroristes. Ce sont eux qui assument la plus grand part de responsabilité dans la tragédie syrienne qui perdure.

Nous appelons tous ceux qui souhaitent réellement le règlement au plus vite de la crise en Syrie à renoncer aux approches politisées et à participer effectivement à l'aide internationale au profit du peuple syrien, notamment au règlement des graves problèmes socioéconomiques et à la prise en charge des défis humanitaires.

 

Sur la manipulation de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) par les pays occidentaux

 

Ce n'est pas la première fois que les États-Unis et leurs "acolytes" de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) utilisent cette plateforme pour accuser gratuitement la Syrie d'utiliser l'arme chimique. Par le biais de ruses procédurales, les Occidentaux ont bloqué la proposition russe d'examiner au cours de la session actuelle du Conseil exécutif de l'OIAC le projet français de sanctions contre Damas pour le prétendu usage de l'arme chimique par l'armée syrienne lors de trois épisodes dans la région de Latamné en mars 2017.

Les enquêtes menées par l'OIAC en Syrie sont politisées et ne suscitent plus la confiance depuis longtemps. Il suffit de rappeler le rapport falsifié sur l'incident chimique de Douma en avril 2018 et la provocation qui s'était déroulée un an plus tôt à Khan Cheikhoun, où le groupuscule "Casques blancs" avait utilisé du sarin. Ces deux épisodes ont été largement réfutés par les spécialistes militaires russes, qui ont présenté à titre de confirmation des rapports techniques sur la balistique, le déminage et la protection chimique. Ils l'ont fait ouvertement sans utiliser de technologies d'influence d'information, ont organisé des conférences de presse, accordé des interviews, publié les informations dont ils disposaient à ce sujet. En s'appuyant sur les données de contrôle objectif publiées par les Américains, ils ont prouvé que la version du bombardement de Khan Cheikhoun diffusée par le mainstream occidental était contraire aux lois élémentaires de la physique.

Afin de détourner l'attention de la communauté internationale de cette révélation du fake occidental, Washington et ses alliés ont tenté de se réorienter sur les incidents chimiques présumés de Latamné. Le rapport, rédigé sur "commande", était préconçu, peu convaincant et, au final, non professionnel.

Malgré cela, en juillet 2020, avec un écart minimal de voix, la Syrie a été sommée de se plier aux conditions impossibles de dénoncer les sites soi-disant non déclarés de production et de stockage des armes chimiques. Tout cela en ignorant la confirmation donnée à plusieurs reprises par l'OIAC que le programme militaire chimique syrien avait été supprimé sous un contrôle international rigoureux.

A présent, en transgressant cyniquement les normes de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, en contournant le Conseil exécutif de l'organisation, l'Occident cherche à faire adopter des sanctions contre Damas au cours de la prochaine Conférence des États parties de la Convention. Les scénarios sont toujours les mêmes. Les noms des pays qui subissent une campagne médiatico-politique changent, mais la méthodologie reste la même. Nous ferons face à ce plan. Nous constatons que grâce aux efforts des États-Unis et du Secrétariat technique de l'OIAC qu'ils manipulent, l'Organisation s'est transformée en instrument au service des intérêts géopolitiques d'un petit groupe de pays "élus", pour qui la fameuse "solidarité" - qui n'est en réalité qu'une complicité mutuelle - remplace de plus en plus le bon sens et le sentiment de réalité. Malheureusement, l'OIAC ne fait pratiquement rien d'autre de plus constructif ou important, bien que cette Organisation s'appelle "Organisation pour l'interdiction des armes chimiques". Peut-être qu'il est temps de passer à ses obligations directes? Je rappelle que les États-Unis n'ont pas détruit leurs armes chimiques malgré leurs obligations. Le Secrétariat technique de l'OIAC devrait peut-être prêter attention à cette infraction scandaleuse du droit international?

 

Sur l'éventualité du déploiement de missiles terrestres américains à portée intermédiaire au Japon

 

Nous avons remarqué l'information publiée dans les médias japonais concernant le fait que Tokyo et Washington pourraient prochainement évoquer les perspectives de déploiement de missiles américains au Japon. D'après le contexte, il est probablement question de missiles terrestres à portée intermédiaire précédemment interdits par le Traité FNI.

A cet égard, nous voudrions souligner encore une fois que le déploiement de missiles terrestres américains à portée intermédiaire dans différentes régions du monde, y compris l'Asie-Pacifique, quel qu'en soit l'équipement, aurait un effet extrêmement déstabilisant du point de vue de la sécurité régionale et internationale. Cela provoquerait un nouveau cycle de course aux armements aux conséquences imprévisibles. Une telle évolution de la situation ne renforcerait en rien la sécurité des États-Unis et, de surcroît, celle de leurs alliés.

De plus, l'apparition d'une menace de missiles supplémentaire pour le territoire de la Russie entraînerait forcément une réaction de notre part.

Nous appelons une fois de plus toutes les parties intéressées à chercher ensemble une solution politique et diplomatique pour régler la situation causée par l'effondrement du Traité FNI par Washington. Rappelons que sur la toile de fond des actions destructives des États-Unis, la Russie a décrété un moratoire unilatéral sur le déploiement de missiles terrestres à portée intermédiaire dans les régions où de tels systèmes américains ne feraient pas leur apparition. Cet engagement reste en vigueur. Nous restons également ouverts à un travail équitable et constructif pour rétablir la confiance, pour renforcer la sécurité internationale et la stabilité stratégique "dans le monde post-Traité FNI".

 

Sur le plan des autorités norvégiennes d'ouvrir à l'activité pétro-gazière de nouvelles parcelles faisant partie de la zone du Traité concernant le Spitzberg de 1920

 

Notre attention a été attirée par l'information concernant le plan des autorités norvégiennes d'ouvrir à l'activité pétro-gazière neuf nouvelles parcelles faisant partie de la zone du Traité concernant le Spitzberg de 1920, dans le cadre d'un nouveau cycle d'autorisation pour exploiter les ressources du plateau continental dans les "régions préalablement définies" en mer de Barents.

Nous partons du principe que le régime juridique établi par le Traité concernant le Spitzberg de 1920 s'applique entièrement au plateau continental de l'archipel. Ce qui signifie notamment que l'exploration et l'exploitation des ressources minières sur le plateau autour du Spitzberg doivent se dérouler compte tenu des termes du Traité mentionné et de la Charte minière de 1925 afin de garantir la possibilité de réaliser les droits et les intérêts légitimes des citoyens et des personnes morales de tous les États membres du Traité de 1920.

Nous appelons instamment la Norvège à respecter rigoureusement le Traité, qui constitue la base juridique internationale de la souveraineté du Royaume sur l'archipel.

 

Sur les déclarations de Leonid Kravtchouk concernant les "démarches radicales" de Kiev en cas de refus de la Russie de se reconnaître en tant que "partie prenante du conflit dans le Donbass"

 

Nous avons reçu de nombreuses questions concernant les déclarations du chef de la délégation ukrainienne aux négociations dans le cadre du Groupe de contact, Leonid Kravtchouk, concernant de prétendues "démarches radicales" de Kiev en cas de refus de la Russie de se reconnaître en tant que partie prenante du conflit dans le Donbass.

Malheureusement, les représentants officiels de l'Ukraine tentent régulièrement, notamment ces derniers temps, de cacher leur inaction et le sabotage flagrant des accords conclus par le passé pour régler la situation dans l'Est du pays derrière des accusations visant la Russie, de rejeter sur nous la responsabilité du fait que l'Ukraine a de facto mené les négociations dans une impasse. Ce faisant, Kiev tente de persuader tout le monde que Moscou est une partie du conflit et aurait à ce titre des engagements dans le cadre des Accords de Minsk. Comme s'il n'avait pas ce document sous les yeux, comme s'il ne voyait pas les signatures qui y figurent.

Je rappelle de nouveau, pour ceux qui ont oublié, que les parties du conflit sont clairement désignées dans ce document approuvé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est Kiev d'un côté; Donetsk et Lougansk de l'autre. C'est la réticence des négociateurs ukrainiens à le reconnaître, leur refus de s'entendre avec le Donbass, qui empêche l'établissement d'une paix durable dans la région.

La rhétorique agressive et hostile, hors du contexte juridique, dans des conditions où la situation en matière de sécurité se dégrade clairement, fait sérieusement réfléchir aux véritables intentions de Kiev à cette étape historique. Qui plus est étant donné que Kiev a de facto quitté les accords additionnels signés en juillet 2020 pour garantir le cessez-le-feu. Le nombre de bombardements, notamment contre l'infrastructure civile, augmente constamment. Cette question est de plus en plus d'actualité. A cet égard, nous voulons mettre en garde le régime de Kiev, les "têtes brûlées" qui le servent ou le manipulent, contre l'escalade et les tentatives de mettre en œuvre dans le Donbass un scénario de force.

Une nouvelle fois, nous appelons les autorités ukrainiennes à cesser d'inventer de "nouveaux accords" et documents, et à remplir de bonne foi leurs engagements dans le cadre des Accords de Minsk.

 

Sur la situation autour de la Commission du désarmement de l'Organisation des Nations unies

 

Nous considérons la Commission du désarmement de l'Onu (CDONU) comme un élément important de la triade du désarmement de l'Onu, qui comprend, outre la CDONU, la Première commission de l'Assemblée générale des Nations unies et la Conférence du désarmement de Genève. La Russie insiste systématiquement sur le plein format de l'activité de la Commission et sur le respect rigoureux de son mandat: élaborer des recommandations en matière de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération. Nous souhaitons évoquer en détail l'ordre du jour de la CDONU.

Au vu de l'importance et de la spécificité de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération, comme bien d'autres États membres de l'Onu, la Russie envoyait des experts compétents aux sessions de la CDONU à New York. Cependant, cette pratique a été suspendue en 2019. Je rappelle qu'à l'époque les autorités américaines, sous un prétexte fallacieux, avaient refusé de délivrer un visa d'entrée au chef de la délégation russe. Et ils continuent de le faire. La crise autour de la CDONU n'est pas un cas isolé mais le résultat d'une pratique systémique illégale de Washington en matière de visas vis-à-vis des experts des États membres de l'Organisation envoyés aux activités dans le cadre de l'Onu, après quoi le travail substantiel à la CDONU a été de facto suspendu.

Les autorités américaines enfreignent grossièrement leurs engagements dans le cadre de l'Accord relatif au siège de l'Onu de 1947 et ignorent les termes de la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies 75/146 "Rapport du Comité des relations avec le pays hôte" adoptée par consensus, c'est-à-dire avec le soutien de Washington également. Conformément à l'Article IV de l'Accord, les États-Unis "ne doivent pas créer d'obstacles à l'entrée dans la région des sièges de l'Onu des représentants ou des responsables des États membres de l'Organisation", et "les visas doivent être délivrés gratuitement et dans les plus brefs délais". Je rappelle que le visa a été refusé en 2019, et nous sommes en 2021 aujourd'hui. Voilà en ce qui concerne "les plus brefs délais" de délivrance par les Américains de visas aux experts envoyés non pas aux États-Unis, mais à l'Onu située sur le territoire américain. Les termes de l'Article doivent être appliqués indépendamment des relations entre les gouvernements des États dont les représentants sont citoyens et le gouvernement américain.

La résolution 75/146 de l'Assemblée générale des Nations unies stipule que les autorités américaines doivent délivrer rapidement des visas d'entrée à tous les représentants des États membres de l'Onu afin qu'ils puissent se rendre à New York pour les affaires officielles de l'Onu. De plus, elle confirme le droit non restreint des personnes envoyées à New York à titre de représentants des États membres de l'Organisation afin de participer aux activités de l'Onu d'entrer aux États-Unis dans le but de se rendre dans la région des sièges de l'Onu.

La négligence, par les États-Unis, de leurs engagements en tant qu’État hôte du siège de l'Onu, est devenue un facteur faisant entrave au travail de la CDONU et discréditant son statut en tant qu'élément central du mécanisme de désarmement de l'Onu. Dans ces conditions, rendant impossible la participation d'experts compétents des États membres de l'Onu aux sessions de la Commission, la "valeur ajoutée" des recommandations qu'elle élabore diminue.

De plus, par ses actes, Washington sape les particularités procédurales établies du fonctionnement de la CDONU, avant tout la pratique de prise de décisions par consensus, le principe fondamental du travail garantissant un équilibre des intérêts de tous les États membres et un caractère universel des recommandations élaborées par la CDONU.

L'organisation de sessions organisationnelles et substantielles de la Commission perd son sens pratique faute de garantir à tous les experts des États membres de l'Onu des conditions de travail égales au sein de la CDONU.

Nous exigeons donc des autorités américaines qu'elles revoient foncièrement leur ligne, et qu'elles reviennent à l'accomplissement responsable de leurs engagements en tant qu’État hôte du siège de l'Onu en assurant l'entrée aux États-Unis pour le chef de la délégation russe afin de participer au travail de la CDONU.

Je peux assurer que le Secrétariat de l'Onu travaille également à la normalisation de cette situation causée par les actions illégales du gouvernement américain.

 

Sur la catastrophe technologique en République de Guinée équatoriale

 

Le 7 mars à Bata, la capitale économique de la République de Guinée équatoriale, s'est produite une série de puissantes explosions à la base militaire de Nkoatama. Selon la déclaration des autorités officielles du pays, la tragédie a été causée par un incendie sur le site de stockage des munitions. Selon les informations préalables, l'incident a causé au moins 105 morts et plus de 600 blessés plus ou moins graves. Dans les quartiers attenants ont été détruits des immeubles résidentiels et endommagés des sites d'infrastructure civile.

Selon l'Ambassade de Russie à Yaoundé (accréditée en Guinée équatoriale à temps partiel), il n'y a pas de citoyens russes parmi les victimes de la catastrophe.

Le gouvernement de la Guinée équatoriale a décrété le deuil national du 10 au 12 mars.

Nous présentons nos sincères condoléances aux parents et aux proches des victimes, et nous souhaitons un rapide rétablissement aux blessés.

 

Sur la situation à Haïti

 

Nous avons reçu de nombreuses questions concernant la situation à Haïti. Je voudrais donner une réponse généralisée.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies (c'est visiblement la raison pour laquelle nous avons reçu tellement de questions à ce sujet) nous suivons attentivement et avec préoccupation les événements à Haïti. A l'heure actuelle, cet État caribéen traverse un nouveau pic du cycle d'instabilité politique et de la plus grande crise économique et sociale qui dure depuis plus d'un quart de siècle. Cette situation, avec quelques fluctuations dans un sens ou dans l'autre, est devenue une constante de la vie des Haïtiens.

Une question logique se pose: quelles sont les origines de cette situation? Pourquoi ce territoire autrefois riche, surnommé au XVIIIe siècle "la perle" des Antilles, premier pays de l'Amérique latine ayant accédé à l'indépendance et devenu un exemple de développement progressif, est-il confronté aujourd'hui à des problèmes permanents gravissimes, est-il devenu l'un des pays les plus pauvres et instables de la région, l'objet d'une préoccupation particulière du Conseil de sécurité des Nations unies?

Les raisons sont nombreuses. Les conséquences du passé colonial en font partie. Les problèmes intérieurs d'organisation et de gestion sont naturels. On se souvient des catastrophes naturelles, dont la plus dramatique a été le séisme de janvier 2010. Mais sur cette toile de fond apparaît on ne peut plus clairement un autre facteur destructif absolument artificiel pour ce pays: l'influence imposée de l'extérieur.

Comment caractériser autrement l'image du "grand bâton de démocratisation" tenu constamment au-dessus d'Haïti par le "voisin du Nord", qui s'autoproclame État le plus démocratique du monde? Quel autre résultat pouvait-on attendre de l'"aide" extérieure reçue pendant la période de toute-puissance du clan Duvalier soutenu pendant des années par Washington, et de la double invasion militaire étrangère, en 1915 et en 1994, subie par Haïti au cours du dernier siècle? Ces questions ne sont pas rhétoriques: les réponses existent. Quel autre effet pourrait apporter la présence extérieure permanente pénétrant dans toutes les sphères de la vie économique et politique d'Haïti, qui s'accompagne d'une imposition au pays d'un contrôle direct en jouant sur les contradictions des élites nationales haïtiennes?

Cet ingénierie politique et sociale ne fait qu'aggraver les problèmes mais ne permet pas de les régler, qui plus est dans le cadre de la pandémie actuelle. La pratique mondiale a prouvé plusieurs fois que toute exportation de modèles de développement étrangers, qui plus est leur imposition violente sans tenir compte de la spécificité, des traditions et de la mentalité en se détachant des racines historiques nationales des peuples de chaque pays concret, ne risque que d'introduire un déséquilibre dans les éléments systémiques de sa structure étatique, de briser les repères de développement, de détruire les liens administratifs naturels.

Tout cela est d'autant plus visible sur la toile de fond des scandaleux doubles standards appliqués par une partie de la communauté internationale. On le voit sur l'exemple du Venezuela, de Cuba, de la Syrie et d'autres pays de différents continents et régions. Il est regrettable qu'on utilise ouvertement la double morale dégradant les principes internationaux (si cela peut être qualifié de morale), que la démocratie soit ouvertement interprétée uniquement dans sa lecture "occidentale" et en grande partie en tant que prétexte pour l'ingérence. De là proviennent tous les défis dont nous parlons aujourd'hui par rapport à Haïti, et dont sont responsables les pays étrangers qui les ont engendrés.

Nous sommes convaincus que ces pays doivent eux-mêmes se poser plusieurs questions désagréables et tenter de déboucher sur des conclusions raisonnables. Le plus important est de prendre conscience que la véritable vocation de l'aide ne consiste pas à imposer des recettes étrangères mais à contribuer à la détermination, par les peuples, de leur propre destin via un dialogue inclusif, l'établissement d'un consensus sociopolitique basé sur la législation nationale et les normes du droit international, sans aucune ingérence extérieure. C'est vérités sont fixées dans la Charte de l'Onu. Pourtant, nous constatons souvent non seulement leur infraction mais également leur oubli par plusieurs acteurs mondiaux.

La Russie prône une telle approche. Immuablement attachés aux principes de la Charte de l'Onu, nous restons disposés à apporter l'aide nécessaire aux Haïtiens aussi bien sur le plan bilatéral que dans le cadre de la Représentation unifiée de l'Onu à Haïti, pour le rétablissement de la stabilité politique dans le pays, pour soutenir sa sécurité intérieure, la formation de cadres, le maintien de la situation pacifique et la garantie des droits de l'homme.

 

Sur le fake historique américano-polonais

 

Malheureusement, nous avons un commentaire sur un sujet devenu pratiquement systémique pour nos conférences de presse: l'interprétation falisfiée et mensongère de l'histoire et sa réécriture. En l'occurrence, il sera question du fake historique américano-polonais.

Parfois, le mensonge des structures publiques d'Europe de l'Est et des médias occidentaux permet de dévoiler clairement le mécanisme de falsification de l'histoire, de déformation des résultats de la Seconde Guerre mondiale. La presse américaine publie actuellement des articles sur la découverte, par des archéologues polonais, des religieuses "tuées par des soldats russes en 1945". Leurs sources étant des "données," sans la moindre preuve, du tristement célèbre Institut polonais de la mémoire nationale. C'est cette structure qui est responsable de la destruction et du démantèlement de centaines de monuments érigés en hommage aux plus de 600.000 soldats soviétiques tués pendant la libération de la Pologne.

Selon la presse américaine, "l'Armée rouge russe a envahi la Pologne en 1944 après son occupation par l'Allemagne en espérant y établir le contrôle en jetant en prison, en chassant et en éliminant les soldats polonais, les civils et les membres des communautés religieuses". Il y a un passage encore plus monstrueux évoquant "la brutale occupation soviétique du pays aux prises avec la guerre quand l'Allemagne nazie a retiré ses soldats". On explique au public américain, en citant des structures polonaises, que la Pologne était en guerre contre l'Allemagne et qu'à ce moment elle a été "occupée" par l'URSS. Ce n'est plus un fake, pas une imposture: c'est une folie dangereuse.

Il est question de la prise des villes polonaises de Gdansk, d'Olsztyn et d'Orneta en février 1945. L'institut polonais peut induire en erreur des journalistes américains incompétents, mais les faits historiques sont incontestables. Les villes mentionnées sont devenues polonaises sur décision de la Conférence de Yalta, et avant cela elles s'appelaient respectivement Dantzig, Allenstein et Wormditt. Les deux dernières se trouvaient en Prusse orientale. Et rappelons que la Seconde Guerre mondiale a commencé en 1939 par des tirs à Dantzig. Et elle n'a pas été libérée en février, mais en mars. A cet endroit, avec les unités des 1er et 2e Fronts biélorusses de l'Armée rouge se battait la 1ère Armée polonaise. Ainsi les Polonais auraient également occupé la Pologne? C'est impossible.

Je rappelle que les pertes irrévocables de l'Armée rouge dans l'opération en Prusse orientale s'élèvent à 127.000 soldats, et dans l'opération en Poméranie orientale à 53.000. Nos alliés polonais ont perdu 9.000 hommes.

Malgré toute l'absurdité de l'historiographie actuelle comme la conçoivent les journalistes occidentaux, il s'avère que pendant cette capture soviéto-polonaise conjointe de la Pologne, l'Armée rouge a tout de même libéré un endroit: le camp d'Auschwitz-Birkenau. Nous nous souvenons tous de cette journée, célébrée chaque année le jour de sa libération le 27 janvier.

Mais même dans cet acte la Pologne a tenté de dissuader la communauté internationale. Vous souvenez-vous de la déclaration du ministre polonais des Affaires étrangères Grzegorz Schetyna, en 2015, selon laquelle Auschwitz avait été libéré par des "Ukrainiens"? Après Barack Obama, en 2008, les ambassadeurs américains affirmaient périodiquement que c'étaient des Américains qui auraient libéré le camp. Les jeux avec l'histoire sont dangereux et fous.

Pour revenir aux fouilles sur les anciens territoires de Prusse orientale devenus polonais grâce aux soldats soviétiques, la démolition des monuments à ceux qui ont sauvé la nation polonaise contre sa totale extermination ne suffit pas aux autorités actuelles de Varsovie. Sachant qu'il ne s'agit pas seulement des monuments hors des lieux d'enterrement: à Czarnków, en 2017, sans aucune fouille archéologique, avec le mausolée a été détruite la fosse commune de 56 de nos guerriers. L'institut de la mémoire nationale, comme nous le voyons, s'efforce de ternir la mémoire des défunts et le fait non seulement en Pologne, mais également à l'étranger avec l'aide d'ONG et de médias occidentaux.

Nous continuerons de dénoncer l'activité de cette structure pseudo-historique. Nous apporterons des réfutations, nous enverrons des lettres aux rédactions des médias américains. S'ils se souviennent encore du terme "réputation". Nous leur suggérons d'éviter de communiquer avec cet "institut" au sein duquel les postes de direction sont désignés par des activistes d'extrême-droite pratiquant des saluts nazis. Nous travaillerons de manière ciblée avec les médias américains à ce sujet.

 

Sur le changement de nom d'un square de Bucarest

 

Nous avons été choqués par l'exigence du conseil municipal d'un quartier de Bucarest de changer le nom d'un square du centre-ville baptisé en hommage au maréchal Fedor Tolboukhine, sous prétexte que ce commandant soviétique aurait participé au "renversement de l'ordre étatique" en Roumanie. Ce n'est pas la première fois qu'on cherche à effacer son nom de la carte de la capitale: des plans similaires avaient échoué en 2017.

Il convient de rappeler qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, notre grand commandant a dirigé les opérations pour chasser les forces hitlériennes du territoire roumain, et qu'en mai 1947 le roi de Roumanie lui a remis l'ordre de Michel le Brave pour ses mérites devant le pays lors de sa libération des occupants fascistes.

Il s'agit clairement d'un nouvel exemple de révisionnisme, d'une tentative amorale menée par certains acteurs pour accroître leur importance grâce à l'approche russophobe, antirusse, malheureusement populaire dans certains milieux aujourd'hui.

Il ne faut pas oublier que la profanation de l'histoire et de la mémoire des véritables héros de la lutte contre le nazisme est une pratique moralement déficiente et indigne. Ces ruses semblent d'autant plus basses que cette année marque les 80 ans de l'attaque de l'Allemagne hitlérienne et de ses alliés contre l'URSS.

Nous espérons que les autorités de Bucarest feront preuve de bon sens et ne se feront pas mener par les provocateurs. Après tout, dans le secteur de la commémoration militaire nous partageons avec nos collègues roumains plusieurs intérêts et objectifs conjugués.

 

Sur l'adoption, par le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, d'une résolution sur l'application par la Lettonie de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales

 

Le 3 mars, le Comité des ministres du Conseil de l'Europe (CMCE) a adopté une résolution sur l'application par la Lettonie de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales (CCPMN).

Ce document souligne que les autorités lettones ne remplissent pas entièrement leurs engagements. Cette remarque porte en premier lieu sur les restrictions à l'éducation dans sa langue natale, sur la violation du droit de la population non lettone à participer à part entière à la vie culturelle, économique, sociale et politique, et sur l'interdiction d'utiliser les langues des minorités nationales dans l'interaction avec les organes régionaux et municipaux de gouvernement.

En lien avec ces constats est soulignée la nécessité de prendre des mesures urgentes pour corriger la situation. Il est notamment suggéré de:

- contribuer au caractère intégré de la société à tous les niveaux, en sachant que ce processus ne se limite pas uniquement à la promotion de la langue nationale;

- garantir un accès à l'éducation dans les langues des minorités à travers le pays afin de satisfaire la demande des groupes concernés de population;

- garantir la participation des minorités nationales au processus de prise de décisions;

- lutter contre les stéréotypes et les préjugés dans la vie politique, ainsi que contre la xénophobie au sein de la société;

- revoir l'approche des quotas linguistiques dans les médias et promouvoir la connaissance de la langue officielle en créant des stimuli et non des interdictions linguistiques.

Nous notons que ces approches et qualifications du CMCE entrent en consonance avec l'avis russe exprimé plusieurs fois dans le cadre de l'Onu, de l'OSCE et du Conseil de l'Europe concernant la violation globale des droits des citoyens russophones par Riga.

Nous espérons que les autorités lettones écouteront les recommandations mentionnées et remettront leur politique en conformité avec leurs engagements internationaux.

De notre côté, nous voudrions souligner que la protection des droits des compatriotes et, dans l'ensemble, des citoyens russophones dans les pays baltes et en Ukraine, reste une priorité de la politique étrangère russe.

 

Sur la décision de la Cour d'appel lituanienne de prolonger la détention du citoyen russe Iouri Mel

 

Nous sommes indignés par l'arbitraire qui règne en Lituanie à l'égard de l'officier de réserve de l'armée russe Iouri Mel, condamné par la "justice" lituanienne dans le cadre d'un procès politique fabriqué concernant les événements tragiques du 13 janvier 1991 à Vilnius.

Le prisonnier russe a déjà passé 7 ans en détention en Lituanie - soit l'intégralité de la peine conformément à la condamnation par le tribunal de district de Vilnius du 27 mars 2019 - et aurait dû être libéré le 12 mars. Mais la cour d'appel de ce pays, s'adaptant à la russophobie de l'establishment politique lituanien, a laissé Iouri Mel en détention jusqu'à ce que la décision du Parquet lituanien soit prononcée, sachant que ce dernier cherche à durcir la sentence en prolongeant sa peine de trois ans. L'annonce du verdict est prévue le 31 mars 2021.

Comment une telle chose peut-elle se produire dans un pays qui s'est associé à certaines valeurs démocratiques, qui cherche constamment à donner des leçons aux autres, à parler de justice, de la nécessité de respecter la loi dans d'autres pays? Où est Bruxelles? Où sont les tweets de la direction de Bruxelles? Où est le délégué aux droits de l'homme? Ne voyez-vous pas de quoi il s'agit? Ne comprenez-vous pas que ce sont de véritables représailles? La volonté de montrer, sur l'exemple d'un individu concret, comment il est possible de briser une vie… Où sont toutes les grandes paroles prononcées au centre de l'UE? Comment sont-elles mises en œuvre en pratique?

Appelons les choses par leur nom. Les autorités lituaniennes sont aveuglées par la soif de vengeance politique, et les juges sous leur contrôle négligent les normes humaines élémentaires. Nous adressons ce commentaire à Bruxelles directement, à la direction de l'UE, aux nombreuses institutions qui doivent et sont appelées à contrôler la loi et l'ordre, le respect des principes et des fondements démocratiques sur le territoire des États membres de l'UE. Après tout, vous aimez tant parler des droits de l'homme. Voilà un individu concret qui subit des sévices.

Je rappelle que Iouri Mel souffre d'une forme grave de diabète. En plus de tout l'arbitraire qu'il subit déjà. Les multiples requêtes de l'avocat pour transformer sa peine en assignation à résidence ont été déclinées. Je voudrais dire également que tout cela se déroule dans un pays qui se positionne pratiquement comme un modèle de démocratie. Voilà donc à quoi ressemble la démocratie chez vous, si vous en êtes l'étalon. Dans ce cas il ne faut pas enseigner les normes d'une telle démocratie parce que personne n'a besoin d'une telle démocratie. Vivez ainsi vous-mêmes.

Nous ne laisserons pas de telles histoires tomber dans l'oubli. Nous attirerons l'attention des institutions de l'UE sur un tel arbitraire. Nous exigeons de cesser ce bafouement cynique de la justice et des droits d'un individu concret. Vilnius doit comprendre que ces jeux ne resteront pas sans conséquences.

 

Sur le 100e anniversaire de la signature du Traité commercial entre la RSFSR et la Grande-Bretagne

 

Le 16 mars marque le 100e anniversaire de la signature du Traité commercial entre la RSFSR et la Grande-Bretagne. Ce document a été signé à Londres par le chef de la diplomatie de la RSFSR, Leonid Krassine, et le ministre britannique du Commerce Robert Horne.

Au fond, cet accord était commercial mais aussi politique, et ses principes fondateurs, notamment l'engagement mutuel des parties à s'abstenir d'entreprendre des actions hostiles et des actions de propagande (mot-clé) contre l'autre, restent d'actualité aujourd'hui.

Ce document signifiait de facto la reconnaissance du gouvernement soviétique et a été le premier traité signé par la Russie soviétique avec une puissance occidentale.

Nous considérons cet anniversaire comme une confirmation concrète de l'histoire des relations reliant nos pays. En même temps, force est de constater qu'aujourd'hui les relations russo-britanniques traversent une période difficile - et le mot est faible. Nous restons disposés à la normalisation de la coopération avec la Grande-Bretagne au niveau auquel Londres sera prêt à le faire.

Dans le contexte de cet anniversaire et du postulat de ce document selon lequel les parties s'engagent à s'abstenir de propagande mutuelle, nous voudrions pointer un problème très important: le non-respect par la Grande-Bretagne de ses engagements en matière de non-ingérence dans l'activité des médias, et donc le fait qu'elle retire ses propres médias du rang des indépendants.

 

Sur les médias britanniques

 

Nous avons reçu un grand nombre de demandes de commentaires suite à l'interview résonnante du duc et de la duchesse à la chaîne CBS. Ces choses nous intéressent peu. Nous ne commenterons pas de telles relations. Cela ne nous concerne pas.

Mais nous sommes très intéressés et préoccupés par tout ce qui concerne la propagande britannique et par la destruction de la liberté d'expression au Royaume-Uni. C'est sous ce prisme que nous avons remarqué cette interview.

Les "modalités" de travail des médias britanniques soulèvent des questions très concrètes. En particulier, le duc de Sussex a déclaré littéralement ceci: "Il existe un "accord tacite" entre l'Institution (de la monarchie) et les tabloïds, les tabloïds britanniques. En d'autres termes, si, en tant que membre de la famille, tu engraisses les reporters et partages tout avec eux, la presse te traitera mieux." En l'occurrence, le terme "Institution" sous-entend l'appareil au service de la Cour royale et de la famille du chef de l’État, plus exactement des chefs des 16 États (Australie, Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Grande-Bretagne, Grenade, Canada, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Îles Salomon, Tuvalu, Jamaïque). Je voudrais poser quelques questions concernant les "révélations" que nous avons entendues dans cette interview. Avons-nous bien compris qu'il s'agit d'un complot entre les institutions dirigeantes britanniques et les médias, ce dont les collègues de Londres aiment tant accuser les autres en se qualifiant de "défenseurs de la presse libre"?

Pendant l'entretien, la duchesse de Sussex reconnaît ouvertement que les tabloïds britanniques ont chacun leur rôle ("leur standard", selon ses termes). Cela ne peut pas correspondre au principe d'impartialité du travail de la presse fixé notamment dans la cinquième partie des règles du régulateur britannique Ofcom (or c'est en se référant à ces termes que, par exemple, la chaîne RT a reçu une amende en juillet 2019).

Si le duc de Sussex parlait d'un complot entre "l'Institution" de la monarchie avec la presse, pour la duchesse de Sussex s'appliquaient d'autres règles. Elle a déclaré: "Dès que nous avons commencé à nous fréquenter avec Harry, tout mon entourage a reçu des consignes très claires: toujours dire "sans commentaire". Et nous ne disions rien." Voilà à quoi ressemble la démocratie et la liberté des médias à la britannique?

Tout cela sur fond de fuites concernant les ressources colossales dépensées par les autorités britanniques pour déstabiliser la situation dans d'autres États, notamment dans notre pays, en utilisant à la fois l'espace médiatique occidental et russe. Tout cela sur fond d'accusations permanentes de "parti pris", d'"opacité", de "fermeture", de "propagande", visant les "indésirables" aux yeux d'Albion. D'un côté: un complot des institutions publiques avec les médias. De l'autre: chaque représentant de l'establishment possède déjà son propre rôle dans ces tabloïds. Enfin: il existe des consignes directes pour que les représentants de l'establishment politique gardent le silence. Tout cela alors que d'immenses sommes du budget britannique sont dépensées pour promouvoir la liberté d'expression dans d'autres pays.

L'Ambassade de Russie au Royaume-Uni a envoyé une note diplomatique au Ministère des Affaires étrangères britannique suite à la publication sur internet de documents relatifs à ce ministère, qui témoignent de l'existence d'un vaste programme du gouvernement britannique visant à exercer une influence systémique sur l'espace médiatique russophone. Les documents révélés témoignent de l'existence de campagnes de propagande médiatiques ayant un impact assez destructeur. D'après ces documents, à la demande du Foreign Office, depuis plusieurs années en Russie et dans les pays voisins, sont mis en œuvre des projets dedit "soutien aux médias indépendants" russophones, visant à "assurer un équilibre médiatique", et d'autres belles paroles.

Revenons au début de l'interview du duc et de la duchesse. Ils nous ont expliqué ce qu'était la presse "indépendante" à la britannique, la "garantie de l'équilibre médiatique" et la "liberté d'expression".

Il ne s'agit pas de l'encouragement d'une concurrence saine dans le milieu journalistique, même s'il semble que la presse aurait elle-même été en mesure de décider sans les institutions publiques britanniques comment faire son travail. La communauté professionnelle a adopté de nombreux documents et règlements. Je voudrais poser une question logique: pourquoi le Royaume-Uni envoie-t-il de l'argent pour soutenir la "liberté d'expression" (telle qu'il la voit) dans d'autres pays? Les journalistes ne pourraient pas se passer d'eux? Il y aurait pu avoir un autre exemple digne, mais ce n'est pas le cas à en juger par la récente interview d'Oprah Winfrey. Tout cela indique qu'il est question d'un soutien ciblant uniquement les médias qui promeuvent les directives politiques occidentales. Un travail est mené pour réduire l'influence des médias russes travaillant légalement afin de lutter contre la "propagande du Kremlin et la désinformation".

Londres ne commente pas les documents qui n'ont pas été "dûment" publiés par le gouvernement britannique, sans nier la présence des programmes mentionnés et son travail subversif dans l'espace médiatique. Il le justifie par le "soutien à la liberté des médias". Cette interview nous a montré de quelle "liberté" et de quels médias il était question.

L'interview du duc et de la duchesse de Sussex a été un scoop, qui a clairement montré le rôle peu attrayant (pour ne pas s'exprimer plus grossièrement) joué par les médias "dociles" dans la machine politique britannique.

Au fond, l'establishment britannique reconnaît devant le monde entier que les mécanismes de travail de leurs médias sont opaques et non civilisés, et que les gens qui sont derrière l'activité des médias de masse au Royaume-Uni ont des principes très douteux. Par conséquent, il est extrêmement problématique, voire impossible, de faire confiance aux journalistes britanniques.

Pendant des décennies, il était convenu de considérer le travail des médias britanniques comme un "étalon" du journalisme - comme Londres le proclamait lui-même. Pendant des années, on a tenté de nous persuader que les médias britanniques étaient porteurs de profondes traditions, étaient guidés par les plus hautes normes éthiques, notamment l'impartialité.

Au cours de nos conférences de presse, nous avons évoqué plusieurs fois les publications de ces fameux médias britanniques, principalement à cause de leur absence totale d'objectivité.

Cependant, les récentes révélations des membres de la famille royale ont dévoilé toute la profondeur du problème. Il n'est pas lié à la Russie. Ces propos ont clairement confirmé qu'il n'y avait plus d'impartialité depuis longtemps, voire qu'elle n'avait jamais existé sur Albion, notamment dans les médias britanniques. Je ne peux pas parler du contexte historique, mais dans l'histoire récente il n'y avait évidemment aucune impartialité.

Au lieu de cela, les prétendues "traditions immuables du professionnalisme" des médias britanniques, découlant de leur lien ferme avec l'establishment politique de l'île, ne représentent rien d'autre qu'un mélange d'hypocrisie et de doubles standards couronnés par le snobisme commandé et les douleurs fantômes impériales. Ceci étant, le monde s'avère être l'otage des manipulations permanentes de l'opinion publique, du jonglage avec les faits, des mensonges et de l'immoralité à l’œuvre dans les médias britanniques.

La Russie en a pris conscience depuis longtemps, nous avons cité ces dernières années plusieurs exemples de campagnes médiatiques antirusses très sales: les affaires Litvinenko, Berezovski, Skripal, les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, les accusations de "propagande du Kremlin", etc. Tout cela a montré au public qui comprend effectivement le problème ce que vaut vraiment l'objectivité des médias de masse du Royaume-Uni. Mais nous n'avons pas été écoutés à l'époque. Maintenant, c'est l'élite politique britannique elle-même qui en parle. Vous avez donc d'autres exemples pour tirer vos propres conclusions. Tous ceux qui ne s'inscrivent pas dans le mainstream occidental peuvent devenir en un instant victimes d'une campagne médiatique commanditée par l'establishment politique et aimablement exécutée par les médias pseudo-impartiaux, britanniques en l'occurrence, selon les pires traditions de propagande.

 

Réponses aux questions:

Question: Que pouvez-vous dire de la déclaration du Président azéri Ilham Aliev, faite le 5 mars 2021 pendant la réunion en ligne des pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon laquelle "Zanguezour est un territoire azéri" et "la déclaration du 10 novembre 2020 prévoit la mise en place d'un corridor de transport"? Ne pensez-vous pas que la déclaration d'Ilham Aliev concernant Zanguezour, région arménienne de Siounik, constitue une grossière violation du droit international et soit une atteinte aux frontières souveraines de l'Arménie, reconnues au niveau international? La déclaration du Président azéri Ilham Aliev n'enfreint-elle pas la Déclaration trilatérale du 9 novembre 2020, dont le paragraphe 9 concerne le déblocage des communications de transport régionales et non la "mise en place d'un corridor"?

Réponse: Nous remarquons dans l'ensemble la disposition constructive de Bakou et d'Erevan dans le cadre du Groupe de travail trilatéral présidé par les vice-premiers ministres russe, azéri et arménien. Son principal objectif consiste à mettre en œuvre les accords conclus au sommet pour débloquer toutes les communications économiques et de transport dans la région.

Nous espérons qu'une telle disposition positive à trouver des points de convergence prévaudra aussi bien dans les commentaires officiels que dans l'espace médiatique de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie.

Question: Le 5 mars 2021, pendant la réunion en ligne entre les membres de l'OCDE, le Président azéri Ilham Aliev a invité les pays membres de l'OCDE à utiliser le "corridor de Zanguezour" qui reliera l'Azerbaïdjan et la Turquie. "L'Azerbaïdjan, la Turquie et l'Iran adoptent la même position concernant la réalisation des projets de transport dans la région", a déclaré Ilham Aliev. Que pouvez-vous dire du fait qu'en parlant des communications, Ilham Aliev a "contourné" la Russie?

Réponse: Il serait étrange que je commente les déclarations du Président azéri Ilham Aliev. Nous avons des relations avec cet État, qui se développent notamment dans le secteur économique. Quant à la situation dans la région, j'ai déjà répondu à cette question dans la première partie.

Question: De nouveaux exercices militaires commencent en Azerbaïdjan ce 15 mars avec la participation de plus de 10.000 militaires, de l'aviation et de l'artillerie. Cela pourrait-il constituer un obstacle à la mise en œuvre de la Déclaration trilatérale? Cela préoccupe-t-il Moscou et quels sont les véritables objectifs de ces exercices?

Réponse: Tous les pays du Caucase du Sud organisent des exercices militaires, et ce régulièrement. Les parties intéressées en sont informées en temps utile.

Selon les informations disponibles, les exercices mentionnés sont planifiés, visent à perfectionner la préparation opérationnelle des forces et ne créent pas de risques pour la stabilité et la sécurité de la région.

Question: Que pensez-vous du nouvel acte de vandalisme commis par des militaires azéris dans le village de Karin Tak, dans le Haut-Karabakh, contre un monument en hommage aux victimes de la Grande Guerre patriotique? A Choucha, des Azéris ont également détruit un monument en hommage au héros du travail socialiste Ivan Tevossian et le monument du double héros de l'Union soviétique Nelson Stepanian, originaire de cette ville.

Réponse: J'ai commenté plusieurs fois la question de la profanation des monuments. Je répète ce que je dis à chaque conférence de presse: nous trouvons absolument inadmissibles et amorales toutes les formes de profanation de la mémoire de ceux qui ont héroïquement combattu contre le nazisme pendant la Grande Guerre patriotique.

L'information que vous avez mentionnée est en cours de vérification. Si elle est confirmée, nous espérons que les autorités azéries prendront toutes les mesures nécessaires pour corriger la situation.

Je voudrais rappeler que l'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Russie sont solidaires concernant le fait que la Victoire sur le nazisme a été obtenue au prix d'incroyables efforts de toutes les nations de l'Union soviétique. Notre devoir consiste à préserver cette mémoire pour les générations futures. Le Président azéri Ilham Aliev, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le Président russe Vladimir Poutine en ont parlé plusieurs fois.

J'en ai parlé non seulement au cours des conférences de presse mais également lors de mes rencontres avec les journalistes arméniens, quand je me trouvais en Arménie, et avec des journalistes d'autres pays de l'espace postsoviétique. Il me semble que le thème de la profanation des monuments de l'Armée rouge et des soldats soviétiques n'a pas l'écho qu'il devrait avoir, que ce soit dans les médias ou au sein de la société. Même aujourd’hui, pendant cette conférence de presse, nous avons soulevé le thème directement lié à la Grande Guerre patriotique, à la Seconde Guerre mondiale, aux monuments, aux tombes des soldats soviétiques.

Hélas, je ne constate pas de soutien massif ni au niveau de mes collègues ni au niveau des médias. Malheureusement, je ne remarque pas non plus votre préoccupation vis-à-vis du sort des monuments et des tombes des guerriers soviétiques, par exemple, dans les pays de l'UE. Or nous en parlons à chaque fois. Car les monuments en hommage à l'Armée rouge et à ses guerriers ne se trouvent pas seulement sur le territoire que vous avez mentionné. Un immense nombre de monuments, notamment en hommage aux ressortissants arméniens, a été simplement détruit.

Nous appelons, nous demandons et nous proposons de réagir collectivement à chacun des cas de ce genre. Ainsi, notre voix serait plus forte. Nous avons toujours avancé et promu le fait que la Victoire était indivisible. De la même manière, la défense de la vérité historique ne doit pas nous diviser - comme les camarades polonais nous incitent à le faire en disant que "les Ukrainiens ont libéré Auschwitz" et ainsi de suite.

Car il existe des tombes anonymes sur le territoire des pays d'Europe de l'Est, mais aussi des tombes où sont énumérés les noms des guerriers de l'Armée rouge. Parmi eux se trouvent des individus de toutes les nationalités. Comme l'indiquent leurs noms et prénoms. Réagissons ensemble à chacun des cas de ce genre au lieu de se focaliser uniquement sur ce qui revêt d'une manière ou d'une autre un certain aspect politique pour vous. Cela constituerait une base fédératrice très importante pour que les profanations ne se reproduisent nulle part.

Je le répète: je trouve que l'attention, notamment des médias, est très insuffisante concernant cette thématique. Dans notre pays chaque cas, chaque tentative ou chaque acte de vandalisme déjà commis envers des monuments aux guerriers soviétiques, parmi lesquels se trouvent des personnes de différentes nationalités, sont une situation d'urgence.

On en parle, ont écrit, on exige une réaction, des actions concrètes. Nous faisons tout cela. Nous écrivons des notes, reconstruisons, avec les associations nous entretenons la mémoire et les monuments. Cela fait partie de notre travail diplomatique. Malheureusement, dans la plupart des cas notre voix est isolée, or elle ne doit pas l'être. Cela doit être un chœur de voix.

Question: Le journal Welt am Sonntag a mis la main sur un document interne du Ministère allemand de la Défense, stipulant que la Russie aurait pour objectif de "déstabiliser et d'affaiblir l'Otan", alors que la Chine chercherait à "créer un ordre international conforme à ses intérêts". Que peut dire la Russie au sujet de cette accusation?

Réponse: Il ne s'agit pas d'accusations mais d'une tactique de campagne médiatique. L'organisation de "fuites" de prétendus documents confidentiels dans les médias est la méthode favorite des renseignements allemands pour former l'opinion publique en Allemagne. De telles "fuites" ont lieu régulièrement en Allemagne. Il est évident que la référence aux "informations confidentielles" est appelée, selon les auteurs et les exécutants de telles opérations de propagande, à apporter une plus grande importance aux thèses répandues, les rendre plus véridiques et les légitimer aux yeux du public allemand. Dans le cas présent le message idéologique n'est pas nouveau: on impose aux Allemands l'idée d'une Russie comme d'une menace réelle pour les pays de l'Otan (la fameuse "menace de l'Est").

Cet exemple s'inscrit dans le positionnement, par le gouvernement allemand, de notre pays en tant qu'"adversaire". La vision antirusse s'affirme actuellement au sein de l’État allemand (comme le prouve le document mentionné du Ministère allemand de la Défense) au niveau doctrinal et stratégique. De telles déclarations sont faites par les plus hauts responsables allemands. Les centres analytiques publics et proches de l’État publient constamment des rapports et des études en adaptant soigneusement la "base scientifique" à la ligne choisie par Berlin. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a commenté en détail ce sujet en répondant aux questions des médias et en interview.

La Russie prend en compte les réalités exprimées dans ses relations avec l'Allemagne.

Question: L'agence américaine des médias mondiaux (USAGM) compte organiser des programmes éducatifs visant à "soutenir la liberté d'expression" et le travail des "médias indépendants" dans différentes régions du monde, notamment en Europe de l'Est et en Asie centrale.

La Russie compte-t-elle accorder la possibilité pour les médias russes et étrangers de participer aux programmes éducatifs pour lutter contre les fake news et la propagande ennemie?

Réponse: Il convient d'adresser avant tout cette question à l'Union des journalistes de Russie et à d'autres associations professionnelles travaillant activement sur cet axe.

En 2020, l'Union des journalistes a organisé plusieurs stages et séminaires pour la lutte contre les fake news, la désinformation et l'infodémie en présentiel et à distance dans le cadre du Festival russe des médias "Toute la Russie 2020" qui s'est déroulé à Sotchi en septembre 2020. A ce thème étaient également consacrées les sessions du programme éducatif Inforum organisées depuis 2019, notamment dans les bureaux régionaux de l'Union des journalistes. Des stages similaires sont organisés également par d'autres associations professionnelles.

Si l'implication du Ministère russe des Affaires étrangères est nécessaire pour apporter un soutien en matière de visa (car actuellement le franchissement des frontières est compliqué) ou qu'il faut une vision d'expert, nous participerons volontiers à de telles activités.

Question: Pourquoi la Russie ne répond-elle pas à la pression des sanctions américaines et ne décrète-t-elle pas des mesures contre les États-Unis à cause des actions américaines en matière de biosécurité, concernant le conflit en Ukraine, de ses violations des droits de l'homme, de la liberté d'expression et de ses tentatives de saper le projet de Nord Stream 2, etc.?

Réponse: Il est possible d'énumérer pendant longtemps les domaines dans lesquels nos partenaires américains se comportent de manière illégale, étrange, et, dans l'ensemble, se contredisent. Nous prônons une approche très claire en ce sens: les sanctions unilatérales sont illégales. Seules les sanctions adoptées par les organisations internationales dotées de telles fonctions (le Conseil de sécurité des Nations unies) sont légales. Les sanctions unilatérales de complot entre certains pays sont illégales. C'est notre approche fondamentale.

Il existe des contremesures pour montrer le comportement indigne des partenaires et les mettre en garde contre la poursuite de telles actions. Oui, malheureusement, nous sommes forcés de réagir. Nous constatons l'approche illégale et destructive de certains pays, parmi lesquels les États-Unis jouent le rôle de leader. Nous voudrions qu'ils le soient plutôt dans d'autres secteurs, mais ils pensent qu'ils doivent être leaders dans la politique des sanctions. Telle est la réalité.

Question: Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken a envoyé au Président afghan Ashraf Ghani une lettre proposant de créer un gouvernement de coalition provisoire, qui a été brusquement rejetée par les autorités afghanes. Quelle est la position de la Russie dans cette situation?

Réponse: Nous partons du principe que la question relative à la constitution d'un gouvernement provisoire doit être réglée par les Afghans eux-mêmes dans le cadre des négociations sur la réconciliation nationale. La constitution d'une administration provisoire inclusive constituerait un règlement logique du problème d'intégration des talibans dans la vie politique pacifique de l'Afghanistan.

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