Briefings du ministère des Affaires Etrangères

28 janvier 202119:50

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 28 janvier 2021

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Ahmed Miitig, vice-Premier ministre du Gouvernement d'union nationale de la Libye

 

Vendredi 29 janvier, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra à Moscou avec Ahmed Miitig, vice-Premier ministre du Gouvernement d'union nationale de la Libye.

Sergueï Lavrov et Ahmed Miitig évoqueront les perspectives du processus de paix libyen et le développement de la coopération russo-libyenne.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Ann Linde, Ministre des Affaires étrangères de la Suède

 

Mardi 2 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec Ann Linde, Ministre des Affaires étrangères de la Suède, qui sera présente en Russie en sa qualité de Présidente en exercice de l'OSCE.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront un large éventail de questions relatives à l'activité de l'OSCE, ainsi que la situation en matière de sécurité dans la région de la mer Baltique et au Nord de l'Europe, la coopération en Arctique et l'ordre du jour des relations bilatérales russo-suédoises.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Ayman Safadi, vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés de la Jordanie

 

Mercredi 3 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra à Moscou avec le Ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi.

Les deux chefs de diplomatie échangeront leurs avis sur l'ordre du jour régional et international, et évoqueront en détail le renforcement de la coopération bilatérale dans différents secteurs.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

 

Vendredi 5 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Les deux interlocuteurs aborderont l'ensemble des problèmes et les perspectives des relations entre la Russie et l'UE.

Un échange d'avis sur l'ordre du jour international est au programme, notamment sur la situation dans les Balkans occidentaux, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ainsi que dans l'espace de la CEI. Seront abordées les perspectives de la mise en œuvre du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien, la stabilisation de la situation au Haut-Karabakh, les questions relatives à la sécurité en Europe et d'autres questions d'intérêt mutuel.

 

Sur la préparation d'une mission d'évaluation de l'Onu pour le Haut-Karabakh

 

A mesure que la situation dans la région du conflit du Haut-Karabakh se stabilise, l'objectif d'apporter une aide humanitaire globale aux personnes dans le besoin et aux victimes passe au premier plan.

Hormis les efforts de Bakou et d'Erevan en ce sens, avec l'aide d'autres pays, avant tout de la Russie, nous jugeons utile d'y faire participer les structures internationales compétentes. A l'heure actuelle, dans le Haut-Karabakh et dans les environs travaille le Comité international de la Croix-Rouge. En ce qui concerne les agences spécialisées de l'Onu, la direction de l'Organisation, en contact avec les autorités azéries et arméniennes, continue de mettre au point les modalités d'envoi d'une mission d'évaluation globale au Haut-Karabakh. Nous notons également les efforts des équipes nationales de l'Onu directement en Azerbaïdjan et en Arménie. Nous soutenons l'interaction de l'Onu avec Bakou et Erevan sur toutes les questions relatives à l'aide humanitaire.

De son côté, la Russie apporte une contribution notable à l'amélioration de la situation au Haut-Karabakh. Avec la contribution des spécialistes et des casques bleus russes, plus de 51.400 réfugiés sont revenus dans leur foyer depuis le 14 novembre 2020; 1.532 corps ont été remis aux autorités arméniennes et azéries; près de 750 ha de territoire et plus de 230 km de route ont été déminés, environ 24.000 engins explosifs ont été neutralisés; le système d'approvisionnement en électricité a été entièrement rétabli; et près de 1.300 habitants ont bénéficié d'une aide médicale.

 

Sur les déclarations de représentants politiques occidentaux concernant les manifestations en Russie

 

Nous avons remarqué les déclarations orchestrées, prononcées de manière pratiquement synchronisée, et très similaires entre elles, faites par des représentants politiques occidentaux au sujet des manifestations illégales qui se sont déroulées sur le territoire de notre pays, ainsi que sur d'autres thématiques russes intérieures.

Certains, avant tout les représentants occidentaux officiels, se sont manifestement exercés à rédiger de belles phrases, qui se ressemblaient toutes: "Une opposition saine et viable dans tout pays doit avoir la possibilité de critiquer librement le pouvoir" (ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde); "La société civile et l'opposition politique doivent avoir la possibilité d'agir librement, c'est un élément indispensable des sociétés démocratiques" (ministre néo-zélandaise des Affaires étrangères Nanaia Mahuta); "Ces événements ne font que confirmer l'impression de ces dernières années selon laquelle la Russie s'éloigne de la communauté des États démocratiques" (premier ministre tchèque Andrej Babis) et bien d'autres. Je répète que tout cela était orchestré, dirigé. Et je ne parle pas du Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas qui s'est "surpassé".

Une récente déclaration des ministres des Affaires étrangères du G7 exige que la Russie "libère ceux qui ont été arbitrairement interpellés pour l'exercice de leur droit de réunion pacifique le 23 janvier 2021". Notre réponse a déjà été publiée sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Il est étrange d'entendre de telles déclarations de la part de pays où la police n'hésite pas à utiliser des moyens spéciaux (matraques, gaz lacrymogène, canons à eau et balles en caoutchouc) contre des civils qui expriment leur protestation "démocratique": que ce soit les manifestations des "Gilets jaunes" en France, la "marche sur le Capitole" à Washington, sans parler des nombreux affrontements lors des dispersions, par les forces spéciales locales, des représentants de la société civile protestant contre les restrictions de coronavirus pratiquement dans tous les pays du Vieux Continent.

Nos partenaires occidentaux qualifient en Russie de "répression des manifestations pacifiques" des restrictions forcées des libertés et des droits civils que dans leur pays ils placent sous le slogan des "intérêts de sécurité nationale".

Selon les différentes estimations, pendant les manifestations des "Gilets jaunes" en France en 2018 et 2019, près de 14.000 balles en caoutchouc ont été tirées sur des manifestants, et près de 2.500 citoyens ont été blessés. Plus de 12.000 personnes ont été interpellées, dont la plupart ont été placées en détention. Et ce n'est qu'en France.

Rappelons aussi la réaction brutale et pratiquement agressive de Berlin aux manifestations en Allemagne, notamment la percée du cordon de police devant le Bundestag par ce qu'on appelle les "covid-dissidents" en août 2020 à Berlin. Les actions des manifestants avaient été à l'époque fermement et explicitement condamnées par l'establishment politique allemand, y compris les plus hautes autorités du pays. Le Président Frank-Walter Steinmeier avait notamment dit qu'elles étaient "dignes de dégoût". Le gouvernement allemand, en la personne de son porte-parole Steffen Seiberg, avait pointé un "abus du droit de manifester". Dans le même sens s'était exprimée la majorité des représentants politiques allemands.

Les forces de l'ordre ont réagi brutalement (comme dans les cas similaires qui ont suivi) en utilisant contre les manifestants du gaz lacrymogène et en interpellant près de 300 citoyens. Toutes ces images sont accessibles, vous pouvez les visionner.

Autre exemple: les Pays-Bas. Ils n'accordent à aucun autre pays autant d'attention qu'à la Russie. Selon les autorités, les troubles de ce week-end "n'ont rien à voir avec des protestations légales". Ce sont les propos du premier ministre du pays Mark Rutte. Et que s'est-il passé? Des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour exiger d'assouplir les mesures sévères du gouvernement pour lutter contre la pandémie de Covid-19 (de facto un confinement total) et de lever le couvre-feu la nuit. Résultat? Des magasins pillés, des voitures en feu et des barricades de vélos. La police n'a pas lésiné sur les moyens en utilisant matraques, le gaz lacrymogène et autres canons à eau pour disperser les manifestants.

Au final, plus de 250 personnes ont été interpellées et une vaste enquête a été ouverte pour identifier les citoyens impliqués dans les manifestations.

Pourquoi les collègues des blocs occidentaux  (Otan, UE) ne se condamnent-ils pas entre eux? Pourquoi le G7 ne fait aucune déclaration avec une quelconque réaction à la situation aux Pays-Bas, en Allemagne, en France? Avez-vous entendu quelque chose? Pas moi. Je n'ai rien vu ni lu. Pourquoi? Simplement parce qu'il n'y en a pas. Ils ne se condamnent pas et ne commentent même pas. En revanche, il y a des commentaires des structures de pouvoir de ce pays. Par exemple, du ministre néerlandais de la Justice et de la Sécurité Ferdinand Grapperhaus: "Des images choquantes d'émeutes, de pillages et d'incendies sont diffusées. Cela n'a rien à voir avec les manifestations contre les mesures de lutte contre la Covid. C'est tout simplement un comportement criminel." Il n'était pas le seul à condamner aussi durement le droit de ses propres citoyens à manifester. Le maire d'Eindhoven John Jorritsma, dont la ville a été la plus touchée par les protestations, a qualifié les manifestants - citoyens de son pays - de "déchets de la société". "Ma ville pleure, et je pleure avec elle. Je crains que si nous continuons sur cette voie, nous nous rapprochions d'une guerre civile."

Ils considèrent les dispersions de manifestations pacifiques comme brutales seulement à l'Est de l'UE. C'est une hypocrisie déconcertante!

Je suggère à nos partenaires occidentaux tant préoccupés par la démocratie en Russie de se concentrer sur le règlement de leurs propres problèmes. Nous en avons parlé à plusieurs reprises, "à huis clos" auparavant et maintenant publiquement. Réglez vos propres problèmes, ils se sont accumulés en grand nombre, occupez-vous de vos propres citoyens, de la préservation de la démocratie chez vous. Au lieu de critiquer les autres, vous feriez mieux de coopérer. Les domaines de coopération sont très nombreux, tout comme les problèmes.

Si cela vous inquiète tant, alors faites preuve d'attention, de respect et respectez les droits des journalistes russes à l'étranger.

 

Sur la situation des médias russes à l'étranger

 

Quelques exemples de ce à quoi ont été exposés et ce qu'ont subi les journalistes russes dans leur communication avec les autorités occidentales pendant la seule année 2020.

1. En janvier 2020, un collaborateur du centre de presse de TASS a été interpellé à l'aéroport de Milan par les gardes-frontières italiens. Il a été interrogé par la Police italienne des finances, qui a fouillé le contenu de son téléphone portable.

2. En février 2020, le Bureau d'enquête sur les crimes médiatiques du parquet d'Ankara a interpellé des collaborateurs de l'agence de presse Sputnik Turquie.

Les représentants turcs, se référant à la législation en vigueur régulant l'espace de l'information et interdisant la diffusion d'informations menaçant l'intégrité territoriale du pays, ont interrogé les journalistes et ont perquisitionné les filiales de la représentation de l'agence, confisquant les ordinateurs, les moyens de communications et les clés USB qui s'y trouvaient. Quelques heures plus tard, les journalistes ont été relâchés.

3. En octobre 2020, des agents du FBI ont interrogé l'épouse de l'ancien dirigeant de la représentation de l'agence de presse Rossiya Segodnya à Washington.

Pendant cet interrogatoire, les agents américains ont posé des questions sur les raisons du départ et les activités de son mari pendant sa période d'activité à la représentation de l'agence de presse. A la fin de l'entretien lui a été proposée la possibilité d'un séjour permanent sur le territoire américain, ce que cette femme a refusé.

4. En octobre 2020 s'est déroulé un entretien téléphonique entre un journaliste de la représentation de Rossiya Segodnya à Washington et un agent américain qui s'est présenté en tant qu'agent du FBI de Baltimore.

Cet agent s'intéressait aux relations personnelles du correspondant avec ses compatriotes russes aux États-Unis, aux informations sur leurs liens avec les représentants des organes de pouvoir russes, la fondation Rousski Mir - et autres questions "déplacées".

5. En octobre 2020, un correspondant spécial de RT a été interpellé deux fois en entrant et en sortant des États-Unis par des agents américains qui souhaitaient savoir pourquoi le journaliste visitait le pays. Pendant ces interrogatoires ont été confisquées ses affaires personnelles et ses appareils électroniques pour vérification.

6. En décembre 2020, les services américains ont organisé des provocations contre des collaborateurs de la représentation de TASS à New York. Les logements de fonction du chef de la représentation et d'un photojournaliste ont été visités par deux agents du FBI. Les Américains s'intéressaient aux activités auxquelles avait participé le président du Conseil de coordination des organisations de compatriotes russes aux États-Unis. Cette organisation est très "demandée" aujourd'hui par les renseignements américains, seulement dans le sens négatif. Cet intérêt dépasse le cadre du travail avec la société civile.

7. En décembre 2020, des correspondants sous contrat de Sputnik Lettonie, citoyens lettons, ont été interpellés par le Service de sécurité nationale de ce pays dans le cadre d'enquêtes pénales ouvertes contre eux pour "infraction des sanctions de l'UE". Nous avons évoqué en détail ce thème et avons prouvé de fait la nature fictive des accusations.

Les représentants de ce service ont interrogé les journalistes et ont perquisitionné leur logement, confisquant les ordinateurs, les moyens de communication et les clés USB qui s'y trouvaient. A l'issue des interrogatoires, les correspondants ont été relâchés après avoir signé une assignation à résidence et un acte de non-divulgation du contenu des conversations. Le triomphe de la démocratie dans toute sa splendeur.

Voici quelques exemples des épreuves auxquelles sont confrontées les journalistes russes en exerçant une activité journalistique légale à l'étranger. Je voudrais rappeler à nos collègues que s'ils prônent si activement la "liberté d'expression", il faut être cohérent dans cette lutte. La liberté d'expression est une notion indivisible qui ne peut pas faire l'objet de doubles standards. Ce ne sont même plus des doubles standards mais une pression directe, une persécution de journalistes russes. Plus personne ne cache même que toutes ces prétentions sont liées à leur activité professionnelle.

 

Sur la violation des droits des citoyens russes à l'étranger

 

Je voudrais évoquer la défense des droits non seulement des journalistes, mais également des citoyens russes à l'étranger en général, à laquelle le Ministère russe des Affaires étrangères accorde une attention particulière dans son travail. Les incidents liés à l'interpellation de citoyens russes, les persécutions politisées, deviennent une routine dans notre travail.

Les autorités et les services spéciaux des pays baltes utilisent différentes méthodes de pression sur les activistes de la société civile, les militants des droits de l'homme et les journalistes ayant un point de vue différent de la position officielle sur la politique nationale et étrangère de ces pays, ainsi que sur leur histoire. Cet "arsenal" de méthodes de pression inclut des convocations à des entretiens "préventifs", une détérioration des conditions socioéconomiques du quotidien en faisant appel aux structures bancaires (fermeture de comptes, refus d'accorder des services bancaires et bien d'autres), une campagne de diabolisation dans les médias, ainsi que des poursuites pénales. La Lituanie a mis en place tout un système de mesures et de moyens de pression sur les dissidents par lequel les persécutions, en plus des activistes de la société civile, des militants des droits de l'homme et des journalistes s'opposant à la glorification des collaborationnistes nazis et à la russophobie, visent les anciens collaborateurs des structures de force de la RSS de Lituanie.

Les affaires des citoyens russes sont révélatrices en ce sens, notamment celles du colonel de réserve Iouri Mel condamné sur la base d'accusations politisées concernant les événements du 13 janvier 1991 devant le centre de télévision de Vilnius, et celle de Konstantin Nikouline, injustement condamné d'avoir commis un homicide prémédité contre sept personnes pendant son service en tant que policier des forces anti-émeutes de Riga du Ministère soviétique de l'Intérieur, et d'une tentative d'homicide contre une personne sur le poste douanier improvisé par des Lituaniens à Medininkai le 31 juillet 1991.

Autre pratique inadmissible: l'arrestation de citoyens russes à l'étranger à la demande des autorités américaines. Plus de 50 cas ont été relevés depuis 2008. Il est de facto question d'une application extraterritoriale illégale de la législation américaine contre des citoyens russes. Une fois entre les mains de la justice américaine, les citoyens russes sont généralement confrontés à une attitude préconçue de l'enquête et des tribunaux. Tout un arsenal de mesures et de méthodes de pression est utilisé par les forces de l'ordre américaines. Les citoyens russes subissent une pression psychologique. Différentes méthodes, notamment des menaces directes, sont utilisées pour les forcer à reconnaître leur culpabilité et à coopérer avec l'enquête malgré la nature infondée des accusations. En cas de refus, ils sont condamnés à de longues peines de prison. Les établissements pénitentiaires américains refusent souvent d'accorder des soins normaux aux Russes qui purgent leur peine, dont certains souffrent de maladies chroniques. Nous le savons mieux que quiconque car tous les jours nous réglons en mode manuel un grand nombre de problèmes médiaux à la demande des citoyens russes détenus, notamment, aux États-Unis. Il s'agit aussi bien de demandes directes de leur part que de demandes transmises via leurs proches et les avocats.

Les affaires de Konstantin Iarochenko, de Roman Seleznev, de Viktor Bout, ainsi que de Maria Boutina (qui est rentrée et raconte maintenant ce qu'elle a vécu durant cette période) sont des exemples révélateurs. D'ailleurs, cette dernière a publié son livre, dont je recommande à tous la lecture. Il raconte les choses telles qu'elles sont.

Il convient également de mentionner le cas du citoyen russe Alexandre Vinnik. Il a été arrêté en 2017 en Grèce à la demande des autorités américaines l'accusant de blanchiment d'argent. Depuis le 23 janvier 2020, Alexandre Vinnik se trouve en France, il a été extradé sur décision du ministre grec de la Justice. Les tribunaux français ont rejeté la demande des avocats d'Alexandre Vinnik d'assigner leur client à résidence, et le 7 décembre 2020 le tribunal a condamné le Russe à 5 ans de prison.

Les autorités et les instances judiciaires canadiennes considèrent dans l'ensemble nos citoyens et compatriotes comme des "gens de seconde sorte", et adoptent souvent une attitude préconçue envers les accusés ayant même seulement des origines russes. En témoigne l'histoire de la scientifique géographe de Moscou, Lioudmila Iliina, injustement condamnée pour l'assassinat de son mari canadien en 1995 (elle a passé dix ans en prison). Elle a décrit ses souvenirs dans son livre intitulé "Russe, donc coupable". Il en dit long sur la démocratie à la canadienne.

De son côté, le Ministère russe des Affaires étrangères entreprend toutes les démarches démocratiques pour défendre les droits des citoyens russes emprisonnés à l'étranger. Ces affaires sont suivies par les représentants diplomatiques russes et, si besoin, sont évoquées au plus haut niveau. Nos diplomates apportent aux Russes arrêtés une assistance consulaire dans la mesure de leurs capacités, exigent le respect inconditionnel de leurs droits et intérêts légitimes, étudient les possibilités d'adapter leur peine dans le cadre des capacités législatives et de les rapatrier.

Le problème du respect des droits des citoyens russes est régulièrement reflété dans les rapports du Ministère russe des Affaires étrangères sur la situation des droits de l'homme dans le monde (publiés sur le site du Ministère). Les rubriques par pays de ce document contiennent des informations sur les cas concrets de violations des droits des citoyens et compatriotes russes, notamment les cas résonnants de persécutions politisées de citoyens russes par les autorités des pays concernés.

 

Sur le retour au pays d'une citoyenne russe mineure

 

Je voudrais vous parler d'un exemple révélateur du travail du Ministère russe des Affaires étrangères pour la défense des intérêts des citoyens russes et le respect de leurs droits.

Cette histoire s'est produite aux États-Unis, au Texas. Les droits parentaux d'une citoyenne russe ont été restreints sur décision de justice, et sa fille née en 2019 a été provisoirement placée dans une famille d'accueil américaine. Un an avait été accordé à la Russe pour satisfaire les critères qui détermineraient son aptitude à être un parent consciencieux. Pour différentes raisons, le rétablissement de ses droits parentaux était peu plausible et l'enfant mineure risquait d'être placée dans un orphelinat du Texas sans perspectives d'adoption garanties. Les collaborateurs consulaires du Consulat général russe à Houston ont réussi à identifier ses proches résidant en Russie. Son arrière-grand-mère, résidant à Moscou, a exprimé la volonté de la prendre sous sa tutelle.

Les diplomates ont rapidement contacté le Département de la famille et de la tutelle du Texas, le Bureau de la sécurité sociale de Moscou, ont aidé à déterminer et à préparer les documents nécessaires, ont aidé à trouver et à établir le contact avec un avocat américain spécialisé en droit familial.

Le 10 novembre 2020, le Département de la famille et de la tutelle du Texas a officiellement notifié le Consulat général qu'il ne s'opposait pas à la reconnaissance de la tutelle de l'arrière-grand-mère russe sur la fillette et à son rapatriement en Russie, tout en précisant que les règles du Département exigeaient une remise directe de l'enfant à sa nouvelle résidence. Autrement dit, les travailleurs sociaux du Texas devaient venir avec la mineure à Moscou. Compte tenu des restrictions dues à la pandémie pour franchir la frontière russe, les collaborateurs consulaires russes ont trouvé une autre solution en proposant d'étudier la possibilité d'une visite de l'arrière-grand-mère de l'enfant aux États-Unis, et cela a été approuvé.

Les collaborateurs du Consulat général, avec leurs collègues du Ministère russe des Affaires étrangères, ont aidé à réunir tous les documents nécessaires pour ce voyage. De plus, le 23 décembre 2020, à la demande de notre Ministère, la mission diplomatique américaine lui a délivré un visa. Et nous l'en remercions.

Le 14 janvier 2021, le tribunal du Texas a émis son verdict final sur l'affaire de la citoyenne russe mineure pour reconnaître son arrière-grand-mère en tant que tutrice permanente. Le jour même, les agents des services sociaux ont remis la fillette sous la tutelle de la Russe. Le 20 janvier 2021, la famille réunifiée s'est rendue au Consulat général russe de Houston, s'est entretenue avec les diplomates qui se sont battus pour sa réunification, et a remercié les collaborateurs et la direction du Ministère russe des Affaires étrangères pour leur aide et leur contribution. Le 21 janvier 2021, elles sont rentrées en Russie.

 

Sur le 77e anniversaire de la levée totale du siège de Leningrad

 

Le 27 janvier 2021, notre pays a célébré la Journée de la gloire militaire - la Journée de la libération totale de Leningrad du blocus fasciste. Ce jour-là, en 1944, les combattants des Fronts de Leningrad, de Volkhov et du 2e Front baltique ont repoussé les troupes allemandes de la ville en libérant pratiquement toute la région de Leningrad. Le siège de Leningrad, qui avait duré presque 900 jours, était levé.

Dans la soirée du 27 janvier 1944, un feu d'artifice festif de 324 canons a retenti dans le ciel de Leningrad. Les habitants de Leningrad rassemblés dans les rues, sur les places, sur les quais de la Neva, qui avaient subi jusque-là des bombardements d'artillerie, ont salué leurs libérateurs. 24 salves historiques ont retenti, tirées par les canons installés sur le champ de Mars, sur les quais de la Neva, par l'artillerie des navires de la Baltique du Drapeau rouge. Et à chaque fois le "hourra" des milliers d'habitants de Leningrad fusionnait avec le brouhaha des canons en un feu d'artifice solennel. Ce spectacle grandiose était visible bien au-delà de Leningrad, les guerriers du Front de Leningrad ont également aperçu ses reflets.

Le 27 janvier 1944 a été l'un des jours les plus heureux de la vie des centaines de milliers d'habitants de la ville, et en même temps l'un des plus sinistres car pratiquement chaque habitant avait perdu un proche.

La bataille de Leningrad a été la plus longue et la plus sanglante de la Grande Guerre patriotique et de la Seconde Guerre mondiale. Dans les batailles aux abords de la ville, ainsi que suite au siège jusqu'à sa levée totale, les pertes totales parmi les défenseurs et la population se sont élevées entre 1,5 et 2 millions de personnes, dont au moins 800.000 d'habitants de Leningrad morts de famine pendant le premier hiver du siège de 1941-1942.

Les documents de l'ennemi indiquent que le siège visait à priver la population de Leningrad d'accès à la nourriture. La famine faisait partie de l'opération militaire des nazis. Seulement 3% des habitants ont été tués par les bombes et l'artillerie, les autres sont morts de faim.

Le rôle des défenseurs et de la population de Leningrad dans la victoire contre le nazisme est véritablement immense. La ville qui se défendait a bloqué le groupe allemand des armées du Nord, de presque 300.000 hommes. Cela a été particulièrement important à la fin de l'été et pendant l'automne 1941 quand l'ennemi a tenté de prendre Moscou et avait cruellement besoin de ressources supplémentaires. La défense héroïque de Leningrad a également permis de maintenir le contrôle de la ligne ferroviaire primordiale reliant Mourmansk et le continent pour acheminer des cargaisons dans le cadre du programme Prêt-bail.

L'acte héroïque des habitants de Leningrad a été reflété dans un très grand nombre de livres et de publications, notamment dans des recueils de documents et de souvenirs. La littérature de fiction a reflété les sentiments, les émotions et les inquiétudes de l'époque. Pratiquement 400 livres ont été publiées en URSS entre 1945 et 1991, et plus de 200 à l'époque postsoviétique. En 1965, pour l'héroïsme et le courage des habitants de Leningrad pendant le siège, la ville a fait partie des premières à obtenir le titre de Ville-Héros.

Le jour du 77e anniversaire de la libération totale de Leningrad, le Président russe Vladimir Poutine a déposé des fleurs devant l'insigne commémoratif de la Ville-Héros de Leningrad au Jardin d'Alexandre. Le chef de l’État a également visité le Musée de la Victoire sur le mont Poklonnaïa et a participé au lancement du projet en ligne "Acte héroïque du peuple: Leningrad invaincue" consultable sur le site du Musée à l'adresse victorymuseum.ru. C'est un excellent projet en ligne. Je vous invite tous à en prendre connaissance.

Cette exposition unique est appelée à préserver la mémoire de toute la génération de citoyens soviétiques qui ont apporté leur contribution à la Grande Victoire, et offre à tout le monde la possibilité d'immortaliser la mémoire de ses ancêtres. C'est l'un des projets clés de l'Année de la mémoire et de la gloire.

 

Sur la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste

 

La Seconde Guerre mondiale a infligé d'innombrables souffrances à des centaines de millions de personnes dans le monde entier. L'Holocauste a constitué l'une de ses pages les plus tragiques.

Il y a 76 ans, le 27 janvier 1945, les forces soviétiques ont libéré le camp de concentration nazi d'Auschwitz-Birkenau où des millions de personnes avaient été torturées et tuées. En 2005, l'Onu a proclamé le 27 janvier Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste. La Russie fait partie des coauteurs de la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies à ce sujet.

Aujourd'hui, certains pays tentent de réécrire l'histoire, d'effacer de la mémoire de la génération actuelle l'acte héroïque des soldats soviétiques qui ont débarrassé le monde du nazisme. Cela s'accompagne souvent de tentatives de réhabiliter en tant que héros des personnes qui étaient de l'autre côté, agissaient du côté du mal - une pratique quasiment élevée au rang d'idéologie nationale.

La Russie lutte fermement contre les tentatives de falsifier l'histoire et la réhabilitation rampante du nazisme. A cet égard, la Russie soumet chaque année à l'Assemblée générale des Nations unies un projet de résolution sur la lutte contre la glorification du nazisme, le néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. Cette résolution a de nouveau été adoptée le 16 décembre 2020 lors de la réunion plénière de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Ce document a été approuvé par la grande majorité des voix: 130 États ont voté pour, 2 pays (États-Unis et Ukraine) ont comme d'habitude voté contre, et 51 pays, dont les États membres de l'UE, se sont abstenus.

Ces dernières années, le texte de cette résolution initiée par la Russie en tant qu'auteur principal et avec le soutien d'autres pays coauteurs, inclut l'inadmissibilité de toutes tentatives de nier l'Holocauste. Notre devoir commun est de se souvenir de l'acte héroïque et d'honorer la mémoire de toutes les victimes de la "peste brune".

Hier, le 27 janvier 2021, la Représentation permanente de la Russie auprès de l'Onu a envoyé au Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres une lettre pour attirer son attention sur la glorification massive des collaborationnistes nazis en Ukraine, et a demandé de la diffuser en tant que document officiel du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations unies.

 

Sur la décision du tribunal de Munich sur l'affaire de Mark Schmidt, responsable du Centre de médecine du sport à Erfurt

 

Nous avons remarqué la décision de la justice allemande qui a condamné le médecin allemand Mark Schmidt, responsable du Centre de médecine du sport à Erfurt, à 4 ans et 10 mois de prison pour distribution de produits illicites et transfusion sanguine illégale - ce qu'on appelle le "dopage sanguin". Il s'agit de l'organisation d'un système de dopage international avec la participation de sportifs de différents pays. La police allemande a déterminé que de telles infractions avaient eu lieu au cours de nombreuses épreuves sportives internationales. Le scandale qui a éclaté concernant l'activité de Mark Schmidt et son ampleur témoigne de la présence en Allemagne d'un commerce criminel organisé dans le secteur du sport de haut niveau. C'est un signal alarmant, flagrant, d'une situation défavorable dans l'un des pays européens les plus avancés dans le monde du sport.

Moscou condamne fermement l'usage de méthodes illégales et la consommation de produits illicites par les sportifs. Défendant systématiquement les principes d'un sport juste et honnête sans aucune politisation ni discrimination, nous prônons une large coopération internationale et l'union des efforts pour lutter contre le dopage dans le sport.

 

Sur les visas électroniques

 

En application des termes de la loi fédérale 305-FZ du 31 juillet 2020, à partir du 1er janvier 2021, les organes fédéraux concernés du pouvoir exécutif bénéficient d'une disposition technique pour le lancement du système de délivrance de visas électroniques uniques, qui ont remplacé les visas électroniques pour l'entrée dans certaines régions de la Fédération de Russie délivrés auparavant dans le cadre d'un projet pilote.

Nous faisons remarquer que conformément au paragraphe 5 du décret du gouvernement de la Fédération de Russie 635-r du 16 mars 2020, la délivrance de visas sous la forme de document électronique (y compris le visa électronique unique) est suspendue depuis le 18 mars 2020.

La décision de relancer la délivrance des visas électroniques sera prise par le Centre opérationnel de prévention de l'entrée et de la prolifération du nouveau coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie en fonction de la situation épidémiologique dans le monde et de la levée des restrictions d'entrée en Fédération de Russie.

J'attire votre attention sur ce sujet parce que nous avons reçu un très grand nombre de questions sur ce thème.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance du Sri Lanka

 

Le 4 février, la République démocratique socialiste du Sri Lanka célèbre la Journée de l'indépendance.

Le peuple ami du Sri Lanka a franchi un long parcours de lutte, d'abord contre les colonisateurs portugais, puis néerlandais et anglais. L’État insulaire a acquis son indépendance en 1948 après plus de cent ans de domination coloniale du Royaume-Uni.

Le Sri Lanka contemporain bénéficie d'une autorité méritée dans le monde en tant qu’État souverain, démocratique et à orientation sociale. Ses citoyens sont fiers - à juste titre - non seulement de leur histoire ancienne, mais également des grands exploits en matière de développement économique.

Les relations bilatérales, depuis leur établissement, ont toujours été constructives. Les contacts politiques sont entretenus notamment à haut niveau et au sommet. Nous coopérons de manière productive sur la scène internationale, à l'Onu et au sein d'autres structures multilatérales. La Russie est traditionnellement un partenaire commercial important du Sri Lanka et l'un des plus grands importateurs de thé Ceylan. Les curiosités et les stations balnéaires de l'île attirent traditionnellement un grand nombre de touristes russes. Naturellement, la pandémie de coronavirus a apporté ses correctives.

Nous félicitons nos amis sri-lankais à l'occasion de leur fête nationale et leur souhaitons paix, prospérité et bien-être.

 

Réponses aux questions:

Question: Dans le cadre de sa grande conférence de presse, Sergueï Lavrov a déclaré au sujet du Haut-Karabakh: "Avec le Président russe Vladimir Poutine, en contact avec nos collègues, nous promouvons la nécessité de poursuivre l'examen de la question relative au retour des prisonniers de guerre arméniens afin de résoudre cette question selon le principe de "tous contre tous"". A quelle étape se trouve le règlement de ce problème actuellement?

Réponse: Conformément à la Déclaration trilatérale des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020, ainsi qu'à l'entente conclue entre eux au sommet le 11 janvier 2021 à Moscou, le travail sur le retour des prisonniers de guerre et des autres détenus se poursuit. La Russie apporte sa contribution au règlement de ces problèmes, notamment au niveau de son contingent de maintien de la paix déployé le long de la ligne de contact entre les belligérants au Haut-Karabakh.

Comme l'ont souligné le Président russe Vladimir Poutine et le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, la solution optimale pour régler au plus vite ce problème serait un échange de prisonniers selon la formule "tous contre tous".

Question: La Russie a proposé de créer un centre humanitaire pour le Haut-Karabakh au travail duquel doivent participer l'Arménie et l'Azerbaïdjan. C'est ce qu'a déclaré le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors des pourparlers avec son homologue arménien. A quelle étape se trouve cette question?

Sait-on quand, et avec quel ordre du jour, les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE comptent visiter de nouveau la région?

Réponse: Tout ce qui concerne l'aide humanitaire pour les habitants du Haut-Karabakh et des régions limitrophes est supervisé par le Ministère russe des Situations d'urgence. Nos spécialistes travaillent dans la région dans le cadre d'une mission humanitaire depuis novembre 2020. Parmi les axes prioritaires du travail du groupe commun: l'aide médicale à la population locale, le déminage du territoire, les patrouilles afin de prévenir et d'éliminer les incidents dans des conditions météorologiques défavorables. Le Ministère des Situations d'urgence et d'autres institutions russes agissent en contact étroit avec les autorités arméniennes et azéries, notamment en ce qui concerne l'activité du Centre international de réaction humanitaire. Pour des informations plus détaillées, je vous prie de vous adresser au Ministère russe des Situations d'urgence.

En ce qui concerne la date et l'ordre du jour avec lequel les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE comptent revenir dans la région, en effet, une visite au Haut-Karabakh fait partie de leurs projets. Les dates d'une telle visite ne sont pas encore déterminées. Ses détails doivent être convenus avec toutes les parties.

Question: Le Ministère russe des Affaires étrangères a exprimé sa protestation aux États-Unis suite à l'incitation des jeunes à participer aux manifestations non autorisées en lien avec l'affaire Alexeï Navalny. Malgré toute l'absurdité et l'inconsistance de la version d'un empoisonnement du blogueur Alexeï Navalny par une substance militaire de la famille Novitchok selon la méthode "highly likely", l'Allemagne s'ingère également dans les affaires intérieures de la Russie en relayant des accusations infondées. Toutes les personnes sensées ont identifié l'objectif des actions concernant "l'empoisonnement" du blogueur: empêcher la réalisation du projet Nord Stream 2. En soutenant l'hypothèse d'un empoisonnement du blogueur, l'Allemagne ne se tire-t-elle pas une balle dans le pied?

Exprimera-t-on une protestation à l'Allemagne pour ingérence dans les affaires intérieures de la Russie?

Réponse: C'est à l'Allemagne elle-même de parler de ses intérêts stratégiques. Je ne voudrais pas devenir la porte-parole de leur ministère des Affaires étrangères ni sur cette question ni sur aucune autre. Je pense que les représentants allemands peuvent tout à fait formuler leurs propres intérêts nationaux, notamment dans le secteur énergétique. La Russie dit ouvertement et depuis longtemps qu'elle est intéressée par le développement d'une coopération énergétique à part entière, équitable et mutuellement avantageuse avec l'Allemagne, et elle fait tout pour cela. C'est pourquoi je vous suggère de leur adresser la question de savoir comment les déclarations des autorités allemandes s'associent à leurs intérêts nationaux et aux intérêts de leur population.

En ce qui concerne les déclarations considérées par la Russie comme une ingérence dans les affaires intérieures. J'ai déjà répondu aujourd'hui globalement à tous ceux qui proféraient des slogans par rapport à notre pays. Nous répétons ce que nous disons ouvertement lors des contacts bilatéraux et publiquement: nos partenaires occidentaux ont accumulé un trop grand nombre de problèmes chez eux. Ils ont de quoi faire avec leurs problèmes intérieurs, c'est une première chose. Deuxièmement, les documents signés par tout le monde restent en vigueur, notamment la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. En ce qui concerne le travail des diplomates étrangers sur le territoire de notre pays, ils doivent agir dans le cadre de l'activité déclarée en tant que motif de leur séjour sur le territoire russe. Aucun État ne s'est dégagé de ses engagements de respecter, notamment, la Charte de l'Onu, qui impose de respecter la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres États. Tout cela reste d'actualité.

En ce qui concerne les déclarations que se permettent de faire les autorités allemandes, notamment Heiko Maas et d'autres représentants, en effet, beaucoup d'entre elles suscitent la confusion. Très prochainement, nous ferons savoir au Ministère des Affaires étrangères de l'Allemagne que nous jugeons ces déclarations inadmissibles.

Question: Le 20 janvier 2021, le Ministère des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan a publié sur son site officiel une déclaration liée au 31e anniversaire des événements des 19 et 20 janvier 1990. Cette déclaration décrit les actions du gouvernement de l'URSS comme "un crime contre l'humanité dont les initiateurs et les exécutants doivent être traduits en justice". Il s'avère que le Ministère des Affaires étrangères azéri accuse l'URSS (et ainsi la Russie en tant que successeur de l'URSS) des événements du "Janvier noir" et de la mort de presque 150 citadins, et qui plus est, appelle la Russie à en assumer la responsabilité. Que pense la Russie de cette déclaration?

Réponse: Ce n'est pas ainsi que je vois cette déclaration. Notre interprétation des événements historiques peut diverger avec celle d'autres pays. Nos relations avec l'Azerbaïdjan à l'étape actuelle, aussi bien que les positions officielles, sont bien connues. Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas avoir des visions différentes des événements historiques.

Question: Le 14 janvier 2020, la Turquie et l'Ukraine ont signé un accord pour le transfert des technologies et la production de corvettes et de drones. L'Ukraine estime qu'ainsi, l'accord de coopération pourrait renforcer la puissance de la marine ukrainienne dans la région de la mer Noire et de la mer d'Azov. Que pense la Russie d'un tel rapprochement et d'une telle coopération entre la Turquie et l'Ukraine dans le secteur militaire? Ce rapprochement menace-t-il la région étant donné que les bombardements du Donbass par les forces armées ukrainiennes ne cessent pas?

Réponse: La Russie a toujours déclaré, et cette position n'a pas changé, que chaque État avait le droit de développer sa coopération bilatérale tant que cela n'était pas contraire à la législation.

En ce qui concerne l'Ukraine, nous le savons parfaitement. Nous sommes contraints d'étudier chaque jour les nouveaux faits concernant la situation dans le Donbass en lien avec le conflit intérieur en Ukraine. Chaque État a le droit de développer les relations bilatérales dans tous  les secteurs, mais il faut savoir que le conflit n'est malheureusement pas réglé et il faut se poser la question de savoir comment la coopération militaro-technique peut affecter cette situation. Il faut absolument l'empêcher. Trop de vies ont été sacrifiées pendant ce conflit sanglant, d'efforts, notamment internationaux, pour aider l'Ukraine à régler ce terrible problème. Il faut empêcher que tous ces efforts soient réduits à néant.

Question: Une question concernant la protestation exprimée par le Ministère russe des Affaires étrangères à l'Ambassade des États-Unis à Moscou concernant la déclaration sur son site officiel au sujet des manifestations du 23 janvier 2021. Elle a été rédigée en anglais et s'adressait aux citoyens américains résidant en Russie. J'ai étudié les statistiques des visites du site de l'Ambassade des États-Unis en Russie: il est visité par près de 8.000 personnes par jour. 30% des visites proviennent du territoire américain, 70% viennent d'autres pays. La Russie n'est même pas "en tête de classement" des visites.

La déclaration a été publiée sur votre page Facebook, ainsi que sur le compte officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. A vous seule, vous avez 3.100 "likes".

Pourquoi le Ministère des Affaires étrangères estime que les citoyens russes lisent l'actualité sur le site de l'Ambassade des États-Unis et non pas, par exemple, sur votre page Facebook? Ne pensez-vous pas que personne n'aurait remarqué cette déclaration si vous n'aviez pas écrit à son sujet?

Réponse: C'est un avis concernant le contenu de ma publication, de mon commentaire, et pas du tout la publication de l'Ambassade des États-Unis.

En parlant des statistiques des visites, vous ne les avez certainement pas consultées avec une base technologique. Vous avez simplement regardé les informations accessibles au public. Pour effectuer une analyse profonde vous aurez besoin d'une analyse non seulement des données ouvertes, mais également d'une aide des spécialistes informatiques pour comprendre l'origine des visites. Les technologies contemporaines permettent de visiter les sites de sorte à y refléter un pays différent de votre pays de résidence.

Quand vous vous référez aux statistiques, il faut souligner que cette information se trouvait en accès ouvert. Mais en connaissant de telles possibilités, il faudrait les étudier également pour une analyse sérieuse.

Vous avez visionné les statistiques des visites du site de l'Ambassade des États-Unis à Moscou. D'ailleurs, cette information a été relayée par les médias. C'est là que je l'ai apprise. Je ne surveille pas le site de l'Ambassade des États-Unis en Russie, je ne suis pas abonnée à ses pages. Je suis les pages d'actualité. Cette information a été publiée dans les médias, dans la blogosphère et a été relayée sur les réseaux sociaux. Avez-vous regardé ces statistiques? Faites-le, ce sera intéressant.

Vous dites que nous avons pratiquement popularisé cette histoire. C'est faux. Je répète que nous l'avons tirée des médias. De plus, les journalistes nous ont demandé de commenter ces informations. Mais dire qu'attirer l'attention sur le problème est une exacerbation, c'est la même chose que demander s'il n'est pas dangereux pour un camion de pompier de venir sur les lieux d'un incendie parce qu'il est rempli de carburant.

C'était peut-être l'une des idées de nos collègues américains, de voiler cette information de manière à nous accuser ensuite de la populariser.

Nous voyons un problème et nous en parlons ouvertement, en attirant l'attention dessus. Nous en avons parfaitement le droit.

Nous comprenons qu'il existe une préoccupation concernant les citoyens. Nous attirons l'attention des citoyens russes, les avertissant au sujet des incidents, des attentats, etc. Un grand nombre d'événements se produisent dans le monde et nécessitent une attention. Il existe l'application "Assistant à l'étranger" qui publie les différentes informations, notamment concernant les manifestations dans le monde entier, mais ce n'est pas du tout ce que fait l'Ambassade des États-Unis.

Toutefois, il existe un problème encore plus profond sur lequel nous avons attiré l'attention des diplomates américains en leur remettant une note de protestation. C'est l'activité de leurs monopoles internet qui diffusent des fakes. Ils modèrent l'espace de l'information sur internet à leur entendement mais ne suppriment pas les fakes, même ceux qui ont été officiellement désavoués.

Je voudrais rappeler que les États-Unis se réfèrent constamment aux réseaux sociaux en disant qu'ils sont remplis de fakes, de bots, de hackers, etc. Nous voyons que les plateformes internet américaines (les réseaux sociaux, les sites d'hébergement) y participent très activement. Ils se sont eux-mêmes accordés les pouvoirs de modérateurs. Sans décision des organes judiciaires, sans s'appuyer sur les lois, même américaines (je ne parle même pas de leurs engagements internationaux), sans décision des structures professionnelles, des comptes sont bloqués: à commencer par ceux du Président américain en terminant par les activistes et les journalistes. Auparavant, il était possible de mettre de telles actions sur le compte des administrateurs, mais à présent nous comprenons que même la direction des géants américains de l'internet participe à la censure de leur propre espace. D'un côté, ils se sont attribué le droit de modérer pour des raisons politiques, en prenant pour prétexte les fakes et des risques en matière de sécurité. Même si, dans la plupart des cas, la sécurité n'est aucunement menacée par des publications, par exemple, de la chaîne Tsargrad. D'un autre côté, ils ne suppriment pas des fakes flagrants et des appels à participer aux manifestations illégales. Sachant qu'ils disposent d'une couverture internationale et se trouvent dans la zone de la juridiction de la Fédération de Russie ou d'autres pays souverains. Ce problème se pose sérieusement aujourd'hui.

Je voudrais attirer votre attention sur la déclaration publiée hier par le Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, le Ministère russe des Affaires étrangères, en soutien aux déclarations de nos sénateurs. Ces déclarations (avant tout du Conseil de la Fédération) seront transmises aux députés, aux organes législatifs de tous les pays via les canaux diplomatiques. Cette déclaration sera également diffusée en tant que document officiel de l'Assemblée générale des Nations unies.

Je souligne encore une fois qu'une note de protestation a été remise aux diplomates américains accrédités à Moscou.

C'est un thème de longue date. Bien que dans la communauté des journalistes et des experts les personnes travaillant dans les technologies informatiques et dans les domaines associés de l'information et des nouvelles technologies, de la cybersécurité internationale et de la liberté d'expression parlent depuis longtemps de ce problème, il est devenu flagrant aujourd'hui. Comment se déroulera l'activité des compagnies internet américaines qui, premièrement, sont des monopoles et, deuxièmement, ont une histoire de coopération avec les services de renseignements sur le territoire américain et des pays de l'UE (nous avons tous vu les convocations de la direction de ces compagnies et les sanctions à leur égard)? Les pays occidentaux exercent également une modération visant la direction et les sociétés mêmes depuis des années. D'un autre côté, on constate un non-respect total de la législation nationale d'autres pays souverains. Ce problème devra être réglé d'une manière ou d'une autre.

 

 

 

 

 

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