Briefings du ministère des Affaires Etrangères

21 janvier 202119:18

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 21 janvier 2020

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec une délégation unifiée de représentants de l'opposition syrienne

 

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevra aujourd'hui une délégation d'opposants syriens éminents représentant les plateformes de Moscou et du Caire: Qadri Jamil, Khaled al-Mahamid, Jamal Suleiman et Muhammed Dlikan.

Cet entretien de Sergueï Lavrov avec une délégation conjointe de représentants de l'opposition patriotique vise à encourager le dialogue intersyrien constructif au profit du processus de paix en Syrie dans le cadre de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, et à contribuer à l'implication de toutes les forces sociopolitiques syriennes dans les efforts consolidés pour le rétablissement post-conflit du pays.

De plus, aujourd'hui sont prévues des consultations des représentants syriens avec Mikhaïl Bogdanov, vice-Ministre russe en charge du dossier syrien.

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Je voudrais également rappeler des événements que nous avons déjà annoncés. Le 22 janvier à Moscou se tiendra un entretien entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre hongrois des Relations économiques extérieures et des Affaires étrangères Peter Szijjarto.

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Puis le 26 janvier, à Moscou, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif .

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Dmitri Medoev, Ministre des Affaires étrangères par intérim de la République d'Ossétie du Sud

 

Lundi 25 janvier à Moscou est prévu un entretien entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre des Affaires étrangères par intérim de l'Ossétie du Sud, Dmitri Medoev. Ils échangeront leurs avis sur les questions centrales des relations bilatérales et la coordination en politique étrangère sur la scène internationale.

Les relations russo-sud-ossètes, amicales, s'appuient sur les principes d'alliance et d'intégration, sur une solide base juridique et ne sont pas soumises à la conjoncture. Conformément à la ligne approuvée par le Président de la Fédération de Russie, la Russie apporte à l'Ossétie du Sud une contribution active à l'émergence d'un État démocratique contemporain, au renforcement de ses positions internationales, à la garantie d'une sécurité fiable et au rétablissement socioéconomique. La République bénéficie d'une large aide dans la lutte contre le nouveau coronavirus et le règlement d'autres problèmes d'actualité dans différents domaines de coopération.

Le dialogue au sommet est intense. En 2020, le Président russe Vladimir Poutine et le Président sud-ossète Anatoli Bibilov se sont rencontré deux fois à Moscou: le 13 mars et le 24 juin en marge des activités solennelles à l'occasion du 75e anniversaire de la Grande Victoire.

Une interaction active est mise en place au niveau de la Commission intergouvernementale russo-sud-ossète pour la coopération socioéconomique, avec la réalisation du Programme d'investissement pour contribuer au développement socioéconomique de l'Ossétie du Sud pour 2020-2022. Des contacts réguliers se déroulent au niveau des ministères des Affaires étrangères ainsi que d'autres ministères et départements compétents.

 

Sur la visite en Fédération de Russie d'Ann Linde, Ministre des Affaires étrangères de la Suède

 

Le 2 février, à Moscou, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec la Ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde, qui se rendra en visite en Russie en tant que Présidente en exercice de l'OSCE.

Les chefs de diplomatie de la Russie et de la Suède évoqueront un large éventail de questions relatives à l'activité de l'OSCE, ainsi que la situation en matière de sécurité dans la région de la mer Baltique et au Nord de l'Europe, la coopération en Arctique et les thèmes d'actualité des relations bilatérales russo-suédoises.

 

Sur la visite en Fédération de Russie d'Ayman Safadi, vice-Premier ministre, Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés du Royaume hachémite de Jordanie

 

Les 2 et 3 février, le vice-Premier ministre et Ministre jordanien des Affaires étrangères et des Expatriés Ayman Safadi se trouvera en visite de travail à Moscou. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le 3 février.

Ils prévoient un échange d'avis substantiel sur les aspects d'actualité de l'ordre du jour régional et international avec un accent sur la dynamique d'évolution de la situation en Syrie et autour. Il est également prévu d'évoquer en profondeur les objectifs de progression du processus de paix au Proche-Orient, ainsi que la situation en Irak. Bien évidemment seront évoquées en détail les questions relatives au renforcement de la coopération bilatérale dans différents secteurs.

Nous notons le caractère régulier du dialogue politique russo-jordanien qui se distingue par un niveau élevé de confiance, ainsi que la proximité ou la coïncidence des approches de Moscou et d'Amman sur de nombreux problèmes clés de notre époque.

 

Sur l'entrée en vigueur du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires

 

Vendredi 22 janvier entrera en vigueur le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN). La position russe concernant ce traité a été exprimée plusieurs fois sur les plateformes multilatérales - elle est bien connue. Elle reste inchangée après l'entrée en vigueur de ce Traité.

Nous soulignons encore une fois que nous respectons les opinions des partisans de l'abandon au plus vite de l'arme nucléaire. Cependant, nous ne partageons pas les approches qui, pour atteindre ces objectifs, impliquent un forçage artificiel du processus de désarmement nucléaire. C'est pourquoi nous considérons l'élaboration du TIAN comme une erreur. Ce Traité ne peut pas contribuer à restreindre ou à réduire les armes nucléaires. Ce document provoque clairement des divergences au sein de la communauté internationale. Le TIAN a été élaboré sans tenir compte des principes fondamentaux reposant à la base du Traité sur la non-prolifération et des réalités stratégiques existantes. Il ne tient pas non plus compte des problèmes fondamentaux qui doivent être réglés pour conférer un caractère durable au processus de désarmement nucléaire à l'échelle globale.

Le Traité ne sera pas obligatoire pour la Russie et pour les autres pays qui ne le signeront pas ou ne le ratifieront pas. Nous ne pensons pas qu'il établit de nouvelles normes universelles ou qu'il contribue au développement du droit international ordinaire.

Nous sommes convaincus qu'il n'est possible de progresser sur le chemin du désarmement nucléaire qu'en s'appuyant sur des décisions de consensus, dans le cadre du renforcement de la sécurité internationale et de la stabilité, en renforçant la sécurité de tous les États sans exception. Ce document ne correspond manifestement pas à ces critères.

 

Sur la situation autour du Traité Ciel ouvert

 

Dans le prolongement de notre déclaration du 15 janvier, je voudrais apporter des explications supplémentaires concernant le Traité Ciel ouvert.

Toute la responsabilité de l'effondrement du Traité Ciel ouvert incombe aux États-Unis et à leurs alliés.

La sortie des États-Unis du Ciel ouvert a foncièrement changé la configuration énoncée lors de la mise au point du Traité et a enfreint l'équilibre des intérêts et des États parties.

La participation des États-Unis était une condition primordiale pour la ratification de ce Traité par le parlement russe en 2001: de facto, la Russie et les pays de l'Otan avaient alors convenu de surveiller leurs territoires respectifs. Après le 22 novembre 2020, ce que, malheureusement, Washington et Bruxelles cherchent à taire, les pays de l'Otan ont conservé la possibilité surveiller tout le territoire russe alors que le territoire américain est devenu inaccessible pour la surveillance russe.

Même dans ces conditions destructives pour le Traité, nous avons tout fait pour sauver le Ciel ouvert et avons proposé aux pays occidentaux qui ne l'avaient pas quitté de remplir au moins les exigences minimales: ne pas transmettre aux États-Unis les informations obtenues lors des vols d'observation du territoire russe, et assurer la possibilité de surveiller tout leur territoire, y compris les sites militaires américains qui s'y trouvent.

Nos propositions ont été rejetées. Ainsi, les pays occidentaux ont tiré un trait sur la mesure autrefois primordiale de transparence et de confiance réciproque dans l'espace euro-atlantique de Vancouver à Vladivostok.

Compte tenu des intérêts de sécurité nationale, Moscou a décidé d'entamer les procédures nationales pour sortir du Ciel ouvert. Les dépositaires seront notifiés conformément aux termes du Traité.

 

Sur la nomination de Jan Kubis au poste d'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye

 

Vous le savez, Jan Kubis a été nommé Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye. Nous félicitons Jan Kubis pour sa nomination au poste d'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye. Nous sommes certains que sa riche expérience diplomatique permettra d'apporter une grande contribution à la progression si nécessaire du processus de paix libyen et à l'établissement d'un processus de paix inclusif et durable avec la participation de toutes les forces influentes du pays. L'Onu est appelée à y jouer un rôle particulier en tant que médiateur honnête et impartial attaché à la souveraineté, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale de la Libye.

Nous sommes disposés à une collaboration étroite avec Jan Kubis pour contribuer à la mise en œuvre de sa mission difficile mais noble.

 

Sur l'adoption par le Conseil de l'UE de sanctions contre Fayçal al-Meqdad, Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés de la République arabe syrienne

 

Je suis contrainte de revenir au thème de la pratique vicieuse des pays Occidentaux consistant à adopter des sanctions unilatérales illégitimes contre des pays qu'ils jugent indésirables. Hélas, cette pratique évolue constamment, menaçant d'érosion la structure du droit international en vigueur et portant atteinte aux prérogatives du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est visiblement l'objectif visé par ceux qui prônent constamment la construction d'un nouvel "ordre mondial basé sur des règles".

Cette fois, il est question de la Syrie. Les sanctions unilatérales de Washington et de Bruxelles, qui durcissent constamment, notamment le fameux "Acte César" (Caesar Syria Civilian Protection Act) et bien d'autres, se reflètent de manière très négative sur la situation dans ce pays martyrisé.

Pendant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies du 20 janvier 2020, l'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Geir Pedersen,  a décrit la situation dans ce pays sous un jour extrêmement sinistre. Il a parlé des souffrances du peuple syrien et de la situation actuelle. Car il prononçait son discours directement devant ceux qui, par leurs décisions et actions, aggravent encore davantage la situation en Syrie et détériorent la vie de la population civile de ce pays.

Compte tenu de la pandémie de coronavirus, ces restrictions unilatérales illégales des pays occidentaux ont provoqué l'an dernier une forte détérioration de la crise socioéconomique en Syrie.

Les Syriens ne peuvent pas surmonter seuls des défis aussi graves: ils ont cruellement besoin du soutien de la communauté internationale. Que faut-il faire, comment peut-on aider les Syriens? Il faut commencer par le plus évident: cesser de leur compliquer la vie. Au lieu de cela, nous assistons au renforcement de la pression politique sur Damas et à des tentatives continuelles d'étouffement successif de l'économie syrienne. L'application artificielle de ces sanctions ralentit le processus de paix, la reprise économique et le retour des réfugiés. Les sanctions font avant tout souffrir la population civile du pays. Même dans le cadre de la pandémie qui a frappé la Syrie, aucun assouplissement sérieux des sanctions occidentales n'a été entrepris, malgré tous les appels de la communauté internationale. Les prétendues "exceptions humanitaires" annoncées avec emphase par la Commission européenne se sont révélées inefficaces et pratiquement inutiles. Elles ne sont pas appelées à stimuler les opérateurs de l'UE à entretenir des relations d'affaires avec les représentants des États faisant l'objet de sanctions, avant tout dans le secteur humanitaire et médical, mais, au contraire, à les démotiver par une abondance d'obstacles et de restrictions bureaucratiques.

La récente inscription du nouveau Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés Fayçal al-Meqdad sur la liste des restrictions de l'UE pour sa prétendue implication dans des "répressions sévères du régime" est l'un des maillons de la chaîne d'actions empêchant la normalisation de la situation en Syrie et autour. En fait, c'est un refus démonstratif de négocier avec le gouvernement syrien. De quelle contribution de l'UE au processus de paix syrien peut-on alors parler? La réponse est évidente.

Tout le monde sait que Fayçal al-Meqdad est un diplomate de carrière professionnel. Nous ne sommes pas les seuls à le savoir. L'Occident le sait également car il a travaillé pendant plusieurs années à la représentation de la Syrie auprès de l'Onu à New York, notamment à titre de représentant permanent. Il a participé au travail de différents comités de l'Onu, représentait son pays lors de différents forums et conférences internationaux. Pendant longtemps il a travaillé au poste de premier adjoint du chef de la diplomatie syrienne, et après le décès de son prédécesseur Walid Mouallem il a été nommé Ministre des Affaires étrangères.

Avouez que les accusations visant Fayçal al-Meqdad paraissent étranges. Dans quelles "répressions" pouvait-il être impliqué? Nous regrettons profondément que ces actions de l'UE ne contribuent pas à surmonter les conséquences de la longue crise destructrice en Syrie, et ne font que l'aggraver.

Nous appelons l'UE à faire preuve de bon sens et à revenir dans le champ du droit international. Il est temps que Bruxelles annule ses sanctions unilatérales illégitimes contre Damas au profit du peuple syrien, qui préoccupe tant la communauté occidentale, ainsi qu'au nom de la sécurité et de la stabilité régionales.

 

Sur les nouvelles sanctions américaines

 

L'administration américaine sortante, littéralement à la veille du changement de pouvoir à la Maison blanche, s'est démarquée par une nouvelle attaque de sanctions contre la Russie en annonçant, le 19 janvier 2021, en inscrivant sur la liste de restrictions la compagnie maritime russe et son navire de construction Fortuna participant à la construction du gazoduc Nord Stream 2.

L'obstination dont font preuve les autorités américaines pour empêcher à tout prix l'achèvement du projet de gazoduc est consternante. Les menaces de recourir à des initiatives discriminatoires suscitent depuis longtemps l'indignation non seulement en Russie, mais également dans les milieux officiels, d'affaires et sociaux de la plupart des pays européens. Berlin, Paris, Vienne et d'autres capitales se demandent toujours pourquoi la politique énergétique de la région européenne devrait être régulée par Washington et être mise en œuvre sur le Vieux continent, par exemple, via les ambassadeurs des États-Unis dans ces pays. Comment la hausse des dépenses pour les fournitures de gaz peut-elle contribuer à la hausse de la compétitivité, et même au "développement des institutions démocratiques"?

De notre côté, nous avons souligné plusieurs fois que c'était un projet commercial. Il renforcera la sécurité énergétique de l'Europe et contribuera au passage à une énergie à faible émission. N'est-ce pas dans l'intérêt du continent européen?

Les actions hostiles envers les participants à la construction du Nord Stream confirment que les États-Unis poursuivent leurs propres intérêts énergétiques, et veulent par tous les moyens s'affirmer sur le Vieux Continent en tant que principal fournisseur "légitime", sans éprouver d'inconfort ou s'offusquer des actions entreprises. C'est une négligence ouverte des normes de concurrence loyale et de libre-échange toujours prônées par l'Amérique.

Nous voulons constater une nouvelle fois que les restrictions illégales n'ont pas et ne peuvent pas influencer la ligne fondamentale de notre pays sur la scène internationale. Les sanctions unilatérales américaines ne correspondent pas aux intérêts de nos peuples et ne font qu'aggraver les relations bilatérales déjà difficiles.

 

Sur les problèmes de communication au Consulat général de Russie à New York

 

Depuis quelques jours déjà, plus précisément depuis le 18 janvier 2021, le Consulat général russe à New York reste coupé des lignes de communication téléphonique municipales, ce qui affecte très négativement le travail de la représentation diplomatique. De facto, elle se voit privée de la possibilité de fournir les services consulaires aux citoyens russes, américains et d'autres nationalités en bonne et due forme.

Nous voudrions noter en particulier que dans la situation actuelle, le Département d’État américain, qui a été officiellement notifié du dysfonctionnement, s'est dégagé du problème. Cette position des autorités américaines prouve une nouvelle fois à quel point sont infondées les accusations formulées par l'Ambassade des États-Unis à Moscou, selon lesquelles les diplomates américains en Russie, contrairement à leurs homologues russes aux États-Unis, doivent remplir leurs obligations dans des circonstances et des conditions très restreintes.

Nous exigeons que Washington prenne toutes les mesures nécessaires afin de rétablir dans les plus brefs délais une communication normale pour nos diplomates à New York. Je souligne encore une fois que beaucoup de citoyens qui s'adressent au Consulat général sont des citoyens américains: ne leur compliquez pas non plus la vie.

Nous espérons que cette histoire n'est pas une invitation des autorités américaines à la réciprocité. Je suis certaine qu'il y a des domaines plus intéressants pour cela.

 

Sur le rapport du Centre d'excellence de cyberdéfense de l'Otan

 

Nous avons pris connaissance du rapport publié le 12 janvier 2021 par le Centre d'excellence de cyberdéfense de l'Otan de Tallinn, intitulé "Les cybermenaces et l'Otan 2030". Une grande partie est consacrée à la Russie et à la lutte contre la menace "asymétrique" qui émanerait de nous.

Malgré l'introduction du rapport avertissant que son contenu ne représente pas la position officielle de l'Otan, il ne fait aucun doute pour nous que ce document sera utilisé par l'Alliance pour élaborer sa stratégie dans le cyberespace. D'ailleurs, c'est ce que les auteurs de ce rapport suggèrent à l'Alliance en l'avertissant du fait que dans le cas contraire, "les adversaires comme la Russie et la Chine seront avantagés par rapport à l'Alliance".

Selon la pratique établie par les Occidentaux, les auteurs du document accusent gratuitement la Russie de créer des programmes malveillants d'espionnage, de perturber le travail de l'infrastructure critique, de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autres États. La fantaisie n'a pas de limites. Cela est présenté comme une information connue de tous qui n'a pas besoin d'être vérifiée. Cette thèse est vraie, l'information est effectivement connue de tous. Il n'y a pas de vérification car ce n'est pas dans le style de nos partenaires occidentaux, qui plus est de l'Otan, de vérifier avant de publier des matériaux dans l'espace médiatique. Beaucoup d'éléments sont des inventions qui sont impossibles à vérifier. On pourrait faire de cette thèse un slogan de l'Alliance: "Information connue de tous qui n'a pas besoin d'être vérifiée", tout en ajoutant "fabriquée par nous". Aucune preuve d'implication des autorités russes dans des cyberincidents ne nous a encore été apportée.

L'Otan a proclamé le cyberespace en tant que l'un de ses secteurs d'activité au sommet de Varsovie en 2016. De toute évidence, le thème de la cybersécurité et de la protection numérique sera également à l'ordre du jour du prochain sommet de l'Alliance prévu cette année. Un travail est mené pour renforcer le potentiel du Centre des cyberopérations créé en 2018 au sein de la structure du QG du Commandement stratégique des opérations des forces interarmées de l'Otan, notamment afin de mener des actions offensives dans le secteur cybernétique.

 A cet égard, nous voudrions rappeler les nombreuses initiatives et propositions de la Russie visant à utiliser les technologies de l'information et de la communication (TIC) uniquement à des fins pacifiques. Notamment la déclaration du Président russe Vladimir Poutine du 25 septembre 2020 concernant un programme de mesures global pour normaliser la coopération russo-américaine dans le domaine de la cybersécurité internationale appelant tous les pays à signer un accord global pour ne pas commettre en premier d'attaque utilisant les TIC.

 

Sur la remise du prix "Pour la défense de la démocratie" aux organisations norvégiennes chargées de la cybersécurité

 

Nous avons remarqué la semaine dernière la remise du prix "Pour la défense de la démocratie" par le Fonds Gunnar Sønsteby (du nom de l'un des héros de la Résistance) à certaines institutions publiques et organisations de la Norvège, y compris l'agence de sécurité de la police, le renseignement militaire et l'agence de sécurité nationale, pour leur prétendue "lutte contre les cyberattaques".

Compte tenu du contexte de l'événement, de tout ce qui se passe en Occident dans le domaine des technologies numériques, et en plus de la déclaration faite à ce sujet par l'Ambassade de Russie en Norvège, nous voudrions noter ce qui suit.

Ces derniers mois, les médias norvégiens répètent les innombrables accusations lancées contre la Russie de piratage des systèmes numériques du parlement norvégien en août 2020. Des membres du cabinet ministériel se sont également distingués dans cette campagne. Malgré l'agitation provoquée par ce thème, à l'issue de l'investigation norvégienne aucune preuve de l'implication russe dans la cyberattaque mentionnée n'a été présentée.

C'est une idée intéressante que d'attribuer des prix pour la lutte contre ceux qui n'ont pas attaqué. Nous nous joignons aux félicitations de tous ceux qui ont reçu le prix pour cette activité de fake. Un financement pour renforcer le cyberpotentiel offensif leur est garanti pour des années d'avance.

Cela reflète l'approche destructrice générale qu'ont les pays occidentaux de l'établissement des relations avec la Russie. Cette tendance est obsolète, elle ne correspond pas aux besoins actuels de l'humanité. Il existe des risques et défis réels contre lesquels il faut lutter. Par exemple: la pandémie et ses conséquences. Il faut s'unir, agir ensemble, et ensuite s'attribuer des récompenses.

 

Sur une prétendue cyberattaque de "hackers russes" contre des institutions publiques et des compagnies privées du Danemark

 

Nous avons remarqué qu'en se référant à des "experts" et à des informations des autorités américaines, sans s'appuyer sur des preuves, les médias danois développaient une ligne antirusse concernant une prétendue implication des autorités russes dans l'organisation d'une vaste cyberattaque contre des institutions publiques et des compagnies privées du Royaume en décembre 2020.

Tout se compose de parties, et ils créent un tableau d'ensemble. C'est un travail de qualité des institutions qui travaillent sous l'égide de Bruxelles et élaborent des plans d'attaques médiatiques, des campagnes contre notre pays pour diffuser des articles sur les prétendues actions offensives, destructives et illégales de la Russie dans le milieu cybernétique. Nous avons analysé certains puzzles de ce tableau d'ensemble.

 

Sur l'aggravation de la discrimination du russe et d'autres langues en Ukraine

 

Le 16 janvier 2021 est entré en vigueur l'article 30 de la loi "sur la garantie du fonctionnement de l'ukrainien en tant que langue officielle de l’État" adoptée en avril 2019, conformément à laquelle le secteur des services en Ukraine passe entièrement à la langue officielle de l’État. Les collaborateurs des organisations et des entreprises fournissant des services commerciaux, sociaux, éducatifs, médicaux et d'autre nature devront utiliser uniquement l'ukrainien dans leur communication avec les clients. Le passage à d'autres langues ne sera autorisé que si le client le demande.

Un organe de répression spécialement créé, l'appareil du Délégué pour la protection de la langue officielle de l’État, veillera au respect de cette loi. Il peut non seulement émettre des avertissements pour l'usage du russe dans le secteur des services, mais également dresser lui-même des procès-verbaux. C'est un véritable organe de répression. On se demande si les représentants du Délégué pour la protection de la langue officielle en Ukraine seront présents dans chaque point de restauration ou s'ils organiseront des raids sélectifs? Le Délégué Taras Kremen a déjà appelé les "citoyens consciencieux" à envoyer des plaintes (si jamais le serveur d'un restaurant confondait quelque chose et s'adressait aux hôtes étrangers non pas en ukrainien mais en disant, par exemple, "hello" ou "bonjour" en russe), c'est-à-dire à dénoncer les Ukrainiens russophones.

L'atmosphère de rejet et de peur imposée en Ukraine s'inscrit manifestement dans la politique de Kiev visant à détruire la diversité linguistique et l'espace multiculturel unique créé au fil des siècles sur le territoire du pays. Contrairement aux termes de leur propre Constitution, aux conclusions des organisations internationales et aux réalités dans lesquelles vivent les citoyens ukrainiens, ils continuent de violer les droits non seulement du peuple russe, mais également des dizaines d'autres nations qui peuplent historiquement l'Ukraine.

Souvent, la lutte des autorités ukrainiennes contre les représentants d'autres ethnies et les personnes ayant des opinions divergeant de l'avis officiel prend des formes odieuses. Malgré leur apparence comique, cela n'a rien de drôle parce que cela nous renvoie à une époque que l'on voudrait oublier, mais c'est impossible parce que ce sont des leçons de l'histoire que l'humanité a payé le prix fort.

Prenez la décision de l'Association nationale des écrivains de l'Ukraine interdisant la publication, dans les maisons d'édition de l'Association, d'œuvres d'écrivains originaires de pays qui ne soutiennent pas le point de vue de l'Ukraine lors des votes à l'Onu,. Cette liste inclut 17 pays. Outre la stupidité, l'aspect comique et illégal du point de vue des engagements pris par l'Ukraine, voici ce qui est paradoxal. Les autorités officielles procèdent en Ukraine à la décommunisation, détruisent tout ce qu'elles présentent comme étant lié au passé soviétique de l'Ukraine. Cela n'existait pas en Union soviétique. Si cela avait été le cas en Union soviétique, les citoyens soviétiques n'auraient pas su qui était Jack London, ou encore Mark Twain. Si nos gens, les citoyens de l'Union soviétique, n'avaient lu que les livres écrits par les auteurs des pays votant correctement - aux yeux de Moscou - les résolutions de l'Onu, imaginez quelle aurait été la situation. C'est exactement ce qui arrive en Ukraine. Associer le vote sur les résolutions de l'Onu à la publication des livres d'auteurs de ces pays est une décision "forte". Si, auparavant, les restrictions de Kiev portaient uniquement sur les livres et les publications de Russie, cette phobie a connu une évolution aujourd'hui:elles se sont transformées en idéologie difficile à qualifier. Certains disent que c'est une idéologie de "domination ukrainienne" globale. Je ne suis pas sûre que cela soit juste (même si c'est ainsi que certains politologues le décrivent). Dans une plus grande mesure, il s'agit d'une incompréhension totale non seulement des réalités, mais également des conséquences à moyen et surtout à long terme qui pourraient être entraînées par toute cette activité, et une réticence à se souvenir des leçons de l'histoire mentionnées. Tout cela rappelle l'histoire d'un certain pays d'Europe occidentale dans les années 1930-début 1940. Il est regrettable que cette expérience européenne soit le plus proche parallèle pour l'Ukraine contemporaine. Mais c'est un fait.

Le front de l'offensive des autorités ukrainiennes contre la liberté d'expression, du durcissement de la censure, du renforcement de la pression sur les médias et les milieux écrivains, s'étend. Nous voyons que tout le monde en Ukraine n'est pas prêt à se résigner à une telle violation de leurs droits. Nous croyons que les habitants de l'Ukraine multiethnique, qui se respectent et respectent leurs ancêtres, empêcheront de détruire la riche culture du pays et lutteront contre cet obscurantisme.

Nous espérons que nos partenaires européens trouveront le courage d'exprimer comme il se doit leur avis sur les actions de Kiev, à condition, bien sûr, qu'ils ne soutiennent pas eux-mêmes la politique du gouvernement ukrainien visant à assurer la domination de la nation ukrainienne.

Je voudrais citer aujourd'hui la déclaration de Vladimir Zelenski, d'une force fantastique: "Je voudrais m'adresser au gouvernement d'aujourd'hui. Je peux dire beaucoup de mots critiques, mais nous sommes sur une chaîne respectée, et je vais vous témoigner du respect et je vous demande de respecter le peuple. Si, dans l'Est et en Crimée, les gens veulent parler russe: laissez-les tranquille. Laissez-les parler russe légalement. La langue ne divisera jamais notre patrie. J'ai du sang juif, je parle russe, mais je suis citoyen de l'Ukraine, j'aime ce pays et je ne veux pas faire partie d'un autre pays." C'est Vladimir Zelenski. Seul problème: il ne l'a pas dit aujourd'hui mais en mars 2014. Qu'est-ce qui a changé depuis dans les opinions de Vladimir Zelenski pour que ces propos soient désormais complètement contraires à la politique menée sous sa présidence en Ukraine?

 

Sur le début des ventes d'un nouveau tirage de Mein Kampf en Pologne

 

Nous parlons souvent des falsifications et de la réécriture de l'histoire lors de nos conférences de presse. Nous citons des exemples, des faits, présentons des informations audiovisuelles à ce sujet. On nous demande souvent s'il existe une notion générale de la falsification de l'histoire, comment il est possible de la définir non seulement avec des exemples, mais globalement.

Pour faire court: c'est la guerre contre les monuments soviétiques menée dans plusieurs pays par les autorités centrales et locales. Et il existe un autre exemple flagrant de falsification de l'histoire à travers son effacement et sa déformation: cela prend une forme ultime en Pologne, dont le gouvernement détruit tous les ans par dizaines les preuves matérielles du sauvetage de cette nation par les soldats soviétiques - les statues, les mémoriaux et les monuments, en bafouant les relations bilatérales et les accords signés avec notre pays régulant le secteur mémoriel.

La falsification de l'histoire en Pologne se manifeste également, d'un côté, dans le fait que la loi polonaise sur la décommunisation est artificiellement appliquée à nos sites mémoriels, y compris généraux, et de l'autre, les autorités polonaises ne trouvent pas de justifications juridiques pour interdire ou au moins exprimer une réaction claire à la diffusion chez elles du livre d'Hitler, Mein Kampf. Il a été annoncé récemment que la maison d'édition Bellona préparait la publication d'un nouveau tirage de cette œuvre en Pologne fin janvier. Une œuvre qui justifiait la nécessité de détruire la nation polonaise parmi d'autres. Voilà ce qu'est une falsification de l'histoire.

 

Sur l'interpellation de blogueurs russes au Soudan du Sud

 

Ces derniers jours, les médias et la blogosphère ont suivi de près "l'aventure" des blogueurs russes au Soudan du Sud. C'était peut-être intéressant pour certains. Pour nous, cela était moins intéressant qu'alarmant. La situation aurait pu évoluer selon un scénario dramatique. Avec cet exemple, je voudrais faire quelques généralisations et essayer d'attirer votre attention  pour que tous ceux qui ont l'intention d'exercer une activité journalistique dans un pays connaissant une situation politique difficile puissent en tirer des conclusions.

Le blogueur Ilia Varlamov et les personnes qui l'accompagnaient ont été récemment arrêtés au Soudan du Sud. L'Ambassade de Russie en Ouganda (en charge du Soudan du Sud) avait instamment préconisé aux compatriotes de reporter leur voyage prévu en Ouganda à l'approche des élections prévues dans le pays et en raison des restrictions de déplacement en vigueur.

Malheureusement, ces recommandations ont été ignorées. De plus, les voyageurs ont dissimulé leur intention de se rendre d'Ouganda au Soudan du Sud. Vous le savez, ils ont été interpellés sur le territoire sud-soudanais, d'abord à Kapoeta au Sud-Est du pays, puis dans la capitale de Djouba.

Dès qu'elle a  été informée de l'arrestation des Russes, notre représentation diplomatique a immédiatement tout mis en oeuvre pour les faire libérer. Suite à des pourparlers avec les représentants sud-soudanais, nous avons réussi à faire libérer au plus vite les détenus puis à assurer leur sortie du pays.

L'incident concernant l'arrestation de nos citoyens, qui n'a eu, heureusement, aucune conséquence négative pour leur santé, sert également de rappel concernant la nécessité d'adopter une approche responsable des voyages dans les régions où la situation politique intérieure est difficile et le niveau de sécurité est insuffisant pour les citoyens étrangers. Afin d'éviter des excès susceptibles de conduire à l'interpellation sur le territoire d'un pays étranger et à l'expulsion du pays, les citoyens russes doivent respecter rigoureusement le but de la visite mentionné lors de leur demande de visa. Nous lançons un appel ferme à se rappeler d'une vérité simple: il est interdit d'utiliser les voyages touristiques et les visas touristiques délivrés pour exercer une activité journalistique. Dans certains pays, l'activité journalistique ne nécessite pas la délivrance de documents spéciaux - mais cela est rare. En général, l'exercice de l'activité journalistique nécessite l'obtention d'un visa spécial et, dans beaucoup de pays, une accréditation des autorités compétentes. Les mêmes règles sont en vigueur en Russie: il faut un visa journalistique et une accréditation du Ministère des Affaires étrangères.

En planifiant une visite dans de telles régions, nous suggérons de suivre les informations publiées et constamment mises à jour sur les différentes ressources du Ministère russe des Affaires étrangères, y compris le site du Centre des situations de crise sos.midhelp.ru, le compte spécial sur Twitter @mid_travel et l'application "Assistant à l'étranger", et bien d'autres sources d'information telles que le site du Département consulaire https://www.kdmid.ru/. L'application "Assistant à l'étranger" susmentionnée, hormis bien d'autres options utiles, permet à l'utilisateur russe d'enregistrer de son plein gré l'itinéraire de son voyage à l'étranger en indiquant un minimum de données personnelles pour informer le Ministère russe des Affaires étrangères et assurer un contact en cas d'urgence. Il vaut mieux partir préparé dans les pays connaissant une situation sociopolitique difficile. D'autant que toutes les possibilités existent pour cela.

L'application "Assistant à l'étranger" est prévue pour une interaction globale du Ministère russe des Affaires étrangères avec les citoyens russes qui se trouvent temporairement à l'étranger, ainsi que pour les informer des situations de crise imminentes ou qui se sont produites dans les pays de séjour. L'une de ses particularités est la possibilité d'enregistrer préalablement son départ à l'étranger afin de rester en contact avec le service de permanence du Centre des situations de crise en mode interactif.

Le lien pour télécharger l'"Assistant à l'étranger" est publié sur la page principale du site d'information du Centre des situations de crise "Séjour sûr à l'étranger" (sos.midhelp.ru) et dans les magasins d'applications des compagnies Google et Apple.

Nous sommes toujours ouverts et prêts à conseiller, à apporter un soutien au niveau de notre Ministère à tous les journalistes russes qui prévoient un voyage à l'étranger pour exercer une activité journalistique. Pour cela il faut informer l'Ambassade de Russie dans le pays où les journalistes se rendent. Le Département de l'information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères est également toujours prêt à une telle interaction opérationnelle.

 

Sur la coopération internationale dans la lutte contre le coronavirus

 

Lundi 18 janvier 2021, le Fonds russe d'investissements directs (RFPI) et l'Institut Gamaleïa ont annoncé la création du Conseil scientifique international d'experts pour le vaccin Sputnik V, regroupant des chercheurs éminents en virologie, en microbiologie, en génétique et en biotechnologie de 9 pays: l'Argentine, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Inde, la Russie, les États-Unis, la France, la Suède et la Croatie. Sur cette base internationale, les scientifiques qui développent le vaccin peuvent échanger des informations, des avis et des expertises avec leurs collègues étrangers éminents pour réunir tout le potentiel de recherche global et développer le partenariat international, notamment concernant le vaccin contre le coronavirus.

Le RFPI est en contact avec l'Agence européenne des médicaments (AEM). Cette semaine a été organisée une rencontre entre plus de 20 experts et chercheurs internationaux pour une consultation scientifique. Les recommandations basées sur ses résultats seront envoyées aux développeurs du vaccin Sputnik V. Le processus d'expertise progressive commencera en février.

Le nombre de pays ayant approuvé l'utilisation de Sputnik V sur leur territoire augmente. A l'heure actuelle, le vaccin russe est enregistré en Russie, au Bélarus, en Serbie, en Argentine, en Bolivie, en Algérie, en Palestine, au Venezuela, au Paraguay et au Turkménistan. Dans les jours à venir, d'autres États rejoindront cette liste.

Le 22 janvier, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) lancera la procédure précédant la demande d'enregistrement de Sputnik.

Nous vous tiendrons informés à ce sujet.

 

Sur le décès d'Alexandre Boldyrev, Ambassadeur de Russie en Zambie

 

Le 20 janvier, l'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie en République de Zambie, Alexandre Boldyrev, s'est éteint à l'âge de 66 ans. Il avait travaillé plusieurs années au poste de directeur adjoint du Département de l'information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères (2010-2012), et était bien connu de beaucoup de journalistes. Nous recevons des condoléances de beaucoup de journalistes, on se souvient de lui comme d'un grand professionnel, d'un homme gentil et à l'écoute.

Nous partageons le deuil avec sa famille et ses proches.

 

Réponses aux questions:

Question: Pouvez-vous expliquer la logique des actions des autorités concernant l'affaire Yves Rocher contre Alexeï Navalny? Vous le savez, il a été arrêté parce que le Service fédéral d'application des peines (FSIN) demandait de remplacer son sursis dans le cadre de l'affaire Yves Rocher par de la prison ferme. Pourtant, en 2018, la Russie avait versé à Alexeï Navalny des réparations pour ces poursuites pénales parce que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait qualifié la décision concernant l'affaire Yves Rocher d'infondée et arbitraire. Pourquoi le FSIN exige-t-il aujourd'hui de convertir la peine si la décision du CEDH avait été reconnue et que des réparations avaient été versées? Si elle n'a pas été reconnue, pourquoi lui a-t-on versé des réparations?

Réponse: Il vaut mieux poser votre question aux forces de l'ordre. Je pense que les juristes spécialisés dans ce secteur sont les mieux placés pour y répondre. Mais je n'y vois aucune contradiction. Il s'agit de l'application de la législation russe.

Question: Je n'ai pas compris la réponse. Le Ministère de la Justice verse des réparations à Alexeï Navalny, confirmant ainsi que la décision est infondée et arbitraire, et reconnaissant le verdict de la CEDH. Et maintenant ils exigent de transformer la peine en prison ferme.

Réponse: Je vous renvoie encore une fois aux juristes qui sont en charge de cette question. Cela ne relève pas des compétences du Ministère des Affaires étrangères. Si, pour une certaine raison, vous avez des difficultés à contacter les collaborateurs des forces de l'ordre, j'essaierai d'aider. Je peux leur transférer votre question. Je suis prête à assumer la fonction de médiateur. Je trouve que la réponse est évidente: il s'agit de l'application de la législation russe.

Question: Dans quelle partie?

Réponse: Vous ne frappez pas à la bonne porte. Les questions relatives aux poursuites pénales, aux interpellations sur le territoire russe, sont commentées par les forces de l'ordre russes, pas par le Ministère des Affaires étrangères.

Question: Que pouvez-vous dire au sujet du récent article du directeur du Conseil russe pour les affaires internationales, l'ancien Ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, publié dans le journal Rossiïskaïa gazeta intitulé "46, à vous!", dans lequel il évoque la nécessité d'entreprendre plusieurs démarches entre la Russie et les États-Unis, ce qui permettrait de s'entendre sur différents points tels que le START 3, les conflits régionaux, l'Iran, la Corée du Nord, l'Arctique, ainsi que le climat - entre autres. Que pense le Ministère des Affaires étrangères de cette idée?

Réponse: La Russie a avancé tellement de démarches, d'initiatives et de propositions aux partenaires américains pour intensifier l'interaction, les contacts dans différents secteurs! Nous devons entendre de la part des collègues américains des réponses à tout ce qui se trouve déjà sur la table des négociations, ce qui a déjà été envoyé par Moscou en tant que propositions.

Nous espérons que la nouvelle administration américaine fera tout de même preuve d'une volonté réciproque pour réagir aux nombreuses propositions que nous avons formulées depuis longtemps, et qui restent à l'ordre du jour. Sachant que nous n'avons pas entendu de réaction constructive ni même un retour sur nos nombreuses initiatives. La balle est maintenant dans le camp de Washington. Je peux citer des exemples concrets.

Le 16 juillet 2018, pendant le sommet russo-américain à Helsinki, a été conclu un accord sur la création d'un Conseil de consultation d'affaires et d'un Conseil d'experts. Cependant, à cause de la position non constructive des autorités américaines, cette initiative n'a pas été réalisée.

Le 22 octobre 2018, nous avons transmis au conseiller du Président à la sécurité nationale John Bolton un projet de déclaration conjointe de la Russie et des États-Unis sur l'inadmissibilité d'une guerre nucléaire et le renforcement de la stabilité stratégique. Aucune réaction n'a suivi.

Afin de surmonter la méfiance réciproque qui s'est renforcée sur la toile de fond des accusations infondées concernant la prétendue ingérence de la Russie dans les élections américaines de 2016, nous avons proposé d'échanger des lettres fixant l'engagement de ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures réciproques à l'instar de l'échange des notes personnelles entre Franklin Roosevelt et Maxime Litvinov lors du rétablissement des relations diplomatiques en 1933 - ce sur quoi Washington insistait à l'époque. Moscou a décidé de revenir vers cette pratique et d'initier une telle démarche. Sans réponse.

Pendant la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Washington le 10 décembre 2019, nous avons proposé aux États-Unis d'initier des négociations bilatérales d'experts sur tout l'éventail des thèmes de la crise libyenne. Au lieu d'une réponse, nous avons entendu des accusations agressives de prétendue "présence militaire russe dans la région".

Nous avons appelé plusieurs fois les partenaires américains à se joindre au travail collectif sur le processus de paix au Proche-Orient. Nous avons notamment proposé de réunir le Quartet des médiateurs internationaux pour le Moyen-Orient au niveau des ministres en marge de la 75e session anniversaire de l'Assemblée générale des Nations unies pour déterminer les contours des démarches conjointes. Les Américains ont ignoré cette initiative sans donner d'explication.

Voilà quelques exemples de nos initiatives avancées depuis plusieurs années, de nos invitations à coopérer. Nous avons rappelé la nécessité d'une coopération pour régler les nombreux problèmes régionaux et internationaux, bien évidemment, l'ordre du jour bilatéral avait également besoin d'être amélioré.

Nous espérons que l'équipe qui est arrivée à la Maison blanche suivra une ligne plus pesée, sans exacerber les relations russo-américaines excessivement - pas par notre faute - conflictuelles.

 

 

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