Briefings du ministère des Affaires Etrangères

16 décembre 202019:59

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 16 décembre 2020

 

Point de situation sur le coronavirus

 

De nouveau, force est de constater que la deuxième vague de la pandémie - et par endroits la troisième vague - n'a pas l'intention de reculer. Cette conclusion est confirmée par les statistiques peu rassurantes du nombre de personnes infectées dans le monde à l'heure actuelle - plus de 70 millions de personnes - et de cas mortels - plus de 1,6 million. La sollicitation des systèmes nationaux de santé ne faiblit pas dans beaucoup de pays, le personnel médical travaille à la limite de ses capacités. C'est ce qu'indique la situation mondiale globale.

Afin de réduire la morbidité à l'approche des fêtes de fin d'année, les autorités de la plupart des pays, avant tout européens, durcissent significativement les régimes de quarantaine, limitent considérablement l'activité du secteur des services et du divertissement, les contacts sociaux, et interdisent des activités de masse.

Compte tenu de la situation épidémiologique en perpétuelle évolution et très difficile dans le monde - et les nombreuses destinations touristiques prisées par les Russes ne font pas exception - nous attirons une nouvelle fois l'attention de nos citoyens sur la nécessité de tenir compte des risques et de les peser minutieusement lors de la planification de voyages à l'étranger. S'il est impossible de changer la situation concernant un départ à l'étranger, prenez connaissance préalablement des conditions de départ dans tel ou tel pays, et suivez les règles et les exigences en vigueur, notamment en ce qui concerne la présentation d'un résultat du test PCR nécessaire pour franchir la frontière et monter à bord d'un avion. Nombre de citoyens, à leur arrivée, sont surpris que les autorités du pays d'accueil exigent de fournir les documents correspondants ou demandent de passer un test supplémentaire. Je souligne de nouveau que chaque pays possède ses règles pour franchir la frontière, qui présentent des particularités compte tenu de la pandémie de coronavirus.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec l'émissaire spécial du Président de la République de Corée

 

Jeudi 17 décembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevra Woo Yoon-keun, émissaire spécial du Président de la République de Corée Moon Jae-in.

Ils évoqueront les questions d'actualité relatives au développement des liens bilatéraux, notamment dans le contexte du 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques bilatérales, célébré cette année. Une attention particulière sera accordée aux perspectives d'élargissement de la coopération commerciale, économique, d'investissement et sociale, et de  l'interaction dans la lutte contre la prolifération du nouveau coronavirus.

Il est également prévu d'échanger les avis sur certains problèmes internationaux, notamment autour de la situation sur la péninsule coréenne et en Asie du Nord-Est.

 

Sur la réunion ministérielle dans le cadre du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien

 

Lundi 21 décembre est prévue la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Plan d'action. Cet événement se déroulera en visioconférence.

Nous considérons l'aspiration unanime de tous les partenaires à soutenir la grande dynamique de travail dans le cadre du Plan d'action et à s'occuper de près, et ce à haut niveau, du règlement des problèmes accumulés comme une preuve d'attachement aux engagements pris.

Il est prévu d'échanger en profondeur les avis sur les principaux aspects de la mise en œuvre du Plan d'action, y compris les défis actuels. L'impulsion politique donnée par les ministres, renforcée par la compréhension commune de l'absence d'alternative au Plan d'action, permettra de déterminer les axes et l'ordre du jour du travail collectif à venir afin de maintenir et de réaliser en continu les accords globaux fixés dans la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette année n'a pas été facile pour le Plan d'action. Grâce aux efforts coordonnés des pays membres du Plan d'action, il a été possible d'empêcher l'effondrement de l'accord nucléaire, le changement de ses principaux termes. Un rejet résolu a été opposé aux tentatives des États-Unis de faire adopter un embargo international à durée indéterminée sur les armes et de "relancer" les sanctions du Conseil de sécurité contre l'Iran déjà annulées - tentatives qui contredisaient la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Néanmoins, il existe plusieurs complications dans la mise en œuvre du Plan d'action. Elles trouvent leur origine dans les actions des États-Unis allant à l'encontre de leurs engagements internationaux dans le cadre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il est question d'une succession interminable de sanctions américaines unilatérales qui portent atteinte au peuple iranien et à la coopération internationale légale avec l'Iran, ainsi qu'au Plan d'action. Non seulement les autorités américaines enfreignent grossièrement les décisions du Conseil de sécurité, mais elles créent également des obstacles pour leur application par d'autres pays.

Les principaux objectifs des membres du Plan d'action sont la recherche de réponses efficaces à ces défis et la création des conditions pour faire revenir le processus de mise en œuvre des accords globaux dans le cadre convenu. Ces questions seront centrales pendant la réunion ministérielle du 21 décembre.

Nous comptons sur une interaction productive avec tous les partenaires afin d'atteindre les hauts objectifs fixés lors de la signature du Plan d'action et dans la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies qui, conformément à l'article 25 de la Charte de l'Onu, est obligatoire à remplir pour tous les États.

 

Sur l'attaque d'une bande contre un internat au Nigeria

 

Suite à l'attaque d'une bande contre un internat pour garçons à Kankara (Nord-Ouest du Nigeria, État de Katsina) le 12 décembre, plus de 300 élèves ont été kidnappés. Il y a des blessés parmi les agents de sécurité de l'école et les policiers. Les organisateurs seraient des combattants du groupe extrémiste "Boko Haram" ou "État islamique en Afrique de l'Ouest".

Sur ordre des autorités nigérianes, toutes les écoles ont été temporairement fermées dans l’État de Katsina. A l'heure actuelle est menée une opération pour retrouver les enfants kidnappés et neutraliser les criminels.

Nous condamnons fermement cette nouvelle attaque de bandes radicales au Nigeria, reflétant la détérioration de la situation criminogène dans le pays dans l'ensemble. Nous soutenons les mesures prises par le gouvernement du Nigeria pour lutter contre les bandes et les groupes terroristes.

 

Sur la révision de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

 

Plusieurs médias occidentaux continuent de publier des articles appelant à "repenser", plus exactement à repenser l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

En témoigne un récent reportage de la radio suisse SRF 4 News. Critiquant les actions du Comité d'enquête russe dans le cadre de l'enquête sur le génocide des habitants de Stalingrad par les nazis en 1942-1943, les journalistes concluent que dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale la Russie serait "aveugle par rapport à ses propres crimes".

Ce n'est pas la première fois que des journalistes occidentaux cherchent à retirer de l'ordre du jour la question de l'immense préjudice causé aux peuples de l'Union soviétique par les occupants hitlériens et leurs alliés des pays satellites. Dans l'impossibilité de nier les crimes des occupants, les médias occidentaux de masse tentent de détourner l'attention en substituant les notions, en déformant les faits et en mentant. La tendance "à la mode" dans certains milieux consiste à rejeter une responsabilité égale sur l'Allemagne nazie et sur l'Union soviétique pour le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, à diminuer le rôle de l'Armée rouge et des citoyens soviétiques dans la victoire contre le fascisme et, au contraire, à se focaliser sur certains épisodes controversés qui sont interprétés sous un angle clairement russophobe. L'objectif final de ces efforts propagandistes est clair et évident: mettre au même niveau l'Union soviétique et le Troisième Reich pour déprécier le rôle de l'URSS, qui a perdu 27 millions de citoyens, dans la lutte antifasciste.

Cette campagne de désinformation vise à revoir l'histoire de manière inconditionnelle, à déformer l'image de la Russie aux yeux des habitants des pays du monde occidental. Poussés par la réalisation des objectifs et des intérêts conjoncturels du moment, les instigateurs de ces actions ne se rendent pas compte des conséquences irréversibles à long terme de leurs actes.

La déformation du rôle de l'Union soviétique dans la victoire contre le fascisme remet en question la compréhension globale de la nature de la Seconde Guerre mondiale, crée des prémisses à la réhabilitation du fascisme et du nazisme dans la conscience des masses et, en conséquence, à leur réincarnation.

Dans les pays où de tels articles sont publiés, le public, les journalistes et la communauté professionnelle des historiens doivent analyser la situation et comprendre quels mouvements, opinions et partis politiques sont les plus soutenus, et lesquels montent encore en puissance. Si l'on se pose la question et que l'on y répond honnêtement, la conclusion n'est pas rassurante. Les expériences de réécriture de l'histoire risquent de reproduire ce qui s'est passé au milieu du XXe siècle, mais cette fois sur un nouveau terrain et avec de nouvelles forces. L'Europe est-elle prête à cela? En a-t-elle besoin? Où cherchera-t-on ensuite le vaccin contre ces maladies historiques? Je pense que c'est une bonne raison pour analyser la situation dans les pays européens, sur le continent européen, notamment après de telles publications. Les journalistes de SRF 4 News doivent certainement se souvenir des projets d'Hitler de prendre la Suisse: l'opération Tannenbaum. C'est seulement grâce à la victoire de la coalition antihitlérienne à laquelle l'URSS a apporté une contribution décisive que ces projets n'ont pas été réalisés. Les journalistes se souviennent probablement et sont au courant de cette opération. Peut-être souhaitent-ils sa réincarnation et soutiennent-ils de telles opinions? Dans ce cas dites-le vous et dites-le nous honnêtement

La déformation de la mémoire de l'histoire réelle de la Seconde Guerre mondiale, l'oubli de ses leçons n'est pas seulement un crime contre les dizaines de millions de gens qui, à travers le monde, ont combattu le fascisme et ont donné leur vie dans cette bataille. C'est une bombe à retardement placée sous l'ordre mondial contemporain créant des risques pour tout le monde, y compris les pays de l'Occident et notamment l'Europe.

 

Sur le déplacement d'une partie de la "Flamme éternelle"

 

Lundi 14 décembre 2020 s'est déroulée la cérémonie de déplacement d'une partie de la "Flamme éternelle" depuis la "Tombe du Soldat inconnu" du jardin Alexandre à Moscou vers la capitale serbe, Belgrade. Cet événement était assimilé à la fin de l'Année de la mémoire et de la gloire annoncée par le Président russe Vladimir Poutine. Avec la contribution de la Société historique russe, de la Société historique militaire russe et avec la participation directe de la garde d'honneur et de l'orchestre militaire, un flambeau a été allumé avec la flamme pour être transporté vers la Serbie.

Le 15 décembre, le flambeau a été amené par une délégation russe de Moscou à Belgrade par un vol spécial du Ministère russe de la Défense. La flamme a été déposée dans la composition sculpturale et architecturale "Flamme éternelle" près du Mémorial aux libérateurs de Belgrade, où s'est déroulée une cérémonie solennelle d'allumage de la flamme assimilée au 75e anniversaire de la Grande Victoire. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a participé à cet événement.

Les détails sur cet événement historique ont été publiés sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères et sur nos réseaux sociaux. L'apparition de la première "Flamme éternelle" à Belgrade témoigne de la continuité des traditions de fraternité d'armes entre la Russie et la Serbie, posées pendant la bataille des guerriers soviétiques et yougoslaves contre le fascisme, ainsi que de l'attachement des deux pays à la préservation de la vérité historique sur le rôle de nos peuples dans la libération de l'Europe du fascisme.

La "Flamme éternelle" de l'ensemble architectural commémoratif "Tombe du Soldat inconnu" du jardin Alexandre à Moscou a été allumée le 8 mai 1967. Depuis le premier jour, la "Flamme éternelle" est entretenue par les collaborateurs de Mosgaz. A ce travail participent seulement les plus expérimentés et les meilleurs spécialistes.  C'est grâce à des solutions technologiques uniques, qui assurent une flamme stable quelle que soit la météo, que la "Flamme éternelle" ne s'éteint pas. Le feu sacré ne peut pas être éteint par le feu, recouvert de neige ou noyé par la pluie.

Un équipement unique a été utilisé pour la cérémonie solennelle de déplacement d'une partie de la "Flamme éternelle" depuis la "Tombe du Soldat inconnu" vers Belgrade: un flambeau conçu par les spécialistes de Mosgaz afin de transporter la flamme jusqu'au mémorial et un dispositif de transport de la flamme utilisé pour la première fois pendant l'action panrusse du "Relais de la Flamme éternelle" assimilé au 70e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique. La "Flamme éternelle" avait traversé 26 régions de la Fédération de Russie à l'époque. 

Depuis, cette technologie a prouvé plusieurs fois son efficacité et sa sécurité. Ainsi, avec la participation des spécialistes du gaz de Moscou, en septembre 2019 s'est tenue une cérémonie solennelle de déplacement de la "Flamme éternelle" de la "Tombe du Soldat inconnu" dans la capitale slovène, Ljubljana - la première fois de l'histoire qu'une partie de la Flamme éternelle était déplacée dans une capitale européenne qui ne faisait pas partie de l'URSS. Les mêmes technologies infaillibles ont été utilisées pendant la cérémonie de remise d'une partie de la "Flamme éternelle" à Obninsk dans la région de Kalouga (2019), et à la ville-héros de Toula (2020).

 

Sur l'ouverture à Pékin de l'exposition photo "La Grande Guerre patriotique dans l'objectif des femmes correspondantes"

 

Dimanche 13 décembre, au Mémorial de la guerre de résistance du peuple chinois du Japon, s'est ouverte l'exposition photo "La Grande Guerre patriotique dans l'objectif des femmes correspondantes" consacrée au 75e anniversaire de la Victoire. Les photos exposées n'ont pas de prix, elles sont uniques et présentées pour la première fois à l'étranger.

A la cérémonie solennelle d'ouverture de l'exposition ont participé des représentants du Ministère des Affaires étrangères de la Chine, ainsi que des cercles politiques et sociaux de Pékin. Cet événement a eu une grande résonance en Chine et a démontré une nouvelle fois la vision commune que nous partageons avec les partenaires chinois des événements de l'époque, et notre disposition à lutter fermement contre toutes les tentatives de falsifier l'histoire et de réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale.

 

Sur la Journée de commémoration des journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions

 

Hier, le 15 décembre, été célébrée la Journée de commémoration des journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions. Cette date a été instaurée en 1991 par l'Union des journalistes russes après la mort du correspondant de la télévision russe Viktor Noguine et du cadreur Guennadi Kourennoï lors des bombardements en Yougoslavie. Depuis, chaque 15 décembre, nous rendons hommage aux reporters, aux photographes, aux opérateurs de télévision qui ont donné leur vie en accomplissant leur devoir professionnel.

Selon l'Onu, entre 2006 et 2019 près de 1.200 journalistes ont été tués. Ces statistiques tragiques augmentent aussi à cause de la mort de journalistes qui font leur travail non seulement dans le cadre de conflits armés, mais également en temps de paix.

La Russie accorde une attention particulière à la sécurité des journalistes, au problème de l'impunité des crimes commis contre eux et à la nécessité d'empêcher de tels actes. Nous faisons tout pour traduire en justice les coupables d'entrave à l'activité professionnelle des journalistes, nous surveillons les infractions à leur encontre, nous coopérons en ce sens avec l'OSCE et l'Unesco.

La situation de la sécurité des journalistes en Ukraine continue de susciter une sérieuse préoccupation - à raison. La Russie a attiré plusieurs fois l'attention de la communauté internationale sur les dangereuses tendances qui se traduisent à la fois par la censure non dissimulée et par les grossières violations des droits des journalistes, allant jusqu'à leur élimination physique.

Il n'y a toujours aucun progrès dans les enquêtes sur l'assassinat des journalistes Anatoli Klian, Anton Volochine, Igor Korneliouk, Andreï Stenine, Andrea Rocchelli, Oles Bouzina, Sergueï Dolgov, Viatcheslav Veremi, Pavel Cheremet et d'autres. Des journalistes continuent de subir en Ukraine des violences physiques à l'initiative factuelle de Kiev, qui s'est lancé depuis longtemps sur la voie de la répression des médias, des journalistes et de la dissidence.

Les nombreuses violations des droits des journalistes dans les pays baltes sont alarmantes. En 2019, des députés lituaniens ont appelé à bloquer l'accès au site de Sputnik Lituanie sur le territoire de la République, et le rédacteur en chef de l'agence de presse Marat Kassem a été arrêté et expulsé du pays pour cinq ans. Depuis le 1er janvier 2020, les collaborateurs de Sputnik Estonie ont cessé leur travail sous peine de poursuite pénales. La situation en Lettonie est tout aussi grave: la diffusion de sept chaînes de RT a été bloquée, la "Première chaîne balte" a été fermée. En décembre 2020, des journalistes du bureau de Sputnik à Riga ont fait l'objet d'interpellations, d'interrogatoires et de perquisitions, des accusations pénales ont été avancées. En même temps a été organisé le lynchage des journalistes russophones de l'agence de presse Baltnews.

Le 30 juillet 2018, en Centrafrique, suite à une attaque d'inconnus, trois journalistes russes ont été tués: Orkhan Jemal, Alexandre Rastorgouev et Kirill Radtchenko. Cette tragédie s'est produite sur le territoire non contrôlé aux abords de la ville de Sibut (190 km au nord de la capitale centrafricaine de Bangui), qui se trouve dans la zone d'un conflit de longue date entre des groupes armés illégaux. Le Comité d'enquête russe, qui a ouvert une enquête pénale pour homicide, la mène conjointement avec les autorités centrafricaines compétentes.

En 2020, pour la troisième fois, a été remis à des journalistes le prix international Khaled al-Khatib pour les meilleures photos dans les zones de conflit armé. Ce prix a été créé en hommage au correspondant éponyme de la section arabe de la chaîne RT, tué en Syrie en 2017, à 25 ans, dans un bombardement perpétré par des terroristes. Dans ses reportages, Khaled al-Khatib couvrait les combats des forces gouvernementales syriennes contre les terroristes. En 2018, le Président russe Vladimir Poutine a signé un décret pour remettre la médaille "Pour la bravoure" à titre posthume au journaliste, qui a été transmise à sa famille.

 

Sur la situation des journalistes russes et russophones en Lettonie

 

Nous remarquons de nouveau que les organisations juridiques internationales s'obstinent à garder le silence (apparemment, elles le font consciemment) concernant une nouvelle atteinte à la liberté de la presse et à la langue russe de la part des autorités lettones.

Je voudrais rappeler que le 3 décembre 2020, le Service de la sécurité d’État letton a arrêté, interrogé, ainsi que perquisitionné et saisi le matériel et l'argent de sept journalistes russophones de Sputnik Lettonie et du site d'information Baltnews. Ils sont poursuivis pénalement.

Malgré nos appels publics à élucider la situation, les entretiens des représentants diplomatiques de la Russie à l'étranger auprès des structures concernées, des organisations internationales, ainsi que la discussion de ce sujet au Conseil permanent de l'OSCE, nous n'avons pas constaté d'avis officiels sur cette violation arrogante de la liberté d'expression.

Nous réitérons notre appel aux organisations internationales spécialisées dans la protection des droits des journalistes, la liberté d'expression, à donner leur avis impartial sur la situation.

Les tentatives des autorités lettones de justifier ce qui se passe ne sont pas convaincantes, car il est impossible de justifier cet obscurantisme. On ne peut pas prétendre que les poursuites pénales contre les correspondants qui écrivent des articles pour Sputnik seraient liées aux sanctions personnelles unilatérales de l'UE, qui, je le rappelle, sont illégitimes, contre le directeur général de l'agence de presse Rossiya Segodnya Dmitri Kisselev. Il était honteux pour les collègues lettons que sous prétexte de ces mêmes sanctions contre Dmitri Kisselev ils ont interdit la diffusion de sept chaînes du holding RT, qui n'a rien à voir avec Dmitri Kisselev.

Nos contacts au sein des différentes structures internationales confirment que les médias russes diffusés dans des langues étrangères sont très populaires à l'étranger, suscitent de plus en plus d'intérêt, notamment parmi les responsables internationaux du plus haut niveau. Ce sont des sources d'information de qualité - une information non engagée et diversifiée. On peut être d'accord ou non, mais elles présentent les résultats d'un travail professionnel. Le mainstream occidental a sa propre vision du pluralisme d'opinions. C'est peut-être la raison pour laquelle ils ne peuvent opposer concurrence que quand le "chœur" est assuré par les autorités de leurs pays par de telles méthodes de répression contre les concurrents.

Nous voyons une nouvelle fois comment la communauté des "communautés occidentales" "couvre" ses partenaires cadets dans des affaires déloyales. Nous avons mis en garde plusieurs fois la direction des organisations responsables du suivi des violations des droits de l'homme contre cette pratique vicieuse. C'est une véritable "omerta". Elle compromet la notion même de démocratie dont parle tant l'Occident, et met à mal la réputation des organisations qui doivent protéger cette démocratie, qui se font passer pour des défenseurs de la démocratie.

Je ne peux pas passer à côté du fait que la Lettonie a engagé des démarches concrètes contre la liberté d'expression et pour éradiquer la russophonie dans le contexte de la campagne organisée en UE visant à combattre la mythique "désinformation" émanant, selon eux, de notre pays. Bruxelles voit partout la "main du Kremlin". Alors que les sanctions illégitimes de l'UE, dans le silence le plus total des structures européennes, sont interprétées de manière élargie par la Lettonie pour régler des comptes politiques avec les porteurs de la langue "non nationale" et les opinions indésirables. Il s'avère que l'intégration européenne, appelée à réconcilier les peuples d'Europe, entraîne des résultats inverses en pratique dans cette partie du continent: la répression de la dissidence et la violation de la diversité culturelle et linguistique.

 

Sur l'étude de la compétitivité de la langue russe préparée par l'Institut Pouchkine de la langue russe

 

Une étude très intéressante de la compétitivité de la langue russe a été menée par l'Institut Pouchkine de la langue russe. Les experts de l'Institut d’État Pouchkine de la langue russe ont préparé une nouvelle étude de la compétitivité globale du russe et de sa persistance dans les pays de l'espace postsoviétique.

Une telle étude était sollicitée en l'absence de synthèse objective permettant d'évaluer correctement comment la situation de la langue russe avait évolué dans l'ensemble pour une période donnée, dans un pays à part, dans une région ou au niveau mondial.

En 2020, des experts de l'Institut Pouchkine ont mené une observation et une étude comparative du russe et de 11 autres langues mondiales les plus compétitives, ainsi qu'une étude comparative de la situation du russe dans les pays de l'espace postsoviétique.

Cette étude a systématisé pour la première fois les informations sur le fonctionnement du russe dans les secteurs tels que les communications publiques, les médias, l'éducation, la science, internet. Les experts estiment que l'étude menée, basée sur des indicateurs mesurables précis, sur des résultats et des faits reliés à des pays étrangers concrets, sera utile dans la détermination des priorités de l’État dans le domaine de la politique linguistique.

Il est possible de consulter l'étude "Index de la situation de la langue russe dans le monde" sur le site de l'Institut. Un lien sera publié dans la version texte de la conférence de presse.

Je n'ai pas mentionné cette étude en tant que vérité de dernière instance, mais précisément en tant que regard scientifique sur un sujet souvent évoqué.

 

Sur le déploiement de l'arme nucléaire américaine sur le sol européen

 

Nous avons remarqué que le Parlement néerlandais avait récemment soulevé la question de la présence de bombes aériennes nucléaires américaines sur le territoire de ce pays. Comme l'ont noté les commentateurs, la ministre de la Défense Ank Bijleveld n'a pas pu répondre de manière convaincante aux questions posées à ce sujet.

On ne peut que compatir avec la ministre néerlandaise de la Défense. D'un côté, le gouvernement dont elle est membre annonce ouvertement son attachement à l'objectif d'instaurer un monde non nucléaire, et de l'autre il met son territoire à disposition de l'arme nucléaire américaine, assure une participation active des forces armées néerlandaises aux entraînements impliquant l'entraînement des compétences pour leur usage opérationnel.

Il faut rappeler une nouvelle fois que les "missions nucléaires conjointes" de l'Otan, auxquelles participent notamment les Pays-Bas, sont directement contraires aux termes fondamentaux du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), plus précisément ses articles I et II. De plus, les pays non nucléaires où sont stockées les armes nucléaires enfreignent leurs accords sur les garanties avec l'AIEA.

La situation autour de l'arme nucléaire américaine en Europe suscite une très grande préoccupation aussi bien dans le contexte stratégique que du point de vue de la garantie de l'autorité et de la viabilité du TNP et de son régime de non-prolifération. Cet aspect prend une signification particulière à l'approche de la Conférence d'examen de ce Traité l'an prochain.

Nous sommes certains que ce problème très grave n'a qu'une seule solution réaliste, qui doit prévoir le retour de toutes les armes nucléaires américaines sur le territoire américain, la suppression de l'infrastructure permettant de stocker, d'entretenir et de déployer rapidement cette arme dans les pays européens de l'Otan, ainsi que l'abandon des entraînements et des exercices liés à la formation à l'usage de l'arme nucléaire par les effectifs des forces armées des pays non nucléaires de l'Alliance.

 

Sur l'évolution de la situation à la Cour pénale internationale

 

Le 10 décembre 2020, la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Mme Bensouda, a annoncé la fin de l'examen préliminaire de la situation en Ukraine et la présence de motifs suffisants pour initier une enquête officielle. Dès le départ, les matériaux du Parquet ont montré que cette structure ne comprenait rien aux réalités qui s'étaient instaurées après le coup d’État anticonstitutionnel en Ukraine. Dans ces dossiers sont ensuite apparus des passages odieux sur "l'occupation" de la Crimée et bien d'autres choses de ce genre. A partir d'informations reçues de Kiev, le Parquet a décidé que la justice ukrainienne était capable d'enquêter elle-même sur les crimes des militaires et des nationalistes ukrainiens dans le Sud-Est du pays.

Il est évident qu'il ne faut pas compter sur un examen impartial et professionnel, à La Haye, des événements qui se sont déroulé sur le Maïdan, ni sur l'inculpation des responsables de la tragédie d'Odessa et de la mort de civils suite à ladite "opération antiterroriste".

Sur cette toile de fond paraît particulièrement cynique une autre décision du Parquet rendue à la veille de sa déclaration sur le dossier ukrainien: le 9 décembre 2020, Mme Bensouda a déclaré qu'elle mettait fin à l'examen des crimes des militaires britanniques en Irak.

Dans le rapport sur cette affaire, le Parquet mentionne les preuves de l'inadéquation des mécanismes d'enquête nationaux britanniques. Malgré des milliers de témoignages de crimes commis obtenus par l'enquête britannique en presque 10 ans, selon le rapport aucun militaire n'a été poursuivi. La CPI a également reconnu de facto que les autorités britanniques avaient négligé dans de nombreux cas les preuves des crimes et bloqué l'enquête sur le rôle du commandement.

Paradoxalement, au final le Parquet, sans aucune gêne, a reconnu la décision de clore le dossier irakien en prétendant qu'il devait faire l'objet d'une enquête par les Britanniques eux-mêmes. A première vue, c'est une absence totale de logique. Mais souvenons-nous de l'expérience amère de l'enquête sur la situation en Afghanistan à la CPI. Je rappelle qu'elle a conduit à des sanctions des États-Unis contre le personnel de la Cour, dont Mme Bensouda. La Haye a visiblement retenu cette "leçon".

Nous avons parlé plusieurs fois de l'inefficacité de la CPI. Les récents événements autour des dossiers ukrainien et irakien confirment de nouveau qu'il ne faut pas s'attendre à une approche professionnelle mais à des doubles standards et à une peur des sanctions.

La Russie ne participe pas au Statut de Rome de la CPI et ne reconnaît pas la juridiction de cette Cour. Nous voyons une nouvelle fois l'inconsistance de cet organe dont l'activité discrédite l'idée même de justice pénale internationale.

 

Sur l'interaction avec l'Alliance des civilisations des Nations unies

 

Une place particulière dans la promotion du dialogue et du partenariat entre les cultures, les religions et les civilisations revient à l'Organisation des Nations unies et à l'Alliance des civilisations de l'Onu (UNAOC) fondée en 2005. La Fédération de Russie avait initialement soutenu l'idée de créer l'UNAOC, et participé lors de la première étape à sa réalisation en tant que membre du Groupe de haut niveau auprès du Secrétariat général de l'Onu, et à la fin de son travail en novembre 2006 en tant que membre du Groupe des amis de l'Alliance des civilisations (GAAC). Le 8e Forum global, dernier en date, s'est tenu les 19 et 20 novembre 2018 au siège de l'Onu à New York. Une délégation russe y a participé sous la direction de Konstantin Chouvalov, Représentant spécial du Ministère russe des Affaires étrangères pour la coopération avec l'Alliance des civilisations, Ambassadeur itinérant.

Nous prônons la participation de l'UNAOC et de celui qui dirige cette structure - le Haut-représentant du Secrétaire général de l'Onu Miguel Moratinos - à toutes les initiatives visant à trouver une entente entre les représentants des différentes confessions et cultures. En particulier, nous soutenons sa participation active à la préparation de la Conférence mondiale des chefs d’État, des députés et des représentants des religions mondiales pour le dialogue interculturel et interreligieux pour la paix et l'humanité qu'il est prévu d'organiser en mai 2022 en Russie au niveau de l'Union interparlementaire et sous l'égide de l'Onu. Dans le cadre du travail de l'Assemblée générale des Nations unies sur la culture de la paix, ainsi qu'en mettant au point les projets de résolution correspondant à l'agenda de l'Assemblée générale des Nations unies, nous soulignons la nécessité de tenir compte du rôle important de l'UNAOC dans le développement du multiculturalisme, de la tolérance ethnique et religieuse des pays.

 

Sur la nomination de Manizha Sanguine au poste d'ambassadrice de bonne volonté du HCR de l'Onu

 

Nous saluons la nomination par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de Manizha Sanguine, chanteuse, musicienne et célébrité en tant que première ambassadrice russe de bonne volonté.

Cette décision, qui a été annoncée le 14 décembre, jour du 70e anniversaire du HCR, reflète le rôle grandissant de notre pays dans le règlement des problèmes des réfugiés et des migrants forcés dans le monde entier.

Les obligations de l'ambassadeur de bonne volonté du HCR consistent à attirer activement l'attention publique sur les déplacements forcés de populations, ainsi qu'à participer aux différentes activités thématiques.

Nous espérons que l'activité de Manizha Sanguine en tant qu'ambassadrice de bonne volonté du HCR contribuera à réaliser les objectifs et les tâches du HCR en bonne et due forme.

 

Sur les voyages de presse organisés pour les journalistes étrangers en 2020

 

Vous le savez, depuis quatre ans l'une des cartes de visite du Département de l'information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères est l'organisation de voyages de presse pour les journalistes étrangers dans les régions de la Fédération de Russie.

Malheureusement, cette année la pandémie de coronavirus a apporté des restrictions à la réalisation de ce projet. Néanmoins, en allant dans le sens des nombreuses requêtes des journalistes et compte tenu de la situation épidémiologique dans les régions concernées, nous avons réussi à organiser deux voyages de presse: dans la région de Transbaïkalie et dans la région de Sakhaline, avec la participation de journalistes et de cadreurs d'Islande, de Chine, de République de Corée, de Syrie, de Slovénie, d'Ouzbékistan et d’Équateur.

Les participants aux voyages de presse se sont familiarisés avec l'histoire et les traditions de ces régions, leur potentiel touristique, naturel et économique, ont rencontré les représentants officiels et les journalistes locaux, et ont échangé avec leurs homologues.

Ces voyages se sont traduits concrètement par des interviews des dirigeants de ces régions de la Fédération de Russie, la préparation de reportages pour les médias étrangers, ainsi que des accords d'échange d'expérience de travail et de contenu avec les publications régionales.

A l'issue des voyages de presse, nous publions à chaque fois de brefs communiqués sur les pages du Ministère russe des Affaires étrangères et de ses représentations territoriales sur les réseaux sociaux. Les liens seront publiés dans la version texte de la conférence de presse.

En 2021, il est prévu de poursuivre la pratique des voyages de presse. Bien sûr, si la situation épidémiologique le permet. Nous tiendrons compte dans la mesure du possible des demandes des journalistes étrangers concernant les itinéraires et les programmes des voyages, et nous apporterons la contribution nécessaire. Nous sommes prêts à prendre en compte les intérêts non seulement des journalistes étrangers, mais également des régions de la Fédération de Russie. Si vous voulez accueillir chez vous des correspondants étrangers, si vous avez des choses à dire, des exploits à partager, alors dites-le nous et nous organiserons un tel voyage.

 

Sur les sanctions contre le FC Akhmat Grozny

 

Le Ministère russe des Affaires étrangères s'était déjà exprimé sur les sanctions unilatérales de Washington. Notre position n'a pas changé. Mais cette fois, en inscrivant sur la liste des sanctions le club de football de la Première ligue russe Akhmat Grozny, les collègues américains se sont surpassés et ont été à l'encontre du bon sens. Je ne me souviens de rien de tel. Akhmat Grozny est le seul club au monde à faire l'objet de sanctions américaines.

Maintenant, tous ceux qui sont concernés par les sanctions américaines ont la possibilité de supporter leur propre club de football, également frappé par des sanctions.

Mais il existe une autre dimension, plus sérieuse. Nous pensons que l'UEFA et la FIFA, les plus grandes associations sportives internationales, doivent, dans le cadre de leurs compétences, exprimer leur avis en montrant à Washington sa place dans le monde du sport. Nous espérons que ces structures sportives internationales auront suffisamment de courage et de maturité pour faire de telles déclarations.

 

Sur la célébration de la Journée de la proclamation de la République du Niger

 

Le 18 décembre, le Niger célèbre la Journée de la proclamation de la République.

Le peuple nigérien amical a franchi un parcours difficile de la lutte pour l'indépendance nationale et la souveraineté. Depuis la fin du XIXe siècle, la France s'emparait activement des territoires du Niger contemporain. Les actions des colonisateurs français se sont accompagnées de violences et de répressions envers la population locale. La colonisation définitive du Niger a été instaurée en 1922. Il est resté l'une des possessions françaises les plus pauvres, ne recevant qu'une partie insignifiante des subventions et aides de la métropole. Les foyers du mouvement de libération nationale, qui apparaissaient périodiquement, étaient violemment écrasés. Mais en 1951, les forces patriotiques ont réussi à créer, malgré les persécutions et les répressions, le parti politique Union démocratique nigérienne, qui a proclamé sa ligne visant à se libérer des colonisateurs. En 1958, après un référendum, le Niger a été proclamé république autonome au sein de la Communauté française, qu'il a quittée en août 1960 pour devenir un État indépendant à part entière.

A l'étape actuelle, le pays avance sur la voie de la construction d'une société démocratique et réalise efficacement ses objectifs de développement socioéconomique. Le Niger joue un rôle de plus en plus actif dans la vie politique sur le continent africain, participe activement au règlement des problèmes de sécurité régionale, et apporte une grande contribution aux efforts collectifs pour lutter contre le terrorisme dans la région du Sahara-Sahel.

Nous voulons féliciter le gouvernement et la population du Niger ami pour l'une de ses principales fêtes nationales, et souhaiter aux citoyens de la République de nouveaux exploits, la paix, la prospérité et le bien-être.

 

Réponses aux questions:

Question: L'Azerbaïdjan et l'Arménie ont accepté un échange de prisonniers selon le principe "tous contre tous", et avec la médiation des casques bleus russes cet échange a eu lieu. Peut-on considérer ce processus comme achevé ou est-il encore en cours de développement?

Réponse: Hier, le général Roustam Mouradov, commandant des casques bleus au Haut-Karabakh, a parlé en détail de l'échange de prisonniers selon le principe "tous contre tous" entre Bakou et Erevan. "Conformément à la Déclaration trilatérale des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020, les prisonniers ont été échangés selon le principe "tous contre tous". Cela a été précédé par un grand travail préparatoire mené par les casques bleus russes avec les autorités azéries et arméniennes. L'aviation russe a envoyé et transmis 12 personnes aux représentants des autorités compétentes azéries. Les autorités azéries ont rendu 44 prisonniers, ils sont arrivés sur l'aérodrome d'Erebouni. Les casques bleus russes continueront de contribuer à la mise en œuvre inconditionnelle de l'accord trilatéral".

Le processus d'échange de prisonniers se poursuit.

Question: Pouvez-vous expliquer les fonctions actuelles du "trio" de coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE pour le processus de paix du Haut-Karabakh en période post-conflit? Quelles sont les missions du Groupe en ce moment et quelles seront-elles à l'avenir sachant que c'est la Russie qui a contribué au règlement du conflit? Ne serait-il pas plus efficace de résoudre les questions qui émergent via le "trio" Russie-Azerbaïdjan-Arménie? Faut-il considérer que le travail du Groupe de Minsk est de remplir les objectifs de la Déclaration trilatérale des dirigeants du 9 novembre 2020? Peut-être qu'il "débouchera" sur la résolution de questions qui auraient pu être réglées plus tard dans le cadre de cette Déclaration? En particulier, cela a été constaté dans la déclaration des chefs de délégation  des pays coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE le 3 décembre 2020 à l'issue du Conseil des ministres des Affaires étrangères à Tirana. Il y est indiqué que l'Azerbaïdjan et l'Arménie devraient élaborer un accord de paix durable et régler toutes les questions restantes. Quels sont les objectifs concrets du Groupe de Minsk à cet égard?

Réponse: Je vous suggère de vous adresser au Groupe de Minsk de l'OSCE.

Compte tenu de l'ampleur de la Déclaration des trois dirigeants du 9 novembre 2020, c'est justement à l'étape actuelle que se déroule le processus de mise en œuvre, d'une part, et de l'autre une "mise au point" de toutes les structures et organisations internationales censées régler les problèmes dans le cadre de leurs pouvoirs et compétences.

Il faut du temps pour mettre au point et institutionnaliser ces processus. C'est précisément ce que tout le monde fait en ce moment. Les problèmes auxquels a été confrontée la région sont très nombreux. Ils concernent des secteurs très différents: les questions humanitaires, la situation des réfugiés, les sites culturels, la sécurité, le déminage. A l'étape actuelle, le processus de mise en place de chaque segment du règlement est en cours sur leurs axes respectifs.

Aussi bien le Groupe de Minsk de l'OSCE, qui s'occupe actuellement de la détermination des axes et des démarches, que d'autres structures internationales et organisations de médiation (le CICR, par exemple), peuvent jouer un rôle dans le règlement global de la situation.

Question: Du 12 au 13 décembre 2020, l'armée azérie a enfreint le cessez-le-feu dans la partie occidentale de la région de Hadrout. Il y a des blessés côté arménien. La violation du cessez-le-feu par l'Azerbaïdjan en présence des casques bleus russes n'a-t-elle pas pour objectif de discréditer la mission russe de maintien de la paix en remettant en question la Déclaration trilatérale?

Réponse: La Russie fait tout pour rétablir une paix durable et solide dans la région. Nous partons du principe que les belligérants visent les mêmes objectifs.

Question: Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE sont arrivés à Bakou dans le cadre d'une visite de la région le 12 décembre 2020. Le Président azéri Ilham Aliev a déclaré qu'il ne les avait pas invités. Le ton dur d'Ilham Aliev ne signifie-t-il pas que l'Azerbaïdjan commence un sabotage contre le Groupe de Minsk de l'OSCE? Pourquoi le coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE Igor Popov n'a-t-il pas participé à cette visite?

Réponse: Les questions concernant les démarches des autorités azéries doivent être adressées à Bakou.

La Russie était représentée à Erevan et à Bakou par l'Ambassadeur de Russie en Azerbaïdjan Mikhaïl Botcharnikov et le chargé d'affaires par intérim de la Russie en Arménie, Alexeï Sinegoubov. Je ne pense pas devoir expliquer pourquoi la délégation russe a été ainsi constituée. Il y a des raisons à cela, qui n'ont rien de conspirationniste. N'y cherchez pas une profonde connotation politique.

Question: Le vice-président du Parlement azéri Adil Aliev a déclaré que les casques bleus russes n'avaient pas le droit de défendre les villages où des unités turco-azéries avaient tenté de pénétrer la veille. "La Russie n'a pas le droit de s'ingérer dans l'opération antiterroriste des services spéciaux azéris au Haut-Karabakh et subira de lourdes pertes avec l'Arménie", a-t-il écrit sur sa page Facebook. Que pensez-vous de telles déclarations?

Réponse: Nous l'avons commenté plusieurs fois dans le contexte d'autres déclarations de différents hommes politiques. Nous partons du principe que toutes les déclarations faites directement par les parties en conflit (même s'il m'est plus agréable de les appeler parties du règlement) et d'autres acteurs régionaux et en dehors de la région doivent viser l'objectif principal: une paix durable et un règlement à part entière. Chaque déclaration doit être perçue sous le prisme de l'utilité ou de la nuisance qu'elle peut apporter.

Nous partons du principe qu'un travail crucial et très difficile a été réalisé et qu'il faut peser chaque mot, se demander pourquoi il est prononcé.

Tout ce qui concerne les détails concrets, les pouvoirs, la situation sur le terrain, les obligations fonctionnelles, les zones de responsabilité: toutes ces questions peuvent et doivent être réglées par un travail entre les parties. Nous menons et soutenons le dialogue à la fois avec Bakou et avec Erevan via tous les canaux qui existent. Toutes les questions doivent être réglées dans ce sens précis.

Question: Le Président russe Vladimir Poutine a félicité Joe Biden pour sa victoire à l'élection américaine. La victoire de Joe Biden pourrait-elle influencer la participation des deux pays à la réconciliation nationale en Afghanistan?

Réponse: Ces dernières années, entre la Fédération de Russie et les États-Unis a été établi un dialogue constructif sur le processus de paix en Afghanistan. Les contacts ont été maintenus en permanence au niveau des représentants spéciaux, et depuis 2019, avec les partenaires chinois et pakistanais, fonctionne un format de "trio" élargi, qui a prouvé son efficacité et sa nécessité dans la contribution au règlement pacifique du conflit interafghan.

Nous espérons qu'avec l'arrivée au pouvoir du nouveau président des États-Unis les contacts russo-américains seront poursuivis pour rétablir au plus vite la paix en Afghanistan, ainsi que pour neutraliser les menaces liées au terrorisme, à l'extrémisme et au trafic de stupéfiants qui émanent du territoire de ce pays.

Question: La Grèce parle depuis longtemps de l'achat de systèmes antiaériens S-400 par la Turquie. Certains pensent que cela enfreint l'équilibre des forces en mer d’Égée, c'est pourquoi les sanctions américaines étaient perçues comme une punition juste contre Ankara. Quelle est l'approche de la Russie concernant ces sanctions? Y aura-t-il une réaction de la Russie?

Réponse: Vous pensez donc que les sanctions annoncées par les États-Unis concernant le contrat des S-400 sont liées aux actions de la Turquie en Méditerranée?

Question: C'est l'avis d'une partie de l'opinion publique grecque.

Réponse: Alors vous disposez d'encore plus d'informations que les États-Unis eux-mêmes. Ils n'ont pas assimilé à cela cette décision de sanctions. Nous n'avons lu ni entendu nulle part que c'était la motivation de ces actes.

En l'occurrence, les États-Unis ont été très francs ces dernières années: ils ont d'abord tenté de dissuader la Turquie d'acheter les armements russes, puis, en brandissant la menace de sanctions, ont fait pression sur Ankara en faisant tout pour que ces systèmes ne soient pas achetés. Washington n'a caché ni ses motifs ni ses démarches.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lors de sa visite en Bosnie-Herzégovine le 14 décembre 2020, s'est déjà exprimé à ce sujet: "La partie américaine en parle depuis plus d'un an, c'est pourquoi cette situation ne nous surprend pas. C'est une nouvelle manifestation de l'attitude arrogante envers le droit international, de mesures de coercition illégitimes unilatérales utilisées par les États-Unis depuis des décennies. Cela n'ajoute pas d'autorité aux États-Unis sur la scène internationale en tant qu'acteur responsable de la répartition internationale du travail, notamment dans le domaine de la coopération militaro-technique." Voici une nouvelle manifestation de l'incapacité à opposer concurrence en jouant selon les règles. Des démarches supplémentaires sont nécessaires pour se garantir des avantages concurrentiels même si ces approches sont hors la loi. Cela concerne les sanctions unilatérales dans le domaine de l'industrie de l'armement.

Médias, armement, secteur énergétique, c'est le même concept partout: recourir à l'aide de telles actions illégitimes, de ses producteurs et de ses hommes d'affaires.

Récemment, Sergueï Lavrov a fourni un commentaire détaillé sur la situation en Méditerranée. Il a réitéré aujourd'hui son avis concernant les événements dans la région quand cette question lui a été posée.

 

 

 

 

 

 

 

 

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