Briefings du ministère des Affaires Etrangères

11 juin 202019:52

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 11 juin 2020

Point de situation sur le coronavirus

 

La dynamique de propagation du coronavirus dans le monde suit deux directions différentes. La stabilisation relative des indices européens fait contraste avec la situation épidémiologique globale affichant des signes d'éventuelle détérioration. Il s'agit avant tout d'informations d'organisations internationales. Le nombre total de personnes infectées dépasse déjà 7 millions de personnes. La dynamique moyenne de contamination s'est maintenue cette semaine au-dessus de la barre de 100.000 infectés par jour.

Les statistiques de morbidité sont en hausse dans les différents pays de l'Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu'en Asie du Sud. Ces régions représentent près de 75% de l'ensemble des nouveaux cas de contamination par le Covid-19. La situation est difficile en Asie centrale, dans certains pays d'Europe centrale, du Moyen-Orient et de l'Afrique. Selon plusieurs experts étrangers, la pandémie pourrait provoquer un sursaut d'instabilité internationale, de violence et de conflits intérieurs, et les économies de nombreux États pourraient subir un sérieux préjudice.

Récemment, lors de sa conférence de presse régulière, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé une nouvelle fois tous les États et organisations à consolider le potentiel existant pour lutter efficacement et résolument contre l'infection dangereuse et transfrontalière. Il a également appelé à faire preuve d'un optimisme prématuré, même les pays qui ont réussi à progresser réellement dans la lutte contre le nouveau défi, à localiser ses manifestations et conséquences négatives.

 

Sur l'aide russe aux pays d'Afrique dans la lutte contre la prolifération du coronavirus

 

En raison de la pandémie de coronavirus, la Russie a reçu des demandes d'aide de 29 pays d'Afrique, ainsi que de l'Union africaine, pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Jusqu'à maintenant une aide a été accordée à la République démocratique du Congo (28.000 unités de consommables de laboratoire et plus de 8.000 unités de moyens de protection individuelle), à Djibouti (plus de 20 modules médicaux polyvalents, des tentes et des équipements pour créer deux complexes médicaux), à l'Afrique du Sud (50 lots de tests), ainsi qu'à la Guinée (des tests pour 6.600 études). Les modalités sont à l'étude pour fournir des équipements et des matériaux médicaux à Conakry (Guinée) via la compagnie Rusal et Rospotrebnadzor.

De plus, en période de pandémie, des cargaisons alimentaires ont été envoyés à l'Union des Comores (172 tonnes) et à Madagascar (près de 500 tonnes).

Cette année, il est prévu de verser une contribution supplémentaire de 10 millions de dollars au fonds du Programme alimentaire mondial de l'Onu, qui sera répartie à part égale entre le Burundi, le Djibouti, la Somalie, la Sierra Leone et la Centrafrique, et d'allouer 10 millions de dollars à l'Organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture afin de lutter contre l'essaim de criquets en Afrique orientale (3 millions de dollars pour le Kenya, l'Ouganda et l’Éthiopie, et 1 million de dollars pour le Soudan du Sud).

Ce travail sera poursuivi.

 

Sur les nouvelles règles d'entrée en Fédération de Russie et de sortie des citoyens russes à l'étranger à des fins non touristiques

 

Je voudrais répondre à la question de nombreux journalistes, et avant tout des citoyens, concernant les nouvelles règles d'entrée en Fédération de Russie et de sortie des citoyens russes à l'étranger à des fins non touristiques.

Compte tenu de l'amélioration de la situation épidémiologique dans notre pays, ainsi que de nombreuses requêtes de citoyens et d'organisations reçues par le Centre opérationnel du gouvernement de la Fédération de Russie, le décret du gouvernement n°1511-r du 6 juin 2020 élargit les catégories d'individus autorisés à entrer en Fédération de Russie et à sortir du pays. Le site officiel du Ministère des Affaires étrangères publiera aujourd'hui une synthèse des décrets du gouvernement russe n°635-r et n°763-r sur les règles d'entrée en Russie et de sortie à l'étranger incluant les modifications.

 

Sur la contribution au rapatriement des citoyens russes

 

Je voudrais vous informer de l'évolution dans la contribution au rapatriement de nos citoyens. En une semaine, plus de 3.000 personnes ont été rapatriées par des vols de compagnies russes et étrangères de Tel-Aviv, du Caire, de Paris, de Bichkek, d'Ocha, de Bangkok, de New York, ainsi que d'Amérique latine - du Mexique du Chili, d'Argentine, du Brésil et de Cuba.

Le nombre total de citoyens rapatriés approche des 34.000 personnes. Il est question de citoyens qui ont exprimé leur désir de rentrer début avril, puis ont été inscrits sur les listes via le site Gosuslugi (Services publics) et ont été rapatriés grâce au fameux algorithme approuvé début avril.

Parmi les retours déjà réalisés je me dois de souligner le plus long vol de rapatriement jusqu'à présent avec une logistique très complexe. Selon nous, c'est un véritable succès. Voici l'itinéraire du vol: Moscou - La Havane - São Paulo - Buenos Aires - Santiago - La Havane - Moscou. Ce périple a demandé pratiquement quatre jours. Au total, il s'agissait de 416 passagers russes coincés au Brésil, au Chili, en Argentine, en Uruguay, en Bolivie, au Paraguay et à Cuba. Avec une histoire pour chacun d'eux. Le chemin le plus difficile a été franchi par nos compatriotes de Bolivie, qui ont fait 40 heures de route, et ce n'est que jusqu'à la capitale argentine, sans compter le temps de vol.

Ainsi, nous avons pratiquement clos le thème du rapatriement des citoyens russes des pays d'Amérique latine, à l'exception d'une région: les pays d'Amérique centrale (près de 180 personnes au total). Mais nous cherchons là également une solution optimale. Nous vous en informerons ultérieurement.

Je voudrais souligner que nous avons cherché à être les plus réceptifs possibles aux requêtes de nos amis et partenaires étrangers, notamment des pays de la CEI, en leur accordant la possibilité de profiter de ces vols.

A l'heure actuelle se déroule un vol tout aussi attendu du Cap, d'où un avion a déjà décollé avec 143 passagers, dont des citoyens russes qui ont rejoint l'Afrique du Sud depuis la Namibie, à destination du Maroc. Je rappelle qu'il s'agit du second vol de rapatriement d'Afrique du Sud.

 Littéralement hier, nous avons publié sur nos pages (le site et les réseaux sociaux du Ministère russe des Affaires étrangères) des informations détaillées pour les citoyens qui se trouvent dans les pays où auparavant, en période de pandémie, la communication aérienne directe avec la Russie était absente. Grâce à la réalisation efficace de l'algorithme actuel de rapatriement nous avons réussi à mettre au point et même à tester de nouveaux systèmes logistiques - les escales entre les vols réguliers de compagnies aériennes étrangères et les vols de rapatriement russes à partir de grands hubs de transport en Europe et en Asie. A présent, nos compatriotes qui se trouvent, par exemple, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada et à Singapour ont la possibilité réelle de revenir grâce à l'algorithme de rapatriement. Pour cela il suffit de s'adresser à la représentation diplomatique russe la plus proche, fournir les informations nécessaires, ainsi que de s'enregistrer sur un vol sur le site Gosuslugi. Nos collègues des ambassades et des consulats apporteront toute l'aide nécessaire compte tenu du nombre de places disponibles afin que les Russes puissent faire une escale dans les points de transit. C'est un travail en mode manuel très difficile et laborieux étant donné que les pays avec lesquels nous n'avons pas de communication aérienne directe ont leurs propres règles pour les déplacements et les sorties des citoyens à l'étranger. Tout cela nécessite effectivement une aide permanente de nos diplomates à l'étranger. Je répète que cette expérience a fait ses preuves. Elle est déjà appliquée depuis trois semaines. Des informations plus détaillées à ce sujet, je le rappelle, sont publiées sur nos sites et seront ensuite mises à jour sur les pages des établissements diplomatiques russes en fonction du calendrier des vols de rapatriement et des particularités sur place.

 

Sur la contribution des autorités géorgiennes au rapatriement de citoyens russes

 

Je partage avec joie l'information parue aujourd'hui. Je voudrais parler de la coopération fructueuse avec la Géorgie pour le rapatriement de citoyens russes.

Nous remercions les autorités géorgiennes pour l'aide au rapatriement par un vol spécial du Nigeria de trois citoyens russes, les marins V. Kreitsous, D. Sivokhine et O. Ordine. Leur contrat s'est terminé, la communication aérienne régulière entre la Russie et le Nigeria a été suspendue, et aucun vol de rapatriement n'était prévu depuis ce pays.

L'accord des collègues géorgiens pour faire embarquer des citoyens russes dans leur avion leur a permis ce 7 juin à se rendre de Lagos à Tbilissi, où ils ont été accueillis par des représentants de la Section des intérêts russes auprès de l'Ambassade de Suisse en Géorgie et transportés jusqu'à la frontière russo-géorgienne dans la zone du poste de contrôle automobile multilatéral Verkhni Lars (République d'Ossétie du Nord-Alanie). A présent, tous les trois ont regagné leur domicile.

Une coopération de ce genre n'est pas un cas isolé. En particulier,  la semaine dernière, nous avons bénéficié d'une aide pour le retour via la Géorgie en Russie de deux de nos compatriotes soignés en Turquie lors d'un transit de citoyens russes rapatriés d'Arménie (173 personnes au total), en avril, pour réunir une famille russe séparée par le coronavirus avec toutes les conséquences que cela implique, ainsi qu'en organisant la sortie de Russes de Géorgie même.

Nous voudrions profiter de l'occasion pour remercier le Ministère des Affaires étrangères géorgien, la Section des intérêts de la Géorgie à Moscou, ainsi que l'Ambassade de Suisse  à Tbilissi, qui ont effectivement assuré la mise au point et le règlement de nombreux problèmes organisationnels liés au rapatriement de citoyens russes.

Cette coopération humanitaire a pu être établie malgré une situation difficile dans les relations entre la Russie et la Géorgie. Nous sommes certains que c'est un bon exemple du comportement à adopter quand un malheur commun arrive. Il serait bénéfique de ne pas attendre le prochain mais de profiter entièrement de cette expérience au quotidien. Nous espérons que l'expérience positive sera également sollicitée à l'issue de la pandémie de coronavirus.

Je voudrais dire également que de notre côté nous avons également aidé des citoyens géorgiens. En particulier, il y a l'exemple du Brésil où des citoyens géorgiens et russes avaient besoin d'aide pour être rapatriés. Nous avons apporté une aide à cette famille de la même manière qu'à nos citoyens. Ce sont d'excellents exemples et il faut les prendre pour base - nous pourrons alors régler de nombreux problèmes.

 

La Journée de la Russie

 

Notre pays célèbre demain une fête nationale; la Journée de la Russie. Elle se déroulera dans une situation inhabituelle, dans la situation sanitaire et épidémiologique difficile dans le monde provoquée par la pandémie. Traditionnellement, nos établissements diplomatiques à l'étranger, les ambassades et les consulats généraux, organisent à l'occasion de la Journée de la Russie une réception publique pour les hôtes étrangers, les compatriotes et les diplomates. Au vu des restrictions de quarantaine dans la plupart des pays, ainsi que de la nécessité de protéger la santé de nos citoyens, des amis étrangers et du personnel diplomatique, cette année les principales festivités se dérouleront en ligne.

De nombreux établissements diplomatiques ont adopté une approche créative de cette tâche. Bien évidemment, nous vous raconterons et montrerons comment tout s'est déroulé. Parlons des plans. Par exemple, notre Ambassade en République tchèque a lancé une action en ligne avec des photos sur la Russie, l'Ambassade en Ouzbékistan un quiz sur l'histoire contemporaine de notre pays, l'Ambassade en Lettonie une action photo "Ma Russie" et un concours de dessins d'enfants. L'Ambassade en Autriche a annoncé la préparation d'un programme du festival pour la Journée de la Russie "La Russie en 60 minutes. Voyage du Kamtchatka à Kaliningrad". Notre Représentation permanente auprès de l'Office de l'Onu et d'autres organisations internationales à Genève a lancé une série de vidéoblogs parlant de notre pays. Plusieurs ambassades russes, notamment au Royaume-Uni, organiseront des concerts en ligne des meilleures œuvres des génies russes de la musique classique en faisant appel à des musiciens professionnels. Les collaborateurs de l'Ambassade de Russie aux États-Unis préparent des vidéos de vœux de la part de joueurs de hockey russes de la NHL, de cavaliers américains de récompenses publiques russes.

Toute la journée du 12 juin, les établissements diplomatiques russes à travers le monde publieront sur leurs sites et les réseaux sociaux des matériaux consacrés à la fête, réaliseront des diffusions en ligne et des streams, des vidéos, ouvriront des expositions photo numériques. De plus, il est prévu d'organiser une série d'actions dites "intercontinentales": nos diplomates de différents pays, de différentes régions, de Tokyo à New York, de Barentsburg à Canberra, en utilisant les capacités des technologies modernes, chanteront ensemble l'hymne de la Russie et organiseront une cérémonie solennelle de "relais virtuel" du drapeau russe sur des milliers de kilomètres.

Ce 12 juin, malgré toutes les activités prévues mentionnées, nous poursuivrons à part entière le travail pour rapatrier au plus vite les Russes qui souhaitent rentrer en dépit du lockdown qui perdure dans le monde, de l'absence de logistique de transport internationale. Croyez-moi, les activités pour le rapatriement n'ont pas cessé une minute. Et c'est probablement l'une des meilleures dédicaces à la Journée de la Russie.

 

Sur la visite en Fédération de Russie du Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif

 

Pour ce 16 juin, nous préparons la visite en Fédération de Russie du Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Un entretien avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est prévu.

Nous publierons un communiqué détaillé et des informations sur les pourparlers à venir sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères et sur les réseaux sociaux un peu plus tard, quand toute la logistique sera mise en place.

 

Sur la visite de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en République de Serbie

 

Ce 18 juin aura lieu une visite de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Serbie. Il y rencontrera le Président serbe Aleksandar Vucic et le premier vice-Président et Ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic.

 Il est prévu d'évoquer en profondeur la coopération politique et économique russo-serbe, d'échanger les avis sur la situation dans les Balkans, ainsi que sur les problèmes internationaux actuels.

Je voudrais souligner qu'il s'agira de la première visite étrangère du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov après l'interruption forcée des déplacements à cause de la pandémie de coronavirus.

 

Sur la visite de travail de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, au Belarus

 

Ce 19 juin, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail traditionnel au Belarus à l'invitation du Ministre biélorusse des Affaires étrangères Vladimir Makei.

Durant leur entretien, il est prévu d'évoquer un large éventail de questions relatives à la coopération bilatérale liées à la mise en œuvre du Programme d'actions conjointes des deux pays en politique étrangère pour 2020-2021.

Une attention particulière sera accordée au développement de l'intégration eurasiatique, à la coopération dans l'Union économique eurasiatique, l'OTSC et la CEI, à la coordination des approches sur les plateformes internationales, notamment à l'Onu et l'OSCE. A l'ordre du jour: un échange d'avis sur les principaux problèmes régionaux et internationaux, la maîtrise des armements, les relations avec l'UE et l'Otan.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront la lutte contre la prolifération du coronavirus. Il est prévu d'analyser la préparation d'une réunion commune des collèges des ministères des Affaires étrangères de la Russie et du Belarus, prévue pour le dernier trimestre de 2020, et le calendrier des contacts à venir.

 

Sur le dialogue russo-américain pour prolonger le Traité de réduction des armes stratégiques

 

Les autorités russes, guidées avant tout par la responsabilité pour les destinées du monde, le maintien de la stabilité et de la sécurité, accordent beaucoup d'importance à la maîtrise des armements. Dans la situation actuelle nous jugeons très important le dialogue avec les États-Unis sur les différents aspects de la prolongation du Traité de réduction des armes stratégiques (START) pour tenter d'empêcher la destruction des accords internationaux en vigueur en la matière. La prolongation du traité START en tant qu'unique instrument de maîtrise bilatérale qui fonctionne encore dans le domaine des armes nucléaires est de plus en plus d'actualité.

Le 5 décembre 2019, le Président russe Vladimir Poutine a clairement montré notre disposition à prolonger le START immédiatement et sans conditions préalables. A la même période, en décembre 2019, nous avons envoyé aux collègues américains une note officielle avec cette proposition. Nous n'avons toujours pas reçu de réaction claire de la part des États-Unis. Sachant que ces derniers tentent d'associer la prolongation du START à des questions qui n'ont rien à voir avec son objet et son contenu. Il est notamment question de l'élaboration de mesures de contrôle et de restriction par rapport aux programmes militaires de la Chine, chose à laquelle les Chinois s'opposent absolument. Tout cela ressemble à des tentatives des États-Unis d'enterrer le Traité, tout en sauvant la face et en rejetant la responsabilité sur la Russie et la Chine.

Durant leur entretien téléphonique du 1er juin, les présidents de la Russie et des États-Unis ont noté l'importance du dialogue russo-américain dans le domaine de la stabilité stratégique et des mesures de confiance dans le secteur militaire: des directives appropriées ont été données. Compte tenu de l'importance du START, nous partons du principe que le dialogue bilatéral sur ce thème devra être actualisé très prochainement. Quant au niveau et au format des discussions, cela sera décidé en fonction de divers facteurs, dont la disposition des autorités américaines à une conversation objective. Bien évidemment, la situation épidémiologique sera également prise en compte.

 

Sur les déclarations des autorités américaines concernant le retrait d'une partie du contingent américain d'Allemagne

 

Nous avons remarqué la déclaration du Président américain Donald Trump concernant l'intention de réduire de presque un tiers le contingent américain déployé en Allemagne.

De notre côté, nous saluerions toute action de Washington pour retirer réellement sa présence militaire en Europe. Ces démarches contribueraient indéniablement à réduire le potentiel conflictuel et la tension militaro-politique dans la région euro-atlantique. Je rappelle que Moscou a toujours déclaré que le maintien de forces armées américaines conséquentes en Allemagne après sa réunification en 1990 était un vestige de la Guerre froide.

Nous sommes convaincus que les pays européens, qui plus est aussi puissants que l'Allemagne, sont tout à fait capables d'assurer eux-mêmes leur sécurité sans tutelle américaine importune dans les réalités géostratégiques actuelles. D'autant qu'elle n'est pas du tout gratuite. Régulièrement, Washington donne instamment des "directives" aux alliés européens, notamment à Berlin, pour qu'ils augmentent leur contribution au budget de l'Otan. Et il le fait de manière arrogante.

Tout en sachant que les intentions déclarées par l'administration américaine de retirer son contingent de l'étranger ne vont souvent pas plus loin que les déclarations. Elles ne sont pas suivies par des démarches pratiques. Par exemple, en Syrie, malgré les multiples déclarations du Président américain Donald Trump concernant la décision de quitter définitivement ce pays, le Pentagone transgresse les normes internationales et à l'encontre du bon sens maintient ses unités et ses bases. Et il ne prend pas la peine de s'expliquer.

En ce qui concerne l'initiative en question de la Maison blanche, elle suscite également la méfiance puisque les soldats américains déployés en Allemagne sont invités à "déménager" en Pologne voisine. Je souligne que la reconfiguration de la présence militaire des États-Unis en Europe en direction des frontières russes ne fera qu'aggraver la tension déjà élevée en matière de sécurité sur le continent, et compliquera les perspectives d'établissement d'un dialogue constructif entre la Russie et l'Otan dans le secteur militaro-politique. Il est clair que certains, à Varsovie, voudraient tirer un trait sur les engagements fixés dans l'Acte fondateur Otan-Russie. Mais cette ligne est inadmissible pour nous.

Quoi qu'il en soit, si Washington a réellement l'intention de retirer progressivement des unités américaines du territoire allemand, il doit retirer en même temps l'arme américaine nucléaire non stratégique déployée sur le territoire allemand. D'autant que les Américains continuent de s'exercer activement à sa manipulation pratique lors des "missions nucléaires conjointes" avec la participation de membres de l'Otan non nucléaires, ce qui transgresse les termes de base du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises.

 

Sur les nouvelles initiatives de sanctions des législateurs américains

 

Nous avons reçu de nombreuses demandes de commentaires concernant le rapport publié à Washington ce 10 juin, intitulé "Le renforcement de l'Amérique et la lutte contre les menaces globales". Apparemment, ce grand document de 120 pages a été élaboré depuis plus d'un an et demi par une association informelle de membres républicains de la Chambre des représentants des États-Unis, ce qu'on appelle le Comité d'étude républicain. Il énumère les différents types de sanctions américaines - des restrictions unilatérales illégales dans le domaine politique, commercial, économique et de visa - qui, selon les auteurs, pourraient être décrétées de manière supplémentaire contre la Russie, l'Iran et la Chine pour les forcer à suivre la ligne de la politique étrangère américaine.

En fait, il est question d'études théoriques, dont la liste ne se distingue pas par sa nouveauté. On retrouve de nouveau des analogies, des slogans, la volonté d'affecter le secteur énergétique et financier, d'élargir les sanctions individuelles. La seule nouveauté est probablement l'appel impardonnable à proclamer notre pays "État sponsor du terrorisme". C'est absolument outrageant. Nous sommes habitués et avons cessé de réagir sérieusement à de telles déclarations de certains représentants de la classe politique américaine, qui cherchent à augmenter leur popularité sur la vague de la russophobie. Nous apportons une qualification claire et précise. Nous l'avons fait encore une fois aujourd'hui. Ce qui est bien plus intéressant est que de prétendus analystes proposent d'adopter des mesures aussi sévères, voire encore plus sévères contre la Chine, allant jusqu'à proclamer hors la loi le Part communiste. C'est un chef d'œuvre de la logique américaine. Je voudrais rappeler qu'il est question de la Chine, qui est dirigée précisément par le Parti communiste, où les multinationales ont délocalisé des secteurs entiers de l'industrie américaine et ont investi des milliers de milliards de dollars. En d'autres termes, c'est là qu'a été délocalisée une grande partie de l'économie américaine. Le Parti communiste chinois ne gênait pas? N'y avait-il pas de barrières idéologiques pour les hommes d'affaires américains qui faisaient des affaires en Chine depuis des décennies? Je me souviens très bien de l'époque, c'était avant la modernisation globale de ce pays, de son ouverture au monde – les affaires américaines se portaient très bien. Qu'est-ce qui ne va plus?

Washington doit savoir qu'en suivant de telles recommandations, les autorités américaines ne marqueront pas de points supplémentaires en politique étrangère. D'après moi, elles ne nuiront qu'à elles-mêmes.

 

Sur l'intention du Parquet britannique de ne pas traduire en justice les militaires qui ont fait l'objet de procès pour crimes de guerre commis en Irak

 

Nous avons remarqué la récente déclaration du Procureur général militaire du Royaume-Uni Andrew Cayley concernant l'intention des autorités britanniques d'abandonner "dans les semaines à venir" les poursuites pénales contre les militaires britanniques pour les crimes qu'ils auraient commis pendant la campagne militaire en Irak.

La déclaration d'un représentant officiel d'un rang aussi élevé témoigne clairement une nouvelle fois de l'intention de Londres de cacher à tout prix les nombreux cas de conduite indécente de militaires britanniques en Irak. Alors qu'il est question de 3.500 épisodes qui sont tous sur la table et peuvent être examinés. Il s'agit des fameuses pages honteuses des forces armées britanniques inscrites à jamais dans l'histoire de cet État. Évidemment, tout cela ne paraît pas sérieux.

Et cela arrive au moment où le "frère aîné", Washington, appelle à lancer une enquête globale sur l'OMS et la Chine, en accusant l'Organisation internationale et cet État souverain de la pandémie. Pourquoi le Royaume-Uni, qui a toujours suivi le sillage des États-Unis sur de nombreux sujets, décide en quelques semaines d'abandonner non pas des enquêtes spéculatives, mais une investigation concrète sur les épisodes qui ont eu lieu faisant des morts? Et les faits sont nombreux. C'est une tendance étrange.

Ce comportement de Londres mérite d'être fermement condamné par la communauté mondiale des droits de l'homme. Bien évidemment, nous suivrons le déroulement de l'enquête sur les violations des droits de l'homme par des soldats britanniques. Ce n'est pas du "highly likely", ce sont des faits. On ignore pourquoi il faut clore ces enquêtes. Je comprends que ce n'est pas un sujet aussi vendeur pour la presse jaune que d'autres thèmes médiatisés depuis des années au Royaume-Uni, mais il s'agit tout de même de vies prises par des militaires britanniques et d'un très grand nombre d'autres actes repoussants qu'on cherche absolument à cacher à l'opinion publique. Du moins, à empêcher une enquête à part entière. C'est l'inverse qui est important: empêcher de passer sous silence les crimes commis par la coalition occidentale en Irak et traduire les coupables en justice.

Tout le monde parle de la nécessité de mener une enquête sur les origines de la pandémie, des États sont déjà accusés, des noms concrets sont cités - tout cela sur une solide base politique. Les événements en Irak se sont produits il y a plusieurs années. Il y a des faits, beaucoup de personnes ont été tuées, notamment des civils d'un État souverain. Il est peut-être temps que des représentants de cette coalition occidentale répondent de leurs actes.

 

Sur l'examen de la plainte du journaliste Leonid Sviridov contre la chaîne TVP1 par la justice polonaise

 

Nous avons remarqué l'information selon laquelle la cour polonaise avait enregistré la plainte du journaliste de l'agence de presse Rossiya Segodnya Leonid Sviridov contre la chaîne polonaise TVP1. Le journaliste a décidé de saisir la justice pour défendre son honneur et sa dignité parce que cette chaîne a diffusé en mai 2019 de fausses informations sur lui en l'accusant d'espionnage, et a refusé de les démentir.

Je voudrais rappeler que cette histoire odieuse de l'accusation et de l'expulsion infondée de Leonid Sviridov de Pologne dure depuis 2014. A l'époque, le Ministère des Affaires étrangères polonais avait annulé sans explication l'accréditation du correspondant russe, qui travaillait à Varsovie depuis plus de 10 ans. Ensuite, les autorités ont privé Leonid Sviridov de son titre de séjour. Sachant que les multiples requêtes de la défense d'expliquer les motifs de ces mesures sont restées sans réponse. De plus, les dossiers de l'enquête ont été classés confidentiels à Varsovie, réduisant au minimum la possibilité de comprendre en principe la raison de cette décision, son véritable motif, sa justification juridique. Par conséquent, le journaliste n'avait plus aucune possibilité de défendre ses intérêts. Au final, en juin 2019, la Haute cour administrative de Pologne a annoncé que les actions discriminatoires contre le plaignant étaient légitimes. Cette décision donne des raisons de douter de l'impartialité du système juridique polonais. C'est une histoire longue et sale. Je parle des actions des autorités polonaises vis-à-vis du journaliste.

Nous avons souligné plusieurs fois que l'affaire de Leonid Sviridov était un exemple de l'arbitraire des autorités polonaises et de la restriction intentionnelle de la liberté d'expression transgressant les droits légitimes du journaliste, ainsi que les engagements internationaux de Varsovie de garantir une activité sans obstacles des médias.

Je rappelle qu'il y a quelques années, quand Leonid Sviridov a été expulsé dans ces circonstances de Pologne, nous avons pris des mesures sans précédent et un journaliste polonais a quitté le territoire russe. Ce n'était pas notre choix, c'était une mesure réciproque.

Nous continuerons de suivre attentivement le déroulement du procès. Malgré un contexte regrettable, nous comptons tout de même sur un procès juste.

 

Sur la prolongation des inscriptions aux Khaled Alkhateb International Memorial Awards

 

La chaîne RT a prolongé jusqu'au 30 juin les inscriptions pour participer aux Khaled Alkhateb International Memorial Awards, prix remis aux journalistes pour les meilleurs travaux dans les zones de conflit. Ce concours a été créé en hommage au journaliste du département arabe de la chaîne RT, Khaled al-Khateb, tué à 25 ans en Syrie par un bombardement de terroristes en 2017. Dans ses reportages, il couvrait les batailles des forces gouvernementales syriennes contre les terroristes. En 2018, le Président russe Vladimir Poutine a signé un décret pour remettre au journaliste à titre posthume la médaille "Pour le courage", qui a été remise à sa famille.

Cette année marquera la troisième édition des Khaled Alkhateb International Memorial Awards. Ce prix est remis aux meilleurs travaux en zone de conflit dans trois catégories: vidéo longue, vidéo courte et texte.

En 2019, les travaux de 25 pays participaient au concours. Les lauréats étaient des représentants de la Russie, des États-Unis, de l'Italie et de l'Inde qui ont parlé des conflits en Syrie, en Irak et en Libye. Le jury inclut des journalistes russes et étrangers éminents.

La remise des prix s’était déroulée dans le cadre de la conférence "En zone de conflit: les risques et la responsabilité des journalistes" organisée par la chaîne RT, à laquelle ont participé les meilleurs spécialistes russes des technologies de l'information, ainsi que des journalistes russes et étrangers. Les participants ont évoqué les problèmes d'objectivité dans la couverture de conflits, la vérification des informations dans les points chauds et d'autres thèmes.

Cette année, les noms des vainqueurs seront annoncés pour l'anniversaire de la mort du journaliste.

Pour s'inscrire veuillez vous rendre sur le site https://award.rt.com/.

 

Pour la Journée de l'indépendance de la République des Philippines

 

Les Philippines célèbrent leur fête nationale, la Journée de l'indépendance, le 12 juin - date anniversaire de la proclamation de la République des Philippines en 1898. A l'époque, la révolution anticoloniale était parvenue à renverser le règne de plus de 300 ans de la couronne espagnole.

En même temps, cet événement n'a pas signifié une véritable libération du pays de la domination étrangère. Les États-Unis, qui ont aidé à défaire les troupes de la métropole espagnole, n'ont pas reconnu l'indépendance du nouvel État, et en décembre de la même année ils ont acheté les Philippines à l'Espagne pour 20 millions de dollars en conformité avec le Traité de paix de Paris. Cela a provoqué la guerre américano-philippine de 1899-1902, à l'issue de laquelle la République s'est transformée en territoire dépendant des États-Unis.

En 1935, les Philippines ont obtenu un statut d'autonomie au sein des États-Unis avec un siège à la Chambre des représentants du Congrès. Le pays est devenu entièrement indépendant de Washington après la Seconde Guerre mondiale, qui s'était accompagnée de 3 ans d'occupation japonaise, en juillet 1946.

En ce jour important pour cette nation de plus de 100 millions d'habitants, nous voudrions féliciter nos amis philippins, les collègues du Ministère des Affaires étrangères, avec lesquels nous avons établi des relations de partenariat solide, et leur souhaiter de la prospérité et de la réussite.

 

Sur les activités des représentations de Rossotroudnitchestvo à l'occasion de la Journée de la langue russe et de l'anniversaire d'Alexandre Pouchkine

 

Samedi 6 juin, jour anniversaire du grand poète russe Alexandre Pouchkine, le monde entier célébrait la Journée de la langue russe. Chaque année, ce jour-là, les centres russes de la science et de la culture organisent pour les compatriotes et tous ceux qui s'intéressent à la langue et à la culture russes des conférences, des expositions de livres, des concours de lecteurs appelés à populariser la langue russe et stimuler l'intérêt des étrangers pour son étude.

L'un des événements les plus marquants, à la veille de la Journée de Pouchkine, a été l'ouverture des cours de russe au Centre russe de la science et de la culture dans la capitale syrienne de Damas. 80 personnes ont commencé à suivre des cours.

Au Royaume-Uni a été organisé un marathon musical-littéraire "Lisons Pouchkine" pour écouter des poèmes et des romances du grand poète en russe et dans d'autres langues.

En Allemagne s'est déroulé un concours de poèmes "En lisant Pouchkine" parmi les enfants de compatriotes russes. A la représentation de Rossotroudnitchestvo à Helsinki a été présenté un spectacle Le Conte du tsar Saltan mis en scène par les parents et les enfants, dont certains commencent seulement à apprendre le russe.

De plus, dans le cadre de la célébration de la Journée de la langue russe, cette année a été organisé le "Pont poétique virtuel international" où se sont réunis les amateurs de poésie russe et des poètes russes, biélorusses, ukrainiens, danois, américains et finlandais, séparés par les pays et les continents mais unis par la même langue et littérature.

Aux États-Unis, à l'action en ligne "Lisons Pouchkine" a participé l'acteur américain Peter von Berg, qui a lu un extrait du poème Rouslan et Ludmila.

La représentation de Rossotroudnitchestvo au Kazakhstan, l'Université nationale des arts du Kazakhstan, et la Maison de la musique de Saint-Pétersbourg, avec le soutien de l'Ambassade de Russie, ont préparé un concert en ligne "Tchaïkovski et Pouchkine: des génies intemporels". De plus, à Nour-Soultan s'est déroulée une conférence en ligne intitulée "Mon Pouchkine" avec la participation des enseignants et des étudiants de la filiale kazakhe de l'Université d’État Lomonossov de Moscou (MGU), ainsi que des membres du club littéraire Tengri.

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la langue russe, cette année le Centre russe de la science et de la culture de Paris a présenté un vaste programme d'activités.

Compte tenu de la situation épidémiologique actuelle, elles étaient virtuelles. Elles ont été visionnées un grand nombre de fois et ont reçu des échos positifs sur les réseaux sociaux.

 

 Réponses aux questions:

Question: En juin à La Haye ont repris les audiences sur l'affaire du crash du Boeing malaisien dans le ciel ukrainien en 2014. Les médias relaient de nouvelles déclarations résonnantes de l'accusation. Que pouvez-vous en dire?

Réponse: Avant tout, je voudrais rappeler notre position fondamentale: la Fédération de Russie n'est pas une partie du procès pénal du tribunal de district de La Haye. Les accusations visent trois citoyens russes (Igor Strelkov, Sergueï Doubinski, Oleg Poulatov), c'est pourquoi nous suivons son déroulement du point de vue du respect de leurs droits légitimes. Des avocats représentent les intérêts de l'un des accusés, comme on le sait.

Pour l'instant, à ce que l'on sache, les audiences restent préparatoires. Les parties expriment leur position concernant la disposition ou non à étudier l'affaire sur le fond. Le Parquet néerlandais doit présenter les résultats de l'enquête sur les circonstances de la tragédie menée par le Groupe d'enquête conjoint (JIT). A cette étape déjà, l'accusation cherche manifestement à impressionner la cour et la "mitraille" de détails de son travail, souvent assez contradictoires. Les déclarations résonnantes du Parquet néerlandais sur les "succès" sont immédiatement relayées par les médias, ils travaillent ensemble avec une diffusion en direct depuis la salle d'audience. Bref, rien de nouveau. L'enquête ne se préoccupe visiblement pas de la base de preuves, et de l'effet propagandiste des nombreuses heures d'audience.

Je souligne de nouveau: la Russie n'est pas une partie du procès, c'est pourquoi je m'abstiendrais de commentaires détaillés sur les propos des procureurs concernant les preuves qu'ils ont l'intention de présenter. Je pense que cela concerne les avocats.

En ce qui concerne notre vision de la qualité de l'enquête pénale, tout comme de l'enquête technique antérieure, nous en avons déjà parlé plusieurs fois et il est inutile de le répéter. Cette position n'a pas changé.

Je partagerai seulement quelques observations. Par exemple, le procureur néerlandais Thijs Berger a récemment déclaré que le modèle du missile qui aurait abattu le vol MH17 aurait été identifié. Cette conclusion a été faite à partir d'une similitude lointaine avec la forme de double T (papillon) de seulement deux éclats sur 370 retrouvés, alors que les dossiers de l'enquête technique néerlandais indiquent clairement que dans les ogives de ce type de tels éclats représentent un quart du nombre total, il devrait donc y en avoir près de 100. D'autant que dans le fuselage de l'avion n'a été découvert aucun orifice en forme de double T, et que ces éclats ont été découverts dans des circonstances douteuses.

Enfin, deux ans plus tard, l'accusation s'est rappelée tout de même des informations fournies par la Russie qui prouvent l'origine ukrainienne du missile ukrainien qui, selon le JIT, a touché le vol MH17. Néanmoins, les procureurs affirment gratuitement que les informations russes "ont été manipulées et adaptées". C'est un nouveau mensonge. Cas nous leur avons proposé de se rendre en Russie pour s'assurer de l'authenticité des formulaires. Mais les enquêteurs ont immédiatement perdu leur intérêt, n'ont exprimé aucune volonté de venir et n'ont pas envoyé de requêtes supplémentaires. Alors que naturellement les registres ukrainiens ne contiennent pas les informations sur l'emplacement de ce missile après la chute de l'URSS depuis tout ce temps. Les enquêteurs ne trouvent-ils pas cela étrange?

Pendant leur intervention, les procureurs néerlandais ont déclaré, afin d'écarter tout soupçon de l'Ukraine, que la défense antiaérienne ukrainienne soi-disant "ne fonctionnait pas" le jour de l'incident dans la zone de la tragédie. Cependant, le monde entier a vu les vidéos dans lesquelles des représentants officiels ukrainiens posaient sur fond de canons Boukov en état opérationnel dans la zone de "l'opération antiterroriste", et l'accusation en soi indique que des canons antiaériens Bouk de l'armée ukrainienne étaient déployés non seulement autour, mais également à proximité immédiate du lieu de la tragédie.

Tout cela en affirmant que c'est la Russie qui est responsable et cherche à conduire l'enquête dans une impasse. Et les enquêteurs, qui s'emmêlent les pinceaux, n'ont aucune question pour l'Ukraine concernant les nombreuses incohérences? Ils contournent également la question de la responsabilité de Kiev par rapport à la non-fermeture de l'espace aérien dans la zone de conflit. Nous en avons également parlé plusieurs fois. Et le fait que plusieurs épisodes utilisés à titre de base de preuves s'appuyaient sur les informations fournies par le Service de sécurité ukrainien, partie clairement intéressée, ne tient pas debout.

Toutefois, il vaut mieux laisser aux juges la possibilité d'évaluer eux-mêmes les conclusions de l'enquête. Ce n'est pas le moment d'anticiper la décision de la cour.

Question: En juin, le Conseil suprême de la défense de la Roumanie a approuvé le projet de stratégie nationale de défense du pays pour 2020-2024, dont la section "Menaces" mentionne, entre autres, la Russie. Le document stipule que le renforcement du potentiel militaire à proximité de la Roumanie, notamment sur le flanc Est, c'est-à-dire à la frontière avec l'Otan, crée de sérieux défis pour les intérêts stratégiques nationaux, en particulier concernant la sécurité des frontières de l'UE et de l'Otan, et la garantie de la sécurité énergétique et de la stabilité dans la région de la mer Noire. Comment pourriez-vous commenter cette position roumaine?

Réponse: En effet, dans la section "Menaces" du projet de stratégie nationale de défense du pays pour 2020-2024,  la Russie figure au même rang que le terrorisme et les menaces hybrides et cybernétiques. Selon les auteurs, la détérioration des relations de notre pays avec l'Otan est un "défi" pour la sécurité nationale de la Roumanie, d'autres pays de l'UE et de l'Otan dans la région de la mer Noire.

Il serait important de noter qui a contribué à cette détérioration pour en accuser non pas notre pays, mais ceux qui ont réellement contribué à dégrader les facteurs énumérés.

Faire de la Russie la source de problèmes globaux n'a rien de nouveau. Malheureusement, l'Occident utilise souvent cette ruse douteuse pour rejeter sur d'autres ses propres erreurs et lacunes. Le fait que Bucarest utilise la méthode du plagiat ne fait que confirmer le déficit de réflexion autonome chez les politiques roumains, leur disposition à desservir les idées conflictuelles étrangères par rapport à la Russie même au prix de leurs propres intérêts, qui s'expliquent notamment par notre appartenance commune à la mer Noire.

Il est évident que la nouvelle rédaction de la Stratégie roumaine sera utilisée pour accroître la présence militaire des États-Unis et de l'Otan en mer Noire. Ainsi, au lieu d'être, comme l'affirme Bucarest, un "fournisseur de stabilité", il apporte sa contribution à la hausse de la tension et de la méfiance dans la région.

Question: A l'heure actuelle, pendant les activités publiques, il est interdit en Lettonie d'utiliser des hymnes réels et stylisés, les armoiries et d'autres symboles de l'URSS au même titre que les symboles de l'Allemagne nazie. Comment le Ministère russe des Affaires étrangères en tient-il compte dans son travail protocolaire avec la Lettonie?

Réponse: Des députés lettons continuent de profaner la mémoire sacrée des vétérans qui ont combattu la menace nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. En plus de l'interdiction déjà en vigueur de porter des symboles et l'uniforme militaire de l'époque soviétique (nous l'avons commenté en détail), ils ont commencé à étudier des amendements législatifs interdisant le port du ruban de Saint-Georges lors des activités publiques.

Non seulement pour les vétérans, mais aussi pour la majorité des pays, le ruban de Saint-Georges est un symbole de courage et de bravoure militaire dans la Victoire contre le nazisme, il est associé à l'image du soldat-libérateur.

Posez la question aux vétérans et à ceux qui ont défendu le monde contre le nazisme non pas à cause de la conjoncture politique, mais à cause de leur propre vision de la vérité, de l'honneur et de la dignité. Aujourd'hui, à leur âge avancé, pour le jubilé de la Grande Victoire ils arborent fièrement ce ruban. N'écoutez pas les commentateurs et les politiques, mais demandez-leur simplement. Ils vous diront ce qui se trouve derrière l'histoire du ruban de Saint George, sa signification et sa valeur. Il n'a pas de prix, parce que ce dernier est inestimable.

Nous condamnons fermement la voie criminelle choisie par les politiques radicaux lettons pour régler des comptes historiques avec la Russie, et de facto avec la mémoire historique de générations entières.

Question: Pourriez-vous commenter l'arrestation par la police allemande du musicien russe Denis Kaznatcheev à la demande des États-Unis?

Réponse: Nous suivons attentivement la situation concernant l'interpellation et l'arrestation par les autorités allemandes du citoyen russe Denis Kaznatcheev à la demande du Ministère américain de la Justice.

Selon nos informations, à l'heure actuelle, il se trouve à la maison d'arrêt de Moabit à Berlin. Jusqu'au 10 juin 2020, le citoyen russe et ses avocats n'avaient pas demandé d'organiser une visite par nos diplomates et d'apporter une aide juridique consulaire. Je souligne qu'il s'agit de la situation à la date du 10 juin, et qu'aujourd'hui notre Ambassade pourrait disposer d'informations supplémentaires. Nous vous tiendrons au courant. Bien évidemment, l'Ambassade de Russie à Berlin et le Ministère russe des Affaires étrangères sont prêts à lui apporter tout le soutien consulaire dont il pourrait avoir besoin s'il exprimait un tel souhait.

Nous notons que la note du tribunal de district de Tiergarten envoyée par le Sénat de Berlin à l'Ambassade de Russie concernant l'interpellation de Denis Kaznatcheev ne comporte aucune information concrète sur les circonstances de cette affaire.

Nous jugeons inadmissible une éventuelle extradition de Denis Kaznatcheev aux États-Unis. Nous entreprenons des démarches résolues pour empêcher un tel scénario. Si les autorités allemandes avaient des raisons tangibles de penser que ce citoyen était impliqué dans une activité illégale, les procédures juridiques à son égard devraient se dérouler sur le territoire allemand, notamment avec la participation des autorités compétentes russes.

Nous partons du principe que Berlin faire preuve de bon sens et ne se fera pas mener par Washington, qui utilise systématiquement depuis des années une interprétation extraterritoriale des normes juridiques pour poursuivre des citoyens de la Fédération de Russie à travers le monde (nous l'avons déjà qualifié de "chasse aux citoyens russes") sous de faux prétextes, qui n'ont généralement rien à voir avec la justice. Pour l'instant, nous pouvons tirer des conclusions uniquement à partir d'informations obtenues des autorités allemandes. Dès qu'une aide sera demandée par le citoyen russe ou son avocat, elle sera fournie. Avant tout, il s'agira d'un soutien juridique consulaire.

Question: La tension monte ces derniers temps entre la Grèce et la Turquie après qu'Ankara a décidé d'entamer l'exploration géologique dans les zones maritimes près de l'île grecque de Crète et à l'intérieur de la zone économique exclusive grecque. Selon les autorités turques, les petites et les grandes îles n'influencent pas les limites des zones maritimes et n'ont pas de plateau. Des représentants de la diplomatie américaine déclarent aux médias grecs que les îles ont une influence juridique sur la délimitation des zones maritimes. Quelle est la position de la diplomatie russe à ce sujet et sur la situation dans la région? On sait que la Russie continue d'envoyer des militaires et des armes en Libye. Comment est-ce conforme à l'embargo décrété par le Conseil de sécurité des Nations unies? En tant que l'un des principaux acteurs avec une autorité grandissante dans la région, Moscou souhaite-t-il jouer un rôle de médiation entre la Grèce et la Turquie?

Réponse: Nous continuons de suivre attentivement l'évolution de la situation dans l'Est de la Méditerranée. Nous avons exprimé plusieurs fois notre position publiquement à ce sujet. Nous prônons le règlement de tous les différends uniquement par les négociations dans le cadre du droit international. Nous comptons sur le bon sens politique des partenaires. Nous partons du principe que l'aggravation intentionnelle de la situation déjà difficile dans cette région détériora la situation en matière de sécurité et compliquera la recherche d'une solution politique aux conflits régionaux.

Nous appelons toutes les parties impliquées à travailler au renforcement des mesures de confiance et de bon voisinage. Les normes internationales reconnues, qui sont une bonne plateforme universelle pour le règlement pacifique efficace des différends, doivent servir de repère, notamment celles inscrites dans la résolution de l'Onu. Notre avis sur la situation en Libye est exposé en détail sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Zamir Kaboulov, représentant spécial du Président russe pour l'Afghanistan, a proposé d'organiser une visioconférence trilatérale entre la Russie, les États-Unis et l'Afghanistan. Est-ce que les représentants du gouvernement afghan et les talibans y seront présents? Prévoit-on la participation des pays voisins avec l'Afghanistan, du Pakistan, de l'Iran, de l'Ouzbékistan et du Tadjikistan au nouveau format de consultations de Moscou? Quels sont les objectifs des participants au processus de paix en Afghanistan?

Réponse: Les consultations vidéo trilatérales prévues le 15 juin au format Russie-États-Unis-Afghanistan ont été proposées par le Ministre afghan des Affaires étrangères par intérim Haneef Atmar. C'est lui représentera la partie afghane aux consultations. La participation de représentants des talibans n'est pas prévue.

En cas de nouvelle réunion du format de Moscou de consultations sur l'Afghanistan, des invitations seront envoyées à tous les pays membres, dont le Pakistan, l'Iran, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan.

L'objectif principal du processus de paix afghan consiste à stopper la guerre et à régler durablement la situation dans ce pays. La solution réside dans les négociations interafghanes directes, où les belligérants doivent élaborer une feuille de route sur la future structure de l’État et l'intégration des talibans dans la vie pacifique.

 

 

 

 

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