Briefings du ministère des Affaires Etrangères

4 juin 202019:49

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 4 juin 2020

Point de situation sur le coronavirus

 

Commençons par un thème devenu habituel ces derniers mois: le coronavirus et la situation dans le monde. En une semaine, le nombre de personnes infectées par le nouveau coronavirus dans le monde a dépassé la barre des 6,5 millions de personnes (6.511.696). On constate un ralentissement relatif de la dynamique générale des contaminations (la hausse des contaminations confirmées depuis un jour est de 1%). Il est question, je répète, de la situation mondiale. Néanmoins, la situation générale de la pandémie dans différentes régions reste contrastée. Nous sommes préoccupés par la sérieuse épidémie en Amérique latine et par la situation en Afrique.

Le contexte épidémiologique parait bien plus favorable dans les pays européens. Cela permet aux autorités nationales de lever progressivement les restrictions de quarantaine, les barrières frontalières, et de se pencher sérieusement sur la relance de leur économie.

Dans les conditions actuelles de lutte collective de la communauté mondiale contre ce défi dangereux d'envergure planétaire, il est primordial de coordonner les actions non seulement au niveau des États et des gouvernements, mais également dans le cadre de structures multilatérales compétentes.

Nous tenons en grande estime la contribution du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à la lutte contre la pandémie, notamment là où les systèmes de santé affaiblis ne sont pas prêts à gérer l'afflux de patients. Les représentants du Comité travaillent dans plus de 90 pays du monde, y compris dans les points chauds et les régions difficiles d'accès où leur expérience est particulièrement sollicitée aujourd'hui. Après l'annonce de la pandémie de Covid-19 en mars, cette organisation humanitaire, dont la mission, conformément à ses documents statutaires, consiste à protéger et à aider les victimes de guerres et de violences armées, a grandement participé à la lutte contre le coronavirus. Dans le cadre de la coopération constructive avec le CICR notre pays, conformément au décret 1415-r du gouvernement de la Fédération de Russie du 28 mai, versera volontairement dans son budget 500.000 francs suisses pour financer cette année les dépenses afférentes aux mesures pour combattre le coronavirus. Nous considérons cette cotisation volontaire comme une contribution importante de la Russie à la coopération internationale dans la lutte contre la pandémie.

Dans la lutte contre la prolifération du Covid-19, la Russie coopère activement avec ses partenaires de l'espace postsoviétique. Récemment, lors d'une réunion spéciale du Conseil de coordination de la CEI pour la protection sanitaire des territoires, les participants ont analysé le plan d'action commun des pays de la Communauté pour la prévention et la lutte contre l'infection. Des contacts étroits sont entretenus au niveau de l'Union économique eurasiatique, notamment entre les médecins en chef des pays membres.

Je rappelle également que le gouvernement de la Fédération de Russie a également alloué 1 million de dollars à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le montant total de la contribution russe à la lutte contre le Covid-19 au niveau des organisations internationales est estimé à plus de 30 millions de dollars.

 

Sur la contribution au rapatriement des citoyens russes

 

Je voudrais aborder l'un des thèmes principaux de l'activité du Ministère des Affaires étrangères depuis presque trois mois: le travail pour le rapatriement de nos citoyens. Il se poursuit. Il concerne les citoyens qui ne peuvent pas le faire par leurs propres moyens et ont besoin d'aide compte tenu de la situation de la logistique de transport mondiale. Depuis le lancement de l'algorithme actuel de rapatriement en Russie avec des vols nationaux, plus de 26.000 personnes sont déjà revenues. De plus, selon les dernières informations, les compagnies aériennes étrangères ont transporté au total 3.500 de nos compatriotes. Ainsi, nous avons déjà approché le chiffre de 30.000 personnes. C'est approximativement le nombre de demandes qui avaient été déposées début avril sur le site Gosuslugi (Services publics) pour contribuer au retour. C'est les chiffres que nous avons annoncés. Près de 30.000 personnes avaient demandé à l'époque une aide au rapatriement en Russie.

Nous recevons souvent des questions pour savoir combien de personnes il reste encore à rapatrier, pourquoi cela prend autant de temps, pourquoi le rapatriement s'étend sur plusieurs mois, et pourquoi reste-t-il tout de même des gens qui ont besoin d'aide. Je voudrais dire que le nombre de nos citoyens qui ont besoin de rapatriement varie très fortement. Il dépend de très nombreux facteurs. Fin mai, près de 25.000 personnes avaient déposé une demande de rapatriement auprès des établissements diplomatiques russes. Les listes sont établies par le site Gosuslugi, sachant que les établissements diplomatiques russes sont en contact avec le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère des Communications, et vérifient ces requêtes. Il est évident que le nombre de personnes qui ont besoin d'aide au rapatriement augmentera, par exemple à la fin de l'année scolaire. Ceux qui étaient restés à l'étranger et étudiaient, même à distance, voudront certainement rentrer chez eux, du moins nous constatons une telle tendance.

En ce qui concerne la durée du rapatriement, elle dépend des paramètres fixés lors de l'adoption de l'algorithme, à savoir les "quotas régionaux": 500 personnes pouvant arriver à Moscou et dans la région de Moscou chaque jour et 200 personnes dans les autres régions.

De notre côté, nous continuons d'élargir aussi bien la géographie du rapatriement que d'adapter l'algorithme aux conditions actuelles. Depuis une semaine, des citoyens russes sont rentrés de Bangkok, de Douchanbé, de New York, de Miami, de Bichkek, de Séoul, de Madrid, de Guangzhou et de Hong Kong. Un vol spécial de la compagnie aérienne Azur Air a rapatrié des Russes de République dominicaine. Je voudrais rappeler que l'un des premiers vols de rapatriement avait été organisé depuis la République dominicaine, mais il s'est avéré qu'un vol supplémentaire était nécessaire. Il a été organisé. Sachant que grâce au travail cohérent et professionnel de notre Ambassade en Colombie nous avons réussi à faire atterrir un vol de compatriotes en provenance de ce pays. Ils ont fait une escale organisée à Caracas, d'où a décollé un vol d'Azur Air. Il s'agit de plus de 60 Russes et même d'un chat.

Parmi les nouveautés: le système que nous avons testé pour transporter les habitants des différents districts fédéraux par des vols séparés depuis un hub en Russie - l'aéroport moscovite de Cheremetievo. Un Boeing 777 avec 330 passagers est arrivé de New York à Moscou, qui ont ensuite rejoint leurs régions: Rostov-sur-le-Don, Makhatchkala (districts fédéraux de la Sibérie et du Caucase du Nord), Ekaterinbourg et Novossibirsk (districts fédéraux de la Sibérie et de l'Oural). Un tel système permet notamment de réduire la sollicitation des observatoires de la région de Moscou et d'augmenter le nombre de personnes rapatriées de leur pays de séjour.

Enfin, nous utilisons de plus en plus activement le système d'escale entre les vols réguliers des compagnies étrangères et les vols russes de rapatriement dans le cadre de l'algorithme approuvé. Grâce au travail cohérent et professionnel de plusieurs ambassades russes, il a été possible de rapatrier près de 60 personnes d'Australie et de Nouvelle Zélande. Nous voulons répandre le plus largement possible l'information sur un tel système de rapatriement dans les pays où ce mécanisme serait utile et demandé.

Je voudrais noter également que la réalisation de l'algorithme et toutes les mesures pour améliorer son efficacité et son adaptation à la situation internationale qui change rapidement se déroulent dans le cadre et sous l'égide du Centre opérationnel auprès du gouvernement de la Fédération de Russie. Et compte tenu du rôle de coordination du Centre, ce travail se déroule en coopération étroite et en coordination directe avec le Ministère des Communications, le Ministère des Transports, Rosaviatsia, nos structures de force qui aident également à mettre en œuvre ce programme et, évidemment, Rospotrebnadzor. Nous les remercions pour leur travail de concert et leur coopération permanente.

 

Sur la livraison de respirateurs artificiels américains en Russie

 

150 respirateurs artificiels sont arrivés aujourd'hui à Moscou par un vol spécial en provenance des États-Unis. Cette (seconde) livraison a été réalisée conformément à l'entente conclue entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Donald Trump.

Ainsi, 200 respirateurs américains ont été livrés en Russie au total. Ils ont été mis à disposition du Centre Pirogov, dont les spécialistes décideront de leur répartition dans les établissements médicaux russes compte tenu de la situation épidémiologique et en fonction de leurs besoins réels. Je rappelle que la Russie a aidé les États-Unis à un moment difficile, et qu'un accord a été passé pour que quand la production de respirateurs artificiels serait mise en place aux États-Unis, si la Russie en avait besoin, des accords seraient conclus pour de telles livraisons humanitaires. Je trouve que c'est un excellent exemple de la manière dont les pays peuvent établir une coopération et un partenariat dans une situation difficile.

 

Sur la rupture des relations entre les États-Unis et l'OMS

 

Nous avons remarqué la déclaration du Président américain Donald Trump concernant la rupture des relations entre les États-Unis et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Nous l'avons rapidement commentée.

Les autorités américaines n'ont pas encore fourni d'explications, de précisions, à la déclaration de leur Président. Selon les informations disponibles, le Secrétariat de l'OMS de Genève n'a reçu aucun communiqué supplémentaire de Washington. De notre côté, nous continuerons de suivre attentivement l'évolution de la situation, car il ne s'agit pas seulement de déclarations sur Twitter mais également d'une procédure de sortie.

Malheureusement, force est de constater que de telles démarches détériorent l'efficacité de l'Organisation, détournent l'attention des priorités. Cela arrive à un moment où l'OMS, comme le reconnaissent ses membres dans la résolution finale de l'Assemblée mondiale de la santé, doit jouer un rôle de coordination clé dans la réaction de la communauté mondiale à la pandémie de Covid-19. Nous espérons que le bon sens prévaudra. La solidarité et la disposition à la coopération multilatérale sont plus que jamais nécessaires aujourd'hui.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

La situation en Syrie reste relativement calme.

Le cessez-le-feu est globalement respecté dans la zone de désescalade d'Idleb, les patrouilles russo-turques conjointes se poursuivent le long de la route M-4. Cependant, le travail pour mettre en œuvre le Protocole additionnel du 5 mars rencontre une résistance active des combattants. Ainsi, le 27 mai, lors d'un déplacement de la patrouille turque, des terroristes ont fait exploser un obus ayant entraîné un mort et deux blessés parmi les militaires turcs. Cela confirme une fois de plus que les terroristes, reconnus comme tels par le Conseil de sécurité des Nations unies, sévissent à Idleb.

Sur cette toile de fond, nous avons remarqué plusieurs publications évoquant les plans de reformater l'organisation terroriste Hayat Tahrir al-Cham. Il s'agit d'un nouveau "rebranding" du groupe visant à le faire passer pour un mouvement d'opposition politique. Nous le soulignons depuis des années, et je voudrais le faire une nouvelle fois aujourd'hui: de tels flirts avec les terroristes reconnus comme tels par le Conseil de sécurité des Nations unies, les tentatives de les séparer en "idéologisés et laïques", en "bons et mauvais", en "forcenés et modérés" n'ont jamais conduit à rien de bon. Nous espérons que nos partenaires turcs tiendront leurs engagements de neutraliser les radicaux qui contrôlent Idleb.

A l'Est de l'Euphrate, les terroristes de Daech ont décidé de profiter de la pandémie de coronavirus: ils ont attaqué des unités kurdes, ont commis plusieurs attaques contre des prisons. La situation est aggravée par la détérioration de la situation humanitaire dans les camps de déplacés internes, faute d'accès stable à ces derniers. Les risques d'infection restent très élevés dans le camp d'Al-Hol où se trouvent près de 68.000 personnes. Al-Hol se situe à proximité de la frontière irakienne, via laquelle les Américains continuent d'importer illégalement des chargements en violation des normes du droit international et des recommandations de quarantaine. Si le virus pénétrait à Al-Hol, le camp deviendrait le plus grand foyer d'épidémie dans le pays.

Une situation difficile est également constatée dans un autre camp de réfugiés, celui de Roukban, qui se trouve lui aussi dans la zone d'occupation américaine. Les civils qui ont réussi à s'enfuir disent qu'ils ont vu des convois humanitaires de l'Onu n'étant jamais arrivés jusqu'au camp. Nous en avons parlé également. D'après les réfugiés, ils n'ont toujours pas bénéficié d'aide, et Roukban est devenu une véritable prison pour eux. A la sortie du périmètre de la zone de 55 km arbitrairement instaurée par les États-Unis, les réfugiés sont aidés par les autorités syriennes avec l'assistance des militaires russes. Les gens peuvent enfin revenir dans leur foyer.

A cet égard, je voudrais noter que dans l'ensemble le processus de rapatriement des Syriens a repris après l'assouplissement des restrictions de circulation à cause de l'épidémie de coronavirus. La semaine dernière, plus de 400 personnes sont revenues via les postes de contrôle à la frontière libano-syrienne. De plus, le gouvernement syrien a évacué plus de 2.000 citoyens qui s'étaient retrouvés à l'étranger pendant la pandémie de coronavirus.

En même temps, il est décevant que fin mai l'UE, à la suite des États-Unis, ait décidé de prolonger les sanctions unilatérales contre la Syrie. Nous avons indiqué plusieurs fois que ces restrictions non seulement portaient atteinte à l'économie syrienne, mais empêchaient également l'achat de médicaments et d'équipements médicaux vitaux, ainsi que les livraisons humanitaires. Les exemptions et les dérogations déclarées ne fonctionnent pas et sont très bureaucratisées, comme le confirme le personnel humanitaire qui travaille en Syrie.

 

Sur les déclarations antirusses de représentants américains

 

Je voudrais commenter les déclarations antirusses formulées par le sous-secrétaire d’État américain pour l'Europe Matthew Palmer lors d'une visioconférence organisée le 27 mai par l'ONG Marshall Foundation.

Le diplomate américain, qui ne participe à aucun mécanisme consultatif russo-américain, a remis en question l'attachement de notre pays aux engagements pris dans le cadre d'accords internationaux. Qui plus est, il a mis en garde les alliés des États-Unis contre toute interaction avec Moscou.

Quels exemples a-t-il cités? Il s'est référé à la situation dans la région syrienne d'Idleb où, selon lui, Damas enfreint le cessez-le-feu "à l'initiative des Russes". Soit il n'est pas au courant des déclarations de son collègue, le représentant spécial du Département d’État américain pour la Syrie James Jeffrey, qui attribue au contraire une évaluation positive à la situation dans la zone de désescalade, soit il n'est pas au courant des attaques agressives des terroristes contre les forces gouvernementales et la base aérienne russe de Hmeimim. Je pense que les diplomates américains doivent se concerter et adopter une approche commune (nos publications peuvent aider).

La coopération russo-turque en Syrie a été qualifiée par ce responsable d'"alliance gestatrice vouée à l'échec". Nous sommes particulièrement surpris par les allusions à la nature prétendument "illégitime" de nos relations avec Ankara à ce sujet, et à la pression que la Russie exercerait sur les partenaires turcs dans le domaine énergétique, commercial et touristique dans le contexte des événements syriens. Les résultats solides de notre coopération multidimensionnelle avec la Turquie ont précisément été rendus possibles grâce à l'établissement de liens sur une base mutuellement avantageuse, et surtout respectueuse, sans diktat ni pression. Je trouve que Washington a oublié le terme "respect mutuel". Il pourrait prêter attention à nos relations bilatérales et multidimensionnelles avec la Turquie pour s'en inspirer.

Les menaces périodiques de Washington de décréter des sanctions contre la Turquie - qui est un allié des États-Unis au sein de l'Otan - pour avoir acheté des systèmes antiaériens russes S-400 Triumph, mettent en évidence les défauts des différents types d'"alliance" selon le modèle américain.

Un autre thème abordé dans le commentaire de Matthew Palmer nous a également surpris. Il a affirmé que l'aide humanitaire accordée par la Russie à différents pays en pleine pandémie serait "démonstrative". Cette thèse est présentée ainsi: "Personne ne sait ce que cette aide contient." Je voudrais reprendre Matthew Palmer et réorienter son esprit curieux vers les gouvernements et les populations, par exemple de l'Italie. Je pense qu'en tant que représentant du service diplomatique américain, il devrait demander à la Maison blanche ce que contient cette aide qui a été apportée par la Russie aux États-Unis. Je suis certaine que les responsables de la Maison blanche partageront ces informations avec lui. Ils ne vont certainement pas cacher à un responsable du Département d’État américain ce qui se trouve dans l'aide russe apportée aux États-Unis. S'ils n'y arrivaient pas, ne voulaient pas ou ne trouvaient pas le temps, nous serions prêts à fournir une nouvelle fois ces informations, parce qu'elles ont été publiées sur le site du Ministère des Affaires étrangères. D'ailleurs, les médias ont parlé de cette aide. Il est possible de leur demander des précisions.

En faisant le bilan de l'analyse de cette interview, je voudrais comprendre s'il s'agit d'une improvisation personnelle ou de positions et de recommandations officiellement approuvées par la direction du Département d’État américain vis-à-vis de la Russie. On ne voudrait pas penser que même la crise humanitaire actuelle sans précédent dans le monde est utilisée par Washington comme un autre prétexte artificiel pour de nouvelles attaques systémiques contre notre pays.

 

Sur le développement de la situation en Libye

 

Nous recevons de nombreuses questions sur la Libye. De nombreuses publications ont été faites dans les médias russes et étrangers. Il a été demandé de commenter la situation, les fakes et les rumeurs. Nous commentons régulièrement tout ce qui concerne les fakes de différents médias américains concernant les prétendus faux billets libyens émis en Russie. Tous ces commentaires ont été publiés sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères.

En ce qui concerne la situation globale, nous sommes très préoccupés par l'évolution de la situation dans l'Ouest de la Libye. Les crimes commis par les milices armées, devenus plus fréquents, nous inquiètent. Parmi ces dernières se battent des combattants envoyés de Syrie, notamment des membres de l'organisation terroriste Front al-Nosra inscrite sur la liste du Conseil de sécurité des Nations unies, qui se présente sous sa nouvelle "marque" Hayat Tahrir al-Cham (à quel point est-elle nouvelle, nous en avons parlé en commentant la situation en Syrie). En transgressant le cessez-le-feu humanitaire proclamé par l'Armée nationale libyenne à l'occasion du Ramadan et dans le contexte de la pandémie, les groupuscules armés poursuivent les activités militaires. Des actes de représailles ont été perpétrés dans des zones d'habitation, des personnes accusées de crimes graves, des détenus et des membres de groupes terroristes internationaux reconnus par l'Onu, comme Ansar al-Charia, se sont enfuis de prison.

Nous sommes convaincus que les activités militaires qui se poursuivent ne font qu'aggraver la crise systémique qui menace la Libye et son peuple martyrisé par des conséquences catastrophiques. Le conflit ne pourra être réglé qu'à travers un dialogue national libyen. Nous appelons une nouvelle fois la communauté internationale à tout faire pour aider les Libyens à sortir de l'impasse actuelle.

 

Sur la situation actuelle au Venezuela

 

Dans les conditions financières et économiques extrêmement difficiles découlant des restrictions unilatérales américaines, les autorités du Venezuela s'efforcent de combattre l'épidémie de coronavirus.

Le 1er juin, le gouvernement de Nicolas Maduro et les représentants de l'opposition à l'Assemblée nationale, avec la participation de l'Organisation panaméricaine de la santé, ont signé un document de coopération afin de lutter contre l'épidémie. Les principaux axes de cette coopération ont été définis. A nos yeux, il est important que cet accord a été conclu par les Vénézuéliens eux-mêmes avec la contribution du bureau régional de l'OMS. Cela a confirmé une fois de plus la sollicitation de cette organisation internationale spécialisée, sa contribution concrète aux accords internationaux pendant la pandémie et à la lutte contre sa prolifération.

En faisant un premier pas prudent l'un vers l'autre, les parties vénézuéliennes ont fait preuve de compréhension de la nécessité de mettre en place une coopération pour surmonter la menace commune. Cette approche coïncide entièrement avec notre appel lancé depuis le début de la propagation du Covid-19 au Venezuela. Ces premières tentatives d'avancer vers l'établissement de la confiance et de l'entente doivent être suivies par une coopération pratique afin de régler les graves problèmes économiques, sociaux et politiques auxquels fait face le pays.

La majeure partie de la communauté internationale est solidaire avec la Russie pour dire que la normalisation de la situation nécessite un dialogue pacifique inclusif, une fois de plus, entre les Vénézuéliens eux-mêmes. Cependant, il existe parfois des divergences fondamentales dans les approches pour contribuer au règlement des problèmes du pays.

La principale divergence porte sur la possibilité d'utiliser la force contre le Venezuela en tant qu’État souverain. Nous respectons rigoureusement les normes du droit international et jugeons que le fait même de poser cette question est inadmissible.

Mais il existe également un autre point de vue, qui a été résumé par l'expression "toutes les options sont sur la table". Ses partisans n'ont pas l'intention d'y renoncer malgré l'échec d'une série d'aventures de force antivénézuéliennes. Il a été récemment annoncé officiellement que les États-Unis projetteraient en Colombie voisine des unités d'assistance aux forces de sécurité. Il est question de plusieurs centaines de prétendus "conseillers militaires". Ils ont une expérience de service en Afghanistan. C'est la première fois que ces "spécialistes" sont envoyés en Amérique latine. Il est difficile de croire qu'ils s'occuperont, comme annoncé, de contribuer à la sécurité. Leur présence à proximité immédiate du Venezuela envoie le signal qu'il est possible d'organiser une invasion illégale du pays à tout moment. Nous voulons dire que c'est plus que grave. Les déclarations du chef du commandement Sud des forces armées américaines, l'amiral Craig Fuller, selon lesquelles en plus de lutter contre les phénomènes illégaux dans la région ces forces participeraient à la promotion de prétendus "idéaux et valeurs" ne sont manifestement rien d'autre qu'une menace cachée et une provocation.

Deuxième point. Des représentants de l'administration américaine prônent souvent l'établissement du dialogue vénézuélien intérieur, tout en avançant à chaque fois des conditions inadmissibles. Par exemple, "Nicolas Maduro doit partir". C'est une formule traditionnelle dans l'interaction des États-Unis avec d'autres États souverains, quand quelque chose déplaît aux Américains. Une autre thèse avancée à titre de condition: le Venezuela doit stopper sa coopération avec Cuba et d'autres pays. Le Venezuela peut être aidé seulement par de "bons" alliés, etc. C'est ce qu'a déclaré récemment le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo, cette fois à la tribune de l'Institut américain de l'entrepreneuriat. Cette approche, où une partie est toujours coupable et l'autre a toujours raison, n'est pas simplement non constructive. Elle est sans issue. Les États-Unis cherchent constamment à saper les démarches constructives prévues dans la bonne direction quand les forces vénézuéliennes intérieures vont dans le sens l'une de l'autre, quand elles cherchent à trouver des possibilités de compromis. Tout cela est immédiatement bloqué.

Troisième point important. Pendant la conférence de presse précédente, nous avons parlé en détail de l'impact négatif des sanctions unilatérales contre Caracas sur l'économie et le secteur social. Nous accordons une attention particulière à ce thème par ce que c'est l'un des exemples les plus marquants d'illégalité, du point de vue du droit international, de démarches qui aggravent la situation épidémiologique déjà difficile dans le monde. Dans les conditions de la pandémie elles semblent particulièrement cyniques et inhumaines car elles empêchent les autorités vénézuéliennes de mener un travail à part entière pour mettre à disposition de la population des médicaments et d'autres moyens nécessaires pour combattre le coronavirus.

La pression par les sanctions se poursuit. Les "avertissements" adressés par l'administration américaine aux "gouvernements du monde entier" concernant toute contribution aux fournitures de carburant iranien au Venezuela dépassent les limites de l'admissible. Aux menaces antérieures visant les assureurs et les propriétaires de navires s'ajoute l'intimidation de Washington envers les administrations des ports, les propriétaires et les capitaines des navires. En plus des restrictions et déclarations agressives, le ministère américain des Finances a ajouté à la liste des sanctions quatre compagnies de navires qui ont participé au transport de carburant au Venezuela. Je me permets une question: est-ce que tous les moyens justifient ces fins conjoncturelles? Bien évidemment, nous condamnons cette pratique illégale. Nous exigeons de cesser de telles actions à l'égard d'un État souverain.

Nous rappelons que la priorité actuelle du Venezuela consiste à surmonter les différends intérieurs et la méfiance. Nous appelons toutes les forces politiques responsables de ce pays à un dialogue national inclusif basé sur les principes démocratiques et mené conformément à la législation nationale. La lutte contre le Covid-19 exige d'unir les efforts. Le moment est venu pour un "grand accord humanitaire". Nous sommes prêts à soutenir une solution politique pacifique qui serait trouvée par les Vénézuéliens eux-mêmes, à apporter une contribution constructive à sa mise en œuvre tout en respectant entièrement la souveraineté du Venezuela.

 

Sur les nouvelles tentatives de sabotage du processus de paix dans le Donbass par Kiev

 

Les autorités ukrainiennes continuent d'éviter de remplir les Accords de Minsk. A ce jeu intéressant participe désormais le vice-premier ministre et ministre de la "réintégration des territoires occupés" Alexeï Reznikov. De par son statut au sein du Groupe de contact de Minsk, il devait précisément s'occuper de la mise en œuvre des Accords de Minsk signés par l'Ukraine. On ignore pourquoi le représentant de l'Ukraine a mélangé les Accords de Minsk sur le Donbass et le Mémorandum de Budapest de 1994 concernant les garanties de sécurité liées à l'adhésion de l'Ukraine au Traité sur la non-prolifération (TNP), en proposant de réunir ses membres pour des consultations - mais seulement trois d'entre eux: les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Ukraine, sans la Russie.

Ce n'est pas la première fois que nous entendons des représentants ukrainiens exprimer l'idée de recourir au Mémorandum de Budapest afin d'évoquer la situation au Sud-Est de l'Ukraine. Cela n'a rien de nouveau, même si par le passé ces initiatives ne provenaient pas de représentants officiels de l’État, de représentants du pouvoir directement impliqués dans les négociations.

Le vice-premier ministre est parfaitement au courant que le Mémorandum de Budapest n'a rien à voir avec le conflit intérieur ukrainien dans le Donbass. Nous rappelons que la Russie n'est pas responsable des conséquences du coup d’État organisé par les nationalistes en février 2014, qui a affecté l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

De ce fait, nous considérons les déclarations d'Alexeï Reznikov comme une nouvelle tentative d'éviter le travail pour régler le conflit conformément aux Accords de Minsk signés en février 2015, de briser les formats de Minsk et Normandie, en les remplaçant par une plateforme alternative sans Donetsk ni Lougansk. C'est une sorte d'idée fixe des autorités de Kiev. Une fois les Accords de Minsk enterrés, ils veulent repartir d'une page blanche. C'est visiblement ainsi que l'objectif est formulé. Est-ce le fameux plan B (ou C) dont parle tant Kiev ces derniers temps? Il serait intéressant d'entendre l'avis de la France et de l'Allemagne à ce sujet, car ils font également partie du format Normandie.

Une nouvelle fois, nous appelons les autorités ukrainiennes à cesser le sabotage des Accords de Minsk et à réorienter leur énergie et leur créativité pour tenir leurs engagements dans le cadre des Accords de Minsk et des décisions du sommet de Paris au Format Normandie.

 

Sur le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE)

 

Le Groupe de personnalités éminentes (GPE) pour le TICE a fait une déclaration ce 29 mai (publiée sur le site de la Commission préparatoire de l'Organisation du Traité, OTICE) concernant les informations relayées par les médias selon lesquelles de hauts représentants américains avaient évoqué la possibilité d'organiser un essai nucléaire démonstratif. C'est probablement le bon moment pour cela aux États-Unis.

Ce n'est pas l'avis du GPE. Le document indique notamment "qu'un tel essai, s'il était organisé, transgresserait le moratoire mondial en vigueur sur les essais nucléaires et porterait sérieusement atteinte au TICE".

Le moyen le plus efficace pour répondre aux préoccupations éventuelles concernant les essais nucléaires de très faible puissance, selon le Groupe de personnalités éminentes, est précisément l'entrée en vigueur du TICE qui prévoit une "inspection immédiate et intrusive sur place pour enquêter sur une activité suspecte". Cela nécessite la ratification du Traité par encore huit États, dont les États-Unis.

Afin de créer une atmosphère internationale plus sûre et paisible, les personnalités éminentes appellent instamment à recourir aux moyens diplomatiques, et non à la tactique d'intimidation - c'est ainsi qu'elles qualifient les actions des États-Unis. Tous les États responsables sont appelés à réaffirmer leur soutien déterminé au TICE et à prendre des mesures concrètes pour assurer son entrée en vigueur.

Nous soutenons pleinement cette déclaration et espérons que Washington écoutera l'avis de ceux qui ont grandement contribué en personne à la mise en place du régime de non-prolifération des armes nucléaires, au renforcement de la paix et de la sécurité internationales par des actes.

Je voudrais rappeler qui fait partie du Groupe: l'ancien Directeur général de l'AIEA Hans Blix, le président de la Conférence des Parties 1995 chargée d'examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires Jayantha Dhanapala, et l'ancien secrétaire exécutif de la Commission préparatoire de l'OTICE Wolfgang Hoffman. La Russie est représentée dans le Groupe par l'ambassadeur Grigori Berdennikov, ancien représentant permanent auprès des organisations internationales à Vienne, chef de la délégation russe aux négociations pour la mise au point du TICE. Il faut écouter les experts.

 

Sur les tentatives des États-Unis d'utiliser le Conseil de sécurité des Nations unies pour évoquer la situation à Hong Kong

 

La Russie respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Chine, elle considère la situation à Hong Kong comme une affaire intérieure de la Chine et appelle les forces extérieures à renoncer à l'ingérence dans les relations entre le gouvernement central et le District administratif spécial de ce pays.

Dans ce contexte, la Russie a jugé inadmissible l'initiative des États-Unis et du Royaume-Uni d'organiser un débat sur la situation à Hong Kong ce 29 mai au Conseil de sécurité des Nations unies. Ces actes sapent la souveraineté de la Chine, constituent une grossière violation des normes fondamentales du droit international fixées dans la Charte de l'Onu et, selon nous, sont dictés par la volonté de régler des comptes avec un "rival" en politique étrangère. Washington a déjà beaucoup œuvré pour dégrader les relations sino-américaines.

Une nouvelle fois, je voudrais attirer l'attention sur le fait que seules les questions directement liées aux menaces pour la paix et la sécurité internationales relèvent de la compétence du Conseil de sécurité des Nations unies. Les tentatives d'ajouter à l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies des thèmes qui ne relèvent pas de son mandat sont contreproductives, risquent de réduire l'efficacité et d'affaiblir l'autorité de cet organe qui est primordial pour le système actuel des relations internationales.

 

Sur les manifestations contre l'arbitraire policier aux États-Unis

 

Nous continuons de suivre attentivement l'évolution de la situation tumultueuse aux États-Unis après l'homicide de l'Afro-Américain George Floyd, le 25 mai à Minneapolis. Je voudrais souligner que c'est de cette manière que la situation est qualifiée aux États-Unis. Depuis plus d'une semaine, le pays est aux prises avec des manifestations contre "la violence policière et la discrimination raciale". Hier, la vague de manifestations a submergé 27 États. L'état d'urgence a été décrété dans 200 villes. En plus de la police, plus de 20.000 militaires de la Garde nationale américaine ont été mobilisés.

De notre côté, nous suivons les agissements des forces de l'ordre américaines lors des manifestations. Nous avons tous vu, sur de nombreuses images des villes américaines, l'utilisation de gaz lacrymogène et d'autres moyens spéciaux contre des manifestants pacifiques, des arrestations et des interpellations "en série". Même des hélicoptères ont été utilisés pour intimider les manifestants. Pendant la couverture des manifestations et des rassemblements ont notamment été touchés des journalistes, y compris russes. Nous avons commenté en détail cette situation, nous avons fait des déclarations et des requêtes aux États-Unis, nous avons envoyé une note à ce sujet au Département d’État américain via l'ambassade russe à Washington.

Nous partons du principe qu'en organisant des activités pour empêcher la marauderie et d'autres délits, les autorités ne doivent pas bafouer le droit des Américains à manifester pacifiquement.

La récente signature du décret sur la promotion de la liberté de religion dans le monde par le Président américain Donald Trump paraît d'autant plus paradoxale. Cela préoccupe nos partenaires qui suivent cette situation internationale. Cet acte stipule que l'une des priorités de la politique étrangère des États-Unis - et c'est le plus paradoxal - est le respect des libertés de religion, la protection des croyants dans d'autres pays. Il est prévu d'allouer 50 millions de dollars à l'élaboration de "programmes" dans ce domaine, appelés à réaliser cette grande mission. Pourquoi je dis que cela semble comique? On voudrait croire qu'avant d'aspirer à défendre les droits des "opprimés" et des "protestataires" dans d'autres pays du monde, les autorités américaines commenceront à respecter rigoureusement les normes démocratiques et à garantir la liberté des citoyens dans leur pays. Il est temps. Je trouve que nos collègues américains devraient renoncer à leur ton péremptoire adopté depuis des années vis-à-vis d'autres pays et se regarder dans un miroir, pour ensuite décrire ce qu'ils y ont vu avec des déclarations comme celles qu'ils ont adressées à d'autres pays du monde.

 

Sur l'évolution de la situation autour de Julian Assange, fondateur du site Wikileaks

 

Nous sommes alarmés par l'information selon laquelle les avocats du journaliste Julian Assange ne peuvent pas avoir accès à lui, alors que son état de santé, déjà détérioré par un enfermement physique de plusieurs années, continue de se dégrader. Sur exigence des médecins soignants, le journaliste a dû renoncer à assister aux audiences de son propre procès le 18 mai. De plus, nous jugeons consternante la décision du juge de rejeter sa demande de libération sous caution, sachant que dans la prison de Belmarsh où Julian Assange est détenu se répand le coronavirus et que le journaliste, selon les médecins, se trouve dans le groupe à risque à cause de sa maladie des poumons qui s'est aggravée pendant ses années de détention.

Les organisations internationales des droits de l'homme ont indiqué qu'au total 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme ont été enfreints à l'encontre de Julian Assange. Selon le Rapporteur spécial de l'Onu sur la torture Nils Melzer, il a subi une torture psychologique. Je ne peux pas tirer une conclusion claire car ce n'est pas une question de politique mais de médecine et de santé, mais d'une manière ou d'une autre l'avis de Nils Melzer n'a pas été contesté par des spécialistes compétents et fait partie des thèmes centraux dans de nombreux rapports et publications concernant la situation de Julian Assange. Il est évident (et c'est confirmé à l'unanimité par les médecins de divers pays) que depuis plus de six mois Julian Assange a besoin d'urgence d'une aide médicale et psychologique, et que sa vie est en danger.

Ces démarches de la justice britannique envers Julian Assange semblent pour le moins inhumaines et s'apparentent à des représailles contre le journaliste pour son activité professionnelle. Il est étonnant qu'un tel outrage aux droits de l'homme se déroule au Royaume-Uni, dont les autorités prônent le respect des droits de l'homme et des valeurs démocratiques à travers le monde.

L'affaire Assange porte atteinte au système judiciaire occidental en soi qui, comme l'indiquent de nombreux observateurs, est utilisé pour des motifs politiques à titre d'instrument punitif contre des personnes indésirables.

Je voudrais souligner que le Royaume-Uni et les États-Unis mènent et attisent dans le milieu public une campagne médiatique concernant les conditions de détention de Paul Whelan, citoyen américain, britannique, irlandais et canadien, qui purge une peine en Russie pour espionnage depuis 2018. Le 27 mai, il s'est plaint d'une sérieuse détérioration de sa maladie. Le lendemain, il a subi une opération et a reçu toute l'aide médicale compétente nécessaire.

Nous jugeons inadmissible la détention de Julian Assange en prison dans le contexte de l'épidémie de Covid-19. Nous espérons que les autorités britanniques n'admettront pas que son état de santé se détériore et feront preuve d'humanité envers le journaliste. Nous constatons une certaine dissonance entre les propos et les actes de nos partenaires occidentaux, notamment en matière de droits de l'homme.

Nous appelons la communauté internationale et les structures des droits de l'homme compétentes à engager des efforts actifs pour défendre les droits légitimes du journaliste.

 

Sur les accusations adressées par l'Allemagne à la Russie pour sa prétendue implication dans une cyberattaque contre le Bundestag en 2015

 

Nous rejetons résolument les accusations infondées avancées par l'Allemagne contre la Russie, selon lesquelles des structures publiques russes auraient été impliquées dans une cyberattaque contre le Bundestag en 2015.

Depuis toutes ces années sont propagées depuis Berlin des spéculations sur une prétendue "trace russe" dans le piratage de systèmes informatiques du parlement allemand (comme toujours: "infraction", "trace russe", "main du Kremlin"). Ce thème est périodiquement médiatisé en Allemagne dans le cadre d'une campagne médiatique antirusse agressive basée sur des allusions, ainsi que sur des fuites se référant à des sources anonymes "informées" de l'appareil étatique allemand. Le système "highly likely" en action. Il s'agit clairement d'une approche politisée visant à inculquer au grand public allemand l'image de notre pays comme d'un ennemi.

Maintenant parlons des faits, et non du " très probablement". Depuis 2015, non seulement l'Allemagne n'a pas fourni la moindre preuve de la culpabilité de la Russie, mais elle n'a jamais expliqué clairement sur quoi s'appuyaient les accusations avancées contre notre pays. Les multiples déclarations résonnantes selon lesquelles hormis Moscou personne n'aurait pu commettre cette cyberattaque parce qu'elle aurait été impossible sans utiliser une certaine ressource étatique sont absurdes. C'est une position pseudo-juridique, une aberration. Maintenant, les autorités allemandes se réfèrent à des "témoignages fiables" qui, selon la presse allemande, auraient été obtenus par Berlin - attention - de la part des États-Unis. Ces fameux fournisseurs de preuves et de témoignages "fiables". Si les autorités allemandes disposent réellement de preuves documentées fournies par Washington de la culpabilité de qui que ce soit, les autorités russes sont prêtes à les étudier. Il existe des mécanismes spéciaux d'échange de données. Sachant que le refus de les présenter serait clairement interprété par Moscou comme une accusation infondée de la Russie. Qu'y a-t-il de plus simple que de présenter ces "témoignages fiables"? Après tout, nous ne demandons pas de montrer les témoins.

A ce jour, les propositions réitérées des autorités russes d'analyser, objectivement et en s'appuyant sur les faits, les revendications allemandes concernant la cyberattaque contre le Bundestag dans le cadre des pourparlers bilatéraux sont restées sans réaction claire de Berlin. Côté allemand, nous n'avons reçu aucun signal ou demande officielle à cet égard, ni via les canaux diplomatiques ni via le Centre national russe de coordination pour les incidents informatiques. D'ailleurs, nous avons envoyé aux partenaires allemands l'information concernant l'existence et l'activité de ce Centre.

De plus, nous sommes extrêmement confus par la position adoptée par Berlin vis-à-vis de la coopération russo-allemande dans le domaine de la cybersécurité dans l'ensemble. En 2019-2020, le plus grand nombre de cyberattaques contre les sites d'infrastructure russe a été commis depuis le territoire allemand. A cet égard, le Centre national russe de coordination pour les incidents informatiques a envoyé aux partenaires allemands 75 requêtes, mais seulement sept réponses ont été obtenues par la Russie.

En 2014 et en 2018, Berlin a unilatéralement sapé les consultations russo-allemandes prévues à haut niveau interministériel sur la sécurité de l'information et continue d'éviter systématiquement, sous différents prétextes, la reprise de ce format de coopération utile, dans le cadre duquel il serait possible de répondre à toutes les questions, de transmettre des informations, d'organiser des pourparlers.

De ce fait, nous appelons les autorités allemandes à s'abstenir de l'escalade de la situation et de la rhétorique de confrontation. Nous suggérons de renoncer aux menaces qui mènent à une impasse et de faire passer le dialogue russo-allemand concernant la cybersécurité sur le plan de la coopération pratique et des actions réelles.

 

Sur l'espionnite grandissante aux Pays-Bas

 

Dans les meilleures traditions de la Guerre froide, aux Pays-Bas l'espionnite prend de l'ampleur. Récemment, le Service général de renseignement et de sécurité néerlandais (AIVD) a publié un document fantastique: un aide-mémoire pour lutter contre les espions appelé "Espionnage: comment identifier et faire face?". On a l'impression qu'il reste quelque part de la maculature non recyclée d'une ancienne époque. Elle a été sortie, essuyée et proposée à l'intention du public actuel.

Selon les auteurs de cette "fiche d'instruction", les Pays-Bas sont pratiquement la cible principale pour les services de renseignement du monde entier. Nous l'ignorions. Nous le garderons à l'esprit. L'objectif de ces derniers, d'après ce document, consiste à prendre aux citoyens du Royaume tous leurs acquis nationaux.

C'est pourquoi, en suivant cette logique, on a l'impression que les autorités néerlandaises travaillent psychologiquement leurs citoyens en leur inculquant un sentiment d'incertitude et de peur, leur imposant une suspicion excessive, tout en créant une atmosphère de méfiance et de dénonciation. Bref, dans les meilleures traditions de la pire époque.

Ce document sert clairement à appuyer les déclarations permanentes de La Haye concernant les manigances des renseignements russes, et à présent chinois. Le Service général du renseignement et le Service du renseignement militaire de la sécurité des Pays-Bas avaient écrit la même chose dans leurs rapports à l'issue de 2019.

Il s'avère qu'au lieu de lutter contre les véritables risques et défis de notre époque (le terrorisme, le crime transfrontalier, etc.) les renseignements néerlandais sont préoccupés davantage par la recherche d'espions mythiques et les appels adressés à leur propre population. De cette manière, ils cherchent probablement à obtenir un plus grand financement, à augmenter le budget en utilisant pour cela des méthodes inadmissibles basées sur ces thèses rudimentaires. Malheureusement, ils sont activement soutenus par de nombreux représentants de l'establishment politique néerlandais, qui utilisent l'image d'ennemi extérieur, incarné par la Russie, imposée à l'opinion publique à des fins politiques. Tout cela ne mènera à rien de bon. L'histoire a déjà connu de tels épisodes, qui se sont terminés de manière déplorable.

 

Sur la propagande de symboles nazis en République tchèque

 

Notre attention a été retenue par un nouvel acte révoltant de propagande des symboles nazis en République tchèque. Il s'agit d'un calendrier avec des images de dirigeants du Troisième Reich, publié par l'éditeur tchèque Nase Vojsko - qui s'était déjà fait remarquer il y a deux ans à ce sujet en préparant à la vente de "souvenirs" avec des portraits de leaders nazis. Auparavant, la tentative de rééditer le fameux livre d'Adolf Hitler s'était également soldée par un scandale pour la Tchéquie.

Les autorités compétentes tchèques affichent une distanciation étrange dans un domaine aussi crucial. Plus encore, elles acceptent à titre d'explication les renvois des éditeurs à la nature commerciale de leurs actions.

De surcroît, la Tchéquie, se cachant derrière la position solidaire dans le cadre de l'UE, ne veut pas soutenir à l'Onu la résolution russe annuelle sur la lutte contre la glorification du nazisme. Cette position semble très étrange et n'a certainement aucune justification.

Il est regrettable que tout cela se déroule parallèlement à la campagne déclenchée à Prague visant à discréditer le maréchal Ivan Konev, libérateur de la Tchécoslovaquie du nazisme, et à glorifier les adeptes des SS de l'Armée de libération russe qui ont laissé en Europe des traces de sang. De toute évidence, certains représentants des autorités tchèques ont commencé à oublier les leçons de l'histoire, qui ne pardonne pas de tels oublis.

 

Sur le rapport du Ministère russe des Affaires étrangères concernant la glorification du nazisme et les manifestations de néonazisme et de racisme

 

Cette année marque le 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique et la Seconde Guerre mondiale. Leurs conclusions ont été fixées par le procès de Nuremberg, et confirmées ensuite par l'Assemblée générale des Nations unies. Elles sont claires et sans équivoque: les tentatives de mettre en pratique l'une des bases idéologiques du national-socialisme, la théorie de la suprématie raciale, ont entraîné des dizaines de millions de morts et ont causé des souffrances démesurées aux peuples du monde entier.

Aujourd'hui, malheureusement, le monde assiste à des efforts malveillants visant à effacer de la mémoire des générations actuelles la vérité sur cette période tragique de l'histoire de l'humanité. Plusieurs pays mènent une politique visant à justifier et à glorifier les criminels nazis et leurs complices, qui ont créé et appliqué dans la pratique la théorie de la suprématie raciale, tout en proclamant les collaborateurs nazis de héros et de participants aux mouvements nationaux de libération.

Le Ministère russe des Affaires étrangères a préparé un nouveau rapport sur la situation concernant la glorification du nazisme, la propagation du néonazisme et d'autres pratiques qui contribuent à l'escalade des formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée. Le document évoque le renforcement, dans plusieurs pays d'Europe, aux États-Unis et au Canada, de manifestations de néonazisme, parfois avec un encouragement actif du gouvernement officiel de certains pays.

Le texte intégral de ce rapport sera publié aujourd'hui sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

 

Sur les nouvelles démarches antiserbes des autorités kosovares

 

Sur décision du "premier ministre" par intérim kosovar Albin Kurti, à partir du 1er juin l'importation de marchandises est interdite si la mention "République du Kosovo" ne figure pas dans le bordereau d'envoi. Cela a conduit à la cessation des livraisons de produits, notamment de première nécessité, depuis le reste de la Serbie.

Belgrade refuse légitimement de reconnaître cette appellation, se référant à juste titre au droit international et à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette démarche antiserbe discriminatoire de Pristina est également contraire aux accords conclus par les parties dans le cadre d'un dialogue avec la médiation de l'UE indiquant que les documents en question doivent être rédigés de manière statutaire neutre.

Nous jugeons ce comportement des Kosovars inadmissible et nuisible pour tous les habitants du Kosovo indépendamment de leur appartenance ethnique, et allant à l'encontre des engagements fixés avec la participation internationale. Nous appelons les protecteurs de Pristina, avant tout Washington et Bruxelles, à faire annuler ces mesures destructives.

 

Sur la situation concernant les négociations trilatérales portant sur la construction, par la République démocratique fédérale d’Éthiopie, du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil bleu

 

Nous suivons attentivement l'évolution des négociations entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan concernant la construction du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil bleu.

Nous partons du principe que toutes les questions liées à la construction de ce barrage et à l'utilisation des eaux doivent être réglées en garantissant les intérêts de la sécurité nationale et les objectifs de développement socioéconomique des pays du bassin du Nil. Nous espérons que la disposition affichée par les parties à poursuivre la recherche de solutions mutuellement acceptables permettra d'obtenir des résultats concrets au format trilatéral.

Dans ce contexte, nous percevons de manière positive les appels du Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres du 29 mai et du Président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki Mahamat du 22 mai à poursuivre les efforts afin de régler politiquement les différends qui persistent.

Nous réaffirmons notre position inchangée concernant l'importance de régler ce problème par les négociations dans le cadre des mécanismes existants en respectant le droit international et conformément à l'esprit de la Déclaration de principes de Khartoum de 2015.

 

Sur la célébration de la Journée mondiale de l'environnement sous l'égide du PNUE

 

Nous nous préparons pour la Journée mondiale de l'environnement, célébrée chaque année le 5 juin. La Russie fait partie des leaders mondiaux du renforcement et de l'élargissement de la coopération multilatérale dans le domaine environnemental.

Je voudrais noter le rôle important du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) en tant que plateforme centrale pour la coopération universelle dans le cadre de plusieurs conventions et accords environnementaux. Le changement climatique, la lutte contre la désertification, le maintien de la biodiversité, des ressources naturelles aquatiques, forestières et autres, la régulation scientifiquement justifiée du traitement des substances et des déchets chimiques dangereux restent notre priorité.

La Fédération de Russie mène différentes activités en la matière, notamment le Projet national "Écologie" appelé à améliorer la situation écologique dans notre pays.

 

Réponses aux questions:

Question (traduite de l'anglais): Pourriez-vous commenter la récente aggravation du conflit à la frontière indo-chinoise, dans la région du Ladakh? La situation dans la région se détériorera-t-elle? Quelle est la probabilité que le contrôle de la situation soit rétabli?

Réponse: Nous suivons attentivement l'évolution de la situation sur la Ligne de contrôle qui sépare la Chine et l'Inde dans la région du Ladakh. Nous sommes certains que Pékin et New Delhi, qui sont deux membres responsables de la communauté internationale, pourront trouver des solutions mutuellement acceptables pour apaiser la tension survenue en utilisant les mécanismes de dialogue bilatéral existants.

Question: Que pouvez-vous dire des efforts de la Russie pour assurer la paix et la stabilité dans la région, et notamment le règlement pacifique du conflit azerbaïdjano-arménien. Pouvez-vous réaffirmer aujourd'hui l'optimisme dont vous parliez plus tôt?

Réponse: Nous prônons le règlement de cette crise, qui perdure, par les négociations. Nous ferons tout en tant que pays voisin, en tant que pays ayant une longue histoire d'amitié et de coopération avec ces pays, ces États souverains, afin d'apporter notre contribution constructive non seulement en tant qu’État, mais aussi en tant que médiateur participant au travail du groupe en question. Bien qu'on ne constate aucun progrès majeur, je peux réaffirmer qu'il y a toujours de l'optimisme.

Question: Cette année, les échanges sans visa dans les Kouriles du Sud ont été annulés à cause du coronavirus. Y a-t-il des perspectives de reprise de ces échanges cette année?

Réponse: Il est encore tôt pour parler de perspectives, pour des raisons évidentes qui n'ont rien à voir avec la politique mais uniquement à la situation épidémiologique dans le monde.

Vous le savez, jusqu'à récemment (je ne peux pas parler d'aujourd'hui, mais il y a littéralement quelques jours) le Japon appliquait des restrictions sévères pour entrer dans le pays (je répète que la situation peut changer, mais je parle de nos données les plus récentes). Ces restrictions s'étendaient d'une simple interdiction à une quarantaine de 14 jours. Plusieurs mesures étaient en vigueur. Elles existent également en Russie, notamment dans la région de Sakhaline. Il est impossible, dans ces conditions, de fixer des délais pour la reprise des échanges entre les Russes, les habitants des Kouriles du Sud, et les citoyens japonais. Il n'y a pas de  politique. Il y a la compréhension de la situation épidémiologique et des mesures prises par chaque État.

Il faut attendre la normalisation définitive de la situation épidémique et la levée de toutes les restrictions. Dans les relations entre la Russie et le Japon, de nombreuses activités qui ont été reportées à cause de la pandémie (nous avons parlé de plusieurs d'entre elles). Elles sont en attente de réalisation: l'Année des échanges interrégionaux et jumelés, le Festival de la culture russe, les contacts interministériels et bien d'autres.

Question: L'agence Kyodo a rapporté que la Russie aurait proposé au Japon de reporter la question de savoir quelle législation devait régir l'activité économique conjointe dans le Sud des Kouriles, qui fait l'objet de consultations entre les gouvernements de la Russie et du Japon. Pouvez-vous confirmer que cette proposition a été faite et est-ce que cela signifie un changement de la position de la Russie qui insistait auparavant sur la nécessité de mener une activité économique conjointe dans le cadre de la législation russe?

Réponse: A peine le dialogue russo-japonais a-t-il commencé à s'activer après une interruption à différents niveaux qu'il a, malheureusement, commencé à faire l'objet de spéculations. Nous en avons parlé pendant des mois, je crois. Il est étonnant que même l'agence de presse respectée qu'est Kyodo a cédé à la campagne de désinformation. Étant donné qu'il est question d'une activité économique dans les Kouriles du Sud, qui font partie de la région de Sakhaline, alors elle doit être menée, évidemment, en conformité avec la législation de la Fédération de Russie. Sachant qu'elle accorde aux partenaires étrangers un large choix d'instruments pour mettre en place une coopération mutuellement avantageuse. Par exemple, des territoires de développement avancé (l'un d'eux, Kouriles, se situe dans la région de Sakhaline), des zones économiques particulières où est prévu un régime préférentiel pour les entreprises.

Question: Kiev a annoncé récemment la préparation d'une nouvelle réunion au "format Normandie" au niveau des ministres des Affaires étrangères. Que pouvez-vous dire à ce sujet? Le Ministère russe des Affaires étrangères l'a déjà démenti. Y a-t-il de nouvelles informations à ce sujet? Si non, d'après vous, qui avait besoin de cette désinformation et pourquoi?

Réponse: Nous avons vu les publications de médias concernant les propositions ukrainiennes d'organiser une réunion au "format Normandie" au niveau des chefs de diplomatie, mais personne ne nous a contactés à ce sujet officiellement.

Le 30 avril s'est tenue une visioconférence des ministres des Affaires étrangères où a été de facto constatée l'absence de progrès dans la mise en œuvre des décisions prises par les dirigeants des pays du Format Normandie le 9 décembre à Paris. Hélas, il n'y a toujours pas de progrès. Mais le dialogue est mené en permanence dans le cadre du Groupe de contact de Minsk. Nous espérons que nos partenaires feront tout pour mettre en œuvre les résultats du sommet de Paris.

Quant à savoir qui a besoin de telles désinformations, je pense qu'il faut le demander aux médias qui relaient cela sans vérifier et à ceux qui font de telles déclarations.

Question: Le commandement des forces américaines en Afrique a fait part de son intention d'envoyer en Tunisie une brigade d'appui afin de faire face à la présence russe dans la région. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Nous avons remarqué que ces derniers temps Washington propageait intentionnellement des informations sur de prétendues actions militaires russes qui représenteraient une menace pour la sécurité de l'Afrique du Nord.

C'est fait depuis longtemps, et plus ou moins activement. C'est un nouvel élan. Sachant que comme toujours les Américains n'apportent aucun exemple concret, aucun fait confirmant ces thèses. Ils ne prennent pas la peine. Il est évident que les slogans concernant "l'expansion russe" ne servent que de couverture banale pour renforcer son propre contingent américain dans la région.

Un grand conseil à tous ceux qui suivent la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord: prenez la peine d'aller sur internet et faites une recherche sur les désinformations similaires selon lesquelles Bachar al-Assad (information diffusée il y a quelques années) aurait déménagé avec sa famille en Russie pour s'y installer, qu'il aurait abandonné les Syriens, etc., et regardez qui a relayé ces fakes. Les choses deviendront plus claires. Malheureusement, c'est une guerre de l'information, une campagne, la désinformation "dans toute sa splendeur".

 

 

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