Briefings du ministère des Affaires Etrangères

28 mai 202021:17

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 28 mai 2020

 

Nous poursuivons nos conférences de presse à distance, dans le cadre desquelles nous vous informons de l'ordre du jour international, de la politique étrangère russe et répondons aux questions envoyées par les journalistes russes et étrangers.

 

Point de situation sur le coronavirus et l'aide au rapatriement des citoyens russes

 

Durant la semaine écoulée, le nombre de personnes infectées par le Covid-19 dans le monde a dépassé 5,5 millions de personnes. La dynamique de propagation du coronavirus dans différentes régions du monde, notamment en Amérique latine, est inquiétante.

Dans le même temps, on constate de plus en plus de signes positifs dans les pays européens, où la propagation du coronavirus est en perte de vitesse. Les tendances rassurantes motivent les autorités locales à poursuivre la levée des restrictions et des interdictions dans plusieurs pays, la vie reprend son cours peu à peu. Les sites d'infrastructure sociale, éducative, commerciale, de transport, financière et économique reprennent progressivement leur travail. L'intention d'ouvrir les frontières nationales est évoquée. Je répète qu'il s'agit du continent européen, nous entendons notamment de telles déclarations de la part des pays de l'espace Schengen. Dans l'ensemble, l'objectif de renforcer la coordination du travail des États dans le cadre de la coopération internationale globale dans le domaine de la santé a été confirmé ce 27 mai lors d'un entretien téléphonique entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Directeur général de l'OMS Tedros Adhanom. Le chef de la diplomatie russe a souligné une nouvelle fois le soutien à cette organisation pour surmonter la pandémie. Ce thème a également été évoqué pendant la réunion du CMAE de l'OTSC ce 26 mai en visioconférence. A son issue a été adoptée la déclaration des ministres des Affaires étrangères des États parties de l'OTSC sur la solidarité et l'entraide dans la lutte contre le coronavirus. Vous pouvez prendre connaissance de ces documents sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Je voudrais également souligner que le site du Ministère russe des Affaires étrangères a publié aujourd'hui l'article rédigé par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov pour le quotidien chinois Global Times sur la situation dans le monde dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Cette analyse exprime un avis sur les approches des pays de la lutte contre le coronavirus et appelle à unir les efforts pour régler les problèmes principaux. Elle exprime également la position de la Fédération de Russie, contre la politisation des questions humanitaires et l'aspiration à profiter de la pandémie pour punir les pays jugés indésirables.

Je voudrais m'arrêter sur le thème de l'aide au rapatriement des citoyens russes. En une semaine, les avions des compagnies russes ont rapatrié environ 4.000 personnes, en coopération avec les institutions russes qui participent à ce travail - le Ministère des Communications, le Ministère des Transports, l'agence Rosaviatsia, les ambassades russes à l'étranger - sous la coordination du Centre opérationnel. Au total, depuis la mise en place de l'algorithme actuel de rapatriement (début avril), plus de 20.000 personnes ont reçu une aide au rapatriement. Ce chiffre ne tient pas compte des vols d'avions de compagnies étrangères, ce qui représente encore des centaines de Russes qui ont pu rentrer avec la contribution de l’État russe.

Je voudrais attirer votre attention sur la rubrique spécialement créée sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères qui recueille et publie chaque jour toutes les informations sur les vols retour, notamment des informations audiovisuelles sur les vols organisés. Cette rubrique est mise à jour quotidiennement.

Le calendrier des vols est déjà établi pour la semaine à venir. Il est complété et modifié compte tenu de la situation sur le terrain. Des vols sont prévus en Turquie, au Tadjikistan, en Ouzbékistan, en Allemagne, à Paris, à Londres, à New Delhi, à Miami, à Séoul, à Guangzhou et au Caire.

En coopération avec toutes les institutions russes participant à ce travail, nous avons commencé à élaborer de nouveaux rapatriements depuis les régions les plus éloignées en organisant des escales entre les vols réguliers et de rapatriement. Il s'agit de vols réguliers dans différentes régions du monde. Nous essayons de transporter les citoyens en utilisant ce schéma hybride pour qu'ils puissent se rendre au point de départ des vols de rapatriement russes.

Je voudrais attirer l'attention sur la déclaration faite par le ministère des Affaires étrangères le 25 mai à l'issue de la réunion du Conseil de coordination auprès du gouvernement afin de combattre la propagation du nouveau coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie. Je rappelle que le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine a mis l'accent sur la nécessité d'écarter la possibilité d'une nouvelle entrée du coronavirus en Russie. En particulier, il a appelé à ne planifier aucun voyage touristique à l'étranger à l'étape actuelle.

Nous recevons un grand nombre de questions des citoyens qui planifiaient auparavant leur départ à l'étranger à des fins touristiques, d'affaires ou sociales. A cet égard, nous publions sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères une revue spéciale des intentions des différents pays de de lever les restrictions, de simplifier le régime de traversée des frontières, parce que les questions sont trop nombreuses. Par endroits ces assouplissements ont déjà été décrétés, il s'agit de l'assouplissement des exigences compte tenu de la situation épidémiologique dans tel ou tel État. Ailleurs sont exprimées seulement des intentions de changer le régime de voyages, d'accueil des citoyens étrangers, du processus d'observation.

 

Sur l'aide accordée aux citoyens russes se trouvant à l'étranger

 

Vous le savez, conformément au décret n°433 du gouvernement de la Fédération de Russie du 3 avril 2020, une aide sociale est versée aux citoyens russes se trouvant à l'étranger et n'ayant pas la possibilité de rentrer en Fédération de Russie à cause du coronavirus.

A ce jour, le nombre de demandeurs qui ont bénéficié d'une telle aide avec les membres de leur famille dépasse 21.000 personnes (21.283). Ce chiffre est mis à jour quotidiennement, de plus en plus de gens reçoivent une telle aide. Plus de 1,7 milliard de roubles (22 millions d'euros) ont été versés.

Je voudrais attirer votre attention sur un point que nous soulignons régulièrement. Il y a des difficultés et des problèmes en la matière. De nombreuses demandes ont été remplies avec des erreurs, puis réintroduites, des difficultés techniques sont survenues pendant le virement de ces fonds, une fois de plus à cause de demandes incorrectement remplies. Ce 22 mai, le site du Ministère a publié un communiqué du Groupe de travail spécial du Ministère russe des Affaires étrangères pour étudier les plaintes et les requêtes des citoyens russes se trouvant à l'étranger et n'ayant pas la possibilité de revenir en Fédération de Russie. Il contient des explications concernant l'organisation de la procédure de versement de l'aide sociale et des actions de vérification effectuées non seulement par le Ministère des Affaires étrangères, mais également par d'autres institutions et autorités compétentes. Voici l'adresse pour une vérification du statut actuel des requêtes à l'aide d'un formulaire numérique spécial: https://sos.midhelp.ru/status.

 

Sur le rapatriement d'enfants russes scolarisés aux États-Unis

 

Un autre thème lié à la pandémie mondiale et l'aide aux citoyens russes, qui a suscité un grand intérêt, concerne le rapatriement des enfants russes qui ont été envoyés aux États-Unis pour suivre des études encadrées par des ONG. Ce thème suscite une attention particulière des médias, nous recevons de nombreuses questions, et à cet égard je voudrais faire un commentaire compte tenu des nouvelles informations.

A ce jour, 50 participants à ces programmes sont rentrés des États-Unis en Russie, 5 autres seront rapatriés prochainement, et 7 individus avec lesquels nous avons établi le contact ont décidé de rester pour l'instant aux États-Unis en attendant que l'épidémie passe.

Le travail pour retrouver les mineurs russes qui se sont retrouvés dans une situation difficile sans adultes à l'étranger se poursuit. Notre ambassade et Ministère des Affaires étrangères apportent également une contribution aux parents de ces enfants. Nous apporterons toute l'aide possible pour régler ce problème. Nous le suivons de près.

 

Sur l'attribution, par le Département d’État américain, d'une bourse pour "la divulgation de la désinformation russe et soviétique dans le domaine de la santé"

 

Nous avons remarqué, sur le site du Département d’État américain, l'annonce d'un appel d'offres pour la préparation d'un rapport sur "les campagnes de désinformation de la Russie et de l'Union soviétique sur le thème de la santé", doté d'une bourse de 250.000 dollars .

Je pense que cela peut être difficilement qualifié de "bourse". On a l'impression que le rapport est déjà prêt. Toutes les informations sont déjà compilées et il faut seulement trouver  une organisation qui prendra cette grande somme et publiera le document dans l'espace public.

Cette bourse serait destinée à des "ONG et universités américaines et étrangères, ainsi qu'à des structures commerciales". Il est prévu de l'attribuer via le Global Engagement Center auprès du Département d’État américain, dont la responsable Lea Gabrielle a déjà dévoilé, lors des audiences au Congrès américain le 5 mars dernier, ses plans d'organiser l'étude de "l'écosystème de la propagande russe en action".

Qu'attend-on des candidats à la préparation de ce rapport? On s'attend à ce que, sous la supervision des experts du Centre, soit préparée une analyse sur les campagnes de désinformation dans le domaine de la santé en Russie et en Union soviétique afin de les étudier et de les rendre publiques. Il est très opportun de rappeler aujourd'hui ce qui se passait à l'époque de l'Union soviétique. Sans parler du bien-fondé et de la pertinence de l'étude de prétendues "campagnes de désinformation de l'Union soviétique" en 2020, nous considérons cet appel d'offres comme une commande directe de discréditer les efforts sous l'égide du gouvernement russe dans la lutte contre le coronavirus et une contribution à l'infodémie globale, dont a parlé le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres. Je voudrais rappeler également que l'OMS, l'Unesco et d'autres organisations internationales ont appelé à lutter contre la désinformation sur le thème du coronavirus.

Nous avons attiré plusieurs fois l'attention des structures internationales compétentes et du grand public sur la campagne lancée en Occident, notamment aux États-Unis, visant à discréditer les gouvernements de différents pays, à propager des accusations de désinformation sur le coronavirus, ainsi que sur le travail de substitution des notions. Tout en parlant de la nécessité de combattre les campagnes de désinformation, plusieurs pays occidentaux les financent et les attisent. C'est devenu impossible à cacher.

Le caractère coordonné de telles actions dirigées notamment contre la Russie a été révélé par la publication synchronisée de fausses informations sur notre pays dans la presse occidentale. Nos autorités compétentes ont déjà exprimé leurs avis et démentis.

Il est regrettable qu'au lieu d'une coopération avec la communauté mondiale dans la lutte contre la pandémie en Occident, notamment aux États-Unis, on ne fait qu'ajouter de nouveaux éléments irritants dans les relations bilatérales et, en principe, dans l'agenda international. Nous appelons Washington à changer ses approches et à renoncer aux pratiques négatives qui ne font qu'aggraver le problème d'ampleur mondiale, et nous appelons également à la coopération.

 

Sur les déclarations de Josep Borrell concernant "la fin du leadership américain"

 

Nous avons remarqué les récentes déclarations de Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, pendant la réunion des ambassadeurs et des représentants permanents en Allemagne en visioconférence. Tout cela était couvert par les médias. Il a déclaré que le nouveau coronavirus avait servi de "catalyseur de l'histoire". Selon Josep Borrell, ce que les analystes évoquaient depuis longtemps est arrivé: "la fin du leadership américain", le début du "siècle de l'Asie". C'est une déclaration intéressante du point de vue des analystes auxquels se réfèrent nos partenaires européens.

Nous avons procédé à une analyse de l'histoire récente pour savoir quels analystes avaient formulé de telles prévisions il y a quelques années. Voici quelques citations très intéressantes.

Le 15 janvier 2015: "Au fur et à mesure que les États-Unis et tout l'Occident "historique" perdent leurs positions de domination absolue dont ils bénéficiaient pendant au moins 500 ans, […] de nouveaux centres de croissance économique, d'aide financière, d'influence politique apparaissent au vu du déroulement naturel de l'histoire […], les États-Unis, malheureusement, recourent à des méthodes illégitimes pour tenter de stopper la réduction de leur rôle relatif dans la politique mondiale."

Le 29 mars 2017: "Il faudrait reconnaître que le monde a changé et qu'il est différent par rapport à ce qu'il était il y a quelques centaines d'années quand l'Occident jouait un rôle dominant." "Nous vivons dans un monde polycentrique. Qu'on l'appelle multipolaire, polycentrique ou plus démocratique, le processus est en cours."

Le 24 août 2015: "Nous assistons à la fin d'une très longue période de domination historique, économique, financière et politique de l'Occident. Cela a duré des centaines d'années. Aujourd’hui, cette époque entre en contradiction objective avec la formation réelle de nouveaux centres de force, notamment dans la région Asie-Pacifique. […] Ce n'est certainement pas facile de reconnaître que sa domination, pratiquement sans partage durant des siècles, touche à sa fin."

Le 20 octobre 2014: "Nous n'avons pas simplement affaire au début d'une nouvelle étape historique, mais de toute évidence à un changement d'époque. […] un tableau du monde foncièrement nouveau qui ne s'inscrit pas dans la vision établie depuis des siècles de la domination de l'Occident dans l'économie, les finances et la politique mondiales."

Qui est cet analyste qui a prévu tout ce dont parlent aujourd'hui nos partenaires de l'UE en répétant littéralement les citations datant de trois, quatre ou cinq ans? Vous n'allez pas le croire, mais c'est le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

 

Sur la 23e réunion du forum "Rencontres de Potsdam"

 

Ce 25 mai s'est tenue la 23e réunion des "Rencontres de Potsdam" organisée par le Forum russo-allemand et le Fonds Gortchakov de soutien à la diplomatie publique. Ce format a fait ses preuves comme l'une des principales plateformes du dialogue communautaire russo-allemand. En 2019, il a été placé sous le patronat du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et du Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, qui ont envoyé aux participants à la dernière réunion des salutations par écrit. Compte tenu des restrictions adoptées en Russie et en Allemagne à cause de la propagation du coronavirus, la réunion s'est tenue pour la première fois à distance, ce qui n'a pas empêché un dialogue ouvert et professionnel, une discussion sur les différents thèmes d'actualité à l'ordre du jour. Le thème du forum s'intitulait "Allemagne-Russie-UE: la pandémie et son impact sur la politique étrangère et la politique de sécurité".

Les salutations du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, exprimées par le représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour la coopération culturelle internationale Mikhaïl Chvydkoï, soulignent que la pandémie de coronavirus est devenue l'une des principales stimulations pour adopter des approches unificatrices dans les domaines tels que la politique étrangère, la politique de sécurité et l'économie mondiale, renforcer la coopération entre les pays et les institutions internationales dans la lutte contre les menaces réelles, et non fictives, pour l'humanité. Comme l'a noté le Ministre, il est dans notre pouvoir de transformer le slogan pessimiste mais répandu aujourd'hui, "le monde ne sera plus jamais le même", en une formulation bien plus ambitieuse et orientée sur l'avenir: "le monde doit devenir meilleur".

Le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas dans ses salutations, puis la plupart des participants au débat à distance parmi les représentants politiques, les diplomates, les experts et les personnalités publiques éminents des deux pays ont soutenu et ont développé en détail ces thèses en mettant l'accent sur la nécessité de la coopération entre la Russie et l'Allemagne dans le règlement des problèmes européens et mondiaux.

 

Sur le rôle efficace des autorités allemandes dans la libération des marins russes du navire Tommy Richer au Nigeria

 

Vous le savez, mardi 26 mai, le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères a publié un commentaire sur la libération, le 23 mai, de trois citoyens russes capturés par des pirates dans les eaux territoriales du Bénin, qui étaient des membres d'équipage du porte-conteneurs Tommy Richer: l'assistant en chef du capitaine, le mécanicien en chef et le mécanicien-électricien. Le soir même, avec l'aide de la mission diplomatique russe d'Abuja, ils ont embarqué sur un vol charter Lagos-Francfort pour être rapatriés ensuite en Russie.

Je voudrais noter aujourd'hui le rôle important et utile des autorités allemandes dans la libération les membres d'équipage russes capturés par des pirates, qui étaient en contact étroit avec la mission diplomatique russe d'Abuja très le début et jusqu'à la libération de nos marins. Nos compatriotes ont pu être libérés grâce au travail conjoint des diplomates des deux pays et des représentants du propriétaire du navire.

Nous remercions nos partenaires allemands, notamment l'Ambassade d'Allemagne à Abuja et le Consulat général allemand à Lagos, ainsi que tout le Ministère des Affaires étrangères allemand, pour les efforts énergiques et la coopération efficace avec nos représentations diplomatiques pour régler ce problème si sensible. Je voudrais souligner que ce règlement a également été compliqué par les restrictions de circulation décrétées dans le monde entier à cause de la pandémie.

 

Sur la Journée de l'Afrique

 

Ce lundi 25 mai était célébrée la Journée de l'Afrique, une fête annuelle qui symbolise l'aspiration des peuples du continent africain à la paix, à l'indépendance et à l'unité. Compte tenu de la célébration, cette année, du 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique, du 75e anniversaire de l'Onu et du 60e anniversaire de la Déclaration de l'Onu sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux du 14 décembre 1960, cette date a revêtu une signification particulière.

Les liens amicaux étroits avec les pays africains et l'expérience conséquente de coopération mutuellement avantageuse remontent au début des années 1960, quand l'Union soviétique avait soutenu inconditionnellement l'aspiration des Africains à se libérer du joug colonial, leur avait apporté une grande contribution pratique dans la formation des bases de la structure étatique, la mise en place des économies nationales, ainsi que la formation de cadres militaires et civils. Ces dernières années, les pays d'Afrique prennent activement du poids et de l'influence dans les affaires internationales, participent de plus en plus largement au règlement des problèmes actuels de la politique et de l'économie mondiales.

Le sommet de Sotchi de l'an dernier, et le Forum du partenariat Russie-Afrique créé à son issue, ont ouvert une nouvelle page dans les relations russo-africaines traditionnellement amicales, a contribué au renforcement de l'architecture des liens mutuellement avantageux dans tous les domaines - commercial, économique, des investissements, scientifique, technique et social. Nous espérons que le mécanisme de partenariat entre la Russie et le continent africain créé lors du sommet permettra de coopérer également dans le domaine spécifique de la lutte contre le coronavirus, qui affecte aujourd'hui le monde entier.

 

Sur la publication du Washington Post concernant l'éventuelle reprise des essais nucléaires aux États-Unis

 

Une fois de plus, la sécurité internationale a fait l'objet d'attaques et a subi l'impact destructeur des États-Unis. Nous avons déjà commenté dans le détail tout ce qui concernait le retrait des États-Unis du Traité Ciel ouvert. Je voudrais attirer l'attention sur le fait que le site du Ministère des Affaires étrangères a publié un document de plusieurs pages contenant les réponses aux questions les plus fréquentes reçues depuis une semaine concernant cette démarche tout sauf constructive des États-Unis. Tout a commencé par une série de fuites sur l'intention de Washington d'annoncer cette démarche. Puis cela a été officiellement annoncé avec une argumentation étrange, en accusant de nouveau la Russie. Ce document contient les réponses à ces questions, entre autres. Nous voyons actuellement l'approche des États-Unis du droit international. En particulier, le quotidien The Washington Post, se référant à une source anonyme de l'administration américaine, a annoncé que Washington étudiait la possibilité de relancer les essais nucléaires. C'est probablement la publication "la plus attendue" qui inquiète le monde entier: la reprise des essais nucléaires. Alors que nous pensions qu'il fallait unir les efforts dans la lutte contre le coronavirus. Malheureusement, Washington est préoccupé aujourd'hui par d'autres problèmes.

Cette nouvelle "intox" est lancée après de nombreuses accusations faites cette année par des représentants américains à différents niveaux visant la Russie de ne pas respecter de prétendus standards américains du seuil zéro d'essais nucléaires. De telles accusations ont également visé la Chine, qui manquerait de transparence dans le respect du moratoire sur les essais nucléaire. Dans l'ensemble, la méthode est claire. D'abord sont lancées des accusations gratuites envers les autres, suivies de la préparation du terrain pour des démarches évidentes de l'administration. Comme l'ont déjà fait remarquer les autorités russes, nous n'excluons pas que Washington prépare ainsi l'opinion publique pour retirer sa signature du Traité sur l'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) - document primordial dans le domaine de la non-prolifération de l'arme nucléaire.

Je voudrais souligner de nouveau qu'un tel algorithme d'actions a été utilisé plusieurs fois par l'administration américaine: des fuites, la publication d'articles à ce sujet. L'opinion publique était préparée aux nouvelles démarches de l'administration dans ce sens.

Je voudrais faire un bref rappel historique: un quart de siècle après la signature du TICE, les États-Unis ne l'ont toujours pas ratifié. C'est Washington qui est le principal responsable du fait que ce Traité n'est toujours pas entré en vigueur.

On a l'impression que l'administration américaine s'est fixée pour objectif de détruire tout ce qui a été acquis dans le domaine de la non-prolifération et de la maîtrise des armements ces 50 dernières années: Washington s'est retiré du Traité ABM; a cessé sa participation au Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien (sachant que ce n'était pas un simple document multilatéral, mais un document qui a été légalisé internationalement avec l'adoption de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies); il a détruit le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire; il a décidé de se retirer du Traité Ciel ouvert; et à ce jour persiste une incertitude dans les actions des États-Unis concernant la prolongation du Traité sur la réduction des armes stratégiques.

Cette activité est clairement subversive. Cette politique des États-Unis est dirigée contre l'ensemble des fondations juridiques internationales sur lesquelles se sont construites la stabilité et la sécurité internationales. Les actions de Washington deviennent de plus en plus dangereuses et imprévisibles.

La Russie n'a pas l'intention de renoncer au moratoire sur les essais nucléaires décrété en 1992 tant qu'il est respecté de bonne foi par d'autres États parties du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. La Russie a ratifié ce Traité en 2000 et part du principe qu'il faut tout faire pour que ce document entre en vigueur.

 

Sur la levée des exceptions aux sanctions américaines liées aux projets dans le cadre de l'accord nucléaire avec l'Iran

 

Puisque nous parlons de la paix et de la sécurité internationales, et que le Plan d'action a été mentionné, je voudrais m'y arrêter plus en détail car de nombreuses questions ont été posées concernant la levée des exceptions aux sanctions américaines en lien avec les projets dans le cadre de l'accord nucléaire avec l'Iran.

La décision des États-Unis de lever les exceptions à leurs sanctions unilatérales, prévues pour plusieurs projets dans le cadre de l'accord nucléaire avec l'Iran, illustre une fois de plus la ligne américaine visant à enfreindre grossièrement le Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien et la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Nous condamnons cette démarche. La communauté internationale appelle Washington depuis longtemps, et instamment, à tenir ses engagements dans le cadre de ces documents.

Nous constatons une hostilité persistante de l'establishment politique américain envers l'Iran, qui prédomine sur la responsabilité juridique devant les partenaires, sur la préoccupation vis-à-vis de sa propre réputation dans le monde en tant qu’État apte à l'entente, et sur la nécessité de renforcer l'autorité du Conseil de sécurité des Nations unies.

On a l'impression que Washington ne sait plus quoi faire d'autre pour saper la réalisation du Plan d'action et de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies susmentionnée.

La politique de "pression maximale" appliquée par l'administration américaine contre l'Iran a mis en évidence son incapacité à régler efficacement des tâches complexes, et l'inefficacité des moyens à disposition de l'establishment américain. Ces actions tirent un trait sur toutes les revendications de leadership par Washington et remettent en question sa capacité à jouer un rôle de leader au sein même de la communauté occidentale des "partisans des mêmes idées".

Manifestement, les auteurs de cette politique ne se demandent même pas quel profit les États-Unis pourraient tirer de la non-réalisation des projets prévus par le Plan d'action. Nous rappelons que les paramètres de ces projets ont été élaborés et convenus avec la participation directe de spécialistes américains, et constituaient précisément la réponse aux préoccupations américaines. Par conséquent ce n'est pas l'Iran, à l'activité duquel les Américains associent des "risques élevés" dans le domaine nucléaire, mais les États-Unis qui empêchent de mener à bien la mise en œuvre de la partie nucléaire du Plan d'action.

Est-ce que cela signifie que désormais Washington veut que l'Iran termine lui-même, par exemple, la construction du réacteur d'Arak? Il y a peu de temps de cela cette perspective effrayait les autorités américaines. Et si tout à coup elles ont décidé que les seuils et les termes fixés par le Plan d'action sont injustes envers l'Iran et qu'il faut les changer, alors il ne fallait pas quitter le Plan d'action, décréter des sanctions et prendre de nombreuses décisions transgressant directement la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Y compris la levée des exceptions aux sanctions. Nous n'avons pas trouvé de réponse à ces questions dans les vagues déclarations faites hier par de hauts représentants du département d’État américain pour expliquer le contenu des décisions prises à Washington.

Les États membres du Plan d'action restent en contact permanent à tous les niveaux, ils continueront de traiter toutes les questions liées à la garantie durable et globale du Plan d'action et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. A présent, ils devront évaluer l'impact néfaste des nouvelles décisions de l'administration américaine.

D'un point de vue pratique, la levée des "waivers" pourrait ralentir, mais pas stopper, la réalisation des projets de reconfiguration importants qui constituent la base des accords de 2015. Nous appelons tous les acteurs de bonne foi du Plan d'action à faire preuve de la volonté politique nécessaire en la matière.

 

Sur les menaces américaines concernant le Nord Stream 2

 

En parlant des États-Unis et du droit international, je ne peux pas ne pas commenter les menaces américaines envers le Nord Stream 2. Il s'agit des déclarations de l'Ambassadeur des États-Unis en Allemagne, Richard Grenell, dans une interview au journal allemand Handelsblatt. Le diplomate américain a menacé de décréter de nouvelles sanctions contre le projet de gazoduc Nord Stream 2. Nous avons déjà constaté la ligne claire de la diplomatie américaine en Allemagne. Ces déclarations éloignées de la diplomatie indiquent que même en cette période difficile à Washington, les forces qui ont l'intention de dicter aux autres pays quelle politique énergétique ils doivent mener continuent de prendre de l'ampleur. Tout en faisant complètement l'impasse sur le droit international, les principes marchands et les intérêts économiques des partenaires.

Pour la prochaine conférence de presse, nous préparerons une sélection de déclarations faites par l'administration américaine il y a dix ans concernant l'impossibilité et l'illégitimité de déclarations politiques vis-à-vis de la politique énergétique de différents pays.

La Russie a souligné plusieurs fois que le Nord Stream 2 était un projet purement économique dont dépendait la sécurité énergétique de l'Europe, qui renforcera son potentiel économique et continuera au passage à une énergie à basses émissions. Apparemment, les États-Unis ont décidé de poursuivre la ligne visant à réduire dans leur intérêt la compétitivité des compagnies européennes et à imposer de force les marchandises américaines, y compris le gaz liquéfié. Cette ligne semble particulièrement cynique dans le contexte des sérieuses mesures prises par un grand nombre de pays pour stabiliser les marchés énergétiques, ce qui est également dans l'intérêt des compagnies américaines. Il est regrettable qu'à Washington dominent des politiciens qui ne cherchent pas à développer une coopération internationale mutuellement avantageuse dans le domaine énergétique mais à utiliser le facteur énergétique pour poursuivre la politique antirusse, qui est aussi au fond anti-européenne parce qu'il est question de projets énergétiques européens.

 

Sur le début de la diffusion 24h/24 de la chaîne RT à Cuba

 

Nous avons également de bonnes nouvelles. Je voudrais annoncer et attirer votre attention sur le lancement, ce 25 mai, de la diffusion 24h/24 de la chaîne RT en espagnol à Cuba par la compagnie publique Television Cubana. Nous estimons que c'est un pas important dans le renforcement du partenariat stratégique entre les médias dans le milieu de l'information.

Je voudrais rappeler qu'en 2018, le Ministère russe des Communications et l'Institut cubain de la radio et de la télévision avaient signé un accord dans le domaine des communications, dont l'un des termes portait sur une diffusion étendue de RT sur l'île.

Le média russe en espagnol se trouve sur l'un des nouveaux canaux haute résolution HD-4 de la grille des diffusions de la télévision centrale.

La diffusion de la chaîne RT augmentera les possibilités d'accès à l'information pour le public cubain. A notre avis, cela contribuera à enrichir et à élargir la possibilité pour les citoyens de l'île de réaliser des choix basés sur différents points de vue.

 

Réponses aux questions:

Question: Le 28 mai marque la fête nationale de l'Azerbaïdjan, la Journée de la République. Que pensez-vous de la dynamique actuelle des relations bilatérales?

Réponse: Je profite de l'occasion pour féliciter nos amis azerbaïdjanais à l'occasion de leur fête nationale: la Journée de la République. Par tradition, des notes de vœux ont été envoyées aux autorités azerbaïdjanaises par le Président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine, le Président de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie Viatcheslav Volodine, la Présidente du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie Valentina Matvienko et le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

En ce qui concerne notre avis sur l'état et les perspectives des relations bilatérales, il a été exprimé par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Andreï Roudenko pendant la visioconférence "Russie-Azerbaïdjan: les horizons de la coopération" organisée aujourd'hui par l'agence de presse TASS. Je vous suggère de prendre connaissance de ces informations sur le site de l'agence de presse.

Question: Une tension est survenue à la frontière entre l'Inde et le Pakistan, considérée comme la plus importante depuis la guerre de 1999. L'Inde crée actuellement une tension avec le Pakistan et le Népal. Que pense la Russie de cette situation dans la région?

Réponse: Nous sommes préoccupés par la tension dans les relations entre l'Inde et le Pakistan. La situation au niveau de la ligne de démarcation entre les deux pays reste compliquée. Des fusillades faisant des victimes, notamment parmi les civils, y éclatent sporadiquement.

La Russie appelle immuablement les belligérants à faire preuve de retenue. Nous partons toujours du principe que les litiges doivent être réglés par des moyens politiques et diplomatiques sur une base bilatérale conformément aux termes de l'accord de Simla de 1972 et de la Déclaration de Lahore de 1999.

La Russie souhaite que les relations entre New Delhi et Islamabad soient de bon voisinage, ce qui contribuerait au renforcement de la stabilité et de la sécurité régionales, ainsi qu'au développement des relations commerciales et économiques mutuellement avantageuses.

Question: Que pouvez-vous dire du scandale autour de la "Commission internationale pour la justice et la responsabilité"?

Réponse: Nous avons remarqué que les approches néerlandaises de l'activité de différentes ONG douteuses suscitaient dernièrement de plus en plus de confusion et de déception.

La Haye, qui se positionne comme la "capitale juridique du monde", "engraisse" de facto les structures qui, sous couvert de slogans pour la protection des droits de l'homme et "la lutte contre l'impunité", mènent des activités malveillantes, notamment la propagation de contenus diffamants et bien d'autres.

En témoigne l'exemple de l'ONG "Commission internationale pour la justice et la responsabilité", qui recueille des preuves de prétendus crimes de guerre, crimes contre l'humanité et violations des droits de l'homme commis par Damas.

Cette structure financée avec l'argent du contribuable européen, et notamment néerlandais, selon une enquête de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF), était impliquée dans des cas de falsification de documents, de fausses factures et de fraude. A première vue, les preuves irréfutables de son activité malhonnête découvertes par les autorités compétentes de l'UE auraient dû inciter l’État à stopper son soutien, et le Parquet à ouvrir une enquête approfondie et à poursuivre pénalement ces prétendus spécialistes. Mais ce n'est pas le cas.

Nous remarquons que ce n'est pas un cas isolé, mais un exemple de plus de l'activité de structures pseudo-humanitaires qui cherchent à saper la situation intérieure en Syrie. Il suffit de rappeler les révélations faites pendant la conférence de presse au siège de l'OIAC concernant les Casques bleus pris en flagrant délit de mise en scène des conséquences d'un prétendu usage de l'arme chimique dans la ville syrienne de Douma, ce qui a servi de prétexte pour la coalition occidentale, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, à des frappes de missiles contre la Syrie en transgressant le droit international et la Charte de l'Onu.

Il est préoccupant (aussi bien pour nous que pour les experts en la matière) que ces "informations compromettantes" sur les autorités syriennes légitimes recueillies par ce genre d'organisations et relayées par les médias sont ensuite transportées aux organes d'application de la loi et sont prises pour point de départ de la justice. Quelles décisions peuvent être prises par les tribunaux en s'appuyant sut cette information "impartiale et indépendante"? On l'ignore.

 

 

 

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