Briefings du ministère des Affaires Etrangères

12 décembre 201917:28

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 12 décembre 2019

Sur l'ouverture de l'exposition consacrée au 40e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques avec la Grenade

 

Aujourd'hui, avec la participation de la direction du Ministère russe des Affaires étrangères, se tiendra le vernissage d'une exposition consacrée au 40e anniversaire de l'établissement des relations diplomaties russo-grenadiennes. Des représentants du corps diplomatique accrédité à Moscou, des milieux sociopolitiques, scientifiques et culturels, ainsi que les médias, ont été invités à cet événement.

L'exposition présente des documents et des photos relatant l'histoire des relations entre nos deux pays, qui ont commencé avec le Communiqué conjoint sur l'établissement des relations diplomatiques et l'échange de représentations diplomatiques entre l'URSS et la Grenade signé le 7 septembre 1979.

Les relations entre les deux États se construisent sur des traditions solides d'amitié, de solidarité et de coopération mutuellement bénéfique. La Grenade est un partenaire prometteur de la Russie dans les Caraïbes non seulement au format bilatéral, mais également dans le cadre de la CARICOM. Partageant le même attachement aux principes de multilatéralisme et de respect du droit international, nous interagissons de manière constructive à l'Onu. Nous élaborons activement des projets prometteurs communs dans les domaines commercial, économique, des investissements, scientifique et technique. Nous renforçons les liens au niveau de la société civile, dont le forum médiatique Russie-Caraïbes à la Grenade est un élément important.

 

Sur la visite officielle en Fédération de Russie de Denis Moncada, Ministre des Affaires étrangères de la République du Nicaragua

 

Les 12 et 13 décembre, le Ministre nicaraguayen des Affaires étrangères Denis Moncada effectuera une visite de travail à Moscou. Vendredi 13 décembre, il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, après quoi sera adoptée une déclaration conjointe.

Les deux ministres évoqueront l'état et les perspectives des liens de partenariat bilatéraux, du dialogue politique, l'élargissement de la coopération dans différents domaines, le perfectionnement de la base juridique et contractuelle, ainsi que le renforcement de la coopération sur la scène internationale.

Le Nicaragua, partenaire stratégique de la Russie en Amérique latine, s'est transformé en objet de pression ouverte des forces extérieures qui cherchent à dicter leur volonté au peuple épris de liberté de ce pays. Nous sommes solidaires du gouvernement de ce pays, nous condamnons fermement toute forme d'ingérence étrangère et de pression par les sanctions envers cet État souverain.

Cette visite est associée au 75e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre nos pays. Dans le cadre de la célébration de cette grande date, le 13 décembre à 17h au centre médiatique du parc Zariadié, sera ouverte une exposition d'archives et de chroniques vidéo, ainsi qu'une exposition photo "Le Nicaragua aujourd'hui" du photographe russe Sergueï Kovaltchouk. 

 

Sur la présentation des mémoires de Vitali Tchourkine

 

Vendredi 13 décembre à la Résidence (maison des réceptions) du Ministère russe des Affaires étrangères aura lieu la présentation des mémoires de Vitali Tchourkine: Les Difficultés de traduction. J'ai eu l'honneur de prendre connaissance de ce livre. Cette possibilité m'a été offerte par la famille de Vitali Tchourkine. Il a travaillé sur cet œuvre pendant plusieurs années, jusqu'à son départ prématuré. La cérémonie, à laquelle participera la veuve du diplomate Irina Tchourkina, sera ouverte par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Vitali Tchourkine a eu un parcours professionnel unique, de traducteur à Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire. Il a travaillé activement sur le dossier américain, il a beaucoup œuvré pour la mise en place du service d'information du Ministère russe des Affaires étrangères, il a occupé le poste de vice-Ministre, il a participé au règlement de la crise des Balkans en tant que représentant spécial du Président de la Fédération de Russie, il a été Ambassadeur de Russie en Belgique et au Canada, il a mené des négociations difficiles sur la coopération en Arctique.

Les lecteurs trouveront particulièrement intéressant le chapitre du livre consacré au travail de Vitali Tchourkine en tant que Représentant permanent de la Russie auprès de l'Onu. Pendant son mandat à ce poste ont eu lieu plusieurs situations internationales sérieuses - les événements de 2008 en Transcaucasie, l'intervention étrangère en Libye, la guerre civile en Syrie, le conflit intérieur en Ukraine, la réunification de la Crimée avec la Russie. Il a participé personnellement à la mise au point de nombreux documents historiques, et à l'Onu sa voix était associée à juste titre à la voix de notre pays.

Le trait distinctif de ce livre est qu'il fait la lumière sur l'évolution, la mise sur pied d'un diplomate, d'un homme qui commence seulement sa carrière et sa vie, qui analyse la situation à travers le prisme des événements historiques dans notre pays, à travers l'expérience qu'il acquiert en travaillant à l'étranger. Ce livre sera vraiment très intéressant et utile pour ceux qui étudient les relations internationales.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec les ambassadeurs des pays arabes

 

Lundi 16 décembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec les chefs des missions diplomatiques des pays arabes et de la représentation de la Ligue arabe à Moscou.

Un échange d'avis approfondi est prévu sur un large éventail de questions régionales et internationales, notamment le processus de paix en Syrie, en Libye, et au Yémen, ainsi que la normalisation de la situation dans le Golfe.

Il est également prévu d'évoquer les perspectives de développement des liens d'amitié et de la coopération diversifiée entre la Russie et les pays arabes au format bilatéral et collectif.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

En Syrie, la situation la plus compliquée continue d'être observée dans les régions non contrôlées par le gouvernement, notamment dans la Zone de désescalade d'Idleb et à l'Est de l'Euphrate.

Dans cette dernière région, nous continuons de travailler avec Ankara à la mise en œuvre du Mémorandum du 22 octobre. Ce travail est mené sur deux axes: empêcher la reprise des activités militaires et redresser la situation humanitaire. Afin de remplir la première tâche a été mené à son terme le retrait des unités kurdes de la frontière turque, des patrouilles conjointes régulières ont été mises en place, une zone démilitarisée a été créée sur le périmètre de la zone de l'opération Source de paix, et le Centre de coordination russo-turc fonctionne. Dans le domaine humanitaire, les spécialistes russes apportent une aide médicale aux civils (près de 3.000 patients), organisent la distribution de nourriture aux personnes dans le besoin (pour un total de près de 5 tonnes) et remettent en état les sites d'alimentation en eau et en électricité.

A cet égard, nous avons pris note du rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) de l'Onu consacré à la situation dans le camp de réfugiés d'Al-Hol dans le Nord-Est du pays, dont nous suivons de près le sort comme vous le savez. Les experts de l'Onu ont noté une stabilisation de la situation dans le camp, ce qui a été obtenu en grande partie grâce aux efforts du gouvernement syrien. Les organisations humanitaires travaillant de l'autre côté de l'Euphrate ont rapidement rétabli un service médical minimum à Al-Hol et établissent un accès humanitaire stable au camp. A l'heure actuelle y vivent près de 69.000 personnes, et plusieurs centaines de déplacés internes ont déjà rejoint leur foyer sur les territoires contrôlés par les autorités syriennes.

La situation reste difficile à Idleb: les terroristes continuent de bombarder ses environs, mettant en péril la vie des civils à l'intérieur et à l'extérieur de la zone de désescalade. Chaque jour, nous constatons près de 40 attaques. Par exemple, le 4 décembre, des djihadistes ont attaqué un club sportif à Tall Rifaat (province d'Alep), 8 enfants ont été tués et 13 ont été blessés. La veille, un autre incident dans le Sud d'Alep a causé la mort d'un garçon de 6 ans, sa mère et ses deux frères ont été grièvement blessés. Nous soulignons une nouvelle fois que le problème d'Idleb ne sera pas réglé tant que les terroristes y "mèneront le bal".

La 14e Réunion internationale sur la Syrie au format d'Astana s'est terminée hier à Noursoultan (la déclaration conjointe de la Russie, de la Turquie et de l'Iran a été publiée sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères). La dynamique du travail de ce format témoigne clairement de son importance et de son efficacité. Le format d'Astana n'a pas seulement réuni le "trio" des pays-garants (Russie, Iran, Turquie), mais également les parties syriennes (le gouvernement et l'opposition armée), l'Onu et les voisins arabes de la Syrie (Jordanie, Liban, Irak). Les participants à cette activité ont évoqué en détail la situation sur le terrain en Syrie, la lutte contre le terrorisme, le règlement des problèmes humanitaires, l'aide au retour des réfugiés, le renforcement des mesures de confiance, notamment la libération des détenus, et l'avancement du processus de paix. Les participants continueront de suivre ces thèmes.

Le 21 novembre, les autorités syriennes, avec la médiation des militaires russes, ont libéré 120 prisonniers, ce qui est un geste humanitaire important.

La Syrie continue de rétablir les liens économiques et sociopolitiques avec les pays arabes qui l'entourent. Il est prévu d'ouvrir prochainement les exportations d'agrumes syriens en Irak. Ces produits seront acheminés par la route via le poste frontalier récemment rouvert d'Abou Kemal.

La direction de l'Union des journalistes syriens a participé à la réunion de l'Union des journalistes arabes à Riyad. Les commentateurs locaux indiquent qu'il s'agit du premier voyage de représentants officiels syriens en Arabie saoudite de ces dernières années.

Une délégation de députés syriens a participé à la Réunion de l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée à Rome consacrée à la lutte contre le terrorisme international.

La compagnie de transport privée syrienne Cham Wings rétablira mi-décembre les vols vers l'Europe occidentale, suspendus depuis 2012. Deux vols par semaines seront organisés à destination de Berlin depuis l'aéroport international de Damas. L'année prochaine, il est également prévu de mettre en place des vols vers Düsseldorf.

 

Sur la situation actuelle en Irak

 

On constate depuis le début du mois d'octobre des contestations massives à Bagdad et dans plusieurs provinces chiites de l'Irak. Elles avaient commencé sous des slogans sociaux et économiques et revêtaient un caractère pacifique, puis se sont politisées et ont été jusqu'à des attaques contre des sites gouvernementaux et des sièges de partis dans certaines régions du pays, notamment dans la capitale. Cela a provoqué des affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre, qui ont fait près de 400 morts et 15 000 blessés, selon différentes sources.

Les mesures de stabilisation de la situation adoptées par le Gouvernement d'Adel Abdel-Mehdi n'ont pas permis de réduire les tensions sociales. Par conséquent, le Premier ministre irakien a annoncé sa volonté de démissionner et le Parlement irakien a approuvé le 1er décembre sa demande. Le Gouvernement poursuivra son travail temporairement en tant que gouvernement "de transition".

Le Président irakien mène actuellement des consultations actives avec les principaux blocs parlementaires pour définir la candidature du nouveau premier ministre. Nous espérons que ces pourparlers permettront de trouver une solution de consensus dans les délais prévus par la Constitution irakienne pour éviter la formation d'un vide de pouvoir qui risque d'aggraver la crise politique intérieure.

De notre côté, nous soutenons les actions des autorités irakiennes visant l'établissement d'un dialogue national inclusif sur la base de la prise en considération des intérêts de tous les groupes ethniques et confessionnels de la population du pays, et pour le lancement des transformations sociales et économiques.

Nous appelons toutes les forces politiques irakiennes à faire preuve de retenue et soulignons encore une fois que les questions relatives à l'agenda national doivent être résolues uniquement dans le cadre juridique et sans aucune ingérence extérieure.

Nous espérons que le peuple irakien, qui a déjà beaucoup souffert, ne sera pas encore une fois l'otage de jeux politiques et d'ambitions extérieures, et que l'Irak ne se transformera pas en arène de règlement de comptes entre des acteurs extérieurs.

 

Sur la situation au Venezuela et dans son voisinage

 

Nous commentons régulièrement et en détail le développement de la situation politique intérieure au Venezuela. Bien que cette dernière reste compliquée, on voit apparaître la perspective d'une solution politique, avant tout grâce au travail de la "table ronde du dialogue national". Les négociations sont circonstanciées et de plus en plus inclusives.

L'une des questions-clés de l'ordre du jour réside dans la définition des modalités du futur processus électoral. Leur concertation efficace rendra possible l'organisation en 2020 d'élections au Parlement vénézuélien en conformité avec la Constitution du pays, les principes et les normes démocratiques.

Nous constatons au sein de la société vénézuélienne un rejet croissant des approches de confrontation, tant de la part de la population que d'un cercle de plus en plus large de politiciens, y compris d'opposition. Selon les derniers sondages, 67% des Vénézuéliens sont prêts à voter aux élections, alors que 72% des citoyens considèrent comme injuste le boycott du futur scrutin. C'est une tendance positive. Nous espérons qu'elle persistera. 

Washington n'a malheureusement aucune envie de renoncer à sa politique visant la destitution du Gouvernement vénézuélien légitime. Malgré un certain assouplissement de la rhétorique, on constate toujours des tentatives de déstabiliser le Venezuela de l'intérieur, et un élargissement des sanctions illégales. Il n'est pas nécessaire de prouver que les restrictions unilatérales introduites obstinément par la Maison blanche n'ont pas permis aux forces antigouvernementales de se rapprocher du pouvoir, mais ont considérablement aggravé la situation économique et humanitaire dans le pays. Qui plus est, si les entreprises peuvent s'adapter d'une manière ou d'une autre au contexte des sanctions, la population civile - surtout les personnes en situation difficile, les plus démunis, les malades et les enfants - fait face à d'énormes difficultés. Le caractère antihumain des restrictions américaines est absolument évident.  

 

Sur les résultats du sommet de l'Otan à Londres

 

Les 3 et 4 décembre, l'Otan s'est réuni en sommet à Londres (comme l'ont reconnu certains de ses membres, l'Alliance vit sans cerveau) à l'occasion du 70e anniversaire de cette Organisation.

A première vue, cet événement "anniversaire" aurait pu constituer un bon prétexte pour porter un regard critique sur les actes, songer à la concordance des objectifs et des tâches de l'Otan avec la situation géopolitique actuelle, réfléchir aux relations avec les principaux partenaires, voisins et autres acteurs, songer aux perspectives. Mais, comme on le sait, il n'est possible de réfléchir que quand on a ce qu'il faut pour.

Au lieu de chercher sérieusement des réponses aux questions réelles qui se tiennent devant tous les pays du monde aujourd'hui et, surtout ce qui est déjà évident pour les spécialistes, qui sont impossibles à régler séparément, l'Alliance a mis une nouvelle fois au premier plan une "menace russe" fictive, même si d'autres régions n'ont pas non plus été épargnées. Dans la liste dressée à Londres, la menace russe passe avant le terrorisme international, la migration illégale et les défis dans le cyberespace. Ce qui soulève encore plus de questions sur l'état de santé de l'Otan.

La ligne tracée lors des sommets du pays de Galles, de Varsovie et de Bruxelles visant à faire monter la tension et à garantir la domination de l'Otan dans tous les secteurs opérationnels - sur terre, en mer, dans les airs, le cyberespace, et désormais dans l'espace - continue d'être prolongée. Ils ont réglé toutes les questions dans ces domaines et vont commencer à s'organiser concernant l'espace. Apparemment, les alliés ont acquiescé à l'exigence américaine d'accroître les dépenses militaires, qui représentent déjà plus de la moitié du budget mondial et plus de 20 fois les dépenses russes. L'Alliance étudie la possibilité de quitter sa zone de responsabilité géographique: l'attention a été focalisée sur "la Chine montante". L'implication de l'Otan dans le domaine des technologies de l'information et des communications (TIC) et des nouvelles technologies s'élargit.

L'Alliance continue d'agir obstinément contre la Russie selon les recettes définies encore dans les années 1960. Il est question d'une "double approche" selon la formule "la contention plus le dialogue". En ce qui concerne la contention, l'enthousiasme de l'Otan est toujours débordant. Elle réalise activement ses plans pour accroître l'opérationnalité des troupes, ainsi que leur projection et déploiement à proximité des frontières russes. L'ampleur et le nombre d'exercices et de manœuvres provocateurs vont croissant.

Sur le plan du dialogue, les choses sont bien pires. La coopération pratique, notamment entre les militaires, a été bloquée depuis cinq ans déjà - et pas à l'initiative de la Russie. A Londres, nous avons seulement entendu les  vieilles formulations concernant de prétendues "menaces à la sécurité" depuis l'Est. Ce n'est pas seulement insensé mais aussi dangereux de parler de la disposition à normaliser les relations "seulement si la Russie changeait de comportement" et ne rien faire de son côté pour la désescalade de la tension militaro-politique.

Alors que la confirmation, par les pays de l'Otan, de leur "attachement au maintien et au renforcement de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération" donne l'impression d'une action purement propagandiste. Elle a été immédiatement suivie d'une précision concernant la nécessité de tenir obligatoirement compte du "milieu dominant de sécurité". Cela était visiblement nécessaire pour justifier les actes qui vont à l'encontre du système d'accords en la matière ou le sapent directement.

En voilant sa complaisance envers la destruction du Traité FNI par Washington, l'Alliance continue de proférer des accusations gratuites visant la Russie, d'éviter des démarches pour répondre aux efforts russes visant à maintenir la prévisibilité et la retenue dans le domaine des missiles. Ce conformisme des pays européens avec les approches destructives des États-Unis ne fait qu'inciter à la réalisation par Washington des plans annoncés pour le déploiement des missiles à portée intermédiaire, ce qui présente des risques flagrants de déstabilisation de la situation et de course aux armements en Europe et dans d'autres régions.

Contrairement aux documents précédents de ce genre, la déclaration des dirigeants des pays de l'Otan n'appelle pas à prolonger le Traité START. Cela a été manifestement fait également sous la pression des États-Unis qui créent intentionnellement une indétermination autour de ce thème et ne réagissent pas aux propositions de la Russie de se mettre d'accord au plus vite pour prolonger le Traité. Il est évident que la cessation du START porterait un coup fatal à l'architecture de la maîtrise des missiles nucléaires. Nous l'avons dit plus d'une fois. Outre les déclarations politiques, nous avons également proposé des données factuelles à ce sujet.

En même temps, l'Otan n'a pas oublié de réaffirmer son statut d'"alliance nucléaire". Ainsi, a été fixée à terme la pratique otanienne de travailler des "missions nucléaire conjointes" qui prévoient la formation des pays non nucléaires à la manipulation des armements nucléaires américains déployés en Europe et à leur utilisation. Cela viole directement les conditions clés du TNP, ce que l'Alliance continue d'ignorer.

Le sommet de Londres a donné une nouvelle occasion aux dirigeants des pays otaniens de prêter allégeance à "l'unité transatlantique" de cette manière très étrange. Cela était prévisible dans le contextes des informations concernant les divergences de plus en plus fortes au sein de l'Alliance. Bien évidemment, toutes ces divergences sont une affaire intérieure de l'Otan. Mais les tentatives de les régler sur une base antirusse sont inadmissibles pour nous. Il l'est encore plus d'ajouter ou de créer une déstabilisation dans une situation mondiale déjà difficile.

Au sommet de Londres, il a été décidé de lancer un "processus de réflexion" sur le développement stratégique de l'Otan. Nous espérons que cela implique également une analyse plus sobre et objective de l'état et des perspectives de la normalisation des relations Otan-Russie. Selon nous, c'est dans l'intérêt de la sécurité européenne. Cela passe par le rejet de la confrontation et la recherche de solutions pour surmonter ensemble la crise. De notre côté, nous y sommes prêts. Contrairement à l'Alliance, nous avons des capacités pour un processus de réflexion, nous sommes prêts à partager. Nous espérons que l'Otan en prendra également conscience, à savoir que le maintien du niveau de dialogue normal ajouterait de la confiance notamment sur les sujets compliqués qui sont prioritaires dans cet espace - la stabilité stratégique, la sécurité et la lutte contre les nouveaux risques et défis.  

 

Sur le bilan de la 24e session de la Conférence des États-parties de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques

 

La Haye a accueilli fin novembre la 24e session de la Conférence des États-parties de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, à laquelle a participé une délégation du gouvernement russe. L'intervention d'Alexandre Choulguine, Représentant permanent de la Russie à l'OIAC, a été publiée sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères - vous pouvez en prendre connaissance.

L'événement a mis l'accent sur le bilan du travail sur un large éventail de questions de l'agenda de l'OIAC, notamment l'examen de l'élimination des réserves restantes d'armes chimiques, du "dossier syrien" et d'autres domaines importants de l'activité de cette structure internationale.

Un moment-clé a été l'adoption par consensus - c'est très important - de deux décisions sur l'élargissement des listes de substances contrôlées par la Convention, auxquelles on a ajouté quatre familles de nouvelles substances toxiques faisant notamment partie de la catégorie médiatisée par l'Occident sous le nom de "Novitchok", conçues et étudiées dans plusieurs pays de l'Otan et de l'Union européenne. L'adoption de décisions fondées sur les propositions de la Russie et de trois pays occidentaux - les États-Unis, le Canada et les Pays-Bas - a résulté d'un travail très long et compliqué sur la concertation des paramètres techniques de ces initiatives complémentaires. Beaucoup d'efforts ont été entrepris pour trouver des compromis et des solutions mutuellement avantageuses. Le fait-même de leur adoption témoigne que nous sommes encore en mesure de nous entendre. Par "nous", je veux dire les membres de cette structure. Nous sommes capables de nous entendre s'il s'agit de mesures concrètes visant le renforcement du régime de non-prolifération des armes chimiques. Nous avons obtenu ce résultat malgré la confrontation évidente au sein de l'Organisation liée à la politisation extrême, par les pays occidentaux, du "dossier chimique" syrien monté de toutes pièces, de l'"affaire Skripal" inspirée par le Royaume-Uni et de l'octroi au Secrétariat technique de l'OIAC de fonctions attributives de désignation des coupables d'utilisation d'armes chimiques, ce qui va à l'encontre des clauses de la Convention et des pouvoirs exclusifs du Conseil de sécurité de l'Onu.

Dans le même temps, on a constaté une nouvelle manifestation de la politisation de l'OIAC: le vote sur le budget de l'Organisation en 2020 prévoyant un financement voilé du "mécanisme attributif" créé selon nous de manière illégale auprès du Secrétariat technique de l'OIAC. La Russie et près d'un tiers des autres États-parties de la Convention ont refusé de s'associer à cette décision en votant contre, en s'abstenant ou en quittant la salle de la réunion.   

La 24e session de la Conférence s'est déroulée dans une atmosphère tendue, voire de confrontation. Elle a constitué un nouvel exemple de la volonté de nos interlocuteurs occidentaux de continuer de transformer l'OIAC en outil de mise en œuvre de leurs projets géopolitiques au Moyen-Orient et hors de la région. Ils préfèrent cela aux efforts communs visant à maintenir l'autorité de cette organisation spécialisée et technique, ainsi qu'à renforcer l'intégrité de la Convention.

Il est donc significatif que dans ce contexte si contradictoire ait été adoptée l'initiative russe de déclaration commune de 24 pays sur les mesures de lutte contre le terrorisme chimique. Ce texte confirme encore une fois l'urgence de mesures collectives dans la lutte contre les manifestations et les récidives de terrorisme chimique dans le contexte des attentats et des provocations incessantes avec l'utilisation de produits chimiques toxiques et de substances toxiques de combat par les groupes extrémistes et les ONG prétendument humanitaires telles que les Casques blancs liés à ces derniers.   

 

Sur l'élection de la Fédération de Russie aux organes de l'UNESCO

 

Lors des dernières élections qui se sont déroulées les 20 et 21 novembre à Paris dans le cadre de la 40e session de la Conférence générale de l'UNESCO, la Fédération de Russie a été réélue pour quatre ans (de 2019 à 2023) au Conseil exécutif de l'UNESCO, au Comité intergouvernemental de bioéthique, au Conseil international du coordination du Programme sur l'Homme et la biosphère, au Conseil intergouvernemental du Programme hydrologique international et au Conseil intergouvernemental du Programme pour la Gestion des transformations sociales. Elle a également été élue au Conseil d'administration de l'Institut de statistique de l'UNESCO. Qui plus est, la 22e session de l'Assemblée générale des États membres de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972, organisée le 27 novembre en marge de la Conférence générale, a élu la Russie au Comité du patrimoine mondial. 

Le 29 novembre, l'élection par la 208e session du Comité exécutif du Représentant permanent de la Fédération de Russie, Alexandre Kouztetsov, en tant qu'adjoint au Président de cet organe directeur du deuxième groupe électoral (l'Europe de l'Est), a constitué une reconnaissance de la contribution considérable de la Russie au travail de l'Organisation.

La Fédération de Russie remercie les délégations qui ont soutenu la candidature russe. En confirmant notre attachement ferme aux idéaux et aux valeurs universels de l'UNESCO, nous appelons tous les pays intéressés à élargir davantage la coopération constructive sur la plateforme de cette principale Organisation humanitaire conformément à son atmosphère de confiance mutuelle, de respect et de consensus.

 

Sur l'évolution de la situation de Julian Assange

 

Nous sommes sérieusement préoccupés par les informations concernant l'aggravation de l'état de santé de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks. Ce dernier se trouve actuellement au centre de détention provisoire de la prison britannique de haute sécurité de Belmarsh. Le traitement qu'il subit peut être qualifié de brutal. Les mauvais traitements que subit le journaliste a déjà été évoqué par les députés de la Deuxième chambre des États généraux du Royaume des Pays-Bas.

Les défenseurs des droits de l'homme citent régulièrement des faits témoignant que Julian Assange, gravement malade - y compris à cause de ses conditions de détention, provoquée par l'utilisation de ressources politiques - a été privé d'accès aux soins médicaux, ne bénéficie pas de nourriture normale et subit sans cesse des tortures psychologiques très dures. Ce fait a notamment été souligné par Nils Melze, Rapporteur spécial de l'Onu sur la torture. Il avait rendu visite au journaliste avec deux médecins indépendants en mai dernier. "Outre les maladies physiques, Julian Assange présente tous les symptômes de répercussions de la torture psychologique, notamment le stress, l'angoisse chronique et un traumatisme psychologique manifeste", avait-il mentionné avec inquiétude dans une déclaration. 

Le Groupe de travail du Conseil des droits de l'homme sur la détention arbitraire, les rapporteurs spéciaux de l'Onu sur l'inviolabilité de la vie privée et les exécutions extrajudiciaires, ainsi que beaucoup d'autres acteurs, appellent à respecter les engagements en matière de protection des droits de l'homme de Julian Assange. Autrement dit, la communauté internationale s'exprime presque à l'unisson sur cette affaire. Des structures officielles et des organes de l'Onu, des groupes de consultation et des forums, des représentants de la société civile et des experts de différents pays, tout le monde est certain qu'il s'agit d'une véritable persécution contre une personne qui exerce un journalisme réel. C'est exactement le nouveau journalisme au sujet duquel dont nous avons entendu tellement de choses, bien qu'il ait été présenté dans sa nouvelle forme à la communauté internationale il y a des décennies. Nous constatons une véritable persécution politique utilisant les moyens de pression les plus terribles sur une personne.

Comme je l'ai déjà dit, beaucoup de structures internationales appellent à respecter les engagements internationaux en matière de droits de l'homme par rapport à Julian Assange. Des médecins du Royaume-Uni et de nombreux autres pays ont récemment publié sur internet une lettre ouverte adressée à la Secrétaire d'État britannique à l'Intérieur Priti Patel pour demander de transférer Julian Assange de la prison où il se trouve vers un centre médical afin d'organiser son examen par des spécialistes qualifiés. Selon plus de 60 médecins, "en l'absence de cette aide, Jullian Assange pourrait bien mourir en prison avant le début des audiences sur son affaire, prévues en février 2020". 

Dans tous les cas, on constate chez les autorités britanniques un mépris évident de la menace pour la vie et la santé du journaliste qui se trouve en détention depuis des années, a été tout simplement jeté dans les geôles et rencontre les mêmes conditions que les criminels les plus dangereux.

La situation de Julian Assange constitue un exemple éloquent de la violation par le monde occidental, et notamment par le Royaume-Uni - qui se présenté comme un exemple de standards démocratiques - de toutes les lois, règles et normes imaginables qui régulent et assurent la liberté des médias et la sécurité des journalistes. Il s'agit d'un exemple des réalités déplorables de la politique de doubles standards. Les États qui donnent des leçons aux autres en matière de protection des droits de l'homme et de la liberté d'expression oublient complètement les "valeurs" qu'ils défendent afin de protéger leurs propres intérêts.

C'est triste, mais la question est actuellement de savoir si les Britanniques et leurs partenaires sont prêts à aller encore plus loin dans leur volonté de non seulement se venger du journaliste, mais aussi de le massacrer. Pour la seule raison qu'il a professionnellement accompli son travail de journaliste.  

 

Sur la situation de l'agence de presse russe Sputnik en Estonie

 

Nous constatons en Estonie une situation critique concernant le bureau local de l'agence de presse russe Sputnik, qui fait face à une pression administrative sans précédent de la part des autorités estoniennes.

On a appris que la Police de sécurité estonienne avait obligé toutes les banques travaillant dans le pays à arrêter complètement les transactions liées à l'agence de presse Rossiya Segodnya. Le préavis en ce sens a déjà été reçu par Sputnik, ainsi que par les personnes morales - notamment par les banques - qui fournissaient leurs services à l'agence. Pour le média russe, cela signifie l'impossibilité de verser un salaire à 80% de ses collaborateurs dans ce pays, de payer le loyer du bureau, les frais d'entretien et tous les autres produits et services nécessaires. Cela signifie donc un arrêt complet de son activité.

Qui plus est, on fait pression sur le bailleur qui fait face à un véritable ultimatum des autorités: la Police de sécurité a prévenu l'entreprise propriétaire des locaux de l'adoption possible de mesures fermes en cas de poursuite de ses relations contractuelles avec le "média propagandiste russe sanctionné par l'Union européenne".  Qu'est-ce que tout cela signifie? Il est impossible de comprendre ce que la Police de sécurité estonienne a imaginé. Il s'agit d'une particularité notable de l'environnement médiatique de l'Estonie: c'est la Police de sécurité qui s'occupe des journalistes.

Les autorités estoniennes persécutent ouvertement une agence de presse et utilisent des leviers administratifs afin de bloquer son activité. En utilisant ces mesures ouvertement punitives, le pouvoir estonien a rejoint avec enthousiasme la campagne générale de discrimination des médias - notamment liés à la Russie - dans la région balte. Nous constatons là-bas une interdiction de la retransmission des chaînes russes et russophones, le blocage de l'accès aux sites liés à la Russie, l'expulsion des journalistes.

Je voudrais souligner encore une chose. Lors de l'expulsion des journalistes, on nous dit tout le temps que ces derniers auraient violé des règles, des exigences de visa, des normes d'accréditation. Je voudrais le mentionner encore une fois pour que tout le monde le comprenne. Nous n'arrivons pas, depuis des années, à obtenir de la représentation de l'Union européenne à Moscou une liste des normes des pays membres selon lesquelles les journalistes peuvent entrer sur le territoire de ces pays et y travailler. En théorie, c'est une chose très simple. Le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères présente une liste exhaustive des exigences et des normes appropriées, des modalités de l'octroi de visa et de l'accréditation des journalistes. Tout est absolument transparent. La situation est probablement plus compliquée en comparaison avec l'absence de normes, mais ces normes restent dans tous les cas les mêmes, elles sont compréhensibles et accessibles. Nous sommes toujours prêts à fournir des conseils ou une aide logistique lors de l'enregistrement. Quant à nous, nous n'arrivons toujours pas à obtenir une liste compréhensible des exigences de l'Union européenne, alors que Tallin affirme que les médias russes sont "sanctionnés par l'UE". Les réponses sont surprenantes: il n'existe pas de liste commune, il est très difficile de la rédiger, les pays membres définissent eux-mêmes les modalités d'entrée. Très bien, définissez-les, mais il faut dans tous les cas les formuler pour que tout le monde comprenne comment un journaliste peut entrer sur le territoire des pays de l'UE et y travailler sans problème. 

Toutes ces répressions constituent une violation grossière des principes fondateurs du droit international en matière de protection de la liberté d'expression et d'accès égal à l'information. Il est surprenant de constater de telles persécutions des médias dans des pays qui se considèrent comme des démocraties européennes. Qui plus est, ils lancent ces actions sous un étendard démocratique.

Je voudrais également souligner que la Russie respecte ses engagements internationaux et garantit toutes les conditions nécessaires pour le travail libre des médias étrangers sur son territoire.

Nous appelons toutes les structures internationales spécialisées, notamment le Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias, et les ONG, à réagir à cette situation.

 

Sur la situation des touristes touchés dans un accident de la route en République dominicaine

 

Nous vous informons régulièrement de la situation des touristes russes qui se retrouvent dans des situations difficiles quand ils ont une résonance ou quand notre réaction est nécessaire. Il est question ici d'un accident de la route survenu en République dominicaine le 26 novembre. De nombreux communiqués ont été publiés - nous l'avons commenté. Je voudrais dire quelques mots.

La dynamique est positive: à l'heure actuelle, la plupart des touristes touchés ont quitté les établissements médicaux dominicains où ils étaient suivis pour revenir en Russie. 10 personnes restent à l'hôpital, nous travaillons actuellement sur leur rapatriement en Russie. Nos diplomates, en coopération étroite avec les organes compétents de la République dominicaine, continuent de coordonner le travail pour l'accompagnement médical des Russes touchés.

Je voudrais exprimer également des mots de reconnaissance aux autorités dominicaines pour leur contribution inestimable et vraiment sincère, pour leur complicité humaine dans ces circonstances tragiques. Il y a l'expression "c'est dans le malheur qu'on reconnaît ses vrais amis". C'est précisément le cas en l'occurrence. Cette simple vérité prend un sens particulier car il s'agit du plus important - sauver des vies humaines. C'est grâce à la réaction rapide et très efficace des autorités dominicaines et des services d'urgence locaux que les blessés ont reçu à temps une assistance médicale compétente et ont été transportés dans les meilleurs hôpitaux de Saint-Domingue et d'Higüey. Le Ministre dominicain de la Santé Rafael Sanchez a rendu visite aux blessés.

Nous exprimons également des paroles de gratitude aux compatriotes russes qui résident en République dominicaine et qui ont réagi dans les heures qui ont suivi la tragédie pour proposer de l'aide - de la traduction au don de sang. Merci beaucoup.

 

Sur le nouveau cycle de tensions entre Belgrade et Pristina concernant l'interprétation des événements de Racak en 1999

 

Nous condamnons fermement le verdict d'accusation du tribunal kosovar visant le député de la Liste serbe Ivan Todosijevic pour ses propos concernant la falsification des événements de Racak (Serbie, territoire autonome du Kosovo) en janvier 1999. Nous considérons cette décision comme une nouvelle preuve de répressions antiserbes menées systématiquement par les autorités kosovares.

Selon la version de Pristina, les militaires serbes auraient commis un massacre contre les Albanais du Kosovo. En réalité, il s'agissait d'une cynique provocation utilisée par l'Occident pour déclencher l'agression de l'Otan contre la Yougoslavie.

Il est de notoriété publique que l'enquête d'experts internationaux n'a conduit à aucune conclusion claire. Depuis le départ il y avait de nombreuses incohérences, de nombreux témoignages indiquaient que dans ce village avait eu lieu un affrontement entre les forces de l'ordre et les combattants locaux.

Désormais ce thème est utilisé par les autorités albano-kosovares pour promouvoir leur propre version des faits qui se sont déroulés sur le territoire à la fin des années 1990 et qui ont conduit à son détachement de force de la Serbie. En parallèle, Pristina tente de régler ses comptes avec ses adversaires politiques parmi les Serbes locaux. C'est un signe de lutte, de véritable guerre, contre la dissidence.

 

Sur la XXVIIe exposition des arts tratidionnels et de l'artisanat de la Russie "Ladia. Un conte d'hiver"

 

Je viens d'apprendre que l'année prochaine sera dans notre pays l'Année des arts traditionnels et de l'artisanat. Vous savez probablement que nous soutenons régulièrement les producteurs russes, notamment dans le cadre de nos événements médiatiques. Nous le faisons avec plaisir. Nous prendrons certainement en considération ce fait. Nous y consacrerons en 2020 plus d'une exposition au Centre de presse du Ministère russe des Affaires étrangères pour présenter notre culture et nos traditions, notamment aux journalistes étrangers.

Nous avons déjà mentionné à plusieurs reprises différents événements qui popularisent la culture, les traditions et l'artisanat russes, la culture de nos régions, de beaucoup de peuples et d'ethnicités de notre pays. Je voudrais également vous inviter tous - les journalistes étrangers qui travaillent en Russie - à la XXVIIe exposition et foire des arts traditionnels et de l'artisanat russes "Ladia. Un conte d'hiver". Elle se déroule du 11 au 15 décembre au Centre d'exposition principal Expocentre (il ne se trouve pas très loin du Ministère). 49 expositions collectives des régions russes présenteront des œuvres des maîtres, des artistes, des artisans et des collectifs artistiques. Le programme comprend également beaucoup d'événements, allant des forums aux master class.

Une section spéciale sera consacrée à l'exposition "La Grande Guerre patriotique dans les œuvres des artistes et des maîtres d'arts traditionnels russes".

Des informations plus détaillées à ce sujet sont disponibles sur le site https://nkhp.ru/ .

 

Réponses aux questions:

Question: Je voudrais évoquer la récente visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Azerbaïdjan. Elle a été suivie par des déplacements dans d'autres pays. Mais je voudrais préciser une chose, comme vous avez assisté aux négociations: quelle était l'ambiance, l'atmosphère des pourparlers? Le Ministère est-il satisfait de leur résultat? 

Réponse: A mon avis, c'est assez injuste notamment par rapport à nos autres visites et déplacements, compte tenu du fait que tout a été évoqué de manière très détaillée lors de la conférence de presse qui s'est tenue à Bakou. Ce n'est pas que je ne veux pas revenir à ce sujet, mais parce que tout a déjà été présenté. Comme il est de coutume pendant les visites de ce genre, l'atmosphère a varié de constructive à excellente. Je voudrais souligner encore une fois que dans la mesure où toutes les estimations ont déjà été données, il ne sert à rien de soulever de nouveau ce sujet. Tous les matériaux sont disponibles sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan  et de l'Arménie ont mené des négociations en marge du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'OSCE à Bratislava. Ils se sont accordés pour organiser une nouvelle rencontre. Mais, comme nous le constatons, ces négociations ont été assez difficiles car les deux ministres ont tenu ensuite des propos très divergents concernant leurs positions sur le règlement. Que pensez-vous de ces tendances?

Réponse: Je ne peux pas dire nous nous ayons noté une incompatibilité ou l'incapacité des parties à poursuivre le dialogue. Je pense que les parties ne l'ont pas mentionné. La divergence des positions est évidente, sinon il n'y aurait pas eu de pourparlers. De son côté, la Russie, pays assumant les fonctions internationales de médiation, fera tout son possible pour favoriser la poursuite de ce dialogue et régler ce vieux conflit qui traîne en longueur. Nous ferons tout notre possible pour que le dialogue continue de manière constructive et que les parties parviennent à des solutions mutuellement acceptables.

Question: Compte tenu de ce que vous avez dit, peut-on prévoir qu'il y aura quelques changements de tactique dans le processus politique? Autrement dit, que les parties passeront - sous l'égide des coprésidents - à des démarches plus modestes concernant le renforcement de la confiance, les aspects humains, etc., parce que les positions des parties sont trop divergentes? Elles ont établi des lignes rouges absolument différentes. Les médiateurs ne voudraient-ils pas rapprocher les parties de manière non pas rapide, mais ciblée?

Réponse: Cette question ne concerne pas le futur, mais le présent qui est en train de se réaliser. Comme vous le savez, on a constaté - malgré la divergence des positions et les lignes rouges - des exemples de dialogue et de coopération dans des domaines où une entente a été atteinte. Il s'agit notamment d'un échange de groupes de journalistes. Voilà un exemple excellent. Les médiateurs ont également joué un rôle constructif dans ce travail. Il ne s'agit pas, probablement, de changer de la tactique, mais d'accélérer les mécanismes existants utilisés par les médiateurs. 

Question: Concernant l'affaire Khangochvili à Berlin. La Russie a expulsé aujourd'hui deux collaborateurs de l'Ambassade.

Réponse: Non, nous n'avons pas encore expulsé deux collaborateurs de l'Ambassade. Nous avons invité l'Ambassadeur allemand à Moscou pour lui expliquer les mesures de riposte et présenter les noms des personnes qui devront quitter le territoire russe d'ici sept jours.

Question: Le Président russe Vladimir Poutine a commenté cette affaire. Il a dit que la Russie avait envoyé une demande d'extradition il y a trois jours. Le Ministère allemand de la Justice nie cependant  l'existence de cette requête. Pouvez-vous l'expliquer?

Réponse: J'ai demandé des précisions à ce sujet à la justice russe. Et je vous recommande tout d'abord de contacter les organes de justice russes qui s'occupent de ces thèmes. J'ai précisé que cette personne était recherchée. Si vous voulez connaître tous les détails des procédures d'enregistrement de la recherche ou l'inscription des informations appropriées dans les bases de données, il faut poser ces questions aux organes de justice. Je voudrais dire encore une fois que selon mes données, que j'ai vérifiées hier avec les organes de justice de notre pays, il était recherché. Il me semble que la communication entre les structures et les institutions appropriées de l'Allemagne et de la Russie ne doivent pas s'effectuer dans le domaine public, mais dans le cadre des contacts de travail. Il existe tous les mécanismes et les capacités nécessaires pour résoudre calmement ces questions. Aujourd'hui, cette question est malheureusement devenue publique dans une grande mesure, ce qui ne la rend pas plus constructive à mon avis. 

Question: On a lancé cette année le système de délivrance des visas électroniques pour le déplacement des citoyens étrangers à Saint-Pétersbourg et dans sa région. Certains médias ont cependant indiqué que des dizaines de touristes avaient été arrêtés au point de contrôle frontalier de l'aéroport de Poulkovo et renvoyés chez eux parce qu'ils avaient remplis incorrectement le questionnaire sur le site du Ministère des Affaires étrangères. Quel est l'état actuel du fonctionnement du système d'octroi des visas électroniques? Existe-il des erreurs? Comment les corrige-t-on?

Réponse: Nous avons indiqué que cette décision avait été prise de manière anticipée. A ce que je sache, le système aurait dû être lancé plus tard, mais on a décidé de le faire dès 2019. Et on l'a fait. Nous avons souligné que le système était malheureusement imparfait du point de vue des problèmes liés à l'écriture des noms et des prénoms compliqués des étrangers - il y a des différences majeures - qu'il ne pouvaient pas résoudre rapidement par eux-mêmes. Le système a déjà été complété par des bulles d'aide en ligne, il se perfectionne toujours. Je reconnais que nous recevons un grand nombre de réactions négatives. Mais - je voudrais le souligner - on améliore rapidement le système. Il y a littéralement une semaine, j'ai contacté les personnes qui géraient ce domaine au Ministère, les experts et les spécialistes qui m'avaient assuré qu'ils faisaient tout le nécessaire pour appliquer les corrections appropriées d'ici la fin de l'année. Nous le faisons bien sûr parfois de manière "manuelle", nous nous occupons de la situation, parce qu'il s'agit souvent de cas humanitaires. Nous maintenons un contact étroit avec les organes de pouvoir de notre pays qui s'occupent de cette question, notamment des représentants du service frontalier du Service fédéral de sécurité, etc.

Je voudrais également rappeler que si les touristes - c'est-à-dire des personnes qui veulent profiter de l'occasion de se rendre en Russie via les points d'entrée mentionnés avec un visa électronique - ont des questions, compte tenu du fait que le système reste en cours de mise au point, ils peuvent toujours s'adresser à nos ambassades par téléphone ou internet. Qui plus est, nous avons des ressources dédiées sur les réseaux sociaux, notamment les plateformes électroniques du Département consulaire qui offrent rapidement des réponses aux questions. Ce mécanisme de communication est ouvert et accessible. Encore une fois, cela ne signifie pas que le système ne doit pas être retravaillé. C'est ce dont nous nous occupons actuellement.

Question: Le Ministre russe de l'Industrie et du Commerce Denis Mantourov s'est rendu hier au Pakistan, où il a participé à une réunion de la Commission intergouvernementale russo-pakistanaise pour la coopération commerciale, économique, scientifique et technique. Quelle est votre estimation des contacts à haut niveau et du développement des relations entre les deux pays?

Réponse: Nous apprécions grandement les négociations et le travail de la délégation menée par Denis Mantourov au Pakistan. Comme vous le savez, le Ministère des Affaires étrangères assure la concertation des activités de notre pays en matière de politique étrangère, et a donc contribué aux préparatifs. Comme il ne s'agit pas d'une structure extérieure mais d'une partie de notre pouvoir exécutif, il ne serait pas tout à fait correct de présenter des estimations extérieures. Il s'agit du Gouvernement russe. Nous ne pouvons que constater le développement constructif du dialogue entre nos pays et l'évolution active de leurs relations dans tout un nombre de domaines. Suite à cette visite et à ces travaux, nous publierons des informations plus détaillées que nous vous présenterons sur les sites appropriés.

Question: Les médias ont récemment publié de nouvelles informations sur l'interdiction faite aux sportifs russes de participer aux compétitions sportives. Tout cela ressemble plus à une "guerre froide" qu'à du sport. Les sportifs des autres pays sont-ils réellement si innocents?

Réponse: En ce qui concerne la politisation du sport, ce sujet ne concerne pas que le présent: il est d'actualité depuis des décennies. Beaucoup de grands événements sportifs internationaux - les Jeux olympiques, les Coupes du monde ou d'Europe, etc. - sont politisés de telle ou telle façon depuis longtemps. On organise des campagnes politiques et médiatiques qui s'accompagnent d'un grand nombre de scandales, de "révélations" dans certains domaines. C'est pourquoi l'organisation internationale du système de l'Onu souligne régulièrement l'inadmissibilité de la politisation du sport. J'ai lu aujourd'hui des commentaires citant l'Agence antidopage russe et son chef sur le fait que le Ministère russe des Affaires étrangères, ses collaborateurs et sa direction, ne comprenaient pas tout à fait la situation réelle, qu'on les avait trompés, qu'ils tenaient des propos incorrects, etc. Nous ne commentons pas la situation à la place de l'institution spécialisée qui est le Ministère des Sports. Ce dernier présente ses estimations d'expert sur la situation dans le sport russe dans plusieurs domaines. Mais nous, en tant que Ministère des Affaires étrangères, participons à l'activité internationale qui vise la réduction et la prévention de l'aggravation de la politisation du sport. C'est notre travail direct, et nous constatons que notre pays faut depuis des années l'objet de plusieurs campagnes politiques. Notre estimation est-elle vraiment erronée?

Est-ce qu'on peut dire que les Jeux olympiques de Sotchi n'ont pas été politisés en 2014, quand personne ne soulevait encore le sujet du dopage dans son contexte actuel? Regardez les unes des magazines occidentales, les publications des journaux, les messages sur les pages des principaux médias et journalistes du mainstream occidental. Tout a été pratiquement copié des estimations politiques concernant l'Olympiade de 1980 organisée à Moscou. Comme si personne ne s'était donné la peine d'imaginer quelque chose de nouveau. Encore une fois, on parle d'une époque où personne ne soulevait encore le sujet du dopage comme cela est fait actuellement.

Nous nous opposons catégoriquement à ces campagnes, ponctuelles ou globales, menons ce travail sur les plateformes internationales. Il ne s'agit pas d'une initiative russe que personne ne soutient, mais d'un large front international qui rejette la politisation et l'utilisation de ressources politiques dans le domaine du sport.

Un autre élément très important réside dans le fait que les responsables russes de tous les niveaux - des représentants de structures sportives, le pouvoir exécutif et législatif, le Président russe - n'ont jamais dissimulé l'existence de problèmes dans le sport russe. Mais le fait est que ces problèmes existent dans le domaine sportif de tous les pays du monde sans aucune exception. C'est pourquoi le sujet du dopage est international, les institutions sportives des organisations internationales qui s'occupent des problèmes du sport rédigent des résolutions sur la lutte antidopage. Ce travail est mené depuis très longtemps. Mais pourquoi la Russie est-elle visée dans ce travail? C'est une question de taille. C'est exactement ce que nous avons évoqué lors de la conférence de presse à la fin du mois de novembre et ce que le Ministre russe des Affaires étrangères a dit au cours de sa récente conférence de presse ou d'une interview aux médias.

Nous constatons clairement que la Russie reste depuis des années la cible préférée de ces campagnes politiques. A vrai dire, je ne sais pas qui pourrait le nier. Si un problème existe dans tous les pays, mais qu'on n'en choisit qu'un pour cible, la politique joue certainement un rôle dans tout cela. Il est impossible de trouver une autre explication. De grandes analyses et des publications des médias ont déjà été consacrés à ce sujet.         

A mon avis, les Jeux olympiques de Sotchi ont joué le rôle de papier de tournesol de ce point de vue. Si nos "partenaires" n'avaient pas organisé à l'époque cette campagne politisée contre l'Olympiade de Sotchi, cela les aurait aidé aujourd'hui car nous n'aurions pas de raison d'affirmer l'existence de campagnes antirusses régulières de ce genre. Je pense que l'avarice a pris le dessus et que personne n'a même pensé qu'il était possible de ne pas le faire, ne serait-ce que pour ne pas nous offrir d'occasion de présenter ces événements en tant que preuve de l'existence d'un tel biais politique régulier.  

Question: Certains politologues pensent que l'interdiction de la participation de la Russie aux compétitions sportives internationales pendant quatre ans est un acte de guerre hybride, l'un de ses fronts. Et si le Ministère russe des Affaires étrangères et le Ministère russe de la Défense tiennent le coup dans cette guerre, souvent au prix de la vie de militaires et de diplomates, le Ministère des Sports, lui, lève peureusement les bras après l'attaque de l'AMA, et nos sportifs courent gagner de l'argent. Peut-être le Ministère russe des Affaires étrangères devrait-il émettre des recommandations sur la manière de ne pas céder les positions du pays? Il s'avère que la Russie devra rétablir ses positions dans le monde une nouvelle fois au prix de vies des militaires en Syrie, des diplomates, alors que les sportifs gagneront de l'argent.

Réponse: Je ne suis pas la logique dans votre question. Comment avez-vous relié la Syrie au sport? C'est un lien douteux pour moi.

Je viens de commenter ce thème en détail. Je répète que les ministères compétents s'occupent de tous les problèmes et de nos acquis dans le sport. Nous nous occupons de l'activité internationale, nous commentons régulièrement nos efforts entrepris en ce sens. Personne n'a l'intention de cesser ce travail.

Question: Le thème de la coopération pour déboucher sur une trêve en Afghanistan a-t-il été évoqué pendant la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aux États-Unis?

Réponse: Je peux dire que le dossier afghan a été globalement évoqué. Je ne peux pas dévoiler les détails parce qu'il s'agit d'un processus de négociations. Je ne peux rien partager avec vous hormis ce commentaire à l'heure actuelle.

Nous notons les efforts et les négociations entre Washington et les talibans, nous en parlons régulièrement.

Question: Le Comité du Congrès américain pour les affaires étrangères du Sénat a approuvé le projet de loi qui contraint le Secrétaire d’État à étudier la question de savoir si la Russie est un pays-sponsor du terrorisme. Que pensez-vous de cette initiative législative au vu de la récente visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Washington?

Réponse: Je n'associe pas cette décision à la visite du chef de la diplomatie russe à Washington.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'y est entretenu avec le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo et le Président américain Donald Trump. Tout ce qui se passe au Sénat et à la Chambre des représentants en lien avec la Russie vit sa propre vie étrange. Cela n'est soumis à aucune analyse ni logique. C'est une politique russophobe à des fins politiques conjoncturelles. Nous comprenons parfaitement que le thème de la Russie est devenu central non seulement dans la campagne présidentielle, mais également d'autres campagnes électorales aux États-Unis. Nous avons exprimé plusieurs fois notre regret et le rejet de telles approches. Elles ne servent certainement pas au développement des relations bilatérales. Si cette approche était choisie comme thèse principale des prochaines campagnes électorales, que ce soit présidentielles ou autres, cela susciterait chez nous une réaction similaire - un regret et un rejet extrêmes car cela porte atteinte aux relations bilatérales qui souffraient déjà suffisamment sans cela. Mais visiblement, toute une série de politiciens américains ne parvient pas à inventer d'autres thèmes. Ils ne sont pas préoccupés par d'autres questions telles que les capacités et les bénéfices qui se perdent à cause des vastes campagnes antirusses et de l'imposition de l'agenda russophobe au sein de la société américaine. Les opportunités manquées sont immenses. Il existe l'expression: "Nous avons compté et nous avons pleuré."

Si les experts financiers, les économistes, de vrais experts et non des individus qui promeuvent un produit politologique immédiat de bas étage avaient accès aux médias américains, aux journaux, aux magazines et aux émissions, ils pourraient dire au peuple américain qui fabrique le produit et garantit la prospérité de l'Amérique combien il a perdu à cause des actions et de la politique qui détruisent le tissu des relations russo-américaines. Les chiffres et les faits seraient terrifiants. Je pense que l'électeur américain voudrait savoir combien les États-Unis pourront obtenir, notamment pour eux-mêmes.

Question: Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères de l'éventuelle adoption de sanctions américaines contre la Turquie suite à l'achat de S-400 à la Russie?

Réponse: Nous nous sommes exprimés plusieurs fois à ce sujet. Les relations entre deux États souverains ne nécessitent pas de commentaires d'un troisième État souverain. Mais nous nous sommes reconnus dans les thèses évoquées durant la polémique, parce que plusieurs fois nous avons déclaré que cette polémique était inadmissible dans la mesure où est question de facto d'une pression. Il existe des exemples d'une telle pression exercée par Washington sur bien d'autres États: pas seulement la Turquie, pas seulement pour les S-400 et pas seulement sur les thèmes liés à la Russie.

Ces dernières années Washington applique (depuis très longtemps, pas un an ou deux, mais des décennies) une politique de sanctions dans les domaines où il veut réaliser ses propres intérêts, mais où les négociations ne suffisent pas ou les ressources manquent pour appliquer les méthodes existantes et légales afin d'atteindre les objectifs fixés, qui reflètent les intérêts nationaux. Nous l'avons commenté plusieurs fois. La politique des sanctions ou la politique d'intimidation sont inadmissibles dans le système actuel de coordonnées des relations internationales. Tous nos commentaires à ce sujet restent d'actualité.

Question: Le représentant de Kiev au sein du sous-groupe politique du Groupe de contact trilatéral, Alexeï Reznikov, a déclaré que l'Ukraine préparerait des amendements aux Accords de Minsk pour le prochain sommet au "format Normandie".

Réponse: Je n'ai pas vu ces déclarations. Pouvez-vous dire honnêtement que de telles déclarations existent réellement? Je voudrais espérer que vous avez tort, parce que si à peine de retour de Paris la délégation ukrainienne songeait à y retourner pour organiser un nouveau sommet au "format Normandie", qui plus est songeait à nouveau à modifier les Accords de Minsk, alors ce ne serait plus regrettable mais surprenant. J'espère que soit ce n'est pas cité correctement, soit ce n'est pas la position officielle des autorités de Kiev. Parce qu'en venant à Paris, il me semble, les représentants ukrainiens ont clairement entendu la position de la communauté internationale, en l'occurrence dans le cadre du "format Normandie", concernant la nécessité de respecter rigoureusement et de mettre en œuvre dans l'ordre les actes prévus par les Accords de Minsk. Ils espéraient probablement entendre autre chose, mais c'est ce qu'ils ont entendu: les Accords de Minsk n'ont pas d'alternative, il faut les remplir, et l'enchaînement des démarches indiquées est correct. En principe, nous avons dit la même chose avant la réunion au "format Normandie" à tous les niveaux, mais parfois c'est plus agréable de l'entendre en personne, les yeux dans les yeux, ce qui a été fait. Et je voudrais espérer que ce qui y a été dit n'a pas été oublié pendant le retour des représentants ukrainiens de Paris à Kiev.

Question: Le Parquet néerlandais a accusé la Russie d'avoir refusé d'arrêter Vladimir Tsemakh, soupçonné dans l'affaire du crash du Boeing malaisien. Que pouvez-vous dire des déclarations des autorités néerlandaises?

Réponse: Il ne s'agit pas seulement de déclarations des représentants officiels néerlandais (députés, représentants du pouvoir exécutif, politiciens): c'est tout une campagne médiatique mondiale lancée par les médias. Nous sommes contraints de lire un tel nombre d'articles à ce sujet que nous avons préparé un grand dossier. Nous avons prévu de le publier. Mais je comprends pourquoi cette question a été posée: en effet, il existe de trop nombreuses déclarations et publications à ce sujet aux Pays-Bas. Nous ferons absolument notre publication, mais d'abord je voudrais revenir sur les thèses. En répondant à toutes les accusations et publications étranges qui apparaissent depuis longtemps aux Pays-Bas (il est notamment question de la récente déclaration du Parquet néerlandais sur le refus des autorités russes de se plier à la requête d'interpeller Vladimir Tsemakh, qui est un citoyen ukrainien, je le rappelle), je voudrais dire ceci.

Le crash du vol MH17 est une grande tragédie. La Fédération de Russie est particulièrement intéressée par la découverte de ses véritables raisons. Nous l'avons dit régulièrement et avons fait les déclarations appropriées. Nous n'avons pas seulement fait des déclarations, mais avons également engagé des démarches pratiques. Depuis le premier jour, les autorités russes ont apporté leur contribution à l'enquête - et continuent de le faire.

A cet égard, les déclarations du Parquet néerlandais, qui ont été évidemment relayées par les médias, se sont accompagnées de prétendues analyses qui nous consternent. Le Parquet de la Fédération de Russie a formulé son avis argumenté et substantiel dans sa réponse officielle à cette déclaration du Parquet néerlandais. En résumé, la conclusion est la suivante: les revendications des autorités néerlandaises sont infondées, elles-mêmes n'ont pas tenu plusieurs engagements dans le cadre de la Convention européenne sur l'extradition, notamment techniques et sur le fond. C'est pourquoi le Parquet russe a dû demander des précisions. La correspondance qui a suivi a révélé que les doutes des autorités russes étaient fondés: il s'est avéré que l'ordre d'arrestation avait été donné à l'oral, et sa rédaction par écrit n'a eu lieu qu'après une requête russe en retour et, s'avère-t-il - et je le dis en me référant à nos forces de l'ordre - "rétroactivement". Je veux dire qu'il s'agit d'institutions chargées entièrement et uniquement de questions juridiques. D'ailleurs, le Parquet néerlandais n'a pas délivré un mandat d'arrêt contre Vladimir Tsemakh, et il n'a pas été inscrit dans la base de recherche d'Interpol. Si les autorités russes avaient cru à la requête du procureur néerlandais, elles auraient elles-mêmes violé l'article 5 de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il concerne le droit à la liberté et à l'intégrité personnelle. La législation russe a été également enfreinte en la matière.

De notre côté, nous voudrions exprimer notre surprise quant aux attaques contre la Russie sur plusieurs sujets. Je voudrais rappeler que l'échange de détenus était une action humanitaire. Il a été le résultat de presque trois ans de travail dans le cadre du processus de Minsk. Les Accords de Minsk approuvés par la résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations unies incluent l'échange de prisonniers selon le principe "tous contre tous".

La Russie était et reste attachée à la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations unies. Depuis le premier jour, nous avons coopéré activement avec l'enquête pénale internationale sur le crash du vol MH17 menée par le Groupe d'enquête conjoint sous la direction du Parquet néerlandais. Moscou adopte une approche responsable de l'accomplissement des requêtes des organes néerlandais compétents. Un grand travail a déjà été réalisé. Vous le savez, mais je rappelle que nous avons transmis à l'enquête, entre autres, des données déclassifiées sur le matériel militaire russe et les résultats de l'expérience grandeur nature réalisée par le groupe Almaz-Anteï, les données primaires des radars et la documentation. Tout cela a prouvé, conformément aux documents, l'origine ukrainienne du missile qui a abattu le Boeing malaisien.

Le bilan préliminaire de l'enquête nous montre clairement dans quelle mesure ceux qui en sont chargés prennent en considération ces données. Il est absolument évident que c'est cette approche sélective du travail sur les informations, qui ne permet à l'investigation de réaliser aucun progrès réel, l'oblige à piétiner sur place. Les succès annoncés le 19 juillet lors d'une conférence de presse du Groupe d'enquête conjoint (JIT) sont en réalité assez douteux - nous l'avons déjà indiqué à différents niveaux - font l'objet d'une critique bien fondée des experts et des représentants d'un certain nombre d'États. On a l'impression que, dans ce contexte, afin de dissimuler ses propres erreurs, le parquet néerlandais a trouvé un prétexte pour accuser la Russie d'avoir une approche malhonnête de la coopération en matière de mise en œuvre de différentes demandes d'aide juridique. Il semblerait qu'on tente encore une fois de rejeter sur nous la responsabilité de la lenteur et de l'inefficacité de l'enquête. Il est même étonnant de l'entendre des Néerlandais. Je voudrais poser une question au parquet de ce pays: quelle est votre attitude envers vos propres obligations internationales? Ce n'est pas une question en l'air, et nous espérons obtenir une réponse, notamment en ce qui concerne les éléments que je vais mentionner.

Je voudrais attirer votre attention sur une réaction étonnante du parquet néerlandais à la requête d'extradition. Nous n'aurions jamais mis l'accent dessus publiquement si nous n'avions pas entendu des reproches à notre égard. En guise d'exemple, je vais citer un cas outrancier: le Parquet général russe s'est heurté au refus d'extrader des personnes accusées de crimes très graves, pour des prétextes visiblement montés de toutes pièces. Vous pouvez établir votre propre jugement. Pour des raisons évidentes, je ne vais pas citer les noms, les Néerlandais les connaissent. Une personne a été accusée d'avoir dirigé un groupe criminel et commis 73 faits prouvés d'escroquerie majeure. Les Pays-Bas ont refusé de l'extrader. Pour quelles raisons? Humanitaires. En raison du changement des "conditions personnelles" du suspect. Les Néerlandais n'ont pas précisé de quelles conditions personnelles il s'agissait. Ils se sont cachés derrière la loi sur la protection des données personnelles. On a appris plus tard que le suspect avait obtenu le statut de réfugié dans un pays membre d'Interpol.   

Autre exemple. La Russie a demandé aux Pays-Bas d'extrader une personne accusée de trafic de drogues d'un volume très important (plus de 28 kg). Trois ans après, les Néerlandais ont également refusé son extradition pour des raisons humanitaires. Mais qu'est-ce qui a servi de raison en réalité? Le suspect a été hospitalisé dans une clinique psychiatrique. Qu'est-ce qui lui est arrivé plus tard? Un an après, cette personne s'est magiquement retrouvée en Espagne pour finalement séjourner sur le territoire d'Israël en 2017.

De quelle coopération réelle peut-on parler compte tenu de cette attitude des Pays-Bas? Dans ce contexte, il est absolument inapproprié de se plaindre de l'inaction prétendue de la Russie. La réaction inadéquate du parquet néerlandais est tout à fait compréhensible. Que pourra présenter l'enquête au procès en mars 2020? Il n'y a aucune idée claire à ce sujet. Il n'existe toujours aucune base de preuves convaincantes. Il semble qu'ils tentent de profiter de n'importe quel prétexte et de le médiatiser, comme nous le constatons actuellement dans le cas de Vladimir Tsemakh.  

Je voudrais également rappeler que le parquet néerlandais ignore absolument (ou met sous le tapis) le fait que les organes de justice ukrainiens utilisent des mesures interdites d'influence sur les détenus. Cela a été confirmé par beaucoup de témoignages. Je vais rappeler un détail très important. Si nous parlons concrètement de Vladimir Tsemakh, sa détention dans les geôles du Service de sécurité de l'Ukraine (SBU) a torpillé sa santé. Souvenez-vous de son interpellation illégale par les services ukrainiens. Cette opération a été menée dans l'intérêt de l'investigation gérée par le parquet néerlandais. La vie de cet homme a été mise en danger: les collaborateurs du SBU l'ont tabassé lors de l'interpellation, ont utilisé des tranquillisants contre lui et ont organisé - afin de dissimuler l'opération - un bombardement de mortiers qui a tué une personne et en a gravement blessé une autre.

En outre, les publications et les propos de tout un nombre de personnes qui se présentent comme des experts ou des participants à l'enquête soulèvent la question des raisons de la décision russe de mettre cet homme sur la liste d'échange. Nous avons déjà exposé notre raison. La justesse de cette décision a été confirmée par les informations indiquant que le SBU avait établi un avis de recherche de Vladimir Tsemakh et voulait l'emprisonner de nouveau. Est-ce que les Pays-Bas le transféreraient aux "collègues ukrainiens"? C'est une question rhétorique. Il existe pourtant une question plus pratique: l'enquête s'intéresse-t-elle vraiment à ses témoignages? Je voudrais rappeler qu'il avait déjà été interpellé par les enquêteurs néerlandais. Ces derniers ont déjà mené des entretiens nécessaires avec lui. Il se trouvait à l'époque dans une prison ukrainienne, dans un contexte - comme nous l'avons appris - de pression physique et psychologique. Ceux qui l'ont interpellé peuvent être qualifiés de coauteurs des crimes contre cette personne. Pour des raisons absolument évidentes, cet homme n'a aucune envie de parler directement aux enquêteurs néerlandais, australiens ou surtout ukrainiens. Des sources ouvertes ont cependant à plusieurs reprises mentionné sa volonté de témoigner pour aider à établir la vérité. Une telle approche de la collecte des témoignages - notamment de la part des Pays-Bas - remet en doute leur attachement aux exigences de la résolution 2166 du Conseil de sécurité de l'Onu sur une investigation complète, globale et indépendante de toutes les circonstances de la tragédie. Il y a beaucoup de publications à ce sujet.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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