Briefings du ministère des Affaires Etrangères

12 septembre 201919:28

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 12 septembre 2019

Sur la visite en Fédération de Russie de Kalla Ankourao, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l'Intégration africaine et des Nigériens à l'extérieur de la République du Niger

 

Du 18 au 20 septembre, Kalla Ankourao, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l'Intégration africaine et des Nigériens à l'extérieur de la République du Niger, se trouvera à Moscou pour une visite de travail. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec lui le 19 septembre. Il est prévu d'évoquer l'intensification des liens russo-nigériens dans les domaines politique, commercial, économique, social et d'autres. Sachant qu'une attention particulière sera accordée aux perspectives du partenariat d'affaires, notamment dans des secteurs comme la recherche et l'exploitation des ressources minérales, l'énergie et l'infrastructure.

Un échange d'avis en profondeur est prévu sur les thèmes figurant à l'ordre du jour mondial et panafricain avec un accent sur le maintien de la paix et de la stabilité en Afrique, notamment dans la région du Sahara-Sahel. Il est prévu de se pencher en détail sur la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme international dans le contexte des efforts collectifs afin de neutraliser ces menaces sur le continent africain.

 

Sur la signature du Mémorandum d'entente entre le gouvernement de la Fédération de Russie et le Fonds des Nations unies pour l'enfance

 

Le 17 septembre est prévue la signature du Mémorandum d'entente entre le gouvernement de la Fédération de Russie et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) avec la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et de la Directrice exécutive de l'Unicef, Henrietta Fore.

Le Mémorandum d'entente entre le gouvernement de la Fédération de Russie et l'Unicef est appelé à faire passer la coopération entre la Russie et le Fonds à un niveau supérieur de collaboration dans les domaines prioritaires pour la Russie dans le cadre de la contribution au développement des États partenaires.

 

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Irak

 

Les 7 et 8 octobre se déroulera une visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Irak, dans le cadre de laquelle il rencontrera des dirigeants de l'Irak à Bagdad, ainsi que de la Région autonome du Kurdistan à Erbil.

Un échange d'avis en profondeur est prévu sur les principaux aspects de l'ordre du jour moyen-oriental avec un accent sur la situation en Irak et en Syrie, dans le Golfe, autour de l'Iran, ainsi que sur les territoires palestiniens. Une attention spéciale sera accordée au renforcement de la coopération dans la lutte contre le terrorisme international et la propagation de l'extrémisme religieux.

Parmi les thèmes prioritaires des pourparlers figurera le développement global et le renforcement des relations russo-irakiennes, traditionnellement amicales, y compris en ce qui concerne la coopération dans le domaine énergétique et social.

 

Sur la visite officielle du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Kazakhstan

 

Les 8 et 9 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de retour au Kazakhstan (le Ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan Beïbout Atamkoulov était venu en visite officielle à Moscou le 28 janvier 2019).

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontrera des membres de l'équipe dirigeante du Kazakhstan. Durant son entretien avec le Ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan Beïbout Atamkoulov, il est prévu d'échanger en détail les points de vue sur les questions d'actualité relatives aux relations russo-kazakhes, la coopération au sein des organisations interétatiques (UEE, CEI, OTSC, OCS), sur les plateformes des principales organisations internationales, notamment à l'Onu et à l'OSCE. Les ministres se concerteront sur les principaux thèmes de l'agenda régional et international, en accordant une attention particulière à la préparation d'activités bilatérales et multilatérales à haut niveau et au sommet, notamment le 16e Forum de la coopération interrégionale de la Russie et du Kazakhstan avec la participation des chefs d’État à Omsk cet automne.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Des foyers de tension persistent sur les territoires non contrôlés par le gouvernement syrien: à Idleb et au Nord-Est du pays.

Les terroristes de l'alliance Hayat Tahrir al-Cham, formée autour du Front al-Nosra, continuent de bombarder les positions des forces gouvernementales et d'attaquer à l'aide de drones la base aérienne russe de Hmeimim, malgré le cessez-le-feu instauré le 31 août autour de la zone de désescalade d'Idleb. Pendant la première décade de septembre seulement, les terroristes ont commis plus de 300 attaques, et le 3 septembre ils ont de nouveau tenté d'attaquer Hmeimim avec deux drones. De telles agressions des terroristes entraînent des victimes parmi les civils des communes avoisinantes et les militaires syriens. Ainsi, rien que le mois dernier près de 150 militaires syriens et plus de 470 personnes ont été tués à Idleb. Les tirs des terroristes ont fait près de 50 morts parmi les civils et plus de 100 blessés.

Sur cette toile de fond, la frappe arbitraire des États-Unis contre une position présumée des terroristes aux abords de la ville d'Idleb le 31 août a constitué un signal alarmant. De nombreuses victimes et destructions ont été constatées. Des enfants sont morts. De plus, l'action de force unilatérale des États-Unis a mis en péril le moratoire sur les activités militaires décrété le jour même. Nous pensons qu'il est impossible de régler le problème de la vaste présence terroriste à Idleb par de telles frappes. Par contre, elles peuvent en effet miner les efforts pour stabiliser la situation.

Actuellement, la zone de désescalade d'Idleb est contrôlée par près de 50.000 terroristes bien armés et dotés d'une expérience de combat. En fait, ils tiennent en otage et terrorisent 3 millions d'habitants. Les terroristes répriment violemment les manifestations pacifiques dans différentes villes comme Maaret-Nouman, Arikha, Kharim, Kiafr-Yakhtarim, Salkine, ou encore Sarakib, où les manifestants exigent des terroristes de libérer les territoires occupés. Les terroristes utilisent des armes à feu pour disperser les manifestations, ce qui entraîne de nombreuses victimes.

De notre côté, nous sommes convaincus que la stabilisation durable et la sécurité à Idleb ne seront possibles qu'en revenant à la mise en œuvre à part entière du Mémorandum de Sotchi du 17 septembre 2018. Cela concerne avant tout la création d'un espace démilitarisé le long du périmètre intérieur de la zone de désescalade, et la neutralisation de la menace terroriste.

La situation reste également tourmentée au Nord-Est de la Syrie, sur les territoires illégalement contrôlés par les États-Unis. On y constate l'activation de la clandestinité terroriste et de "cellules dormantes" de Daech. La situation est particulièrement préoccupante dans le camp de déplacés internes d'Al-Hol. Malgré les efforts des organisations humanitaires internationales, les habitants du camp ont cruellement besoin d'une aide urgente, la situation continue de se dégrader dans le camp. Les terroristes de Daech en profitent, qui ont pénétré à Al-Hol en se faisant passer pour des réfugiés afin de propager l'idéologie radicale et de commettre impunément des crimes. Ainsi, le 5 septembre, a été commise une attaque contre les gardiens kurdes, qui a fait deux morts et deux blessés dans le camp. L'atermoiement du règlement du problème d'Al-Hol risque non seulement d'y détériorer de manière catastrophique la situation humanitaire, mais également de laisser s'enfuir les terroristes du camp vers d'autres régions de la Syrie et au-delà.

A cet égard, nous notons les efforts de la Déléguée auprès du Président de la Fédération de Russie pour les droits de l'enfant, Anna Kouznetsova, visant à évacuer et rapatrier quatre enfants russes qui se trouvaient à Al-Hol.

Les altercations ne cessent pas entre les groupes kurdes et les Arabes sunnites, qui protestent contre le régime autoritaire des administrations kurdes et notamment contre le service militaire obligatoire dans les rangs des Forces démocratiques syriennes. Rien qu'en août ont eu lieu plus de 60 affrontements, qui ont fait près de 60 morts parmi les Kurdes et près de 70 blessés.

En même temps, les spécialistes militaires russes, en coordination avec les autorités syriennes et les représentants de l'Onu et du Croissant-rouge arabe syrien, continuent de travailler à une solution au problème du camp de déplacés internes de Roukban. Début septembre, une aide humanitaire a été acheminée dans le camp, et l'évacuation de la population civile est prévue au milieu du mois. De cette manière, nous espérons que d'ici fin septembre les civils quitteront Roukban et que le camp sera démantelé.

Dans l'ensemble, malgré certains foyers de tension, la vie pacifique normale se rétablit progressivement en Syrie. Le déroulement de la 61e Foire internationale de Damas a eu une grande importance du point de vue du rétablissement de l'économie et de l'infrastructure détruite par l'attaque du terrorisme international. Malgré l'opposition active des pays occidentaux, des délégations d'environ 40 pays du Moyen-Orient et d'autres régions ont participé à cet événement. Plusieurs accords ont été signés sur les investissements dans l'économie syrienne, des projets communs ont été mis au point dans le domaine de l'énergie, de l'agriculture, de l'éducation et de l'information. A noter également que la tradition de la foire annuelle de Damas a été relancée en 2017 avec une contribution active de notre pays. 16 compagnies russes ont participé à l'événement cette année, et le 3e forum d'affaires russo-syrien s'est réuni.

Les visites régulières de différentes délégations à Damas témoignent de la normalisation progressive autour de la Syrie et de la sortie du pays de l'isolement international. Fin août-début septembre, la capitale syrienne a été visitée par un groupe de députés du Parlement européen de la France qui s'est entretenu avec le Président syrien Bachar al-Assad. Cette activité a été organisée dans le cadre de l'initiative de politiciens français pour le rétablissement des contacts bilatéraux et la mise en place d'une coopération pratique sur les questions d'intérêt mutuel telles que la lutte contre le terrorisme et le retour des réfugiés.

 

Sur la situation en Libye

 

Des informations peu rassurantes continuent de nous parvenir de Libye. La confrontation armée qui a commencé en avril dernier dans la région de Tripoli perdure entre les groupes loyaux au Gouvernement d'entente nationale dirigé par Fayez el-Sarraj et les unités de l'Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar.

L'incapacité des deux camps, malgré l'usage massif d'armements lourds et de l'aviation, à renverser la situation sur le terrain à leur avantage témoigne clairement de l'absence de perspectives des tentatives de régler le conflit par la force. Les conséquences humanitaires négatives du statu quo actuel sont flagrantes. D'après la Mission de l'Onu pour la Libye, les pertes parmi la population civile de la capitale libyenne et des régions voisines depuis le début des activités militaires le 4 avril s'élèvent à plus de 100 morts et pas moins de 300 blessés. Près de 120.000 personnes ont dû quitter leur foyer. Parmi ceux qui participent aux opérations militaires, le nombre de morts a déjà dépassé mille personnes.

Autre point alarmant: l'élargissement de la géographie de la confrontation. En août, près de la ville de Mourzouq au Sud de la Libye, ont éclaté des affrontements entre les représentants de la tribu Ahali, partisane de Khalifa Haftar, et la tribu non arabe Tebu, qui soutient les autorités de Tripoli.

Nous partons du principe qu'il n'y a pas d'alternative aux méthodes politiques de règlement des différends qui existent en Libye avec un rôle de coordination de l'Onu en la personne du représentant spécial de son Secrétariat général, Ghassan Salamé, dont nous sommes prêts à soutenir pleinement les efforts. Nous appelons tous les belligérants à revenir immédiatement à la table des négociations pour trouver une issue à la crise et garantir l'unité et l'intégrité territoriale de la Libye.

 

Sur les perspectives du processus de paix en Afghanistan suite à la décision de l'administration américaine d'interrompre les négociations avec les talibans

 

Parmi les nombreuses questions qui nous ont été adressées, l'une provient de l'agence de presse Asia News et porte sur les perspectives du processus de paix en Afghanistan suite à la décision de l'administration américaine d'interrompre les négociations avec les talibans.

Après l'annonce de la décision du Président américain Donald Trump d'annuler la rencontre à huis clos avec des représentants des talibans à Camp David et d'interrompre les contacts avec eux, nous espérons que cette pause ne sapera pas les longs efforts des parties et l'important progrès dans les négociations sur le processus de paix afghan à Doha.

Nous saluons à cet égard la déclaration des talibans sur leur disposition à poursuivre le dialogue avec les États-Unis et nous nous partons du principe qu'il n'y a pas d'alternative au règlement politique et diplomatique de la situation en Afghanistan.

Nous appelons les parties à reprendre au plus vite les négociations afin de mettre au point et de signer un accord de paix. Dans le même temps, nous sommes convaincus que le retrait total de la présence militaire étrangère est une condition indispensable pour une paix durable en Afghanistan.

 

Sur la situation actuelle au Venezuela

 

Des éléments alarmants se sont ajoutés à la situation autour du Venezuela. Les tentatives incessantes de déstabiliser le pays depuis l'extérieur sont flagrantes. Washington continue de répéter sa fameuse phrase (je pense que c'est déjà devenu une sorte de mème mondial) selon laquelle "toutes les options sur la table". Apparemment cela sous-entend également "l'option" de force.

Apparemment, Washington a sciemment commencé à créer le contexte pour cela autour du Venezuela ces dernières semaines. Il est évident pour tout observateur impartial que les plans d'écartement rapide du pouvoir du gouvernement légitime - je souligne: légitime - du Président Nicolas Maduro s'avèrent inconsistants. Il s'agit clairement d'une mauvaise évaluation, par ceux qui ont fait ce calcul, du soutien du gouvernement du pays par la population (malgré toutes les difficultés économiques traversées), de la loyauté des militaires, et de l'influence réelle de l'opposition, notamment de son aile radicale.

Dans l'ensemble, les choses ne vont pas bien pour les inspirateurs idéologiques du coup d’État. Les sanctions étouffantes frappent de plus en plus les intérêts des Vénézuéliens ordinaires. Force est de constater que même si les objectifs fixés étaient différents, ce sont les citoyens vénézuéliens ordinaires qui ont été touchés. Tout ce concept n'a conduit à rien, sauf à compliquer la vie des gens ordinaires au Venezuela.

Ce n'est pas par hasard que certains acteurs ont usé de toute leur influence pour provoquer la rupture (nous espérons - temporaire) des négociations  intérieures au "format norvégien".

Parallèlement sont entrepris des efforts pour susciter encore plus de méfiance avec la Colombie voisine, qui traverse une période très difficile de sortie d'une confrontation politique intérieure longue d'un demi-siècle sur la base des accords de paix entre le gouvernement et les rebelles.

Cela est fait selon les recettes classiques de la guerre médiatique (d'expérience, nous pouvons parler de telles méthodes utilisées contre nous en détail). Par exemple, "soudainement" les médias publient des documents "secrets" (qui s'avèrent être des fakes) qui deviennent la "base" pour prendre des décisions en politique étrangère.

Hier, le 11 septembre (46e anniversaire du coup d’État militaire sanglant de Pinochet contre le gouvernement de l'Unité populaire au Chili), au siège de l'Organisation des États américains (OEA) a été prise la décision de convoquer une "réunion consultative" permettant d'activer le mécanisme du Traité interaméricain d'assistance réciproque pour l'appliquer contre le Venezuela.

Nous considérons les perspectives d'une telle situation comme dangereuses pour le sort de la sécurité et de la stabilité régionales en Amérique du Sud.

Petite note historique. Ce traité, qui est plus connu sous le nom de Pacte de Rio, a été signé en septembre 1947. C'est un instrument de la Guerre froide et de la doctrine de Monroe, une relique de cette période caractérisée par la ligne continue de Washington visant à ceinturer le monde par des alliances militaires régionales selon les recettes de l'Otan. Évidemment, beaucoup de choses ont changé en plus d'un demi-siècle. De nombreux signataires se sont retirés du Pacte (qui ne compte plus que 16 des 35 États de l'Amérique du Nord et latine, plus le "gouvernement" autoproclamé de Juan Guaido), mais il s'avère que ce document est en vie et, dans certaines conditions, peut être manipulé avec succès.

Il ne faut pas oublier que tout cela se déroule à la veille de l'ouverture d'une nouvelle session de l'Assemblée générale des Nations unies, qui offre objectivement une plateforme à différents "prétextes médiatiques", y compris peu attrayants, malheureusement.

A cet égard nous voudrions nous adresser non pas à Washington, mais plutôt aux pays de l'Amérique latine.

Nous connaissons et apprécions vos positions fermes de rejet des options militaires pour "régler" les problèmes internationaux. Les options militaires ne sont pas acceptées comme légitimes en Amérique latine. Il y a cinq ans, en 2014,  les pays de l'Amérique latine et des Caraïbes ont proclamé leur région "zone de paix". Nous trouvons très important que personne ne cède à la provocation pour créer artificiellement un casus belli. Cela pourrait être dans l'intérêt de n'importe qui, mais certainement pas dans celui des Latino-Américains.

Nous nous adressons aux pays et à la population de l'Amérique latine: ne vous faites pas avoir!

Nous continuerons de mener une interaction constructive avec tous les pays de la région, même si cela n'est pas du goût de quelqu'un en dehors de cette région. Quelles que soient les nuances dans la vision des événements, elles ne doivent pas servir à l'escalade de la tension ou pour porter atteinte à nos relations avec nos partenaires en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Et nous voudrions une nouvelle fois "demander" aux représentants officiels de l'administration américaine de ne pas nous intimider par la menace de nouvelles sanctions ou d'une prétendue "punition" d'opérateurs économiques russes pour la coopération avec le Venezuela. Nous savons parfaitement que de telles approches n'ont rien de nouveau. Les sanctions dont Washington brandit la menace constamment sont absolument illégitimes et ne sont qu'un instrument de la concurrence déloyale pour obtenir des avantages unilatéraux.

Je voudrais répéter que l'agression économique, couplée à la menace permanente d'utiliser la force contre un État souverain est une imposition inadmissible du droit par la force au détriment du droit international et de la Charte de l'Onu.

 

Sur les allégations de la chaîne CNN concernant l'évacuation d'un informateur des services secrets américains de Russie

 

Il s'agit des publications de CNN d'après lesquelles les services secrets américains auraient exfiltré de Russie leur informateur très précieux Oleg Smolenkov, en 2017. Comme toujours, la chaîne cite des "sources informées" affirmant que cette décision aurait été prise après la rencontre entre le Président américain Donald Trump et le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le 10 mai 2017, au cours de laquelle Donald Trump aurait transmis des informations secrètes sur les activités de Daech obtenues des services secrets israéliens. Les Américains auraient alors craint que la Maison blanche puisse ensuite révéler au Kremlin le nom de leur agent infiltré.

En ce qui concerne le contenu de son entretien avec le Président américain Donald Trump, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a encore une fois donné une réponse exhaustive à cette question au cours d'une conférence de presse récente avec son homologue éthiopien, dont le texte est accessible sur le site officiel du Ministère. Il est donc totalement inutile de faire des commentaires supplémentaires

En ce qui concerne Oleg Smolenkov, mentionné par la CNN, nous avons également présenté des explications à ce sujet, y compris au niveau de l'Administration du Président russe. Je voudrais citer plusieurs faits supplémentaires. Ce citoyen russe a disparu avec sa famille sur le territoire d'un État étranger. Nous avons immédiatement ouvert une enquête pénale à ce sujet en Russie. Deux ans plus tard, les médias américains annoncent qu'il se trouve sur le territoire des États-Unis. Ces informations doivent évidemment être vérifiées dans le cadre de procédures appropriées. Dans ce contexte, nous avons posé à Washington, via Interpol, des questions concernant la disparition du citoyen russe et sa présence sur le territoire américain.    

Plus globalement, ces informations de la CNN ne sont que de la propagande classique. On définit d'abord l'objectif, et on altère ensuite les informations afin d'atteindre ce dernier. Quel est cet objectif? Il concerne certainement - il n'y a aucun doute à ce sujet -la politique intérieure: la campagne électorale aux États-Unis a commencé. Dans le cas présent, la chaîne visait le Président américain Donald Trump, mais a frappé son prédécesseur Barack Obama en supposant qu'un agent de la CIA aurait travaillé en Russie sous sa présidence. Je pense que le reportage de la chaîne a, pour une certaine raison, omis ces éléments. Nous espérons bien qu'elle travaillera sur ce sujet de manière plus détaillée.

En même temps, la CNN ne dissimule plus depuis longtemps son engagement politique et s'est transformée en véritable outil de lutte politique intérieure aux États-Unis. La chaîne cible les masses populaires qui ne savent pas grand-chose de la politique étrangère et sont donc très sensibles à ces "faits fantastiques obtenus à l'aide de sources fiables". Tout cela serait plus ou moins acceptable - les Américains peuvent eux-mêmes décider ce qu'ils regardent, et la présentation des informations est leur affaire intérieure - si la chaîne ne promouvait activement des humeurs russophobes aux États-Unis en portant sciemment préjudice aux relations entre nos deux pays.

 

Sur la situation du citoyen russe Alexandre Korchounov, arrêté à l'aéroport de Naples à la demande des États-Unis

 

Je voudrais rappeler qu'Alexandre Korchounov, citoyen russe et directeur du développement des affaires de la SA "Corporation unifiée de construction de moteurs", a été arrêté le 30 août dernier à l'aéroport de Naples à la demande des États-Unis.

Nous considérons la délivrance par les États-Unis d'un mandat d'arrêt international à son nom comme une provocation planifiée. Il ne s'agit pas d'un cas isolé, mais de la poursuite de la politique de l'establishment et des services secrets américains envers la Russie. Washington évite depuis des années une coopération normale et civilisée avec la Russie au niveau des organes de justice. Au lieu de cela, il a lancé une véritable chasse aux Russes lors de leurs voyages à l'étranger, allant jusqu'au kidnappings directs. Il suffit de dire qu'Alexandre Korchounov est le 48e citoyen russe arrêté à l'initiative des Américains dans un pays tiers depuis 2008. En même temps, on constate dans certains cas des violations grossières des droits de l'homme garantis par le droit international et la législation nationale. Comme on le sait, les États-Unis accordent une attention spéciale aux droits de l'homme. Mais ils préfèrent l'oublier, pour une raison qu'on ignore, quand il s'agit des citoyens russes.

Les actions de Washington sont motivées politiquement et visent à faire pression sur la Russie et les citoyens russes, en plus des sanctions, à compliquer notre dialogue avec d'autres pays, à torpiller nos liens d'affaires et nos échanges touristiques avec ces derniers. Dans le cas présent, les autorités américaines n'apprécient visiblement pas le caractère positif du développement des relations russo-italiennes. Elles ont donc profité d'une opportunité, ou ont tenté de créer un facteur irritant artificiel.

La situation est suivie en permanence par le Ministère russe des Affaires étrangères, ainsi que par nos Ambassades à Rome et à Washington. Nous avons organisé une visite consulaire auprès du citoyen russe. Alexandre Kourchounov n'a pas de réclamations concernant ses conditions de détention, il est calme. Son état est satisfaisant. Nous continuons de soutenir les efforts de ses avocats pour protéger ses intérêts et assurer sa libération et son retour libre en Russie.

Comme la prochaine séance de la Cour d'appel de Naples sur le cas d'Alexandre Korchounov aura lieu le 19 septembre, nous espérons que la justice italienne sera en mesure d'examiner la situation de manière objective et de prendre une décision appropriée en se basant sur les faits, sans céder à la pression politique. 

 

Sur un article publié dans le journal italien Corriere della Sera

 

Nous soulevons régulièrement la question des publications malveillantes dans les médias étrangers, des fakes intentionnels, des violations de l'éthique professionnelle et notamment journalistique. Malheureusement, l'Italie vient de nous en fournir un nouvel exemple. A nos yeux, il s'agit d'une provocation.

Le début de la saison politique dans les Apennins a été marqué par une tentative maladroite d'ajouter de "l'essence" au sujet du "Russiagate" qui s'essouffle (une affaire sur un prétendu financement russe du parti italien Ligue par la revente de produits pétroliers russes). Je voudrais rappeler que l'affaire a été transmise aux autorités compétentes italiennes, et que le parquet de Milan mène une enquête.

Sans attendre qu'elle ait abouti, le 6 septembre le journal italien Corriere della Sera a publié un article provoquant où, s'appuyant sur des informations non vérifiées et se référant à de prétendues sources anonymes, ainsi qu'au site Buzzfeed à la réputation controversée, le quotidien a tenté de reproduire les événements survenus à l'hôtel Metropol en octobre 2018, en désignant parmi les figurants un collaborateur de l'Ambassade de Russie en Italie.

Il s'agit de l'un des plus grands médias italiens, ce qui est particulièrement regrettable. Le quotidien pouvait consulter un grand nombre de correspondants, avait la possibilité de revérifier l'information, selon nous. Nous supposions qu'il adoptait une approche impartiale, objective et responsable dans la couverture de différents événements.

L'Ambassade de Russie à Rome a envoyé un démenti au quotidien, qui n'a pas été publié alors que presque une semaine a passé depuis la parution de cet article qui ne peut être qualifié autrement que de diffamation.

Nous attendons du quotidien italien un démenti sur la base des informations envoyées par l'Ambassade de Russie au journal, ainsi que des excuses au diplomate russe. Bien évidemment, nous suivrons ce sujet. Nous publierons notre démenti sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères dans la rubrique réservée aux reportages et aux articles notoirement mensongers.

Malgré ces provocations, nos relations se développent bien avec l'Italie.

 

Sur la conférence internationale pour la prévention de la corruption dans le sport

 

Les 3 et 4 septembre, la Fédération de Russie, en collaboration avec l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l'Italie, a organisé à Vienne la 2e conférence internationale sur la prévention de la corruption dans le sport.

Des représentants de près de 70 pays, organisations internationales, sportives et ONG ont participé au forum. La conférence a été ouverte par Iouri Fedotov, Secrétaire général adjoint de l'Onu, directeur exécutif de l'ONUDC, et Oleg Syromolotov, vice-Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Des rapports ont été présentés par le Procureur national de l'Italie pour la lutte contre le crime organisé et le terrorisme Federico Cafiero de Raho, la Secrétaire d’État et vice-Ministre des Sports de la Fédération de Russie Nadejda Erastova, ainsi que des experts russes et étrangers éminents.

Le forum a permis de mettre en évidence nos approches de la prévention de la corruption dans le sport, d'évoquer les projets de pointe et les questions les plus pertinentes pour identifier les crimes de corruption dans le sport, et déterminer les démarches à engager pour renforcer la coopération entre les États, les forces de l'ordre, les organisations sportives et les experts dans ce domaine. Cette activité avait une importance particulière à l'approche de la 8e session de la Conférence des États parties de la Convention de l'Onu contre la corruption prévue pour décembre à Abou Dabi, ainsi que de la session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies contre la corruption au premier semestre 2021.

 

 Sur les déclarations de Joseph Dunford, président du Comité unifié des chefs d'état-major des États-Unis, sur "la menace russe" dans l'espace

 

Il est question de l'interview du président du Comité unifié des chefs d'état-major des États-Unis, Joseph Dunford, à l'ONG américaine Council on Foreign Relations, dans laquelle il qualifie la Russie d'"adversaire" dans l'espace (avec la Chine, la Corée du Nord et l'Iran), et de "réelle menace" pour l'infrastructure spatiale américaine.

Cette attaque antirusse est une nouvelle tentative des autorités militaro-politiques américaines de justifier leurs démarches visant à déployer des armes dans l'espace en rejetant sur d'autres la responsabilité de la déstabilisation de la situation dans la sécurité internationale et la stabilité globale. Ce n'est rien d'autre qu'un élément supplémentaire de la campagne médiatique malpropre contre notre pays, destinée à détourner l'attention du public mondial et de la communauté internationale des efforts destructeurs de Washington provoquant la course aux armements dans l'espace et sa transformation en un nouveau champ de confrontation militaire.

Nous sommes profondément déçus de voir qu'au lieu de construire un dialogue substantiel sur la prévention de la course aux armements dans l'espace (PCAE), les États-Unis préfèrent utiliser tout l'arsenal de la diplomatie publique et de l'agression médiatique, notamment les accusations infondées envers la Russie. Je voudrais citer un fait important. Non seulement Washington n'a avancé aucune initiative pour prévenir la course aux armements dans l'espace, mais il bloque également par tous les moyens les propositions des autres pays en la matière. De quoi s'agit-il? Ce sont les États-Unis qui votent contre les projets russes de résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies sur le non-déploiement en premier des armes dans l'espace, les mesures pratiques pour prévenir la course aux armements dans l'espace, ainsi que les mesures de transparence et de confiance par rapport à l'activité spatiale. De plus, au tout dernier moment, sans explications, cet expert américain a bloqué l'adoption du rapport final de consensus du Groupe d'experts gouvernementaux de l'Onu pour la PCAE contenant des recommandations sur les principaux éléments d'un accord juridiquement contraignant en la matière.

La Russie juge prioritaire l'exploration et l'exploitation non discriminatoire de l'espace uniquement à des fins pacifiques et, contrairement aux États-Unis, ne projette pas de régler des tâches en orbite en utilisant des moyens offensifs. Les initiatives avancées par la Russie avec un soutien solide de partisans des mêmes idées viennent le confirmer. A l'heure actuelle, il n'existe et ne peut exister aucune alternative à la proposition russo-chinoise de projet d'accord sur la prévention du déploiement des armes dans l'espace, de l'usage de la force ou de la menace d'utiliser la force contre des sites spatiaux. On se demande pourquoi les représentants officiels américains n'en parlent pas à leurs citoyens. Nous avons l'intention de poursuivre un travail actif orienté sur l'obtention de résultats concrets dans cette direction.

Nous appelons de nouveau Washington à faire preuve de bon sens et à renoncer aux aventures irresponsables, qui auraient des conséquences extrêmement négatives pour toute la communauté internationale et pour les États-Unis mêmes. Il est évident que l'apparition des armes dans l'espace va à l'encontre de la pratique de la coopération internationale pour l'exploration et l'exploitation de l'espace à des fins pacifiques. Nous sommes déçus également par la position de l'UE qui, au détriment des intérêts nationaux de ses pays membres, n'ose même pas formuler d'objection aux États-Unis qui sapent obstinément la sécurité internationale, notamment avec leurs plans de déployer des armements offensifs dans l'espace.

La mise en œuvre des plans militaires spatiaux des États-Unis infligerait un préjudice irréparable au système actuel de sécurité de l'activité spatiale. Toutes les tentatives précédentes de Washington de s'assurer la domination dans le secteur militaire se sont toujours soldées par une hausse de la tension et de nouveaux cycles de course aux armements.

 

Sur l'intrusion sur le territoire de la représentation commerciale de la Russie à Londres

 

Dans le cadre de nos conférences de presse, nous avons évoqué à de nombreuses occasions le respect de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, et plus particulièrement l'immunité des représentations à l'étranger et de leur personnel. En l'occurrence, je vais parler de la situation au Royaume-Uni.

Ces dernières années, la Russie s'est adressée à plusieurs reprises aux organes britanniques compétents via le Foreign Office pour que soient prises des mesures exhaustives afin de garantir la sécurité de notre propriété diplomatique sur le territoire britannique. Nous avions de bonnes raisons d'entreprendre de telles démarches: le niveau de la criminalité au Royaume-Uni et le niveau de la menace terroriste à Londres. Cependant, en dépit de nos nombreuses notifications et requêtes au Ministère britannique des Affaires étrangères, nous n'avons reçu aucune réponse ni, qui plus est, constaté aucune action. Au final, toutes les craintes que nous avons exprimées aux collègues britanniques se sont avérées fondées, malheureusement. Récemment, un inconnu s'est introduit sur le territoire de notre représentation commerciale à Londres en infligeant un préjudice aussi bien à l'immobilier qu'au parc automobile de notre représentation.

Les diplomates russes ont immédiatement contacté les autorités britanniques pour exiger qu'elles remplissent leurs obligations dans le cadre de la Convention de Vienne pour la protection des représentations, et qu'une enquête soit lancée.

La police londonienne a répondu à l'Ambassade (j'espère que cette réponse n'est pas définitive) que cette affaire "n'a pas de perspectives" et sera très probablement close. Et ce alors que l'Ambassade de Russie a fourni aux autorités britanniques les enregistrements des caméras de surveillance, ainsi que les informations les plus détaillées possibles qui font la lumière sur cet incident.

Comment est-ce possible? Étant donné qu'il y a plus d'un an le gouvernement britannique n'a eu besoin que de quelques jours pour accuser notre pays d'avoir "très probablement" perpétré une attaque avec une arme chimique, d'avoir attenté à la vie de citoyens, et ainsi de suite. Autrement dit, en quelques jours, ils ont réussi à "élucider" "l'affaire Salisbury", en revanche l'affaire n'a aucune perspective, selon les autorités britanniques, quand il s'agit d'un incident concret et provoqué, à ce que l'on sache, par des citoyens britanniques. C'est absurde.

Avancer des accusations d'envergure globale dont les conséquences ont la même envergure globale - l'expulsion de diplomates à travers le monde en une semaine - est possible, mais trouver un malfaiteur qui s'est introduit sur le territoire de l'Ambassade, tout en sachant qu'il y a des enregistrements qui ont été fournis, est impossible. Apparemment, il est tout aussi impossible d'expliquer les circonstances de la mort du citoyen russe Nikolaï Glouchkov, décédé il y a plus d'un an et demi. Quelle police britannique, impitoyable et sélective.

Je répète que nous espérons obtenir une réponse compétente et responsable des autorités britanniques à ce sujet.

 

Sur la protestation japonaise concernant l'ouverture d'une usine de transformation de poisson sur l'île Shikotan

 

Une nouvelle fois, nous devons rappeler à Tokyo que nous trouvons absolument inadmissibles les protestations japonaises concernant l'activité économique - ou de toute autre nature - de la Fédération de Russie, notamment en coopération avec d'autres États, sur son propre territoire, dont font partie intégrante les îles Kouriles du Sud. La souveraineté russe immuable sur ces îles à l'issue de la Seconde Guerre mondiale est une réalité objective, qui le restera malgré les tentatives japonaises de l'ignorer.

De telles protestations présentent Tokyo sous un angle ridicule. Le Japon veut-il vraiment que ces îles deviennent désertes? Je voudrais dire directement qu'il ne faut pas compter là-dessus. Ces dernières années nous avons atteint des succès considérables dans le développement socioéconomique des Kouriles du Sud, et il y a des plans ambitieux pour l'avenir. La mise en œuvre de tels programmes se poursuivra à plein régime, notamment avec la participation de partenaires étrangers. Nous sommes prêts à une coopération mutuellement bénéfique dans ce sens avec les compagnies japonaises également, ce que les autorités japonaises savent et, qui plus est, ce pourquoi elles ont témoigné de l'intérêt. Nous sommes prêts à une telle coopération, à condition que le Japon souhaite le faire de bonne foi et de manière dépolitisée.

De telles protestations et déclarations ne servent pas la cause.

 

Sur les déclarations concernant l'échange de détenus entre la Russie et l'Ukraine

 

Je rappelle que l'échange a eu lieu dans le cadre d'une entente entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président ukrainien Vladimir Zelensky. Nous avons commenté en détail ce thème, des déclarations ont été faites au niveau de l'Administration du Président de la Fédération de Russie, du Ministère russe des Affaires étrangères et des autorités compétentes à l'issue de l'échange.

Nous sommes effectivement surpris par la réaction de la communauté internationale. Je ne vais pas énumérer toutes les déclarations qui ont été faites, elles ont été nombreuses - de l'Australie à l'Europe en passant par les États-Unis.

Nous sommes surpris que ces déclarations saluent uniquement la libération et le retour en Ukraine de ses citoyens, dont le sort préoccupait tant l'Occident. Alors que les citoyens de la liste russe, qui étaient retenus par Kiev et ont enfin réussi à rejoindre leur famille suite à cette démarche humanitaire réciproque, n'ont suscité aucune compassion, aucune réaction émotionnelle. Comme s'il s'agissait de gens de deuxième catégorie. Il est difficile de percevoir cette approche autrement que comme l'application de doubles standards et, dans l'ensemble, comme un écart à la problématique des droits de l'homme auquel se réfèrent si souvent nos partenaires occidentaux.

 

Sur l'accusation d'"espionnage" de Nikolaï Malinov, président du Mouvement national des russophiles en Bulgarie

 

Nous sommes préoccupés par les accusations avancées contre le président de l'ONG "Russophiles" en Bulgarie, Nikolaï Malinov. A ce que l'on sache, l'activité de cette ONG était orientée uniquement sur le développement de la coopération russo-bulgare et le renforcement des liens amicaux entre les peuples de nos pays.

Nous espérons que le gouvernement bulgare s'abstiendra de démarches susceptibles de remettre en question la dynamique positive actuelle de nos relations bilatérales, et que sera poursuivi le travail commun pour la mise en œuvre des récents accords, notamment dans le secteur social et culturel pour préserver le patrimoine historique unificateur.

 

Sur le cinquième Forum des petites et moyennes entreprises (PME) régionales des pays membres de l'OCS et des BRICS

 

Comme vous le savez, la Russie assurera en 2020 la présidence des BRICS et de l'OCS. Dans le cadre des préparatifs des rencontres au sommet au sein de ces organisations, la Russie accueillera pendant toute l'année des réunions et des forums thématiques visant à élargir le partenariat et à y impliquer les représentants des pays intéressés dans des domaines très différents.

Dans ce contexte, je voudrais attirer votre attention sur le cinquième Forum des petites et moyennes entreprises (PME) régionales des pays membres de l'OCS et des BRICS qui aura lieu du 26 au 27 septembre à Oufa, capitale de la République du Bachkortostan. En cinq ans d'existence, cette plateforme a fait ses preuves comme un mécanisme efficace de développement du dialogue entre la communauté d'affaires et les représentants des organes de pouvoir des pays membres des BRICS et de l'OCS. Depuis le lancement du Forum en 2015, ses événements ont réuni plus de 4 000 participants de 25 pays et de 63 régions russes, et ont permis la signature de 18 accords de coopération. 

Le Forum devrait réunir cette année 2 500 personnes de 30 pays du monde, notamment des hommes d'affaires majeurs, des représentants des associations d'affaires, des organes de pouvoir et des institutions de développement. On envisage d'évoquer les conditions de la croissance dans les régions des pays des BRICS et de l'OCS: le développement des PME, le soutien à ces entreprises, la coopération mutuellement avantageuse, l'entrepreneuriat des jeunes, les nouvelles technologies numériques. Le tourisme.

Nous invitons les médias à prendre part à la couverture des travaux du Forum. Des informations plus détaillées sur l'accréditation et le programme des événements sont disponibles sur le site https://sco-brics.ru/ru/

 

Sur les approches destructrices des nouvelles réalités du Caucase du Sud par l'Occident

 

Nos collègues occidentaux, et surtout américains, continuent d'avancer obstinément des accusations infondées contre la Russie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Au lieu de favoriser la paix et la sécurité dans le Caucase du Sud, ils font tout pour déstabiliser la situation dans la région. Les articles et déclarations dans cette veine ont été trop nombreux ces derniers temps pour ne pas les commenter.

En ce qui concerne les faits concrets, nous constatons que des armes sont envoyées en Géorgie et que cette dernière est attirée vers des blocs militaires, ce que Washington et Bruxelles justifient par la nécessité de la "stabilité" de cet État et de la région en général. On parle sans cesse de l'occupation russe, etc.

Je voudrais rappeler que c'est la décision prise au sommet de l'Otan à Bucarest en 2008 - imposée par les États-Unis - sur l'adhésion "garantie" de la Géorgie à l'Alliance atlantique, qui a été perçue par Mikhaïl Saakachvili comme un signal direct pour lancer une agression contre l'Ossétie du Sud. Cette agression s'est soldée par des changements dans la région dont les prémisses et les raisons sont obstinément ignorées par les analystes et les responsables occidentaux.

Ces réalités sont les suivantes: l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud s'appuient sur l'aide de la Russie - qui est leur allié et garantit leur sécurité - pour développer leur État malgré les problèmes qui persistent (ce qui est évident), développent efficacement leur économie, leur société, leur commerce extérieur et leurs liens internationaux.   

Le PIB de l'Abkhazie a doublé en dix ans pour atteindre près de 31 milliards de roubles en 2018, le commerce extérieur du pays a augmenté à 16,2 milliards de roubles et les revenus budgétaires (les impôts et d'autres sources) de la République ont été multipliés par 1,5 en 2018 (4,8 milliards de roubles) par rapport à 2013.

Des taux de croissance similaires ont été enregistrés en Ossétie du Sud. Son PIB a augmenté de 1,5 fois de 2013 à 2018 pour atteindre 5 milliards de roubles, tandis que ses échanges ont grimpé de 514 millions de roubles jusqu'à 3,3 milliards de roubles pendant la même période. Quant aux revenus budgétaires, ils ont plus que triplé de 2013 à 2018: de 430 millions de roubles à 1,5 milliards de roubles. Les salaires et les retraites ne cessent de croître. Le niveau des retraites en Ossétie du Sud n'est même pas similaire, mais supérieur au niveau géorgien.

Globalement, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, qui avaient beaucoup souffert de l'agression et du blocus économique géorgiens, ont fait depuis leurs preuves en tant qu'États souverains et indépendants. Les deux républiques ont leur système de pouvoirs législatif, exécutif et juridique, développent leur scène politique et les processus démocratiques, soutiennent leur culture et leurs particularités nationales. Il reste cependant beaucoup de problèmes, qui sont résolus ou en cours de résolution. Nous les évoquons régulièrement, notamment en répondant à vos questions. Les positions internationales de Soukhoum et de Tskhinval ne cessent de se renforcer. Ainsi, ils ont récemment établi des relations diplomatiques avec Damas.  

Si nos partenaires occidentaux et ceux qui leur fournissent des services d'information veulent comprendre la situation réelle dans ces États, ils peuvent s'y rendre, tout simplement. On dit que la vérité n'a pas de prix, mais il y en a un dans ce cas-là. Il s'agit du prix d'un billet qu'on peut acheter pour se rendre en Ossétie du Sud ou en Abkhazie afin de parler aux habitants et de leur demander leur opinion sur la situation dans la région et dans leurs pays, les questionner sur les réalités de leur vie au lieu d'imaginer des histoires à leur place.  

 

Sur les résultats de l'élection présidentielle en République d'Abkhazie

 

Fin août-début septembre, la République d'Abkhazie a voté pour élire son président. Comme le premier tour (le 25 août) n'avait pas permis de désigner le vainqueur, la Commission électorale centrale de l'Abkhazie a organisé le 8 septembre le deuxième tour qui a confirmé le mandat du Président actuel Raul Khadjimba.

Le Président russe Vladimir Poutine a envoyé le 10 septembre un télégramme de félicitations à Raul Khadjimba. Ces informations son accessibles sur le site du Président de la Fédération de Russie.

Cela confirme encore une fois le fait que la République d'Abkhazie a fait ses preuves en tant qu'État libre et indépendant qui développe son économie et d'autres secteurs sur les bases démocratiques.

Je voudrais dire à tout le monde encore une fois que malgré le grand nombre de publications contenant des désinformations ouvertes, on peut et on doit se rendre en Abkhazie et en Ossétie du Sud si l'on veut comprendre la situation. Il ne faut pas parler à des intermédiaires ou à des personnes qui n'y ont pas été depuis des années, mais à celles qui y habitent et y travaillent. 

 

Réponses aux questions:

Question: Le nouveau Ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi s'est dit prêt à rencontrer au plus vite son homologue russe Sergueï Lavrov. Pourraient-ils s'entretenir en marge de l'Assemblée générale des Nations unies?

Réponse: Nous ne l'excluons pas.

Question: Les autorités russes apporteront-elles leur soutien aux citoyens qui ont été remis à la Russie par l'Ukraine lors du récent échange, par exemple pour obtenir des documents russes? Va-t-on suivre leur sort?

Réponse: Le sort de ces personnes et l'aide qui leur est apportée - y compris leur libération - sont pris en charge par la Déléguée aux droits de l'homme en Fédération de Russie Tatiana Moskalkova. Elle a joué un rôle décisif dans la mise en œuvre de l'entente entre les deux présidents. J'ai vu et entendu des mots de gratitude de la part des individus qui ont été échangés et sont arrivés en Russie. Je pense qu'elle ne renoncera pas à toutes ses capacités pour aider tous ceux qui ont besoin de sa protection. Nous ne doutons pas qu'elle arrivera à le faire aussi bien qu'auparavant.

Question: Le dirigeant de la République populaire de Donetsk (DNR) Denis Pouchiline a déclaré que dans l'idéal la DNR comptait adhérer à la Russie en tant que district fédéral. Que pense la Russie d'une telle déclaration?

Réponse: La Russie ne doit pas réagir à toutes les déclarations quotidiennes compte tenu de la gravité de la question. Nous partons de la primauté des Accords de Minsk, dans lesquels tout est fixé.

Question: Le 19 août, le Conseil de la Douma d’État a décidé lors d'une session extraordinaire de créer la Commission pour enquêter sur l'ingérence de pays étrangers dans les affaires intérieures de la Russie. Depuis plus d'un an travaille également la Commission temporaire du Conseil de la Fédération pour la protection de la souveraineté nationale et empêcher l'ingérence dans les affaires intérieures de la Fédération de Russie. Le Ministère des Affaires étrangères considère-t-il cette démarche comme un nouveau pas vers le renforcement de la souveraineté nationale? Ces commissions contribuent-elles au travail du Ministère des Affaires étrangères? Prévoit-on une coopération?

Réponse: Je voudrais vous rappeler le principe de séparation des pouvoirs. Il est question de nos législateurs. Nous sommes des représentants du pouvoir exécutif russe. Je peux seulement dire que nous sommes en collaboration et répondons à toutes les requêtes adressées par nos collègues de la Douma d’État et du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie. Vous pouvez lire les déclarations faites par les représentants du Ministère russe des Affaires étrangères invités aux réunions de ces commissions. Le Ministère des Affaires étrangères réagit très rapidement à toutes les requêtes des représentants de l'Assemblée fédérale, que ce soit la Douma d’État ou le Conseil de la Fédération, et ses représentants participent à leurs réunions - auxquelles ils sont invités.

Question: Beaucoup d'événements se sont produits récemment en Ukraine. Une délégation du Fonds monétaire international travaille actuellement à Kiev. On envisage de restructurer la dette extérieur du pays. Tout le monde comprend que l'Ukraine pourra difficilement s'acquitter de ses dettes extérieures énormes sans coopérer avec la Russie. Y a-t-il au niveau des ministères des Affaires étrangères une coopération qui pourrait témoigner d'une amélioration des relations avec l'Ukraine, ou des indicateurs commerciaux? 

Réponse: Cela pourrait sembler paradoxal mais, malgré les efforts de certains politiciens ukrainiens qui formaient le noyau du régime de Piotr Porochenko, nos relations économiques, soutenues par les opérateurs économiques, les citoyens et les hommes d'affaires, n'ont cessé de se développer. Nous avons présenté ces statistiques afin de confirmer la thèse selon laquelle l'aggravation des relations revêtait un caractère artificiel et était mise en œuvre par des politiciens antirusses. Il faut s'appuyer sur les faits.

Nos relations économiques (les chiffres et les faits le prouvent) se sont développées malgré le fait que beaucoup de personnes à Kiev (Piotr Porochenko avait donné le "la") ont tenté de l'empêcher par tous les moyens. En ce qui concerne les tendances de ce genre, le retour des prisonniers sur la base d'une décision des présidents efficacement mise en œuvre constitue un signal, un indice très positif et prometteur, même si le processus a été difficile.

Depuis quelques années, malgré des propos affreux et des actions subversives du régime de Kiev concernant les relations bilatérales, Moscou a toujours souligné sa volonté de développer la coopération et le partenariat, qui visaient à réaliser les intérêts des peuples des deux pays. Nous tenons toujours à cette position.  

Question: Au cours de la retransmission de la conférence de presse du Président ukrainien suite à l'échange de prisonniers entre la Russie et l'Ukraine, Le Figaro a désigné "Kiev, Russie" comme le lieu de son déroulement.

Réponse: Je ne peux pas dire si cela a été fait sciemment ou par hasard. J'ai vu le démenti (plutôt la reconnaissance du lapsus) et les excuses présentées par le journal à son audience.

Maria Zakharova: Roman, allez-y. Vous avez certainement une question sur l'Ukraine. Par ailleurs, avez-vous rencontré Kirill Vychinski?

Roman Tsimbaliouk: Non, je n'ai eu le temps.  

Maria Zakharova: Avez-vous envie de le faire?

Roman Tsimbaliouk: Certainement, si j'ai cette possibilité. Je suis ouvert à parler à tout le monde.

Maria Zakharova: Vous permettra-t-on d'interviewer Kirill Vychinski?

Roman Tsimbaliouk: J'ai regardé la télé. Il n'a pas répondu à la question principale: pourquoi lui a-t-on remis la médaille "Pour le retour de la Crimée"?

Maria Zakharova: Pensez-vous que ce soit la question principale?

Roman Tsimbaliouk: Oui, pour l'Ukraine. Si j'interviewe une personne, c'est moi qui choisis les questions.

Maria Zakharova: Comment a-t-on formulé les accusations contre Kirill Vychinski?

Roman Tsimbaliouk: C'est l'affaire des organes de justice. Moi, je poserais la question sur la médaille.   

Maria Zakharova: Mais c'est la question principale! Les questions que vous poserez sont votre affaire personnelle ou professionnelle. Moi, je vous interroge sur une autre chose: la possibilité-même de l'interview. Nous avons constaté depuis quelques années un véritable blocus des médias ukrainiens - notamment de celui que vous représentez - concernant l'interaction avec les représentants russes, les journalistes ou les responsables. C'est un fait indéniable. On vous a tout simplement interdit de le faire. Comme il s'agit actuellement d'un événement hautement apprécié à Kiev et à Moscou, pouvez-vous parler aujourd'hui à Kirill Vychinski qui se trouve à Moscou? Il est votre collègue, il est accessible. Pouvez-vous vous permettre de l'interviewer? De poser toutes les questions?

Roman Tsimbaliouk: Je peux le faire, bien sûr. Vous dites qu'il est mon "collègue", mais je n'ai pas de médaille "Pour le retour de la Crimée".  

Maria Zakharova: Nous ne l'avons pas vérifié. Les agents du SBU ne se sont pas encore rendus chez vous.

Roman Tsimbaliouk: Ce n'est pas grave, ils connaissent mon adresse. J'ai pensé que c'est moi qui devais poser mes questions ici, mais il s'avère que c'est vous…

Maria Zakharova: Nos approches peuvent varier. Vous ne venez pas chez nous assez souvent, vous n'êtes présent que lors des événements importants.

Roman Tsimbaliouk: Je vais venir plus fréquemment.

Maria Zakharova: Il est évident que vous faites de la propagande. C'est sûr à 100%. Je pense que vous ne le cachez même pas.

Roman Tsimbaliouk: Je fais la propagande de l'Ukraine. C'est normal. Je ne commets pas de crimes médiatiques. C'est très différent.

Maria Zakharova: D'après vous, débloquera-t-on du côté des médias ukrainiens la situation de "non-communication" avec les représentants russes - les structures publiques, les journalistes, etc.? Vous écrivez sur nous, et en même temps vous ne pouvez pas vous permettre de réaliser une interview normale, à part entière. Êtes-vous prêt à communiquer, notamment avec Kirill Vychinski?

Roman Tsimbaliouk: Je peux répondre en ce qui me concerne. Vous êtes la représentante de l’État russe, et je communique avec vous.

Maria Zakharova: Ce n'est pas ce que j'ai demandé. Pouvez-vous, en tant que représentant de l'UNIAN, vous permettre d'avoir enfin une interview avec Kirill Vychinski? Il répondra à votre question sur la médaille et à toutes les autres.

Roman Tsimbaliouk: Nous pouvons.

Maria Zakharova: Autrement dit, une telle interview pourrait être publiée par l'UNIAN?

Roman Tsimbaliouk: Tout correspondant sait parfaitement, indépendamment du pays qu'il représente, qu'il ne règle pas toutes les questions. Si j'étais rédacteur en chef, je répondrais sans équivoque. De la même manière que les collaborateurs ordinaires de votre Département ne peuvent pas répondre à toutes les questions auxquelles vous répondez.

Je vais immédiatement poser votre question à notre rédacteur en chef. S'il souhaitait une interview, et si Kirill Vychinski le voulait également, elle pourrait être publiée. Selon moi, tout est évident et il n'y a rien à discuter.

Maria Zakharova: Qu'il n'y ait rien à discuter est bien le problème. La possibilité de publier des interviews avec des représentants russes a été bloquée chez vous. Vous écrivez sur la Russie en tant que correspondant en Russie, mais vous ne prenez pas d'interview. Vous ne permettez pas à votre public d'accéder à un discours direct. C'est une manifestation classique de propagande, quand le discours direct est inaccessible au public. Elle arrive seulement dans votre propre formulation. C'est peut-être le bon moment pour changer quelque chose dans la politique de l'information des médias, pour s'écarter de la propagande et commencer un travail journalistique normal. Les accusations visant Kirill Vychinski n'étaient pas en rapport avec la médaille.

Roman Tsimbaliouk: L'a-t-il méritée?

Maria Zakharova: Vous me le demandez à moi? Demandez à Kirill Vychinski. Si vous voulez connaître des informations sur Kirill Vychinski, concernant les médailles, la vie en Ukraine, le séjour sur le territoire russe - demandez-lui. C'est quoi cette logique étrange de me poser des questions sur Kirill Vychinski, et à quelqu'un d'autre sur moi? C'est ce que vous faites.

Roman Tsimbaliouk: Dans cet avion ne se trouvait pas seulement Kirill Vychinski. Il y avait encore 34 personnes, notamment des citoyens russes qui ont tué et ont été capturés avec des armes entre les mains. C'est peut-être la raison pour laquelle l'Occident ne se réjouit pas beaucoup et ne salue pas leur retour. Ces gens sont des terroristes condamnés par les tribunaux.

Maria Zakharova: Je voudrais vous reprendre. Ceux qui sont revenus en Ukraine ont été précisément condamnés pour les chefs d'inculpation que vous évoquez. De plus, j'ai entendu leurs déclarations. Ils ne cachaient pas leur activité et ont confirmé ce que les médias, notamment ukrainiens, ne voulaient pas indiquer et entendre.

Roman Tsimbaliouk: C'est peut-être dû au fait que les citoyens ukrainiens ont été capturés sur le territoire ukrainien, et pas l'inverse.

Maria Zakharova: Posez-moi une question concrète.

Roman Tsimbaliouk: Oleg Sentsov a été capturé après l'occupation de la Crimée ukrainienne. Vous le savez parfaitement. Personne, y compris vos voisins les plus proches, ne reconnaît l'occupation du territoire ukrainien.

Maria Zakharova: Un référendum a eu lieu en Crimée, vous le savez. Vous pouvez y aller également, et les habitants vous diront tout.

Roman Tsimbaliouk: J'ai une question. Je travaille ici avant tout en tant que correspondant, et non comme propagandiste, comme vous le pensez.

Maria Zakharova: Vous avez dit vous-même que vous faisiez "la propagande de l'Ukraine". Ce sont vos mots.

Roman Tsimbaliouk: Il est très important que tout le monde sache que l'Ukraine était, est et sera.

Maria Zakharova: Sans vous, on l'aurait oublié?

Roman Tsimbaliouk: Je trouve que certains, dans ce pays, remettent ce fait en question.

Maria Zakharova: Qui?

Roman Tsimbaliouk: Vous voulez la longue liste?

Maria Zakharova: Pas la peine. Pourquoi une longue liste? Vous pouvez me donner quelques noms. Qui concrètement? Peut-être que vous avez des sources particulièrement informées, uniquement de votre agence UNIAN, qui vous disent que l'existence de l'Ukraine est remise en question? Qui sont ces gens?

Roman Tsimbaliouk: Je pense que dans ce pays il faut toujours se référer aux représentants de l'autorité. Le Président russe Vladimir Poutine a dit que, si besoin, il priverait notre pays de souveraineté.

Maria Zakharova: Quand?

Roman Tsimbaliouk: Quand il communiquait avec les Russes en direct.

Maria Zakharova: Donnez-moi une citation, s'il vous plaît. Il me semble que nous - le Président russe Vladimir Poutine, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et d'autres représentants - disons constamment que nous voulons construire des relations avec l’État ukrainien souverain. Les Accords de Minsk ne parlent que de l'Ukraine souveraine. Non?

Roman Tsimbaliouk: Cette question a été posée par un combattant russe, qui se cache ici sous la personnalité d'un écrivain du territoire occupé de la région de Donetsk, Zakhar Prilepine, avant d'être rappelé à Moscou.

Maria Zakharova: Faites aussi une interview directement avec Zakhar Prilepine.

Roman Tsimbaliouk: Vous n'êtes pas le rédacteur en chef de l'agence UNIAN, vous ne pouvez pas déterminer notre politique de rédaction, de la même manière que nous ne pouvons pas vous forcer à dire quoi que ce soit à cette tribune.

Maria Zakharova: Absolument. Je dis que je trouve qu'il serait honnête vis-à-vis de votre propre public de donner aux personnes sur lesquelles vous écrivez tant et que vous citez tant la possibilité de s'exprimer et de répondre à vos questions. C'est la seule chose que je voulais vous proposer - plutôt que de vous demander. Vous écrivez depuis quelques années sur des personnes sans leur offrir la possibilité de répondre à vos questions et de publier un discours direct. C'est très injuste, c'est contraire à toutes les normes journalistiques et montre que vous faites de la propagande.

Roman Tsimbaliouk: Le 7 septembre a eu lieu un échange, des marins sont rentrés chez eux. Sous quelles conditions et quand la Fédération de Russie rendra-t-elle les navires qu'elle a saisis dans les eaux neutres de la mer Noire?

Maria Zakharova: Nous avons parlé de ces conditions, vous les connaissez parfaitement. S'il existe de nouveaux éléments, je peux demander des précisions, je ne suis pas au courant. Nous avons parlé à plusieurs reprises des conditions. Nous avons envoyé des notes en ce sens aux autorités ukrainiennes. Voulez-vous que je les répète?

Roman Tsimbaliouk: Oui, parce que la situation a changé.

Maria Zakharova: Je vais vous envoyer un lien vers les documents publiés, je vous les transmettrai à nouveau.

Roman Tsimbaliouk: Comment, techniquement, pourrait être réalisé le retour des navires? Pouvez-vous décrire la procédure?

Maria Zakharova: Nous l'avons déjà décrite. Nous l'avons fait officiellement en envoyant une note officielle aux autorités ukrainiennes. Je comprends qu'il est avantageux pour vous de feindre de n'être pas au courant. Mais tout le monde le sait.

Roman Tsimbaliouk: La note du 25 juin 2019.

Maria Zakharova: Oui. Elle décrit, comme vous l'avez dit, les "possibilités techniques" pour le faire.

Roman Tsimbaliouk: On y parlait beaucoup des marins, mais au final ils ont été échangés entre les deux pays, et non selon la procédure prescrit dans les notes.

Maria Zakharova: Autrement dit, la Déléguée du Parlement ukrainien aux droits de l'homme Lioudmila Denissova ne s'est pas portée garante pour eux?

Roman Tsimbaliouk: Si.

Maria Zakharova: C'est exactement ce que nous avons écrit aux autorités ukrainiennes dans la note que vous avez mentionnée. Alors pourquoi vous déformez tout maintenant en retirant cet élément très important de l'histoire? Ce n'est plus de la propagande, c'est un fake.

Roman Tsimbaliouk: Un fait reste un fait, un échange a eu lieu entre l'Ukraine et la Russie.

Maria Zakharova: Il y a les garanties de Lioudmila Denissova?

Roman Tsimbaliouk: Et concernant les navires?

Maria Zakharova: Vous m'avez posé une question sur les possibilités techniques. Elles sont décrites en détail et ont été officiellement transmises aux autorités ukrainiennes. Vous m'avez dit que les marins avaient été échangés en hors du cadre de ce plan. Je vous ai dit qu'ils avaient été échangés sous les garanties de Lioudmila Denissova. Exact? Peut-être que je me trompe quelque part?

Roman Tsimbaliouk: Mais cela a été convenu entre les présidents des deux pays.

Maria Zakharova: Est-ce qu'il y a eu des garanties? Quand nous avons envoyé la note aux autorités ukrainiennes, nous l'avons envoyée au pouvoir exécutif. Vous comprenez que la politique étrangère est déterminée par le Président de notre pays et qu'elle est appliquée par le Ministère russe des Affaires étrangères? Expliquons-nous sur ce point, parce que vous allez encore écrire des aberrations. Encore une fois. Y a-t-il eu des garanties de Lioudmila Denissova?

Roman Tsimbaliouk: Oui.

Maria Zakharova: C'est tout.

Roman Tsimbaliouk: Est-ce que l’État ukrainien a entrepris des démarches juridiques dans le cadre du mécanisme proposé par la Russie pour le retour de trois navires militaires ukrainiens saisis dans les eaux neutres de la mer Noire? Si oui, lesquelles et comment est-il possible de les récupérer?

Maria Zakharova: En ce qui concerne les démarches des autorités ukrainiennes, il faut leur poser la question. Vous m'avez interrogée sur les démarches et les propositions des autorités russes. Je vous en ai parlé. En ce qui concerne la position des autorités ukrainiennes par rapport à cette situation, s'il y aura des démarches c'est l'Ambassade ukrainienne en Fédération de Russie qui doit vous en informer.

Roman Tsimbaliouk: Ukrainienne (en mettant l'accent sur une autre syllabe)

Maria Zakharova: Avez-vous déjà introduit le russe en tant que langue officielle?

Roman Tsimbaliouk: En russe, l'accent est sur l'autre syllabe.

Maria Zakharova: Quand, sur le territoire ukrainien, la langue russe deviendra officielle et de travail, quand les institutions commenceront à travailler en russe, alors vous apprendrez le russe aux Russes. D'ici là, faites en sorte d'accorder aux gens qui parlent et pensent en russe la possibilité de parler et de penser en russe sur le territoire ukrainien conformément aux engagements de votre État.

Roman Tsimbaliouk: Quand les navires saisis dans les eaux neutres de la mer Noire seront-ils, selon vous, restitués à l'Ukraine?

Maria Zakharova: Je pense et je sais que toutes les théories et suppositions sont absolument inutiles dans ce cas précis: la Russie a transmis à Kiev une proposition officielle à ce sujet. Elle a été transmise il y a assez longtemps. La balle est dans le camp de Kiev. On a déjà formé toutes les institutions compétentes, les directeurs de département ont été nommés. Si cette question était à l'ordre du jour, l'Ukraine pourrait examiner nos propositions et nous donner une réponse officielle. Il ne s'agit pas de théories mais de la coopération. Des propositions en ce sens ont été faites. Si les Ukrainiens ont leurs propres opinions à ce sujet, ils peuvent nous les expliquer.

Dans le prolongement de ce thème: Mes collègues ont rapidement trouvé la citation que Roman avait tenté de présenter - dans une version altérée - comme une preuve. Si vous me le permettez, je vais vous citer la version originelle et pas celle de l'UNIAN:

"Zakhar Prilepine: On a l'impression que l'armée ukrainienne pourrait utiliser la Coupe du Monde de football pour lancer des combats actifs. Que pensez-vous de cette situation?

Vladimir Poutine: J'espère qu'on ne constatera aucune provocation de ce genre. Sinon, cela pourrait se solder par des répercussions très graves pour l'État ukrainien en général. Je voudrais souligner encore une fois que j'espère que rien de ce genre n'aura lieu. Qui plus est, il est impossible de faire peur aux gens qui habitent sur ces territoires: dans le Donbass, dans les républiques de Lougansk et de Donetsk. Nous sommes au courant de la situation et des conditions subies par les populations. Nous accordons de l'aide aux deux républiques autoproclamées et continuerons de le faire. Mais la situation générale autour de ces territoires est affligeante, bien sûr".

Où figure ici ce que vous avez mentionné? Combien de temps cela va-t-il encore durer? Combien de temps propagerez-vous des fake news? Vous avez encore une fois confirmé ce que vous faites depuis plusieurs années: la désinformation. Vous prenez des citations, sélectionnez des paroles, les mettez dans l'ordre dont vous avez besoin, et formez ainsi l'opinion publique.

Roman Tsimbaliouk: A-t-on mentionné ou pas la menace contre l'État ukrainien?

Maria Zakharova: Seulement dans le contexte d'une offensive militaire.

Roman Tsimbaliouk: Mais qui mène cette offensive?

Maria Zakharova: Une offensive active. Les accords de Minsk portent sur la séparation des parties et des forces. Selon ce texte, ce sont les hostilités qui portent préjudice notamment à l'intégrité territoriale de l'Ukraine et à son État. C'est ce que ces textes indiquent.

Roman Tsimbaliouk: Maintenant, c'est vous qui faites de la propagande, de la propagande russe. 

Maria Zakharova: Premièrement, je ne suis pas journaliste. Deuxièmement, je ne fais que présenter la citation que vous avez tenté d'utiliser comme une preuve de vos propos, en utilisant des méthodes absolument inacceptables - comme vous êtes un journaliste, c'est en effet inacceptable. Vous avez pris une citation et l'avez altérée complètement. Moi, je viens de présenter une citation concrète. Aucun élément de cette dernière n'indique que la Russie ne reconnaît l'État ou la souveraineté de l'Ukraine. Aucune parole. Il ne s'agit que d'une réponse soulignant qu'une offensive active pourrait se solder par des répercussions graves pour l'État ukrainien en général. Ici, tout est clair. Si l'on recommençait la guerre contre les personnes aspirant à la paix et à une intégration pacifique tout en protégeant leurs droits, cela se solderait par des répercussions appropriées. C'est ce qui est stipulé par les accords de Minsk. Pourquoi faites-vous cela?

Roman Tsimbaliouk: Dans le contexte de l'État ukrainien, avez-vous prié pour les héros de la Novorossia? Les hauts responsables militaires et politiques de la Russie l'ont fait. 

Maria Zakharova: Je voudrais vous conseiller une chose. Je demande pardon à l'audience, mais je vais me permettre une exception. Je vais m'éloigner de ma position de porte-parole du Ministère des Affaires étrangères - par ailleurs, dans notre pays l'Église est séparée de l'État - mais votre question concerne la thématique religieuse. Avez-vous jamais assisté à une messe de l’Église orthodoxe russe? Probablement pas. Ici, à Moscou, en Russie. Allez-y. Cela vous surprendra certainement, car pendant les messes de l’Église orthodoxe russe - je vais régulièrement à l'église, je demande encore une fois pardon pour cette intervention lyrique - on prie pour la paix en Ukraine.

Roman Tsimbaliouk: En Ukraine ou à Novorossia?

Maria Zakharova: En Ukraine. Pour que vous sachiez.

Question: Ces derniers temps, les médias arméniens et azerbaïdjanais publient constamment des articles sur le fait que les États-Unis augmentent leur aide financière à l'Azerbaïdjan pour la lutte contre le terrorisme. Les autorités américaines confirment officiellement que cet argent sert à financer la formation des officiers des unités compétentes. Cela suscite évidemment des préoccupations en Iran et en Arménie. Il suffit de rappeler que Bakou qualifie souvent de terroristes  les Arméniens du Karabakh. Que pouvez-vous dire de l'augmentation de l'aide financière à l'Azerbaïdjan pour la lutte contre le terrorisme?

Réponse: Je pense que chaque État souverain a le droit de choisir ses domaines de collaboration et de coopération dans différents domaines. Il est question de la coopération militaire et militaro-technique. Tous les pays du monde sont préoccupés par la lutte contre le terrorisme international. C'est l'affaire des États souverains de développer une telle coopération et interaction. Sachant que dans le cadre de votre question concernant la situation très difficile qui perdure entre les deux pays, l'Azerbaïdjan et l'Arménie, nous partons du principe que tout doit être fait pour que ce problème complexe de longue date soit réglé, pour ne pas l'aggraver et contribuer à son règlement. Vous le savez, la Russie remplit consciencieusement les engagements pris en la matière dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE. Mais je séparerais tout de même ces deux points.

Question: L'interdiction d'entrée en Bulgarie pour Konstantin Malofeev et Leonid Rechetnikov n'est-elle pas une tentative de perturber l'amélioration des relations bilatérales, notamment la réalisation des projets économiques très importants pour la Bulgarie?

Réponse: Je l'ai commenté en détail aujourd'hui. Je partais du principe, et je trouve que c'est ainsi que cela a été perçu, qu'aucune provocation ne peut porter atteinte à nos relations productives qui se développent de manière constructive avec Sofia.

Question: En début de semaine, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a rejeté la demande de revoir la décision historique selon laquelle les répressions soviétiques contre les "frères de la forêt" pourraient être reconnues comme un génocide. Le verdict de la CEDH stipule que les tribunaux lituaniens reconnaissent à juste titre en tant que génocide la lutte des autorités soviétiques contre les "frères de la forêt". Que pensez-vous dire de cette décision de la CEDH?

Réponse: Si c'est possible, je vais prendre du temps, étudier cette décision, puis je vous répondrai.

Question: Les négociations entre les talibans et les États-Unis ont été interrompues après avoir débouché sur un accord final. Qu'en pense la Russie?

Réponse: Je l'ai commenté aujourd'hui. Nous appelons à relancer les négociations. Je peux répéter la thèse principale: nous partons de la nécessité de relancer le dialogue et les négociations dans les formats actuels.

Question (traduite de l'anglais): Les autorités indiennes ont décrété plusieurs restrictions sérieuses contre l’État du Jammu-et-Cachemire. Il n'y a pas de  réseau téléphonique, pas d'internet, pas d'activité d'affaires, pas de liberté d'expression, pas de services médicaux pour la population. Est-ce suffisant pour que la communauté internationale intervienne?

Réponse: Nous avons donné plusieurs fois notre avis sur la situation dans la région. Je pense qu'aujourd'hui, malgré votre question développée, je n'ai pas besoin de donner des commentaires supplémentaires à ce sujet. Notre position en la matière reste d'actualité.

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