5 avril 201218:51

L'Article de S.V. Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Russie, «la Politique de la Russie dans la région d'Asie- Pacifique : pour la paix, la sécurité et le développement durable», publié dans la revue indonésienne «Strategic Review»

693-05-04-2012

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C'est déjà l'axiome que le centre de gravité de l'activité politique et économique mondiale se déplace vers la région d'Asie - Pacifique. Les États de la région d'Asie - Pacifique manifestent les rythmes soutenus de la croissance économique, même dans le contexte de la situation difficile formée ces dernières années dans les finances mondiales. C'est de justesse qu'on appelle cette région la locomotive du développement global. C'est ici qu'on voit se former une nouvelle architecture mondiale polycentrique.

C'est tout à fait logique que la direction l'Asie – Pacifique, c'est l'une des priorités clés de la politique extérieure de la Russie. Pour cette raison j'ai accepté volontiers la proposition de Hassan Wirajuda, mon ancienne connaissance, un homme politique et diplomate connu, l'ex-ministre des affaires étrangères de l'Indonésie, l'éditeur da la revue «Strategic Review», d'exprimer mes vues sur les changements qui se déroulent dans la région d'Asie – Pacifique et de dire quelle contribution la Russie a l'intention d'apporter dans ces processus.

Nous ne sommes pas, certes, un pays nouveau venu dans la région d'Asie – Pacifique. La Russie a des liens historiques indissolubles avec certains États de la région. Notre soutien a été une des conditions décisives de la victoire des mouvements de la libération nationale en Asie. Les peuples de la Chine, l'Inde, l'Indonésie, la Mongolie, le Viêt- Nam, le Cambodge, le Laos et les autres pays s'en souviennent très bien.

Aujourd'hui nous intensifions notre cours au renforcement de notre participation aux processus de la coopération et de l'intégration politique et économique qui se développent dans l'espace d'Asie d'Est. C'est une politique à long terme, dont la mise en œuvre a un caractère cohérent et systémique.

En Asie on considère la Russie, de justesse, comme un facteur important de la stabilité militaire et politique et du développement durable. Nous n'avons pas de divergences idéologiques et de "points douloureux" sérieux dans les relations bilatérales avec les États de la région, que l'on ne pourrait pas régler par la voie du dialogue constructif. Nos partenaires stratégiques dans la région d'Asie – Pacifique, ce sont la Chine, l'Inde, le Viêt Nam intéressés de poursuivre la coopération étroite sous les rapports multiples avec la Russie. On voit le développement dynamique, à la base d'avantages mutuels, des liens avec le Japon, la Corée du Sud, le partenariat de dialogue avec l'Association des pays de l'Asie du Sud-Est (l'ASEAN).

Nous disposons des atouts à proposer pour résoudre des problèmes énergétiques, de transport, scientifiques, technologiques, écologiques de la région, et nos partenaires le comprennent bien. Sans Russie il est impossible d''imaginer d'assurer de la stabilité régionale militaire et politique, les efforts collectifs pour faire face au terrorisme international, la coopération dans le domaine des réactions d'urgence, le dialogue entre les civilisations.

Notre pays occupe les positions solides dans les organisations multilatérales régionales et transrégionales – BRICS, l'Organisation de coopération de Shanghai, le Forum Régional de l'ASEAN (l'ARF) sur la sécurité, la Conférence pour la coopération et les mesures de confiance en Asie (CCMCA), le Dialogue trilatéral (ou trialogue) sur la coopération en Asie, dans le format des "trois" Russie-Inde-Chine. La Russie attache l'importance primordiale au vecteur asiatique de sa politique extérieure dont la preuve est notre adhésion à l'activité du mécanisme des Sommets d'Asie d'Est (EAS) et le Forum de dialogue Asie - Europe (l'ASEM).

Nous attachons l'attention primordiale au développement de la coopération économique, surtout dans les domaines, où nous disposons des avantages évidents. Il s'agit, avant tout, de l'énergie, y compris l'énergie nucléaire, des transports, de la mise en valeur de l'espace.

Les relations commerciales et économiques de la Russie avec les États de la région d'Asie – Pacifique se renforcent, on réalise avec succès les projets bilatéraux de la coopération pratique. On a commencé l'activité de la formation «des alliances de la modernisation» à la base des innovations dans les secteurs d'économie à une haute valeur ajoutée avec la Chine, l'Inde, la Corée du Sud, le Japon, le Singapour, l'Australie. Plusieurs partenaires, y compris ceux de la Corée du Sud, de la Chine, manifestent un grand intérêt au centre d'innovation Skolkovo. Nous avons la coopération avec la Chine et l'Inde dans les domaines de l'énergie nucléaire, l'espace, du secteur des hautes technologies, d'autres domaines. Nous avons l'intention de poursuivre la coopération avec les pays d'Asie – Pacifique dans le secteur d'énergie, y compris dans le développement des sources traditionnelles et alternatives de l'énergie, la création de l'infrastructure pour le raffinage du pétrole et la production du gaz liquéfié. Nous allons réaliser notre potentiel dans le domaine d'utilisation du Système global de navigation spatiale par satellites et de télécommunication (GLONASS).

La croissance économique des régions de la Sibérie et l'Extrême-Orient, c'est la tâche stratégique pour la Russie. Nous sommes persuadés que nos partenaires d'Asie – Pacifique pourront apporter une contribution de poids à la mise en œuvre des projets de grande envergure liés à la réalisation de ces plans à la base d'avantages mutuels. La Sibérie et l'Extrême-Orient russes possèdent un potentiel immense de ressources, d'énergie et d'autres facteurs capable de donner une impulsion puissante au développement ultérieur de notre pays, ainsi que des États d'Asie. Les grandes possibilités existent aussi dans les perspectives du développement accéléré dans ces régions de l'infrastructure de transport liant l'Europe et l'Asie.

Nous attachons une grande importance à la participation à l'activité du Forum de la coopération économique de la région d'Asie – Pacifique (APEC), dont la Russie assure la présidence en 2012. Comme l'a souligné D. A. Medvedev, Président de la Russie, au sommet de l'APEC à Honolulu en novembre dernier, nous allons assurer la succession dans la recherche des solutions des tâches, qui ont été avancés par les USA et les autres pays qui ont présidé le Forum de l'APEC avant nous, et aussi nous allons réaliser pleinement nos propres priorités. On mène déjà ce travail - en décembre 2011 à Saint-Pétersbourg a eu lieu la première rencontre informelle des hauts responsables (Le Conseil des hauts fonctionnaires responsables) de l'APEC où l'on a concerté les priorités de l'activité du Forum en 2012. Parmi elles figurent la libéralisation ultérieure du commerce et des investissements, l'approfondissement de l'intégration économique dans la région, la coopération visant à renforcer le développement d'innovations, le perfectionnement des systèmes logiciels des transports, les garanties de la sécurité alimentaire. À la fin de janvier – en février à Moscou ont eu lieu les séances de certains organes de travail de l'APEC et la première rencontre officielle du Conseil des hauts fonctionnaires responsables de l'APEC.

Nous suivons avec attention les processus de la formation du système des accords sur les zones de libre-échange dans la région de l'Asie – Pacifique, y compris dans le cadre du partenariat économique d'Asie d'Est promu par le Sommet d'Asie d'Est (EAS) et le Partenariat des pays de la région Pacifique. Nous ne restons pas les bras croisés.

Sont entrées dans le stade terminal les négociations sur la conclusion de l'accord sur la zone de libre-échange entre la Russie et la Nouvelle-Zélande qui sera signé de la part de l'Union Douanière Russie – Biélorussie - Kazakhstan. On travaille sur le document analogue avec le Viêt Nam. Dans la perspective proche nous sommes disposés à conclure un accord sur le partenariat du même genre avec l'ASEAN.

En automne 2010 le Président D.A. Medvedev et Hu Jintao, Président de la République Populaire de Chine, ont avancé une initiative conjointe sur la création dans la région d'Asie – Pacifique de l'architecture universelle de sécurité et de développement durable. Les leaders des deux pays ont appelé tous les États de la région d'Asie – Pacifique, dans leur coopération bilatérale et multilatérale dans le domaine de la sécurité, de respecter la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale, ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays de la région; de confirmer leur fidélité au principe de la sécurité égale et indivisible et le caractère défensif de leur politique militaire; de ne pas recourir à la force militaire et de ne pas menacer par des coups de force; de ne pas entreprendre et de ne pas soutenir n'importe quelles actions dirigées au renversement des gouvernements ou à l'atteinte à la stabilité des autres États; de régler les différends mutuels par les moyens pacifiques politiques et diplomatiques à la base des principes de la compréhension mutuelle et de la volonté à la recherche d'un compromis; de renforcer la coopération afin de faire face aux nouvelles menaces non traditionnelles à la sécurité; de développer la coopération bilatérale et multilatérale dans le domaine militaire qui n'est pas dirigé contre les pays tiers et de développer les liens frontaliers et les contacts entre les gens.

Nous sommes persuadés que cette initiative peut devenir l'idée de l'unification pour la région d'Asie -Pacifique. La réaction positive à cette initiative de la part des plusieurs pays influents de la région d'Asie – Pacifique confirme que les principes proposés peuvent devenir la base solide pour élaborer le «le code de conduite» ayant une force juridique obligatoire dans la région. À notre avis, est venu le temps pour examiner le cadre possible politique et juridique de leur réalisation.

L'importance de principe revêt le fait que cette conception de l'architecture régionale est liée étroitement à la conception de «l'équilibre dynamique» avancé par M. Natalegawa, ministre des affaires étrangères de l'Indonésie, dont l'idée maîtresse, c'est la nécessité d'unir les efforts des États d'Asie – Pacifique pour maintenir la sécurité, la stabilité et la prospérité dans la région.

Une piste internationale où l'on pourrait naturellement élaborer la conception intégrale de la sécurité inclusive pour l'Asie d'Est, c'est le mécanisme des Sommets d'Asie d'Est (EAS). Comme l'ont montré les bilans du Sommet d'Asie d'Est (EAS) de Bali qui a eu lieu le 19 novembre 2011, le dialogue des leaders peut contribuer à renforcer l'efficacité et la coordination des efforts multilatéraux des pays de la région, et d'atteindre un effet synergique. À notre avis, seraient conformes aux intérêts communs le développement de la diplomatie de réseaux à niveaux multiples, avec la participation des Sommets d'Asie d'Est (EAS) et des autres organisations et forums régionaux, tels que l'ASEAN, l'Organisation de coopération de Shanghai (l'OCS), l'APEC, le Forum Régional de l'ASEAN (l'ARF) sur la sécurité, la Conférence pour la coopération et les mesures de confiance en Asie (CCMCA), le Forum des ministres de la défense de « l'ASEAN plus », aussi bien que la création dans la région d'Asie – Pacifique des systèmes des partenariats multilatéraux qui se compléteraient. . Le mécanisme des Sommets d'Asie d'Est (EAS) pourrait devenir une "ossature" d'une telle infrastructure de réseaux. Vu la présidence russe au Forum de l'APEC, nous sommes prêts à faire notre possible pour élaborer le mécanisme des liens entre l'EAS et l'APEC.

Nous pensons en général que dans les Sommets d'Asie d'Est (EAS) la composante politique doit prendre une place importante, avant tout il s'agit des problèmes de la sécurité régionale. On doit inclure dans son ordre du jour des problèmes réels d'une grande envergure– les problèmes stratégiques de la coopération en Asie d'Est. Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire que l'EAS s'occupe des sujets qu'il est rationnel de résoudre dans le format bilatéral ou dans le cadre des autres structures spécialisées régionales. Cela non seulement provoquerait des surcharges pour le travail du forum, mais aussi résulterait en apparition des groupements et des lignes de divisions au sein de cette organisation.

Nous attachons l'importance exceptionnelle à la continuation du dialogue et du partenariat de dialogue avec l'ASEAN. Une impulsion puissante a été donnée à son développement par le sommet Russie –ASEAN qui a eu lieu en 2010 à Hanoï. Maintenant nous nous occupons activement de la mise en œuvre des accords atteints, avant tout sur le renforcement de l'interaction dans le domaine de la politique extérieure. Nous nous sommes mis d'accord sur les approches coordonnées aux problèmes du perfectionnement de l'architecture de sécurité et de coopération dans la région d'Asie – Pacifique qui ont été fixées en juillet 2011 dans la Déclaration conjointe des ministres des affaires étrangères. En plus, la Russie se prononce vigoureusement pour le renforcement du rôle central de l'ASEAN dans les processus d'intégration politique et économique dans la région d'Asie-Pacifique.

La compréhension mutuelle au niveau politique sert d'une bonne base pour le développement de la coopération pratique, où nous réalisons le passage des projets séparés à la réalisation des programmes à long terme dans les domaines les plus prometteurs. Notre pays attache l'attention sérieuse à l'intensification de la composante de modernisation et de technologie du partenariat de dialogue avec les "dix".

À l'activité énergique avec les États de la région dans le format multilatéral s'ajoutent les efforts pour développer les liens bilatéraux, afin d'obtenir l'effet multiplicateur de nos actions. C'est sur telles positions que se base l'attitude de la Russie à l'extension et au perfectionnement de tout le spectre des relations avec l'Indonésie – le plus grand État de l'Asie de Sud-Est, membre influent de la communauté internationale.

Avec un grand optimisme nous regardons dans le futur des relations russes-indonésiennes, qui présentent ces derniers temps un haut dynamisme. Nous sommes unis par l'intérêt commun d'assurer la paix durable, la stabilité et le développement stable dans notre maison commune d'Asie et du Pacifique. Moscou et Djakarta partagent l'opinion sur la nécessité des approches collectives unies pour maintenir la sécurité régionale, pour faire face aux défis et menaces nouveau dans la région d'Asie -Pacifique ainsi que dans le monde entier. À la base du partenariat russo-indonésien se trouve le dialogue politique confidentiel.

Le caractère prometteur de la coopération bilatérale est défini par la concordance du cours à la modernisation et le le développement d'innovation des économies adoptés par nos dirigeants. La Russie, et l'Indonésie sont intéressés à accroître la part de la production de haute technologie dans les échanges bilatéraux, par exemple, l'introduction des technologies d'aviation et spatiales russes, les inventions dans le domaine des télécommunications et de la communication spatiale. Les directions perspectives sont la coopération dans les domaines des investissements et de technologie, de l'énergie, y compris la prospection conjointe et l'exploitation des gisements des minéraux, les échanges culturels et humanitaires. Il existe un bon potentiel dans le domaine du développement de l'infrastructure moderne. Notamment, nous examinons le projet de construction sur l'île de Kalimantan de chemin de fer et la possibilité d'utilisation en Indonésie des technologies russes de la navigation spatiale GLONASS. L'année passée le volume des échanges entre la Russie et l'Indonésie a atteint près de $2 milliards, et cela n'est pas une limite. Nous avons l'intention d'augmenter dans les années à venir le volume du commerce bilatéral jusqu'à $5 milliards.

La Russie n'a pas de l'ordre du jour caché dans la région. Notre État n'est pas intéressé par la formation des alliances militaires fermées, menaçant la sécurité de quelqu'un. Au contraire, nous sommes orientés vers l'approfondissement de la coopération multilatérale variée économique et politique avec tous les pays manifestant la volonté de le développer avec nous. La coopération pour la paix, la stabilité et la prospérité commune – voici le principe clé qui définit le vecteur de nos efforts dans la direction d'Asie - Pacifique.

Je salue cordialement les participants et les hôtes de la rencontre des ministres et les chefs des services des transports des pays-membres de l'Organisation de coopération économique de la région de la Mer Noire.

La nécessité créer l'infrastructure de transport efficace, multifonctionnelle, fiable qui répond aux exigences modernes dans la région de la Mer Noire est dictée par les intérêts d'assurer le renforcement progressif des relations bilatérales sous les rapports multiples des États de la Mer Noire et de leurs peuples.

La Russie se prononce d'une façon consécutive pour l'approfondissement de la coopération mutuellement avantageuse des pays-membres de l'Organisation dans le domaine des transports. Nous nous prononçons pour la réalisation des mémorandums pour le développement de l'autoroute circulaire autour de la mer Noire, les grandes routes maritimes, l'allégement des transports par camion d'automobile Pendant la présidence de notre pays dans l'Organisation dans le semestre en cours notre pays a avancé une nouvelle initiative pour le développement des lignes de transportation multimodales de passagers et de cargaisons par le bac, compte tenu des besoins de l'ensemble des États de la région.

Je suis persuadé votre rencontre donnera l'impulsion au renforcement ultérieur de la coopération entre les services des transports des États de l'Organisation de coopération économique de la région de la Mer Noire, contribuera à ce que la Région de la Mer Noire tienne du rôle clé dans le perfectionnement des routes de transport sur l'espace vaste eurasien pour le bien de nos pays et de nos peuples.

Je vous souhaite du succès et du travail fructueux.

Le 21 octobre 2011

Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)

Conseil de l'Europe (CE)

OTAN

Union européenne (UE)

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