11 décembre 201722:35

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la Vivekananda International Foundation, New Delhi, 11 décembre 2017

2407-11-12-2017

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

 

Traduit de l'anglais

 

Mesdames et messieurs,

C'est un grand honneur pour moi de donner le départ à ce projet de la Vivekananda International Foundation associé au nom du grand diplomate russe Alexandre Kadakine. Je voudrais exprimer ma sincère reconnaissance envers nos amis indiens pour la haute estime qu'ils portent à l'activité de notre collègue et les efforts entrepris pour immortaliser sa mémoire, notamment sous la forme d'une conférence à la mémoire d'Alexandre Kadakine.

Alexandre était une personnalité marquante, extraordinaire et un véritable professionnel. Il aimait l'Inde qui est devenue, comme il disait, son karma. Il investissait sans exagération toutes ses forces et son talent dans l'établissement et le renforcement du partenariat russo-indien privilégié.

Les relations diplomatiques entre nos deux États ont été établies il y a 70 ans. Des résultats remarquables ont été atteints en sept décennies. Nous en sommes fiers à juste titre. Nos peuples sont unis par des liens solides et réciproques d'amitié, de sympathie, de confiance et de respect pour nos cultures et traditions. Le dialogue politique évolue de manière dynamique. Les sommets organisés chaque année permettent de "régler nos montres" en toute confiance sur les principales questions de coopération, de définir les repères pour l'avenir. Une base contractuelle juridique solide a été formée et se développe. Des projets de grande envergure ont été lancés dans différents secteurs, de l'énergie à la pharmaceutique. Les Commissions intergouvernementales pour la coopération commerciale, économique, scientifique, technique, culturelle et militaro-technique se réunissent régulièrement et travaillent efficacement.

Dans le même temps nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers, d'autant que le monde continue de changer rapidement. En s'appuyant sur l'expérience accumulée et en la développant de manière créative, nous devons aller de l'avant et chercher de nouveaux domaines de coopération prometteurs, avant tout pour assurer une croissance rapide dans le domaine commercial et des investissements. Il est évident que le montant actuel des échanges ne peut pas être considéré comme satisfaisant pour des États aussi importants que les nôtres. Nous sommes disposés à les augmenter jusqu'à 30 milliards de dollars d'ici 2025. Il est possible d'atteindre cet objectif  en combinant nos avantages concurrentiels naturels, en réalisant des projets communs de grande ampleur, par exemple dans le domaine aérospatial et la construction navale.

Le groupe de travail sur les projets d'investissement prioritaires, qui fonctionne dans le cadre de la Commission intergouvernementale bilatérale, a choisi les 12 projets les plus prometteurs dans les États de Gujarat, de Karnataka et d'Andhra Pradesh, où les compagnies russes investiront dans la construction d'une usine de caoutchoucs butyle, d'équipements d'éclairage, ainsi que dans l'élaboration d'un modèle de "ville intelligente" pour l'Inde. Ces projets dans la lignée du programme "fabriqué en Inde" du Premier ministre Narendra Modi nécessitent la signature rapide d'un nouvel accord intergouvernemental sur la protection réciproque des investissements de capitaux qui tiendrait compte des intérêts des deux côtés.

Moscou partage avec New Delhi son savoir-faire avancé dans le domaine du nucléaire pacifique, contribuant ainsi à la sécurité énergétique de l'Inde. La mise en œuvre du projet phare de centrale nucléaire de Kudankulam se poursuit dans l’État de Tamil Nadu. Le premier réacteur fonctionne, le deuxième a été également remis à l'Inde. Le travail se poursuit sur les réacteurs 3-6. Je rappelle que la "Vision stratégique du renforcement de la coopération russo-indienne dans l'usage pacifique de l'énergie nucléaire", signée en décembre 2014, a fixé une tâche encore plus ambitieuse: construire au moins 12 réacteurs d'ici 2020.

La confiance entre la Russie et l'Inde a atteint un niveau sans précédent dans le domaine de la coopération militaro-technique. Cela concerne aussi bien les fournitures directes que la production conjointe d'armements et de différents équipements militaires. Les experts savent que les propositions russes dans la plupart des secteurs de la coopération militaro-technique sont les meilleures pour l'Inde. Les mesures pour améliorer le service après-vente contribueront à l'augmentation de leur compétitivité. Notre projet commun de missile supersonique BrahMos, qui est le meilleur du monde, reste un sujet de fierté particulière. Nous évoquons des plans d'élaboration conjointe d'autres types d'armement, y compris pour leur promotion ultérieure dans des pays tiers, dans le cadre desquels il est prévu de transmettre à l'Inde des technologies militaires russes.

Les contacts au niveau des régions et des milieux d'affaires apportent également leur contribution aux efforts communs. Dans le cadre du Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin dernier, le Premier ministre indien Narendra Modi a eu un entretien très productif avec le Président russe Vladimir Poutine puis a rencontré les responsables régionaux. Nous apprécions positivement la participation de la délégation indienne dirigée par la Ministre indienne des Affaires étrangères Sushma Swaraj au 3e Forum économique oriental à Vladivostok en septembre, ainsi que les résultats du dialogue d'affaires qui a eu lieu en marge de cet événement.

La Russie a des choses à proposer en matière de formation et de réorientation des cadres professionnels. Plusieurs générations d'ingénieurs et de médecins indiens ont reçu leurs diplômes dans notre pays. Je pense que cette expérience pourrait constituer une base pour la coopération future dans le contexte de la mise en œuvre du programme Skilling India initié par le gouvernement indien. La signature d'un accord intergouvernemental sur la reconnaissance réciproque des diplômes et des degrés dans les spécialités générales et médicales fera significativement augmenter l'efficacité de nos efforts communs dans ces domaines et leur importance concrète pour nos citoyens.

Notre partenariat stratégique privilégié implique une coordination étroite et orientée sur le long terme de nos approches du règlement des problèmes internationaux. Nous apprécions notre coopération sur la scène internationale. La politique étrangère indépendante et responsable de votre pays demeure un facteur important de la garantie de la sécurité et de la stabilité tant sur le plan régionale qu'international. Nous comptons sur la préservation et le renforcement de cet acquis.

A l'Onu et sur différentes plate-formes multilatérales, la Russie et l'Inde prônent continuellement le respect inconditionnel de la Charte de cette Organisation et d'autres principes du droit international, notamment l'intégrité territoriale, l'indépendance, la souveraineté des États, le respect de l'identité culturelle et civilisationnelle des nations du monde, le pluralisme, le droit des peuples à choisir leurs propres modèles de développement politique et socioéconomique. Avec de nombreux autres partenaires, la Russie et l'Inde défendent la justice et la démocratie sur la scène internationale, elles prônent le renforcement du rôle des pays émergents au sein des institutions internationales comme l'Onu, le FMI et la Banque mondiale. Nous continuons d'unir nos efforts pour mettre en œuvre les réformes nécessaires dans différents formats. Aujourd'hui vient de se tenir la 15e réunion des ministres des Affaires étrangères des RIC, groupe qui a été formé à la fin des années 1990 et qui a donné naissance aux Brics. Ce dernier est devenu un acteur influent du G20 notamment par la coopération d'autres participants avec les cinq États des Brics sur la réforme du système monétaro-financier international.

L'adhésion de New Delhi à l'OCS a considérablement renforcé le potentiel politique et économique de l'organisation, notamment sa capacité à stabiliser la situation en Asie centrale et du Sud, ainsi qu'à régler la crise en Afghanistan et dans sa région.

Le renforcement de la coopération russo-indienne pourrait contribuer à trouver des réponses optimales aux nombreux défis en Asie-Pacifique. Nous sommes convaincus qu'il est impossible de créer une architecture de sécurité stable en Asie-Pacifique à l'intérieur d'un bloc isolé. Il faut une base collective ouverte s'appuyant sur les principes d'indivisibilité de la sécurité, de primauté du droit international, de règlement pacifique des litiges, et de non-usage de la force ou de menace par la force. Il est réjouissant que l'Inde ne partage pas seulement nos approches, mais qu'elle participe également de manière active aux discussions sur l'architecture régionale qui ont commencé dans le cadre du sommet de l'Asie orientale. Le mécanisme de dialogue régulier de ce sommet sur le fonctionnement stratégique de la région a été formé à Jakarta au siège de l'ANASE.

La montée en puissance sans précédent du terrorisme international représente une très grave menace pour tous les États sans exception. Il n'est possible de combattre ce mal qu'ensemble, sur la base d'une coalition antiterroriste globale sans deux poids deux mesures ni intentions cachées. Les tâches prioritaires aujourd'hui sont l'élimination de Daech et du Front al-Nosra sous toutes leurs formes, la lutte contre le déplacement transfrontalier des combattants terroristes étrangers et contre la propagation de l'idéologie terroriste qui alimente les sentiments radicaux. Pendant le sommet de l'Asie orientale à Manille le 14 novembre a été adoptée une déclaration sur la lutte contre les défis idéologiques du terrorisme, des idées terroristes et la propagande du terrorisme à l'initiative de la Russie. Nous comptons sur la poursuite de la coopération en ce sens avec nos partenaires indiens.

Il est évident qu'il est impossible d'assurer le bien-être de tous les peuples qui vivent dans le vaste espace eurasiatique sans garantir l'indivisibilité de son développement économique. Ce développement doit être réellement global, sans blocs commerciaux fermés subjectivement en contradiction avec le système de commerce mondial à l’œuvre dans le cadre de l'OMC. En juin 2017, le Président russe Vladimir Poutine a suggéré de créer une architecture économique complètement nouvelle en Eurasie où les associations d'intégration sous-régionales avanceraient progressivement vers la libéralisation du régime commercial et d'investissement entre leurs membres. Cette initiative résulte de la volonté de plusieurs pays et groupes de créer des mécanismes de libre-échange avec l'Union eurasiatique. L'Inde fait partie de ceux qui entameront ces négociations le mois prochain.

A la prochaine étape, il est prévu d'élargir ce processus pour y faire adhérer les pays de l'Union économique eurasiatique (UEE), de l'OCS, de l'ANASE et de l'UE (pourquoi pas?) s'ils décidaient que la promotion de leurs intérêts économiques était prioritaire. Au final pourrait être créé un Grand Partenariat eurasiatique. Je suis certain que les organisations de coopération régionale qui existent en Asie du Sud pourraient également tirer profit de la participation à ce partenariat.

Mesdames et messieurs,

Toutes les prémisses sont réunies pour un déploiement encore plus complet du potentiel réellement inépuisable que représente le partenariat stratégique russo-indien grâce à l'expérience accumulée, la volonté politique et nos priorités similaires. Les gouvernements de nos pays sont convenus des mesures qui contribueront au développement optimal de nos pays. Mais nos efforts doivent s'ajouter au dialogue au niveau de la diplomatie populaire, des milieux scientifiques et d'experts. Je suis certain que les politologues russes et indiens seront à même de proposer les idées les plus audacieuses et réalistes pour développer notre partenariat stratégique privilégié.

Une conférence (dont monsieur Gupta a déjà parlé) a été organisée en octobre dernier à Moscou grâce aux efforts communs du Conseil russe pour les affaires internationales et de la Vivekananda International Foundation. A l'ordre du jour figurait la stratégie des relations russo-indiennes et le changement de l'ordre mondial. Je pense que le dialogue sur ces questions doit avoir lieu régulièrement. Les réponses aux nombreuses questions très complexes pour le monde contemporain nécessitent des solutions communes.

Pour conclure, je voudrais remercier une nouvelle fois le Vivekananda International Foundation pour sa contribution à ces efforts, notamment par l'organisation des Lectures Kadakine.

Question: Votre excellence, ma question concerne les événements sur la scène internationale. La création du format RIC regroupant la Russie, l'Inde et la Chine a donné vie à une idée de longue date qu'Evgueni Primakov avait proposée. A son époque, un tel mécanisme de coopération ne semblait pas du tout prometteur. Aujourd'hui, la Chine s'est transformée en force dominante du point de vue de l'économie et du potentiel militaire. L'Inde ne connaît aucun problème dans ses relations avec Pékin, mais nous avons des problèmes avec la Chine: la question nucléaire, un litige territorial, le problème de déficit de la balance commerciale. D'après vous, ce format a-t-il de l'avenir?

Sergueï Lavrov: Si vous m'aviez posé cette question après la première réunion, j'aurais peut-être réfléchi. Mais à présent, alors que la 15e vient de s'achever, je pense que la réponse est évidente. D'ailleurs, la réunion d'aujourd'hui s'est terminée par un déjeuner où la Ministre indienne des Affaires étrangères Sushma Swaraj a porté un toast à l'amélioration des relations non seulement entre l'Inde et la Chine, mais également entre l'Inde et le Pakistan. Nous nous réjouirions tous du règlement de tous les différends et divergences, y compris des problèmes que vous avez mentionnés. Je pense qu'au sujet des solutions, le prochain à parler devrait être le Ministre chinois des Affaires étrangères.

Question: La position de l'Inde et de la Russie coïncide sur ce qui doit être fait en Afghanistan. Mais il semble y avoir une divergence sur les moyens d'assurer la paix et la stabilité dans le pays. On a l'impression que la Russie adopte une approche relativement souple par rapport aux talibans. Cela semble être le problème primordial de l'Afghanistan. On remarque de plus en plus une différence entre Daech et les talibans, même si au fond Daech en fait partie en Afghanistan. Pourquoi la Russie a-t-elle une telle attitude envers les talibans?

La Russie a l'intention de se joindre au projet de couloir économique sino-pakistanais, du moins c'est ce que dit le Pakistan. Les Chinois sont évidemment conscients de la possibilité de perdre une partie de leurs investissements au Pakistan. La Russie a-t-elle estimé ces éventuelles pertes?

Sergueï Lavrov: J'ai l'impression que vous avez été victime d'un puissant traitement de propagande. Par rapport aux talibans, il n'a jamais existé de preuves ou de faits de leur soutien par la Russie, comme l'affirment certains représentants américains, ou même que nous les ayons armés. Nous sommes entrés en contact avec les talibans seulement pour deux raisons: quand nos citoyens ou les citoyens de nos alliés étaient en danger et que nous avions besoin de les faire sortir, et pour persuader les talibans de s'asseoir à la table des négociations. Nous soulignons toujours qu'ils ne peuvent se joindre aux négociations qu'à condition de respecter les critères fixés par le Conseil de sécurité des Nations unies. Ils doivent renoncer à l'activité terroriste, à la violence, rompre les relations avec d'autres organisations terroristes et agir dans le cadre de la Constitution afghane.

Les attaques critiques des Américains ont lieu depuis longtemps. Récemment, j'ai entendu un représentant américain dire que nous appelions les talibans à participer aux négociations sans respecter de critères. A vous de tirer vos propres conclusions. Je ne pense pas que la nouvelle stratégie des USA pour l'Afghanistan, récemment annoncée et mettant l'accent sur l'usage de la force contre ceux qui ne coopèrent pas et participent à la violence, puisse fonctionner. Les 16 années de présence de l'immense armée de l'Otan n'ont permis de vaincre ni l'extrémisme ni le terrorisme, ni de régler le problème du trafic de stupéfiants qui a atteint cette année une ampleur sans précédent.

Après le 11 septembre 2001, la production d'opium et d'héroïne a été multipliée par quatre, voire plus. Il faut comprendre et reconnaître que tout cela alimente l'activité terroriste. Il faut également comprendre que sans précurseurs, la production de drogue serait impossible. Les précurseurs sont principalement livrés d'Europe. Il faut assurer la formation d'un front antiterroriste commun où il n'y aurait pas de place pour la tromperie ou le deux poids deux mesures, pour combattre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations - le financement du terrorisme, le trafic de stupéfiants qui alimente le terrorisme, l'idéologie terroriste et ainsi de suite.

A une époque il existait le format 6+1 sur l'Afghanistan. Les talibans étaient alors au pouvoir dans ce pays. Le groupe s'est réuni plusieurs fois. Il était utile de voir ce que pouvaient faire ensemble certains États voisins de l'Afghanistan avec la Russie, les USA et, évidemment, l'Onu compte tenu de la situation dans le pays. Depuis, la situation a changé. Un gouvernement légitime est au pouvoir à Kaboul. Bien sûr, la manière dont ce gouvernement a été formé - , comment les élections s'y sont déroulées, qui a gagné, qui a annoncé le recompte des voix et les résultats - est discutable.

Comme on peut également discuter du rôle des forces extérieures dans la création de ce système politique concret de l'Afghanistan. Il est impossible d'assurer le fonctionnement durable d'un système imposé de l'extérieur. On l'a vu sur l'exemple de l'Afghanistan où grandissent les problèmes politiques intérieurs. C'est également visible sur l'exemple du Yémen où un accord a été convenu par les forces extérieures et imposé au pays. Vous connaissez vous-mêmes le résultat. Puis il y a eu le "quartet" Pakistan-Afghanistan-Chine-USA. Ils se sont rencontrés plusieurs fois, puis les réunions ont cessé. Aujourd'hui ils songent à les relancer. Puis il y a eu le processus de Kaboul qui, à l'étape actuelle, me paraît trop large. Il convient pour la mobilisation du soutien afin de reconstruire le pays, mais un groupe de pays moins nombreux est nécessaire pour trouver des solutions à la crise politique et passer de la violence aux négociations.

Nous pensons qu'aux négociations doivent être représentés tous les participants au format 6+1, ainsi que tous les pays d'Asie centrale. Parce que tous ces pays, pas seulement l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan qui sont frontaliers avec l'Afghanistan, mais également tous les autres pays d'Asie centrale, ressentent sur eux les conséquences négatives des événements en Afghanistan. Nous avons convoqué une réunion en ce format en l'appelant processus de Moscou. Malheureusement, les Américains n'ont pas accepté l'invitation. Nous ignorons pourquoi. Au lieu de cela ils s'occupent à nouveau du format 6+1.

Je suppose qu'il est impossible de régler la situation sans la présence de toutes les parties à la table des négociations: du gouvernement, des talibans et de tous ceux qui pourraient influencer la situation, y compris les pays voisins. La Russie a réussi à organiser plusieurs de telles réunions, et ceux qui y ont participé ont noté leur utilité. A présent, avec l'adhésion à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) de l'Inde et du Pakistan les réunions du groupe de contact OCS-Afghanistan ont repris leur travail. La réunion a eu lieu en octobre à Moscou. La prochaine est prévue pour début 2018 et se tiendra en Chine. Bien sûr, nous saluons l'initiative de l'Inde de recevoir la réunion du groupe de contact à New Delhi.

Il y avait également une question sur le couloir économique sino-pakistanais. Vous savez, nous avons nos propres couloirs. La Russie possède un immense territoire et nous n'avons pas besoin de couloirs ailleurs. Il faut développer ses propres couloirs au lieu de créer des concurrents pour eux. Mais il ne faut pas oublier le contexte global du développement économique de l'Eurasie. Le Kazakhstan est prêt à ouvrir son territoire, l'Azerbaïdjan souhaite créer des couloirs pour relier l'Asie centrale à la région Caspienne, et la Chine promeut un concept que la Russie trouve très intéressant et qui nécessite une mise au point supplémentaire dans le contexte de l'établissement de relations harmonieuses dans le domaine du commerce, des investissements, du transport et de la logistique sur le continent eurasiatique. Je sais que l'Inde a des problèmes avec l'initiative "Une ceinture, une route", et nous en avons parlé aujourd'hui. Mais la présence de certaines divergences politiques ne doit pas mettre en péril tout le reste. L'Inde est membre de l'OCS au même titre que la Russie, la Chine et pratiquement tous les pays d'Asie centrale. Pratiquement tous ces pays ont déjà signé avec la Chine un accord de coopération dans le cadre de l'initiative "Une ceinture, une route". La Russie et d'autres membres de l'Union économique eurasiatique ont signé avec la Chine un accord de coopération économique. Ce sont tous des faits, des initiatives concrètes qui auront une suite. Je suis certain à 100% que l'Inde ne manque pas de diplomates et de politiciens doués pour trouver un moyen de tirer profit de ce processus sans pour autant faire de concessions sur les questions fondamentales.

Question: Pourquoi la Russie et certains de vos collègues du Conseil de sécurité des Nations unies ne s'empressent pas d'accuser le Pakistan de sponsoriser le terrorisme? Il existe suffisamment de preuves d'encouragement du terrorisme ou de dualité du pays concernant le terrorisme. Pensez-vous que le Pakistan peut être qualifié de pays-sponsor du terrorisme?

Sergueï Lavrov: Il n'existe pas de liste de l'Onu d'Etats-sponsors du terrorisme. Les USA ont une telle liste et ils l'utilisent à leur guise. Mais il n'y a pas de liste d'Etats-sponsors du terrorisme à l'Onu. Le Conseil de sécurité des Nations unies prend des décisions pour inscrire des organisations concrètes sur la liste des organisations terroristes. En regardant les documents du Conseil de sécurité des Nations unies et la déclaration adoptée à l'issue du sommet des Brics en septembre 2017 en Chine, vous verrez la liste des organisations considérées par tout le monde comme terroristes. Cette information vous sera utile.

Quoi qu'il en soit, nous voulons tous éradiquer le terrorisme en Afghanistan, au Pakistan et dans tous les autres pays. Oui, nous comprenons que le Pakistan souhaite se débarrasser des organisations terroristes qui utilisent le territoire du pays. Nous sommes prêts à soutenir les autorités du Pakistan en ce sens. Je pense que tout le monde doit agir dans ce sens.

Question: Dans quelle mesure la Russie est-elle prête à partager les technologies dans le cadre de la coopération militaro-technique?

Sergueï Lavrov: Comme je l'ai dit pendant mon allocution, au fur et à mesure de l'approfondissement de la coopération militaro-technique sera intensifiée l'échange de technologies. J'ignore s'il faut que j'entre dans les détails. Vous n'êtes pas par hasard le représentant d'une compagnie concurrente?

Question: Le chasseur de 5e génération pour l'armée de l'air et le ministère de la Défense a été récemment présenté. On a l'impression qu'il existe des doutes sur ce projet. La Russie a-t-elle reçu une telle information concernant le chasseur de 5e génération de la part du gouvernement indien?

Sergueï Lavrov: Des informations sur quoi?

Question: Que le gouvernement indien a des doutes sur ce projet. Après tant d'années d'investissements pouvez-vous dire si le second sous-marin du projet 971 Chtchouka-B (Akula) sera finalement remis à l'Inde?

Sergueï Lavrov: Premièrement, ces questions ne sont pas posées à la bonne personne. Si vous voulez assouvir votre curiosité, je dois dire avec regret que le débat de cette question ne fait pas partie de l'agenda de cette activité. Je peux seulement dire que si nos pays ont passé un accord sur un projet, que ce soit dans le domaine de la coopération militaire, militaro-technique, économique, logistique ou autre, un tel projet sera réalisé. Mais si aucune des parties n'est intéressée, personne n'a l'intention de tordre les bras à qui que ce soit.

Documents supplémentaires

Photos

Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)

Conseil de l'Europe (CE)

OTAN

Union européenne (UE)

x
x
Outils supplémentaires de recherche