30 mai 201618:07

Allocution du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la réception tenue à l'occasion de la Journée de l'Afrique, Moscou, le 30 mai 2016

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Vos Excellences,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

Nous sommes heureux de vous saluer à l'occasion de cette réception annuelle pour la Journée de l'Afrique.

Le 25 mai, nous envoyons traditionnellement aux chefs d’État africains des messages de salutation du président russe Vladimir Poutine, qui apprécie grandement les réformes socio-économiques menées sur le continent, souligne le rôle croissant de l'Afrique dans la résolution des problèmes d'actualité et confirme la volonté russe de poursuivre le renforcement de l'amitié et de la coopération avec les pays du continent africain.

Il est difficile de surestimer l'importance de la création, en 1963, de l'Organisation de l'unité africaine qui a précédé l'Union africaine actuelle. Cette date a été un point crucial sur la voie de l'affirmation des États d'Afrique en tant qu'acteurs à part entière des relations internationales. Elle a contribué au développement de processus socio-économiques et politiques positifs dans la région. Comme l'on sait, notre pays s'est toujours prononcé pour la liberté des peuples africains et a soutenu leur lutte courageuse pour l'indépendance et la délivrance du joug colonial.

Aujourd'hui, l'Afrique consolide progressivement son rôle de pilier au sein de la structure multipolaire en cours de formation. La Russie soutient la volonté des Africains de jouer un rôle déterminant dans le développement de leur propre continent.

Nous remarquons avec plaisir le dynamisme positif de l'intégration politique et économique en Afrique, qui est une condition essentielle du mouvement du continent vers une trajectoire stable de développement. Nous avons intérêt à poursuivre le développement de nos liens avec les unions africaines et les organisations subrégionales du continent. Nous avons déjà évoqué en détail ces questions avec Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'Union africaine, lors de son déplacement à Moscou en avril dernier.

Nous apprécions grandement la volonté des pays africains de chercher conjointement des solutions aux problèmes actuels en s'appuyant sur les principes du droit international et sur le rôle central et coordinateur de l'Onu. Nous saluons la volonté qu'affichent les Africains de combattre de manière concertée les défis globaux tels que le terrorisme international - dont nous déplorons une percée sans précédent aujourd'hui dans de nombreux pays du continent.

Il est évident que le progrès socio-économique de l'Afrique est intrinsèquement lié à la paix et la stabilité. Dans ce contexte, les tensions constantes au Soudan du Sud, au Mali, en République démocratique du Congo, en Somalie et au Burundi suscitent une préoccupation considérable en Russie. Il est aujourd'hui crucial de maintenir l’État libyen en favorisant une vraie réconciliation nationale, l'arrêt des interventions dans les affaires intérieures du pays et la prévention de sa transformation en foyer terroriste.

Nous soutenons les efforts africains visant à prévenir et régler les conflits, notamment par la création des bases de la sécurité collective et d'un potentiel de maintien de la paix proprement africain. De notre côté, nous sommes prêts à élargir notre coopération dans le cadre de la lutte contre les menaces communes telles que l'extrémisme national et religieux ou la piraterie.

Nous accordons une importance particulière à la diversification et au renforcement futur des liens économiques russo-africains, qui ont un potentiel très prometteur. De grandes entreprises russes sont prêtes à élargir leur présence sur le continent africain et étudient la possibilité de prendre part à de nouveaux projets d'infrastructure de grande envergure. Nous poursuivons avec nos partenaires africains la mise en œuvre du programme "dette contre développement". Il existe sur le marché russe un régime spécial favorisant au maximum les exportations traditionnelles de certains pays africains.

La formation de cadres nationaux reste également un élément important de notre coopération. Les universités russes accueillent chaque année de plus en plus d'étudiants africains: il s'agit actuellement de plus de 10 000 personnes, dont la moitié font leurs études aux frais du budget fédéral de la Fédération de Russie.

Nous sommes reconnaissants envers les pays africains d'avoir émis un avis si favorable sur la contribution russe à l'élimination de l'épidémie du virus Ebola lors du sommet de l'Union africaine en janvier 2016. Notre pays a débloqué plus de 60 millions de dollars pour la lutte contre cette maladie dangereuse. Nous poursuivrons nos efforts dans la prévention des pandémies sur le continent africain.

Nous accordons une attention particulière à l'aide humanitaire en direction des pays africains souffrant de crises et de conflits militaires, de cataclysmes naturels et de catastrophes anthropiques.

Nous poursuivrons notre soutien à l'Afrique dans tous ces domaines sur une base bilatérale et au sein des organisations multilatérales telles que l'Onu, le G20 ou le groupe des Brics.

 Je suis convaincu que l'approfondissement de notre partenariat, qui s'appuie sur des traditions anciennes d'amitié ainsi que les principes d'égalité des droits et de respect mutuel, est dans les intérêts de nos peuples. Il favorise le renforcement de la sécurité et de la stabilité tant au niveau régional que global.

Pour conclure, je voudrais encore une fois vous féliciter à l'occasion de cette fête, vous souhaiter une bonne santé, des succès professionnels et du bonheur pour vos familles et vos proches.

Bonne Journée de l'Afrique!

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