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Réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en marge du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC), Lima, 17 novembre 2016

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Question: Le Président américain Barack Obama vient d'annoncer qu'il suggérera à son successeur Donald Trump de poursuivre la confrontation avec la Russie sur les dossiers ou Moscou, selon lui, bafoue le droit international. Que pensez-vous de ce conseil?

Sergueï Lavrov: C'est regrettable car quand on termine son mandat présidentiel il vaut probablement mieux répondre aux questions et donner des conseils positifs pour le règlement des problèmes intérieurs de l'Amérique (ils sont nombreux) et le développement des relations extérieures. Je pense qu'il ne sera pas possible d'assurer une continuité sur des aspects négatifs.

Pendant leur entretien téléphonique, le Président russe Vladimir Poutine a évoqué avec le Président américain nouvellement élu Donald Trump la situation des relations russo-américaines, et ils ont noté qu'elles étaient pires que jamais. C'est de là qu'il faut partir, probablement. Si le Président américain Barack Obama souhaite que cela continue, je suis certain que cela n'est pas dans l'intérêt du peuple américain et ne contribue pas du tout au règlement des problèmes mondiaux car beaucoup de choses dépendent des relations entre nos deux pays. Le Président américain Barack Obama se contredit. Pendant ses contacts avec le Président russe Vladimir Poutine, il soulignait le caractère indispensable de nos relations pour régler les principaux problèmes comme la question syrienne et la situation générale au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

D'ailleurs, quand le Président Barack Obama a prononcé cette phrase (c'était en Allemagne, je crois), il a dit qu'il conseillait à Donald Trump de faire la différence entre l'"ivresse" de la campagne, les émotions électorales, et le travail pratique réel qui vient après l'élection. J'ai l'impression que le Président américain Barack Obama a une approche émotionnelle de la situation et songe de moins en moins au règlement des problèmes concrets. C'est logique car son mandat arrive à terme. Mais j'espère que le bon sens prévaudra. Le Président américain Barack Obama a montré plus d'une fois qu'il pouvait adopter une approche sensée face à une situation concrète. J'espère qu'il transmettra tout de même à la nouvelle administration cette partie de son héritage. En ce qui concerne les relations qui s'établiront entre nous et les USA après le 20 janvier 2017, c'est Donald Trump qui jouera un rôle déterminant.

Question: La situation en Syrie est-elle le thème principal de votre entretien à venir avec le Secrétaire d’État américain John Kerry? Arrivera-t-on à un résultat?

Sergueï Lavrov: Nous avons un agenda bien plus large. La Syrie sera l'une des principales questions. Nous sommes affligés par la manière dont se déroulent nos contacts. Nous n'affichons pas particulièrement ce thème, néanmoins nous avons des contacts à Genève au niveau des militaires avec la participation de spécialistes de plusieurs pays du Moyen-Orient directement impliqués dans le conflit syrien en soutenant l'opposition. Les contacts mènent à des résultats mais tout bute toujours sur le même problème qui n'a pas permis aux Américains de remplir leur accord avec nous: la séparation entre l'"opposition modérée" et le Front al-Nosra. Les preuves sont de plus en plus nombreuses et nous ne pouvons pas nous défaire de l'impression que domine la volonté de préserver le Front al-Nosra comme la force la plus efficace opposée au Président syrien Bachar al-Assad alors qu'elle est inscrite sur toutes les listes terroristes des USA, de la Russie et de l'Onu. Néanmoins, nous essaierons de trouver des solutions dans cette situation. Je pense que le Secrétaire d’État américain John Kerry y est sincèrement intéressé. Nous espérons que les militaires et les renseignements américains qui participent actuellement à ce travail prendront la bonne trajectoire et verront la priorité principale: Daech et le Front al-Nosra sont une menace commune pour tous. Le reste est secondaire et peut attendre.

Question: Y a-t-il des chances d'un redémarrage complet des relations USA-Russie grâce à Donald Trump?

Sergueï Lavrov: Je ne voudrais pas inventer de nouveaux termes et coller des étiquettes. C'était un entretien professionnel. Les deux présidents ont évoqué par téléphone l'état général de nos relations aussi bien du point de vue de la coopération bilatérale que de la coopération pour régler les problèmes régionaux et internationaux. Leur disposition politique est clairement présente. Il existe une entente politique réciproque. Quand Donald Trump prendra officiellement ses fonctions la tâche consistera à traduire cette vision en actes. Nous y sommes prêts.

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