19 juin 201711:15

Réponse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pendant la conférence de presse conjointe des ministres des Affaires étrangères des Brics, Pékin, 19 juin 2017

1204-19-06-2017

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

Question: L'un des principaux défis auxquels la communauté internationale doit faire face est le terrorisme. Les pays des Brics peuvent-ils consolider leurs efforts vis-à-vis de la crise syrienne? Peut-on envisager un mécanisme de suivi du cessez-le-feu, notamment dans les zones de désescalade en cours de formation, par les représentants de ces pays? Hier les USA ont pris le contrôle du poste frontalier syrien d'al-Tanf au sud du pays. Pensez-vous que le renforcement du rôle des USA sans l'accord du gouvernement syrien peut compliquer le processus de paix?

Sergueï Lavrov: Les pays des Brics sont unanimes quant à la nécessité d'accroître l'efficacité de la lutte contre le terrorisme. Ils disposent d'un groupe de travail pour combattre le terrorisme qui s'est déjà réuni à deux reprises et dont le potentiel est considérable. Il faut mener ce travail au format interministériel. Nous sommes d'accord sur le fait que les ministères des Affaires étrangères et les structures compétentes assurant la lutte contre le terrorisme, la prévention des attentats et les échanges d'informations doivent participer à ce travail.

Il est clair que le problème du terrorisme international ne peut pas être réglé à cinq, c'est pourquoi nous partons de la nécessité de fournir des efforts bien plus larges. Je rappelle l'initiative du Président russe Vladimir Poutine de former un front antiterroriste universel. Cette idée est toujours d'actualité. J'espère que les récentes décisions de l'Assemblée générale des Nations unies à partir des propositions du Secrétaire général Antonio Guterres de créer un bureau spécial pour coordonner tous les programmes de l'Onu de lutte contre le terrorisme contribuera à progresser en ce sens. La Russie participera activement à ce travail.

En ce qui concerne le processus de paix en Syrie, tous les pays des Brics prônent la mise en œuvre de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous avons entendu aujourd'hui - et nous les en remercions - les hautes appréciations de nos collègues et amis des efforts entrepris par la Russie, y compris avec la Turquie et l'Iran dans le cadre du processus d'Astana. Une nouvelle réunion aura lieu à Astana le 10 juillet. L'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura y participera. C'est durant cette réunion que les parties ont décidé de terminer la mise au point des paramètres concrets et des modalités pour garantir le régime qui doit être instauré dans les zones de désescalade et le long de leur périmètre. Comme vous le savez, quand cette initiative a été proposée pendant la dernière réunion d'Astana le 4 mai, le mémorandum adopté stipulait que les pays garants (Russie, Turquie, Iran) salueraient l'adhésion à ce processus d'autres pays souhaitant contribuer à la mise en œuvre de cette initiative.

Quant à ce qui se passe en Syrie sur le terrain, nous partons évidemment du fait qu'il faut respecter à part entière la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie, comme le prévoient la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et d'autres documents de l'Organisation. Toute action sur le terrain - et on sait que de nombreux acteurs participent aux activités militaires - doit être convenue avec Damas. C'est ainsi que nous procédons avec la Turquie et l'Iran en promouvant le processus d'Astana. Nous nous mettons d'accord avec le gouvernement syrien sur toutes nos initiatives et propositions. Nous estimons que tout le monde doit agir de la sorte, d'autant plus quand il est question d'occupation de territoires en Syrie - surtout que sur certains, on peut se poser des questions sur les véritables intentions de ceux qui les occupent.

Nous appelons les USA et tous ceux qui disposent de forces et conseillers sur le terrain à garantir la coordination de notre travail. Les zones de désescalade sont l'une des éventuelles solutions pour progresser ensemble. Nous invitons tout le monde à éviter des actions unilatérales et, je souligne, à respecter la souveraineté de la Syrie et à se joindre à notre travail commun, qui est convenu avec le gouvernement syrien.

 

 

 

 

Documents supplémentaires

Photos

x
x
Outils supplémentaires de recherche