14 mai 201722:30

Extrait de l'interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'émission analytique et d'information Vremia, diffusée le dimanche sur Pervy Kanal, Pékin, 14 mai 2017

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Question: Cet entretien avec le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson n'a duré que 40 minutes, alors que votre rencontre à Moscou avait duré 1 heure 40 minutes. Néanmoins, de toute évidence, cette courte plage vous a permis d'obtenir rapidement les résultats escomptés. En particulier, vous avez déclaré que beaucoup de conversations s'étaient portées sur la Syrie, que les Américains étaient des hommes d'action. De quelle action parle-t-on, pour être plus précis? Pouvez-vous commenter les détails de cet entretien?

Sergueï Lavrov: Premièrement, la visite de Rex Tillerson à Moscou était importante car il s'agissait du premier contact direct entre les chefs de diplomatie, qui s'est conclu par un entretien avec le Président russe Vladimir Poutine. Étant donné que c'était le premier contact nous avons passé beaucoup de temps à évoquer les questions à l'ordre du jour de nos relations concernant les liens bilatéraux et les différents dossiers régionaux et internationaux. La visite à Washington faisait suite à l'entretien entamé à Moscou. Nous avons travaillé pendant près de deux heures avec Rex Tillerson, puis pendant un peu moins d'une heure à la Maison blanche où nous avons évoqué la Syrie avec le Président américain Donald Trump (comme je l'ai déclaré pendant la conférence de presse à Washington), avant tout du point de vue des acquis de l'an dernier, poursuivis avec la nouvelle administration.

Le but est que chacun de nos pays, avec d'autres grands acteurs au Moyen-Orient comme la Turquie, l'Iran et les pays du Golfe, influence les différentes parties syriennes pour les inciter à respecter la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui exige des négociations, l'élaboration d'une nouvelle Constitution et la préparation des élections. Nous sommes d'accords avec les Américains sur ce point. En revanche, il est plus facile de s'entendre sur ce genre de choses que de les mettre en pratique, compte tenu de la présence sur le terrain en Syrie de nombreux acteurs - avant tout les parties syriennes, Daech, le Front al-Nosra et ceux qui collaborent avec ce dernier. D'où l'importance primordiale de la fameuse séparation entre les différentes forces que nous avions convenue avec l'administration de Barack Obama - qu'elle a été incapable de mettre en œuvre.

Désormais nos conversations se concentrent sur l'initiative de Donald Trump avancée à l'étape précoce de sa présidence, c'est-à-dire la mise en place de zones de sécurité ou de désescalade où aucune opération militaire ne serait menée - hormis contre les terroristes qu'il faut chasser s'ils sont présents - et où la population civile pourra se sentir en sécurité. Comme vous le savez, pour faire suite à cet accord nous avons mis au point il y a quelques jours à Astana avec la Turquie, l'Iran, le gouvernement syrien et l'opposition syrienne un mémorandum établissant de telles zones, pour commencer dans quatre régions syriennes, en prévoyant d'étendre cette pratique sur le reste du territoire syrien.

Question: Sur la photo qui, s'avère-t-il, avait été initialement prévue nous pouvons vous voir avec le Président américain Donald Trump vous saluant cordialement. Il y a encore deux mois certains déclaraient que les relations entre la Russie et les États-Unis étaient pires que pendant la Guerre froide. Tout a-t-il changé si rapidement? Comment le Président s'est-il conduit?

Sergueï Lavrov: Jamais, ni pendant la campagne ni après son élection, Donald Trump n'a déclaré qu'il souhaitait avoir de mauvaises relations avec la Russie. Au contraire, il disait être disposé à avoir avec tous les pays, y compris la Fédération de Russie, des relations normales et réciproquement respectables s'appuyant sur les intérêts communs de bonne foi. Ces intérêts communs sont avant tout la lutte contre le terrorisme. D'après moi, la cohérence du Président américain Donald Trump n'a jamais été enfreinte.

Question: Avez-vous évoqué avec lui la démission du directeur du FBI James Comey?

Sergueï Lavrov: Non. Cette question ne nous concerne pas, c'est sa prérogative.

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