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Discours du Ministre

9 août 201917:38

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, en marge du forum panrusse de l'éducation et de la jeunesse "Le Territoire des sens", Solnetchnogorsk, 9 août 2019

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Aujourd'hui, notre conférence de presse se tient à l'extérieur. Je trouve que c'est une très bonne chose. L'été est la saison des voyages.

Comme je l'avais promis, je vous ai invités ici aujourd'hui et nous nous rencontrons dans la ville de Solnetchnogorsk. Vous le savez, nous organisons régulièrement des conférences de presse délocalisées dans les régions russes. Nous nous rendons dans différentes régions, y compris lointaines, mais nous n'avions encore jamais visité la région la plus proche de Moscou pour une conférence de presse à l'extérieur. Nous avons décidé d'y remédier et de profiter de l'invitation du forum de l'éducation "Le Territoire des sens" pour venir dans une région qui m'est très proche personnellement: la région de Moscou.

Nous nous trouvons au lac Senej, une zone écologique remarquable. Des forêts nous entourent, c'est beau.

Le forum panrusse de l'éducation et de la jeunesse "Le Territoire des sens" s'y déroule du 5 juillet au 20 août.

Nous organisons ici une rencontre avec les journalistes, mais aussi avec des invités et des participants au forum après la conférence de presse.

"Le Territoire des sens" est un forum panrusse d'éducation et de jeunesse qui a lieu chaque année depuis 2015 à l'initiative de l'Agence fédérale de la jeunesse (Rosmolodej) et est destiné aux jeunes gens entre 18 et 30 ans. Auparavant, il était organisé dans le village de Dvoriki (district de Kamechkovo, région de Vladimir) près de la rivière Kliazma. A partir de cette année, pour la première fois, nous avons choisi un endroit tout aussi beau: le lac Senej de Solnetchnogorsk, dans la région de Moscou.

Je me permets une petite remarque. Il s'agit également de ma région natale. Nous avons fait venir ici des correspondants étrangers, notamment pour leur montrer cette région. La conférence de presse d'aujourd'hui est particulièrement importante pour moi.

En ce qui concerne "Le Territoire des sens", c'est un atelier créatif unique, une plateforme de communication offrant à tous les jeunes de toutes les régions de notre pays, qui veulent réellement changer la vie pour le mieux et participer réellement aux changements, la possibilité de dévoiler leur potentiel créatif et de lui trouver une application dans les domaines concrets de notre vie, de présenter leurs propres élaborations et de prendre connaissance de celles des autres.

 

Les liens internationaux et économiques extérieurs de la région de Moscou

 

La région de Moscou fait partie des sujets de la Fédération de Russie affichant la plus grande dynamique de développement. Cela est lié non seulement à sa situation géographique, sa proximité immédiate avec la capitale, mais également et avant tout aux efforts continus des autorités de la région pour sa modernisation globale.

La région de Moscou se distingue par son grand potentiel de recherche scientifique. Sur 30 cités scientifiques russes, huit se trouvent ici. La plupart sont aujourd'hui très connues en Russie et à l'étranger.

Les liens économiques extérieurs internationaux s'élargissent et s'approfondissent tant bien avec les pays d'Europe que d'Asie. Depuis plusieurs années, un grand nombre de grandes entreprises étrangères travaillent efficacement dans la région. La mise en œuvre de projets d'affaires communs prometteurs se poursuit. Le gouvernement de la région de Moscou organise régulièrement des visites de délégations d'entrepreneurs étrangers dans les municipalités de la région de Moscou afin d'analyser les possibilités d'implantation d'entreprises.

La région de Moscou entretient des relations avec des partenaires de plus de 30 pays dont l'Allemagne, la France, l'Italie, la Chine, le Belarus, le Japon et la Corée du Sud.

Il existe plus de 20 accords internationaux de coopération de la région de Moscou dans les domaines d'activité commercial, économique, scientifique, technique et social avec les régions du Belarus, de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie, de la Macédoine du Nord, de la Chine et de la Moldavie (Gagaouzie).

Les municipalités de la région sont membres de la Fédération mondiale des cités unies (villes jumelées). Cette structure est présidée par le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiev. Plus de 150 accords ont été signés sur l'établissement de liens jumelés entre les municipalités de la région et les communes de 30 pays du monde, notamment en Abkhazie, en Arménie, en Italie, au Kazakhstan, en France et en République tchèque.

La région occupe la cinquième place parmi les régions de la Fédération de Russie les plus visitées par les touristes étrangers. Les lieux les plus visités sont Serguiev Possad et Kolomna. Je voudrais profiter de cette occasion pour attirer l'attention sur Solnetchnogorsk et les environs, parce qu'avant nous ces lieux avaient été remarqués par des personnes éminentes comme Dmitri Mendeleev, Alexandre Blok et bien d'autres. Chakhmatovo, Boblovo et plusieurs autres endroits méritent effectivement d'être visités, et je pense que vous le ferez. On y trouve également des sites mystiques comme le lac Bezdonnoe. Pour sa part, le lac Senej attire traditionnellement l'attention des peintres de notre pays - et pas seulement. Par exemple, on peut citer le fameux tableau d'Isaac Levitan représentant le lac Senej qui se trouve au Musée russe de Saint-Pétersbourg.

D'importantes activités internationales sont organisées chaque année dans la région de Moscou. La direction de la région organise des rencontres régulières avec les partenaires des pays étrangers, les ambassadeurs étrangers accrédités en Russie, les représentants des grandes entreprises. Cela contribue à populariser la région de Moscou à l'étranger, ainsi qu'à informer les partenaires des programmes et projets d'investissement régionaux prometteurs.

Pour une large couverture des capacités de la coopération d'investissement dans les milieux d'affaires et des mesures de soutien aux investisseurs, on organise chaque année des visites de délégations de la région de Moscou à l'étranger pour présenter le potentiel économique de la région de Moscou, ce qu'on appelle des "road-show". En avril 2019, une telle activité s'est déroulée en France, et d'ici la fin de l'année des "road-show" se tiendront en Espagne, en Turquie et au Danemark.

En août a été organisée une présentation des produits agricoles des entreprises de la région de Moscou en Chine, à Canton, dans la province de Guangdong. Un accord a été conclu sur la coopération pour l'acheminement des produits de la région de Moscou sur le marché chinois. Une délégation de la région de Moscou a visité l'Inde (New Delhi, Mumbai) avec une mission d'affaires. Dans le cadre du Forum économique oriental (Vladivostok, septembre) il est prévu de présenter les projets les plus réussis de la région de Moscou avec la participation de capitaux indiens.

En termes d'investissements étrangers, la région de Moscou fait immuablement partie du top-10 des régions russes. En 2018, plus de 40 projets ont été réalisés dans la région de Moscou en coopération avec des investisseurs étrangers pour un total d'environ 45 milliards de roubles (615 millions d'euros). 4.500 nouveaux emplois ont été créés.

Traditionnellement, le Ministère russe des Affaires étrangères soutient l'activité dynamique de la direction de la région de Moscou visant à élargir et à diversifier les liens interrégionaux internationaux, notamment dans le secteur économique et de l'attraction des investissements.

Le Ministère est informé des contacts étroits et mutuellement bénéfiques de la région de Moscou avec les partenaires étrangers, des échanges bilatéraux solides et du potentiel d'investissement de la région. Nous orientons nos établissements à l'étranger - les ambassades et les consulats généraux - vers l'apport d'une aide maximale à la région de Moscou, tout comme aux autres sujets de la Fédération de Russie, dans le développement de leurs liens avec les partenaires étrangers.

 

Sur les pourparlers entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Shirley Ayorkor Botchwey, Ministre ghanéenne des Affaires étrangères et de l'Intégration régionale

 

Shirley Ayorkor Botchwey, Ministre ghanéenne des Affaires étrangères et de l'Intégration régionale, est attendue à Moscou pour une visite de travail du 19 au 21 août.

L'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue ghanéenne aura lieu le 20 août. Les deux chefs de diplomatie débattront des questions d'actualité relatives au développement progressif des liens bilatéraux dans les domaines politique, commercial, économique et humain. Ils accorderont une attention particulière à la promotion de la coopération bilatérale dans le domaine de l'énergie, de l'exploration des ressources de minéraux et d'hydrocarbures et de la mise en œuvre de projets d'infrastructure prometteurs.

Ils examinerons en détail des questions internationales et régionales d'intérêt commun en mettant l'accent sur la lutte contre le terrorisme, le règlement des situations de crise en Afrique - notamment dans la région du Sahara-Sahel - et la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée.

Nous espérons que la visite de Shirley Ayorkor Botchwey, Ministre ghanéenne des Affaires étrangères et de l'Intégration régionale, favorisera le renforcement des relations traditionnellement amicales entre les deux pays et leur coopération fructueuse et diversifiée.

 

Sur les futures actions de la Russie dans le contexte de l'expiration du traité FNI

 

L'attention du monde entier et notamment du continent européen est focalisée sur la destruction définitive, par les États-Unis, du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

La décision américaine de quitter le traité FNI constitue une nouvelle preuve parlante du fait que Washington se laisse guider par la volonté de détruire tout le système de sécurité internationale et de stabilité stratégique. Cette politique de Washington se fonde évidemment sur l'assurance de sa puissance militaire et de sa suprématie par rapport à n'importe quel adversaire. C'est pourquoi les Américains veulent se débarrasser de toutes les limitations, y compris du droit international, qui pourraient théoriquement les empêcher d'atteindre cet objectif.

Par ailleurs, nous avons attiré l'attention à plusieurs reprises sur le fait que le conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton nous avait directement annoncé au cours de sa visite à Moscou en octobre dernier que Washington était préoccupé par l'existence d'un potentiel de missiles à portée intermédiaire en Asie, notamment en Chine, ce qui aurait poussé les États-Unis à entreprendre des mesures visant à équilibrer le rapport de forces dans la région. Suite à l'expiration du traité FNI, le ministre américain de la Défense Mark Esper a immédiatement annoncé de manière absolument ouverte que le Pentagone avait intérêt à déployer des missiles de cette classe dans la région Asie-Pacifique. Tout cela signifie que les Américains ont depuis longtemps pris le chemin de la destruction ciblée du traité.   

Ils ont utilisé encore une fois l'argument de la responsabilité prétendue de Moscou pour la destruction du traité et ont de nouveau accusé la Russie d'avoir forcé les États-Unis à quitter cette entente. Pourquoi? Ce n'est un mystère que pour ceux qui ne comprennent pas la conjoncture politique des relations internationales contemporaines. Il est très commode d'accuser Moscou de tous les maux. C'est seulement l'un des exemples.

Le refus du traité FNI par Washington ouvre une perspective réelle de déploiement des missiles nucléaires américains de cette classe dans différentes régions du monde. Naturellement, comme les dirigeants russes l'ont déjà souligné, nous serons obligés de prendre en considération ce facteur négatif dans notre planification militaire et d'élaborer des réponses concrètes aux menaces qui apparaîtront.

Selon les directives données par le Président russe le 5 août, le Ministère russe des Affaires étrangères suivra - en coopération avec d'autres institutions - les actions des États-Unis concernant la conception, la production et le déploiement des missiles terrestres à portée intermédiaire. En cas de mise en œuvre de ces programmes par les Américains, la Russie entreprendra des mesures de riposte exhaustives visant à assurer sa sécurité.   

Le Président russe a également annoncé l'obligation unilatérale de la Russie de ne pas déployer les missiles visés par le traité dans ces régions avant l'apparition, dans ces dernières, d'armes similaires de production américaine.

Nous appelons encore une fois Washington et ses alliés à faire preuve de responsabilité et à rejoindre ce moratoire afin de rendre les affaires militaires et politiques plus prévisibles. Une telle initiative montrerait à toute la communauté internationale que la sécurité mondiale les concerne eux aussi, et pas seulement la Russie.

Nous restons ouverts à un dialogue égalitaire et constructif avec les États-Unis au sujet du traité FNI et d'autres questions de stabilité stratégique sur la base du respect mutuel et des intérêts réciproques. 

 

Sur la déclaration des chefs d’État de la CEI à l'occasion des 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale

 

Les journées que nous vivons aujourd'hui ont été marqués, dans l'histoire, par une série d'événements tragiques. Sans connaître l'histoire, sans apprendre ses principales leçons et en répétant les erreurs du passé, il est impossible d'avancer vers l'avenir. Je voudrais rappeler ces dates. Ces jours-ci, l'humanité commémore les 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale.

Les chefs d’État de la Communauté des États indépendants (CEI) ont adopté une déclaration à l'occasion des 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale. Ce document, selon moi, est formulé non seulement du point de vue de la conjoncture actuelle, du moment politique actuel, mais également avec une profonde analyse de l'histoire et un regard vers l'avenir.

Les chefs d’État de la CEI, en élaborant et en adoptant cette déclaration, ont rendu hommage à tous ceux qui sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale dans la lutte contre le nazisme allemand. Ils ont souligné que cette tragédie avait été rendue possible à cause de l'incapacité de la communauté internationale à créer un système efficace de sécurité collective. Il y a littéralement une minute, je disais que ce système de sécurité collective se détruisait aujourd'hui, était menacé d'effondrement.

Les chefs d’État de la CEI ont noté la nature universelle et intergouvernementale de l'Organisation des Nations unies, créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, et sa responsabilité particulière pour le maintien de la paix et la prévention de nouveaux conflits mondiaux.

Ils ont également réaffirmé l'attachement immuable aux principes et aux normes du droit international, aux objectifs et aux principes de la Charte de l'Onu, que nous connaissons tous très bien et qui, malheureusement, sont également menacés par ceux que le droit international empêche de mener leur politique et de réaliser des objectifs qui servent uniquement leurs propres intérêts.

Les chefs d’État de la CEI ont condamné toute tentative de justifier et de glorifier le nazisme et ses complices, et ont appelé tous les pays du monde à adopter une approche responsable de l'accomplissement des obligations de préserver les mémoriaux, les monuments, les signes commémoratifs et les cimetières des guerriers tombés pour la libération des pays d'Europe et d'Asie. C'est d'autant plus important de le dire ici, dans la région de Moscou, sur l'axe où a coulé le sang des soldats de l'Armée rouge soviétique qui ont contré l'offensive ennemie en 1941. De nombreux monuments à nos soldats ont été érigés sur ce territoire, et notamment des fosses communes qui sont entretenues par les habitants de la région de Moscou et préservent la mémoire historique.

La déclaration en question note également que la Seconde Guerre mondiale, qui a emporté la vie de dizaines de millions de personnes, a été la plus grande tragédie du XXe siècle. La plus grande catastrophe humanitaire de l'histoire de l'humanité a résulté des aspirations agressives de ceux qui étaient persuadés de leur supériorité raciale, de leur exclusivité et de leur droit de décider du destin des autres pays et nations.

Les chefs d’État de la CEI ont appelé à réfléchir aux leçons de cette période tragique de l'histoire de notre civilisation et ont prôné la renaissance d'une véritable interaction et entente entre les pays et les nations.

 

Sur l'anniversaire des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki

 

Le 6 et le 9 août 1945, les États-Unis ont lancé des frappes nucléaires contre les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki. Ces dernières ont été rayées de la carte. Les explosions nucléaires ont tué environ 150 000 personnes sur le coup, et des centaines de milliers d'autres sont mortes des suites de maladies liées à la contamination radiologique, des années voire des décennies plus tard. Le bilan total des victimes de ces frappes nucléaires dépasse aujourd'hui 450 000 personnes.

Certains politiciens occidentaux surestiment régulièrement l'effet militaire et stratégique des bombardements nucléaires de ces villes japonaises à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils affirment que ce sont les frappes nucléaires américaines qui ont garanti la capitulation du Japon, allié de l'Allemagne nazie de l'époque.

Un regard superficiel sur ces événements historiques relativement récents pourrait faire croire à la justesse de ces affirmations. Des études historiques plus détaillées ont pourtant permis de dresser un tableau bien différent.

La puissance destructrice des bombes atomiques déversées par les Américains sur Hiroshima et Nagasaki s'est avérée comparable aux résultats de tous les bombardements conventionnels américains contre les villes japonaises pendant la guerre. Ainsi, les bombardements de Tokyo dans la nuit du 9 au 10 mars 1945 ont brûlé pratiquement toute la ville, fait 84 000 morts et 40 000 blessés. Les frappes atomiques américaines n'ont pas produit l'effet psychologique attendu par Washington sur le gouvernement militariste du Japon, qui voulait poursuivre sa résistance même après les bombardements nucléaires. 

Les textes historiques indiquent clairement que c'est le respect par l'URSS de ses obligations d'allié, et son entrée résolue dans la guerre contre le Japon le 8 août 1945, qui ont constitué le facteur principal de la décision de Tokyo de capituler.

Malgré des pertes colossales sur le front de l'Ouest et au prix de la vie de beaucoup de soldats et d'officiers soviétiques, l'URSS a honoré son engagement avec honnêteté. Rappelons que la participation de l'URSS à la guerre contre le Japon a été établie encore au cours de la conférence de Téhéran en 1943. Ces décisions importantes pour la Victoire commune ont été fixées au cours des négociations à Yalta et à Potsdam.

L'offensive-éclair de l'Armée rouge à l'Est s'est soldée par la défaite de l’armée japonaise du Guandong, comprenant un million d'hommes. Les troupes soviétiques ont libéré des agresseurs japonais le Nord-Est de la Chine et le Nord de la péninsule coréenne. Ce sont les actions efficaces de l'Armée rouge qui ont privé le Japon militariste du dernier espoir de continuer les combats.

Je voudrais souligner que les bombardements de Hiroshima et de Nagasaki ont constitué le premier - et heureusement le dernier - exemple de tests d'armes nucléaires sur la population civile. Cette opération est particulièrement cynique car le comité spécial de désignation des cibles, formé par les dirigeants américains au printemps 1945, a sciemment écarté le scénario de frappes ciblées contre des sites militaires japonais. Ainsi, Washington a délibérément lancé un massacre de la population civile, même si c'était dans un pays ennemi dans le contexte de l'époque.   

Même des décennies après ces événements terribles, il est absolument évident que les frappes nucléaires contre Hiroshima et Nagasaki étaient non seulement un test, mais aussi une démonstration par les Américains de leur nouvelle arme de destruction massive.

Cette présentation était tout d'abord adressée à l'Union soviétique, que Washington ne cessait de considérer comme un adversaire potentiel. Comme nous le savons, Moscou a compris ce message et a réussi à créer une arme similaire à celle des Américains.

Aujourd'hui, cette tragédie nucléaire est interprétée, aux États-Unis comme au Japon (avant tout à cause de la propagande américaine) sous le prisme de la conjoncture politique au lieu de la vérité historique. Cette dernière a été sacrifiée sur l'autel de l'alliance militaire et politique des deux pays. Aucun président américain n'a encore présenté ses excuses réelles et à part entière pour les frappes nucléaires, comme il aurait fallu le faire. La société japonaise respecte fermement le tabou même sur la mention publique de ces faits. Ainsi, on évite soigneusement de dire dans l'espace public quel pays a jeté les bombes nucléaires sur les civils japonais et quel État porte la responsabilité de la mort dénuée de sens de centaines de milliers de personnes.   

 

Sur la séparation frontalière entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud

 

Nous avons remarqué que dans le contexte du 11e anniversaire des événements d'août 2008, des médias et des politiciens géorgiens et occidentaux tentaient activement de jouer de nouveau la carte de la "borderisation". On suscite de nouveau une agitation artificielle autour de prétendues violations à la frontière entre la République d'Ossétie du Sud et la Géorgie. Ils propagent le mythe que "les Russes et les Sud-Ossètes déplacent la frontière et avancent sur le territoire géorgien". Ou encore que la Russie poursuivrait sa "campagne militaro-diplomatique à long terme visant à démembrer et à mette la main sur l’État géorgien".

Je ne vais pas réagir à chaque intox. Je vais parler dans l'ensemble des affirmations de ce genre.

Les gardes frontaliers russes, qui se trouvent sur le territoire de l'Ossétie du Sud conformément à l'accord bilatéral sur les efforts communs pour la protection de la frontière nationale du 30 avril 2009, ne réalisent aucun travail à la frontière entre les deux pays. Les activités pour l'aménagement de la frontière sont menées par l'Ossétie du Sud selon les plans et sont appelées à garantir les conditions d'une vie sûre et sans conflit pour la population des deux États voisins. De telles démarches permettront avant tout de réduire à néant les incidents encore nombreux liés aux violations non préméditées de la frontière. Nous partons du principe que les individus qui se sont retrouvés des deux côtés de la frontière nationale à l'issue des événements d'août 2008 ne sont responsables de rien et ont le droit d'espérer que leurs conditions de vie soient compréhensibles et prévisibles. Le marquage de la frontière sur place vise cet objectif précis.

Autre circonstance très importante: l'Ossétie du Sud est prête à mener un dialogue ouvert avec des représentants géorgiens sur tous les problèmes d'actualité.

Nous voulons nous adresser aux médias, aux journalistes géorgiens. Je sais qu'il leur est pratiquement interdit de citer ce que nous disons, de relayer les citations. Je veux répéter cette phrase: l'Ossétie du Sud est ouverte à un dialogue direct avec des représentants géorgiens sur toutes les questions actuelles. Vous savez que les journalistes géorgiens ne visitent pas le territoire sud-ossète. Et pas parce que c'est interdit. Qui plus est, un mythe circule selon lequel ce serait la Russie qui leur interdirait. Non. Ils ne le font pas parce qu'ils ne veulent pas. Ils ne sont pas prêts à demander l'autorisation pour visiter l'Ossétie du Sud, y venir, faire des reportages, réaliser des interviews, parler aux gens qui vivent sur le territoire du pays, parler à ses autorités. Ils savent qu'ils ne pourront pas montrer à la télévision ou écrire dans leurs journaux ce qu'ils entendront. Je m'adresse à eux: s'il vous plaît, faites un effort et citez au moins une phrase sans la déformer. Faites-le au nom de votre propre pays.

Tskhinval a proposé plusieurs fois à la partie géorgienne de s'asseoir à la table des négociations pour aborder directement les questions de démarcation et de délimitation de la frontière commune, malgré le mythe répandu en Géorgie selon lequel ce serait la Russie qui bloquerait ce travail. Et ce n'est pas l'unique question sur laquelle l'Ossétie du Sud est prête à un dialogue direct avec la Géorgie. De notre côté, si cela était nécessaire, nous serions prêts à apporter tout le soutien possible. Malheureusement, jusqu'à présent, de tels gestes restent sans réponse de la part de Tbilissi.

Je reçois de nombreuses questions de citoyens géorgiens, écrites d'une manière originale, d'ailleurs. Ils disent, par exemple, qu'ils veulent visiter l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, mais que nous les empêchons de le faire. D'où la question: qui vous a dit que la Russie les en empêchait? C'est un mythe, c'est faux. Adressez-vous directement à l'Abkhazie et à l'Ossétie du Sud et réglez les questions d'actualité sur le plan bilatéral.

Encore un autre aspect: en accusant constamment la Russie et l'Ossétie du Sud, la Géorgie et ses partenaires occidentaux se permettent eux-mêmes des démarches qui ne sont rien d'autre qu'un flagrant attisement de la tension à la frontière. Par exemple, le tourisme politique consistant à envoyer des diplomates étrangers dans la zone frontalière, les pénétrations "d'entraînement" sur le territoire sud-ossète, coordonnées avec les autorités et les renseignements géorgiens locaux, les raids scandaleux des ONG géorgiennes et les manœuvres militaires régulières sous l'égide de l'Otan avec la participation d'unités géorgiennes avec un "élément frontalier" obligatoire, sont devenus traditionnels.

 

Sur le rapport du député du Parlement serbe Bozidar Delic concernant l'usage de munitions à uranium appauvri par l'Otan durant l'agression contre la Yougoslavie en 1999

 

Nous n'oublions pas les événements de 1999 en Yougoslavie. J'espère que vous vous souvenez qu'à l'époque, l'Otan n'avait pas simplement bombardé un État souverain, sa capitale et la population civile, mais avait également utilisé des munitions à uranium appauvri.

Nous saluons les démarches des députés serbes pour établir la vérité sur les événements tragiques survenus en Yougoslavie dans le cadre de l'agression de l'Otan contre ce pays sous un prétexte fallacieux au printemps 1999. L'analyse et la comparaison des données citées par l'auteur du rapport, le député serbe Bozidar Delic, général à la retraite et témoin des événements, indiquent que la quantité d'uranium appauvri lancé rapportée par l'Alliance avait été divisée au moins par vingt.

Le temps a montré que les bombardements de l'Otan n'étaient pas simplement une action de force illégale, mais également une "bombe à retardement" qui continue de menacer la santé de millions de civils, notamment d'enfants.

Je rappelle qu'au cours de cette opération barbare, cyniquement qualifiée d'"intervention humanitaire", près de 2.000 civils ont été tués, dont au moins 89 enfants. Sachant que parmi les victimes se trouvaient des Albanais kosovars que l'Otan "sauvait". L'usage de munitions à uranium appauvri a contaminé le sol et l'eau de nombreuses régions, ce qui a entraîné une hausse significative des maladies cancéreuses. Personne n'en a encore assumé la responsabilité.

 

Sur le tribunal spécial pour les crimes des Albanais du Kosovo

 

Dans le contexte de la situation intérieure compliquée au sein du pseudo-État du Kosovo, nous voudrions attirer l'attention sur le fait qu'il n'existe toujours aucun résultat définitif du travail du tribunal spécial pour enquêter sur les crimes de l'Armée de libération du Kosovo, formé en 2017 à la Haye sous l'égide de l'Union européenne. Le tribunal n'a toujours avancé aucune accusation contre les personnes responsables notamment des enlèvements et des meurtres de personnes pour extraire leurs organes et les vendre sur le marché noir. Comment est-ce possible compte tenu du potentiel de la puissance occidentale?

Nous affirmons que tous les responsables de ces crimes révélés par le rapporteur spécial du Conseil de l'Europe Dick Marty en 2010 doivent être traduits en justice et connaître la sentence méritée indépendamment de leurs postes actuels.  

 

Sur le règlement du conflit du Haut-Karabagh

 

Nous constatons avec satisfaction un calme relatif sur la ligne de contact entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Nous sommes néanmoins préoccupés par le fait que les parties continuent de lancer des accusations réciproques sous différents prétextes. Une telle rhétorique ne favorise en rien la création de conditions favorables aux négociations et, évidemment, la recherche d'options de compromis pour le règlement du conflit.

La Fédération de Russie estime que le statut final du Haut-Karabagh doit être défini par les négociations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Vous êtes parfaitement au courant de notre position. Elle n'a pas changé. En tant que coprésident du groupe de Minsk et de l'OSCE et compte tenu de ses relations étroites avec Bakou et Erevan, Moscou envisage toujours de favoriser la promotion du processus de paix dans tous les domaines. 

 

Sur l'état actuel des relations russo-japonaises compte tenu de la réaction du Secrétaire général du Gouvernement japonais Yoshihide Suga aux exercices militaires russes près de l'île de Kounachir dans la région de Sakhaline le 10 août 2019

 

Les relations entre la Russie et le Japon continuent de se développer de manière cohérente dans les domaines déterminés par les contacts bilatéraux actifs au sommet. C'est la politique que nous poursuivons.

Malheureusement, Tokyo tente de temps en temps d'ignorer la réalité, c'est-à-dire la souveraineté indiscutable de la Fédération de Russie sur les Kouriles du Sud suite à la Seconde Guerre mondiale. Toutes les protestations contre nos activités légales dans cette partie de la région de Sakhaline sont absolument inacceptables et contredisent directement les assurances régulières du gouvernement japonais qui souligne sa volonté d'assurer une atmosphère calme et bienveillante du dialogue russo-japonais.

Tokyo doit absolument se rendre compte du fait que la mise en œuvre progressive du programme fédéral ciblé "Le développement social et économique des Kouriles (région de Sakhaline) pour la période 2016-2025", les déplacements des responsables russes, y compris des membres haut placés du gouvernement, dans cette région russe et les initiatives planifiées concernant le renforcement de la défense de notre pays - notamment compte tenu de la situation militaire et politique dans le nord-ouest de l'océan Pacifique - continueront.  

 

Sur la présentation des Kouriles du Sud comme faisant partie du territoire du Japon sur le site officiel des Jeux olympiques de 2020 de Tokyo

 

On nous a demandé de réagir à une nouvelle manœuvre des Japonais: l'apparition des Kouriles du Sud sur les cartes du Japon.

Nous estimons que ces actions sont illégales. Outre la composante juridique de l'affaire, il existe l'atmosphère que nos deux pays - y compris les organes étatiques - tentent de former,  notamment à la demande et avec l'approbation de Tokyo, afin de résoudre les litiges restants. De telles actions ne favorisent en aucune façon cette atmosphère et ne font que l'empoisonner.

Il faut poser la question suivante à tous ceux qui organisent des actions de ce genre, probablement par ignorance des réalités historiques: que favorisent-elles? Elles ne contribuent certainement pas aux relations bilatérales et il est très peu probable qu'elles aident Tokyo.

 

Sur la situation politique actuelle au Kirghizstan

 

Nous suivons l'évolution de la situation au Kirghizstan, qui est notre allié et partenaire stratégique. Nous ne pouvons pas rester indifférents à la situation dans cet État qui a déjà subi plusieurs bouleversements politiques par le passé.

La stabilité intérieure du Kirghizstan répond aux intérêts du peuple du pays et de tous ses amis. Nous espérons que les divergences politiques exacerbées seront surmontées par des moyens pacifiques dans le cade de la Constitution de la République du Kirghizstan et de la législation actuelle.

 

Sur l'évolution de la situation au Yémen

 

Selon les dernières informations, on a constaté le 7 et le 8 août à Aden, principale ville du Sud du pays contrôlée par les autorités de la République du Yémen, des affrontements entre les partisans du Gouvernement yéménite et le Conseil de transition du Sud, promouvant une large autonomie des provinces du Sud du Yémen dans la perspective de créer un État indépendant.

Moscou est préoccupé par ces développements qui pourraient évoluer vers un nouvel affrontement armé majeur sur le territoire du Yémen. La persistance des conflits civils ne bénéficie qu'aux groupes terroristes qu'il ne sera possible d'éliminer que par des efforts conjoints de tous les Yéménites. Nous appelons les protagonistes de la confrontation armée d'Aden à renoncer à l'escalade de la violence et à surmonter les divergences existantes par la voie des négociations de paix. 

Nous sommes convaincus que les questions relatives à la future structure territoriale du Yémen ne pourront être résolues qu'après la fin du conflit militaire et politique qui perdure depuis 2014, et par l'établissement d'un dialogue réunissant toutes les principales forces politiques du pays sur la base de l'équilibre de leur intérêts et préoccupations légitimes.

Quant à la Russie, elle continuera de favoriser ce processus par tous les moyens en maintenant des contacts actifs et constructifs avec tous les groupes de la société yéménite sans aucune exception, les représentants des autres États de la région et l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour le Yémen.  

 

Sur la conférence de l'alliance de renseignement Five Eyes

 

Notre attention a été retenue par la rencontre de juillet entre les ministres de l'Intérieur, de la Sécurité et des Migrations des pays de l'alliance de renseignement Five Eyes réunissant l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada, la Nouvelle Zélande et les États-Unis. Selon le communiqué final, le sujet des débats était particulièrement "d'actualité": la lutte contre les défis créés par les nouvelles technologies. Un accent spécial a été mis sur les menaces dans l'espace de l'information.

Il semblerait qu'il n'y a rien de mauvais dans la volonté de partenaires proches de se réunir pour parler de la protection de leurs citoyens dans ce domaine. Mais comme il s'agit d'une alliance de renseignement, cela pose tout de même la question suivante: contre qui est orientée l'amitié de ces personnes? Qui est visé par leur frappe commune? Qui est observé par ces "cinq yeux"?

Des rencontres de ce genre ne peuvent que préoccuper les États qui n'y participent pas. Notamment compte tenu des révélations d'Edward Snowden concernant la surveillance massive lancée par les services secrets des Five Eyes contre les citoyens d'autres États, notamment des pays de l'UE. Dans ce contexte, l'objectivité et la sincérité des conclusions présentées au public suite à la conférence de juillet semble douteuse, pour ne pas dire plus.

On a l'impression que les actions de l'alliance dans le domaine de la sécurité de l'information internationale constituent une tentative de "souder les rangs" avant le nouveau cycle de négociations de l'Onu à ce sujet, dont la phase active devrait débuter en septembre. Nous estimons que tous les participants à ces négociations doivent faire preuve d'une attitude constructive et ne pas opposer des alliances régionales au processus multilatéral mené sous l'égide de l'Onu.  

 

Sur la conférence de presse de la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova en marge du forum de jeunesse Eurasia Global

 

Notre prochaine conférence de presse aura lieu jeudi 15 août à Orenbourg, où se déroulera du 12 au 18 août le Forum international de jeunesse Eurasia Global. Ce dernier devrait réunir un millier de jeunes d'une centaine de pays du monde. Les informations détaillées sur cet événement seront présentées sur le site, par lequel passera également l'accréditation.

 

Réponses aux questions:

Question: Dans l'une de vos dernières interventions, vous avez promis des mesures "symétriques" en réponse à la réaction des médias et des ambassades étrangers aux contestations de Moscou. Le Ministère russe des Affaires étrangères s'attend-t-il à la répétition de provocations de ce genre au cours des manifestations de demain à Moscou? Quelles mesures de riposte pourraient être entreprises?

Réponse: Comme vous le savez, il ne s'agit pas que des médias d'un certain nombre d'États occidentaux, mais de leur alliance, d'une union entre les médias, les journalistes et les institutions étatiques de ces pays. Ils agissent ensemble et constituent un véritable conglomérat. Il s'agit d'une pure propagande: les médias et les journalistes prétendument indépendants sont utilisés à des fins désignées par une machine étatique réunissant plusieurs pays.   

Comme vous le savez, le Ministère russe des Affaires étrangères a convoqué ces deux derniers jours des représentants des ambassades allemande et américaine pour leur expliquer les règles de l'utilisation des ressources d'information sur la base d'exemples concrets. Je voudrais souligner que nous ne leur avons présenté que quelques cas. Nous disposons en réalité de beaucoup d'exemples, que nous sommes prêts à rendre publics selon les procédures établies. Ils confirment que ces États utilisent les moyens d'information et les médias de leurs pays afin de s'ingérer directement dans les affaires intérieures et la politique intérieure de la Russie. C'est inacceptable du point de vue du droit international général, des textes concrets gérant les activités des ambassades - notamment de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques - ou, ce qui est le plus important, des positions de ces pays sur l'impossibilité de toute ingérence dans les affaires intérieures en général et les processus électoraux en particulier. Nous maintenons évidemment des contacts avec les représentants des médias et leurs rédactions qui se sont permis une telle agitation directe. Cela concerne notamment Deutsche Welle. C'est absolument inacceptable. Nous entreprendrons sans aucun doute toutes les mesures nécessaires pour qu'ils remplissent leurs fonctions, c'est-à-dire l'activité journalistique, sans être impliqués par les organes publics de leurs pays dans les affaires intérieures de la Russie.   

En ce qui concerne les mesures de riposte, nous répondrons et avons déjà commencé à le faire. Ainsi, nous sommes déjà passés à la phase utilisée depuis longtemps par nos collègues occidentaux, c'est-à-dire aux accusations publiques contre des médias et des journalistes isolés s'appuyant sur des exemples concrets. Mais, contrairement aux Occidentaux qui parlent tout simplement d'une certaine propagande russe, de la menace de la part des médias russes et disent que "ce ne sont pas des médias, mais des propagandistes", nous agissons en disposant de tous les faits. Ce travail est mené pratiquement de manière quotidienne, alors que tout ce que je mentionne est présenté aux organisations internationales, en particulier à l'OSCE.

Question: Il existe en Russie des voix appelant à enquêter sur les tentatives américaines et allemandes de s'ingérer dans les affaires intérieures du pays, notamment dans le cadre de la couverture des manifestations non autorisées du 3 août à Moscou. Comme vous le savez, les contestations de Hong Kong ont elles aussi fait l'objet d'une ingérence de Washington. Des employés de la CIA agissent presque ouvertement à Hong Kong. Selon vos estimations, quelle est l'influence de l'ingérence des pays occidentaux, notamment des États-Unis, sur la stabilité politique et la sécurité de la Russie et de la Chine?

Réponse: Nous avons en effet entendu les propos des dirigeants chinois qui ont directement accusé plusieurs services secrets occidentaux, y compris des représentants des services américains, non seulement d'une ingérence globale sur une certaine base théorique, mais aussi de la participation concrète et de l'organisation des troubles constatés sur le territoire chinois de Hong Kong. Nous avons pris ces informations très au sérieux. Je pense qu'il serait très juste et utile d'échanger des informations détaillées au niveau des services secrets.

En ce qui concerne le domaine de l'information, nous envisageons d'organiser des consultations avec nos collègues chinois. Elles devraient se dérouler prochainement et devraient notamment permettre de soulever ce sujet. Quant à leur influence, elle est absolument destructrice. Qui plus est, cette influence destructrice n'est pas un effet secondaire mais l'objectif même de cette ingérence. Je pense que c'est absolument évident et compréhensible: à quoi bon utilise-t-on les technologies développées par les services secrets pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine et de la Russie? Vous l'avez déjà mentionné: afin de déstabiliser la situation. Au nom de quel objectif? Tout le monde comprend parfaitement le rythme et les orientations du développement de nos pays. Cela concerne le développement économique et le développement du potentiel défensif non-agressif et non-offensif. Qui plus est, nos deux pays sont des acteurs responsables des relations internationales et les développent sur la base du droit international au lieu de nouvelles inventions, sans parler du facteur de force.    

Nous estimons que nos pays montrent un exemple excellent de grandes puissances membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et ont leurs propres intérêts nationaux, mais développent leurs relations avec les autres acteurs internationaux sur la base du respect mutuel. Je pense que beaucoup de forces n'apprécient tout simplement pas cette situation. Nous constatons que tout un nombre de pays - les États-Unis que vous avez mentionnés sont malheureusement l'un des premiers membres de ce groupe - ne veulent pas se donner la peine de respecter les autres acteurs des relations internationales. Ils veulent obtenir la mise en œuvre de leurs intérêts, affirment des objectifs égoïstes et ne se soucient pas des autres membres des relations internationales. C'est pourquoi l'exemple de Moscou et de Pékin les irrite énormément. Je pense qu'il s'agit d'une raison et d'un facteur très importants.

Qui plus est, pour parler en des termes globaux, politologiques, il s'agit d'une conception d'endiguement. C'est un indice de la politique hégémonique mentionnée à plusieurs reprises par les dirigeants chinois. Nous voyons bien la guerre commerciale, l'agression commerciale et les actions belliqueuses dans le domaine de l'économie et des finances lancées par Washington contre la Chine. Nous comprenons que dans la situation actuelle "tous les moyens sont bons". Mais cette politique est absolument inacceptable pour nous.        

Question: J'ai entendu que vous envisagiez de rencontrer les participants au Forum "Le Territoire des sens" suite à cette conférence de presse. Il y a exactement 20 ans, Vladimir Poutine devenait premier ministre de la Russie. Comment répondriez-vous à la question éventuelle des jeunes concernant l'influence potentielle de Vladimir Poutine sur la politique étrangère du pays? Que pourriez-vous répondre à ces gars?

Réponse: Sérieusement? C'est une nouvelle aberration dans le travail de l'information. Autrement dit, vous me posez une question que l'on pourrait me poser dans le cadre d'une rencontre à laquelle vous ne participerez pas? Faisons comme ça: si vous avez une question, posez-la-moi. Je vais vous répondre, comme je répondrai aux autres questions qu'on me posera. Pourquoi le faites-vous? Nous vous connaissons bien, vous et la ZDF. Vous êtes professionnels, soyez donc plus sérieux.   

Laissons aux jeunes russes formuler eux-mêmes les questions qu'ils voudraient poser, sans la ZDF. J'ai confiance en la jeunesse russe, je sais qu'elle a des questions et je suis prête à y répondre. Mais laissons-les poser leurs questions sans vos inspirations. C'est ce que nous avons indiqué à la Chargée d'affaires par intérim de l'Ambassade allemande, que nous avons convoquée au Ministère. Il ne faut rien souffler à la jeunesse russe. Elle connaît parfaitement le russe et beaucoup d'autres langues. Elle est prête à apprendre sur le monde et est bien éduquée.Les jeunes russes peuvent poser leurs questions sans votre aide. Nous sommes prêts à évoquer avec vous différents sujets, y compris difficiles. Mais il est nécessaire de se rappeler l'essentiel: notre politique intérieure est notre affaire, et notre pays est capable de mener sa vie sans que des journalistes occidentaux nous suggèrent les questions qu'il faudrait examiner. Nous nous acquitterons nous-mêmes de cet objectif. Mais je répondrai avec plaisir à votre question si vous en avez une. 

Question: Le journaliste, manager médiatique et activiste politique Tommy Robinson est toujours détenu dans une prison britannique. Selon ses soutiens, sa détention est politiquement motivée. De plus, les manifestations pacifiques organisées par ses partisans à Londres et dans d'autres villes ont été très brutalement dispersées par la police britannique. La même chose se produira certainement ce samedi. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Cette question vous intéresse depuis longtemps en tant que journaliste, ainsi que votre média, et je l'ai donc étudiée. J'ai consulté la décision de la Thémis britannique et de sa "sœur" sur l'affaire du journaliste et activiste civil Tommy Robinson. Je rappelle qu'il a été condamné à plusieurs mois de prison pour outrage à la cour. Nous avons vu les protestations à Londres. Nous pensons que dans tout État démocratique - or les autorités du Royaume estiment que leur pays en est un - seule la cour a le droit de déterminer le niveau de responsabilité pour les infractions en raison desquelles un citoyen concret est inculpé. Conformément au principe de non-ingérence dans le processus judiciaire et dans les affaires intérieures d'autres pays, il serait incorrect pour nous de commenter ce procès, ainsi que les manifestations des partisans de Tommy Robinson.

Bien évidemment, nous analysons le milieu médiatique et tout ce qui est lié à la liberté des journalistes et des activistes civils. Nous suivrons cette situation avant tout sous l'angle du respect immuable des normes des droits de l'homme auxquels les représentants officiels britanniques se disent attachés.

Cette question ne nous concerne pas, mais puisque vous avez posé la question je ne pouvais pas ne pas la commenter. Dans le cadre de notre travail d'appréciation de l'espace médiatique international, nous suivrons cette situation. Le pluralisme politique fait partie intégrante du Royaume-Uni contemporain. La persécution des citoyens pour leurs convictions est clairement inadmissible. Cela concerne tous les pays, Royaume-Uni y compris.

Question: Je voudrais revenir au thème du Traité FNI. Vous avez cité les propos du chef du Pentagone selon lesquels les États-Unis compteraient déployer des missiles en Asie. La Russie planche-t-elle sur un tel scénario? Dans quelle mesure est-il dangereux?

Réponse: Je parlais de la directive adressée par le Président russe Vladimir Poutine au ministère des Affaires étrangères et à d'autres institutions publiques les chargeant de s'occuper du suivi de cette situation. Cela implique précisément le suivi, l'élaboration de scénarios éventuels et de plans de réaction. Je voudrais parler encore une fois de notre proposition de maintenir le moratoire à ce sujet. De notre côté, nous avons fait ces déclarations au plus haut niveau en appelant les États-Unis et tous les autres à suivre cet exemple.

Question: Que peuvent faire ensemble la Russie et la Chine?

Réponse: Les États-Unis associent intentionnellement le Traité FNI à la Chine, à la politique de cet État. Même s'il est absurde de le faire parce que le Traité a été mis au point et signé par deux pays. Même la Chine elle-même ne comprend pas ce qu'elle a à voir là-dedans, ce qu'elle a exprimé dans ses déclarations et commentaires à ce sujet à différentes occasions. En l'occurrence c'est un accord à analyser du point de vue de deux États, comme nous l'avons fait. Sachant que, je le répète, la Chine est un acteur international responsable, notamment en matière de stabilité et de sécurité internationales.

Question: Des communiqués ont rapporté la disparition, en Syrie, du leader du mouvement public contre l'esclavage "Alternative" Oleg Melnikov, qui n'a plus donné signe de vie depuis son départ dans la région d'Idleb avec un groupe de volontaires. Est-ce que le Ministère des Affaires étrangères entreprend des démarches pour sa recherche?

Réponse: Dès les premières informations sur la disparition du citoyen russe, les collaborateurs consulaires de l'Ambassade de Russie en Syrie ont commencé à en déterminer les circonstances. Les autorités russes ont été interrogées sur son sort. Le travail est en cours. Dès l'apparition des premiers résultats qui pourront être rapportés à la presse, nous le ferons, évidemment.

Commentaires et déclarations du porte-parole du ministère des Affaires Etrangères

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