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Discours du Ministre

24 juin 201918:48

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse conjointe avec Sameh Choukri, Ministre égyptien des Affaires étrangères, suite aux pourparlers des ministres des Affaires étrangères et de la Défense russes et égyptiens au format "2+2", Moscou, 24 juin 2019

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Nous venons de mener le cinquième cycle de consultations au format "2+2" réunissant les ministres des Affaires étrangères et de la Défense russes et égyptiens. Ce mécanisme a déjà confirmé son efficacité et fait désormais partie intégrante de nos relations, qui ont déjà atteint le niveau de partenariat multiple et de coopération stratégique. Ce statut a été fixé par la Déclaration signée par les présidents Vladimir Poutine et Abdel Fattah al-Sissi en octobre dernier à Sotchi.

Nous avons évoqué nos positions sur les problèmes régionaux et internationaux d'actualité, en portant une attention particulière à la nécessité de mener un combat sans concession contre le terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Nous avons réaffirmé notre soutien à la suppression de tous les foyers de tensions, de conflits et de crises dans cette région du monde par des méthodes politiques et diplomatiques en conformité avec les normes du droit international et dans le respect infaillible du droit des peuples à définir leur propre sort.

Nous avons porté une attention spéciale au conflit israélo-palestinien. Nous avons salué le rôle constructif de l’Égypte dans la recherche de moyens pour rétablir l'unité palestinienne. Nous avons exprimé notre préoccupation face aux tentatives des États-Unis de promouvoir des idées élaborées en secret et qui présupposent un renoncement au principe de la solution à deux États du problème palestinien, ainsi qu'à la base juridique internationale de ce règlement qui comprend des résolutions de l'Onu, les principes de Madrid ou encore l'Initiative de paix arabe. La Russie et l’Égypte ont confirmé leur attachement à ces textes fondamentaux.

Nous avons des approches similaires du maintien de la paix et de la sécurité dans la région du Golfe, qui reposent sur le dialogue, la concertation de mesures de transparence, et le renforcement de la confiance. Dans ce contexte, nous avons attiré l'attention sur l'initiative russe de créer une architecture de sécurité collective dans le Golfe. 

Nous avons évoqué la conférence pour la formation d'une zone dénuée d'armes de destruction massive au Moyen-Orient, qui devrait se dérouler en novembre prochain. La Russie et l’Égypte ont présenté des positions communes pendant la concertation de la décision correspondante à l'Assemblée générale de l'Onu. Nous nous sommes accordés pour concerter nos approches lors des préparatifs de cet événement majeur.

Quant à la Syrie, nous avons une position unifiée soulignant la nécessité d'obtenir une élimination complète de la présence terroriste et un respect infaillible de tous les principes fixés par la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'Onu. Il s'agit notamment du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie, de l'organisation par les Syriens-mêmes du dialogue national sans aucune ingérence extérieure, de la nécessité d'obtenir le concours de la communauté internationale à la résolution de problèmes humanitaires et à la création des conditions nécessaires pour le rétablissement de l'infrastructure sociale et économique du pays.

La Russie a confirmé sa volonté de mener à son terme le travail dans les domaines fixés, avec le soutien des pays garants du processus d'Astana (la Russie, la Turquie et l'Iran), au cours du Congrès du dialogue national syrien en 2018 à Sotchi. Cet événement avait créé les conditions nécessaires pour le règlement politique. Nous et nos partenaires travaillons actuellement avec le Gouvernement, l'opposition et nos collègues de l'Onu afin de mettre sur pied le plus rapidement possible le Comité constitutionnel. Nous avons également mentionné la nécessité de rétablir les relations entre la Syrie et la Ligue arabe.

En ce qui concerne la Libye, nous ne voyons non plus aucune alternative au règlement politique. Nous estimons que toutes les parties libyennes doivent s'unir pour rechercher des moyens de rétablir leur État et de résister ensemble au terrorisme et à l'idéologie extrémiste.

Nous avons également constaté la proximité de nos positions sur d'autres crises régionales, notamment la situation au Soudan et au Yémen.

Nos collègues, le Ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le Ministre égyptien de la Défense et de l'Industrie militaire Ahmed Zaki, ont évoqué en détail les questions relatives à la coopération militaire et technique, notamment les actions conjointes des ministères de la Défense dans le cadre des conflits en Syrie, en Libye et dans certains autres pays.

En ce qui concerne nos relations bilatérales avec l’Égypte, nous avons examiné en détail, avant la réunion "2+2", la mise en œuvre des ententes conclues par nos présidents. Cela concerne notamment des projets stratégiques majeurs tels que la construction d'une centrale nucléaire ou la création en Égypte d'une zone industrielle russe, pour laquelle 19 entreprises russes ont déjà témoigné de l'intérêt. Je suis certain que leur nombre ne fera que grandir.

Les Chemins de fer russes, Rosneft et Lukoil travaillent activement en Égypte. Nous avons établi une coopération spatiale. Nous avons lancé une sonde spatiale égyptienne. La Fédération de Russie offre son concours aux négociations entre l’Égypte et l'Union économique eurasiatique pour la création d'une zone de libre-échange. La prochaine étape de ces négociations devrait se tenir en juillet.

Comme l’Égypte préside actuellement l'Union africaine, nous avons débattu des préparatifs du premier sommet historique Russie-Afrique qui aura lieu le 24 octobre à Sotchi sous la présidence des leaders russe et égyptien. Nous nous sommes entendus pour coordonner nos actions visant la concertation des textes finaux de ce forum important.

Dans l'ensemble, nos pourparlers ont été très utiles. Nous avons confirmé notre volonté commune de consolider notre partenariat stratégique dans tous les domaines. Nous continuerons de mener cette politique sur la base des consignes des présidents Vladimir Poutine et Abdel Fattah al-Sissi.

Question: Nikolaï Patrouchev, Secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, se trouve aujourd'hui en Israël. Il s'est déjà entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et devrait également participer aux négociations tripartites entre Israël, la Russie et les États-Unis. Pourquoi organise-t-on ces négociations en Israël?

Avant son départ, Nikolaï Patrouchev a souligné que la crise syrienne serait le sujet principal de ces pourparlers. Évoquera-t-on, selon vous, la présence iranienne en Syrie, qu'Israël a déjà mentionnée? Est-il possible d'adopter des décisions dans le cadre de tels formats?

Sergueï Lavrov: En ce qui concerne la réunion des secrétaires des Conseils de sécurité de la Russie, des États-Unis et d'Israël, c'est le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou qui a avancé cette proposition lors de sa récente rencontre avec le Président russe Vladimir Poutine.

Nous estimons que les Israéliens et les Américains sont surtout préoccupés par le sujet iranien. Pas seulement en lien avec la Syrie, mais avec toute la région voire un cadre géographique plus large. Une telle approche est, selon nous, contreproductive. Il est manifestement contreproductif de soumettre toute sa politique dans telle ou telle région à la lutte contre un seul État et à l'isolement de ce dernier, d'accuser ce pays de tous les maux sans même enquêter sur tels ou tels incidents.

Comme je l'ai déjà dit, nous nous prononçons pour un dialogue entre les Arabes et les Iraniens, notamment dans le domaine du renforcement de la confiance et du maintien de la sécurité dans le Golfe. L'évolution de la situation dans cette partie de la région et en Syrie est, selon nous, très dangereuse. Nous constatons malheureusement des tentatives de transformer le territoire syrien en arène de lutte entre Israël et l'Iran, entre les sunnites et les chiites. Tout cela ne fait qu'aggraver la crise.   

Quand le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a proposé une telle rencontre, le Président russe Vladimir Poutine a approuvée cette idée en soulignant que nous nous laisserions guider, au cours de cette réunion, par les positions que viens de mentionner: la nécessité de se focaliser sur la mise en œuvre de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'Onu exigeant tout d'abord de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et de déléguer au peuple syrien la résolution de tous les problèmes relatifs au règlement politique. Nous le ferons avec l'approbation du Gouvernement syrien, tout comme l'Iran est présent sur le territoire syrien et soutient la lutte contre le terrorisme sur une base légitime: l'invitation des autorités syriennes légales.

Telle est notre position lors des rencontres qui se déroulent aujourd'hui en Israël, ou lors de n'importe quels autres pourparlers sur la question syrienne. Nous persuaderons tous nos partenaires qui s'intéressent à notre position de la nécessité d'agir sur la base de l'établissement du dialogue au lieu des tentatives de favoriser des tendances séparatistes dans telle ou telle partie de la Syrie, ou d'interdire au Gouvernement légitime de développer ses relations internationales.

Comme je l'ai mentionné dans mon allocution d'ouverture, nous avons souligné l'importance, dans le contexte actuel, de rétablir la coopération et les relations entre la Syrie et tous les États arabes, et notamment d'obtenir le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires et déclarations du porte-parole du ministère des Affaires Etrangères

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