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Discours du Ministre

28 février 201917:12

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 28 février 2019

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Sur l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre angolais des Affaires étrangères Manuel Domingos Augusto

 

Aujourd'hui, jeudi 28 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre angolais des Affaires étrangères Manuel Domingos Augusto, présent à Moscou pour une visite de travail.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront les questions d'actualité relatives à la coopération politique, commerciale et économique russo-angolaise.

 

Sur l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec la vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez

 

Vendredi 1er mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra à Moscou avec la vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez.

Les deux interlocuteurs échangeront leurs avis sur les questions d'actualité des relations bilatérales, et notamment la réalisation de grands projets communs dans les domaines énergétique, industriel, agricole, médical, pharmaceutique, et des technologies modernes.

Il est également prévu d'évoquer la coordination des positions des deux pays sur la scène internationale, la situation au Venezuela et autour, ainsi que de réaffirmer le soutien au règlement pacifique des différends politiques dans ce pays.

 

Sur les visites de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats arabes unis

 

Du 3 au 7 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov effectuera une tournée de travail au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats arabes unis. Il y rencontrera les dirigeants de ces pays, ainsi que ses homologues.

Dans le cadre des contacts à venir seront abordés en profondeur différents sujets, notamment l'état actuel et les perspectives de développement des relations bilatérales, ou encore la mise en œuvre des accords convenus au sommet. Une attention particulière sera accordée au renforcement de la coopération diversifiée, à la mise au point de projets mutuellement bénéfiques dans différents secteurs et à l'intensification des liens socioculturels.

Les interlocuteurs remettront également les pendules à l'heure sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en mettant l'accent sur la nécessité de surmonter les crises qui persistent dans cette région par les moyens politiques et diplomatiques en tenant compte réciproquement des intérêts et des préoccupations de toutes les parties impliquées, et en restant attaché au droit international et à la Charte de l'Onu. Au centre de l'attention figure toujours l'évolution de la situation en Syrie, au Yémen, en Libye, dans le Golfe, et dans le processus de paix israélo-palestinien.

Les interlocuteurs soulèveront les questions d'actualité relatives à la coopération de la Russie avec les pays mentionnés dans le cadre de l'Onu et d'autres plateformes internationales, y compris les préparatifs de la nouvelle session ministérielle du Forum de coopération arabo-russe qui se tiendra le 17 avril à Moscou, ainsi que la reprise du travail conjoint dans le cadre du dialogue stratégique Russie-Conseil de coopération du Golfe.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

L'une des principales menaces pour la sécurité et la stabilité de la Syrie émane des terroristes de l'alliance d'al-Nosra, Hayat Tahrir al-Cham, qui contrôlent pratiquement toute la zone de désescalade d'Idleb. Les chefs de guerre terroristes regroupent les groupuscules alliés à Hayat Tahrir al-Cham afin d'accroître les capacités offensives en direction d'Alep, de Hama et des hauteurs de Lattaquié. Les terroristes ont l'intention d'élargir leur sphère d'influence et d'établir leur contrôle total sur Idleb. Le nombre de violations du cessez-le-feu ne diminue pas. Au contraire, malheureusement, on constate qu'elles augmentent de manière significative. Près de 40 cas ont été recensés seulement ces quatre derniers jours, qui ont entraîné des morts et des blessés.

Dans son dernier rapport sur la situation humanitaire en Syrie, le Secrétaire général de l'Onu attire l'attention sur la situation déplorable dans la zone de désescalade d'Idleb. Outre cette préoccupation vis-à-vis du renforcement de Hayat Tahrir al-Cham à Idleb, le document énumère en détail les sévices des terroristes envers la population civile: la persécution des minorités ethno-confessionnelles, les interpellations arbitraires de civils, ou encore les disparitions de personnes qui ont critiqué Hayat Tahrir al-Cham.

Lors de la dernière conférence de presse, nous avons exprimé notre avis sur la mise en place d'un second convoi humanitaire à destination du camp de déplacés internes de Roukban, situé sur le territoire occupé par les États-Unis autour de la ville d'al-Tanf. Nous voudrions préciser que pendant l'opération conjointe de l'Onu et du Croissant-Rouge arabe syrien, qui s'est déroulée du 5 au 14 février, les agents humanitaires ont mené un sondage auprès des habitants de Roukban au sujet de leur logement. Il en est ressorti le tableau suivant: la grande majorité des habitants du camp - près de 95% des personnes interrogées - voudraient le quitter. La grande majorité, 80%, a exprimé le désir de déménager dans les régions contrôlées par le gouvernement syrien. Souvenez-vous, on nous disait qu'ils ne pouvaient ni ne voulaient vivre avec le gouvernement de Bachar al-Assad, que c'était impossible. Mais il n'y a rien d'étonnant à ce que les gens veuillent quitter Roukban pour vivre sur les territoires pacifiques sous le contrôle du gouvernement de Bachar al-Assad. Ce qui étonne, c'est que personne ne remarque, au sein du mainstream occidental, les conditions inhumaines dans lesquelles les gens sont détenus. Ils veulent partir, mais ils en sont empêchés car ils ne disposent pas du plus élémentaire - de la nourriture et des médicaments aux conditions de vie. Il n'y pas un seul médecin dans le camp. Toutes les maladies sont soignées dans une seule clinique, et uniquement avec des antidouleurs. En revanche, il y a beaucoup d'hommes armés et le sentiment permanent d'une menace pour la vie et la santé. A cet égard, nous trouvons prioritaire d'entamer sans plus attendre l'évacuation des habitants, qui devra être suivie de la suppression du camp. C'est notamment l'objectif de nos efforts communs avec le gouvernement syrien. Ainsi, après l'ouverture de couloirs humanitaires près des communes de Jaleb et de Jabal al-Ghorab ce 19 février, plus de 200 personnes ont quitté Roukban.

Nous voudrions également attirer l'attention sur la Déclaration conjointe des sièges de coordination interministériels de la Russie et de la Syrie publiée sur le site du Ministère russe de la Défense concernant le blocage de la sortie des civils syriens du camp de Roukban par les États-Unis. Ce document appelle la communauté internationale à contribuer à l'initiative du gouvernement syrien de faire revenir les civils à leur foyer, à la dissolution du camp et à la suppression de la zone de sécurité autour d'al-Tanf. A partir du 1er mars, il est prévu de mettre à disposition des bus pour la sortie volontaire des gens de Roukban.

Par ailleurs, nous sommes préoccupés par les communiqués rapportant que les États-Unis retardent le processus de relogement du camp, espérant maintenir son fonctionnement en organisant des convois avec l'aide humanitaire internationale. Les tentatives de préserver le camp sont justifiées par le prétendu besoin, pour ses résidents, d'être sûrs de leur sécurité après la sortie. Autrement dit, les gens veulent sortir mais on leur dit qu'ils ne sont pas encore prêts, que cela se verrait soi-disant dans leurs yeux, où l'on lirait une préoccupation pour leur propre sécurité. Nous voudrions souligner à nouveau que le problème de Roukban ne peut pas être réglé par des actions humanitaires ponctuelles. C'est une offense, un génocide moderne. Il faut éradiquer la cause première, c'est-à-dire supprimer la présence militaire illégale des États-Unis dans la "zone de sécurité" de 55 km à l'intérieur de laquelle se trouve le camp. Nous avons clairement exprimé cette position pendant la réunion que nous avons initiée au Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation à Roukban, ainsi qu'à Genève pendant le travail de l’Équipe humanitaire spéciale du Groupe international de soutien à la Syrie.

Nous constatons une augmentation stable du nombre de réfugiés syriens revenant de l'étranger. Près de mille personnes entrent tous les jours en Syrie, essentiellement du Liban et de Jordanie. A terme, avec la fin de l'hiver, ce chiffre pourrait augmenter. Au total, depuis le lancement de l'initiative russe pour aider les réfugiés syriens en juillet 2018, près de 150 000 personnes sont revenues dans le pays.

 

Sur la situation au Venezuela

 

Beaucoup d'événements, y compris dramatiques, se sont produits cette semaine au Venezuela. Une partie de la communauté internationale qui, jusqu'à récemment, faisait preuve de complaisance voire de suivisme - comme on le dit en politique étrangère - vis-à-vis de la politique américaine, ou avait donné carte blanche à Washington selon qui "toutes les options étaient sur la table", maintient aujourd'hui un silence très évocateur. Ces pays ont visiblement trouvé les forces nécessaires pour accepter publiquement l'absence d'alternative à la résolution pacifique de la question vénézuélienne. Que s'est-il passé? Les répercussions se sont certainement avérées facilement prévisibles. Qui plus est, les actions de Washington dans ce domaine ont été si grossières, stupides et potentiellement catastrophiques que cela a poussé à réfléchir même ceux qui soutenaient la politique de Washington docilement et sans poser de questions.

Je voudrais rappeler que la Fédération de Russie en parle depuis des mois de manière régulière et cohérente, sur différentes plateformes. Nous soulignons encore une fois qu'aucune ingérence musclée n'est acceptable. 

La tentative illégale de percer la frontière vénézuélienne sous prétexte de transporter une aide humanitaire, lancée le 23 février par une branche radicale de l'opposition vénézuélienne à l'initiative américaine et avec le soutien de groupes extrémistes armés de cocktails Molotov, était dès le début vouée à l'échec. Ses organisateurs comprenaient parfaitement que toute violation de la frontière devait être et serait empêchée, car il s'agissait d'une atteinte directe à la souveraineté du pays. Ce fait n'a pourtant pas arrêté ceux qui sont désormais responsables des morts et des blessés résultant de cette aventure provoquée par les Américains. Comment peuvent-ils désormais regarder dans les yeux ceux qu'ils comptaient utiliser en tant que bouclier humain? Heureusement, le plan odieux de ces acteurs "humanitaires" a échoué avec pertes et fracas.

Je ne vais pas évoquer les événements de samedi dernier ou la cargaison réelle des poids-lourds qui transportaient prétendument l'aide humanitaire. Nous savons ce qu'il en est grâce aux images qui ont été montrées. Les preuves ont été présentées le 26 février lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu. Il faudra encore mener une enquête détaillée, mais une analyse rapide des photos et des vidéos démontre clairement le caractère infondé des tentatives d'expliquer ces actions ouvertement provocatrices et planifiées par les "crimes du régime de Nicolas Maduro". Prenons l'exemple des camions brûlés avant leur arrivée à la frontière. Nous avons déjà beaucoup commenté ce genre d'événements, car ils se produisent dans différentes régions du monde. Je voudrais rappeler qu'il s'agit des images d'une nouvelle mise en scène absolument falsifiée, que l'on tente de présenter comme le fondement de décisions de grande envergure. On a déjà vu ça sur le Maïdan de Kiev et en Syrie.       

Je recommande à tout le monde de prendre connaissance du discours de Vassili Nebenzia, ambassadeur russe à l'Onu, au cours de cette réunion. Son texte est accessible sur le site de notre Ambassade. Il explique tout de manière très claire.

La situation est très inquiétante. La politique de destitution des gouvernements indésirables reste une priorité des États-Unis en Amérique latine et dans d'autres régions du monde. Nous appelons nos amis latino-américains à y réfléchir indépendamment de leur position actuelle sur le Gouvernement légitime de Nicolas Maduro. Il serait utile aujourd'hui de se remémorer l'histoire, car elle permet d'éclairer beaucoup d'aspects de la situation actuelle.

La réunion du Conseil de sécurité de l'Onu du 26 février a constitué un témoignage clair de l'inadmissibilité du scénario d'intervention aux yeux de la communauté internationale. Un mois a passé depuis la réunion précédente sur la question vénézuélienne. Que constatons-nous? La certitude de ceux qui défendent la Charte de l'Onu et les principes du droit international n'a fait que se renforcer, alors que les positions des partisans des ultimatums et des menaces s'érodent. Seul l'ambassadeur des États-Unis - qui est actuellement très isolé - n'a pas exprimé son refus d'une éventuelle intervention armée.   

Les États-Unis tenteront aujourd'hui de prendre leur revanche au Conseil de sécurité de l'Onu en mettant au vote un projet de résolution sur le Venezuela qu'ils sont rédigé. Ce texte ne comprend rien de nouveau. Il s'agit du même mélange de démagogie emphatique, de clichés accusatoires et d'exigences péremptoires. La Russie ne pourra certainement pas soutenir ce projet. La délégation russe a fait un travail considérable et a  son propre projet de résolution, plus constructif et fondé sur le respect de la Charte de l'Onu et des principes du droit international. Il prévoit l'utilisation de différents mécanismes de dialogue et de médiation - notamment avec une participation internationale élargie - et établit les modalités de la concertation et de la mise en œuvre de l'aide internationale et d'autres initiatives concernant le Venezuela. Je ne veux pas anticiper les résultats de la réunion d'aujourd'hui, mais nous ne nourrissons aucune illusion vis-à-vis de la volonté américaine d'entendre la voix de la raison et de faire preuve d'une approche constructive. Nous analysons la situation de manière réaliste.   

La Russie continuera de présenter des explications cohérentes afin que l'opinion publique internationale abandonne l'idée d'une éventuelle résolution des problèmes vénézuéliens par la force. Nous poursuivrons notre soutien aux initiatives et mécanismes internationaux constructifs qui visent un règlement politique par les forces intérieures du Venezuela. Nous avons constaté beaucoup de choses dans le contexte syrien: des intimidations, des accusations, des menaces directes, y compris contre notre pays, le chantage de toute la communauté internationale, des arguments propagandistes. Aurons-nous assez de patience? Oui. Nous avons déjà surmonté beaucoup d'épreuves et avons réussi à déjouer beaucoup de scénarios sanglants proposés à la communauté internationale.  

Nous sommes convaincus qu'il n'est possible d'obtenir la paix au Venezuela qu'à l'aide d'un dialogue national, élargi et respectueux, que tous ceux qui aspirent à l'avenir pacifique du Venezuela et de l'Amérique latine en général doivent nécessairement favoriser.

Ces questions et d'autres sujets seront évoqués demain par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et la Vice-Présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez à Moscou.   

 

Sur la situation dans le Donbass

 

L'intensité et le nombre de bombardements de l'armée ukrainienne ont significativement augmenté cette dernière semaine. Selon les informations de la Mission spéciale d'observation (MSO) de l'OSCE, entre le 21 et le 25 février onze communes ont été bombardées sur le territoire des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk. Deux civils ont été tués et un a été blessé. 10 immeubles résidentiels ont été endommagés.

Je me permets d'ouvrir une parenthèse. Quand j'entends les déclarations de l'Union européenne sur la situation au Venezuela, les recettes toutes faites et les formulations intransigeantes de Bruxelles, j'ai toujours envie de demander: la question ukrainienne a-t-elle été réglée? Jusqu'au bout? L'UE a-t-elle acquis l'expérience nécessaire sur l'axe ukrainien, qui pourrait servir de base pour convaincre la communauté mondiale que ses avis et ses propositions pratiques pourraient être utilisés dans d'autres régions du monde? Regardez ce qui se passe en Ukraine - la question est rhétorique.

L'intensification des bombardements des militaires ukrainiens contre les sites civils situés sur le territoire des républiques autoproclamées a coïncidé avec l'arrivée en première ligne des unités nationalistes du régiment de la garde nationale ukrainienne "Azov" en février. Ce groupuscule, dont les représentants sont connus pour leurs opinions d'extrême-droite, a été utilisé plusieurs fois par le régime de Kiev afin de mener des actions punitives contre la population civile du Donbass, c'est pourquoi il a été qualifié de formation néonazie par plusieurs congressistes américains.

On a l'impression que Kiev prépare dans le Donbass une nouvelle provocation visant à créer les conditions pour décréter la loi martiale sur le territoire des régions de Donetsk et de Lougansk. Ces manœuvres pourraient viser à annuler les élections dans ces régions ukrainiennes où, vous le savez, le Président ukrainien Petro Porochenko est loin d'être soutenu par la population.

Je voudrais rappeler que le 28 novembre 2018, la provocation ayant impliqué trois navires ukrainiens dans le détroit de Kertch avait servi de prétexte pour décréter la loi martiale dans 10 régions ukrainiennes, Donbass compris.

 

Sur la situation actuelle au niveau de la Ligne de contrôle entre l'Inde et le Pakistan

 

Nous sommes inquiets de l'escalade des tensions dans les relations entre l'Inde et le Pakistan, qui s'est traduite par les manœuvres dangereuses des forces armées des deux pays sur la Ligne de contrôle et qui risquent de dégénérer en confrontation militaire.

Nous appelons les parties à faire preuve d'un maximum de retenue. Nous continuons de partir du principe que les litiges doivent être réglés par les moyens politiques et diplomatiques sur une base bilatérale conformément aux termes de l'accord de Simla de 1972 et de la déclaration de Lahore de 1999.

Nous réaffirmons notre disposition à apporter un soutien total aux efforts de l'Inde et du Pakistan dans la lutte contre le terrorisme.

 

Sur les élections législatives en Moldavie

 

Les élections législatives moldaves se sont déroulées dimanche 24 février. Près de 3 000 observateurs de différentes structures internationales, notamment de l'Assemblée interparlementaire et du Comité exécutif de la CEI, ont surveillé le processus électoral. Selon eux, bien que certaines défaillances et lacunes ont été constatées, dans l'ensemble le processus électoral correspondait aux standards universellement reconnus.

A en juger par les résultats préliminaires (le résultat final sera annoncé dans les jours à venir), trois partis politiques et un bloc électoral feront leur entrée au nouveau Parlement moldave. Nous espérons que le futur gouvernement moldave représentera les intérêts de toute la population du pays.

Des questions ont été posées sur l'évolution des relations bilatérales à l'issue des élections. Je voudrais le souligner une nouvelle fois pour que cela ne soit pas retiré de son contexte: le résultat sera annoncé prochainement. Bien sûr, nous partons du principe qu'une ligne constructive prévaudra dans les relations avec la Fédération de Russie. D'après moi, c'est une approche mutuellement bénéfique.

 

Sur le référendum à Cuba

 

Un référendum a été organisé à Cuba dimanche 24 février, lors duquel plus de 85% des votants ont approuvé la nouvelle Constitution du pays. L'adoption de la nouvelle Constitution, préparée en tenant compte des propositions formulées durant le débat populaire de trois mois qui avait précédé le scrutin, s'est déroulée dans le cadre d'un processus démocratique par un vote libre des citoyens cubains.

Le choix autonome des Cubains s'est porté sur un modèle de développement optimal et préférable, selon eux, de l'ordre public et sociopolitique à l'étape actuelle, correspondant aux exigences de transformations socioéconomiques dans le pays.

La nouvelle Constitution réaffirme la continuité des dispositions de La Havane en politique étrangère, basées sur l'attachement au respect inconditionnel des normes et des principes du droit international, notamment le respect de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres États. Nous sommes convaincus que le maintien de la communauté de nos approches sur la scène internationale contribuera au renforcement du partenariat stratégique entre la Russie et Cuba sous différentes formes et manifestations.

 

Sur le déroulement du sommet américano-nord-coréen à Hanoï

 

Compte tenu du déroulement du second sommet États-Unis-Corée du Nord les 27 et 28 février à Hanoï, nous exprimons notre appréciation positive de la disposition du Président américain Donald Trump et du Président du Conseil d’État de la Corée du Nord Kim Jong-un à poursuivre le dialogue américano-nord-coréen. Nous sommes convaincus qu'il doit être appuyé par des démarches concrètes réelles de l'un vers l'autre et évoluer sur la base d'approches de compromis avec un accent sur la création d'une atmosphère de confiance. Il est évident que le processus de règlement de tous les problèmes de la péninsule de Corée, y compris nucléaire, nécessite du temps et une patience maximale de tous les acteurs.

Nous trouvons extrêmement important de préserver la dynamique positive des processus politiques et diplomatiques dans cette région dans le cadre des initiatives russo-chinoises que vous connaissez. Dans ce contexte, nous réaffirmons la disposition de la Russie à renforcer la coopération multilatérale avec toutes les parties impliquées et à unir les efforts afin de régler la situation sur la péninsule de Corée.

 

Un an après l'empoisonnement des Skripal

 

Lundi 4 mars, cela fera un an que l'ancien colonel des services de renseignement russes Sergueï Skripal et sa fille ont été empoisonnés. Il est même compliqué de caractériser exactement les faits qui se sont produits. C'est tragique, mais en même temps tragicomique. Personne n'est en mesure de dire ce qui s'est passé exactement. Il est cependant évident que le Royaume-Uni a lancé une campagne d'information antirusse sans précédent, frappant par son cynisme et son caractère paradoxal. Historiquement, une certaine partie de l'establishment britannique est prête à tout - on a déjà cité beaucoup de preuves à ce sujet - y compris au bluff, aux fraudes et aux provocations, notamment au niveau international. Il existe énormément d'exemples d'un tel comportement dans l'histoire du pays. En ce qui concerne l'affaire Skripal, le Gouvernement de Theresa May a manifestement dépassé ses propres limites. Il a surpassé tous les précédents historiques et tous ses prédécesseurs connus. On a l'impression que les autorités britanniques ont décidé de tester en même temps plusieurs méthodes de création et de promotion de provocations internationales.   

Le monde entier se rappelle très bien de la célèbre éprouvette contenant de prétendus échantillons d'armes irakiennes de destruction massive, que l'ancien Secrétaire d'État américain Colin Powell avait présentée à l'Onu en 2003. On se souvient très bien aussi de l'interview de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair accordée à la chaine CNN en 2015, pendant laquelle il avait présenté ses excuses pour avoir participé à l'invasion en Irak sur la base de données de renseignement erronées. Nous connaissons très bien tout cela. Nous sommes au courant de tous les types de vidéos truquées, savons comment elles sont créées. Mais il est très difficile de trouver dans l'histoire contemporaine un cas où des hauts responsables d'un pays accusent un autre État d'un crime présumé sans se donner la peine de présenter à l'opinion publique ne serait-ce qu'un semblant d'arguments ou de preuves. Ils craignaient probablement que nous démentissions toutes leurs fausses informations. Le verdit accusatoire et sans appel contre la Russie a été adopté en utilisant une nouvelle technique, un nouveau terme du droit international qui est pour toujours entré dans l'histoire des relations internationales: "highly likely". Il n'est désormais plus nécessaire de présenter des témoignages ou des preuves, d'utiliser des mécanismes de vérification élaborés dans le cadre du droit international existant: il suffit d'utiliser les termes "il semblerait", "il est possible" ou "probablement" pour que tout le monde y croie. Qui plus est, cette "croyance" se solde par des mesures très concrètes, entre élargissement des sanctions, expulsion massive de diplomates, et stigmatisation internationale. Tout cela a été testé dans le contexte de notre pays et contre notre gouvernement.        

Si l'on étudie les statistiques des contenus des médias britanniques depuis un an, notamment le nombre de propos officiels sur l'affaire Skripal, on comprendra tout de suite que ce thème a été l'un des principaux thèmes internationaux de leur espace médiatique, concurrençant celui du Brexit - voire dépassant ce dernier. Les médias, les services secrets et les responsables britanniques ont fourni de manière systématique et régulière, en coopération étroite, des doses d'information régulières à ce sujet pour le maintenir constamment à flot. Ainsi, les citoyens britanniques avaient la possibilité de regarder chaque jour de nouveaux épisodes de cette série qu'on lui imposait. Si cette dernière devenait ennuyeuse, on introduisait de nouveaux détails croustillants tels que les dernières informations sur un "troisième empoisonneur". Qu'avons-nous donc de concret malgré cette abondance d'informations? Nous avons énormément de faits non-confirmés, voire mystérieux ou sinistres, ce que l'on constate notamment dans les révélations concernant le laboratoire de Porton Down. Il n'existe cependant rien de concret ou de substantiel. Personne ne peut répondre aux questions principales: que s'est-il passé avec les Skripal? Où sont-ils? Viktoria, la nièce de Sergueï Skripal, a récemment exprimé des doutes concernant le fait que son oncle soit encore vivant, et a annoncé sa volonté de demander à la justice russe de reconnaître sa cousine Ioulia comme une personne disparue. Les Britanniques n'ont répondu à cette démarche par aucun document officiel, à l'exception des propos de leur ambassadeur à Moscou qui a affirmé que Sergueï Skripal était vivant. On peut certainement croire cet homme sur parole. Comme Viktoria l'a indiqué en février aux journalistes, elle a contacté Ioulia pour la dernière fois il y a six mois. Elle a visiblement des raisons de l'affirmer. Nous sommes du même avis: l'Ambassade russe a envoyé depuis un an beaucoup de demandes d'accès consulaire à la citoyenne russe, qui se sont heurtées au refus des Britanniques. La situation est de fait paradoxale: tous les médias sont remplis de contenus sur les Skripal, mais personne ne sait rien de leur situation ou de cet événement. C'est un fait. Les seuls faits présentés dans cette vague de publications sont les suivants: leurs animaux domestiques ont été tués et incinérés, leur maison a été fermée et, selon les médias, est en train d'être détruite, alors que les Skripal ont été - au mieux - cachés de la société, mais nous ne pouvons pas le dire avec certitude.

Y a-t-il d'autres faits irréfutables? Le sujet des Skripal, de l'incident de Salisbury et d'Amesbury, a été le seul agenda accusatoire sur le territoire britannique, un consensus qui a permis au Gouvernement de Theresa May de souder l'establishment politique.

Il faut également souligner le comportement des médias britanniques, célèbres pour leur amour des enquêtes journalistiques. Nous les avons plus d'une fois pris en flagrant délit de fraudes et de falsifications, mais ils tentent en général de créer au moins l'apparence d'une approche professionnelle. Ils ne se sont même pas donné la peine de le faire dans l'affaire Skripal. Aucun expert n'a encore examiné en détail le grand nombre de décalages évidents dans les informations présentées par les journalistes. Ce travail est visiblement peu intéressant, car il ne peut apporter aucun dividende politique. Les infox se poursuivent. L'essentiel est qu'il y a un certain lien mystérieux avec le Brexit.  

 

Sur les déclarations du général John Hyten, chef du Commandement stratégique des forces armées américaines, au sujet des armes stratégiques

 

Notre attention a été retenue par la déclaration du général John Hyten, chef du Commandement stratégique des forces armées américaines, au sujet des nouveaux armements russes dans le contexte du traité START. Il s'exprimait dans le cadre des audiences du 26 février devant la commission des forces armées du Sénat.

Je voudrais rappeler que ce traité ne porte que sur les missiles balistiques intercontinentaux, les missiles balistiques des sous-marins et les bombardiers lourds. John Hyten lui-même l'a reconnu, d'ailleurs.

Nous partons du principe que la question des armements qui ne sont pas des missiles intercontinentaux, des missiles de sous-marins et des bombardiers lourds - et ne sont donc pas concernés par le traité START - pourrait être étudiée dans le cadre du dialogue stratégique avec les États-Unis. Nous l'avons indiqué à plusieurs reprises à la partie américaine, notamment lors des réunions de la Commission consultative bilatérale sur le traité START. Cependant, Washington évite obstinément le dialogue, préférant attiser l'hystérie dans l'espace public.

Nous jugeons qu'une telle approche ne peut pas contribuer à faire passer la discussion dans un cadre constructif. Un échange professionnel approfondi sur les préoccupations réciproques est nécessaire, tout autant qu'une recherche de solutions mutuellement acceptables visant à renforcer la confiance, ainsi que la sécurité et la stabilité internationales.

 

Sur les résultats de la 63e session spéciale du Conseil exécutif de l'OIAC

 

Le Conseil exécutif de l'OIAC s'est réuni à La Haye le 25 février pour évoquer la proposition russe d'ajouter de nouvelles substances aux listes de produits chimiques contrôlés par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. En prévision de cette activité, les experts spécialement venus à Moscou avaient organisé plusieurs conférences pour les États parties de la CIAC. Les explications les plus détaillées ont été fournies pour exposer le fond de l'initiative. Elle est complexe, contient des formulations pesées et s'appuie sur une sérieuse base factuelle. L'objectif principal consiste à renforcer le régime de non-prolifération prévu par la CIAC, en ajoutant aux listes de contrôle les produits chimiques toxiques de nouvelle génération les plus dangereux du point de vue de la reproduction des armes chimiques.

Force est de constater que les pays occidentaux ont mal pris notre approche et ont initié un vote. Profitant de la supériorité numérique des voix des pays membres de l'Otan et de leurs alliés proches au sein du Conseil exécutif, ils ont bloqué la proposition russe pour la simple et bonne raison qu'il était proposé d'ajouter à la liste des produits chimiques contrôlés des substances toxiques neuro-paralytiques sur lesquelles travaillent les instituts de recherche de plusieurs pays occidentaux.

Nous partons du principe que le dernier mot sur le fond de la question sera tout de même dit par les 193 États parties de la CIAC. Conformément à la Convention a commencé la "procédure d'approbation tacite" de 90 jours. Si, durant cette période, au moins un pays s'opposait à la décision du Conseil exécutif de l'OIAC et soutenait l'initiative russe, la question serait soumise à l'examen de l'organe supérieur de l'Organisation – la Conférence des États parties de la Convention.

 

Sur la récente cyberattaque contre NTV-MIR

 

Nous sommes de plus en plus préoccupés par les déclarations de certains pays occidentaux concernant leur disposition à mener des actions agressives dans le cyberespace, qui viseraient à contrer les menaces hydrides émanant de l'extérieur et à refréner d'autres États dans leurs tentatives supposées d'organiser des cyberattaques contre l'infrastructure des pays occidentaux, notamment grâce à des mesures préventives. La Russie est désignée en tant que principale cible de ce "refrènement".

Force est de constater, dans ce contexte, les cyberattaques de plus en plus fréquentes contre le segment russe de l'internet, ainsi que les sites des médias russes. En particulier, ces derniers jours a eu lieu une vaste attaque DDoS contre NTV-MIR avec la participation de plus de 3 millions adresses IP, pour la plupart enregistrées aux États-Unis.

Nous continuerons de suivre de près la situation et de tirer les conclusions qui s'imposent sur l'ampleur des cybermenaces. Nous transmettrons ces informations aux structures internationales compétentes, car il s'agit d'une attaque contre l'espace informatique russe. Nous sommes très préoccupés par l'origine de ces menaces.

 

Sur la cessation de la diffusion de la radio Sputnik à Berlin et dans le Brandebourg

 

La radio SNA de l'agence de presse internationale Sputnik devra cesser sa diffusion à Berlin et dans le Land voisin du Brandebourg à partir du 1er mars. La radio était diffusée à Berlin et dans le Brandebourg sur les ondes de la station MEGA Radio possédant une licence temporaire pour la transmission d'un signal numérique. Fin 2018, sa demande d'obtenir une licence permanente a été déclinée par le régulateur. Ce refus a notamment été motivé par le fait que MEGA Radio dépendait financièrement de l'Agence d'information internationale Rossiya Segodnya, et diffusait son contenu sur ses ondes environ 12 heures par jour. Les autorités allemandes n'étaient pas non plus satisfaites par le fait que le propriétaire des ondes "ne contrôle pas le contenu du canal". Aucune réclamation n'avait été officiellement formulée par le régulateur concernant le contenu des émissions. Y avait-il des signes de propagande, de fake news, une déformation de l'information, une désinformation, peut-être une violation des principes fondamentaux professés par l'Allemagne? Selon moi, il n'y avait rien à dire. Nous avons récemment écouté une conférence de la communauté professionnelle en Allemagne, on avait réuni pour nous une information politique concernant le respect de la liberté des médias et de la liberté d'expression en Allemagne. De nombreuses publications ont été faites à ce sujet. La Russie ne peut que rêver d'une telle "liberté d'expression".

Sur fond de détérioration globale de l'atmosphère autour des médias russes en Allemagne, il est difficile de ne pas percevoir de composante politique dans la situation entourant Sputnik. Nous appelons les autorités allemandes, notamment la fameuse communauté professionnelle qui s'est dite fière de son propre niveau de liberté d'expression, à se baser sur la nécessité d'assurer la liberté d'expression dans la régulation de l'activité des médias.

Nous suivrons de près cette situation.

 

Sur le rôle de la propagande dans la préparation de l'attaque de l'Otan contre la Yougoslavie

 

Je voudrais citer un exemple de ce dont les médias russes sont accusés aujourd'hui en Occident, pour montrer ce qu'est la véritable propagande. Je veux parler de faits qui se sont déroulés pendant l'opération illégale, sanglante et criminelle menée par l'Otan contre la Yougoslavie.

La propagande a joué un rôle décisif dans la préparation de l'agression de l'Otan contre la Yougoslavie. Pendant de longs mois, les médias occidentaux avaient mené une campagne hystérique sur les prétendues répressions massives contre les Albanais, tout en passant sous silence la vaste activité terroriste des combattants albanais-kosovars, leurs horribles crimes, notamment les kidnappings pour le trafic d'organes humains.

Je voudrais dire qu'aucun thriller sur de telles horreurs ne saurait être comparable à ce qui s'est réellement passé, à ce qui ressort des dossiers de l'enquête.

Le prétexte direct pour lancer les bombardements, vous le savez, a été le prétendu "massacre de civils" dans le village de Racak, attribué aux forces de l'ordre serbes. Cela a été relayé par tous les médias occidentaux et les structures officielles de l'Otan et de l'UE. Puis l'examen des médecins légistes finlandais a révélé qu'il s'agissait d'une provocation, et que les "civils" étaient en réalité des combattants albanais qui avaient été tués dans des affrontements. Tout cela a été passé sous silence, évidemment.

En résultat de cette campagne de propagande, une agression armée a été lancée contre un État européen qui a été séparé par la force d'une partie de son territoire - la région autonome du Kosovo. C'est au printemps 1999 que l'Otan a enterré le droit international en Europe. Après cela, nous considérons toutes les déclarations des capitales occidentales sur la violation du droit international et de la liberté d'expression par qui que ce soit, ainsi que la perception de la propagande où que ce soit, comme une hypocrisie non dissimulée, et rien d'autre.

 

Sur de nouveaux actes de vandalisme et de révision de l'histoire en Pologne

 

Notre patrimoine mémoriel continue de subir des outrages intentionnels en Pologne, de la part de différents révisionnistes et délinquants.

Dans la ville polonaise de Nowy Sącz (voïvodie de Petite-Pologne) a été constaté un nouveau cas de profanation de tombes soviétiques. Cette fois, les vandales ont attaqué la sépulture de soldats de l'Armée rouge au cimetière municipal: la serpe et la faucille ont été volées sur l'obélisque, et à la place ont été peints des signes de la "Pologne combattante" et l'inscription "à bas la commune".

 A Kielce (voïvodie de Sainte-Croix), les membres du conseil municipal ont ordonné d'exclure 29 soldats de l'Armée rouge de la liste des citoyens d'honneur. Comme c'est de coutume ces dernières années, ils ont motivé leur décision par le "rétablissement de la justice historique".

L'administration locale de Slawno (voïvodie de Poméranie occidentale) a démantelé un monument en hommage à ceux qui avaient sauvé la Pologne contre les occupants nazis: le légendaire T-34 à bord duquel, affirment les spécialistes, avait combattu un équipage polonais au sein de la 3e armée blindée de la Garde du général Alexeï Panfilov, a été retiré du piédestal sur lequel il se trouvait.

Toutes ces actions sont profondément amorales. Si la délivrance de tout un peuple de la menace d'une élimination totale ne mérite pas d'être immortalisée, alors toutes les discussions sur la prétendue "vérité historique" sont inutiles. Ceux qui définissent la politique publique polonaise sur les questions commémoratives doivent se rappeler que chaque nouvelle attaque de ce genre est un outrage direct à la mémoire des héros de la Seconde Guerre mondiale et de leurs descendants, ainsi qu'une réécriture de l'histoire. Il est temps que cela s'arrête.

 

Réponses aux questions:

Question: Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a annoncé en janvier que la Russie accueillerait certainement en 2019 un sommet tripartite entre les présidents russe, azerbaïdjanais et iranien. Le Ministère des Affaires étrangères dispose-t-il d'informations sur les préparatifs de cet événement? Ce format est-il efficace dans le contexte des sanctions anti-iraniennes? Répond-il aux intérêts russes?

Réponse: Tout format concerté par des États et qui ne vise pas à nuire à d'autre pays mais envisage de favoriser le règlement de problèmes internationaux est constructif. Les parties ont le droit d'y recourir compte tenu des conditions susmentionnées. Il s'agit d'une pratique internationale normale.

En ce qui concerne les préparatifs du sommet, il faut adresser votre question aux organes de pouvoir du niveau approprié.

Question: Bakou a accueilli cette semaine un événement organisé au niveau étatique, qui ne peut être considéré autrement que comme une nouvelle manifestation de l'hystérie antiarménienne en Azerbaïdjan. Le plus étrange est qu'une délégation sérieuse du Parlement russe a pris part à cet événement propagandiste azerbaïdjanais. Le président du Parlement arménien, Ararat Mirzoïan,  qui se trouvait à ce moment-là à Moscou, a exprimé sa perplexité. L'Ambassade arménienne a également présenté ses protestations. Qui a organisé le déplacement de cette délégation? Je vous prie de présenter votre estimation de la participation des parlementaires russes à cet événement douteux.        

Réponse: Tout d'abord, je voudrais souligner que le conflit du Haut-Karabagh, terrible et sanglant, s'est soldé par la mort et les souffrances de beaucoup de personnes innocentes, tant côté azerbaïdjanais qu'arménien. La Russie l'a toujours considéré comme une tragédie énorme. Cette position russe est connue, mais je voudrais attirer l'attention sur elle encore une fois.

Notre pays fait beaucoup d'efforts pour aider les belligérants à régler le problème qui les oppose par la voie pacifique. Cela restera prioritaire dans le cadre de notre politique dans la région et pour la formation des approches russes dans ce domaine.

Vous avez indiqué que des députés russes avaient pris part à cet événement. Je pense qu'il serait plus pertinent de poser la question de l'organisation du déplacement directement à ceux qui y ont participé. Nous avons déjà souligné que le Ministère russe des Affaires étrangères n'était pas coorganisateur de cet événement.

Question: Est-ce Moscou se distancie officiellement des initiatives que mon confrère arménien a mentionnées? En fin de compte, la Douma n'est pas un club d'intérêts mais bien l'organe législatif supérieur de la Fédération de Russie.

Réponse: C'est une bonne remarque des représentants des médias arméniens. Je voudrais rappeler que, dans une société démocratique, le parlement est élu par les citoyens qui ont des positions politiques divergentes sur différentes questions. Nous avons également le partage du pouvoir entre les branches exécutive, législative et judiciaire. J'ai présenté la position officielle de la Fédération de Russie. Différents politiciens ont toutefois leurs propres points de vue, ce qui est absolument normal.  

Question: Peut-on dire que des films tels que Frontière balkanique, projeté récemment en marge de la Berlinale, nous permettent de promouvoir la vérité?

Réponse: Premièrement, je ne l'ai pas vu. Deuxièmement, nous parlons d'une position officielle. Je voudrais éviter d'avoir à faire des commentaires concernant des œuvres d'art dans le cadre d'une activité organisée par le Ministre des Affaires étrangères. Je peux néanmoins dire que ces dernières doivent comprendre la vérité historique. Les œuvres d'art et les médias ne doivent certainement pas être transformés en outils de propagande, notamment afin d'atteindre les objectifs posés à l'époque par l'Alliance.

Si cette œuvre tente de présenter une analyse objective, on peut la considérer comme une contribution constructive. Les événements de cette époque ont montré comment des personnes malhonnêtes pouvaient utiliser les médias et tous les moyens liés à l'accès d'un public large aux informations dans leurs propres intérêts, et quelles répercussions cela pouvait provoquer.

Il s'agit d'une question polémique - j'ai en beaucoup débattu avec les journalistes - mais, à mon avis, tout ce qui est lié à une diffusion massive d'informations implique une certaine responsabilité, notamment des personnalités artistiques. Dans le contexte des événements historiques, il faut certainement travailler avec les documents, vérifier les données et présenter la vérité historique.       

Question: Une résolution sur le Venezuela va être présentée aujourd'hui au Conseil de sécurité de l'Onu, qui s'appuie partiellement sur le "mécanisme de Montevideo" soutenu par le Mexique et l'Uruguay. Est-ce que la Russie pourrait participer directement au fonctionnement de ce mécanisme de coopération?

Réponse: Comme les dirigeants du Ministère russe des Affaires étrangères l'ont déjà souligné à plusieurs reprises, nous soutenons ce mécanisme à l'étape actuelle. Nous soulignons la nécessité d'y impliquer des intermédiaires, naturellement, avec l'approbation du Venezuela et à condition que ce pays accepte les efforts de médiation qui doivent viser une solution constructive à la crise au Venezuela et autour du pays en respectant les principes fondateurs du droit international et la Charte de l'Onu. C'est comme ça que nous interprétons notre rôle de soutien au mécanisme de Montevideo.

S'il était nécessaire d'utiliser davantage de nos capacités, nous examinerions cette question. La Russie soutient activement la normalisation de la situation au Venezuela et le respect du droit international. Nous sommes certains qu'il n'existe aucune alternative au règlement politique et diplomatique de la situation, et qu'il est absolument inacceptable de recourir à la force militaire voire à l'intervention militaire  dans le contexte du règlement de la crise intérieure dans ce pays.

Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises qu'il était crucial - outre les éléments susmentionnés - de créer des conditions normales au lieu d'aggraver la crise au Venezuela et d'affirmer ensuite que la population souffrait d'un manque d'aliments et de la chute des indicateurs économiques.        

Nous avons toujours indiqué que l'on percevait derrière la crise vénézuélienne certains États - on les voit désormais tout à fait clairement - qui provoquaient cette situation. C'est absolument inacceptable. 

Question: Le Washington Post a récemment publié un article citant des sources anonymes haut placées qui indiquaient que pendant les élections au Congrès américain en 2018, la National Cyber Security Division avait réussi à couper d'internet un groupe russe présenté dans cette publication comme une "ferme à trolls". Le plus intéressant est que cet article affirme qu'il ne s'agissait que de la première opération offensive contre la Russie. Sous-entendu: elle ne sera donc pas la dernière et on assistera à d'autres attaques. Avez-vous des informations à ce sujet? Qu'en pensez-vous? Quelle est la réaction du Ministère russe des Affaires étrangères? Considérez-vous cela comme une attaque directe contre l'État russe et une menace pour sa sécurité?

Réponse: En ce qui concerne l'existence ou l'inexistence de cette attaque, je pense qu'il faut poser cette question aux responsables américains et aux structures mandatées. Ces derniers semblent toujours très bien connaître les cibles et les dates de nos attaques présumées, et nous voudrions bien entendre des confirmations ou des démentis de ces informations. Nous aurions alors les données nécessaires. Il s'agit, premièrement, de l'article d'un journal et, deuxièmement, d'une attaque contre un organe non-étatique. Comment pouvons-nous commenter ces informations? Aujourd'hui, nous avons déjà mentionné des faits confirmés d'attaques. Nous les apprenons grâce aux informations transmises par des entreprises, comme dans le cas de NTV, ou nous partageons nos données concernant des cyberattaques contre des organes publics russes.

Nous parlons régulièrement du nombre d'attaques subies par le site du Ministère russe des Affaires étrangères, ainsi que par d'autres organes et structures publics. Nous enregistrons évidemment toutes les tentatives d'agression contre notre pays dans le cyberespace, et constatons leur croissance. Qui plus est, il ne s'agit plus d'amateurs qui se comportent comme des voyous dans l'espace radio, mais d'opérations concertées. Ce ne sont plus des radioamateurs. Il s'agit d'un travail global qui vise à mettre hors service tout un nombre de mécanismes, de structures et de ressources des organes publics et de grandes entreprises russes.         

J'ai présenté aujourd'hui des données transmises par la chaîne de télévision NTV. Pourquoi nous ont-ils envoyé ces informations? Parce que le Département de l'information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères accumule toutes les données liées aux violations des droits des médias russes à l'étranger - attaques, agressions, comportements inacceptables - pour les transmettre aux structures internationales appropriées, ce que nous faisons évidemment.

Je souligne encore une fois que nous voudrions bien obtenir une réaction officielle, notamment de la part des Américains, comme il s'agit d'un article américain qui parle des actions américaines.

Par ailleurs, je voudrais évoquer un fait intéressant: le Ministère russe des Affaires étrangères a envoyé début février une note officielle aux Américains pour demander leur consentement à la publication de la correspondance qui s'était déroulée fin 2016 - début 2017 et concernait les préoccupations américaines au sujet d'une pénétration illégale dans leurs réseaux nationaux. Poursuivant ses accusations publiques contre la Russie, l'administration de Barack Obama - si vous vous souvenez bien de cette situation - avait envoyé une requête officielle à Moscou. Nous y avions répondu volontiers. Peut-être ne vous rappelez-vous pas du sens de la requête, mais vous vous souvenez certainement que nous avions évoqué ces contacts avec l'administration de Barack Obama, que avions régulièrement demandé ce qui préoccupait les Américains et avions volontiers répondu à ses questions. Les Américains ont rejeté notre proposition de publier le contenu de cette correspondance.

Cette histoire indique que nous avons affaire à une falsification totale et, malheureusement, prolongée. L'exemple de la chaîne NTV montre que ces attaques sont lancées notamment depuis les États-Unis. Dans tous les cas, on constate un grand nombre d'opérations depuis ce pays. Malheureusement, la volonté de dissimuler la correspondance en question et de ne pas la rendre publique témoigne de la faiblesse absolue de leurs positions, bien que ces documents ne contiennent pas de données vraiment sensibles. Ils pourraient pourtant présenter des informations intéressantes à tous ceux qui s'interrogent sur les relations entre Moscou et Washington dans le cyberespace. Mais, je le répète, les Américains ne nous ont pas permis de publier ce document.    

Question: Dans le cadre de l'opération de nettoyage du dernier bastion de Daech à l'est de l'Euphrate dans la localité de Baguz, les combattants de Daech - qui comprennent beaucoup de ressortissants étrangers, notamment de citoyens russes - se rendent massivement aux Kurdes. Ces derniers ont déjà contacté les pays européens et tous les États intéressés afin de créer les conditions nécessaires pour la condamnation ou l'évacuation de ces extrémistes. Quelles seront les actions de la Russie concernant ces combattants?

Réponse: Cette question incombe aux organes de justice. Ces derniers vérifient les données transmises, ouvrent des affaires pénales et utilisent des mécanismes appropriés sur la base de la législation russe. Le premier pas est pourtant dans la vérification des informations. Si ces personnes sont citoyennes de la Fédération de Russie, leur sort sera décidé par les organes de justice sur la base des lois existantes.

On constate malheureusement, parmi les combattants des groupes terroristes, beaucoup de ressortissants russes ou de personnes liées d'une manière ou d'une autre à l'espace postsoviétique, qui ont un passé sombre sans citoyenneté claire. Beaucoup de ces dernières ont spécialement détruit leurs papiers ou ont obtenu des documents falsifiés. C'est pourquoi même la vérification de leur citoyenneté russe est un processus très long compte tenu des changements géopolitiques survenus dans l'espace postsoviétique. Toutes les questions seront résolues de la manière habituelle. Il n'y a rien de vraiment novateur.

Question: Est-ce le Centre russe de réconciliation des belligérants qui s'en chargera?

Réponse: Cette question relève en premier lieu des forces de l'ordre de la Fédération de Russie. Mais les informations seront vérifiées par toutes les autorités compétentes.

Question: En interview avec des chaînes vietnamiennes et chinoises, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que Moscou étudiait la possibilité de déployer la police militaire russe à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Y a-t-il des démarches concrètes en ce sens? Mène-t-on des négociations à ce sujet avec les Kurdes et Damas?

Réponse: Bien sûr, derrière cette déclaration se trouvait davantage de pratique que de théorie. Ces commentaires ont été faits par le Ministre russe des Affaires étrangères sur la base d'informations concrètes. Mais toutes ces données sont détenues par nos militaires.

Question: Que peut faire la Russie avec l'OSCE pour faire cesser la nouvelle effusion de sang dans le Donbass, provoquée par l'Ukraine suite au lancement de la campagne électorale?

Réponse: J'en ai déjà parlé aujourd'hui. Dans votre question, vous avez confirmé ce que j'avais dit: malheureusement, nous n'excluons pas des provocations dans le cadre des élections et de la campagne électorale qui a commencé en Ukraine.

Que fait la Russie pour empêcher des scénarios sanglants? Premièrement, nous en parlons publiquement et nous exposons les faits au grand jour. C'est déjà beaucoup. Deuxièmement, évidemment, nous transmettons les informations dont nous disposons aux structures compétentes dans le cadre de l'OSCE. Et, évidemment, nous entretenons des contacts bilatéraux avec ceux qui protègent le régime de Kiev et ont la possibilité d'influencer directement les démarches entreprises par les autorités ukrainiennes.

Question: Des médias serbes écrivent que Tony Blair donne gratuitement des conseils au gouvernement serbe concernant les nouvelles frontières de la Serbie. La Russie est constamment accusée de rester attachée uniquement à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies quand il s'agit des questions relatives à la Serbie. Quelle est votre position à ce sujet?

Réponse: Nous soutenons toujours les solutions qui seront dans intérêt de la Serbie et de Serbes. Après tout, il est question d'un peuple et d'un État. Il ne faut pas enchaîner les clichés, mais se tenir à des thèses très claires. Nous avons dit à plusieurs reprises qu'il existait un ensemble de documents juridiques internationaux régulant cette situation. Bien évidemment, nous les jugeons d'actualité parce que personne ne les a annulés, notamment la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies que vous avez mentionnée. Nous voyons et comprenons que la Serbie tente de régler ce problème, notamment par les négociations. Nous soutenons les décisions qui répondrons aux intérêts de la Serbie et de son peuple. L'unité de ces thèses constitue la position russe. Elle est cohérente et n'a pas changé. Nous la réaffirmons quand ce problème s'aggrave - or il s'aggrave périodiquement, malheureusement, pour de mauvaises raisons, par exemple les actions du Kosovo vis-à-vis de Belgrade, des Serbes et de la Serbie, notamment sur le plan commercial et économique, qui sont barbares et ne correspondent ni aux valeurs européennes ni aux normes acceptables pour le monde contemporain.

Question: Vous avez mentionné que les terroristes du Front al-Nosra continuaient de commettre des attaques contre des civils à Alep. Est-ce que cela signifie que les accords sur Idleb ont échoué?

Réponse: Je dirais de manière plus diplomatique que les accords ne sont pas encore totalement remplis.

Question: Que pense la Russie des perspectives des contacts entre les représentants américains et les talibans pour établir la paix en Afghanistan?

Réponse: Il est assez difficile d'évaluer les perspectives de ces contacts avant qu'ils n'aient eu lieu. Dans l'ensemble, nous soutenons la conclusion d'accords au profit du processus de paix afghan - cette position de notre pays est très bien connue. Je pars tout de même du principe qu'il faut commenter les résultats de telles rencontres si elles apportent des résultats. Si vous voulez poser des questions sur une rencontre concrète, je fournirais un commentaire avec plaisir.

Nous avons reçu des questions à ce sujet, concernant notamment les initiatives en ce sens. Par exemple, nous avons reçu une question nous demandant d'évaluer l'initiative du gouvernement afghan d'organiser une réunion concernant le processus de paix à Kaboul. Le 7 mars 2019, le gouvernement afghan compte organiser dans sa capitale la 3e réunion du processus de Kaboul consacrée à l'établissement du dialogue de paix et à la lutte contre le terrorisme sur le territoire de cet État. La Russie a reçu une invitation à cette activité. En principe, nous soutenons les efforts du gouvernement afghan visant à lancer des négociations directes avec l'opposition armée et à régler toutes les questions annexes, à savoir l'instauration du cessez-le-feu, la libération des prisonniers, l'organisation du dialogue interafghan sur le futur aménagement politique du pays, etc. Malheureusement, à l'étape actuelle toutes les tentatives n'apportent pas de résultats notables. Nous sommes convaincus que dans les conditions actuelles, le format de Moscou de consultations sur l'Afghanistan est la plateforme optimale pour apporter une contribution internationale au lancement du dialogue interafghan. Nous pensons que c'est sur sa base qu'il sera possible de coordonner les efforts des principales puissances mondiales, des acteurs régionaux et des belligérants afghans pour chercher des solutions à la crise afghane.

Les réunions dans le cadre du forum "Dialogue interafghan" ont également un grand potentiel. La première a eu lieu à Moscou les 5 et 6 février 2019. Dans le cadre de ce format, les Afghans ont organisé entre eux un dialogue approfondi sur les perspectives du processus de paix en Afghanistan qui tiendrait compte des intérêts de toutes les couches de la société afghane indépendamment de l'appartenance religieuse et ethnique. La prochaine réunion est prévue à Doha les 25 et 26 mars 2019.

Nous avons également remarqué l'initiative des autorités afghanes d'organiser en mars 2019 une Large réunion interafghane sous l'égide du gouvernement afghan. Nous remarquons que plusieurs personnalités politiques influentes de l'Afghanistan et des talibans ont exprimé leur attitude négative par rapport à cette activité, en expliquant qu'elles y percevaient les intentions du Président afghan actuel Ashraf Ghani de reporter l'élection présidentielle à venir pour prolonger son mandat de chef de l’État. La plupart des Afghans exigent une Loya Jirga (Grande assemblée) à part entière, et non consultative, pour régler les questions relatives au lancement du processus de paix dans le pays.

Question: Mon confrère serbe a mentionné les propos du Ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic concernant l'étude de la possibilité de délimiter le Kosovo. Comment se comporterait la Russie dans ce cas?

Réponse: La Russie se comporte déjà comme un véritable ami fiable de la Serbie en défendant les intérêts de cet État, qui subit une pression colossale de la part de ces mêmes partenaires occidentaux qui promettent à Belgrade d'immenses privilèges, tout en l'"étouffant" dans leurs bras. La Russie peut et doit parler de son comportement vis-à-vis de la Serbie non pas au futur, mais au présent. Il consiste en une aide, en un soutien politique, moral, économique et d'infrastructure qui est réellement lié au développement de la Serbie en tant qu’État et à la prospérité des Serbes en tant que nation. Tout cela existe déjà. Pourquoi parler de ce qui se passera dans le futur? Nous avons clairement décrit les contours du futur dans notre position, en disant que toute solution à cette question très complexe, qui correspondrait aux intérêts des Serbes et de la Serbie en tant qu’État, serait évidemment soutenu par la Russie. Il n'y a pas d'autres approches. Mais il ne faut pas formuler notre position comme une position portant sur des actions futures. C'est une position active pour protéger les droits des Serbes. Malheureusement, les partenaires occidentaux négligent depuis longtemps les droits de ce peuple et le font de manière très agressive.

Question: La compagnie Google a reconnu dans des courriers adressés aux collaborateurs de riafan.ru qu'elle les surveillait. Ils étaient surveillés via leur boîte Gmail. Les informations confidentielles et la correspondance étaient analysées par les collaborateurs de Google et transmises aux structures publiques américaines dans le cadre de l'enquête du Procureur spécial américain Robert Mueller. Dans quelle mesure est-il normal que les États-Unis fassent de la surveillance et ne se gênent pas de le reconnaître? Y a-t-il un risque que, de la même manière, les structures américaines ne surveillent pas uniquement les journalistes?

Réponse: Premièrement, le problème est que dans ce contexte nous utilisons de moins en moins souvent le mot "normal". Deuxièmement, je le commenterai avec plaisir, mais d'abord je voudrais lire ces magnifiques aveux. Si vous nous les transmettez officiellement. Nous les lirons et formulerons obligatoirement un commentaire. C'est un nouveau "savoir-faire". Je n'ai encore jamais rien vu ni lu de tel.

Question: Vous avez mentionné aujourd'hui l'anniversaire de la tragédie de Salisbury - le prétendu empoisonnement des Skripal. A ce jour, personne ne connaît leur sort. La campagne médiatique lancée à l'époque par le Royaume-Uni n'est pas encore terminée. Que pouvez-vous dire du fait que le Royaume-Uni a tout à coup décidé de mener une enquête sur le territoire bulgare?

Réponse: J'ai déjà dit qu'il s'agissait d'un nouvel élément de la campagne médiatique que vous avez évoquée. Il est toujours possible d'avancer d'un nouvel élément vers un autre nouvel élément, mais nous voudrions tout de même recevoir des réponses élémentaires aux questions principales. Nous sommes constamment déviés de la vérité par la création d'équations avec de nouvelles inconnues. Mais il existe une question élémentaire à laquelle nous voulons obtenir une réponse: que s'est-il concrètement passé à Salisbury il y a un an (date, lieu, circonstances, acteurs, mesures prises)? C'est une question très simple sans répondre à laquelle il est inutile d'aller plus loin. Personne n'a apporté de réponse officielle à cette question. Même la simple chronologie des faits n'a pas été officiellement présentée. Sachant que les indices généraux sont détruits ou sont déjà détruits.

Question: Comment le rapport du Procureur spécial américain Robert Mueller pourrait-il influencer les relations russo-américaines?

Réponse: Je ne trouve pas utile de commenter concrètement ce rapport en tant que facteur des relations bilatérales, car dans les relations russo-américaines se produisent chaque jour des choses qui, il y a encore dix ans, auraient pu mettre ces relations sens dessus dessous. Aujourd'hui, c'est considéré comme banal. Pratiquement tous les jours nous le constatons de la part de Washington des déclarations, des actions, des sanctions, des listes, des menaces, des diffamations, des fakes, et de la désinformation.

Les termes du rapport et tout ce qui se déroule autour de lui s'inscrit dans l'histoire de nos relations bilatérales. Je ne peux pas dire qu'au niveau opérationnel, cela influence ce qui se passe. Chaque jour se produisent des choses du genre, plus ou moins significatives de par leur effet médiatique. Washington devient l'initiateur de cette dégradation.

Question: Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que Moscou était prêt à fournir à Islamabad et à New Delhi une plateforme pour régler leurs problèmes bilatéraux. Le Pakistan et l'Inde pourraient-ils soutenir cette idée?

Réponse: Nous sommes prêts à mener tous les efforts dans ce sens, si cela était jugé nécessaire par les belligérants.

Commentaires et déclarations du porte-parole du ministère des Affaires Etrangères

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