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28 août 201919:12

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 28 août 2019

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Sur l'entretien de Sergueï Lavrov Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Atul Khare, Secrétaire général adjoint de l'Onu à l'appui opérationnel

 

Vendredi 30 août, Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, s'entretiendra avec Atul Khare, Secrétaire général adjoint de l'Onu à l'appui opérationnel, présent à Moscou à l'invitation du directeur de l'Agence fédérale de transport aérien Rossaviatsia Alexandre Neradko pour le Salon international aéronautique et spatial MAKS-2019.

Il est prévu d'évoquer les aspects de la coopération entre la Russie et le Secrétariat de l'Onu pour l'appui aérien de l'activité de maintien de la paix de l'Organisation, ainsi que les questions relatives à la participation de fournisseurs russes de produits et de services au système d'achats de l'Onu.

 

Sur l'allocution de Sergueï Lavrov Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, au lycée Primakov lors d'une rencontre avec les étudiants et les enseignants de l'Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO) du Ministère russe des Affaires étrangères

 

Lundi 2 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prononcera un discours au Lycée régional Primakov, organisation d'éducation à but non lucratif, dans le cadre d'une activité consacrée à la Journée de la connaissance.

Le jour même se déroulera la rencontre traditionnelle avec les étudiants et les enseignants du MGIMO et de l'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères. L'allocution sera diffusée sur les chaînes fédérales, sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères et sur les réseaux sociaux du Ministère.

Nous partons du principe que cette rencontre ne se déroulera pas seulement sous la forme d'un discours du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, mais permettra également un échange sous la forme de questions et réponses, ce qui ajoutera du piquant à la discussion.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Mohammad Javad Zarif, Ministre des Affaires étrangères de la République islamique d'Iran

 

Lundi 2 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra à Moscou avec le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. Il évoqueront les questions bilatérales d'actualité et échangeront leurs avis sur l'agenda régional et international, notamment le Plan d'action global commun, la situation dans le golfe Persique et d'autres thèmes d'actualité.

Les relations russo-iraniennes diversifiées se développent activement selon les principes de bon voisinage et de respect réciproque, et sont portées par la disposition mutuelle à élargir la coopération mutuellement bénéfique dans différents secteurs, notamment commercial et économique.

Nous souhaitons poursuivre le dialogue de confiance avec les partenaires iraniens dans le cadre de l'entente entre les présidents de la Russie et de l'Iran, qui se rencontrent et échangent régulièrement leurs avis.

 

Sur la réunion du Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité avec la participation des ministres des Affaires étrangères et de la Défense

 

Le 9 septembre à Moscou se tiendra la 12e réunion du Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité (CCQS) avec la participation des ministres des Affaires étrangères et de la Défense.

La reprise des contacts avec les partenaires français dans ce format après plusieurs années d'interruption (je rappelle que la dernière réunion s'est tenue à Paris le 31 octobre 2012) est le résultat de la dynamique positive des relations bilatérales lancée par les présidents de nos pays et correspond à l'aspiration de la Russie et de la France à développer et à approfondir le dialogue politique sur les questions d'actualité de l'agenda international.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou s'entretiendront avec le Ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la Ministre française des Armées Florence Parly au format bilatéral, ce qui sera suivi par une réunion plénière du CCQS.

Au centre de la discussion figureront des thèmes tels que la sécurité sur le continent européen et la stabilité stratégique, ainsi que la situation en Syrie, en Libye, au Venezuela et en Ukraine. Une attention particulière sera accordée à l'inadmissibilité de déployer des armes dans l'espace. Les ministres évoqueront la situation autour de l'Iran, notamment les efforts de la Russie et de la France pour préserver le Plan d'action, le processus de paix en Corée et la situation à l'OIAC.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense aborderont également les questions principales des relations bilatérales.

 

Sur la visite en Russie de Gedu Andargachew, Ministre des Affaires étrangères de la République démocratique fédérale d’Éthiopie

 

Le Ministre éthiopien des Affaires étrangères Gedu Andargachew est attendu à Moscou du 9 au 11 septembre pour une visite de travail.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le recevra le 10 septembre. Les deux chefs de diplomatie évoqueront les questions d'actualité relatives au renforcement de la coopération bilatérale dans le domaine politique, commercial, économique et social, notamment par la mise en œuvre de projets communs sur le territoire éthiopien. Les deux ministres échangeront leurs points de vue sur l'agenda régional et international d'intérêt mutuel, y compris la prévention et le déblocage des situations de crise sur le continent africain, notamment dans la région de la Corne de l'Afrique et au Moyen-Orient.

 

Sur la libération du rédacteur en chef de RIA Novosti Ukraine Kirill Vychinski

 

Nous saluons la décision prise aujourd'hui par la Cour d'appel de Kiev de libérer le rédacteur en chef de RIA Novosti Ukraine Kirill Vychinski suite au changement de sa mesure de détention provisoire. Nous le considérons comme le premier pas vers le rétablissement de la justice envers le journaliste russe, qui a passé plus de 400 jours en prison en Ukraine tout simplement parce qu'il exerçait son activité journalistique professionnelle.

Nous comptons sur la disculpation rapide et totale de Kirill Vychinski sur tous les chefs d'inculpation.

Nous espérons que cet exemple (je fais allusion à la libération d'aujourd'hui) servira de point de départ pour redresser la situation critique en matière de garantie des droits des médias et des journalistes en Ukraine.

Je voudrais remercier sincèrement les structures internationales compétentes, les ONG aussi bien en Russie qu'à l'étranger, en particulier le Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, pour leur position intransigeante sur le cas de Kirill Vychinski.

Certains ne se sont pas joints tout de suite à ce mouvement, certains ont initialement pensé qu'il s'agissait effectivement d'un individu qui aurait enfreint la loi ou était impliqué dans une activité incompatible avec l'éthique professionnelle ou avec la législation en vigueur. Puis, en effet, tout le monde a rejoint cette position. C'est significatif et important. C'est un exemple montrant comment aujourd'hui, indépendamment des différences d'approches sur d'autres questions, il est effectivement possible de trouver des points de convergence là où règne une injustice scandaleuse.

Je voudrais répéter que nous partons du principe qu'à terme, sur d'autres questions, nous pourrons compter sur une véritable coopération basée avant tout sur le respect de la loi et de toutes les normes des droits de l'homme, des règles et des accords élaborés par la communauté internationale ces dernières décennies.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Dans l'ensemble, nous jugeons stable la situation en Syrie. La zone de désescalade d'Idleb reste le principal foyer de tension. Ces derniers temps, l'alliance terroriste Hayat Tahrir al-Cham l'a transformée de facto en avant-poste pour attaquer les positions des forces gouvernementales syriennes et la population civile des zones d'habitation environnantes. Rien que ce mois-ci, les terroristes ont commis plus de 20 attaques contre les positions des forces syriennes, qui ont fait plus de 140 morts et près de 230 blessés parmi les militaires syriens. Plusieurs dizaines de civils ont été blessés également. De plus, des attaques se poursuivent contre les sites militaires russes en Syrie. Ainsi, la base aérienne de Hmeimim, rien qu'en août, a été bombardée quatre fois par les terroristes. Les tentatives d'attaquer Hmeimim à l'aide de drones d'attaque ne cessent pas non plus. En réponse aux provocations incessantes des terroristes et afin de diminuer la menace pour les civils, l'armée syrienne, soutenue par l'aviation russe, a été contrainte de riposter. Il convient de souligner que toutes ces actions se déroulent strictement dans les limites de la zone démilitarisée qui devait être créée il y a un an déjà conformément au Mémorandum de Sotchi du 17 septembre 2018.

En même temps, les militaires russes et syriens font tout pour que la situation réelle dans la zone de désescalade d'Idleb soit couverte le plus largement possible dans la presse. Ainsi, le 26 août, des représentants de plus de 20 médias russes et européens ont visité la région libérée par les forces gouvernementales syriennes autour de la ville de Khan Cheikhoun au Sud-Est de la province d'Idleb. Les journalistes ont pu voir de leurs propres yeux, sans intermédiaires, comment les terroristes utilisaient l'infrastructure civile à des fins militaires, et visiter le réseau ramifié des fortifications des terroristes.

En ce qui concerne d'autres régions de la Syrie, l'instabilité qui perdure au Nord-Est du pays est inquiétante. En dépit de la défaite annoncée de Daech, les terroristes poursuivent leur activité clandestine et ont activé leur vaste réseau de cellules dormantes. La situation se complique également à cause des affrontements continus des groupes kurdes contre les Arabes sunnites qui vivaient historiquement sur ces territoires. La position russe à ce sujet reste inchangée: nous prônons le rétablissement de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la Syrie en tant que garantie de la sécurité nationale des pays voisins et de la stabilité régionale.

La situation humanitaire générale reste difficile également dans le Nord-Est de la Syrie. En témoigne la situation dans le camp de déplacés internes d'Al-Hol situé sur un territoire non contrôlé par les autorités syriennes. D'après les agences humanitaires de l'Onu, y compris l'OMS, la surpopulation du camp, couplée à la pénurie chronique aiguë d'eau potable, de nourriture et de biens de première nécessité, entraîne la dégradation de la situation sanitaire et épidémique. De ce fait, le rythme de contamination par des infections gastro-intestinales parmi les déplacés internes reste élevé et s'élève à près de 600 malades par semaine. On constate également une hausse des cas de fièvre typhoïde, de grippe, de rougeole, de rubéole, de tuberculose, de choléra et d'autres maladies. Le niveau de mortalité parmi les personnes hospitalisées avec des symptômes de malnutrition aiguë a atteint 4%. Malgré tout, le programme ciblé de l'Onu pour aider Al-Hol reste sous-financé: les donateurs ont alloué moins de 40% de la somme nécessaire.

Dans le même temps, la Russie, avec le gouvernement syrien et en coordination avec les organisations humanitaires internationales, poursuit le travail pour la dissolution du camp de déplacés internes de Roukban, qui se trouve dans la zone d'occupation illégale américaine, et le relogement de ses habitants. Pendant la seconde moitié du mois d'août, la mission d'évaluation du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu et du Croissant-Rouge arabe syrien a procédé au recensement des civils du camp qui souhaitaient le quitter. D'ici un mois il est prévu d'organiser l'évacuation de ces personnes - soit au total près de 16.000 individus. Dans l'ensemble, depuis mars, près de 18.000 réfugiés ont quitté Roukban. Après l'évacuation, pratiquement tous ont pu revenir dans le foyer sur les territoires contrôlés par Damas.

 

Sur la situation au Yémen

 

Nous notons la reprise du travail du Programme alimentaire mondial de l'Onu au Yémen conformément à l'entente conclue début août avec le mouvement Ansar Allah. Cela était d'autant plus important que, selon l'Onu, ce pays traverse la plus grave crise humanitaire de notre temps.

Nous partons du principe que l'aide humanitaire envoyée au Yémen doit être répartie parmi toute la population, indépendamment de savoir qui contrôle actuellement telle ou telle région. Nous appelons une nouvelle fois les belligérants à prendre des mesures exhaustives pour garantir la sécurité du travail des collaborateurs des missions humanitaires.

Nous sommes préoccupés par la réduction des fournitures de produits de première nécessité, notamment de nourriture, dans les provinces au Nord du pays d'Aden où la situation reste tendue après les affrontements des 7 et 8 août entre les partisans du gouvernement yéménite et ceux du Conseil de transition du Sud (CTS).

Nous espérons que les négociations entamées à Djeddah, avec la médiation de l'Arabie saoudite, entre les autorités yéménites et le CTS leur permettront de surmonter leurs différends. Il est important d'empêcher l'apparition d'un nouveau grand conflit armé sur le territoire yéménite, qui pourrait contribuer au renforcement des positions des groupes terroristes. C'est une menace particulièrement d'actualité, à empêcher à tout prix.

Nous sommes absolument convaincus que le progrès vers le règlement des nombreux problèmes du Yémen, notamment la question relative à sa structure étatique et territoriale, ne sera possible qu'à travers le dialogue et en tenant compte des intérêts des principales forces politiques du pays.

 

Sur la situation au Venezuela

 

Les États-Unis continuent de faire preuve d'une indifférence totale envers les problèmes et les besoins du peuple vénézuélien. Les mesures unilatérales de Washington, contraires au droit international, créent de plus en plus de difficultés pour acheminer dans ce pays les produits à vocation sociale, ce qui détériore manifestement la situation de tous les citoyens vénézuéliens indépendamment de leurs préférences politiques. Nous appelons de nouveau à renoncer aux mesures illégales afin d'améliorer la situation humanitaire au Venezuela.

A contre-courant de la logique humaine (nous partons du principe que cette logique doit être orientée sur les intérêts de la population vénézuélienne), l'administration de Donald Trump évoque de nouvelles options pour durcir la pression sur Caracas. Des menaces de blocus maritime du pays sont proférées. L'échec de l'embargo contre Cuba depuis plus d'un demi-siècle n'aurait-il rien appris à Washington? Je vous assure, nous ne nous fatiguerons pas de répéter que de telles actions unilatérales et illégales méritent la plus large condamnation internationale.

De leur côté, les radicaux vénézuéliens voulant renverser le gouvernement légitime font le jeu de leurs superviseurs et continuent d'attiser artificiellement la possibilité d'une confrontation armée. En témoigne notamment la décision de l'Assemblée nationale sur le rétablissement de la participation au Traité interaméricain d'assistance réciproque. Je ne vais pas juger de la légitimité de cette démarche, je pense que cela demande une analyse d'experts, mais ses objectifs ne soulèvent même pas de questions: ils ne suscitent que l'ahurissement. Pour ceux qui ne le savent pas, il s'agit du Pacte de Rio signé par les pays de l'hémisphère Ouest en 1947 pour la défense commune. Au XXIe siècle, ce traité a été dénoncé par plusieurs pays de la région - la Bolivie, le Venezuela, le Mexique, le Nicaragua, et l’Équateur. Cependant, l'opposition vénézuélienne est prête à l'utiliser pour la lutte politique et appelle à créer une coalition internationale pour une "intervention humanitaire". Selon nous, c'est une démarche extrêmement destructive et un précédent très dangereux pour toute la région. Au lieu d'inviter les militaires étrangers sous le fameux slogan "l'étranger nous aidera", il vaudrait mieux songer à un scénario de compromis pour régler la crise au Venezuela, en commençant par le règlement des problèmes réels, à savoir les problèmes socioéconomiques. Ce serait un signe de véritable patriotisme et de préoccupation concernant la liberté et la démocratie.

De notre côté, nous comptons sur la poursuite du dialogue national vénézuélien pour trouver une issue politique et diplomatique à la crise. L'organisation d'un nouveau cycle de négociations entre le gouvernement vénézuélien et l'opposition dépend en grande partie du soutien de la communauté internationale. Nous avons tous constaté les conséquences néfastes des sanctions, et de leur approbation par les opposants, pour le climat des négociations. Nous appelons tous les États influents à travailler à la création d'une atmosphère constructive autour du processus d'Oslo.

 

Sur les nouvelles sanctions antirusses

 

Un nouveau paquet de sanctions unilatérales des États-Unis est entré en vigueur le 26 août. On ne peut que regretter cette décision annoncée par Washington au début du mois d'août. Il est dommage que les États-Unis sacrifient les restes de l'ancien partenariat russo-américain sur l'autel du contexte intérieur préélectoral. Cette fois-ci, le prétexte a été l'utilisation présumée par la Russie d'une "arme chimique" dans la ville de Salisbury, au Royaume-Uni. On a introduit de nouvelles mesures d'endiguement de la Russie. Tout le monde se souvient des circonstances de la prise des décisions contre Moscou à Washington suite aux "contes de Salisbury". L'histoire des canards n'a laissé personne indifférent.

La Maison blanche a entrepris cette initiative regrettable afin de porter préjudice au secteur financier et aux secteurs de pointe de l'économie de notre pays. L'économie russe a déjà, à plusieurs reprises, confirmé sa résistance aux restrictions extérieures. Comme vous le savez, nous avons entrepris de nombreuses mesures afin de nous adapter à ces démarches étranges, illogiques et destructrices des pays occidentaux, et de mettre en œuvre un complexe d'initiatives visant une adaptation douce aux facteurs extérieurs défavorables revêtant un caractère artificiel.

Nous sommes toujours certains que les sanctions américaines constituent un outil illégitime de pression non seulement sur notre pays, mais aussi sur tous les pays affectés par ce mécanisme. Leur seul résultat est la limitation future des possibilités de normaliser la coopération bilatérale. Cela ne répond pas aux intérêts vitaux des deux pays et des deux peuples. C'est également évident.

Je voudrais rappeler encore une fois un fait que nous avons déjà évoqué à beaucoup de reprises, à ceux qui songeraient à répéter des initiatives de ce genre: la Russie n'acceptera jamais les "règles de conduite" qu'on tente de lui imposer selon certains diktats. Les sanctions ou d'autres restrictions ne changeront rien dans ce domaine. Il est inutile de parler la langue des ultimatums avec la Russie.  

 

Sur les propos des sénateurs américains

 

Hier, les actualités du matin ont commencé par la déclaration du sénateur Ron Johnson affirmant qu'il s'était vu refuser la délivrance d'un visa russe. Il a enrichi cette position par des propos étranges et agressifs sur la Russie. Dans l'après-midi, on a constaté de nouvelles évolutions. Le sénateur Chris Murphy a rejoint Ron Johnson. Ils ont tous les deux accusé notre pays d'avoir empêché leur déplacement en Russie dans le cadre d'un groupe parlementaire américain. Je vous propose aujourd'hui une séance de révélations, car il est nécessaire de rappeler leur place à ces personnes. Je vais vous expliquer ce qui s'est passé en réalité.

Les Américains nous ont interrogés d'avance sur la possibilité d'organiser une visite d'un groupe parlementaire des États-Unis au début du mois de septembre. Il n'existait aucune entente concernant l'organisation ou la présentation des documents, sans parler de la délivrance des visas. Nous n'avons reçu aucune demande pour des rencontres officielles à Moscou ou l'octroi de visas par la mission diplomatique russe à Washington. Je le précise pour ceux qui aiment spéculer sur des imprécisions de propos ou de formules. Les Américains n'ont entrepris aucune démarche accompagnant habituellement les déplacements de politiciens, de sénateurs, de diplomates ou de politologues.

On a l'impression que les deux sénateurs voulaient tout simplement créer un scandale à partir de rien. A quoi bon? Probablement pour attirer l'attention sur eux. Ou à d'autres fins. Il est difficile de le savoir au juste.

Je voudrais souligner que les sénateurs américains savent parfaitement qu'ils figurent sur la liste russe des personnes interdites d'entrée en Russie uniquement en réponse aux restrictions introduites de manière infondée par Washington contre un grand nombre de membres de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie.  

Je voudrais également attirer votre attention sur les circonstances que les sénateurs américains tentent étrangement de dissimuler à leurs propres électeurs, des personnes qui les soutiennent, leur font confiance, leur donnent les commandes politiques. Je voudrais me focaliser sur ce qui est caché au public américain de manière réelle et préméditée. Nous avons, à plusieurs reprises, proposé à Washington de libérer les parlementaires des deux pays de toutes les restrictions de voyage, ce qui aurait permis d'éliminer ne serait-ce qu'un facteur irritant dans nos relations bilatérales. Hier, nous avons été choqués par les propos du sénateur Ron Johnson, d'autant plus que la Russie avait été la première à faire un geste de bonne volonté en lui octroyant en 2018, de manière exceptionnelle, le visa nécessaire pour se rendre à Moscou et à Saint-Pétersbourg au sein de la délégation du Congrès américain menée par le sénateur Richard Shelby. Le sénateur Ron Johnson aurait oublié qu'il s'était déjà rendu en Russie malgré le fait qu'il faisait partie de la liste des personnes interdites d'entrée, introduite en réponse aux restrictions américaines similaires contre les responsables russes? Au cours des rencontres organisées à l'époque, les sénateurs américains avaient soutenu les initiatives russes visant à débloquer les contacts interparlementaires, verrouillés à cause de Washington. Qui plus est - et c'est très important - je voudrais attirer l'attention des médias américains sur un fait qu'on cache visiblement du public américain. Les sénateurs américains ont promis de favoriser la mise en œuvre de ces initiatives. Mais que constatons-nous en pratique? Premièrement, nous constatons qu'ils n'ont rien fait. Deuxièmement, nous observons actuellement un véritable show de cirque se basant sur des manipulations de l'opinion publique à l'aide de fausses informations.

Nous savons bien que les parlementaires russes sont prêts à dialoguer avec leurs collègues américains, mais cela n'est possible que sur la base de l'égalité et de la réciprocité. Il n'existe en réalité aucun "jeu diplomatique" dont Ron Johnson nous accuse. Si de telles choses se produisaient, nous voudrions voir, lire ou entendre les faits. Je voudrais des explications.

Plus rapidement seront expliquées les donnes présentées aujourd'hui au grand public américain, plus rapide sera probablement la prise de conscience de l'absurdité de la politique menée par tout un nombre de représentants de l'establishment de Washington.   

En ce qui concerne les attaques du sénateur Ron Johnson contre les dirigeants russes et la politique étrangère de notre pays, je les laisserais sur sa conscience, bien que je ne sois pas sûre qu'il en ait une.

Nous espérons que les parlementaires américains se tiendront néanmoins à une approche plus professionnelle vis-à-vis des pays étrangers. Car ils sont également chargés de l'activité internationale.

Pour l'instant,  nous constatons qu'ils s'occupent principalement de la désinformation, de la manipulation de l'opinion publique et de la dissémination des fake news qu'ils prétendent justement combattre. Dans ce cas précis, je ne suis pas vraiment préoccupée par ces nouveaux fake news diffusés aux États-Unis - nous savons y faire face et y réagir rapidement - mais par le fait qu'il ne s'agit pas de politologues ou d'experts, mais de personnes mandatées par les électeurs pour décider du sort de leur pays. Je veux bien que les informations sur les manœuvres de ces sénateurs atteignent les personnes qui leur ont délégué ce droit.

Nous sommes prêts à présenter des explications détaillées à ce sujet, s'il existe des questions ou des propos supplémentaires. Je vous assure que nous ne laisserons pas tomber ce thème.

 

Sur les récentes déclarations de plusieurs politiciens occidentaux concernant la Route maritime du Nord

 

Notre attention a été retenue par les récentes déclarations ayant pour leitmotiv l'inquiétude vis-à-vis de la situation écologique en Arctique dans le contexte de l'exploitation de la Route maritime du Nord. On a constaté beaucoup de sujets sur cette thématique, avec la participation de dirigeants officiels, notamment du Président français Emmanuel Macron, qui a appelé lors d'une rencontre avec des entrepreneurs à "sécuriser le Nord russe contre l'impact anthropogène" et à "ne pas utiliser la Route maritime du Nord". Or il est question des entreprises de transport françaises, dont certaines font partie des plus grands transporteurs maritimes du monde. Du moins, c'est ce que j'ai lu dans la presse. Si les médias ont déformé la position de Paris et que le point de vue officiel de la France à ce sujet nous était rapporté, nous le prendrions en compte tout aussi sérieusement.

Plus largement, je voudrais me concentrer sur la Route maritime du Nord en soi et parler de ses perspectives évidentes. Il s'agit de la distance optimale sur l'itinéraire Europe-Asie, sans limitations en matière de capacité de passage (par rapport au canal de Suez), et d'une sécurité relative de la navigation. Chaque année, la Route maritime du Nord est de plus en plus sollicitée compte tenu de l'activité croissante des compagnies pétrolières et gazières en Arctique, notamment sur la péninsule de Yamal.

La Russie est disposée à développer la Route maritime du Nord. D'ailleurs, cette question a été posée durant ma rencontre avec les participants au forum Machouk-2019 la semaine dernière, où s'est tenue notre conférence de presse. J'avais promis aux participants d'apporter des informations détaillées à ce sujet.

L'objectif consiste à garantir d'ici 2025 son exploitation tout au long de l'année et à accroître le flux de marchandises jusqu'à 80 millions de tonnes par an. La Russie possède une expérience unique en matière d'organisation du travail sans interruption dans les hautes latitudes, et projette de poursuivre le développement de l'infrastructure portuaire, de renforcer les capacités de navigation et hydrographiques de cette artère de transport, et de perfectionner le système de recherche et de sauvetage.

Nous souhaitons approfondir la coopération avec d'autres pays pour l'exploitation de la Route maritime du Nord. Le Conseil social international de la Route maritime du Nord, créé sous l'égide de Rosatom et auquel sont conviés les représentants de tous les pays arctiques, est appelé à attirer les grandes entreprises dans le développement de l'infrastructure de cet itinéraire.

Ceci étant dit, la Route maritime du nord reste une artère de transport nationale russe. La Russie, en tant qu’État riverain, en parfaite conformité avec le droit international, est responsable du fonctionnement de cet itinéraire. Elle fera le nécessaire pour garantir la sécurité de la navigation et le respect maximal de l'écosystème très fragile de cette région.

 

Sur la déclaration de la Commission européenne à l'occasion de la Journée européenne du souvenir des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires

 

Nous avons noté la déclaration faite au nom de la Commission européenne par son premier vice-Président, Frans Timmermans, et la Commissaire européenne à la Justice aux Consommateurs et à l’Égalité des genres, Vera Jourova, à l'occasion de la Journée européenne du souvenir des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires.

Nous constatons avec regret que ce document est un exemple de la ligne à courte vue suivie par les structures européennes de Bruxelles visant à falsifier et à réécrire l'histoire européenne. La thèse selon laquelle le pacte de non-agression signé le 23 août 1939 entre l'Allemagne et l'URSS aurait "ouvert un sombre chapitre dans l'histoire européenne" constitue de nouveau son élément central. Et, comme les années précédentes, il ne mentionne aucunement les plans d'occupation et de haine du régime nazi, l'importance de la victoire sur le fascisme allemand dans la Seconde Guerre mondiale ni le rôle de l'Union soviétique dans celle-ci. Par cette démarche, la Commission européenne a laissé entendre une nouvelle fois que l'Union européenne n'avait pas l'intention de renoncer à la pratique vicieuse des spéculations historiques et de l'assimilation de l'URSS, qui a libéré l'Europe du fascisme, à l'Allemagne nazie. Personne ne souhaite se souvenir des Accords de Munich et de la situation en Europe à la fin des années 1930, c'est pourquoi nous le ferons. Nous aimons bien tout rappeler aux autres, expliquer et citer des faits concrets.

Ce "sombre chapitre" dans l'histoire européenne n'a pas été ouvert le 23 août 1939, mais bien plus tôt, quand les capitales occidentales ont choisi la politique de pacification du régime hitlérien et de réorientation de ses aspirations agressives vers l'Est. Cette ligne a atteint son point culminant avec les Accords de Munich de 1938, qui n'ont pas été enterrés médiatiquement même si de telles tentatives sont régulièrement entreprises dans l'espace européen, si nous parlons de l'espace de l'Union européenne - il s'agit de tout faire pour que les générations futures ne connaissent pas cette page de leur propre histoire.

Il est étrange de le rappeler. Notre génération le savait, mais les experts actuels, notamment des affaires internationales, oublient, on ne sait pour quelle raison, que les Accords de Munich sont devenus la ligne de pacification et de réorientation de l'Allemagne fasciste vers l'Est, et que le démembrement de la Tchécoslovaquie a été la manifestation de son inhumanité absolue et de l'impasse des démarches entreprises dans leur cadre.

D'ailleurs, des pactes de non-agression identiques à celui signé entre l'Allemagne et l'Union soviétique ont été signés par l'Angleterre et la France avec l'Allemagne un an plus tôt que par l'URSS, et entre Varsovie et Berlin en 1934 déjà. Mais pour une raison qu'on ignore cela ne fait pas non plus partie de la zone des intérêts de la Commission européenne, plus personne ne souhaite non plus s'en souvenir ou le rappeler, même si c'est étrange parce que ces pays sont membres de l'UE et qu'il serait possible de leur accorder l'attention qu'ils méritent.

La signature du pacte de non-agression germano-soviétique a été une mesure forcée pour l'Union soviétique face à la réticence des puissances occidentales à soutenir sa proposition de créer un système de sécurité collective. Mais les dirigeants européens préfèrent ne pas rappeler ces faits.

Nous jugeons inadmissibles les tentatives de tracer des parallèles entre l'URSS et l'Allemagne nazie. Un point final a été mis à cette histoire par les décisions du Procès de Nuremberg. Elles désignent clairement ceux qui étaient du côté du bien et du mal dans la Seconde Guerre mondiale. Nous partons du principe que la reconnaissance à part entière des résultats de la Seconde Guerre mondiale fixés dans la Charte de l'Onu et d'autres documents internationaux est un impératif pour tous, notamment pour l'UE.

Les tentatives de réécrire l'histoire au profit d'intérêts politiques conjoncturels pourraient entraîner de terribles conséquences. Nous constatons clairement les résultats d'une manipulation arbitraire des faits historiques dans plusieurs pays européens où est menée une propagande ouverte des idées et des valeurs nazies, où des nationalistes radicaux relèvent la tête. Tout cela ne constitue pas seulement un outrage à la mémoire des millions de victimes, mais menace également les principes fondamentaux de garantie de la démocratie et des droits de l'homme. Nous appelons l'Union européenne à ne pas reproduire les erreurs du passé, à ne pas ignorer ces tendances dangereuses et à formuler une position claire face à toutes leurs manifestations.

Si le nazisme et le fascisme reviennent en Europe, il sera trop tard.

 

Sur la 2e Conférence internationale "Combattre le trafic d'armes dans le contexte de la lutte contre le terrorisme international"

 

Les 5 et 6 septembre, au Centre du commerce international de Moscou, sous la présidence du vice-Ministre russe des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Oleg Syromolotv, se déroulera la 2e Conférence internationale "Combattre le trafic d'armes dans le contexte de la lutte contre le terrorisme international". Cette activité soulèvera les questions d'actualité relatives à la consolidation des efforts des États afin d'empêcher que des armes se retrouvent entre les mains des terroristes, au contrôle des exportations et à la non-prolifération des armes de destruction massive, ainsi qu'aux aspects de l'activité antiterroriste internationale des forces de l'ordre. Parmi les participants figureront les représentants de plus de 30 pays et de plusieurs organisations internationales telles que l'Onu, l'OCS et l'OTSC, ainsi que des dirigeants et des experts de ministères et d'institutions russes.

 

Sur les sessions de discussion "Youth Circle" dans le cadre du Sommet mondial Aqdar

 

Du 29 au 31 août, sur la plateforme du Sommet mondial Aqdar, dans le cadre du forum international "Ville de l'éducation" à Moscou, se tiendront des sessions de discussion "Youth Circle" organisées par le Conseil de jeunes diplomates du Ministère russe des Affaires étrangères et le Conseil de jeunesse du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des Émirats arabes unis.

Pour la première fois, des représentants des Conseils de jeunesse des deux pays se rencontreront dans ce format et, conjointement avec les étudiants et les invités de haut niveau, évoqueront le développement de la diplomatie de jeunesse, le travail conjoint des jeunes diplomates des deux pays, la lutte contre l'extrémisme parmi les jeunes, ainsi que les capacités de la diplomatie économique pour développer la coopération entre les jeunes.

Pour les questions relatives à l'accréditation pour cet événement, vous pouvez téléphoner au +7-915-195-18-02, +7-965-107-85-09.

Il est nécessaire de s'enregistrer sur le site officiel du forum international "Ville de l'éducation": https://moscowglobalforum.ru/en/press

 

Sur la nomination d'Alexandre Iakovenko, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie, au poste de recteur de l'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères

 

Récemment a été signé le document nommant au poste de recteur de l'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Iakovenko, qui a terminé son activité en tant qu'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie à Londres. Avant cela, il avait été vice-Ministre russe des Affaires étrangères, directeur du Département de l'information et de la presse, et s'était occupé de la diplomatie multilatérale à Vienne. Docteur ès sciences, spécialiste du droit spatial, auteur de monographies et de recherches, il a reçu de nombreux titres et récompenses.

Alexandre Iakovenko a enseigné pendant de nombreuses années dans de grands établissements, notamment au MGIMO. Le droit faisait indéniablement partie de ses études.

Je pense qu'Alexandre Iakovenko ne renoncera pas à son hobby - la communication avec les journalistes aussi bien pendant son temps libre que durant son travail.

Nous partons du principe que l'Académie diplomatique percevra de la même manière les traditions d'ouverture qui lui étaient propres jusqu'à présent.

Je pense que nous aurons l'occasion d'organiser une rencontre avec des journalistes spécialement consacrée aux plans de travail de l'Académie diplomatique et à ses liens internationaux.

 

Réponses aux questions:

Question: Les représentants des talibans espèrent que Moscou pourra se porter garant de l'accord de paix avec les États-Unis. Plus tôt, le représentant spécial du Président russe pour l'Afghanistan Zamir Kaboulov avait déclaré que les talibans voudraient voir la Russie compter parmi les garants des accords avec les États-Unis. A quoi, selon la Russie, devrait ressembler ce mécanisme international de garantie d'un accord de paix avec l'Afghanistan?

Réponse: Le neuvième cycle de négociations entre le représentant spécial du Département d’État américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, et le bureau politique des talibans, qui a commencé le 22 août, n'est pas encore terminé, à ce que l'on sache.

Les  négociations de Doha permettent d'évoquer le retrait des forces étrangères d'Afghanistan, mais aussi les questions relatives à un accord de cessez-le-feu, au début des négociations directes entre les talibans et le gouvernement afghan, à la rupture des liens des talibans avec les organisations terroristes, avant tout avec Al-Qaïda.

La Russie est prête à assister à la signature ou à se porter garante de l'accord entre les États-Unis et les talibans si parties le demandaient. Dans le même temps, nous pensons que le mécanisme international de garantie des accords doit être déterminé pendant les négociations entre les parties concernées, les États-Unis et les talibans, dans le cadre de consultations avec les garants internationaux potentiels.

Question: La semaine dernière, le Président russe Vladimir Poutine a rencontré le Président français Emmanuel Macron dans sa résidence d'été du fort de Brégançon, après quoi Emmanuel Macron a fait plusieurs déclarations marquantes telles que "c'est la fin de l'époque de l'hégémonie occidentale", "la tentative d'arracher la Russie à l'Europe est une erreur stratégique", ou encore "le capitalisme est devenu fou". Prochainement se tiendra la rencontre des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Russie et de la France au format "2+2". Que pensez-vous de ces déclarations? Est-ce un sérieux virage de la France vers la Russie? Sera-t-il suivi par un virage de l'UE vers la Russie?

Réponse: Je ne le qualifierais pas de virage vers la Russie, mais dans le bon sens. Nous avons constaté le caractère nuisible de la politique d'isolement non seulement vis-à-vis de la Russie, mais également envers quiconque dans le monde actuel. Pendant tant d'années et de décennies, à en juger par le realpolitik, le monde a suivi une ligne orientée sur la mondialisation, le croisement et l'entremêlement des liens dans l'économie, les finances et la production industrielle. Parler aujourd'hui du début d'une grande campagne d'isolement non seulement par rapport aux grands États, mais également aux pays qui ne sont pas tellement impliqués dans le processus international, sort du contexte logique et juridique, des intérêts concrets des pays qui ont proclamé la politique d'isolement.

Je voudrais rappeler que depuis deux ans, nous ne voyons plus ces termes dans les pages de la presse occidentale. Or il y a trois ou quatre ans le terme d'"isolement" et les appels à celui-ci apparaissaient des milliers de fois par jour. Aujourd'hui ils semblent absurdes en un sens. C'est pourquoi, d'après moi, il ne faut pas parler d'un virage vers la Russie, mais du retour de la logique dans les actions et les déclarations de différents dirigeants et politiciens occidentaux. Cela ne concerne pas seulement les chefs d’État, mais aussi la communauté d'experts qui voit les résultats des tentatives d'appliquer la politique d'isolement depuis plusieurs années, qui ont rejeté le monde entier en arrière et ont causé des problèmes sans issue apparente à court terme.

Question: Est-ce que le Ministère russe des Affaires étrangères voit que le niveau d'activité politique autonome de l'Europe, d'indépendance envers les États-Unis, augmente?

Réponse: L'Europe devra encore parcourir ce chemin pour retrouver une autonomie totale dans les affaires internationales. Pour le moment, la restriction de la souveraineté est une réalité pour l'Europe. Qui en est responsable dans une plus grande mesure - la domination des États-Unis ou la faiblesse des politiciens européens ? - je pense que les historiens, les politologues et les experts nous l'expliquerons mieux. Nous constatons le fait.

Question: Le Ministère des Affaires étrangères norvégien rapporte que des négociations seraient en cours avec la Russie concernant le citoyen norvégien Frode Berg, condamné pour espionnage. Que pouvez-vous dire de ces négociations? Sont-elles difficiles?

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov compte se rendre en Norvège fin octobre à l'occasion de l'anniversaire de la libération, par l'Armée rouge, du Nord-Est du pays des occupants fascistes. Serait-il possible de régler ce problème avant cela?

Réponse: J'ignore ce que la partie norvégienne qualifie de "négociations". Je ne peux pas leur donner de qualification particulière. Nous sommes en contact avec nos collègues norvégiens concernant Frode Berg depuis le début de cette histoire. Je ne peux pas en parler comme de négociations particulières.

Vous le savez, en avril 2019, le Tribunal municipal de Moscou a reconnu Frode Berg, arrêté en décembre 2017 à Moscou lors d'une opération d'espionnage, coupable d'espionnage pour les renseignements norvégiens, et l'a condamné à 14 ans de prison. Le verdict est entré en vigueur.

Frode Berg s'est vu garantir tous les droits prévus par la législation russe, et a notamment pu bénéficier de rencontres consulaires avec des représentants de l'Ambassade de Norvège à Moscou.

En ce qui concerne les communiqués de presse concernant "l'intention des autorités norvégiennes de faire revenir prochainement Frode Berg au pays", j'ignore de quoi il est question. Je trouve qu'il serait utile de demander des commentaires aux autorités norvégiennes. Peut-être qu'elles donneront des explications. Je n'ai pas de détails à ce sujet.

Je peux dire qu'en préparant cette conférence de presse, compte tenu des publications à ce sujet, nous avons consulté nos experts chargés de ce domaine. Ils ont dit qu'il n'y avait eu aucune requête officielle adressée au Ministère russe des Affaires étrangères par les autorités norvégiennes à ce sujet. Étant donné que cette information est apparue dans les médias norvégiens et de la région, il est possible que la partie norvégienne en soit la source. Il est donc préférable de lui demander de quoi il s'agit exactement.

Question: Que pouvez-vous dire de la rupture de l'accord d'échange de renseignements entre le Japon et la Corée du Sud? La Russie va-t-elle prendre des mesures pour la désescalade de la tension en Asie du Nord-Est?

Réponse: C'est un thème bilatéral, je ne vois donc aucune raison de le commenter. Nous partons du principe que la stabilité de la région dans son ensemble est une priorité.

Il est difficile de donner une appréciation concrète car il s'agit d'un format bilatéral de relations. En l'occurrence, cette région possède une importance particulière pour nous car la Russie est frontalière de plusieurs pays qui participent activement aux relations régionales et internationales. Nous prônons pleinement le maintien et le renforcement de la stabilité. Nous soutenons tout ce qui est appelé à régler ce problème.

Question: Kiev explique la libération de Kirill Vychinski par son inscription sur une liste d'échange. Est-ce le cas? Un tel échange aura-t-il lieu et si oui, quand? Si sa libération n'est pas due à une telle liste, est-ce que l'Ukraine peut compter sur des "démarches de réciprocité"?

Réponse: Il est étrange que vous parliez de "démarches de réciprocité". Nous disons depuis toutes ces années qu'il faut engager des démarches réelles sur l'ensemble des problèmes. Nous les avons attendues de la part de Kiev pendant cinq ans. Même s'il était question d'une demi-mesure ou d'une volonté de faire un pas dans le cadre des objectifs et des tâches indiqués, à savoir le règlement du conflit national ukrainien compte tenu de la contribution de plusieurs pays à son règlement et du facteur des Accords de Minsk, cela était soutenu par la Russie. Notre position reste d'actualité.

En ce qui concerne les échanges, cette question a été commentée à différentes occasions par les autorités russes et notamment le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Ces commentaires restent d'actualité. Le travail est mené par des professionnels - des délégués aux droits de l'homme, les forces de l'ordre - en tenant compte du travail à venir dans le champ légal. Pour le moment, il est inutile et impossible de commenter ou de donner un avis politique à ce sujet. Toutes les démarches constructives entreprises par Kiev ou les autorités ukrainiennes visant à régler la crise ukrainienne, à avancer dans la mise en œuvre des Accords de Minsk, sont constatées et toujours encouragées.

Les questions relatives à la dimension humanitaire, tout ce qui concerne le sort des gens, sont une priorité pour nous. Nous avons toujours pointé le caractère inadmissible de la manipulation des hommes, de leur utilisation en tant qu'instrument pour remplir des tâches politiques. Nous avons parlé plusieurs fois avec vous à ce sujet, à distance et dans cette salle. Cette position reste également d'actualité. Dès que nous pourrons apporter du concret, nous le ferons, bien sûr. Quant à Kirill Vychinski, j'ai partagé notre avis.

Avant la conférence de presse j'ai participé à une émission en direct où des individus venus d'Ukraine, qui se proclament experts des réalités ukrainiennes actuelles, donnaient leur avis sur la situation d'aujourd'hui autour de Kirill Vychinski. Ils disaient "dans quel camp est la balle", "qui a une meilleure renommée aujourd'hui", "à qui profite cette démarche", etc. Si tous ces experts avaient utilisé cette ardeur vis-à-vis des individus en détention, s'ils avaient employé un millionième de leur éloquence actuelle dans le contexte de la libération des gens ou de l'inadmissibilité de violer leurs droits, nous ne serions pas contraints d'appeler à la justice depuis de nombreuses grandes tribunes ou de saisir les structures internationales au niveau du pouvoir exécutif de la Fédération de Russie. Je ne peux rien conseiller à qui que ce soit (qui plus est à la société civile, aux représentants sociaux d'autres pays), je ne peux que demander d'utiliser l'éloquence actuelle et la volonté d'aborder ce sujet dans tous les cas quand il est question des gens qui n'ont pas encore obtenu la liberté tant attendue, comme l'a enfin fait Kirill Vychinski. Peut-être que dans ce cas la justice ne nous coûtera pas aussi cher. Elle a coûté cher avant tout à Kirill Vychinski. 400 jours pour rien. Il existe des millions d'autres exemples, mais il s'agit d'un homme qui a passé 400 jours en prison sans aucune raison, sans réel chef d'inculpation et même sans la moindre preuve, simplement pour avoir écrit des articles.

Question: A l'issue de la session du Parlement de Riga du 22 août, les représentants du bloc nationaliste ont annoncé que la commission compétente avait soutenu à l'unanimité leur proposition de supprimer l'éducation russophone dans les établissements préscolaires de la Lettonie. Par la suite, il s'est avéré que les députés avaient seulement évoqué ces questions, mais que la décision n'avait pas été prise. Dans tous les cas, la lettonisation de l'éducation préscolaire est déjà à l’œuvre, et fin 2018 le gouvernement de la République a réglementé l'éducation dans les écoles maternelles. Selon ces règles, à partir du 1er septembre il ne sera possible de communiquer avec les enfants de plus de cinq ans pendant les jeux qu'en letton, en excluant de facto le russe. Comment le prend le Ministère russe des Affaires étrangères?

Réponse: Nous le prenons très négativement. Premièrement, parce que c'est contraire à tous les engagements pris par les États, notamment les membres de la famille européenne, l'UE, pour garantir les droits de l'homme. Je ne fais pas allusion uniquement à cet exemple concret, mais également à la politique qui se caractérise globalement par de telles actions et démarches. Deuxièmement, parce que cette démarche est une grande bêtise. Non seulement c'est une contradiction dans le champ légal (la Lettonie a des obligations en matière de droits de l'homme), mais c'est aussi une grande bêtise. Il est question de la population d'un pays qui souhaite avoir la possibilité d'utiliser la langue qu'elle juge natale, qui était parlée par des générations en tant que langue principale. Il ne doit y avoir aucune restriction dans ce sens compte tenu des engagements volontairement endossés par l’État. C'est une bêtise parce que toute restriction de la volonté des hommes de développer leur identité nationale et leurs traditions entraîne un endurcissement de ces gens et l'impossibilité de construire des relations harmonieuses, dans l'ensemble, au sein de la société. Les exemples sont nombreux.

Question: Ma question concerne le meurtre d'un Tchétchène la semaine dernière à Berlin par un certain citoyen russe. Certains médias allemands pointent du doigt les structures russes. Certains articles contiennent de tels passages.

Réponse: Quels sont ces passages qui se trouvent dans les prétendus articles qui vous servent, en tant qu'agence de presse, de prétexte pour poser cette question sans vérifier les faits?

Question: Nous en avons entendu parler par notre bureau à Berlin. Nous allons leur demander des détails et des explications supplémentaires.

Réponse: Ce serait bien qu'en vérifiant ces informations, vous puissiez nous fournir également des détails. Pour l'instant, cela ressemble à une campagne d'information.

Question: Y a-t-il eu des contacts du Ministère russe des Affaires étrangères avec les autorités allemandes à ce sujet? Connaît-on les circonstances de cette affaire?

Réponse: A ce jour, l'Ambassade de Russie à Berlin est en contact avec les forces de l'ordre allemandes. Cela a déjà été déclaré. Il est étrange que vous ne l'ayez pas remarqué et que votre bureau n'ait pas entendu de telles rumeurs.

On cherche à élucider les circonstances de l'interpellation. J'ai spécialement tenté de découvrir si quelqu'un avait vu des documents confirmant que cet homme était un citoyen russe. Pour l'instant, seulement des copies de documents circulent. Nos représentants n'ont pas encore vu de documents réels. Les premières demandes et réceptions d'informations sont en cours, et toutes les actions nécessaires, qui doivent être entreprises quand l'on reçoit des informations sur l'arrestation d'un citoyen russe ou d'un citoyen russe présumé quelque part, et qui a besoin d'une aide consulaire, ont été engagées par les diplomates russes. De notre côté, nous devons également élucider tous les détails et les circonstances de l'interpellation.

Question (traduite de l'anglais): Quelle est la position de la Russie concernant les transformations liées au changement de statut de l’État du Jammu-et-Cachemire, ainsi qu'au décret du couvre-feu par les autorités indiennes?

Réponse: Nous avons commenté plusieurs fois et dans son entier cette situation. Nous l'avons notamment évoquée avec les autorités pakistanaises. Je rappelle que le 14 août, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est entretenu par téléphone avec le Ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi.

La Russie a souligné la nécessité d'une désescalade de la tension et l'absence d'alternative au règlement des différends actuels entre le Pakistan et l'Inde sur une base bilatérale par des moyens politiques et diplomatiques. Nous nous tenons également à cette position, que je viens d'exprimer, pendant le travail de notre représentation auprès de l'Onu à New York.

Je rappelle que la Russie a toujours été dans le camp de la normalisation des relations entre l'Inde et le Pakistan. Nous espérons sincèrement que leurs différends seront réglés par des moyens politiques et diplomatiques sur une base bilatérale conformément à l'Accord de Simla de 1972 et à la Déclaration de Lahore de 1999.

Vous le savez, cela a été dit pendant la conférence de presse à l'issue des pourparlers entre les chefs de diplomatie de la Russie et de l'Inde à Moscou, ce thème a été abordé. Durant l'entretien la Russie a exprimé ses positions fondamentales, dont je viens de parler.

Nous saluerons toutes les démarches susceptibles de conduire à la désescalade de la tension dans les relations entre les deux États.

Question (traduite de l'anglais): Qu'attendez-vous de la rencontre du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif? Cela fait longtemps qu'il n'y a eu aucune action de percée en ce sens. Quelles actions engagera la Russie pour qu'une percée se produise finalement?

Réponse: Que peut faire la Russie pour "pousser" vers une percée? Je trouve qu'il ne faut pas "pousser", il n'y a pas besoin de percée. Il faut un règlement, et utiliser pour cela des moyens diplomatiques, avant tout les négociations. La première à faire, et nous en parlons constamment, est de cesser d'attiser la situation dans la région. Avant de réfléchir à comment faire pression pour une percée, il faut comprendre une chose: il faut cesser de faire monter la température et s'occuper de ce qui entraîne une hausse de la tension dans la région.

Vous êtes au courant d'une série de démarches provocatrices qui ont eu lieu dans la région, comment cela a été difficile pour tous de sortir de cette situation. C'est pourquoi la première chose à faire, et nous en parlons avec tous nos partenaires, est de cesser d'attiser la situation. Deuxièmement: revenir dans le champ légal. Aussi ennuyeux et "barbant" que cela puisse paraître, rien de mieux n'a encore été inventé. Il existe des accords élaborés ensemble, collectivement, en tenant compte des intérêts réciproques, des préoccupations d'un très grand nombre de pays et de forces politiques. Ils ont fonctionné pendant quelques années. Nous pouvons y revenir. Rien ne l'empêche hormis l'absence de volonté politique de plusieurs acteurs. Voilà un autre moyen.

Je pense qu'il existe également nos initiatives concrètes pour réaliser au moins ces deux points. Vous comprenez bien que tout cela est discuté à huis clos. Bien sûr, à l'issue des pourparlers, nous vous informerons plus en détail du résultat.

Question: Nous avons assisté à un accrochage entre le gouvernement danois et l'administration du Président américain Donald Trump concernant l'achat du Groenland. Dans quelle mesure de tels achats sont possible dans la situation internationale actuelle, dans le système de relations établi?

Réponse: C'est une question globale. D'un côté, les politiciens ont le droit d'exprimer différentes idées et propositions, qui plus est s'ils ont quitté les affaires et utilisent tout l'arsenal du vocabulaire d'affaires, à commencer par le terme "transaction". Entre autres, un nouveau cycle électoral démarre en Amérique. Nous entendrons de nombreuses déclarations intéressantes de ce genre liées aux différents coups et stratégies de campagne.

Dans cette situation, ce qui était plus intéressant n'était pas "l'accrochage" mais la réaction des autorités danoises et des représentants de l'establishment politique de ce pays à cette proposition originale. Qu'avons-nous entendu? Différentes choses étaient envisageables compte tenu de la position intransigeante des pays de la famille européenne, de l'UE, de certains États qui ne font pas partie de l'UE mais s'associent à la politique de Bruxelles concernant les questions territoriales. Quelle n'a pas été notre surprise quand plusieurs grands politiques, représentants de la famille royale - gardiens des valeurs et des traditions de cet État - ont fait une déclaration qui nous a frappé par son originalité dans le contexte de la politique européenne, selon laquelle ce sont les gens qui vivent sur cette île qui doivent décider de son sort. Une question: pourquoi n'avons-nous pas entendu la même chose il y a cinq ans? Il serait très utile de se familiariser avec cette stratégie, ce concept, ce stratagème, pas seulement en 2019 dans le contexte des relations bilatérales américano-danoises, mais aussi globalement, notamment par rapport à d'autres régions.

J'ai revérifié cette phrase sacramentelle. Elle est véridique, ce n'est pas un fake. Qui plus est, je l'ai entendue de la part d'autres représentants du beau monde politique de ce pays européen. Où étiez-vous plus tôt? C'est une excellente idée, très intéressante et profonde.

Cette situation m'a vraiment intéressée dans le contexte de votre question. Or les deux États sont souverains et peuvent se faire différentes propositions, y réagir, refuser ou prendre des décisions à ce sujet - c'est leur droit.

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