Agrégateur de contenus

8 septembre 201717:02

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 8 septembre 2017

1648-08-09-2017

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

Sur la visite de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Arabie saoudite et en Jordanie

 

Du 9 au 11 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail en Arabie saoudite et en Jordanie.

A Djeddah, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sera reçu par le Roi Salmane Ben Abdelaziz al-Saoud et s'entretiendra avec le Ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Joubeir.

A Amman sont prévus les pourparlers du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Roi Abdallah II Ben al-Hussein et avec le Ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi.

Durant ces entretiens et pourparlers seront examinés en détail l'état et les perspectives du renforcement des relations diversifiées qui lient la Russie avec l'Arabie saoudite et avec la Jordanie. Dans le  même temps, nous espérons procéder à un inventaire commun de la mise en œuvre des décisions et des accords convenus plus tôt au sommet, ainsi que convenir des futures démarches concrètes visant à accroître la coopération bilatérale.

Parmi nos tâches communes – le maintien d'un dialogue politique régulier, l'expansion de la coopération commerciale et économique, la mise en œuvre de projets conjoints dans le domaine énergétique, industriel, d'investissement, scientifique, technique, d'infrastructure et autres. De plus, il est prévu d'aborder la promotion de liens humanitaires, y compris les échanges scientifiques et culturels, la coopération dans le secteur touristique.

Lors des contacts une place importante sera accordée aux aspects actuels de l'agenda régional et international, y compris le soutien des approches et des initiatives russes à l'Onu et dans d'autres organisations internationales.

Il est prévu d'accorder une attention particulière à la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en mettant l'accent sur la nécessité de régler les conflits actuels et les situations de crise dans la région par des moyens politiques et diplomatiques, par le biais d'un dialogue réciproquement respectueux compte tenu de l'équilibre des intérêts et des préoccupations de toutes les parties impliquées.

Parmi les principaux aspects de l'agenda de la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Moyen-Orient se trouvera évidemment la situation en Syrie, la mise en place sur le territoire de ce pays dans le cadre du processus d'Astana de zones de désescalade, ainsi que les efforts entrepris pour former une délégation commune de l'opposition syrienne aux négociations avec le gouvernement syrien sous l'égide de l'Onu à Genève. Sans oublier la situation au Yémen, en Irak, en Libye, ainsi que le processus de paix israélo-palestinien.

Faisant suite aux contacts du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son voyage du 27 au 30 août à Koweït, à Abou Dabi et à Doha, nous avons également l'intention d'échanger avec les partenaires nos avis sur les différends qui perdurent entre certains pays arabes et le Qatar. Nous appelons immuablement les Etats intéressés à surmonter cette situation alarmante à la table des négociations, à trouver des solutions de compromis pour faire revenir les relations entre les acteurs de ce litige sur une voie constructive et non conflictuelle, à garantir leur unité face aux nombreux défis de notre époque, avant tout la menace du terrorisme international. Nous réaffirmons le soutien russe aux efforts de médiations du Koweït et de l'Emir Sabah al-Ahmed al-Sabah personnellement.

Nous considérons les prochaines visites du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Djeddah et à Amman comme une partie importante des efforts de médiation russes pour la promotion dynamique de la coopération diversifiée et mutuellement bénéfique avec tous les partenaires dans la région stratégique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Nous partons du fait que cela répond aux intérêts à long terme pour garantir la paix et la stabilité dans cette région dans l'ensemble.

 

Sur l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Secrétaire général de l'OTSC Iouri Khatchatourov

 

Mardi 12 septembre se tiendra l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Secrétaire général de l'OTSC Iouri Khatchatourov. Les deux interlocuteurs évoqueront les questions d'actualité relatives à l'activité de l'Organisation.

Dans le contexte de la préparation des réunions à venir des organes statutaires de l'Organisation, avant tout du Conseil de sécurité collective de l'OTSC prévu pour l'automne, le Secrétaire général de l'OTSC Iouri Khatchatourov organise des consultations appropriées avec les responsables des Etats membres. Il s'est déjà rendu notamment au Kazakhstan (23-25 août), en Arménie (28-30 août) et au Tadjikistan (7-9 septembre).

Iouri Khatchatourov a pris ses fonctions de Secrétaire général de l'OTSC en mai dernier, comme nous l'avions déjà annoncé.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

L'évolution de la situation militaro-politique en Syrie au cours des deux dernières semaines se caractérise par le renforcement des tendances positives en termes de normalisation de la situation, de garantie de conditions favorables pour le règlement politique de la crise syrienne, la reprise de l'économie et le retour du pays à la vie pacifique.

L'armée gouvernementale soutenue par l'aviation russe a obtenu de sérieux succès. Les troupes de Daech à l'est et au centre de Syrie ont connu une défaite cuisante. Selon le Ministère russe de la Défense, au total durant cette période les forces syriennes ont libéré des terroristes 4.800 km² de territoire, les djihadistes ont été évincés de 59 communes. La bataille de Daech pour Deir ez-Zor a été remportée. Au final – près de 200.000 personnes ont reçu un accès à l'approvisionnement en nourriture et en médicaments, la possibilité de circuler librement dans le pays.

Après les troupes syriennes un convoi d'aide humanitaire est entré à Deir ez-Zor.

Nous appelons nos partenaires internationaux à se joindre aux efforts de la Russie pour surmonter la catastrophe humanitaire en Syrie, notamment dans les régions qui étaient longtemps contrôlés par les groupes terroristes, ainsi que dans les zones de désescalade. L'ampleur des dégâts laissés par les terroristes sont terrifiants. En reculant ils piègent les villes pour compliquer le retour des civils.

La 6e Réunion internationale sur la Syrie à Astana est prévue pour les 14-15 septembre. Durant cette activité les pays garants du cessez-le-feu – la Russie, la Turquie et l'Iran – ainsi que l'Onu, la Jordanie et les USA en tant qu'observateurs du processus d'Astana, ont l'intention d'évoquer les questions relatives à la mise en place et au fonctionnement des zones de désescalade en Syrie. L'attention sera également concentrée sur la consolidation du cessez-le-feu, l'accroissement de l'aide humanitaire, la contribution au déminage.

La situation dans les zones de désescalade actives au sud-ouest de la Syrie, dans le nord de Homs et dans la Ghouta orientale est jugée stable. A la frontière de la zone de désescalade sud-ouest se produisent périodiquement des affrontements entre les troupes affiliées à l'Armée syrienne libre et l'Armée de Khalid ibn al-Walid qui a prêté allégeance à Daech.

A Idleb l'alliance de Nosra Hayat Tahrir al-Cham poursuit les tentatives d'affirmer son monopole par la force. Les extrémistes ont pris plusieurs établissements administratifs, y compris les administrations municipales d'électricité, d'eau et de transport. En même temps ils tentent de se légaliser en déclarant être prêt à collaborer avec d'autres "révolutionnaires" à ces fins. A cet égard nous voudrions souligner que les manœuvres de Nosra et de ceux qui ne dédaignent pas de collaborer avec eux sont voués à l'échec. En coordination avec le gouvernement syrien légitime la Russie poursuivra son combat sans appel contre les terroristes qui y sont encore présents.

 

Sur les efforts russes pour accroître l'aide humanitaire à la population dans les zones de désescalade en Syrie

 

Le renforcement du cessez-le-feu et les succès dans la lutte contre les bandes terroristes créent en Syrie une nouvelle réalité. Après six ans de conflit fratricide et de menace terroriste permanente, la population a une chance réelle de revenir à la vie pacifique. Mais il faut le faire sur les ruines laissées par les terroristes quand les écoles, les hôpitaux et les sites d'infrastructure sont détruits ou pillés. La tâche de redresser la situation humanitaire en Syrie acquiert une importance primordiale en termes de soutien des tendances positives qui se dessinent et suite à la réalisation réussie du concept de zones de désescalade  élaboré dans le cadre du processus d'Astana.

Nous sommes persuadés qu'aujourd'hui sont nécessaires les démarches les plus énergiques pour apporter une aide à la population syrien, au déminage humanitaire, à la réparation des sites vitaux d'infrastructure sociale et économique. De larges possibilités s'ouvrent pour cela. Et surtout – le niveau de violence a nettement diminué. La police militaire russe est prête à contribuer à la sécurité de l'accès des chargements humanitaires aux zones de désescalade en fonctionnement. Dans le cadre du travail des comités locaux pour la trêve sont déterminés les besoins des communes concrètes en matière de nourriture, de médicaments, d'équipements scolaires et médicaux, de méthodes.

La Russie fournit régulièrement et en quantité importante une aide humanitaire aux Syriens: de la nourriture, des médicaments, des couvertures, des produits de première nécessité. Les militaires russes participent au déminage des territoires libérés des terroristes, préparent des démineurs locaux, le front des travaux est tel que ces efforts ne suffisent pas.

Nous nous attendons à ce que nos partenaires régionaux et internationaux sincèrement souhaitant créer des conditions favorables pour le règlement politique de la crise en Syrie en s'appuyant sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, les agences spécialisées de l'Onu prennent une décision sur l'envoi de l'aide humanitaire supplémentaire nécessaire à la population syrienne. Nous appelons les organisations internationales à prendre les efforts les plus énergiques pour améliorer au plus vite la situation humanitaire dans les zones de désescalade et sur tout le territoire syrien dans l'ensemble.

 

Sur l'élucidation des circonstances de la disparition de 220 tonnes de substances chimiques du site libyen de stockage d'arme chimique de Ruvaga

 

Sur fond de politisation extrême par les pays occidentaux du dossier chimique syrien, nous notons leur indifférence absolue quant à l'éclaircissement définitif de la situation concernant la fuite de 220 tonnes de précurseurs toxiques du site libyen de stockage d'armes chimiques de Ruvaga.

Nous prônons la mise en œuvre au plus vite par le Secrétariat technique de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) de la directive du Conseil exécutif de l'OIAC pour procéder immédiatement à Ruvaga une inspection à part entière pour élucider définitivement cette affaire, ainsi que d'apporter à ce pays une aide pour planifier le travail à terme pour évaluer et réparer le préjudice environnemental lié à un éventuel déversement de substances chimiques.

La situation de la sécurité en Libye s'est améliorée aujourd'hui par rapport à la situation militaro-politique au moment de l'évacuation de l'arme chimique l'an dernier de ce site grâce au passage en juin des territoires attenants sous le contrôle de l'armée nationale libyenne. Son commandement s'est dit prêt à assurer la sécurité des inspecteurs de l'OIAC. Nous pensons que le Secrétariat technique de l'OIAC en coopération avec les autorités libyennes de Tobrouk doit remplir au plus vite la directive du Conseil exécutif de l'Organisation.

L'organisation d'une inspection sur le site du Ruvaga par les experts de l'OIAC permettra d'écarter toute possibilité de spéculer sur la prétendue "disparition" de produits toxiques militaires et de clore définitivement cette question.

 

Sur les aspects moraux et juridiques des perquisitions dans les établissements diplomatiques russes sur le territoire américain

 

Nous avons noté le commentaire fait par le service de presse du Département d'Etat américain concernant les relations bilatérales et les réponses aux actions tout de même hostiles des USA à l'égard de la propriété diplomatique et des diplomates russes. Je voudrais citer cette déclaration. Pendant la conférence de presse du Département d'Etat américain il a été expliqué quelle était la raison de l'anarchie qui règne actuellement sur le territoire de la propriété russe, notamment à San Francisco et dans d'autres villes.

"Toute la raison pour laquelle c'est arrivé est que le gouvernement russe a fait part d'une volonté de parité. Ils ont demandé à nos collaborateurs de quitter nos sites en Russie, et nous cherchons en l'occurrence de parvenir à la parité."

J'ai une question très simple pour le Département d'Etat américain: à partir de quand commencez-vous le décompte des contremesures?

Nous avons noté également que plusieurs fois le service de presse du Département d'Etat américain a déclaré que l'unique objectif visé par les USA, c'est l'établissement des relations normales avec la Russie et, évidemment, la normalisation de l'ensemble des liens et contacts bilatéraux. De quelle manière tout ce qui est fait actuellement sur le territoire du bâtiment de la Fédération de Russie où se situait auparavant le Consulat général de Russie à San Francisco contribue à la normalisation de la situation? De quelle manière des personnes que nous ne connaissons pas et que personne n'a invité y font on ne sait quoi? Elles contribuent aussi à la "normalisation des relations bilatérales"? Qui les y a envoyées? Dans quel but? Qu'y font-elles? Pourquoi elles se sentent comme chez elles? C'est une propriété de la Fédération de Russie. Qu'y font des citoyens américains?

Cette semaine on a également beaucoup parlé des perquisitions, comme nous comprenons, organisées par le FBI américain. D'ailleurs, c'est probablement là que réside le problème. Peut-être que le Département d'Etat américain souhaite réellement une normalisation des relations avec la Fédération de Russie et ce que nous entendons aux conférences de presse du Département d'Etat américain sont des déclarations sincères. Peut-être qu'aux USA il n'existe pas d'agenda intègre et commun sur la Fédération de Russie parce que, indéniablement, selon nos informations, et comme nous le comprenons, des agents du renseignement américain et du FBI entre autres sont derrière tout ce qui se passe actuellement vis-à-vis des diplomates russes. En fait, c'était et c'est une prise de contrôle illégale de la propriété de notre service diplomatique.

Je voudrais aborder l'aspect juridique et moral de cette affaire.

L'immunité diplomatique et l'immunité des locaux diplomatiques sont indéniablement des règles du jeu fixées par le droit international qui, même pendant les plus graves crises, permettent aux Etats de préserver la possibilité de communication civilisée. C'est une phrase clef – même pendant les plus graves crises, les guerres, la rupture des relations diplomatiques. C'est précisément la raison pour laquelle a été instaurée la notion d'"immunité diplomatique".

Mais comment mener un dialogue et construire des relations si le partenaire viole les accords qu'il a reconnu en tant qu'acteur du droit international? Il faut également travailler avec cette phrase, ne pas passer à côté de ces propos pour s'y approfondir.

Les USA ont jugé possible d'ignorer la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 et la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963 – deux documents fondamentaux du droit diplomatique.

En tant que pays d'accueil les USA sont obligés de respecter et de protéger les locaux consulaires et les archives consulaires sans tenter de disposer de ces documents dans leur intérêt. Même simplement pour pénétrer sur le territoire du Consulat général les autorités américaines devaient recevoir l'accord du chef de la Représentation. Le FBI n'a pas pris la peine de le faire, qui plus est les agents ont menacé texto de fracturer la porte d'entrée. Quel était leur objectif? N'est-ce pas une tentative des renseignements américains d'organiser une provocation antirusse, voire d'introduire dans le bâtiment des documents compromettants pour les retrouver ensuite? Parce que nous n'avons pas la moindre idée de ce qu'ils y font actuellement. Des équipements spéciaux ont été amenés, des travaux sont en cours, et personne n'en informe qui que ce soit.

En septembre 2012, des extrémistes islamistes ont attaqué le consulat américain en Libye. Ils se sont introduit dans le bâtiment et ont mis le feu. Cela a causé la mort de quatre citoyens américains, dont l'Ambassadeur Christopher Stevens, ainsi que de 10 policiers libyens. A l'époque, en 2012, le président américain Barack Obama a qualifié l'intrusion sur le territoire du Consulat du pays d'"atteinte aux idéaux sur lesquels a été fondée l'Onu". Pourquoi aujourd'hui ce ne sont pas des rebelles, des révolutionnaires ou des mercenaires, mais des forces de l'ordre américaines qui violent les mêmes normes du droit international que les rebelles libyens? Depuis quand l'establishment américain a franchi la ligne rouge du permis non seulement du point de vue juridique, mais également moral? Peut-être quand pour la première fois a été bloquée la condamnation au Conseil de sécurité des Nations unies d'un nouveau bombardement de la mission diplomatique russe à Damas ou peut-être quand a été commise l'attaque contre notre Ambassade à Kiev? Ce sont peut-être les maillons d'une seule chaîne? Quand aucune mesure de protection politique au niveau de la réaction des Etats et des organisations internationales n'a été prise vis-à-vis de la propriété et des sites diplomatiques russes couverts par l'immunité diplomatique? Tout cela a été bloqué à l'époque. Auparavant nous disions que c'est bloqué par les collègues occidentaux, aujourd'hui nous dirons ouvertement – les USA étaient derrière tout cela.

Actuellement, certains médias occidentaux disent qu'on assiste entre la Russie et les USA à un échange de mesures austères sur le plan diplomatique, selon le principe d'"œil pour œil". Mais il est important de ne pas oublier qui a donné en réalité le début à ces événements. Ce n'était pas la Russie, mais les USA.

En commentant la fermeture forcée des établissements diplomatiques russes le service de presse du Département d'Etat américain a déclaré que ce sont des "actions symétriques suite à la réduction de la mission américaine en Fédération de Russie". Toutefois, le service de presse du Département d'Etat américain a passé sous silence le fait que ce sont les USA qui ont d'abord jugé possible d'expulser 35 diplomates russes du pays en privant notre pays de deux sites couverts par l'immunité diplomatique.

Encore plus tôt, en 2016, le Département d'Etat américain a privé d'accréditation cinq de nos consuls honoraires dans différents Etats. Vous l'avez oublié, cela n'a pas eu lieu? Non, cela a eu lieu. Je suis absolument certaine que ceux qui travaillent actuellement au Département d'Etat américain n'ont aucune idée de ce qui s'est produit il y a un an. Autrement dit, je suis convaincue que personne n'est au courant en ce qui concerne les consuls honoraires. Mais je voudrais rappeler à nouveau que ce sont les USA qui les ont privés d'accréditation. Or à l'époque la Russie s'était abstenue des contremesures – c'est en ce qui concerne la parité dont parle aujourd'hui le service de presse du Département d'Etat américain. Seulement un nouveau cycle de sanctions et la décision de Washington d'assimiler la Russie aux pays de l'"axe du mal mondial" ont conduit à la révision des effectifs de la mission diplomatique américaine dans le pays par les autorités russes. Sachant qu'en parlant à nouveau de parité je voudrais rappeler que sur le territoire américain fonctionne la Représentation permanente de la Fédération de Russie auprès de l'Onu. Qu'en est-il de la parité? Vous n'avez pas compté non plus?

On nous impose un nouveau ton des relations, cela est fait aujourd'hui, pratiquement tous les jours, la régression, le refus de coopérer, y compris au niveau des contacts entre nos peuples.

L'épisode des perquisitions n'est pas un premier cas quand les USA se permettent de violer grossièrement les normes du droit international. Ce comportement n'est pas digne d'une entité du droit international, d'un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies qui était à l'origine de la mise en place du système actuel des relations internationales. Malheureusement, il risque de transformer non pas en un simple précédent, mais en une nouvelle tradition américaine. Nous pensons que de cette manière les USA déstabilisent non seulement les relations russo-américaines, mais également l'ordre international global.

 

Sur la situation du citoyen russe Viktor Agueev arrêté par les forces de l'ordre ukrainiennes

 

Nous avons noté la publication du journal Novaïa gazeta qui relayait les propos de la mère du citoyen russe Viktor Agueev arrêté en Ukraine. Nous avons commenté cette situation à plusieurs reprises. En particulier, Svetlana Agueeva déclare qu'à ce jour le représentant du service consulaire n'a pas toujours pas rencontré son fils. Un courriel a été envoyé au service consulaire de Kharkov laissé sans réponse. Je voudrais expliquer publiquement la situation et faire un compte-rendu devant les médias, le grand public et, évidemment, Svetlana Agueeva concernant les événements.

Depuis l'apparition des informations concernant l'appréhension par les forces de l'ordre du citoyen russe Viktor Agueev, le Consulat général russe de Kharkov fait tout pour lui apporter son aide.

Par la faute des autorités ukrainiennes qui enfreignent les normes juridiques internationales et la Convention consulaire entre la Russie et l'Ukraine du 15 janvier 1993, les représentants russes n'ont toujours pas réussi à rencontrer le citoyen russe Viktor Agueev.

Je voudrais rappeler et citer des faits concrets de ce qui a été fait et entrepris.

Le 6 juin, immédiatement après l'obtention d'une notification du Ministère ukrainien des Affaires étrangères, le consulat a envoyé à la direction du SBU de la région de Lougansk (le citoyen russe est en détention provisoire à Starobelsk) une requête pour rencontrer Viktor Agueev. Le 14 juillet, le chef de la Direction du SBU a refusé au Consulat général de rencontrer le détenu en expliquant que ce n'était possible qu'à l'issue de l'enquête. A partir de juillet le Consulat général a réitéré sa demande à trois reprises se référant aux termes de la Convention consulaire entre la Russie et l'Ukraine du 15 janvier 1993. Les requêtes écrites étaient doublées par téléphone.

Le Consulat général a établi le contact avec son avocat pour organiser une protection efficace des droits et des intérêts de Viktor Agueev.

Cependant, l'avocat engagé par la mère de Viktor Agueev a déclaré qu'il n'avait pas été admis à rencontrer l'accusé parce que ce dernier aurait renoncé à ses services et a préféré garder l'avocat commis d'office choisi plus tôt par l'enquête.

De son côté, l'avocat commis d'office a indiqué dans une conversation téléphonique avoir rencontré pour la dernière fois Viktor Agueev durant les activités d'enquête le 21 août. Il a évalué l'état de santé du client comme satisfaisant. Sachant qu'il a rejeté la demande du collaborateur du Consulat général d'apporter une contribution en transmettant au détenu des affaires et de la nourriture. De plus, il a indiqué qu'il ne pouvait pas aider à organiser une rencontre des responsables consulaires avec son client. D'après l'avocat commis d'office, en septembre le groupe d'enquête compte transmettre l'affaire du citoyen russe au tribunal.

Nous avons vérifié cette information et continueront de la vérifier. Le Consulat général informe Svetlana Agueeva des mesures prises. Si cette information est insuffisante ou si c'est fait sous une forme insatisfaisante, nous travaillerons pour faire en sorte qu'elle reçoive des informations exhaustives rapidement.

Nous espérons que la partie ukrainienne remplira ses engagements.

De son côté, le Ministère russe des Affaires étrangères fait tout pour défendre les droits et les intérêts du citoyen russe Viktor Agueev.

 

Sur l'interdiction des autorités finlandaises de l'entrée au port de Mariehamn du voilier-école Krusenstern

 

Nous constatons avec regret la décision des autorités finlandaises de refuser au voilier-école Krusenstern d'entrer (18-20 septembre) au port de Mariehamn à Åland malgré l'invitation de l'administration de la ville. Cette décision absolument infondée est d'autant plus étrange sachant que quelques semaines plus tôt ce voilier est entré dans les ports finlandais de Kotka et de Turku dans le cadre de la régate internationale des grands voiliers The Tall Ships Race.

Les habitants d'Åland ont été privés de l'opportunité de voir de leurs propres yeux le quatre-mâts légendaire qui réunit dans les villes portuaires à travers le monde un grand nombre de spectateurs et qui suscite beaucoup d'intérêt auprès du grand public.

 

Sur la situation dans l'Etat d'Arakan en Birmanie

 

Nous suivons attentivement la situation dans l'Etat d'Arakan en Birmanie. Nous sommes préoccupés par les informations sur les victimes parmi les civils et les forces de l'ordre gouvernementales, ainsi que par la détérioration de la situation dans la région.

Dans le même temps, dans notre appréciation des événements en Arakan nous essayons de ne pas nous appuyer sur les médias étrangers ou les réseaux sociaux, à travers lesquels sont manifestement entreprises des tentatives de diffuser des informations qui ne reflètent pas la vérité. Nous tirons nos propres conclusions à partir d'informations objectives des sources internationales compétentes et, bien sûr, de notre Ambassade à Rangoun.

Nous appelons une nouvelle fois tous les belligérants à s'abstenir de toute action susceptible de conduire à la dégradation de la situation et à entamer un dialogue constructif comme étant l'unique moyen efficace pour régler un problème multiforme et complexe de la minorité musulmane en Birmanie. Nous partons du fait que Naypyidaw prendra sans attendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher l'escalade de la violence, rétablir l'ordre et la loi sur ce territoire, assurer les conditions socioéconomiques normales et régler les problèmes des réfugiés. Compte tenu de la disposition affichée par les autorités birmanes à suivre les recommandations de la Commission consultative pour l'Etat d'Arakan sous la direction de l'ancien Secrétaire général de l'Onu Kofi Anna, toute pression sur Naypyidaw couplée aux accusations infondées de violence envers les musulmans pourrait conduire dans ces conditions seulement à l'aggravation de la situation dans ce pays et autour.

Nous continuerons de suivre cette situation. Sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères ont été faites des publications concernant les hoax et les fake news à ce sujet. Nous vous prions de vous référer aux informations vérifiées.

 

Sur l'activation du groupe terroriste Boko Haram au Nigeria et au Cameroun

 

Ces derniers temps les combattants du groupe extrémiste Boko Haram se sont activés au nord-est du Nigeria et au nord-ouest du Cameroun en organisant une série d'attentats de kamikazes, y compris des femmes et des enfants, contre la population civile. Les attaques contre les camps de réfugiés et les convois humanitaires sont devenues plus fréquentes. Selon certaines estimations, le nombre de victimes causées par les terroristes au cours des six derniers mois a déjà atteint plusieurs centaines de personnes.

Nous sommes particulièrement préoccupés par la hausse de la menace à la sécurité et par l'aggravation de la situation humanitaire dans cette région. Nous condamnons fermement l'idéologie et la pratique criminelle de Boko Haram. Nous sommes convaincus de l'importance d'une coordination des actions aussi bien des Africains que de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme. Nous soutenons continuellement les efforts des gouvernements du Nigeria et du Cameroun, des organisations subrégionales pour faire face à la menace terroriste.

 

Sur les inondations au Niger

 

Selon les informations rapportées, 44 personnes sont mortes au Niger depuis juin suite aux longues averses. On compte plus de 77 000 victimes et personnes restés dans abri. Les plus importants dégâts ont été subis par la capitale – Niamey où 17 personnes sont mortes (en majorité des enfants) et plus de 8 000 constructions résidentielles ont été détruites. La base de l'économie de la République – l'agriculture – a subi d'importants dommages.

Le Niger est régulièrement confronté aux inondations. La dernière fois une catastrophe naturelle de cette ampleur s'est produite en 2016. A l'époque près de 50 personnes sont mortes et plus de 14 500 ont perdu leur domicile, d'importants dégâts avaient été causés à l'infrastructure des transports et des communications. La situation est d'autant plus grave que les inondations dans cette région d'Afrique occidentale s'accompagnent régulièrement d'épidémies de malaria et d'autres maladies dangereuses.

Nous exprimons nos sincères salutations aux proches et aux parents des victimes, et nous souhaitons un rapide rétablissement aux blessés.

 

Sur l'évolution de la situation au Kenya

 

Le 1er septembre, la Cour suprême du Kenya, à l'issue de l'examen de la requête d'opposition, a établi d'invalider les résultats des élections présidentielles du 8 août dans ce pays, d'annuler leurs résultats (le Président sortant Uhuru Kenyatta a été proclamé vainqueur) et d'organiser un nouveau vote d'ici 60 jours.

Sur décision de la Cour suprême, les élections du chef de l'Etat n'ont pas été organisées par la Commission électorale indépendante en parfaite conformité avec la Constitution du pays et étaient accompagnées par des infractions.

L'opposition a salué la décision de la plus haute substance judiciaire du pays, le Président kenyan Uhuru Kenyatta s'est dit prêt à respecter la décision de la Cour suprême indépendamment de son attitude personnelle envers ce verdict.

Nous partons du fait que les événements au Kenya sont une affaire interne de ce pays. Il est important que tous les processus se déroulent dans le cadre constitutionnel et conformément aux normes de la loi nationale. Sachant que Moscou espère que dans l'intérêt de l'avenir du Kenya ami, de la stabilité de ses institutions démocratiques toutes les forces politiques, y compris les candidats à la présidence, adopteront l'approche la plus responsable de l'issue légitime du processus électoral afin d'empêcher la déstabilisation de la situation intérieure, une confrontation politique violente et une hausse de tension sociale au sein de la société kenyane.

 

Sur l'évolution de la situation au Guatemala

 

Nous sommes au courant de la dynamique d'évolution de la situation politique intérieure au Guatemala provoquée par la tension dans les relations des autorités du pays et de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala formée sous l'égide de l'Onu.

Nous souhaitons préserver la stabilité au Guatemala avec lequel nous entretenons de bonnes relations constructives, nous réalisons des projets de coopération économique.

Nous espérons que la situation sera réglée conformément à la loi du pays en vigueur. Nous souhaitons au Guatemala de la stabilité politique intérieure qui est une composante importante du climat politique positif qui existe en Amérique centrale dans l'ensemble.

 

Sur la signature d'un cessez-le-feu temporaire

 

Nous saluons la signature le 4 septembre à Quito (Equateur) un accord de cessez-le-feu temporaire entre le gouvernement de la Colombie et l'organisation rebelle Armée de libération nationale. L'accord a été conclu avec la médiation du Brésil, du Venezuela, de Cuba, de la Norvège, du Chili et de l'Equateur en tant que pays garants du processus de paix en Colombie amicale.

Nous considérons cet accord comme un pas important vers un cessez-le-feu permanent et nous espérons que cela permettra en plus de l'évolution réussie du processus de réconciliation avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) de se rapprocher d'un règlement définitif du conflit intérieur de longues années et d'établir la paix civile dans ce pays.

De notre côté, nous confirmons notre disposition à continuer de contribuer par tous les moyens, y compris dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies, au processus de paix en Colombie.

 

Sur la situation dans les pays des Caraïbes

 

Le 6 septembre, le plus puissant ouragan des dernières décennies (5e catégorie de risque), Irma, s'est abattu sur le nord-est de bassin des Caraïbes dans l'océan Atlantique. La catastrophe naturelle au 8 septembre a fait 13 morts et plus de 20 blessés. La catastrophe naturelle a surtout touché les territoires français d'outre-mer (Saint-Barthélemy et Saint-Martin), l'île de Barbuda (Antigua-et-Barbuda), le territoire britannique d'outre-mer Anguilla, Porto Rico, où des maisons ont été détruites, des rues ont été inondées, des routes ont été endommagées, la communication aérienne a été rompue et l'alimentation en électricité est perturbée.

Sur les îles Vierges et les Bahamas, dans 17 provinces de la République dominicaine, ainsi qu'en Floride, vers les côtes de laquelle se dirige l'ouragan, a été décrétée la situation d'urgence. Actuellement on procède à l'évacuation de la population et des touristes. A ceux qui restent dans cette région nous préconisons de ne pas quitter les locaux fermés.

En ce qui concerne la République dominicaine et Haïti, l'ouragan est passé plus au nord que prévu, et ces pays n'ont pas été sérieusement touchés. Selon les informations rapportées, à partir du 8 septembre la communication aérienne reprend avec la République dominicaine. Ce jour-là sera organisé un vol supplémentaire de la compagnie GTK Rossia pour évacuer les touristes russes qui n'ont pas pu quitter la république dominicaine suite à l'annulation des vols (deux autres vols ont été reportés du 7 au 8 septembre – GTK Rossia et AzurAir).

 On s'attend à ce que l'ouragan touche le littoral nord et les régions à l'est de Cuba. La situation d'urgence a été décrétée dans les provinces de Guantanamo, Santiago de Cuba, Granma, Holguín, Las Tunas, Camagüey, Ciego de Avila et Villa Clara. L'état d'alerte – à Cienfuegos, Sancti Spiritus et Matanzas. Il y a une forte probabilité de destruction de l'infrastructure touristique sur les îles Cayo Coco, Santa Maria. Les autorités locales ont commencé l'évacuation des touristes dans les régions sûres. Selon les informations rapportées, l'aéroport international José-Marti de La Havane fonctionnera normalement le 8 septembre, les vols arriveront et décolleront selon les horaires prévus. L'Ambassade de Russie a mis en place un QG d'urgence, des mesures sont prises pour préserver la vie et la santé des citoyens russes. La situation est suivie en permanence en coordination avec les autorités cubaines.

Le Ministère russe des Affaires étrangères informait rapidement et opportunément les citoyens russes de la menace qui s'avançait, y compris via l'application mobile Assistant à l'étranger (n'oubliez pas de l'utiliser). Suite au déchaînement des éléments les Ambassades de Russie à Washington et à Caracas ont publié sur leurs pages Facebook des recommandations pour les citoyens russes se trouvant dans ces pays. L'Ambassade de Russie au Venezuela a partagé les numéros de téléphone des services d'urgence en République dominicaine. A l'Ambassade de Russie à Cuba a été créée une ligne d'urgence 24h/24 pour informer les citoyens russes de la catastrophe naturelle en approche et des mesures pour minimiser les dégâts.

Nous notons également que les deux autres tempêtes dans l'Atlantique José et Katya sont passées à la catégorie d'ouragan. Nous suivons cette situation, son évolution et nous vous informerons des éventuelles conséquences.

J'appelle à nouveau les citoyens russes se trouvant dans la région et les opérateurs touristiques à exploiter toutes les possibilités en termes d'information fournies par les Ministère russe des Affaires étrangères et nos ambassades.

 

Sur la situation sur la péninsule coréenne

 

La situation autour de la péninsule coréenne s'est à nouveau nettement détériorée après les essais d'une "bombe thermonucléaire" annoncés par Pyongyang le 3 septembre. Nous déplorons la négligence flagrante par la Corée du Nord du régime global de non-prolifération et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Nous trouvons extrêmement dangereuse la militarisation accélérée de la région des deux côtés sous prétexte d'assurer sa propre sécurité. Cette "course aux armements" régionale conduira forcément à un conflit armé à part entière vers lequel mènent depuis de longues années le "cercle vicieux" de menaces réciproques, d'exercices militaires et d'essais balistiques et nucléaires.

Nous travaillons activement avec toutes les parties à différents niveaux afin de trouver une solution pacifique à l'ensemble des problèmes de la péninsule coréenne. Nous sommes convaincus que la politique de "pression maximale" sur la Corée du nord, y compris par les sanctions, s'est épuisée, ce qui a été dit à plusieurs reprises. Il est évident qu'elle aura pour résultat final soit une catastrophe militaire en Asie du Nord-Est, soit humanitaire – en Corée du Nord.

Il est important d'empêcher le développement de la situation selon ces scénarios inadmissibles. Nous appelons la communauté mondiale à tout faire pour pousser les belligérants à entamer un dialogue. A cet égard nous saluons toutes les initiatives de paix des pays intéressés, leur disposition à apporter des services de médiation ou de fournir une plateforme pour organiser les négociations.

Nous soulignons que l'initiative conjointe de la Russie et de la Chine – la "feuille de route" du processus de paix coréen – est ouverte aux nouvelles propositions et initiatives complémentaires. A l'heure actuelle, nous n'y voyons tout simplement pas d'alternative.

 

Sur la mort de civils afghans suite aux frappes aériennes des USA

 

Nous notons les communiqués de plus en plus fréquents sur la mort de civils suite aux frappes aériennes des USA an Afghanistan. En quelques jours après l'annonce de la "nouvelle stratégie" du Président américain Donald Trump nous avons enregistré trois bombardements américains entraînant des pertes parmi les civils afghans.

Le 28 août, l'aviation américaine a bombardé le quartier Bakhtabad du district de Shindand dans la province de Hérat où il n'y avait pas d'activités militaires. Hormis les 16 talibans tués et 4 blessés, selon certaines informations, ont été touchées les maisons résidentielles à proximité de la cible où ont été tués 13 habitants locaux et 8 blessés, dont des femmes et des enfants.

Le 30 août, l'aviation américaine a frappé Pol-é 'Alam dans la province de Lôgar. 28 personnes ont été tuées, dont 13 civils. 11 ont été blessés. Les communiqués de presse indiquent que dans cette région les combattants n'étaient pas présents et les activités militaires n'y étaient pas menées.

Le 6 septembre, l'aviation américaine a bombardé une cérémonie de mariage dans le district de Qarabagh dans la province de Kaboul qui, selon certaines informations, a fait deux morts et trois blessés.

Nous sommes préoccupés par les tentatives du commandement américain de taire les morts civils dans les bombardements. Il est à noter que suite aux enquêtes du Pentagone sur les incidents intérieurs, y compris le bombardement de l'hôpital des Médecins sans frontières à Kondoz en octobre 2015 entraînant plus de 70 morts et blessés, personne n'a été traduit en justice et les responsables ont fait seulement l'objet de sanctions disciplinaires.

Nous appelons les autorités afghanes à mener des enquêtes minutieuses sur chaque incident et à donner une appréciation publique aux actions qui conduisent à la mort de civils.

 

Sur l'enquête des crimes de miliaires australiens en Afghanistan

 

Depuis 2016, le service d'enquête des forces armées australiennes mène une enquête sur les assassinats présumés par les militaires de ce pays en Afghanistan de civils, y compris de détenus et d'enfants, entre 2005 et 2016. Dans plusieurs cas il est question de camouflage de crimes ou de fabrication de preuves pour mettre en scène une légitime défense.

Jusqu'à présent les forces armées australiennes refusent de fournir des informations sur les faits sous prétexte que la divulgation de ces informations "pourrait gêner les opérations en cours".

Nous suivrons le déroulement de cette enquête. Ce sujet est très d'actualité dans une situation où les frappes de la coalition menée par les USA en Syrie s'accompagnent d'importantes pertes parmi la population civile. Sachant qu'on continue de rapprocher à la Russie un "usage non sélective des armes".

 

Sur la situation autour de l'enquête sur la profanation du monument à l'Armée rouge dans la ville slovaque de Kosice

 

Nous suivons attentivement la situation concernant l'enquête menée par la police slovaque sur la profanation du monument à l'Armée rouge à Kosice, dont nous avons parlé pendant la conférence de presse du 24 août. Nous sommes surpris que le vandale interpelé par la police le 30 août lors d'une tentative de reproduire publiquement un délit a été relâché. C'est arrivé après l'intervention personnelle du Président slovaque Andrej Kiska qui a considéré son placement en garde à vue comme une mesure "trop sévère". De tels actes, en dépit de l'évidence d'un délit, sont surprenants. En fait c'est une incitation d'un criminel qui a profané la mémoire des héros de l'Armée rouge qui ont payé de leur vie pour la libération de la Slovaquie du fascisme.

Nous espérons que les forces de l'ordre et la justice slovaques pourront objectivement et impartialement remplir leur devoir et d'enquêter sur ce crime, et que les coupable subira une sanction juste et méritée.

 

Sur le refus d'entrée en Géorgie aux citoyens russes

 

Nous avons appris de nouveaux cas de refus d'entrée sur le territoire géorgien aux citoyens russes de nationalité ossète – ressortissants de la municipalité de Kazbegui, notamment du village de Kobi. A travers la Suisse qui représente les intérêts de la Russie en Géorgie nous cherchons à obtenir des autorités géorgiennes des explications claires concernant cette pratique d'interdiction qui empêche les gens à disposer de leurs maisons et terrains, à visiter les tombes des proches et à effectuer des rites religieux.

 

Sur la déclaration du service de sécurité de Facebook concernant la lutte contre les fausses pages sur le réseau social

 

Nous avons noté avec inspiration la déclaration faite le 6 septembre par le directeur de la sécurité du réseau social Facebook Alex Stamos. Elle stipule que l'étude menée par l'administration du réseau social a identifié un groupe de 470 faux comptes qui ont dépensé près de 100.000 dollars entre 2015 et 2016 pour la promotion de leurs publications sur ce réseau social.

Nous nous réjouissons que Facebook se soit préoccupé enfin du problème de fausses pages. Il était temps. Quand des faux comptes apparaissent, non pas ceux qui se font passés pour d'autres structures officielles mais qui déclarent qu'ils sont l'unique page légitime, par exemple l'Ambassade de Russie dans tel ou tel pays, nous n'arrivions pas à nous faire entendre par l'administration de ce réseau social. Nous avons tout fait – publié des communiqués du Ministère russe des Affaires étrangères, attiré l'attention sur les réseaux sociaux, fait des déclarations pendant les conférences de presse – aucune réaction. Et voici un tel progrès. Nous espérons que désormais quand nous parlerons publiquement de la présence de fausses pages d'établissements diplomatiques russes sur Facebook elles seront rapidement bloquées.

De plus, ce n'est pas la première fois que pendant les conférences de presse, les interviews et les commentaires à la presse, sans parler des réseaux sociaux, que nous avons attiré l'attention sur les attaques des faux comptes et des bots lituaniens contre les pages des établissements diplomatiques russes et du Ministère russe des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux. Malheureusement, aucune réaction n'a non plus suivi de la part de Facebook à notre observation.

Nous voyons que la découverte faite par la sécurité de Facebook s'est à nouveau transformée, sans surprise, en un nouvel élément de campagne médiatique russophobe. Soi-disant, ces comptes étaient contrôlés depuis la Russie et une fois de plus sont directement liés aux élections américaines. J'ai une proposition ou suggestion pour les administrateurs, les responsables et les propriétaires – établissons une coopération entre l'administration du réseau social et les organismes compétents russes (la police, les organes de surveillance), dans l'ensemble de toutes les structures censées s'occuper de cette question. Fournissez-nous des informations et nous vous fournirons les nôtres rapidement. Pourquoi devons-nous agir constamment par l'intermédiaire de tiers? Pourquoi tout cela doit-il faire l'objet de campagnes médiatiques? Il existe une excellente opportunité d'entamer un dialogue constructif. Vous nous entendez et nous vous entendrons, et nous commencerons vraiment un échange normal d'informations, tel que cela doit être fait. Si des questions ou des problèmes survenaient sur la voie de cette coopération, dans ce cas nous pourrions partager ces problèmes avec les médias. A l'heure actuelle, pour faire fermer quelque part une fausse page d'une ambassade de Russie, nous devons forcément venir à la conférence de presse et en parler à la tribune. Malheureusement, nous n'arrivons pas à instaurer une communication normale avec les administrateurs. Ce n'est pas seulement notre problème, mais également d'un grand nombre de services publics russes qui ne peuvent pas communiquer rapidement avec Facebook et d'autres réseaux sociaux sur le blocage de fausses pages. Désormais, le réseau social lui-même est confronté à ce problème. Je le répète, la Russie est ouverte à la coopération au niveau des structures compétentes.

 

Réponses aux questions:

Question: Des protestations ont eu lieu en Corée du Sud contre le déploiement dans le pays de nouveaux systèmes antimissiles américains. Les manifestants disent que de cette manière Washington soumet leur pays à une menace. Pourquoi la Russie s'oppose-t-elle à l'apparition de ces systèmes en Corée du Sud?

Réponse: Parce que cette décision enfreint la stabilité stratégique dans la région et n'apporte pas à la région le calme tant attendu et les perspectives d'un règlement politique et diplomatique des problèmes actuels. Elle les aggrave. Cette position russe est bien connue. Nous l'avons exprimé à plusieurs reprises en citant les faits.

Question: Je voudrais réitérer ma question de la semaine dernière concernant la note remise par le Ministère polonais des Affaires étrangères à l'ambassadeur de Russie à Varsovie concernant les restrictions d'accès sur le lieu du crash de l'avion des autorités polonaises près de Smolensk. Pouvez-vous commenter cette question?

Réponse: Nous confirmons effectivement la réception d'une telle note. Elle est examinée actuellement par les experts. Une réponse sera visiblement donnée. La forme de communication est un droit souverain de chaque Etat. Nous avons toujours prôné un dialogue de travail normal à ce sujet. L'information contenue dans cette note est actuellement revérifiée pour préparer une réponse à la partie polonaise.

Question: Le Forum d'affaires russo-turc s'est récemment tenu dans la ville turque d'Izmir. Des ministres et des représentants russes et turcs y étaient présents. Pouvez-vous faire un commentaire?

Réponse: Vous voulez visiblement parler de la participation russe à la 86e Foire internationale qui s'est déroulée du 18 au 27 août dans la ville turque d'Izmir et des contacts bilatéraux qui ont eu lieu en marge.

Cette année, à l'invitation de la partie turque, la Russie a participé à la foire d'Izmir en tant que pays partenaire. Notre délégation, comprenant entre autres des représentants de certaines régions russes, notamment la République du Tatarstan, les régions de Vladimir, de Lipetsk et de Toula, était dirigée par le Ministre russe de l'Energie Alexandre Novak, coprésident de la Commission russo-turque mixte pour la coopération commerciale et économique.

Dans le cadre de l'exposition ont été présentés les produits fabriqués dans notre pays en conformité avec le thème principal de l'exposition consacrée à l'énergie et aux innovations. Les zones économiques spéciales ont été présentées aux investisseurs turcs.

En marge de la participation de la délégation à la foire ont été organisées des activités russo-turques bilatérales, notamment la rencontre des coprésidents de la Commission intergouvernementale, le forum d'affaires "La nouvelle étape du partenariat russo-turc dans le domaine commercial et économique", ainsi que les consultations sur la levée réciproque des restrictions restantes dans le commerce bilatéral.

Pour des informations plus détaillées nous vous suggérons de vous adresser aux ministère russes compétents (Ministère russe de l'Energie, Ministère russe du Développement économique, Ministère russe du Commerce). J'ai exprimé l'appréciation du Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Une mineure partie de l'Europe s'oppose aux sanctions contre la Russie. Malgré cela, l'UE a décidé de prolonger les sanctions contre la Russie de six mois supplémentaires. Pouvez-vous dire, dans quelle mesure l'Europe est-elle résistante à la pression des USA?

Réponse: Il me semble que la réponse se trouve en partie dans votre question. Les sanctions ont été décrétées sous la pression des USA non seulement sur les pays de l'UE, mais également sur d'autres. Les sanctions font souffrir les producteurs européens et l'économie européenne. Elles ne nous apportent rien de bon, elles ne profitent pas au partenariat durable mutuellement bénéfique entre la Russie et l'UE, ainsi que l'Europe en général qui a déjà montré que le partenariat n'avait pas seulement une raison d'exister, mais qu'il pouvait également apporter de très bons résultats.

Question: Vous avez évoqué le litige avec le Département d'Etat américain concernant les consulats. Vous avez déclaré qu'il existe une nouvelle traditions aux USA – saper l'ordre mondial. Alors que le Président américain Donald Trump parle de manière très positive sur la Russie. Comment la Russie détermine-t-elle pour elle quelle est la politique étrangère américaine compte tenu de ce que dit le Département d'Etat américain et de ce que dit le Président américain Donald Trump?

Réponse: C'est précisément ce que je viens de dire. J'ai demandé s'il existait aux USA une ligne commune ou si les différents départements adoptaient des positions différentes? Nous nous posons des questions. Nous entendons différentes déclarations. Il y a les législateurs, le Département d'Etat américain, les structures de force, l'administration du Président américain Donald Trump – partout nous entendons différentes déclarations et nous voyons des actions différentes. Il y a parfois une version combinée quand on dit une chose en faisant une autre, il y a des versions plus systémiques quand on dit la même chose et on fait la même chose. Cela concerne toujours quelque chose de négatif concernant la Fédération de Russie. Nous avons la même question que vous – existe-t-il aux USA un agenda commun vis-à-vis de la Fédération de Russie? Dans le cadre du Département d'Etat américain, de la part de leurs hauts représentants et par le biais des déclarations officielles (y compris des représentants de l'Ambassade des USA à Moscou) nous entendons constamment qu'ils veulent normaliser les relations avec la Fédération de Russie. Très bien. Nous le voulons aussi. En pratique nous assistons à l'adoption de nouvelles lois sur les sanctions, le prolongement des anciennes sanctions et des actions incompatibles avec la normalisation des relations et qui caractérisent même une dégradation absolue (non pas dans le contexte des relations bilatérales avec les USA, mais comme si en principe tout cela concernait un conflit en phase active).

J'ai cité des exemples concrets. La propriété diplomatique et les établissements diplomatiques n'étaient jamais affectés même pendant une phase aiguë de conflit entre les pays. Il n'était jamais question de la propriété et d'atteinte à la propriété dans le cadre des relations normales (et non une normalisation supposant une amélioration). Ce sont des bandits qui s'emparent de la propriété. C'est tout. Nous partons du fait (du moins nous l'avons toujours pensé) que nous communiquons avec un Etat de droit. Je pense qu'aux USA il faut se décider sur le concept de coopération avec la Russie et le respect (ou l'irrespect) de la loi.

Toutefois, j'ignore comment des inconnus sans aucune décision de justice ni document, qu'ils ne présentent ni à la Russie ni au public russe, peuvent se trouver sur un territoire étranger. Est-ce possible aux USA? Il m'a toujours semblé que non. Aujourd'hui nous voyons que oui. Il ne s'agit pas de la prise d'un cartel de drogue ou d'un studio de pornographie pédophile. Même dans ces cas il faut une décision de justice – un document. Le fait est qu'un jour des inconnus sont venus sur le territoire du Consulat général de Russie (dont le bâtiment et le territoire appartiennent à la Fédération de Russie). Ils s'y sont installés: ils y vivent, font des choses, se promènent sur les toits, déplacent leurs équipements, installent des équipements, entrent et sortent des objets, contrôlent l'entée et la sortie dans ce bâtiment. De quelle parité parle-t-on? Sachant que les représentants officiels du Département d'Etat américain parlent de parité. Avez-vous vu de telles choses à l'égard des diplomates et de la propriété diplomatique ou américaine? Où? Je n'ai jamais vu.

Question: Est-ce que cela influence, entre autres, les relations entre la Russie et les USA concernant la Corée du Nord?

Réponse: C'est un parallèle intéressant. Dans l'ensemble cela affecte l'agenda bilatéral et le niveau de la coopération au niveau international. Nous en avons parlé plusieurs fois.

Le plus étonnant est que les propos et les déclarations divergent avec les faits concrets. Je ne crois pas que des adultes instruits ne comprennent pas que les déclarations sur la normalisation des relations sont totalement en contradiction avec la prise de la propriété du pays avec lequel vous souhaitez normaliser les relations.

Quand on parle de parité, on voudrait entendre un exemple d'une attitude identique de la Russie envers la partie américaine quelque part un jour. Je ne m'en souviens pas. Où est cette parité? Y en avait-il une jusqu'à aujourd'hui? Est-ce que quelqu'un marchait sur les toits avec des équipements militaires (je ne suis pas certaine concernant l'armement – c'est à vérifier), pour y fracturer des serrures et fouiller dans les câbles? Avez-vous vu une telle attitude ici envers les USA? Je sais que non.

Quand nos collègues disent qu'ils cherchent la parité, on ignore de quoi il est question en principe. Quelle parité? S'ils la souhaitent, comme on dit, "faites attention à vos vœux".

Question: Le Directeur du 2e département Asie du Ministère russe des Affaires étrangères Zamir Kaboulov a annoncé que d'ici fin septembre à New York était prévu un entretien entre lui et le représentant des USA pour l'Afghanistan. Sait-on quelles thèmes et questions seront évoqués durant cet entretien? Qu'en attend la Russie?

Réponse: Nous avons rapidement réagi à l'intérêt manifesté par la partie américaine au dialogue d'experts des deux pays en ce sens. Plusieurs mois se sont écoulés, et quand tout est arrivé au niveau des exécutifs, les USA ont commencé à faire traîner les choses. Malheureusement, c'est devenu un phénomène normal.

Je suis au courant de l'intention d'organiser une telle réunion en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. De notre côté nous y sommes prêts. Si les Américains la confirmaient, elle pourrait avoir lieu. Je répète, c'est la partie américaine qui a témoigné de l'intérêt et nous pouvons évoquer l'ensemble des questions liées aussi bien à la situation en Afghanistan qu'à la sécurité régionale dans le contexte des événements dans le pays.

Question: Cette semaine les USA ont présenté le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies pour durcir les sanctions contre la Corée du Nord. Le nouveau document implique l'interdiction de fournir du pétrole et des produits pétroliers, des importations du textile nord-coréen et d'embaucher des travailleurs nord-coréens. Les USA comptent organiser le vote sur ce document lundi 11 septembre. Comment votera la Russie et que pense-t-elle du document dans l'ensemble?

Réponse: La Russie votera sur le projet de document qui est activement mis au point actuellement. J'ai déjà exprimé les principes sur lesquels seront basées les approches russes.

Question: Le journaliste de la chaîne Zvezda Alexeï Egorov n'a pas été accrédité pour l'Exposition internationale militaire britannique qui est un analogue du forum Armée. Nos forums accueillent des journalistes étrangers, alors que les Britannique ont refusé l'accréditation à notre journaliste sans explications. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Cette tendance ne concerne pas seulement la chaîne Zvezda, mais également d'autres agences de presses, chaînes et revues. Il est question d'une politique intentionnelle visant à faire pression sur les médias russes. La principale raison pour laquelle les journalistes ne sont pas accrédités, expulsés, arrêtés est formulée sous la forme d'accusations de propagande, voire de menace à la sécurité nationale (c'est différent selon les situations). Tout cela est en contradiction directe avec les normes du droit international signées par les Etats où l'on constate une telle attitude envers les médias russes.

Premièrement, nous enregistrons tous ces cas pour les envoyer à l'institution compétente de l'OSCE chargée de la liberté des médias et des droits des journalistes.

Je voudrais rappeler ce que j'ai dit plusieurs fois depuis deux ans. En parlant des pays de l'UE, nous avons envoyé une note diplomatique à la Représentation permanente de l'UE à Moscou sur l'ordre d'accréditation de correspondants étrangers dans les pays de l'UE pour obtenir des explications globales et se faire une idée sur l'ordre d'accréditation, notamment pour savoir quelles recommandations donner aux journalistes russes.

Très souvent des journalistes russes ont été confrontés à une telle attitude: on leur parlait de violation de la loi nationale. Nous avons envoyé à la Représentation de l'UE à Moscou une note, puis une autre, car nous n'avons pas reçu de réponse à la première, ni à la seconde ensuite. Nous avons entendu une phrase intéressante qu'il existe différentes normes d'accréditation de journalistes étrangers dans l'espace de l'UE, autrement dit, chaque pays détermine ses propres normes d'accréditation de correspondants étrangers. Apparemment nous ferons ceci. Puisqu'en UE il n'existe pas d'ordre commun d'accréditation de correspondants étrangers, nous enverrons des notes appropriées à toutes les ambassades des pays de l'UE et d'Europe où nous avons rencontré des problèmes avec les correspondants russes pour recevoir une notification officielle de l'ordre d'accréditation de correspondants étrangers dans ces pays: de quelle manière et combien de temps sont délivrés des visas journalistiques, peut-on obtenir un refus en fonction du contenu des articles d'un média ou des reportages du journaliste.

Je le répète, nous sommes en dialogue avec la Représentation permanente de l'UE à ce sujet depuis deux ans, et rien ne se passe.

Question: Une revue polonaise a publié un article intitulé "La barrière russe" disant que la Russie occupe illégalement plusieurs sites immobiliers, y compris la représentation commerciale et les résidences où vivaient les collaborateurs de l'Ambassade. Les autorités polonaises, affirme l'auteur de l'article, tentent en vain d'aboutir à l'usage équitable des terrains en Russie. Pouvez-vous commenter cette situation?

Réponse: Nous avons noté cet article et d'autres publications à ce sujet. Malheureusement, la question de la propriété diplomatique russe en Pologne reste un élément irritant dans les relations bilatérales.

Jusqu'à présent sur près d'une vingtaine de nos sites dans ce pays dont disposait à une époque l'URSS, seulement trois ont été officiellement affectés à la Russie. Le droit d'exploitation des autres est contesté sous différents prétextes.

Malheureusement, pour changer cette situation afin de faire pencher la balance de son côté la Pologne recourt au mécanisme de décisions judiciaires sur les sites immobiliers russes – en exigent de les "rendre" à la Propriété publique polonaise, de verser de prétendues dettes pour un "usage hors contrat" etc. Nous ne pouvons pas reconnaître la légitimité de ces verdicts qui ne prennent pas en compte le statut diplomatique de nos sites et la voie légale d'acquisition. Vous le savez, ils ont été obtenu sur base d'accords bilatéraux entre l'URSS et la République populaire de Pologne, conformément auxquels la Pologne pouvait se doter de biens immobiliers identiques ou comparables mais pour une certaine raison n'a pas profité de ce droit.

Les consultations avec Varsovie sur ce problème – malgré tout ce qui est écrit actuellement dans la presse polonaise – se poursuivent, même si, évidemment, elles avancent difficilement et lentement en raison de divergences dans les approches des parties. Nous menons également au format interministériel national une discussion sur ce thème compliqué afin d'élaborer des solutions acceptables, y compris la possibilité de satisfaire les besoins matériels réels des représentations diplomatiques polonaises en Russie.

Nous voudrions souligner à nouveau que le règlement d'une série de ces questions problématiques portant sur l'immobilier diplomatique n'est possible que par le biais des négociations sans décisions unilatérales. A cet égard on voudrait rappeler que l'indemnisation pour les abus déjà commis vis-à-vis des sites russes fera quoi qu'il arrive partie intégrante des accords finaux.

Question: Cette semaine le journal The Guardian a publié un fake sur les versements de l'Azerbaïdjan à Rosoboronexport soi-disant pour la livraison d'armements russes à Bakou. L'Azerbaïdjan a démenti ces informations, tout comme Rosoboronexport. Que pense le Ministère des Affaires étrangères de l'expansion de la campagne antirusse dans les médias occidentaux vers l'Azerbaïdjan et la coopération commerciale russo-azerbaïdjanaise? Est-ce que cela signifie que l'Occident renforce la pression sur les alliés russes?

Réponse: Oui. On assiste à une très forte pression médiatique dans plusieurs directions. Le travail contre les journalistes russes, l'évincement de facto de l'espace médiatique. Cela a plusieurs formes de réalisation – le refus d'accréditation, d'accès, la menace de fermeture, la suspension de la diffusion, l'expulsion de réseaux câble et satellite. Bien sûr, c'est fait grâce à une grande quantité de fake news publiées. Nous nous efforçons de réagir régulièrement à ce genre de choses.

Question: Que pouvez-vous dire au sujet de la récente information rapportée par les médias canadiens que le Canada aide à évacuer des homosexuels tchétchènes de Tchétchénie pour les installer au Canada?

Réponse: J'ai vu ces publications, mais je n'ai pas vu de déclaration officielle du Canada confirmant cette information. Y en a-t-il eu? Je pense qu'il faut s'adresser à la partie canadienne, peut-être à l'Ambassade du Canada à Moscou ou le ministère des Affaires étrangères de ce pays réagira à ces publications en les confirmant ou en les démentant. C'est par là qu'il faut commencer.

Question: Des interviews d'homosexuels tchétchènes qui ont déménagé au Canada ont été publiées. Ils disaient être venus dans le cadre de ce problème.

Réponse: Alors le Canada n'aura pas de problèmes pour le confirmer officiellement. Nous avons besoin des confirmations des autorités canadiennes pour travailler avec cette information. Et je dis que nous devons d'abord comprendre s'il existe des confirmations officielles de ces faits du côté des institutions publiques du Canada. Je pense qu'il faut d'abord demander à la partie canadienne avant de travailler avec cette information pour éviter que ce soit un nouveau fake. Après tout, il n'y a rien de plus simple que d'envoyer une telle requête au Canada. Dès qu'il répondra si c'est vrai ou faux, nous pourrons commenter cette information. C'est logique.

Question: Des organisations ont déclaré avoir aidé des Tchétchènes à venir au Canada.

Réponse: Raison de plus pour le Canada de le confirmer ou de le démentir.

Question: Vous attendez une confirmation de l'Etat?

Réponse: Nous proposons d'abord d'obtenir un commentaire officiel du Canada à ce sujet. Et alors nous saurons si c'est un fake ou non. N'est-ce pas logique? Vous savez si c'est un fake ou non?

Question: Nos correspondants ont communiqué avec les Tchétchènes qui sont arrivés récemment.

Réponse: Avez-vous contacté les autorités canadiennes?

Question: Je pense que oui. Mais à vrai dire je suis ici, à Moscou, je ne peux pas dire.

Réponse: Il y a l'Ambassade du Canada à Moscou. Demandez des précisions. Vous ne faites pas de "fact checking" (vérification des faits)? Je ne peux pas le croire.

Question: Mais nous avons déjà parlé avec les Tchétchènes…

Réponse: Et avez-vous parlé aux Canadiens? Parlez aux représentants officiels. C'est une histoire étrange. Il faut commencer par vérifier les faits. Parlez aux Canadiens. Ils doivent soit confirmer qu'un tel programme existe, soit démentir.

Question: Que pense la Russie du référendum sur l'indépendance prévu en Catalogne? Les autorités espagnoles tentent de stopper ce processus. Quelle est la position de la Russie par rapport à cela?

Réponse: Nous avons déjà commenté ce sujet. Notre position reste inchangée.

Question: Imaginons que Mark Zuckerberg a entendu votre appel d'aujourd'hui. Où doit-il s'adresser pour établir la coopération? Appeler le Consulat général de Russie à San Francisco? Vous écrire une lettre?

Réponse: C'est à lui qu'il faut poser la question. Nous avons dit que nous avons des structures publiques compétentes prêtes à répondre aux questions de la compagnie Facebook. De notre côté, nous avons de très nombreuses questions sur les faux comptes. Pas de comptes mythiques, mais qui existent aujourd'hui. La dernière fois nous avons constaté que rien que dans le contexte de l'Europe de l'Est et des établissements diplomatiques russes qui s'y trouvent sur le réseau se trouvent deux faux comptes. Ces prétendues "ambassades de Russie" agissaient très activement, attiraient les utilisateurs, des dialogues y avait lieu soi-disant au nom de représentations diplomatiques russes. Nous avons mis des semaines pour nous faire entendre auprès de la compagnie.

En ce qui concerne notre ministère, vous savez parfaitement que nous réagissons rapidement. Il y a le téléphone, le courriel, les contacts dans les messageries. Nous sommes prêts à nous rencontrer et entamer une coopération efficace. Mais nous ne sommes pas l'unique département confronté à de tels problèmes sur le territoire russe. Dans un grand nombre d'établissements mes collègues disent qu'ils luttent contre les faux comptes qui doublent le travail de leurs départements ou organisations subordonnées. Quelle option sera pratique pour la compagnie, c'est leur affaire. Nous sommes ouverts à la coopération.

Documents supplémentaires

Photos

x
x
Outils supplémentaires de recherche