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24 octobre 201720:35

Déclaration du Ministère russe des Affaires étrangères concernant le vote au Conseil de sécurité des Nations unies sur la résolution pour la prolongation du mandat du Mécanisme d'enquête conjoint (MEC)

2038-24-10-2017

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Mardi 24 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté sur le projet de résolution présenté par les USA prévoyant une prolongation hâtive du mandat du Mécanisme d'enquête conjoint (MEC) OIAC-Onu sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie avant même la parution du rapport de cette structure sur le bilan de son activité depuis un an.

La Russie a voté contre pour des raisons que nous avons évoquées aussi bien publiquement que dans nos contacts de travail avec d'autres membres du Conseil de sécurité des Nations unies. La principale est qu'on ne peut pas prendre inconsidérément des décisions aussi importantes sans même évaluer l'accomplissement de ses tâches par le MEC. Sans une telle évaluation, il est notamment impossible de décider s'il faut prolonger le mandat du Mécanisme sous une forme inchangée ou s'il est nécessaire de le mettre à jour et de le modifier, comme l'admet la précédente résolution 2319 du Conseil de sécurité à ce sujet.

Les Américains ont organisé un vote anticipé contre toute logique élémentaire et contre le mécanisme habituel de travail du Conseil de sécurité établi depuis longtemps, guidés manifestement par leurs propres idées, bien éloignées des objectifs qui avaient guidé la création du MEC. C'est déjà devenu leur "label" – foncer tête baissée en imposant grossièrement et sans vergogne leur position sans prendre la peine de développer une argumentation claire. Nous le voyons clairement à la manière dont on impose à la société américaine l'idée d'une prétendue ingérence de la Russie dans les affaires intérieures des USA. Les mêmes méthodes sont utilisées sur la scène internationale, y compris les accusations gratuites contre Damas d'avoir commis des crimes, et contre Moscou de les couvrir. Ils mentent sans rougir. Ils ont littéralement pris à la gorge le MEC, l'OIAC et le Conseil de sécurité des Nations unies. Ils agissent de manière irréconciliable sans tenir compte non seulement du droit international et des normes diplomatiques, mais également du bon sens.

Cette ligne porte directement atteinte aux fondements de la diplomatie multilatérale, émascule et "calibre" sur les intérêts américains le travail des structures internationales, y compris le Mécanisme d'enquête conjoint OIAC-Onu.

Notre position est très claire et cohérente: les responsables de l'usage de l'arme chimique doivent être identifiés et traduits en justice. Nous étions à l'origine de la mise en place du MEC, nous espérions que son activité permettrait de faire la lumière sur les crimes chimiques commis en Syrie. En 2016, nous avons accepté deux fois de prolonger le fonctionnement de cette structure en élargissant la géographie de son activité sur les territoires attenants à la Syrie et en lui attribuant le mandat d'orientation antiterroriste. Maintenant, nous sommes en droit de demander ce qui a été réellement fait pour mettre en œuvre ces décisions. Quelle est l'efficacité de l'enquête. Dans quelle mesure ce travail répond aux normes élevées de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. S'il est nécessaire de modifier quelque chose pour accroître l'efficacité du Mécanisme. Au lieu de cela il nous est proposé de prolonger le mandat sans regarder. Ils craignent visiblement qu'une analyse réfléchie puisse conduire à des conclusions défavorables pour Washington.

La Russie a toujours prôné l'établissement systémique et méthodique du travail du Mécanisme d'enquête conjoint. Le rapport du MEC sera bientôt présenté. Nous l'étudierons de très près, puis nous proposerons des démarches à suivre.

 

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