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3 juillet 201415:59

Intervention et réponses aux questions des médias du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la conférence de presse conjointe à l'issue des négociations avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc Salahedine Mezouar, Moscou, le 3 juillet 2014

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Mesdames et Messieurs,

Nous avons eu des négociations avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc S.Mezouar. Monsieur le ministre a remis le message de Sa Majesté le Roi du Maroc Mohammed VI, adressé au Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine. Au cours de la conversation S.Mezouar a souligné que le message confirme la ligne décisive du Maroc à approfondir le partenariat stratégique avec la Russie dans tous les domaines via les contacts bilatéraux, ainsi que sur la scène internationale, y compris les problèmes du Proche-Orient et d'Afrique du Nord, où la situation est extrêmement préoccupante. Nous avons exprimé la même approche. Nous partageons entièrement les idées énoncées par nos amis marocains.

Le Maroc est l'un des principaux partenaires commerciaux de la Russie en Afrique. Malgré le fait que, en 2013 le volume des échanges commerciaux a légèrement diminué, s'élevant ainsi à environ 1,5 milliards de dollars, le premier trimestre de cette année est marqué par sa forte croissance de 65% par rapport à la même période en 2013.

Nous avons convenu que la commission mixte intergouvernementale russo-marocaine pour la coopération économique, scientifique et technique, co-présidée du côté marocain par Monsieur le ministre, devrait jouer un rôle important pour renforcer le commerce et les relations économiques et d'investissement. S.Mezouar a annoncé que la prochaine réunion de la Commission se tiendrait à Rabat en septembre 2014. Nous nous sommes convenus d'utiliser la préparation de cet événement afin d'encourager les contacts entre les organismes économiques, la communauté d'affaires pour diversifier les relations commerciales et renforcer le cadre juridique de nos relations.

Nous avons échangé des vues sur le travail d'une autre commission intergouvernementale - pour la coopération dans le domaine de la pêche. Nous avons également la Commission sur la coopération militaro-technique, dont la prochaine réunion est également prévue pour l'automne 2014.

Nous avons des positions identiques sur l'ordre du jour régional et international. Nous plaidons pour le strict respect des principes du droit international, le renforcement du rôle central de coordination de l'ONU, le règlement pacifique des différends et des conflits par des moyens diplomatiques et politiques.

Nos positions coïncidentes dans la nécessité de renforcer les efforts internationaux et de coordonner les actions en matière de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme, qui tente de prendre le pouvoir au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Du point de vue de la priorité de la lutte contre le terrorisme, nous avons envisagé l'évolution de la situation dans la région, y compris les évènements en Syrie, Irak, Libye et d'autres pays, la situation dans le Maghreb et le Sahara et le Sahel.

Nous sommes convaincus que la priorité de la lutte contre le terrorisme ne peut pas être utilisée comme une excuse pour reléguer au second plan le problème de règlement rapide du conflit israélo-arabe, à travers la reprise des négociations israélo-palestiniennes, qui sont dans l'impasse.

La Russie a confirmé sa position sur le règlement du conflit du Sahara occidental qui a été soutenue par nos collègues marocains. Nous allons continuer à insister sur la mise en œuvre de la décision politique, acceptable pour les parties au conflit, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'ONU.

Monsieur le ministre m'a invité à visiter le Maroc. Je serais heureux de le faire. La date sera fixée via nos ministères.

Question: Les relations entre la Russie et le Maroc se développent dans les domaines économiques, politiques et autres. Selon vous, quelles sont les perspectives de coopération entre les deux pays?

S.Lavrov (répond après S.Mezouar): Comme je l'ai dit, nous partageons pleinement la ligne du Maroc à approfondir le partenariat stratégique bilatéral. En cours d'élaboration est toute une série de documents relatifs au renforcement de notre base juridique, la promotion et l'encouragement des investissements réciproques, l'amélioration de notre collaboration dans le domaine du trafic aérien, la protection de la propriété intellectuelle, la coopération militaro-technique, la pêche, l'agriculture, le tourisme, l'interaction entre les organismes d'application de la loi, y compris à travers les conseils de sécurité, en particulier dans la lutte contre le terrorisme. Tout cela reflète l'essence des accords conclus, que nous voulons transformer en accords concrets.

Le message de Sa Majesté le Roi du Maroc a confirmé l'intérêt de rendre une visite à la Fédération de Russie, qui pourrait aboutir à la signature de ces documents. Nous avons l'intérêt à la signature de ces accords. Nous allons travailler activement avec nos amis marocains afin de finaliser les textes des documents en question. Envisageant le message de Sa Majesté, nous nous baserons sur le processus de ce travail et l'agenda de nos dirigeants.

Question: Le chef de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) a récemment exhorté publiquement ses « frères d'armes » à étendre le djihad sur le territoire de la Russie et des États-Unis. Washington n'a pas attaché d'importance à ces déclarations, ni à l'annonce d'un califat islamique en Syrie et en Irak. Pensez-vous que la communauté internationale devrait prendre des mesures plus concrètes pour lutter contre les nouvelles menaces?

S.Lavrov: Je souligne que nous avons abordé ce sujet avec M. S.Mezouar. Nous avons une position commune qui est la suivante. Aujourd'hui la volonté de lutter contre le terrorisme sans doubles standards est le critère principal de responsabilité des États et leur capacité à répondre aux exigences élevées qui sont causées par le développement de la situation, en particulier au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Je pense que les récents événements en Irak ont montré le danger de diviser les terroristes en bon et en mauvais. Tolérer l'activité extrémiste, en espérant ainsi d'atteindre certains résultats s'avère finalement contre les intérêts de ceux qui détiennent une telle ligne.

Je le répète, nous sommes convaincus de la nécessité d'un renforcement des efforts à la fois sur le plan bilatéral et par le biais des institutions multilatérales pour rendre la lutte contre le terrorisme plus efficace. Cela devrait être la priorité numéro un. Toutes les autres ambitions, les ressentiments réels ou imaginaires doivent être relégués au second plan. Ces ambitions coûtent trop cher du point du vue de la sécurité internationale et la vie de civils.

Question: La Déclaration sur le règlement en Ukraine a été signée hier à Berlin. Ce n'est pas le premier document. Tous les documents précédents, n'ont pas été entièrement mis en œuvre. Est-ce que les partenaires occidentaux donnent maintenant des garanties de la réalisation de ce document?

S.Lavrov: Je vais vous corriger : les documents précédents n'ont absolument pas été remplis. En ce qui concerne l'accord du 21 février, signé par l'opposition, qui se sont emparés du pouvoir après un coup d'Etat. La première disposition de l'accord stipulait la formation d'un gouvernement d'unité nationale. Au lieu de cela, on a formé ce que A.Iatseniouk a appelé «le gouvernement de gagnants ». C'est là que tout a commencé et les accords n'ont pas été respectés.

La déclaration de Genève du 17 avril, convenue entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, Etats-Unis, l'Ukraine et chef du service des affaires étrangères de l'Union européenne, n'a pas été respectée non plus, tandis qu'elle mettait en premier lieu la cessation de toutes les violences. Cela n'a pas été fait. La disposition relative au processus politique n'a pas été remplie non plus, notamment le lancement immédiat du processus constitutionnel ouvert, responsable, global, avec la participation de toutes les régions. Après que tout le monde ait salué la déclaration de Genève, nous avons proposé de l'approuver au Conseil de sécurité des Nations Unies. Nos partenaires occidentaux ont refusé de le faire, ainsi qu'ils ont refusé d'écouter nos arguments que l'Accord du 21 février devrait être respecté.

Afin que la Déclaration signée hier à Berlin soit mis en œuvre, les collègues occidentaux devraient jouer un rôle crucial et convaincre les autorités de Kiev sur la nécessité de suivre l'appel enregistré dans le document, qui porte sur la tâche de la convocation rapide du groupe de contact afin de s'entendre sur une base bilatérale (et ne pas prendre de mesures unilatérales) de la trêve stable et à longue durée.

Nous entendons souvent des déclarations des autorités de Kiev que la trêve annoncée puis annulée par les dirigeants ukrainiens, signifie que Kiev donne quelques jours afin que les insurgés - ou «séparatistes», comme ils les appellent, déposent les armes et s'attendent à l'amnistie. Cette approche n'est pas acceptable, il ne mènera pas à un règlement à long terme et la trêve durable. Personne ne va déposer les armes unilatéralement sous la menace d'être éliminé.

Cette approche ne figure pas dans la Déclaration d'hier. Nous y avons fixé le contraire: un cessez-le feu doit être atteint via des accords bilatéraux. Nous plaidons pour la tenue rapide de la réunion en question. Les représentants du Sud-Est de l'Ukraine ont déclaré hier qu'ils y étaient prêts. Maintenait c'est à nos partenaires occidentaux - ils doivent convaincre des représentants des autorités de Kiev de se mettre rapidement d'accord sur un lieu acceptable pour la tenue de la réunion. Il doit se trouver sur le territoire de l'Ukraine, dans un endroit en sécurité, en tenant compte du fait que les dirigeants du Sud-Est sont maintenant à Donetsk et Lougansk, et ils sont cible de l'opération militaire, car la trêve a été annulée. Il y a une nécessité d'une pause pour que la réunion ait lieu. Je le répète, tout dépend principalement des dirigeants de Kiev et du Président ukrainien.

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