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18 avril 201220:09

Intervention et réponses de S.V. Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Russie, aux questions des journalistes au cours de la conférence de presse d’après les résultats des négociations avec Saâdeddine El-Othmani, Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Royaume du Maroc, Moscou, le 18 avril 2012

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Mesdames et messieurs,

Nous avons eu des négociations très utiles avec mon homologue marocain S. El-Othmani. C'est sa première visite en Russie depuis sa nomination au poste du Ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc en janvier 2012. Nous tenons à exprimer notre satisfaction des résultats des négociations.

Les relations russo-marocaines se développent progressivement sur la base de la Déclaration du partenariat stratégique signé en 2002. Le taux des échanges économiques ne cessent pas d'augmenter. L'année dernière, nous avons réussi à doubler les échanges commerciaux pour atteindre presque 2 mds. USD. Et ce n'est pas encore la limite. Le potentiel des relations bilatérales est beaucoup plus important. Il a été convenu de l'utiliser pleinement par l'intermédiaire de la Commission intergouvernemental pour la coopération économique et scientifico-technique, les Conseils d'affaires russo-marocain et maroco-russe.

En février 2012, nous avons signé les Accords de coopération entre la Russie et le Maroc dans le domaine militaire et militaro-technique. Il a été convenu de renforcer cet axe de coopération bilatérale.

Nous avons également prêté une attention particulière à des liens humanitaires. A la fin de 2012, nous allons organiser les Journées de la culture russe au Maroc.

La Fédération de Russie et le Royaume du Maroc sont d'accord sur les problèmes actuels de l'humanité. Nous estimons que toutes questions doivent être résolu en plein conformité avec le droit international et le rôle central de l'ONU, le respect de la souveraineté et l'intégrité territoriale des Etats, la nécessité de régler tous les conflits à l'amiable par le dialogue intérieur sans intervention externe.

Ces mêmes principes conditionnent l'attitude de la Russie et du Maroc envers les événements du « printemps arabe ». Nos pays partagent l'avis que tous ceux qui essaient de maintenir les contacts avec les forces intrarégionales et influencer les processus à l'intérieur de la région doivent être très prudents et responsables.

Au cours de la rencontre nous avons discuté en détail un large éventail de problèmes actuels régionaux et internationaux ainsi que les questions de l'ordre du jour des relations bilatérales.

La partie russe apprécie l'interaction avec le Maroc au sein de l'Organisation des nations Unis, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU où en 2012 – 2013, le Royaume du Maroc est représenté en qualité du membre non permanent.

Nous saluons l'initiative du Maroc de convoquer en février 2012 à Rabat une rencontre des Ministres des affaires étrangères des pays-membres l'Union du Maghreb arabe. Ce format n'a pas été convoqué depuis longtemps. Nous pensons que cela doit détendre la situation dans la région et aider à trouver les solutions mutuellement acceptables au problème du Sahara Occidental que la Russie essaie de régler sous l'égide de l'ONU.

Nous tenons à souligner le rôle joué par le Comité de l'Organisation de la coopération islamique sur Jérusalem présidé par le roi du Maroc Mohammed VI dans la recherche des solutions équitables et à long terme liées au conflit arabo-israélien.

En mars 2012, le Vice-ministre des affaires étrangères de la Russie M.L. Bogdanov, se trouvait à Rabat et a transmis au Roi du Maroc Mohammed VI le message personnel de D.A. Medvedev, Président de la Russie. Aujourd'hui, le Ministre S. El-Othmani m'a transmis un message de réponse du Roi au nom du Président de la Fédération de Russie. Nous pensons que des échanges pareils au sommet représentent un gage du développement progressif du partenariat stratégique russo-marocain.

Question (adressée à S. El-Othmani): Que doit faire la communauté internationale pour éviter la transformation de la région de Sahel, proche du Maroc, en quelque sorte de ce que le Président de la Mauritanie M.O. Abdel Aziz a appelé « Afghanistan africain »?

S.V. Lavrov (en complétant la réponse de S. El-Othmani): La Russie soutient d'une manière très active les efforts des africains de résoudre les problèmes graves de la région de Sahel. La communauté internationale doit également encourager tous ces efforts. Mais elle doit tirer les leçons de ce qui s'est passé récemment sur le continent africain, et avant tout en Lybie. Le pays est complètement déstabilisé après les bombardements otaniens qui n'ont rien à voir avec la réalisation du mandat du Conseil de sécurité de l'ONU. Nous compatissons et supportons les efforts des autorités transitoires visés à établir l'ordre dans le pays. Mais les problèmes se multiplient.

Outre la violence en Lybie qui persiste, la déstabilisation se répande vers les Etats voisins sous forme de la contrebande d'armes, l'infiltration des guerriers. Nous pouvons voir les résultats de ces processus déstabilisant sur l'exemple de Mali. Cela prouve que le scénario libyen où que ce soit est inadmissible.

Question: L'opposition syrienne intérieure et extérieure croit que l'initiative et le plan de K. Annan est la seul et peut-être la dernière solution possible du conflit. Nous pouvons observer de nombreuses violations de ce plan. Si le plan de K. Annan ne marche pas, y a-t-il des autres alternatives?

S.V. Lavrov: Nombreux sont ceux qui désirent que le plan de K. Annan échoue et qu'on puisse lancer d'autres variantes (sous lesquelles on sous-entend avant tout l'intervention militaire). J'ai observé personnellement que certains mes collègues étaient vraiment attristés quand ils ont appris que la Syrie a accepté le plan de K. Annan. Ces derniers temps, dans les médias, y compris ceux occidentaux et turc, on peut voir de plus en plus de témoignages (fondés sur les observations personnels des journalistes) de ce que l'opposition armé essaie d'organiser les provocations afin de relancer la violence pour faire échouer l'armistice et « enterrer » le plan de K. Annan.

Nous sommes au courant que la presse turque possède les informations confirmant que les guerriers de l'Armée syrienne libre abusent le statut des camps des réfugiés sur le territoire turc en y préparant les attaques sur les postes syriens. On peut y voir leurs vrais objectifs et leurs vraies motivations, même maintenant au moment du cessez-le-feu.

Nous répétons une fois de plus que tous ceux qui ont l'influence sur les groupes divers d'opposition et surtout sur l'opposition armée, doivent utiliser cet influence pour le bien du peuple syrien et pour porter le message radical de respecter l'armistice et de ne pas recourir à des provocations. Je rappelle que les forces de l'opposition, y compris le Conseil national syrien, n'ont pas exprimé leur accord officiel avec le plan de K. Anna.

Question: L'opposition est prête à discuter la fondation de l'Etat démocratique. En même temps, ses représentants exigent que ce dialogue, s'il y a lieu, doit se dérouler sans participation de B. Assad, en se justifiant par ce qu'en tant que Président il est responsable des événements actuels en Syrie. Vous pouvez commentez ces déclarations?

S.V. Lavrov: Le plan de K. Anna prévoit le commencement du dialogue entre le gouvernement de Syrie et toutes les forces opposantes. Il y a presqu'un an les autorités syriennes ont déclaré que le vice-président Farouk Al-Chareh est une personne habilitée à mener ce dialogue. Il a toujours était considéré par l'opposition comme un partenaire acceptable des négociations. Donc, je n'y vois aucun problème.

S.V. Lavrov (en complétant la réponse de S. El-Othmani): Je voudrais ajouter quelques mots. C'est très important. Nous sommes vraiment très inquiets des tentatives de privatiser le plan de K. Anna et d'investir des structures auto-proclamées, par exemple, « le groupe des amis de la Syrie », des fonctions de contrôler l'avancement de ce plan. Je tiens à souligner officiellement et avec toute responsabilité que le plan de K. Annan a été complétement approuvé par le Conseil de sécurité de l'ONU. C'est la seule structure qui a le droit de contrôler sa réalisation sur la base des informations venues de la Mission des observateurs de l'ONU. Nous appelons encore une fois Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU, à ne pas tarder et à déposer au Conseil de sécurité de l'ONU les propositions concrètes relatifs aux paramètres de la Mission des observateurs.

Question (traduction de l'arabe): Sergei Viktorovich, vous avez parlé de la nécessité de régler le problème du Sahara occidental dans le cadre de l'ONU. Comment évaluer-vous la situation et les positions sur lesquelles se sont convenues les parties au cours des négociations consacrées à la régulation de ce problème?

S.V. Lavrov: La Russie n'est pas seulement le membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Elle fait également parte du « Groupe des amis » de la régulation du conflit au Sahara occidental. C'est pourquoi nous suivons de très près l'évolution de la situation. Pour nous, il est très important les évaluations des participants des négociations. Aujourd'hui, nous avons entendu l'avis du Maroc. C'est très important pour notre travail dans l'avenir.

Nous sommes satisfaits que le Conseil de sécurité de l'ONU prenne des décisions sur le problème du Sahara occidental exclusivement sur la base du consensus. Nous croyons que c'est le gage de ce que finalement nous pourrons trouver des solutions acceptables pour toutes les parties concernées. Ces derniers temps, les résolutions incluent les aspects humanitaires de la situation avec la régulation du conflit au Sahara occidental, y compris les droits des réfugiés. Tout cela constitue un axe très important de notre activité.

La Russie poursuivra ses efforts visés à la recherche des solutions optiales dans le cadre du processus politique, mais aussi dans le cadre de sa participation à la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Le contingent russe y est présent dès le début de l'activité de la Mission et est le plus nombreux.

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