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Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 4 juillet 2019

4 juillet 201919:09

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 4 juillet 2019

1399-04-07-2019

 

Sur les condoléances liées à la mort de sous-mariniers russes

 

Au niveau du Ministère russe des Affaires étrangères et de nos ambassades, nous avons reçu et continuons de recevoir, aussi bien par les canaux officiels que de la part de simples citoyens étrangers, des condoléances suite à l'incident tragique en mer de Barents qui a coûté la vie à 14 sous-mariniers russes. C'est une tragédie pour les parents et les proches des défunts. C'est une perte irréparable pour notre pays.

Pour ma part, permettez-moi de présenter également mes profondes condoléances aux proches de nos marins.

Toutes les lettres de condoléances seront transmises à nos collègues militaires. Cela sera fait rapidement.

 

Sur l'entretien entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen

 

Vendredi 5 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevra l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie, Geir Pedersen. Au cours de ces consultations, il est prévu d'évoquer l'ensemble des questions relatives au processus de paix syrien, y compris la situation actuelle sur le terrain compte tenu de la nécessité de poursuivre la lutte contre les terroristes, et l'objectif d'apporter une aide humanitaire en mettant l'accent sur la mise en place de conditions convenables pour les réfugiés et les déplacés internes syriens qui reviennent. De plus, il est prévu d'évoquer en détail le processus de paix, notamment la fin de la procédure de formation et de lancement du Comité constitutionnel, qui permettra de donner le départ au dialogue direct entre les Syriens comme le prévoit la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et les décisions du Congrès du dialogue national syrien à Sotchi.

Des informations plus détaillées seront publiées sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères à l'issue de ces pourparlers.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle informelle de l'OSCE

 

Les 8 et 9 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion ministérielle informelle des États membres de l'OSCE à Vysoké Tatry, en Slovaquie. Cet événement est organisé à l'initiative du Président en exercice de l'OSCE, le Ministre slovaque des Affaires étrangères Miroslav Lajcak. Cette réunion ne prévoit pas l'adoption de documents. Elle consistera en un échange d'avis sur la situation dans la zone de responsabilité de l'OSCE, et permettra de préparer la réunion officielle du Conseil des ministres (CMAE) de l'Organisation à Bratislava les 5 et 6 décembre.

Nous comptons sur une conversation franche, sans politisation, sur les questions d’actualité de l'agenda européen. On s'attend à ce que la discussion serve à réduire la tension militaro-politique dans la région euro-atlantique, contribue à l'intensification des efforts dans la lutte contre les menaces transnationales, apporte une impulsion au règlement des conflits, avant tout dans l'Est de l'Ukraine, ainsi que rapproche les positions des États sur les questions d'actualité relatives à la coopération économique et humanitaire.

En marge de la réunion informelle de Vysoké Tatry sont prévus des contacts bilatéraux du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec la direction de l'OSCE et les ministres de certains États membres. Le planning de ces rencontres est en cours de mise au point. Je peux déjà dire que les contacts ont été confirmés avec les ministres des Affaires étrangères du Kazakhstan, de la Finlande et d'Andorre. Dès que les autres contacts seront convenus, nous vous en informerons.

 

Sur les activités commémoratives en hommage aux miliciens volontaires du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l'URSS

 

Vendredi 5 juillet se tiendra une action solennelle en hommage aux collaborateurs du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l'URSS, qui ont volontairement rejoint la milice populaire le 5 juillet 1941. En hommage à cet événement, le 10 février 2014, un panneau commémoratif a été installé sur l'ancien bâtiment du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l'URSS à Moscou, au 21/5 de la rue Kouznetski most.

Ils ont héroïquement participé aux batailles difficiles contre les occupants fascistes allemands au sein de la 6e division de la milice de Moscou dans la région de Smolensk, où ils ont été pratiquement tous tués.

A cet action participera la direction du Ministère, notamment le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Pankine, des représentants du Conseil des vétérans, de l'Association des diplomates russes, du Conseil de jeunes diplomates du Ministère russe des Affaires étrangères et d'autres collaborateurs du Ministère.

Nous invitons tous ceux qui veulent honorer la mémoire des héros.

 

Sur le début de la délivrance de visas électroniques aux citoyens étrangers pour visiter la région de Kaliningrad

 

Pendant la conférence de presse précédente, mon collègue avait annoncé en détail la mise en place de visas électroniques pour les citoyens étrangers qui voulaient visiter la région de Kaliningrad à compter du 1er juillet. Le décret du gouvernement de la Fédération de Russie à cet effet est entré en vigueur. La liste complète de 53 États dont les citoyens peuvent profiter de l'excellente possibilité de se familiariser ou de profiter de nouveau de la beauté de la région la plus occidentale de la Russie a été publiée aujourd'hui sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. Croyez-moi, il y a des choses à voir.

Bienvenue!

D'après les publications des agences de presse, j'ai vu que certains profitaient déjà aujourd'hui de cette possibilité d'obtenir un visa électronique.

 

Sur les communiqués concernant le dépassement par l'Iran des limites de réserves d'uranium fixées par le Plan d'action global commun

 

Les autorités russes suivent de près la situation autour du Plan d'action global commun, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de ses termes relatifs aux paramètres du programme nucléaire iranien.

L'AIEA a enregistré le 1er juillet quelques dépassements, par Téhéran, des limites de réserves d'uranium faiblement enrichi fixées par le Plan d'action, et en a notifié de manière purement factuelle les membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA. Tous les travaux menés par les autorités iraniennes restent sous le contrôle total de l'AIEA. Aucune préoccupation ne s'est fait jour du point de vue de la non-prolifération nucléaire. Nous espérons que Téhéran continuera d'adopter une approche responsable de la mise en œuvre de son Accord de garanties généralisées et du Protocole additionnel à celui-ci.

Dans le cas des réserves limites d'uranium, il s'agit d'engagements volontaires que les autorités iraniennes ont jugé acceptables en signant l'accord nucléaire en 2015. Le dépassement du seuil prévu dans le Plan d'action est regrettable. Mais cette circonstance doit être perçue comme une conséquence naturelle de tous les événements qui l'ont précédée. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est exprimé en détail à ce sujet récemment en conférence de presse.

Je voudrais noter de nouveau que les sanctions américaines contre l'Iran ont rendu impossible, pour les autorités de ce pays, la tenue leurs engagements dans le cadre du Plan d'action. L'Iran avait averti depuis longtemps que le dépassement deviendrait inévitable.

Nous pensons que toutes les parties impliquées doivent désormais agir dans l'objectif de préserver le Plan d'action, ne dramatiser en aucun cas et se concentrer sur les actions communes pour stabiliser la situation autour du Plan d'action au vu des efforts entrepris pendant la réunion de la Commission conjointe du Plan d'action le 28 juin à Vienne. Parmi eux: l'élaboration de mesures pratiques qui permettraient à l'Iran d'exporter l'uranium faiblement enrichi et l'eau lourde malgré les sanctions américaines.

Il faut des actions continuelles et insistantes de la Commission conjointe pour préserver et poursuivre la mise en œuvre globale du Plan d'action.

 

Sur l'évolution de la situation en Libye

 

Des nouvelles alarmantes continuent de provenir de Libye. Les combats autour de Tripoli se prolongent. Le nombre de tués et de blessés, ainsi que de déplacés internes, augmente. On rapporte qu'une frappe aérienne contre un camp de migrants clandestins aux abords de la capitale a fait au moins 56 morts et plus de 130 blessés. Les circonstances restent à élucider.

Malheureusement, en dépit des appels de la communauté internationale, les belligérants n'affichent aucune disposition à renoncer à la confrontation armée pour s'asseoir à la table des négociations.

Nous pensons que dans cette situation, l'objectif de stopper l'effusion de sang, qui risque de plonger le pays dans une véritable guerre civile, passe au premier plan.

Nous réaffirmons notre position intransigeante en faveur du règlement pacifique de la crise libyenne sur la base des acquis constructifs atteints sur cette voie avec la médiation du représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu Ghassan Salamé.

La guerre civile et le vide du pouvoir en Libye créent un terrain fertile pour les groupes terroristes en tout genre, qui ont multiplié leurs incursions criminelles.

Il n'est possible d'y mettre un terme qu'en coordonnant les efforts de toutes les forces patriotiques nationales aussi bien dans l'Ouest que dans l'Est du pays.

Nous partons du principe qu'il est absolument nécessaire d'instaurer un cessez-le-feu. Nous appelons les forces militaro-politiques libyennes à entamer un dialogue et à prendre les mesures pour relancer le processus de paix inclusif avec l'objectif final de surmonter la division du pays et de créer des institutions publiques efficaces communes capables de faire revenir la paix et la prospérité sur le sol libyen.

La Russie continuera d'apporter toute l'aide possible, conjointement avec toutes les parties internationales intéressées. Une nouvelle fois, nous soulignons la nécessité d'une position coordonnée claire de la communauté internationale contre la poursuite de la confrontation armée en Libye et au profit d'une réconciliation nationale au plus vite avec la contribution de l'Onu.

 

Sur les protestations adressées à la partie japonaise en raison de la présentation des Kouriles du Sud comme faisant partie du territoire du Japon dans les matériaux utilisés pour la couverture du sommet du G20 à Osaka

 

Le 2 juillet, le Ministère russe des Affaires étrangères a transmis à un diplomate de l'Ambassade japonaise en Fédération de Russie une note de protestation en raison de l'utilisation par le Japon, dans la couverture du sommet du G20 du 28 au 29 juin à Osaka, de matériaux, y compris audiovisuels, présentant les Kouriles du Sud en Fédération de Russie comme faisant partie du territoire japonais.

La note souligne l'abus, par le Japon, de son statut de président du G20 afin de promouvoir des prétentions territoriales infondées envers la Russie, qui entrent en contradiction avec les textes fixant le bilan de la Seconde Guerre mondiale, notamment la Charte de l'Onu.

Nous constatons que les actions de ce genre vont à l'encontre de la volonté annoncée à plusieurs reprises par le Premier ministre japonais Shinzo Abe de s'abstenir d'initiatives susceptibles de nuire à la position politique de l'autre partie et de dégrader globalement le climat des relations russo-japonaises. Ces positions ont été présentées au Japon. 

 

Sur la présentation du Rapport mondial sur les drogues

 

Le 26 juin, à l'occasion de la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues, trois plateformes de l'Onu - Vienne, New York et Genève - ont présenté la nouvelle mouture du Rapport mondial sur les drogues.

Ce texte, rédigé par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, constate l'augmentation de la mortalité liée à la consommation de drogues, de nouveaux records de production d'opium et de cocaïne, ainsi que la forte expansion des drogues synthétiques.

Une attention spéciale est accordée au problème du cannabis. Le rapport souligne notamment les répercussions négatives de la légalisation de son utilisation non-médicale au Canada, en Uruguay et dans certains États des États-Unis. Les entreprises commerciales de ces pays veulent augmenter leurs revenus grâce à la vente de cannabis récréatif au lieu de se laisser guider par la santé et le bien-être de la population. Qui plus est, le marché de l'ombre n'a pas été éliminé et continue de proliférer. L'accessibilité importante des drogues s'est soldée par une hausse des abus, surtout chez les jeunes.

Ces conclusions des experts confirment directement les prévisions du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, présentées en mars dernier dans le cadre de la 62e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies. Le Ministre avait notamment souligné que la légalisation du cannabis récréatif dans certains pays constituait "un chemin direct vers l'enfer narcotique".

La Russie envisage - avec ses alliés et d'autres pays partageant la même vision - de continuer de favoriser le renforcement du mécanisme interétatique anti-drogue, fondé sur les trois conventions spécialisées de l'Onu. Notre objectif final est de construire un monde libéré des drogues et non tolérant par rapport aux stupéfiants. Nous voulons progresser fermement et résolument vers ce but.

 

Sur la situation liée à la garantie de la sécurité des journalistes en Ukraine

 

Des représentants de médias russes essuient depuis deux jours des tirs de l'armée ukrainienne dans la région de Donetsk. Le 2 juillet, l'équipe de tournage du correspondant de la chaîne Rossiya 1 Andreï Roudenko s'est retrouvée sous le feu des mortiers ukrainiens à proximité du village d'Alexandrovka. Les journalistes voulaient tourner un reportage sur les conséquences des bombardements de l'armée ukrainienne pendant la nuit et la matinée. Heureusement, aucun membre du groupe n'a été touché. Avant cela, le 27 juin, trois journalistes, dont un photojournaliste de l'agence Rossiya Segodnya, s'étaient retrouvés sous les tirs de l'armée ukrainienne dans la périphérie Ouest de Donetsk.

Nous exigeons que les autorités ukrainiennes tiennent leurs engagements dans le domaine de la sécurité des représentants des médias. Rappelons que c'est Kiev qui assume toute la responsabilité pour la vie et la santé des journalistes sur le territoire ukrainien.

Le tribunal du district Podolski de Kiev a encore une fois prolongé la détention provisoire de Kirill Vychinski, arrêté en Ukraine sur une accusation de haute trahison montée de toutes pièces, et a reporté l'examen de l'affaire au 15 juillet. Comme vous le savez parfaitement, ce journaliste a souffert de son attitude professionnelle envers son travail, qui correspondait absolument à la législation ukrainienne et s'inscrivait dans une politique de rédaction tout à fait transparente. 

Je voudrais attirer votre attention sur les propos de Kirill Vychinski, tenus hier au cours de son "procès". Cela vous prendra un peu plus de deux minutes. Je vous recommande avec insistance d'écouter et d'entendre ce qu'il a dit.

Nous avons évoqué ce sujet pratiquement toutes les semaines depuis son arrestation. Kirill Vychinski est derrière les barreaux depuis plus d'un an. En ce qui concerne les accusations dont il a fait l'objet, je voudrais répéter qu'elles sont peu compréhensibles non seulement pour ses collègues, mais aussi aux yeux des procureurs ukrainiens. C'est pour cette raison qu'ils ont demander de reporter le procès. Ils ont visiblement besoin d'étudier les dossiers et les matériaux. Je pourrais le considérer comme un cirque, mais cela dépasse déjà toutes les limites du raisonnable. Il s'agit d'une discrimination horrible des représentants des médias, de l'humiliation d'un journaliste et de l'Ukraine-même, ce que Kirill Vychinski a souligné hier. Cela exigera bien sûr une attention particulière de la communauté internationale.

Malgré l'opinion consolidée des experts internationaux, Kiev continue d'ignorer les appels à libérer Kirill Vychinski et les propos du représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir. Je voudrais répéter encore une fois que le Ministère russe des Affaires étrangères en a fait un thème central de ses commentaires et ses analyses de la situation de la liberté d'expression et des droits des journalistes. Nous continuerons de travailler avec les structures internationales spécialisées afin de maintenir la pression sur les autorités ukrainiennes et de les faire revenir dans le domaine du droit.  

 

Sur un rapport du contrespionnage allemand mentionnant les médias russes

 

Notre attention a été attirée par un récent rapport rédigé par le contrespionnage allemand, qui contient des accusations envers la Russie. Hormis les affirmations selon lesquelles les services secrets russes mèneraient une activité d'espionnage active sur le territoire allemand, une grande section du document est consacrée à l'influence des médias russes sur l'opinion publique allemande.

Par exemple, l'agence de presse Sputnik et la chaîne RT Deutsch sont accusées de "diffusion de propagande et de désinformation". Il est indiqué que l’État russe "renforce sa présence médiatique en Allemagne". Je pense que dans ce même rapport, il aurait été possible de noter comment l'Allemagne renforce sa présence médiatique dans le monde et sur le territoire russe, augmente les budgets de ses médias subventionnés par l’État, mais le contrespionnage allemand n'a visiblement pas trouvé le temps pour cela. Le rapport affirme que les compagnies publiques russes se camoufleraient derrière une image de médias indépendants pour voiler leur appartenance à l’État russe et influencer subrepticement le public.

Ce rapport déborde de déclarations sans appel qui, comme un copié-collé, coïncident avec l'avis de la fameuse Union des journalistes allemands. Une coïncidence très intéressante. Les mêmes mots et expressions ont été utilisés. Ce n'est plus une sensation, c'est un sentiment persistant que l'Union des journalistes allemands, qui attaque depuis un an Sputnik et RT mentionné dans le rapport du contrespionnage allemand, a utilisé les mêmes manuels que le contrespionnage allemand.

Toutes les déclarations du rapport sont faites sans citer la moindre preuve, sans apporter aucun fait. Toutes les déclarations et accusations sont gratuites. Malgré tout, les conclusions tirées sont sans équivoque: par exemple, la réaction des médias russes aux nombreuses insinuations de Londres autour de "l'affaire Skripal" est qualifiée de "campagne internationale russe". Qui est à l'origine de cette campagne? Qui a tenu un discours au Parlement britannique? Qui approvisionne chaque jour les médias britanniques en fuites d'établissements et d'organes officiels ou publics britanniques? Les médias russes? Peut-être le Ministère des Affaires étrangères russe? Peut-être les services secrets russes? Bien sûr que non. Cette question, ce thème et cette campagne sont évidemment britanniques. Mais le rapport les qualifie de russes, pour une raison qu'on ignore. Dans cette prétendue campagne internationale russe, RT Deutsch et Sputnik, selon le contrespionnage allemand, "devaient détourner l'attention des soupçons et semer le doute". Cela dépasse les bornes. C'est un non-sens, une absurdité. J'ai une question pour le contrespionnage allemand: a-t-il une idée de ce qui s'est passé à Salisbury et à Amesbury? Si oui, il faut s'appuyer sur des faits. Dans ce rapport il aurait été convenable d'apporter une certaine argumentation, au moins pour soutenir la position de Londres, au lieu d'accuser de nouveau les médias russes de tous les maux.

En réalité, la version britannique de l'enquête ne tient tellement pas debout que le doute ne naît pas de lui-même chez les médias russes, mais au sein du public et des gens qui ne reçoivent pas de réponses aux questions les plus élémentaires que se pose tout individu qui réfléchit.

 

Sur les nouvelles désinformations sur l'incident de Salisbury

 

Nous avons remarqué la nouvelle publication de la BBC concernant ladite "affaire Skripal". Cette désinformation a coïncidé avec la rencontre entre le Président russe Vladimir Poutine et la Première ministre britannique Theresa May en marge du sommet du G20 à Osaka. En résumé, il s'agit d'une nouvelle portion de prétendues "investigations" du fameux site Bellingcat, ainsi que de publications d'un correspondant de la BBC. Un nouveau héros est introduit dans ce drame: un prétendu haut responsable des services secrets russes (on donne même son grade), qui aurait dirigé l'opération. Bien évidemment, il n'est pas question d'une base de preuves qui aurait pu effectivement servir de fondement à cette publication.

De plus, Scotland Yard a officiellement déclaré qu'il avait l'intention de s'abstenir de commentaires parce que ces informations "concernent une enquête qui n'est pas terminée, qui suit plusieurs directions, y compris l'identification de nouveaux suspects". Une seule question. Que faire des informations présentées dans le cadre de cette intox, qui n'ont certainement pas pu être obtenues par les correspondants de manière légale? Soit les correspondants ont procédé à un piratage, soit ils ont obtenu ces informations des services compétents, qui refusent ensuite de donner des commentaires officiels. On voit très clairement la main qui a dirigé les prétendus journalistes ou l'investigation de Bellingcat et de la BBC. Il n'y a pas d'autres possibilités, comme en témoigne l'ensemble de moyens et d'informations techniques auxquels il n'est possible d'avoir accès, comme je l'ai dit, qu'avec une autorisation appropriée.

Je propose, enfin, de demander à ceux qui sont derrière ces publications et à ceux qui nous les ont présentées de cesser d'inventer des polars et de répondre aux questions banales parce qu'il y a trop de taches blanches dans cette histoire. Nous ignorons encore où se rendaient les Skripal dans la matinée du 4 mars, pourquoi avaient-ils éteint leurs portables, et s'ils sont revenus à la maison. On ignore complètement pourquoi l'infirmière en chef de l'armée de terre britannique s'est retrouvée sur les lieux de l'incident, et pourquoi, à l'hôpital du district de Salisburyn était de garde le personnel ayant une formation professionnelle spécifique pour soigner les victimes de fortes intoxications chimiques. Se pose également la question, à laquelle nous attendons toujours une réponse, de savoir pourquoi les autorités britanniques s'obstinent à refuser de transmettre les enregistrements des caméras de surveillance de la maison des Skripal, à nous refuser un accès consulaire aux intéressés. On l'ignore complètement. Il serait préférable qu'au lieu de ces désinformations, fuites et falsifications permanentes, Bellingcat réponde à cette question: pour quelle raison les autorités britanniques ont instauré de leur propre chef un "blocus médiatique" autour des Skripal? Pourquoi, depuis plus d'un an, n'avons-nous pas la possibilité (d'ailleurs, ils ne l'ont pas non plus) de communiquer avec ces personnes sur qui tant de choses ont été dites? Pourquoi refuse-t-on à ces personnes la possibilité d'exprimer leur propre position? Il leur est tout simplement interdit de communiquer avec les journalistes et d'accorder des interviews.

Je voudrais rappeler que Londres refuse toute coopération avec les organes compétents russes pour enquêter sur la tentative de meurtre de Sergueï et de Ioulia Skripal. La position russe reste inchangée concernant la présentation d'informations exhaustives sur le déroulement de l'enquête et l'octroi d'un accès à ces personnes conformément à la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963.

 

Sur la déclaration du vice-président de Facebook Nick Clegg concernant l'absence de preuves de l'influence de la Russie sur le référendum au sujet du Brexit

 

Dans le contexte des accusations interminables de cybermenace émanant de la Russie, ainsi que d'ingérence russe dans pratiquement tous les processus électoraux dans le monde, nous avons noté l'interview du vice-président de Facebook Nick Clegg à la BBC. Il a déclaré que deux vastes études avaient été menées dans les bases de données du réseau social sur la période qui avait précédé le Brexit et le jour même du vote. Au final, aucune activité susceptible d'avoir influencé le déroulement du référendum n'a été découverte.

Les opposants au Brexit ont déjà cherché plusieurs fois des traces de Moscou, la "main du Kremlin" et l'implication de la Russie, dans les résultats du vote de 2016, mais en vain. On cherche constamment à revenir sur ce sujet. Je pense que cette interview, qui fait la lumière sur la vérité, pourrait être prise pour exemple.

 

Sur la discrimination des médias russes et russophones en Lituanie

 

Les autorités lituaniennes continuent de bafouer les droits des médias.

Récemment, le régulateur médiatique local (la Commission lituanienne de la radio et de la télévision), ayant le pouvoir de restreindre la diffusion des chaînes pendant 72 heures en cas de sérieuses infractions qui représenteraient une menace à la sécurité, a décidé de bloquer sept sites diffusant principalement des contenus russophones sous prétexte que ces sites n'auraient pas notifié le régulateur du début de leur activité. Ce n'est pas la première fois que des sites russophones tombent sous des interdictions sur la base de faux prétexte. Je rappelle qu'en mai 2018, pour le même motif, le régulateur avait bloqué l'accès à six sites diffusant notamment du contenu russe.

De plus, l'exigence pour les compagnies de diffusion télévisuelle de limiter la quantité de contenus étrangers "n'étant pas présentés dans les langues officielles de l'UE" est entrée en vigueur le 1er juillet dans ce pays. C'est une discrimination totale. Le régulateur médiatique lituanien s'est déjà empressé de rapporter les "succès" en ce sens, en publiant un communiqué de presse qui stipule notamment qu'en 2018-2019 la durée de diffusion d'émissions de télévision et de radio en russe avait diminué de plus de 20 heures. Cette démarche discriminatoire antidémocratique a suscité l'exaltation de certains députés lituaniens, et le représentant du parti Union de la patrie - Chrétiens-démocrates lituaniens, Laurynas Kasciunas, connu pour sa russophobie, a même déclaré que "les mesures permanentes dans la lutte contre la propagande russe renforceraient cette tendance".

De cette manière, Vilnius poursuit une politique de franche discrimination des médias russes et russophones, et entreprend ouvertement des démarches pour nettoyer l'espace médiatique violant grossièrement les principes fondamentaux du droit international en matière de liberté d'expression et d'accès égal à l'information.

Nous appelons les structures internationales compétentes, avant tout le représentant de l'OSCE pour la liberté des médias, ainsi que les ONG des droits de l'homme, à réagir. De plus, nous voudrions entendre l'avis de Bruxelles pour savoir dans quelle mesure un mépris aussi ouvert de la liberté d'expression et des médias par la Lituanie témoigne de l'attachement de cet État aux valeurs démocratiques européennes, dont l'UE est si fière.

 

Sur la conférence de presse de Sergueï Ivanov, Président du Conseil de surveillance de la Société russe d'histoire militaire

 

Le centre de presse de l'agence Rossiya Segodnya a accueilli le 4 juillet la conférence de presse de Sergueï Ivanov, Président du Conseil de surveillance de la Société russe d'histoire militaire, sur le thème "Les 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale: de Versailles à Gliwice". Il a notamment attiré l'attention sur les prémisses, les raisons et les circonstances du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Au cours de la conférence de presse, Sergueï Ivanov a souligné la signification négative des accords de Munich de 1938 dans le contexte des tentatives de Londres et de Paris de canaliser l'agression d'Hitler vers l'Est et a rappelé le rôle déplorable de la Pologne dans les événements précurseurs de la Seconde Guerre mondiale. Sergueï Ivanov a également expliqué plusieurs éléments litigieux concernant le traité de non-agression germano-soviétique de 1939. Il a notamment souligné que la signature de ce texte avait été dictée par la nécessité d'assurer les intérêts nationaux et la sécurité de l'Union soviétique et de prévenir la guerre sur les deux fronts: contre l'Allemagne et le Japon.

Je voudrais également attirer votre attention sur le fait que les matériaux de la conférence de presse sont accessibles sur le site de l'agence Rossiya Segodnya. Qui plus est, ce dernier présente des documents d'époque tirés des archives du Ministère russe des Affaires étrangères, qui seront également publiés sur les pages officiels du Ministère.  

 

Sur le VIe Forum des jeunes diplomates des États eurasiatiques

 

Le Centre du commerce international accueillera du 10 au 11 juillet le VIe Forum des jeunes diplomates des États eurasiatiques sur le thème "Les processus d'intégration dans l'espace eurasiatique de 2014 à 2019: bilan et perspectives".

Il s'agit d'une plateforme de débat très réussie, intéressante et fonctionnelle assurant des contacts informels entre les jeunes experts des ministères des Affaires des pays de la CEI et de la "grande" Eurasie. Le Forum réunit au total des représentants de 15 pays.

La sixième édition du Forum sera consacrée aux processus d'intégration dans l'espace eurasiatique. L'une des particularités de cette rencontre réside dans ses sections thématiques spéciales réunissant des représentants de la Commission économique eurasiatique, des experts et de jeunes diplomates des pays observateurs de la CEI et des États de la région Asie-Pacifique qui ont conclu avec la Russie des accords de création de zones de libre-échange.

Les travaux du Forum s'étaleront sur deux jours et comprendront des rencontres avec des acteurs politiques et sociaux importants, ainsi que des représentants du Ministère russe des Affaires étrangères, de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie et des milieux scientifiques et d'affaires.

Je voudrais rappeler que ce travail est mené par le Conseil des jeunes diplomates du Ministère russe des Affaires étrangères dans le cadre de l'élaboration de la nouvelles conception de la diplomatie "horizontale" prévoyant des contacts entre les jeunes diplomates dans le monde entier.

Le Forum devrait se solder par la signature d'un texte fixant la feuille de route du travail des collaborateurs des ministères des Affaires étrangères des États eurasiatiques en 2019-2020, qui prévoit notamment la formation de l'Association des jeunes diplomates de l'Union économique eurasiatique et la signature par le Conseil des jeunes diplomates d'accords de partenariat avec des structures analogues au sein des institutions diplomatiques partenaires.

Nous invitons les représentants des médias à 9h30 le 10 et le 11 juillet.

Les demandes d'accréditation doivent être déposées avant le lundi 8 juillet à 15h00 (Vera Pavlova: +7-965-107- 85-09).

 

Réponses aux questions:

Question: Il a été annoncé hier que le Président russe Vladimir Poutine avait signé un décret suspendant le Traité FNI. Le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg avait évoqué la mise au point de mesures politiques et militaires en cas de suspension du Traité. Pouvez-vous commenter la situation autour du FNI dans la perspective des discussions prévues demain lors de la réunion du Conseil Otan-Russie?

Réponse: J'ai l'impression que nous commentons ce thème plusieurs fois par jour à tous les niveaux. Mais le nombre de questions ne diminue pas pour autant. La presse, principalement américaine mais aussi européenne, publie à la même fréquence des articles accusant directement notre pays du prétendu effondrement de ce Traité. En réalité, c'est exactement le contraire. Malheureusement, ce sont les États-Unis qui détruisent le Traité sous de faux prétextes au lieu d'analyser professionnellement et ensemble les réclamations communes, réciproques.

Toutes les accusations envers la Russie, soutenues par certains alliés européens de Washington, sont complètement infondées. Nous avons organisé des conférences de presse, des séminaires pratiques à l'extérieur où il était possible non seulement d'entendre, mais également de "toucher" l'argumentation russe. Hélas, de nombreux alliés de Washington, dans son sillage, ont ignoré ces activités et continuent de nous attaquer publiquement dans le milieu médiatique sur ce thème.

Je voudrais noter que la Russie n'a toujours pas reçu de preuves réelles de nos violations du Traité. Les États-Unis ont rejeté les initiatives russes sur les mesures mutuelles de transparence et ont préféré se débarrasser de cet accord, se limitant dans leur choix de moyens de pression militaire sur leurs adversaires. Hormis la Russie, c'est avant tout la Chine, qui est perçue par Washington comme un concurrent géopolitique à long terme comme le fixent les documents américains fondamentaux sur la sécurité nationale.

De notre côté, nous avons tout fait pour sauver le FNI. Nous avons proposé à Washington une liste de mesures concrètes et parfaitement réalistes qui auraient permis de lever les préoccupations des parties sur la base d'une transparence mutuelle. Cependant, nos initiatives ont été immédiatement rejetées pratiquement sans analyse approfondie, y compris l'idée même de réciprocité. Malgré le refus sans motif et contreproductif de Washington, le 23 janvier 2019, la Russie a organisé une diffusion et une conférence de presse pour les représentants de tous les pays intéressés sur le missile qui inquiète tant les États-Unis et l'Otan. Cette mesure sans précédent sort largement du cadre de nos engagements au sein du FNI. C'était une proposition amicale et volontaire de notre part pour un dialogue normal dans le respect mutuel. Les spécialistes du Ministère russe de la Défense ont présenté des informations exhaustives pour que les experts étrangers puissent se faire leur propre avis impartial sur les caractéristiques réelles du missile russe. Cependant, pratiquement tous les pays de l'Otan ont refusé de participer à cette activité. Ils ne l'ont pas fait de leur propre gré, mais sous la pression de Washington.

Cela fait longtemps que les États-Unis ont entamé l'élaboration de nouveaux missiles de moyenne portée. Nous serons forcés de prendre des mesures pour maintenir un équilibre des forces, comme l'a annoncé plusieurs fois le gouvernement russe, si les Américains s'engageaient sur le chemin de leur déploiement. Cependant, nous n'allons pas déployer nos missiles terrestres à moyenne portée quand ils seront créés tant que les missiles américains de cette classe ne feront pas leur apparition dans les régions désignées. Nous le considérons comme une manifestation importante de bonne volonté. Nous faisons tout pour préserver la prévisibilité et les possibilités de poursuivre le dialogue quand Washington aura "mûri" - si c'est le cas.

Question: L'OTSC a envoyé aux pays de l'Otan une requête concernant le respect du Traité FNI. Quelle réaction a suivi?

Réponse: En effet, un tel document a été transmis. Cela a été fait via tous les canaux possibles mais, malheureusement, aucune réaction n'a encore suivi.

Compte tenu des nombreuses questions concernant les éventuels contacts avec les Américains sur ce thème, je vous informe qu'une réunion du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov et de la sous-Secrétaire d’état américaine Andrea Thompson se tiendra à Genève les 17 et 18 juillet sur un large éventail de questions relatives à la stabilité stratégique dans le cadre d'un nouveau cycle du dialogue stratégique. Le vice-Ministre russe présidera la délégation interministérielle. Je voudrais également attirer votre attention sur son interview très détaillée et approfondie au quotidien Izvestia, où le thème du FNI est également abordé.

Question: Lors de la future réunion des ministres de l'OSCE en Slovaquie seront évoquées les questions liées au renforcement de la sécurité dans la zone de responsabilité de l'Organisation. Peut-on s'attendre à ce que soient abordés les conflits dans l'espace postsoviétique, notamment dans le Haut-Karabakh? Récemment, les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE ont organisé une réunion à ce sujet avec les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à Washington, qui a été approuvée par le Président en exercice de l'OSCE Miroslav Lajcak. Ce dialogue, plus actif ces derniers temps, sera-t-il poursuivi?

Réponse: Je pense qu'en l'occurrence nous devons donner la parole aux hôtes de cet événement, et directement à l'OSCE. Je trouve qu'il serait juste que les représentants de l'OSCE répondent à la question des thèmes qui seront désignés comme prioritaires. Pour ma part, je peux dire que tous les thèmes à l'ordre du jour de l'OSCE, compte tenu du fait que la rencontre se tiendra au niveau des ministres des Affaires étrangères, seront reflétés et évoqués aussi bien au format multilatéral que dans d'autres.

Question: Malgré la provocation japonaise à Osaka, que vous avez mentionnée, le traité de paix fait-il l'objet de discussions entre la Russie et le Japon? Étudie-t-on la question de la suppression obligatoire des bases militaires américaines du territoire japonais?

Réponse: Nous sommes convenus avec les collègues japonais de ne pas commenter le déroulement des discussions précisément pour ne pas donner de prétexte à d'autres provocations. Nous demandons de respecter cette entente et je voudrais souligner que, de notre côté, nous la respectons rigoureusement.

Question: Les États-Unis ont annoncé leur volonté d'évacuer leurs forces de Syrie. Constatez-vous des progrès dans ce domaine?

Réponse: Je ne sais même pas comment répondre à votre question - constatons-nous un progrès - dans la mesure où il est difficile de dire si un progrès est possible dans le chaos. Nous avons entendu un grand nombre de déclarations différentes concernant les positions américaines sur le retrait des troupes de Syrie. Le plus ridicule est que les États-Unis nous ont accusé plus tard - publiquement ou en coulisses - de tenter de spéculer sur les différences d'approches et de positions existant au sein de l'establishment américain, et notamment chez les représentants officiels des États-Unis. Nous ne faisons rien de ce genre. Nous tentons seulement de comprendre la logique de leurs actions au moins à court terme, et sur la question concrète du retrait ou du non-retrait des forces américaines du territoire syrien.

Pour répondre plus clairement à votre question: nous ne constatons aucun progrès. Car on ne peut constater de progrès que si l'on comprend la logique des actions et qu'une position officielle est exprimée. Or il n'existe pas de position officielle claire précisant les délais, les paramètres quantitatifs ou d'autres nuances importantes dans le cas présent. On ne peut parler d'aucun progrès.

Question: Pensez-vous que le processus de création d'un quasi-État à l'Est de l'Euphrate soit déjà irréversible?

Réponse: Sergueï Lavrov a déjà répondu en détail à cette question. Franchement, je n'ai rien à ajouter à notre approche. Je peux faire des citations. Par exemple sur le caractère immuable de notre conception du fait que la Syrie est un État souverain et que toutes les expériences territoriales, voire les tentatives de la démembrer, sont absolument inacceptables. Je peux confirmer avec certitude l'immuabilité de la position russe. Je pense que cela répond à votre question.

Question: Pourriez-vous commenter l'initiative des parlementaires néerlandais de créer un tribunal hybride pour juger les terroristes et les combattants étrangers en Syrie et en Irak?

Réponse: Nous avons déjà commenté ce sujet. L'idée de créer un tribunal anti-terroriste international sur Daech n'est pas vraiment nouvelle: elle est étudiée depuis des mois. La raison principale de ces initiatives réside dans le refus des pays européens de rapatrier les citoyens qui sont partis dans les "points chauds" pour y rejoindre des organisations terroristes internationales, ainsi que dans leur volonté d'en rejeter la responsabilité sur des structures internationales, considérées actuellement comme une "panacée juridique". Nous soulignons qu'il ne sera possible de régler cette question qu'en renforçant la coopération internationale, notamment avec le Gouvernement actuel de la Syrie, car beaucoup de combattants ont sévi dans ce pays ces dernières années.   

Nous constatons également que les idéologues de la création de ce tribunal ne veulent pas reconnaître la légitimité du Gouvernement syrien. Il s'agit d'un cercle fermé et vicieux, dont il faut sortir.

Dans ce contexte, nous estimons que les poursuites judiciaires des combattants de Daech qui ont agi sur le territoire syrien doivent être menées avant tout dans le cadre de la justice syrienne.

J'ai lu des estimations d'experts intéressantes concernant les positions de certains États. Si je ne me trompe pas, il s'agissait notamment de la France. Des combattants français ont été arrêtés en Irak et en Syrie sur des accusations de terrorisme, et certains ont été condamnés à la peine capitale. La position de la France, présentée dans les propos et les publications des experts, m'a frappée. D'un côté, le Gouvernement français ne veut pas rapatrier ses citoyens. De l'autre, il exige que les autorités des pays qui les détiennent s'abstiennent d'appliquer la peine de mort. Autrement dit, il dicte sa volonté dans un espace juridique étranger. Il s'agit d'une situation unique. Si tu sais comment il faut les juger et quelles lois il faut appliquer: rapatrie tes citoyens. Mais si tu ne veux pas assumer la responsabilité pour tes citoyens et tu les laisses sur le territoire d'un autre État, il semble logique de déléguer à cet État le droit de décider du sort des personnes qui ont tué et ont commis des actes de terrorisme contre ses citoyens.  

Question: Je pense que la plupart de ces femmes et de ces enfants sont innocents. Ce sont les hommes de leur famille qui sont coupables.

Réponse: Voilà une position magnifique. Je ne peux que partager globalement votre position: les femmes sont innocentes, ce sont leurs hommes qui sont coupables. Je l'aime bien. C'est une véritable plateforme politique.

Plus sérieusement, on peut beaucoup parler et philosopher à ce sujet: qui porte quelle responsabilité, etc. Mais il existe des lois, des enquêtes et des tribunaux. Le degré de responsabilité et de culpabilité d'une personne ne peut être établi que par un tribunal sur la base de la législation de tel ou tel État. Cela concerne également le cas dont il est question ici. Je salue les réflexions philosophiques, mais il est nécessaire de séparer la philosophie de la jurisprudence. Même si elles ne peuvent pas se substituer l'une à l'autre, elles peuvent tout à fait s'entraider. Si vous rédigiez un article sur votre expérience de vie dans la région, votre connaissance de la culture et de la mentalité des populations qui l'habitent, moi, en tant qu'habitante d'une autre région, j'aimerais bien le lire pour mieux comprendre le problème que vous mentionnez. Sérieusement, je le lirais avec plaisir.    

Question: Existe-il des informations sur la date de publication de la composition du Comité constitutionnel syrien?

Réponse: Comme vous l'avez certainement remarqué, je n'ai pas consacré de rubrique spéciale à la Syrie mais ai tout simplement annoncé les négociations de demain entre Sergueï Lavrov et l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie, Geir Pedersen. Suite à cette rencontre, nous publierons un communiqué détaillé sur cette question.

Question: Les autorités kosovares ont interdit l'entrée dans la république à tous les responsables serbes. Quelle est la position du Ministère russe des Affaires étrangères à ce sujet?

Réponse: J'ai vu des informations, citant certaines sources ou des fonctionnaires des autorités kosovares autoproclamées, indiquant que les responsables serbes ne seraient plus en mesure de se rendre au Kosovo.

Dans ce cas précis, ces propos - justes ou faux, reflétant ou non certaines positions au Kosovo - n'ont guère d'importance. Nous nous appuyons sur notre position immuable concernant la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Serbie, ainsi que le règlement pacifique sur la base de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Onu que personne n'a annulée. Nous considérons les tentatives d'introduire des interdictions de ce genre - en théorie ou en pratique - comme juridiquement insignifiantes, dénuées de sens et ne favorisant en rien le règlement des problèmes existants.          

Question: La Russie va-t-elle rembourser au Conseil de l'Europe ses arriérés de cotisations pour 2017-2018?

Réponse: Vous le savez, cette cotisation a été versée pour l'année 2019. Pendant la session de juin de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), nos pouvoirs ont été rétablis à part entière, sans dérogation. Les conditions ont été créées pour régler le problème de la dette envers le Conseil de l'Europe, et les obligations russes seront donc remplies.

Question: La Russie a déclaré plusieurs fois qu'elle était prête à apporter ses efforts pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Dans ce contexte, est-il prévu d'inviter le Président du Conseil d’État de la Corée du Nord Kim Jong-un au Forum économique oriental cette année? Que pense la Russie de la rencontre du 30 juin 2019 entre les dirigeants des États-Unis et de la Corée du Nord?

Réponse: Concernant la seconde question, un commentaire détaillé a été publié sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères le 1er juillet. Le Ministère des Affaires étrangères a déclaré qu'il saluait l'organisation de la rencontre entre le Président du Conseil d’État de la Corée du Nord et le Président des États-Unis ce 30 juin, à l'issue de laquelle il a été convenu d'intensifier les contacts de travail bilatéraux. La position russe a également été réaffirmée, qui considère que la normalisation des relations entre les États-Unis et la Corée du Nord, d'une part, ainsi qu'entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, de l'autre, tel que le prévoit notamment la "feuille de route" russo-chinoise, fait partie intégrante du règlement de la question nucléaire et des autres problèmes de la péninsule coréenne. Notre certitude que cet objectif nécessitait d'unir les efforts de tous les États impliqués et de renforcer la nature multilatérale du processus de paix a également été mise en avant.

Nous continuons d'interagir étroitement avec nos principaux partenaires afin de régler globalement la situation dans cette région.

En ce qui concerne les invitations des chefs d’État, elles sont envoyées à ce niveau et sur décision de l'Administration présidentielle.

Question: Que pouvez-vous dire de la réunion du 26 juin entre l'Ambassadeur de Russie en Arménie Sergueï Kopyrkine et les représentants de l'Alliance stratégique Arménie-Artsakh?

Réponse: Je peux dire qu'il s'agit de contacts routiniers dans le cadre de la communication de l'Ambassadeur avec les forces politiques sociales du pays d'accueil. Je souligne de nouveau que cela relève de ses obligations directes.

A ce que je sache, la rencontre à laquelle vous faites allusion a été organisée avec les responsables de la Fédération révolutionnaire arménienne, Dachnaktsoutioun, l'un des plus anciens partis politiques du pays. Je peux également confirmer que cet entretien a été initié par la partie arménienne et qu'il a porté sur un large éventail de questions. Le thème du Haut-Karabakh a été également évoqué, même s'il n'était pas central.

Étant donné que nous avons remarqué dans la presse un article à ce sujet, nous avons demandé des précisions et avons découvert que nos diplomates n'avaient pas été informés que les dirigeants de ce courant politique seraient accompagnés par des représentants du comité d'organisation du forum Alliance stratégique Arménie-Karabakh. Mais nous sommes polis et hospitaliers.

Cette rencontre n'a pas eu l'aspect politique qui lui a été attribué dans la presse. La position de la Russie sur le processus de paix du Haut-Karabakh n'a pas changé. Elle est exprimée à Moscou par les autorités et elle réaffirmée sur place par nos ambassadeurs et diplomates. Vous le savez, elle s'est toujours distinguée par sa pondération et son équilibre.

Puisque ce thème a suscité des questions, notamment dans l'espace médiatique de l'Azerbaïdjan et chez la partie azerbaïdjanaise, je peux dire que nous l'avons expliqué de la même manière à nos partenaires azerbaïdjanais.

Question: Selon certaines informations, la Fédération de Russie serait prête à échanger le pilote Konstantin Iarochenko contre un citoyen américain détenu en Russie. De qui s'agit-il?

Si la Russie n'accepte pas les accusations envers son citoyen fait prisonnier sur le territoire d'un pays tiers, cet échange serait-il équitable dans la mesure où les citoyens américains en question ont été pris en flagrant délit et sont considérés comme des espions et des agents?

Réponse: Nous avons dit plusieurs fois que tout ce qui était lié à l'arrestation de Konstantin Iarochenko, aux mesures prises contre lui, à ses conditions de détention et à l'attitude dont on fait preuve à son égard, suscitaient un très grand nombre de questions, voire l'indignation dans certains cas. Nous avons exprimé plusieurs fois notre position publiquement, nous avons exprimé à la partie américaine tout ce que nous pensions à ce sujet, notamment au niveau des ministres (des Affaires étrangères dans notre cas), en transmettant l'information au Département d’État américain.

Je comprends qu'il est question des déclarations du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, qui a parlé de l'éventualité d'un tel échange. De telles questions sont traitées via les canaux bilatéraux et ne sont pas évoquées au niveau public mais entre les experts, les diplomates et les avocats. Nous sommes ouverts et prêts à un tel dialogue.

Vous savez de quelle peine a écopé Konstantin Iarochenko, et qu'il est en prison depuis plusieurs années. Vous connaissez aussi son état de santé. Nous avons dit plusieurs fois que tout le processus dans lequel il a été impliqué, des provocations du début à son traitement en prison, remettait en question la légalité de sa situation.

Pour conclure, je dirai que la possibilité d'un échange existe. La décision est prise au niveau bilatéral. Cela ne relève pas tant de la rhétorique publique que d'un travail au niveau des experts et des avocats.

Question: L'Occident crée des obstacles sur la voie de ses citoyens qui veulent visiter la Crimée, car il considère cette dernière comme un territoire occupé. Dans ce contexte, serait-il utile de simplifier le régime de visa en Crimée?

Réponse: Il s'agit d'un travail interministériel qui implique la concertation des positions des services migratoires, des organes de justice et du Ministère russe des Affaires étrangères.

Dans tous les cas, l'essentiel n'est pas tant la simplification ou la modification des conditions de l'octroi des visas russes aux touristes étrangers qui voudraient se rendre en Crimée, mais l'interdiction directe voire les menaces de la part des gouvernements de nombreux pays, notamment de l'UE, des États-Unis, du Canada, de l'Australie etc. Ces derniers intimident leurs propres citoyens, les forcent à changer d'avis et introduisent des sanctions contre leurs entreprises. Nous le constatons dans tous les domaines: dans la désignation de la Crimée dans les itinéraires touristiques, sur internet et sur les sites des entreprises concernées, ainsi que dans les avertissements directs proférés par certains responsables politiques avant le début de la saison touristique - ou même sans aucune raison apparente - envers les agences touristiques, les entreprises, les associations et la population.

La simplification du régime de visa ne réglera pas le problème car on intimide directement les gens, on fait pression sur eux. Je vais pourtant transmettre votre proposition à nos experts.  

Question: On sait que la Russie fait partie d'une alliance militaire avec la Chine…

Réponse: Nous ne faisons partie d'aucune alliance miliaire. Il existe l'Organisation du Traité de sécurité collective et la coopération antiterroriste dans le cadre de l'OCS. La Russie n'est ni membre ni fondatrice d'aucun bloc ou alliance militaire. C'est un aspect très important.

Je comprends bien que ces éléments pourraient vous sembler peu importants et que vous pourriez considérer tout ce qui est lié à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme comme une alliance militaire, mais ce n'est pas du tout le cas.

Nous maintenons un partenariat et une coopération avec différents pays, y compris dans le domaine militaire et technique: nous vendons des armes, organisons des manœuvres communes (y compris antiterroristes), signons des accords en ce sens et échangeons des informations. Aucune de ces initiatives ne peut cependant être considérée comme l'existence ou la participation à des alliances militaires. C'est une position de principe de la Fédération de Russie.   

Question: Ma question porte sur le bloc militaire de la Chine et de la Corée du Nord, annoncé récemment par le Président chinois Xi Jinping dans la région Asie-Pacifique. Quelle sera la force de ce bloc? Comment devons-nous y réagir?

Réponse: Nous nous laissons guider par la nécessité de maintenir la stabilité stratégique dans cette région, comme dans toutes les autres régions du monde. Nous constatons depuis quelques années le renforcement de tendances déstabilisatrices, et particulièrement des actions des États-Unis qui visent à changer l'architecture de sécurité qui a été formée ou est en cours de formation dans la région. Cela concerne également les manœuvres communes que tout pays a absolument le droit d'organiser à l'exception des cas où elles visent les pays membres de l'Onu, souverains et indépendants. Enfin, c'est le déploiement des systèmes antimissiles, qui n'est pas réellement nécessaire mais nuit à la sécurité de nombreux pays.

Nous menons un travail important, via différents canaux, afin de maintenir la stabilité stratégique de la région. Nous estimons que les menaces contemporaines ne sont plus individuelles et que l'on ne peut y faire face que de manière collective, par le partenariat et la coopération. C'est exactement ce que nous faisons, car cet aspect figure dans les documents fondamentaux liés à notre sécurité nationale.

Nous comprenons parfaitement que les pays souverains et indépendants ont le droit d'avoir une coopération bilatérale. Elle ne nous préoccupe en rien si elle ne vise pas à torpiller la sécurité globale ou régionale et n'est pas orientée contre des pays tiers. C'est notre position de principe.

Nous avons en effet des relations spéciales avec la Chine. Nous développons nos contacts dans tous les domaines, de la coopération militaire aux échanges d'informations en passant par le partenariat économique, culturel, social et politique.  

Question: Au sujet du "terrorisme numérique", Yandex a récemment annoncé une cyberattaque contre ses serveurs. Les médias ont également publié des informations sur des cyberattaques orientées contre les producteurs d'électricité russes. Est-ce que le problème du cyberterrorisme est évoqué dans les couloirs, directement entre les ministères des Affaires étrangères, ou dans le cadre du G20?

Réponse: Évidemment. Il existe des initiatives russes dans le domaine de la sécurité de l'information internationale. Ce travail est assuré par Andreï Kroutskikh, Envoyé spécial du Président russe pour la coopération internationale dans le domaine de la sécurité de l'information, et son équipe d'experts, qui participent aux négociations dans le cadre de différentes plateformes internationales, y compris à l'Onu. Ils élaborent les propositions russes. Il s'agit de résolutions, de conventions ou des de clauses. Ce domaine est évidemment suivi et contrôlé par beaucoup d'autres institutions et structures russes. Cela concerne également les cyberattaques contre les sites de l'infrastructure civile.  

Question (traduite de l'anglais): Quel rôle la Russie joue-t-elle dans la prévention du conflit qui pourrait éclater dans la région à cause des actions des États-Unis envers l'Iran?

Réponse: Nous sommes très préoccupés par la tension créée dans la région par les déclarations agressives des États-Unis envers l'Iran, que nous entendons à la Maison blanche, au Département d’État américain, au Pentagone, ou encore dans la bouche des représentants de l'appareil du conseiller du Président à la sécurité nationale. Non seulement ces déclarations sont agressives, mais elles se distinguent également par leur instabilité. Je dirais que c'est un niveau différent d'agression, sans stratégie ni conception précise. On constate seulement une tendance à l'intimidation permanente de l'Iran. C'est en cela que réside la stabilité de l'approche américaine. Sur toutes les autres questions, malheureusement, la position des États-Unis n'est pas stable. Prenez ne serait-ce que les déclarations sur la possibilité de lancer des frappes de missiles, qui ont pétrifié le monde!

La région déborde de conflits ponctuels, qui ont dégénéré ces dernières années en conflits locaux et même régionaux. Ils sont devenus une zone de propagation du terrorisme international, un terrain fertile où ce mouvement a senti une nouvelle source de force. Autant il a été possible de localiser plus ou moins les actions des terroristes internationaux liés, par exemple, à l'Afghanistan, autant la communauté terroriste internationale a reçu un second souffle en s'alimentant de conflits locaux et régionaux sur le territoire du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Nous voyons à quoi mènent ces conflits: la destruction d’États, de l'infrastructure; non seulement un appauvrissement total, mais une dégradation des peuples (pas la souffrance, mais bien la dégradation). Le capital historique, politique, économique, financier et défensif accumulé pendant des siècles a cessé d'exister sur plusieurs territoires en l'espace de quelques années. Il a été détruit. La Libye en est un parfait exemple.

Même en faisant abstraction du droit international, de l'inadmissibilité de proférer des déclarations agressives envers un État souverain qui vit selon les lois démocratiques si importantes pour le monde occidental (même s'il faut en parler), pensons aux intérêts de la région. Que pourra-t-elle tirer d'un nouveau conflit aigu? Je pense qu'elle serait clairement plongée dans une nouvelle vague de chaos. Cela nous préoccupe forcément, nous en parlons et nous expliquons la position russe à tous les niveaux.

Vous me demandez quel rôle joue la Russie. La Russie soutient le droit international, les mécanismes juridiques déjà existants qui ont remédié aux préoccupations de différents pays vis-à-vis de l'Iran, notamment le Plan d'action global commun. Ce dernier était un mécanisme précis à l'élaboration duquel notre pays avait activement participé. On peut dire que pendant quatre ans, il avait réglé les questions à l'ordre du jour et aurait continué à le faire avec succès si les États-Unis ne s'étaient pas retirés unilatéralement de cet accord. La Russie exprime clairement sa position. On ne peut pas parler d'un rôle intermédiaire de notre pays, car il s'agit d'une attitude agressive des États-Unis envers l'Iran. Nous la critiquons par tous les moyens, et c'est peu dire; nous ne l'acceptons pas, nous la jugeons illégitime. Nous pensons qu'en l'occurrence il faut revenir aux mécanismes juridiques internationaux qui répondent parfaitement aux intérêts des États-Unis, de l'Iran et des pays de la région, ne font qu'apporter une solution aux problèmes et ne vont certainement pas les aggraver.

Question: A la lumière de la rencontre entre le Président russe Vladimir Poutine et le Pape François, comment pourriez-vous décrire dans l'ensemble l'état actuel des relations entre la Russie et le Saint Siège?

Réponse: Tous les commentaires ont déjà été faits sur la seconde question. Vous savez que nous ne commentons pas l'agenda international lié aux visites du Président et aux sommets. C'est l'Administration présidentielle qui s'en charge. Je voudrais dire une nouvelle fois que les informations à ce sujet ont déjà été publiées, et nous prendrons connaissance de l'avis des autorités russes à l'issue des pourparlers.

Question: Les propositions de la Russie au sujet des marins ukrainiens, figurant dans une note diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères, impliquent-elles leur retour sur le territoire ukrainien?

Réponse: Cette note ne contenait rien d'autre. Elle disait clairement que dans la législation russe existaient des mécanismes appropriés qui pourraient être utilisés par la partie ukrainienne non pas pour que les 24 marins échappent à leurs responsabilités, mais pour leur libération à condition de garanties écrites de la partie ukrainienne qu'ils participeront aux audiences préliminaires et au procès. Cette note ne parlait pas du tout d'une restriction de leur présence uniquement sur le territoire russe. J'ai vu les informations publiées sur ce thème par les blogueurs ukrainiens ou, comme ils se font appeler, les observateurs, et je n'y vois que des spéculations. La note parle clairement de la présence d'instruments appropriés dans la législation russe. Je voudrais souligner que nous avons reçu de l'Ukraine un refus officiel d'aborder ce sujet en principe.

Question: Est-ce que la position de l'Ukraine a évolué après les déclarations du président Vladimir Zelenski?

Réponse: Quand, le 26 juin, l'Ukraine a notifié de son refus d'évoquer la note diplomatique russe, qui s'est accompagné d'une déclaration publique au niveau du ministère ukrainien des Affaires étrangères, aucune autre note, proposition ou déclaration n'a été faite par Kiev, tout comme aucune tentative n'a été entreprise pour l'aborder. Je voudrais que tout cela soit clairement constaté. Aujourd'hui nous avons seulement le refus officiel de l'Ukraine d'évoquer en principe cette fameuse note et les termes qu'elle contenait, qui ont été transmis via les canaux diplomatiques à Kiev.

 

 

 

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