10 novembre 200221:10

DECLARATION D'I.S.IVANOV, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA RUSSIE

2299-09-11-2002

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Traduction non-officielle du russe

Le 8 novembre, le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité la résolution 1441 sur la reprise de l'activité d'inspection de l'ONU en Irak afin d'appliquer les décisions précédentes du CS de l'ONU sur les problèmes de la liquidation et de la non-reproduction des arsenaux irakiens d'armes d'extermination massive. Le Secrétaire Général ONU a le même jour officiellement informé Bagdad de la prise de cette résolution. Avant le 15 novembre, l'Irak doit informer l'ONU de son accord avec les clauses de la résolution et de son engagement à les respecter entièrement.

Moscou croit que la coopération de Bagdad avec l'ONU dans l'application de la résolution 1441 et de toutes les autres résolutions du Conseil de Sécurité concernant l'Irak, adoptées précédemment, ouvrira la perspective d'un règlement global du problème irakien, y compris la levée des sanctions, le renforcement de la paix et de la stabilité dans la zone du Golfe.

Il est d'une importance de principe que la résolution ait été adoptée à l'unanimité et ait reçu le plus large soutien dans le monde. C'est un grand succès de tous ceux qui, de manière consécutive, prônent la suprématie des Statuts de l'ONU et du droit international dans les affaires internationales. La Russie s'en tient fermement à cette position.

La prise de la résolution a été précédée par des consultations longues et compliquées, au cours desquelles on a réussi à obtenir qu'elle reflète la position de principe de la Russie.

Le caractère difficile du travail à la résolution est confirmé aussi par le fait que, ces derniers jours surtout, ce sont les leaders des états-membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU qui ont directement pris part à la concertation de la résolution. V.V.Poutine, Président de la Russie, a eu plusieurs entretiens avec les Présidents des USA, de la France, le Premier Ministre de la Grande-Bretagne, ce qui a permis de garantir la correspondance de la résolution aux approches russes.

En résultat d'un travail intense, on a réussi à obtenir une modification substantielle du projet initial, en exclure les formules inacceptables pour la Russie.

La résolutions adoptée ne parle pas de l'autorisation automatique de l'usage de la force. Il est prévu qu'en cas de l'apparition de problèmes, le Conseil de Sécurité de l'ONU se réunira pour examiner la situation qui s'est formée et mettre au point les actions ultérieures. Ainsi, la décision finale reste à cet organe principal dans le domaine de la paix et de la sécurité internationales. Cela est d'une importance de principe pour le renforcement de l'ordre mondial contemporain sur la base des Statuts de l'ONU. Il est aussi important que la résolution confirme l'aspiration de tous les pays-membres de l'ONU à maintenir la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Irak et de tous les états de la région, stipule clairement le besoin de l'application entière de la résolution 1382, dans laquelle les membres du CS se sont engagés à obtenir le règlement global du problème irakien, ce qui suppose aussi la levée des sanctions.

Les formules de la résolution sont le résultat d'un travail ultra-compliqué au sein du CS de l'ONU, et reflètent le compromis obtenu. L'essentiel est que la résolution écarte la menace réelle de la guerre et ouvre la voie pour le travail ultérieur dans l'intérêt du règlement politico-diplomatique de la situation autour de l'Irak. La Russie a fait son choix de principe de la soutenir, en se guidant sur sa responsabilité particulière, en tant que membre permanent du CS, du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté une décision importantissime dans l'intérêt du règlement politique de la situation autour de l'Irak. Mais, aussi important que soit cette décision, elle ne constitue qu'un premier pas. C'est un travail très grand et très compliqué qui nous attend. Le succès de ce travail dépendra beaucoup de l'empressement de l'Irak à coopérer pleinement avec l'ONU dans l'application des résolutions correspondantes et du maintien de l'atmosphère de compréhension et de coopération dans le cadre du Conseil de Sécurité de l'ONU même, qui a permis d'adopter à l'unanimité la résolution 1441.

Le 9 novembre 2002

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