9 septembre 201918:38

Début de l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec le directeur du site RIA Novosti Ukraine Kirill Vychinski, Moscou, 9 septembre 2019

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Sergueï Lavrov: Nous sommes très heureux de vous accueillir. Nous avons vu le reportage. Plein d'émotion… Vos propos, les propos de Margarita Simonian, de Dmitri Kisselev et d'autres de vos collègues. Il est probablement incorrect de vous remercier d'avoir apprécié la contribution du Ministère des Affaires étrangères, mais si, selon vos impressions, nous avons aidé, c'est important pour nous.

Kirill Vychinski: Monsieur Lavrov, vous n'avez pas seulement aidé, vous avez très fortement soutenu. Et il est évident que c'est le travail d'un très grand nombre de personnes, d'une grande machine, je n'ai pas peur du mot, qui a travaillé pour me faire sortir de là et, surtout, pour rétablir la justice. Parce que ce qui m'arrivait était injuste. Je le comprenais, je le ressentais.

Je vous remercie personnellement pour vos vœux d'anniversaire. Le 19 février dernier, quand vous avez dit que vous me souhaitiez un joyeux anniversaire, avant d'ajouter: "Comprenez clairement et souvenez-vous: héros, nous ne vous abandonnerons pas." C'était très cher et important pour moi.

Mon autorité dans ma cellule a immédiatement grimpé jusqu'au ciel. Un immense merci à vous.

Sergueï Lavrov: La mienne aussi!

Nous nous soucions de tous nos citoyens, notamment de ceux qui sont soupçonnés de transgresser la loi. Nous exigeons la justice et un procès juste. Mais dans votre cas il était évident que vous étiez un personnage unique dans toute cette "compagnie" de personnes retenues de force, parce que vous n'étiez pas du tout impliqué dans un délit administratif - et encore moins pénal. Vous avez été accusé de haute trahison simplement pour avoir décrit la situation dans différentes régions du pays où vous travailliez, rien d'autre. Je voudrais souligner de nouveau ce qu'ont déclaré le Président russe Vladimir Poutine, le Président ukrainien Vladimir Zelenski et le Ministère russe des Affaires étrangères: c'est un pas très positif en ce qui concerne, je l'espère, le début de la normalisation des relations entre la Russie et l'Ukraine pour que nous cessions de nous regarder à travers des viseurs - médiatiques, pénaux, politiques - afin d'interagir simplement en se basant sur le bon sens. Nous avons bien plus en commun que les coins enfoncés par les radicaux, les néonazis et autres, qui ne sont pas du tout mus par les intérêts des peuples russe et ukrainien.

Kirill Vychinski: Je suis entièrement d'accord avec vous. Si je pouvais être utile dans ce travail, je le ferais avec plaisir, parce que ces événements m'infligent une douleur personnelle.

Surtout, j'ai vu beaucoup de gens depuis plus d'un an et je n'ai jamais entendu à mon égard des propos comme "traître". J'ignore si, dans les endroits où je me trouvais, les gens avaient beaucoup de tact ou s'ils ne le pensaient pas. Ils me croyaient et comprenaient qu'ils avaient en face d'eux d'un prisonnier politique. D'autant que le terme "prisonnier politique" est devenu très courant en Ukraine, dans les prisons ukrainiennes.

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