4 septembre 201916:34

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 4 septembre 2019

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Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Nicu Popescu, Ministre des Affaires étrangères et de l'Intégration européenne de la République de Moldavie

 

Mercredi 11 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra à Moscou avec le Ministre moldave des Affaires étrangères et de l'Intégration européenne Nicu Popescu. Il s'agit de la première visite à Moscou du nouveau chef de la diplomatie moldave depuis la constitution du nouveau gouvernement dans ce pays en juin dernier.

Il est prévu de mettre à jour l'agenda des relations bilatérales sur la base des principes de l'Accord d'amitié et de coopération de 2001. Les deux interlocuteurs échangeront leurs avis sur les questions d'actualité relatives à la coopération russo-moldave et aux thèmes internationaux d'intérêt mutuel.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la réunion élargie du Conseil général de la Fédération mondiale des chambres de commerce

 

Le 11 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devrait également participer à la réunion élargie du Conseil général de la Fédération mondiale des chambres de commerce (FMCC), qui se déroulera au Centre de congrès de la Chambre de commerce russe.

La Fédération est une ONG internationale représentant les intérêts des chambres de commerce et d'industrie du monde entier. Son activité vise à développer l'institution des chambres de commerce et à encourager la coopération entre elles.

Dans le cadre de la réunion, il est prévu d'évoquer le rôle de la communauté entrepreneuriale internationale dans le règlement des problèmes d'actualité du développement économique mondial.

 

Sur le 5e Forum économique oriental

 

Du 4 au 6 septembre, Vladivostok accueillera des activités dans le cadre du 5e Forum économique oriental (FEO) annuel instauré par le Président de la Fédération de Russie afin de contribuer au développement accéléré de l'Extrême-Orient russe et à l'élargissement de la coopération internationale dans la région Asie-Pacifique.

Les principaux invités du Forum seront le Premier ministre indien Narendra Modi, le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad, le Président de la Mongolie Khaltmaagiyn Battulga et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui s'entretiendront également avec le Président russe Vladimir Poutine en tête-à-tête.

Cette année, Vladivostok accueillera plus de 4.000 représentants de milieux officiels et d'affaires de plus de 30 pays. Les plus importantes en nombre seront les délégations du Japon, de la Chine, de l'Inde, du Royaume-Uni, des États-Unis, de la Suisse et de l'Italie.

L'ordre du jour du Forum prévoit une discussion sur un large éventail de mesures en vigueur et à venir pour soutenir la croissance économique et améliorer la qualité de vie en Extrême-Orient russe, ainsi que sur des projets prometteurs concrets. Un accent particulier sera mis sur les possibilités d'accroître la coopération pratique avec les partenaires étrangers. Parmi les questions principales: la coopération scientifique et technique, la transformation numérique de l'économie et du commerce international, la participation des régions de l'Extrême-Orient russe aux chaînes mondiales de valeur ajoutée, ou encore l'avenir de l'Arctique russe et des couloirs de transport transfrontaliers.

Le programme d'affaires inclut près de 70 activités: des tables rondes thématiques, des dialogues d'affaires Russie-ANASE, Russie-Inde, Russie-Chine, Russie-Japon, Russie-Corée du Sud et Russie-Europe.

En marge de l'événement sont prévues des réunions de la Commission intergouvernementale russo-singapourienne de haut niveau et du Conseil public de la Route maritime du Nord, la conférence "Un espace économique commune du Pacifique à l'Atlantique. Le Grand Partenariat eurasiatique", la 8e Conférence internationale de l'APEC pour la coopération dans le domaine des études supérieures, et le 5e Forum des médias de la Russie et de la Chine.

Un vaste programme d'exposition et culturel a été préparé. Plusieurs compétitions sportives seront organisées, notamment un tournoi international de judo sous le patronat du Président russe Vladimir Poutine et du Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Nous espérons que le 5e Forum économique oriental sera un autre grand pas dans la mise en œuvre de la ligne stratégique de notre pays pour affirmer cette partie de la Russie en tant que centre de croissance économique en Asie-Pacifique.

 

Sur la 2e Conférence-Dialogue des jeunes diplomates des pays de la région Asie-Pacifique en marge du 5e Forum économique oriental

 

Les 5 et 6 septembre, en marge du 5e Forum économique oriental, se tiendra la 2e Conférence-Dialogue des jeunes diplomates de la région Asie-Pacifique. C'est une nouvelle plateforme de discussion lancée par le Conseil des jeunes diplomates (CJD) du Ministère russe des Affaires étrangères il y a exactement un an, qui a déjà fait ses preuves en tant qu'instrument de diplomatie horizontale. Son fil conducteur est de créer des réseaux de communication informels entre les jeunes collaborateurs des institutions diplomatiques. Ce concept s'inscrit dans la continuité de l'initiative des Forums des jeunes diplomates.

La réunion à venir sera l'occasion d'évoquer un large éventail de thèmes relatifs aussi bien à l'agenda international complexe, d'actualité pour toute la région de l'Extrême-Orient, que des thèmes locaux d'intérêt mutuel. Le programme de la Conférence-Dialogue prévoit des rencontres spéciales entre les jeunes diplomates des pays de la région Asie-Pacifique avec des orateurs invités, notamment le Gouverneur de la région de l'Amour Vassili Orlov.

Un document final sera adopté à l'issue de la 2e Conférence-Dialogue.

Contact pour l'accréditation presse: Raïssa Choumskaïa, +7-985-413-00-45.

 

Sur les événements organisés en Pologne à l'occasion des 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale

 

Ces activités devaient être consacrées aux 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale. Une page tragique pas simplement dans l'histoire du XXe siècle, mais dans l'histoire de l'humanité. Honnêtement, ce que sont devenues ces activités organisées depuis longtemps, réunissant les représentants de différents pays depuis des années, et l'événement auquel elles sont consacrées, qui mérite effectivement une attention internationale globale, est choquant. C'est un exemple flagrant de réécriture de l'histoire. Sauf que cette fois, tout est allé trop loin. On assiste à un véritable obscurantisme mondial et global.

Varsovie a transformé ce que nous aurions voulu appeler des commémorations en un acte complètement soumis à la démonstration d'une prétendue "union du monde civilisé, libre et démocratique contre les forces du mal - d'abord l'hitlérisme, puis le communisme, et enfin l'impérialisme contemporain". La Russie personnifierait tout ce mal. Une tentative de redessiner l'histoire et d'inventer une sorte d'"axe de la vérité" a été entreprise. Naturellement, ce concept est basé sur les élaborations cyniques, grossières et dures de l'Otan. Ce n'est même plus de la propagande ou de la désinformation, c'est un crime contre notre histoire commune.

L'idée générale sous-tendant cet événement a été formulée dans un discours du Président polonais Andrzej Duda, qui a déclaré qu'au sens politique la Seconde Guerre mondiale s'était terminée seulement en 1989 avec l'affaiblissement et le retrait de l'Union soviétique de la scène historique. C'est quoi ça? Où a-t-il lu une telle chose? Qui l'a inventé? Où est ce groupe d'historiens réels? Je voudrais les voir. Pas ceux qui se prennent pour tels, pas ceux qui ont écrit quelques commentaires sur les réseaux sociaux, mais ceux qui ont des travaux scientifiques et sont reconnus dans le monde scientifique. Où est ce groupe d'historiens qui a signé cela?

Il n'a pas été le seul à formuler toutes ces insinuations dans son allocution: il y avait tout un groupe de sous-fifres et, évidemment, un terrible mensonge cynique et très dangereux.

Je rappelle à tous ceux qui ont dû l'écouter et, ensuite, le lire. Le tribunal militaire international créé à l'initiative de l'URSS par l'accord de Londres du 8 août 1945 entre les gouvernements de l'URSS, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France n'a pas seulement clairement défini le cadre chronologique de l'un des conflits les plus sanglants de l'histoire contemporaine, mais a également déterminé le cercle de personnes responsables de celui-ci. Il s'agit du gouvernement du IIIe Reich, des pays de l'Axe et de tous ceux que nous appelions et appelons complices-collaborationnistes. Toutes les interprétations et conceptions pseudoscientifiques, y compris les déclarations sur une prétendue responsabilité à revoir, la responsabilité égale, sur la lutte entre deux régimes totalitaires ou les "deux occupations" de l'Europe de l'Est; tout ce qui a été abondamment déclaré à Varsovie ne possède aucune base juridique ou historique. Nous nous opposerons  à toutes les tentatives de réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale, de la réécrire, en particulier en oubliant ou en altérant les documents finaux, notamment en envoyant post factum sur le banc des accusés ceux qui n'y étaient pas, hormis les criminels nazis. Parce que c'est précisément un crime contre l'histoire mondiale, contre notre histoire commune, contre l'histoire qui a coûté des millions de vies. L'obscurantisme ne s'est pas arrêté là.

Ils ont été nombreux à se distinguer. Notamment le Ministre polonais de la Défense Mariusz Błaszczak qui a évoqué la responsabilité de Moscou pour les réparations non obtenues par la Pologne de l'Allemagne. C'est n'est pas seulement indécent, c'est inhumain. Je voudrais également rappeler que la Déclaration de 1953 sur le refus des réparations militaires a été adoptée par le gouvernement polonais légitime, qui a été reconnu par la communauté internationale et représentait le pays à l'Onu. Ou Varsovie n'est plus de cet avis? Si Varsovie a changé d'avis et pense différemment, alors il faut d'abord tirer au clair sa propre histoire. Et avant de faire de telles déclarations il faut songer, entre autres, aux conséquences juridiques que cela pourrait avoir. Je rappelle également que grâce à de nombreux efforts diplomatiques du gouvernement soviétique à l'issue de la guerre, la Pologne a récupéré 25% du territoire allemand selon les frontières de 1937 (les régions à l'Est de la ligne Oder-Neisse et d'autres). En ce qui concerne l'immense aide financière, matérielle et technique accordée à la Pologne par l'Union soviétique et le déroulement de la reconstruction, nous publierons un document supplémentaire à ce sujet.

Nous revenons constamment sur ce thème. Nous n'avons de cesse de démentir tous ces fakes, insinuations et désinformations. Parce que ce thème fait partie de ceux qui sont éternels et intemporels. Le peuple multinational de l'Union soviétique, nous l'avons toujours souligné, les peuples des pays alliés de l'URSS de la coalition antihitlérienne, les membres des mouvements de résistance, ont fait preuve d'un courage sans pareil pour que les générations suivantes vivent, créent et construisent dans un monde libéré de l'idéologie haineuse de l'hitlérisme.

La victoire sur le national-socialisme hitlérien porte un message unificateur colossal. Nous ne cessons de répéter que malgré les divergences idéologiques, les peuples qui ont combattu et se sont révoltés contre les crimes de l'hitlérisme, représentaient des cultures des traditions et des religions différentes, notamment dans la vision de l'avenir au sens culturel, économique et politique, mais ils se sont unis. Ils ont réussi à surmonter leurs différends pour empêcher cette catastrophe qui a vraiment frappé toute l'humanité. Ce message unificateur était destiné aux États du monde entier. L'un des principaux objectifs des États et des gouvernements qui ont résisté et ont vaincu le fascisme et l'hitlérisme était l'union des efforts pour empêcher que de telles erreurs se reproduisent. Je voudrais souligner de nouveau que même à l'époque de la Guerre froide, cela a été possible malgré la divergence des opinions politiques et économiques. Contrairement à nos partenaires occidentaux, nous tenons toujours en estime la contribution de tous les États et nations à la lutte conte l'hitlérisme et n'essayons pas, sur une base de confrontation, de séparer la victoire en la "nôtre" et celle des "autres". Nous ne pourrons empêcher la répétition des horreurs de la guerre que grâce à des efforts collectifs. Cette motivation unificatrice est nivelée par les efforts des autorités de plusieurs pays occidentaux, parmi lesquels - et à présent tout le monde le voit - la Pologne joue le "premier violon". Non pas le peuple mais les politiciens polonais qui appliquent ces concepts.

Je voudrais rappeler que Varsovie se tient continuellement à une ligne de falsification de l'histoire: il démantèle les monuments aux guerriers-libérateurs soviétiques, profane leur mémoire. Malheureusement, certains de nos anciens alliés de la coalition antihitlérienne ont décidé de se solidariser avec la Pologne, de soutenir cette tendance - la mode est la mode.

Par exemple, dans le discours qu'il a prononcé lors des activités du 1er septembre, le vice-Président américain Mike Pence a dit des phrases comme "deux attaques contre la Pologne en 1939", "deux occupations de ce pays", puis il a remercié les peuples européens qui ont contribué au "combat pour la liberté" sans mentionner le peuple soviétique. Dans l'interprétation de ce haut représentant américain, il s'avère que le mérite de la libération de l'Europe de l'hitlérisme revient uniquement aux "16 millions de soldats américains", aux Britanniques et aux résistants patriotes. Nous nous souvenons de qui a libéré la Pologne et du prix qui a été payé pour cela.

Par de telles actions et déclarations, les dirigeants du monde occidental ne font qu'admettre leur propre impuissance politique et imprévoyance historique. Avec leur vision politisée et éloignée de la vérité historique, ils trahissent la mémoire de tous ceux qui sont tombés dans cette guerre, y compris leurs propres compatriotes.

Rappelons ce que l'on semble avoir oublié de dire à Varsovie: qu'est-ce qui a précédé le début de la Seconde Guerre mondiale?

A l'époque, des forces nationalistes de droite insatisfaites par les frontières établies par le Traité de Versailles sont arrivées au pouvoir dans les pays d'Europe centrale et de l'Est. Par exemple en Pologne, qui se préparait à participer au partage de la Tchécoslovaquie et, en comptant sur le soutien de l'Allemagne, avait signé avec celle-ci un pacte de non-agression en 1934, impliquant de facto l'établissement de relations d'alliés avec les nazis. On peut aussi rappeler l'année 1938, quand le Royaume-Uni et la France, cherchant à orienter la machine de guerre de la Wehrmacht vers l'Est, ont signé les accords de Munich.

Je pense qu'il faut réfléchir à ce que représentait en réalité "l'ordre mondial libéral" pour lequel ont été commis aujourd'hui des "sacrifices", sous la forme d'un écart de la vérité historique à Varsovie. Cet "ordre mondial libéral" signifiait, pour la plupart des pays émergents, la continuité du régime colonial ou néocolonial. Il est très étrange que personne n'en ait parlé à Varsovie en 2019, quand on parlait du monde libre et des valeurs. Ce régime signifiait "la loi du plus fort" et "la loi de la jungle" pas seulement pour plusieurs pays et nations, mais même des continents entiers. Rappelons le napalm au Vietnam, l'uranium appauvri en Yougoslavie. Peut-être que quelqu'un a oublié Abou Ghraib et les méthodes avec lesquelles cet ordre mondial, libéral à ses propres yeux, mais en réalité ce régime, a agi au Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis le début des années 2000. Nous pourrions aussi rappeler comment les représentants de cet "ordre mondial libéral" se débarrassaient de ceux qui voulaient dévoiler ses rouages, comme Julian Assange. De nombreux pays d'Asie, d'Amérique latine et d'Afrique n'ont pas eu la possibilité, la chance, de connaître un développement correct au XXe siècle précisément à cause de cet "ordre mondial libéral". Leurs gouvernements étaient simplement "tassés" au profit de ceux qui représentaient les États qui se sont appelés aujourd'hui libéraux et démocratiques. Cet "ordre mondial libéral" est responsable d'innombrables guerres d'expédition ayant entraîné des millions de victimes, des économies mutilées et une population pauvre et sans droits dans des régions entières du monde. C'est la vérité. Pourquoi n'en avez-vous pas parlé à Varsovie? 

Maintenant, passons au plus important. A ce dont il aurait fallu parler à Varsovie puisqu'ils prolongent aussi librement les guerres mondiales, les commencent et les terminent quand ils veulent. Parlons du terrorisme international, avec lequel la communauté mondiale ne sait pas quoi faire aujourd’hui. Il est né et a grandi sur la base des expériences criminelles de ce fameux "ordre mondial libéral", quand l'Occident a soutenu différents groupes extrémistes et antigouvernementaux afin que ces derniers défendent, armes à la main, les valeurs de "l'ordre mondial libéral" sur les territoires qu'ils contrôlaient. Ce fut notamment le cas avec les moudjahidines en Afghanistan, qui se sont ensuite transformés en Al-Qaïda. N'aurait-il pas été intéressant d'en parler à Varsovie puisque tout le monde s'était déjà tellement écarté du thème principal de l'événement?

Parlons honnêtement et ouvertement. Pendant toute la période d'après-guerre, l'URSS et ses alliés ont préservé le monde d'une catastrophe mondiale et de l'ensauvagement total, ont empêché l'expansion que s'efforçaient de mettre en œuvre les guides de "l'ordre mondial libéral". Le processus de décolonisation. Quel est le rapport entre "l'ordre mondial libéral" et ce processus? Citez-moi des pays et des peuples qui auraient obtenu la possibilité de cesser d'être des colonies délibérément, sur volonté des représentants du monde occidental. Des pays qui auraient rapporté des exploits fantastiques dans le domaine de la liberté de "l'ordre mondial libéral". Quelqu'un en a-t-il connaissance, peut-il le rappeler?

C'est l'Union soviétique qui a donné une impulsion aux processus de décolonisation en Asie, en Afrique et en Amérique latine, et qui a soutenu la sécurité régionale en Europe tout en rétablissant parallèlement, par ses propres forces, l'infrastructure économique des pays détruits par la guerre. Personne ne souhaite le rappeler. Ce n'est pas intéressant parce que cela tire un trait sur le mythe de ce fameux "ordre mondial libéral" et les bienfaits qu'il aurait apportés à l'humanité. Il faudrait pourtant le rappeler, et nous le ferons. Si nous étions quelque peu hésitants à ce sujet jusqu'à présent, après la bacchanale de Varsovie il n'y a plus d'autre solution.

Nous appelons nos partenaires occidentaux à cesser de déformer les faits historiques, à renoncer à la ligne consistant à saper le système du droit international existant, à s'orienter, dans leur vision, sur le droit international qui fixe clairement les résultats de la Seconde Guerre mondiale. Il est dans notre intérêt commun de dépolitiser au maximum les discussions sur les thèmes de notre passé historique récent pour revenir dans le cadre d'un dialogue professionnel entre les chercheurs-historiens.

 

Sur la cérémonie d'allumage de la Flamme éternelle au mémorial militaire russe de Ljubljana

 

Le 1er septembre à Ljubljana, la capitale slovène, s'est déroulée la cérémonie solennelle d'allumage de la Flamme éternelle devant le monument aux guerriers russes et soviétiques tombés sur le sol slovène pendant les deux Guerres mondiales. Une partie de la flamme a été apportée en Slovénie depuis la Tombe du Soldat inconnu située devant l'enceinte du Kremlin.

A cette activité consacrée aux 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale a participé une délégation russe dirigée par le vice-Président de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, Piotr Tolstoï, incluant des représentants des Ministères russe des Affaires étrangères, de la Défense, de la Culture, du gouvernement de la région de Samara, de la Société historique russe, de la Société historique militaire russe, et de l'Union russe des vétérans. Du côté slovène y ont assisté le Président du Conseil national de la Slovénie Alojz Kovsca, le maire de Ljubljana Zoran Jankovic, ainsi que d'autres représentants officiels et d'ONG antifascistes et de jeunesse.

Nous considérons l'allumage de la Flamme éternelle de Ljubljana comme une réaffirmation importante de l'aspiration, qui unifie les peuples de la Russie et de la Slovénie, à préserver la vérité historique sur les événements de 1914-1918 et 1939-1945, une marque du respect mutuel envers les actes héroïques sans pareil de nos aïeux qui ont remporté la Grande Victoire sur le nazisme. Nous remercions les partenaires slovènes pour leur attitude respectueuse envers les mémoriaux militaires russes sur le territoire slovène, pour leur soutien continuel à l'activité du Centre d'études international de la Seconde Guerre mondiale à Maribor (Slovénie) visant à promouvoir une vision objective du passé.

Nous sommes certains que la poursuite de la mise en œuvre de projets bilatéraux dans le domaine mémoriel militaire contribuera au renforcement de la paix et de l'entente en Europe. Nous sommes ouverts à la participation du plus grand nombre possible d’États à une telle coopération.

 

Sur la situation actuelle au Venezuela

 

L'opposition vénézuélienne radicale continue d'entreprendre des démarches visant à déstabiliser la situation politique dans le pays. Récemment, le 29 août, le président de l'Assemblée nationale Juan Guaido a annoncé la constitution de son propre "gouvernement". Nous considérons cette décision comme une nouvelle tentative dangereuse de légaliser la dualité du pouvoir, de créer une réalité pseudo-légale menant à la polarisation de la société vénézuélienne et à l'atermoiement de la recherche de solutions de compromis, dont le Venezuela a tant besoin pour améliorer la situation humanitaire et revenir sur la voie du développement.

La question de savoir qui a inspiré la déclaration de Juan Guaido ne fait aucun doute: apparemment, ayant pris conscience de l'échec des scénarios de force pour renverser le pouvoir vénézuélien légitime, les États-Unis cherchent désormais à mettre au point une nouvelle stratégie pour le "rétablissement de la démocratie" dans ce pays. A présent, ce slogan sert à justifier la création d'un gouvernement parallèle bafouant toutes les normes de fonctionnement d'un État de droit. L'absence de fondements juridiques aux actions de Washington est flagrante: de nombreux prétendus ministres de Juan Guaido travaillent depuis longtemps pour des organisations financées par des ONG américaines. Cela confirme une fois de plus l'indisposition de la Maison blanche à permettre aux Vénézuéliens de s'entendre eux-mêmes sur un règlement politique de leurs différends intérieurs en parfaite conformité avec la Constitution.

Nous continuerons, avec les États partisans des mêmes idées, de nous opposer à l'imposition d'une gouvernance extérieure à un pays souverain, d'appeler au respect rigoureux des normes et des principes du droit international sur toutes les questions relatives au règlement de la crise vénézuélienne.

 

Sur l'ouverture d'une "section pour les affaires du Venezuela" à l'Ambassade des États-Unis en Colombie

 

Nous avons remarqué la décision des États-Unis d'ouvrir auprès de leur Ambassade en Colombie une "section pour les affaires du Venezuela". Étant donné que les relations diplomatiques américano-vénézuéliennes sont rompues, une question logique se pose: quels sont les objectifs fixés à cette section par les États-Unis? D'après la déclaration du Département d’État américain, Washington compte s'en servir pour légitimer les contacts avec le "président par intérim" autoproclamé Juan Guaido et continuer de faire pression sur le gouvernement légitime de Caracas.

Cette construction politique propagandiste a été élaborée par les structures américaines compétentes. De nombreuses questions se posent sur les méthodes visant à mettre en œuvre cette mission pour le prétendu "rétablissement de la démocratie, de l'ordre constitutionnel, la garantie de la sécurité et du bien-être de la population vénézuélienne". Comment peut-on parler du rétablissement de l'ordre constitutionnel si tous ceux qui sont soutenus par Washington en tant que gouvernement légitime sont financés par Washington même?

Ces dernières années, nous avons vu sous quels nobles prétextes de ce genre, sous prétexte de rétablir la démocratie, l'administration américaine promouvait ses propres intérêts (qui n'ont rien à voir avec les intérêts des pays et des peuples dans d'autres régions), s'ingérait dans les affaires intérieures d’États souverains, utilisait la force et des sanctions unilatérales illégales en contournant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Nous appelons de nouveau tous les États ayant de l'influence à s'abstenir de démarches unilatérales, à contribuer aux négociations vénézuéliennes pour trouver des solutions à travers un dialogue inclusif en parfaite conformité avec la Constitution vénézuélienne.

 

Sur la menace terroriste émanant du territoire du Kosovo

 

Nous constatons que le Kosovo continue de se transformer en bastion de terrorisme. Tout un territoire a été saisi sans rien demander à personne, à l'encontre de la décision d'un autre État souverain - la Serbie. Tout cela a été présenté comme la défense des valeurs libérales. Laissez-moi vous parler des conséquences que cela entraîne pour cette région.

Depuis la zone des activités militaires reviennent des membres de Daech (ils savent où revenir, c'est un "trou noir" où il est possible, selon eux, de se rétablir avant de partir dans d'autres régions du monde) recrutés par le passé parmi des Albanais kosovars ayant suivi un entraînement spécial. Près de 250 cas ont été recensés. On nous disait que le Kosovo était un pays d'opportunités. Les terroristes ne devraient pas être les seuls à avoir des opportunités. Des opportunités devraient également être offertes aux civils. Pas seulement aux personnes qui vivent au Kosovo. Pourquoi la sécurité est-elle refusée aux États et aux pays frontaliers, notamment à la Serbie, qui n'a pas changé d'avis sur les questions territoriales et la souveraineté?

Il faut savoir qu'il s'agit de porteurs d'une idéologie radicale ayant une grande expérience de combat. Cela crée des risques évidents pour la sécurité dans les Balkans et en Europe dans l'ensemble. La propagation de la menace terroriste est flagrante, et les autorités albanaises du Kosovo sont incapables d'y faire face - et ne pourraient pas, même si elles le souhaitaient.

Nous appelons tous ceux qui sont derrière Pristina, les États-Unis et l'UE, à prêter l'attention la plus sérieuse à ce problème. Nous partons du principe que la Force pour le Kosovo et la Mission de l'UE pour la primauté du droit prendront les mesures nécessaires, dans le cadre de leurs mandats actuels, pour le neutraliser. La responsabilité de cette situation repose avant tout sur les structures internationales susmentionnées.

 

Sur la réaction de l'Allemagne aux frappes américaines à Idleb

 

Nous avons remarqué la déclaration du porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert concernant l'absence, à Berlin, d'informations exhaustives sur la frappe aérienne effectuée par les forces armées américaines le 31 août dans la zone de désescalade d'Idleb. Que signifie "pas d'informations exhaustives"? Et que faut-il faire pour les obtenir? Quand des mesures ont été prises concernant les événements de Salisbury, qui n'avaient aucune confirmation, on nous parlait d'"informations exhaustives" que personne n'avait vues. Et quand le monde entier a vu, que tous les médias ont rapporté qu'Idleb avait fait l'objet d'une frappe aérienne américaine, et que les États-Unis en ont parlé eux-mêmes, le gouvernement allemand déclare qu'il n'y a pas d'informations exhaustives. Comment ça? Est-ce une certaine forme intéressante de démocratie, la liberté d'expression?

En tant que membre de la coalition internationale menée par Washington, l'Allemagne peut demander (en l'absence d'informations exhaustives dans les médias et dans l'impossibilité de lire les communiqués sur les sites officiels des structures publiques américaines) des renseignements à ses alliés, elle peut utiliser les mécanismes de l'Otan. Il était possible de demander des précisions au niveau de l'UE pour savoir ce qui s'était passé. Nous sommes au courant des relations de partenariat entre Washington et Bruxelles, qui parle constamment de la situation à Idleb et en Syrie en général. Nous sommes certains que ces informations permettraient à l'Allemagne d'éclaircir la situation dans cette province syrienne.

Il est étonnant que malgré une telle ignorance Berlin se permette des attaques infondées contre la Russie, en accusant notre pays de bombardements intentionnels contre l'infrastructure civile et sociale à Idleb. Nous avons donné plusieurs fois aux partenaires allemands des explications exhaustives et basées sur les données objectives concernant les accusations visant la Russie.

La rhétorique sans appel, destinée uniquement à désigner arbitrairement des coupables au lieu de chercher la vérité et de formuler une analyse pesée, ne correspond pas du tout à un esprit de coopération constructive, y compris dans le dialogue sur la Syrie.

 

Sur la présidence russe du Conseil de sécurité des Nations unies en septembre 2019

 

Le 3 septembre, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont convenu du programme de travail de cet organe pour le mois en cours sous la présidence de la Fédération de Russie. Au début et au milieu des années 2000, plusieurs représentants officiels et figures politiques américaines estimaient que l'Onu devait être fermée. Cela aurait également pu devenir un exploit de "l'ordre mondial libéral" en l'absence de la position ferme de la Fédération de Russie en défense du droit international. Campagnes interminables dans les médias, prétendus scandales autour des collaborateurs de l'Organisation - les tentatives ont été nombreuses. Sans parler de l'agression directe contre les membres du Conseil de sécurité des Nations unies et de l'institution même du Conseil de sécurité - je veux parler de la falsification que se sont permis les États-Unis dans la salle du Conseil de sécurité, quand Colon Powell a utilisé la plateforme et l'autorité de cet organe à ses propres fins en brandissant une fiole. C'était une atteinte précisément contre le Conseil de sécurité des Nations unies. Les images de sa salle ont fait le tour du monde, et ont ensuite servi de preuve aux mensonges américains. Mais Colin Powell était assis dans l'enceinte de l'Onu et dans la salle du Conseil de sécurité des Nations unies. Qui en assumera la responsabilité? Qui a assumé la responsabilité d'avoir ébranlé la confiance que les gens, aux quatre coins de la planète, portaient au Conseil de sécurité des Nations unies? A quel point il a été difficile de rétablir cette confiance!

Le travail du Conseil ce mois-ci se déroulera en régime tendu, compte tenu notamment du début du travail de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations unies et de la discussion politique générale qui se tiendra dans son cadre.

L'événement central de la présidence russe sera la réunion ministérielle du Conseil de sécurité sur "la coopération de l'Onu avec les organisations régionales et sous-régionales pour le maintien de la paix et de la sécurité: la contribution de l'OTSC, de la CEI et de l'OCS à la lutte contre les menaces terroristes", qui se tiendra le 25 septembre.

L'attention sera focalisée sur les efforts pratiques de ces organisations pour lutter contre le terrorisme et les phénomènes affiliés en Eurasie, notamment le trafic de drogue, d'armes, la traite d'êtres humains, et les valeurs culturelles. Un accent particulier sera mis dans ce contexte sur la situation en Afghanistan au vu des menaces émanant du territoire de ce pays.

Sur un plan plus large, il est prévu d’examiner les approches pour continuer de consolider les efforts internationaux, notamment à l'Onu, afin de contrer la menace terroriste mondiale, de former un large front antiterroriste sur la base des principes universels reconnus du droit international fixés dans la Charte de l'Onu.

Les tentatives du terrorisme international incarné par Daech, Al-Qaïda et d'autres groupes apparentés, de créer un réseau de "cellules dormantes" dans le vaste espace de l'Eurasie, notamment en Asie centrale, nécessitent des États et des organisations de la région d'intensifier a coopération, de perfectionner les mécanismes de coopération entre les organes policiers et judiciaires, ainsi qu'entre les forces armées.

Des efforts communs des associations régionales sont nécessaires plus que jamais dans le contexte du retour et du redéploiement de combattants terroristes étrangers de Syrie, qui propagent leur idéologie et cherchent à créer de nouveaux avant-postes. Les organes régionaux doivent poursuivre le renforcement de la coopération avec les structures compétentes de l'Onu pour combattre efficacement ce phénomène, ce qui apporterait une solide contribution aux efforts antiterroristes globaux.

La deuxième réunion ministérielle du Conseil de sécurité des Nations unies pendant la présidence russe sera consacrée à la discussion sur le thème "La paix et la sécurité en Afrique: le partenariat pour renforcer la paix et la sécurité régionales" que nous organisons le 26 septembre avec les membres africains du Conseil - la Côte d'Ivoire, la Guinée équatoriale et l'Afrique du Sud.

Les situations de crise en Afrique et leurs conséquences représentent une sérieuse menace pour la paix et la sécurité régionales et internationales. Leur prévention, le règlement et le rétablissement post-conflit nécessitent également un renforcement des efforts collectifs de la communauté internationale.

En dépit d'une dynamique positive dans plusieurs pays, notamment en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et en Centrafrique, il reste plusieurs points chauds sur le continent. Dans certains cas, par exemple dans la région du Sahara-Sahel ou en Somalie, la situation est compliquée par l'activité accrue de groupes terroristes.

La seule solution pour éradiquer les conflits armés sur le continent consiste à augmenter le potentiel des pays africains eux-mêmes. L'objectif de la communauté internationale est le plein soutien des initiatives régionales selon le principe "des solutions africaines aux problèmes africains". Dans cette optique, l'approfondissement de la coopération entre l'Onu et l'Union africaine sur la base du Chapitre VIII de la Charte de l'Onu semble opportun.

Parmi d'autres questions importantes figurant à l'agenda de septembre il convient de noter ce qui suit.

Le travail du Conseil de sécurité sur les aspects politiques et humanitaires du conflit en Syrie, ainsi que sur le dossier "chimique" syrien, va se poursuivre. Il est prévu d'évoquer le contexte au Moyen-Orient. La situation au Yémen sera abordée. Des débats trimestriels sont prévus sur la situation en Afghanistan. La discussion portera également sur la situation en Libye, où il est prévu de prolonger le mandat de la Mission de l'Onu. Le Conseil évaluera le progrès dans la stabilisation de la situation en Guinée-Bissau et au Soudan du Sud. Il est également prévu de prolonger le mandat de la Mission de contrôle de l'Onu en Colombie. Les débats annuels sur les opérations de maintien de la paix de l'Onu se tiendront également.

La Fédération de Russie fera tout pour assurer un travail coordonné et efficace du principal organe de l'Onu chargé de réagir aux menaces pour la paix et la sécurité internationales sur la base d'une coopération constructive entre tous ses membres afin de créer un ordre mondial multipolaire reposant sur les normes et les principes du droit international et de la Charte de l'Onu.

 

Sur l'ouragan Dorian

 

Le 27 août, l'ouragan Dorian qui s'est formé dans l'océan Atlantique s'est abattu sur le Nord-Est des Caraïbes (atteignant la catégorie 5, réévalué en catégorie 3 au 3 septembre). Il a touché les Petites Antilles de l'île de Porto Rico (l'état d'urgence a été décrété le 27 août, une personne a été tuée), la République dominicaine, Cuba, les Bahamas, ainsi que plusieurs États américains (Floride, Géorgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, et Virginie).

Malgré l'évacuation des habitants et des touristes des îles au Nord des Bahamas, au 4 septembre la catastrophe sur les îles Abacos avait fait au moins 7 morts, trois personnes étaient portées disparues, et plus de 13.000 édifices avaient été significativement endommagés. L'ouragan s'est accompagné de rafales de vent atteignant 250 km/h, d'une tornade et d'inondations. En Floride, en Géorgie, en Caroline du Nord et en Caroline du Sud a été décrété l'état d'urgence, la population est évacuée de force du littoral, le fonctionnement des aéroports régionaux et internationaux a été suspendu, plus de mille vols ont été annulés ou retardés.

Le ministère russe des Affaires étrangères a informé rapidement de la menace les citoyens russes, notamment par le biais de l'application mobile "Assistant à l'étranger". Au vu de la catastrophe naturelle, l'Ambassade de Russie à Washington et à La Havane a publié sur ses pages officielles sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook des avertissements adressés aux citoyens russes dans la région. Je vous prie d'attirer également l'attention sur ce point.

Selon les observations météorologiques réalisées depuis de nombreuses années, le risque de détérioration des conditions météo dans les pays des Caraïbes est le plus élevé entre la fin de l'été et la fin de l'automne.

Il faut en tenir compte en planifiant ses voyages dans la région.

 

Sur le 5e Forum international des diffuseurs russophones

 

Les 10 et 11 septembre à Moscou se tiendra le 5e Forum international des diffuseurs russophones. Cet événement est organisé par l'Académie russe de la radio, une association réunissant les plus grandes structures nationales de radiodiffusion avec le soutien du Ministère russe des Affaires étrangères, Rossotroudnitchestvo et Rospetchat.

La participation de près de 200 délégués de Russie, des pays de la CEI, d'Europe, d'Amérique du Nord et du Sud est attendu, qui pourront partager leur expérience, parler des succès et des difficultés de la diffusion russophone à l'étranger.

Les participants évoqueront la coopération entre la Russie et les organisations internationales dans le domaine des médias, les tendances de développement et le rôle de la diffusion russophone dans le monde, la coopération des diffuseurs russophones avec les structures médiatiques russes, la responsabilité sociale des médias dans les communications actuelles.

Le forum aura lieu au centre de presse de l'Agence d'information internationale Rossiya Segodnya.

Tous les détails sur le programme, les prestations et les possibilités d'y participer sont disponibles sur le site officiel de l'Académie russe de la radio.

 

Réponses aux questions:

Question: Sans en avertir la Russie et la Turquie, les États-Unis ont lancé des frappes aériennes dans la province d'Idleb. D'après vous, comment cela se reflétera-t-il sur les accords conclus lors de la dernière visite du Président turc Recep Tayyip Erdogan à Moscou? Pourquoi les Américains ont-ils eu besoin de porter ces frappes justement maintenant?

Réponse: Pourquoi justement maintenant - veuillez poser cette question aux Américains.

En ce qui concerne notre avis, nous l'avons déjà donné. Un commentaire détaillé a été publié sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. Il reste d'actualité.

Question: Le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Igor Morgoulov n'avait pas exclu la possibilité d'une participation de la Russie à la signature d'un accord de paix entre les États-Unis et les talibans en Afghanistan. Dans quel format pourrait avoir lieu une telle participation? Moscou va-t-il jouer le rôle de garant?

Réponse: L'achèvement du neuvième cycle de négociations entre les États-Unis et les talibans n'a pas encore permis de déterminer clairement si les parties étaient tombées définitivement d'accord à l'issue du travail effectué. Nous attendons actuellement la confirmation officielle de cette information. La Russie ne connaît pas encore le contenu du projet d'accord américano-taliban. La presse en parle beaucoup mais, vous le savez, en l'occurrence nous ne devons pas nous référer seulement aux communiqués de presse. Le plus important pour nous est d'obtenir les documents appropriés via les canaux officiels.

A en juger par les fuites, des accords de principe ont été conclus sur les paramètres du retrait des forces étrangères d'Afghanistan, sur le cessez-le-feu et sur l'ouverture des négociations inter-afghanes. C'est le cadre dont il est question. Les talibans insistent également pour que la Russie, la Chine, l'Iran, le Pakistan et certains autres pays jouent le rôle de garants de l'accomplissement de cet accord. C'est ce qui a été exprimé publiquement. Nous avons résumé l'information dont nous disposions mais pour l'instant nous n'avons pas d'autres informations officielles, nous les attendons.

La Russie réaffirme sa disposition à jouer le rôle de garant de l'accomplissement de cet accord si elle recevait une requête en ce sens des parties qui l'ont conclu et à tout faire pour initier au plus vite le processus de paix en Afghanistan. Nous utilisons toutes nos capacités pour y contribuer.

Question: Prépare-t-on un échange de prisonniers avec l'Ukraine? A quel stade se trouvent les préparatifs? Dans quel format se déroulera cette échange?

Réponse: Vous le savez, chaque question doit être prise en charge par des délégués officiels. En l'occurrence, le sort des détenus et la coopération avec les parties concernées relève de la compétence de la Déléguée aux droits de l'homme de la Fédération de Russie, Tatiana Moskalkova. Cette dernière s'occupe activement de ce dossier et le commente régulièrement dans les médias. A l'étape actuelle c'est uniquement sa prérogative, ainsi que celle des forces de l'ordre qui peuvent commenter ce thème. Actuellement, je n'ai rien à ajouter à l'information présentée par Tatiana Moskalkova. Dès que nous aurons des informations, ou en cas de nécessité de commenter quelque chose, nous nous exprimerons.

Question: Dans les régions du Nord-Est de la Syrie, le Parti de l'union démocratique a pris la décision politique de bloquer le travail de la chaîne d'information Kurdistan 24. Comment pourriez-vous commenter cet acte?

Réponse: Honnêtement, j'ignore quels motifs ont guidé cette décision. Vous le savez, nous soutenons la liberté d'expression et des médias. Nous pensons que les médias qui couvrent objectivement les événements, ne font pas de propagande terroriste et travaillent dans le cadre de la loi et des règles qui régulent leur activité dans le pays, doivent jouir pleinement des droits appropriés, que nous soutenons et défendons en permanence. Mais dans le cas présent il faut étudier le fond de la question. Il est très difficile de fournir un commentaire sans information supplémentaire. Nous fournirons forcément un commentaire supplémentaire sur cette situation.

Question: Que pense la Russie, qui copréside le Groupe de Minsk de l'OSCE, des déclarations du Premier ministre arménien Nikol Pachinian affirmant que le Karabakh fait partie de l'Arménie? Comment de telles déclarations impactent le règlement du conflit? Compliquent-elles la tâche de la Russie et des pays médiateurs?

Réponse: Nous partons du principe qu'il existe indéniablement une rhétorique intérieure et des dispositions intérieures, qui reflètent les avis des mouvements et des partis politiques - si nous parlons d'un État démocratique. Et il existe le processus de paix en lui-même, qui réunit les acteurs du processus, les co-sponsors et les efforts internationaux pour parvenir au règlement. Bien sûr, nous partons du principe que les déclarations des parties doivent s'inscrire dans le contexte des efforts globaux orientés sur le processus de paix.

Il est toujours très difficile, dans les négociations, de revenir aux positions antérieures après des déclarations qui se transforment en pomme de discorde et apportent des questions supplémentaires ou peuvent déséquilibrer les négociations fragiles. Malheureusement, nous avons entendu de telles déclarations et continuons d'y être confrontés à différents niveaux des différentes parties. Avec tout le respect pour le processus politique intérieur et en comprenant que dans un modèle démocratique d'ordre politique, les gens ont le droit non seulement de s'exprimer sur tous les sujets, mais également de créer des prémisses politiques correspondantes, on voudrait vraiment que toutes les parties partent de l'essentiel: orienter toutes les ressources pour déboucher au plus vite sur la paix. Ce processus est long et complexe. Je pense qu'il y a une compréhension générale de la nécessité d'avancer plus vite. Pour cela, les déclarations doivent être appropriées et correspondre à cet objectif principal.

Question: Le 12 août, dans des circonstances qui n'ont pas encore été élucidées jusqu'au bout, le militaire arménien Araïk Kazarian a franchi la ligne de démarcation dans la région du Karabakh. Le sort de ce soldat, ainsi que celui de Karen Kazarian, civil du village de Berdavan qui s'est retrouvé chez la partie azerbaïdjanaise, reste en suspens malgré le geste humanitaire unilatéral de l'Arménie, qui a relâché le militaire azerbaïdjanais Elnour Khoussein-Zade arrêté auparavant près du village de Talich dans la région du Haut-Karabakh. Ne trouvez-vous pas nécessaire et important de régler concrètement de telles questions dans la mesure où cela pourrait contribuer à la confiance réciproque chez les belligérants?

Réponse: Ces questions doivent être réglées dans les formats créés à cet effet - ils existent. Je ne pense pas qu’une appréciation politique supplémentaire soit nécessaire de ma part pour le moment.

Nous disposons d'un mécanisme en exercice, celui des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. Si besoin, ils peuvent recourir aux mécanismes appropriés pour apporter une contribution supplémentaire aux parties. Si les parties concernées ont besoin d'un soutien, par exemple de la Russie, pour régler une question, elles peuvent être réglées bilatéralement via les canaux diplomatiques.

Question: L'Ossétie du Sud a accusé la Géorgie d'une aggravation sans précédent de la situation à la frontière depuis 2008. Est-ce que le Ministère russe des Affaires étrangères surveille la situation? Est-ce que la Russie compte intervenir pour contribuer à faire retomber la tension entre Tskhinval et Tbilissi?

Réponse: Nous ne faisons pas que suivre la situation: le 30 août, nous avons publié un commentaire entièrement consacré à ce thème. Nous vous invitons également à suivre cette situation et nos commentaires.

Question (traduite de l'anglais): La Finlande a appelé l'UE à améliorer les relations avec la Russie. Compte tenu de la critique de l'ordre mondial libéral que vous avez formulée aujourd'hui, quelles mesures de confiance jugez-vous possibles pour mettre en œuvre cette idée d'améliorer les relations entre Moscou et Bruxelles?

Réponse: Je ne critique pas l'ordre mondial libéral d'une manière détachée de la réalité. J'ai dit que nous ne nous étions jamais permis de critiquer tel ou tel agencement de systèmes politiques, valeurs ou préférences, qui avaient été choisis par les peuples de tel ou tel pays. Mais si l'on organise des activités, comme actuellement à Varsovie, qui sont annoncées comme des événements consacrés au début de la Seconde Guerre mondiale mais se transforment de facto en réécriture de l'histoire et en lynchage de la Russie, nous réagirons. Si l'histoire est remaniée et qu'au lieu d'une attitude réelle envers différents systèmes politiques, leur contribution ou rôle aux XXe et XXIe siècles, sont entreprises des tentatives de réincarner l'hégémonisme, et qu'un seul système politique est proposé en tant que valeur globale en niant tout le reste - nous réagirons. Nous ne le faisons pas unilatéralement ou sur notre initiative. Nous répondons en rappelant qu'il existe des réalités et des faits historiques. On ne peut pas dire que l'ordre mondial libéral a apporté au monde la stabilité et la prospérité. Ou alors il faut énumérer les pays où l'ordre mondial libéral a apporté la prospérité, la stabilité et la liberté. Il faut montrer les pays où, au cours de cette période, la situation s'est améliorée, ceux où elle s'est détériorée, et ceux où elle s'est améliorée justement parce qu'elle a empiré dans d'autres.

Je voudrais souligner que nous ne faisons que constater la réalité, rappelons les faits historiques et n'appelons personne à critiquer les pays voisins, les régions ou les continents. Nous appelons à coopérer et à pratiquer une coopération mutuellement bénéfique. Nous pensons qu'il est nuisible et criminel de critiquer et de réécrire l'histoire en fonction de la conjoncture politique. Si, au XXe siècle, les pays qui ont traversé une immense tragédie et, malgré des visions différentes de l'ordre mondial, ont réussi à vaincre le mal pour s'entendre sur comment ils percevaient ce mal, pour quelle raison, des décennies plus tard, des politiciens qui n'ont rien à voir avec ces événements pensent avoir le droit de réécrire et d'annuler tout cela? Qui leur a donné un tel droit?

Ils le font à ce moment précis, et non il y a dix ou quinze ans, parce que les vétérans sont déjà morts. Parce qu'il reste très peu de vétérans à travers le monde. Le moment est venu où le monde, du point de vue de ceux qui ont fait de telles déclarations à Varsovie, ne peut pas se soulever pour défendre la vérité historique. Il ne reste pratiquement plus de vétérans et de personnes ayant participé à ces événements. Personne ne se serait permis de dire cela il y a 10, 20 ou 30 ans indépendamment des systèmes politiques. Parce que dans ce cas les vétérans, qui ont combattu à l'époque, auraient raconté comment tout s'est déroulé, n'auraient pas permis l'obscurantisme qui s'est exprimé à Varsovie.

J'ignore de quel appel de la Finlande vous parlez. Vous avez peut-être une citation de celui qui a appelé l'Europe à normaliser les relations avec la Russie. Il est étrange que cela suscite des questions chez vous. C'est pourtant une bonne chose que d'interagir normalement, de développer les relations et la coopération entre les pays. Il n'est pas normal de décréter des sanctions unilatérales, d'essayer d'isoler d'autres pays, de s'ingérer dans les affaires d'autres États, tout en présentant ses actions comme un soutien et un maintien de la paix et de la démocratie. Même quand nous n'étions pas d'accord, quand nous ressentions la politique agressive des pays occidentaux, nous n'avons jamais renoncé aux concepts d'interaction et de coopération. Nous y étions toujours favorables.

On pourrait penser qu'il serait possible d'adopter une position différente parce que rien qu'au XXe siècle nous avons assisté à de multiples tentatives d'adopter une attitude agressive envers notre pays. Mais nous n'avons jamais cessé de dire que nous défendrons nos intérêts, tout en étant disposés à l'interaction et à la coopération. Est-il possible de défendre ses intérêts tout en entretenant une interaction sur un pied d'égalité? Indéniablement. Il existe pour cela le droit international, la base juridique des relations. Elle a été élaborée, il ne faut pas la détruire. Elle permet aux pays, tout en défendant leurs propres intérêts, de pratiquer l'interaction, le développement, la concurrence normale et honnête dans différents domaines d'activité - l'économie, les finances, le développement, la science, etc. C'est normal. Ce qui n'est pas normal, c'est de détruire les bases, d'isoler les pays, d'utiliser le droit de la force au XXIe siècle alors que nous sommes arrivés à la compréhension de la primauté du droit en tant que fondement de la vie des États, des peuples et des individus. Si vous me dites qui s'est exprimé ainsi, je pourrais le commenter plus concrètement. Mais pour l'instant, c'est une réponse générale.

Question (traduite de l'anglais): C'était un article du Financial Times. La Finlande préside actuellement l'UE et appelle à améliorer les relations avec la Russie. C'était dans un article d'aujourd'hui.

Réponse: Cela découle des réalités de la vie, de la volonté des gens et des entreprises. Tout ce qui empêche de développer une coopération normale entre l'UE et la Russie, c'est la position de certains politiciens et représentants de l'establishment politique, mais pas en Europe même. D'après nous, l'impulsion provient des États-Unis. Souvenez-vous, les sanctions ont été adoptées par Bruxelles contre la Russie seulement sous la pression des États-Unis. C'est ce qu'ont reconnu les représentants de Bruxelles aussi bien que des États-Unis. Je peux citer des déclarations concrètes des représentants de la Maison blanche, qui ont dit que c'est seulement après une pression directe de Washington que Bruxelles a finalement décidé de décréter des sanctions contre la Russie. C'est le seul obstacle. Tout le reste se déroule absolument dans le cadre de l'interaction entre la Russie et l'UE. A mes yeux, c'est évident. La meilleure preuve, ce sont les pertes subies par l'UE après le ralentissement artificiel du développement de la coopération avec la Russie.

Question: L'Arménie a refusé de participer aux activités commémoratives en Pologne. Une déclaration de principe a été faite à ce sujet par le Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian. Ne trouvez-vous pas opportune l'organisation de grandes activités internationales dans l'espace postsoviétique à l'occasion de la victoire commune dans la Grande Guerre patriotique?

Réponse: Bien sûr que si. J'ai vu cette déclaration du Ministre arménien des Affaires étrangères et je la soutiens, comme tous nos collègues.

Le travail est en cours. Une déclaration à ce sujet a été adoptée au niveau des chefs d’État de la CEI. Je l'ai lue lors d'une conférence de presse précédente. Nous avons toujours souligné que la victoire ne pouvait pas être divisée ni à l'intérieur des pays qui faisaient partie de l'URSS, devenus souverains et indépendants à présent, ni entre les alliés dans la Seconde Guerre mondiale. Mais nous voyons ce qui arrive aujourd'hui aux alliés…

Nous soutenons totalement cette déclaration du chef de la diplomatie arménienne. Nous constatons une position isolée et particulière de l'Ukraine. Nous comprenons quels processus s'y déroulent et qui les dirige dans ce sens. Mais si l'on parle des autres pays membres de la CEI, ils partagent entièrement l'idée de l'inadmissibilité de diviser la victoire, de réécrire l'histoire.

Il est agréable et important que cela ne concerne pas seulement les déclarations, mais également la politique concrète de ces pays. Je pense notamment à l'entretien des monuments, au soutien aux organisations de vétérans, à l'organisation de tables rondes, de conférences, à l'édition de livres. Il existe des nuances dans chaque État, des événements jugés extrêmement importants pour l'histoire du pays et des peuples par la population et les historiens, sachant qu'il existe des choses immuables dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Il faut partir, en premier lieu, des résultats du procès de Nuremberg.

 

 

 

 

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