16 juillet 201918:22

Allocution du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une réunion du Conseil d'affaires auprès du Ministre russe des Affaires étrangères, Moscou, 16 juillet 2019

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Aujourd'hui se tient une nouvelle réunion du Conseil d'Affaires auprès du Ministre des Affaires étrangères. A l'ordre du jour: un grand éventail de questions liées à la promotion des intérêts de l'État et des entreprises russes sur le continent africain.

Les pays d'Afrique ne cessent de gagner du poids et de l'influence dans les affaires internationales; ils participent activement à la résolution des problèmes de la politique et de l'économie mondiales. Dans l'ensemble, le continent africain s'impose comme l'un des principaux piliers du monde polycentrique actuellement en cours de formation. Le développement des relations avec les États d'Afrique et leurs ensembles d'intégration fait partie des priorités de la politique étrangère de la Fédération de Russie.

Nous nous appuyons sur les fondations existantes de la coopération russo-africaine, qui ne font que se renforcer. Nous avons réussi à intensifier considérablement le dialogue politique et la coopération au niveau des parlements et des sociétés civiles. Ces acquis positifs permettent de traduire plus activement ces liens en élargissement des échanges commerciaux, économiques et d'investissement, de développer la coopération dans le secteur bancaire et de mettre en œuvre des projets mutuellement avantageux.

A ces fins, nous avons récemment organisé tout un nombre d'événements thématiques. Ainsi, Moscou a accueilli en juin une réunion délocalisée des actionnaires de l'Afreximbank, accompagnée de la conférence économique "Russie-Afrique". Début juillet, la conférence parlementaire "Russie-Afrique" s'est déroulée dans la capitale russe dans le cadre du Forum international pour le développement du parlementarisme. Nos relations avec les Africains atteignent un niveau supérieur, notamment dans le domaine du commerce et de l'économie. Ces processus devraient notamment être encouragés par le sommet Russie-Afrique, le premier de l'histoire, qui se déroulera en octobre à Sotchi et sera coprésidé par les leaders russe et égyptien.

Afin de maintenir le développement actif de la coopération russo-africaine, nous organisons régulièrement des réunions des commissions intergouvernementales bilatérales spécialisées, formulons des propositions concrètes, et assurons un accompagnement politique et diplomatique des projets impliquant des acteurs économiques russes, notamment beaucoup d'entreprises représentées ici.

Je constate avec satisfaction le développement positif de nos échanges, qui ont dépassé 20 milliards de dollars en 2018. Ce n'est probablement pas grand-chose par rapport à d'autres partenaires de l'Afrique, mais si nous examinons les tendances de ces dernières années, cela constitue un indice positif très important. L'essentiel est que la nomenclature de nos échanges s'élargit, alors que le potentiel commercial est loin d'être épuisé.

Nous constatons la présence active sur le marché africain des principales entreprises russes telles que Rosneft, Gazprom, ALROSA, Lukoil, Rosgueologuia, Vi Holding, Renova, etc.

Beaucoup de travail intéressant, qui exigera des efforts supplémentaires, nous attend. Nous voudrions évoquer aujourd'hui la possibilité d'augmenter l'efficacité des commissions intergouvernementales russo-africaines. Il sera probablement utile d'analyser l'expérience de la Chine, qui offre à ses entreprises des garanties et des subventions publiques, renforçant ainsi la capacité des sociétés à travailler de manière systémique et à long terme. Nous estimons également qu'il est important d'évaluer la possibilité d'attirer les PME sur les marchés africains. Cet élément de notre coopération reste pour l'instant peu significatif.

Quant à nous, notre Ministère continuera d'offrir tout le soutien possible à ces initiatives. Nos amis africains souhaitent un développement plus étroit de leurs relations avec la Russie, attendent nos entreprises sur leurs marchés. Bien sûr, beaucoup dépend de la réponse des milieux d'affaires russes, de leur volonté de faire preuve d'initiative et de créativité, de proposer des produits et des services de qualité.

Chers collègues,

Nous avons un atout: les grandes espérances de nos amis africains concernant leur coopération avec la Russie. Cette attitude de nos partenaires s'explique en grande partie par le fait que le continent se souvient très bien de la contribution de notre pays à la lutte contre la colonisation et l'apartheid, pour la liberté et l'indépendance, de notre contribution à la formation de leur États, à la création des bases de leurs économies nationales et de la défense de ces jeunes États.

Aujourd'hui, nos partenaires africains constatent le caractère constructif de l'agenda politique et économique de la Russie sur le continent. Nous apportons une contribution concrète à la résolution des problèmes sociaux et économiques des pays africains, leur offrons des préférences commerciales et des facilités en matière douanière et fiscale, apportons une aide considérable aux programmes d'aide à l'Afrique au sein de différentes structures internationales, et avant tout dans le cadre du système des Nations unies.

En même temps, nous tenons compte du fait que nous sommes obligés d'agir sur le continent africain dans un contexte de concurrence croissante de la part d'un large éventail d'acteurs étrangers. Beaucoup de ces derniers ne cachent pas leur jalousie par rapport à la perspective que nos relations avec l'Afrique atteignent un niveau différent. Nos rivaux ne restent pas les bras croisés et développent activement leur coopération avec les États d'Afrique, tentent de limiter voire de réduire le champ de la coopération mutuellement avantageuse du continent avec la Russie, en recourant parfois à des méthodes ouvertement malhonnêtes.

La conversation d'aujourd'hui est très importante. Nous devrons échanger nos opinions sur la situation, fixer les moyens d'approfondir la coopération économique avec l'Afrique, évoquer les domaines les plus attractifs de la coopération et les moyens d'augmenter l'efficacité de notre travail conjoint. Je propose d'évaluer l'état et les perspectives du développement de la base juridique des relations russo-africaines en matière de commerce, d'économie et d'investissement. 

Tout cela est important pour notre Ministère afin d'offrir le soutien le plus efficace possible aux initiatives promues par les entreprises russes. Nous avons également intérêt à entendre l'opinion compétente des représentants du bloc économique du Gouvernement russe, des principales entreprises russes et des associations d'entrepreneurs.

Je vous remercie de votre attention.

   

 

 

 

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