11 juillet 201919:47

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 11 juillet 2019

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Sur la visite en Fédération de Russie de Kamina Johnson Smith, Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur de la Jamaïque

 

Kamina Johnson Smith, Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur de la Jamaïque, est attendue en Russie du 14 au 16 juillet pour une visite de travail.

Les pourparlers entre les chefs de diplomatie des deux pays se dérouleront le 16 juillet et porteront sur différents aspects de la coopération bilatérale, notamment l'économie, les investissements et la culture. Les deux ministres échangeront également leurs points de vue sur les questions internationales et régionales d'actualité.

Il s'agit de la première visite du chef de la diplomatie jamaïcaine en Fédération de Russie depuis 2000.

 

Sur la réunion du Conseil d'affaires auprès du Ministre russe des Affaires étrangères

 

Sergueï Lavrov présidera le 16 juillet une nouvelle réunion du Conseil d'affaires auprès du Ministre russe des Affaires étrangères consacrée au développement des liens de la Russie avec les pays d'Afrique dans le contexte des préparatifs du forum économique et du sommet Russie-Afrique qui se dérouleront en octobre prochain à Sotchi. Les participants à la réunion accorderont une attention particulière à l'élargissement et à l'approfondissement de la coopération russo-africaine dans le domaine du commerce, de l'économie et des investissements à l'approche des événements au format Russie-Afrique à Sotchi. On envisage également d'évoquer le renforcement de l'efficacité de l'accompagnement politique et diplomatique des projets des entreprises russes sur le continent africain.

La rencontre réunira des représentants de la direction du Ministère russe des Affaires étrangères, d'autres ministères et institutions intéressées, ainsi que des milieux scientifiques, d'affaires, et de la société.

 

Sur la visite en Fédération de Russie de Marcel Amon Tanoh, Ministre des Affaires étrangères de la Côte d'Ivoire

 

Marcel Amon Tanoh, Ministre des Affaires étrangères de la Côte d'Ivoire, est attendu à Moscou du 16 au 18 juillet pour une visite de travail. Ses pourparlers avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se dérouleront le 17 juillet. Les deux ministres devraient évoquer les moyens d'intensifier les relations russo-ivoiriennes dans le domaine politique, commercial, économique et social, en accordant une attention spéciale au renforcement du partenariat économique dans le domaine de l'énergie, du complexe  énergétique, du développement de l'infrastructure et de l'agriculture. L'ordre du jour de la rencontre prévoit également la signature d'un mémorandum bilatéral sur les consultations entre les ministères des Affaires étrangères.

Les deux ministres examineront en détail des questions d'actualité de plan international et régional, notamment le règlement des crises et le maintien de la paix en Afrique, ainsi que la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme internationaux dans le contexte des efforts collectifs visant à neutraliser ces menaces sur le continent africain et dans le monde en général.

 

Sur la visite de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Allemagne

 

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en Allemagne le 18 juillet pour une visite de travail.

Il devrait notamment s'entretenir à Bonn avec le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas pour évoquer l'état et les perspectives du dialogue politique russo-allemand et de la coopération pratique des deux pays dans le domaine commercial, économique, scientifique, éducatif, socioculturel suivant la ligne des associations sociales et des liens interrégionaux et interparlementaires.

Les deux ministres accorderont une attention spéciale aux questions-clé de l'actualité internationale en mettant l'accent sur la situation en Ukraine, le règlement des conflits syrien et libyen, l'évolution du dossier iranien, le contrôle des armes et la non-prolifération des armes de destruction massive.

Sergueï Lavrov et Heiko Maas devraient également participer ensemble à la cérémonie d'ouverture de la 18e session du Forum social russo-allemand "Dialogue pétersbourgeois", et y prononcer chacun un discours.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

La conjoncture en Syrie reste tendue.

La situation la plus compliquée est observée dans la zone de désescalade d'Idleb, où les groupes terroristes violent le cessez-le-feu en tirant sur les zones d'habitation et les positions des forces gouvernementales. Tout cela entraîne des morts parmi les militaires et les civils syriens.

Dans le domaine politique, on peut constater des avancées considérables en ce qui concerne la mise au point et le lancement du Comité constitutionnel. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accueilli le 5 juillet l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen. Ils ont évoqué en détail l'état du processus politique et ont dit espérer que la visite de l'Envoyé spécial à Damas, prévue cette semaine, pourrait accélérer la formation du comité (les informations concernant ces pourparlers sont actuellement encourageantes). Cela permettrait de lancer un dialogue direct entre les Syriens pour qu'ils puissent définir eux-mêmes les paramètres du règlement définitif de la crise syrienne et de l'avenir de leur pays.  

Quant au domaine humanitaire, nous suivons toujours avec préoccupation la situation dans le camp de personnes déplacées d'Al-Houl, situé dans une zone non contrôlée par le Gouvernement syrien dans la province de Hassaké. La catastrophe humanitaire à laquelle nous assistons dans ce camp est devenue chronique. Peuplé principalement de femmes et d'enfants, ce dernier est actuellement surchargé, et ses habitants subissent de plein fouet les poussées des maladies saisonnières. Qui plus est, les organisations humanitaires constatent la perte d'intérêt de la communauté internationale pour les opérations en Syrie. Selon les estimations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires, les donateurs n'ont versé en 2019 que 17% des fonds nécessaires pour financer le plan humanitaire de l'Onu en Syrie.

Qui plus est, les Nations unies soulignent un manque chronique de financement de leurs programmes destinés au camp des personnes déplacées de Roukban. Les donateurs n'ont octroyé en 2019 que 2 millions de dollars sur les 10,6 millions promis. Dans ce contexte, la Russie poursuit ses efforts visant à reloger les habitants du camp de Roukban, qui se trouve dans la zone occupée illégalement par les États-Unis dans les environs d'Al-Tanf. Plus de 16 000 ont déjà été évacuées. Ainsi, 35% des réfugiés ont déjà quitté le camp.

Les initiatives russes pour le rapatriement des réfugiés syriens sont toujours actives. La Syrie a ainsi accueilli en juillet plus de 8 000 citoyens revenus dans leur région d'habitation d'origine, dont le nombre total se chiffre déjà à près de 300 000 personnes depuis le 18 juillet 2018.

Nous constatons la poursuite du rétablissement des liens de la Syrie avec le monde extérieur - notamment avec les pays arabes - perturbés pendant le conflit. Le Ministre omanais des Affaires étrangères Youssef ben Alaoui s'est rendu le 7 juillet à Damas pour s'entretenir avec les dirigeants du pays. Ils ont évoqué le développement de la coopération bilatérale et la coordination des efforts visant à renforcer la stabilité et la sécurité régionales.

Une délégation de députés syriens menée par le vice-président du parlement Najdat Anzour a pris part au 2e Forum international pour le développement du parlementarisme du 1er au 2 juillet à Moscou. Les Syriens se sont également entretenus avec leurs collègues des pays arabes, d'Asie de l'est et d'Amérique latine en marge de cet événement. 

Après une pause de plus de neuf ans, une délégation du Département de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme de la Banque centrale syrienne a participé à la 26e réunion plénière de l'Egmont Group - qui réunit les services de renseignement financier de la majorité des pays du monde - du 1er au 4 juillet à la Haye.

 

Sur la situation au Venezuela

 

Nous saluons la reprise d'un dialogue direct entre le Gouvernement et l'opposition, dont un nouveau cycle s'est tenu à la Barbade avec la médiation du Gouvernement norvégien. Selon les informations qui nous parviennent, ce dialogue se déroule normalement. Nous voudrions souligner encore une fois que nous espérons que les parties, notamment l'opposition, accompliront un travail énergique et honnête. Nous sommes convaincus que seuls les Vénézuéliens sont en mesure de trouver une solution stable aux contradictions accumulées et de faire revenir le pays sur la voie du développement progressif. Le compromis que les parties atteindront devra être soutenu par la communauté internationale.

Dans ce contexte, nous voudrions appeler encore une fois les États étrangers et les politiciens vénézuéliens à faire preuve de retenue et de tact, à ne pas imposer aux participants et aux organisateurs de ces négociations leurs points de vue ou des conditions visant prétendument à assurer la prise de telle ou telle décision. Cela contredit les principes fixés le 25 mai par le Gouvernement norvégien et les participants au dialogue.   

Nous constatons malheureusement que certains États continuent de suivre une autre logique, une logique de confrontation. Ainsi, l'amiral Craig Faller, chef du Commandement Sud des États-Unis, parle de "centaines de militaires russes au Venezuela qui soutiennent le régime". Les Américains n'ont visiblement aucune explication plus raisonnable des échecs répétés de leurs tentatives de faire chuter le Gouvernement légitime. Nous répétons encore une fois que notre pays veut en finir avec la logique de confrontation dans les affaires internationales. Nous promouvons de manière cohérente une politique étrangère équilibrée basée sur un agenda unificateur et une idéologie de partenariat respectueux. Notre coopération avec le Venezuela se développe en stricte conformité avec la législation des deux pays. La présence de spécialistes - et pas de militaires - russes sur son territoire est régulée par un accord intergouvernemental à ce sujet et ne modifie par le rapport de forces régional. Autrement dit, les partenaires américains et notamment cet amiral n'ont aucune raison de s'inquiéter.

De notre point de vue, le principal est ailleurs. Dans le monde d'aujourd'hui, chaque État a le droit de définir de manière libre et indépendante l'orientation de son développement en conformité avec les objectifs et les principes de la Charte de l'Onu. Toutefois, certaines forces politiques et représentants de l'establishment de Washington estiment visiblement qu'ils sont mandatés pour définir les paramètres de la coopération légitime entre les autres États. On a l'impression que la doctrine Monroe réanimée a tellement rempli le cerveau des politiciens et des militaires américains qu'il leur est parfois difficile de se laisser guider par un autre système de coordonnées.  

Dans ce contexte, nous voudrions attirer encore une fois l'attention sur la situation humanitaire compliquée au Venezuela. Je veux parler de la nécessité d'annuler immédiatement les sanctions visant le secteur social et humanitaire, et avant tout les livraisons de produits de première nécessité et de médicaments. Nous l'avons déjà évoqué plusieurs fois, sans malheureusement obtenir de réponse raisonnable. Nous sommes convaincus du caractère inacceptable de tout marchandage dans ce domaine, de tout "échange" contre des concessions de la part du Gouvernement de Nicolas Maduro. Il faut résoudre immédiatement cette question car les enfants qui ont besoin de soins médicaux pourraient ne pas avoir assez de temps pour attendre un accord politique éventuel. Je voudrais également rappeler que les sanctions américaines ont bloqué le programme de traitement en Italie des enfants vénézuéliens malades du cancer, financé par le groupe pétrolier public PDVSA.

Les États-Unis veulent visiblement politiser au maximum les questions humanitaires afin de faire pression sur le Gouvernement légitime au lieu d'accorder une aide réelle à la population vénézuélienne. Formulons la question autrement: pourquoi les entreprises pétrolières américaines jouissent-elles d'un droit d'exception par rapport aux sanctions, mais pas les Vénézuéliens souffrant d'un cancer?

Nous ne fermons pas cette question et espérons qu'elle sera résolue. Elle jouera certainement le rôle de mécanisme de vérification, de papier de tournesol des partisans véritables et prétendus du bien-être et du développement de ce pays. 

 

Sur la situation en Ukraine

 

La situation en Ukraine reste tendue. La mission de l'OSCE a constaté la semaine dernière une augmentation notable des violations du cessez-le-feu, notamment près des localités de Gorlovka, d'Iassinovataïa, de Kominternovo, de Popasnoe, de Donetskoe et de Goloubovskoe.

L'armée ukrainienne continue de viser de manière préméditée l'infrastructure civile, et de tuer des civils. Nous ne constatons malheureusement aucune réaction appropriée des autorités de Kiev à ces actions.

Le commandement des forces armées ukrainiennes a adopté une véritable tactique de terreur par rapport aux civils des localités situées à proximité de la ligne de front. On constate une intensification des tirs des snipers ukrainiens. Kiev bénéficie dans ce domaine du soutien du Canada et des États-Unis qui lui livrent différentes armes, notamment des équipements de sniper et antiradar, et entraînent ses tireurs d'élite.

Ainsi, une civile a été blessée le 6 juillet par les tirs des snipers de la 30e brigade de l'armée ukrainienne contre la localité de Maïorskoe. Elle a été transférée à l'hôpital №2 de Gorlovka.

Le 7 juillet, les militaires ukrainiens de la 36e brigade ont lancé des tirs de mortier de 120mm ciblés contre l'équipe de tournage de la chaîne Zvezda et les journalistes du service de presse de la Milice populaire qui tournaient un reportage sur les destructions causées par le bombardement de l’Église de Saint-Spiridon à Kominternovo.    

Je voudrais rappeler qu'il s'agit du troisième attentat à la vie des représentants de la presse de la part des militaires ukrainiens en deux semaines.

Dans la nuit du 7 au 8 juillet, l'armée ukrainienne a lancé un bombardement massif contre la localité de Krasnoarmeisk dans le Sud de la République de Donetsk. Tout le territoire de cette ville a été touché par les canons ukrainiens de 152 mm et de 122 mm. Les tirs ont endommagé plus de 30 maisons, une école et un hôpital.   

Dans ce contexte, je voudrais demander au leader ukrainien et au commandant suprême des forces armées du pays: quand envisage-t-il de commencer à mettre en œuvre son slogan électoral "Je suis prêt à tout pour faire cesser le feu"? Parce qu'il est déjà grand temps de freiner les militaires déchaînés. Selon les déclarations de Kiev, il est clair que toutes les informations ne sont pas rapportées à l'office ou au bureau (ces termes ont remplacé "administration" suite à la modernisation des institutions). Ces derniers peuvent consulter les conférences de presse du Ministère russe des Affaires étrangères. Nous raconterons ce qui se passe dans ce pays.  

 

Sur la déclaration commune suite au sommet UE-Ukraine

 

La déclaration commune adoptée le 8 juillet à Kiev suite au sommet UE-Ukraine indique que Bruxelles envisage toujours la situation en Ukraine à travers le prisme de l'affrontement géopolitique avec la Russie. C'est la thèse dominante.

Ce texte est riche en clauses inamicales et en clichés propagandistes antirusses, qui reproduisent malheureusement les propos qui étaient tenus sous la présidence de Piotr Porochenko. Au lieu d'analyser de manière réfléchie des motivations des habitants de la Crimée et de Sébastopol qui se sont exprimés en mars 2014 de manière libre et démocratique en faveur de la réunification avec leur patrie historique, les "partenaires" ont préféré encore une fois accuser la Russie de l'"annexion illégale de la Crimée" au cours de leur réunion à Kiev. Ils ont également rejeté sur Moscou la responsabilité des répercussions de la provocation armée organisée par Kiev dans le détroit de Kertch en novembre 2018. Ils ont de nouveau évité la question de l'implication de l'Ukraine dans la catastrophe tragique du vol MH17 au-dessus du Donbass pour satisfaire les autorités de Kiev et les forces les plus nationalistes. Qui plus est, en dénonçant l'initiative humanitaire de la Russie de simplifier l'octroi de passeports russes aux habitants des Républiques de Donetsk et de Lougansk, Bruxelles et Kiev ont fait preuve d'un manque traditionnel d'intérêt pour les intérêts légitimes de la population du Donbass qui souffre depuis plus de cinq ans du blocus et des bombardements ukrainiens, ce que je viens de mentionner aujourd'hui en donnant des exemples concrets.       

Les émissaires de l'UE et leurs protégés de Kiev ont de nouveau préféré ignorer les problèmes dont la résolution pourrait favoriser la paix en Ukraine, que tout le monde semble vouloir sur le papier. Rappelons que les interdictions et les limitations qui pèsent toujours sur l'utilisation du russe, langue maternelle de millions des citoyens ukrainiens, la réforme discriminatoire de l'enseignement, les tentatives de détruire l'équilibre religieux très fragile et les manifestations du néonazisme, doivent être combattus. Ces sujets doivent être prioritaires lors de l'élaboration et de l'adoption de textes tels que celui dont nous parlons aujourd'hui.

Nous regrettons que l'Union européenne ait manqué l'occasion d'envoyer aux nouvelles autorités ukrainiennes un message clair sur la nécessité d'arrêter le sabotage des accords de Minsk et de lancer les négociations avec les représentants des Républiques de Donetsk et de Lougansk. Nous appelons l'Union européenne à s'abstenir de toute initiative favorisant le parti de guerre ukrainien. Nous espérons que Bruxelles et Kiev comprendront tôt ou tard que la politique de confrontation avec la Russie ne mènera nulle part.  

 

Sur les propos tenus par le Président du Conseil européen Donald Tusk en Géorgie

 

Aujourd'hui, jeudi 11 juillet, le Président du Conseil européen Donald Tusk s'est fait remarquer par une nouvelle attaque antirusse lors de son intervention dans le cadre d'une conférence internationale à Batoumi. Il a tenté de présenter sous une forme altérée le sens de la phrase bien connue du Président russe Vladimir Poutine selon laquelle la dissolution de l'Union soviétique avait été la principale catastrophe géopolitique du XXe siècle. Je voudrais rappeler à M. Tusk que - comme le Président russe l'a souligné à plusieurs reprises - la dissolution de l'URSS s'est soldée par beaucoup de tragédies humaines: des dizaines de milliers de nos concitoyens et de nos compatriotes se sont brusquement retrouvés à l'étranger, des familles et des peuples ont été séparés. Cela concerne notamment les habitants russophones des pays baltes. M. Tusk n'est visiblement pas vraiment préoccupé par le fait que ces États - qui sont membres de l'Union européenne depuis 2004 - continuent de violer les droits de ces populations et de les discriminer de manière très grossière. Il aurait dû mentionner ces faits au lieu de présenter une nouvelle manifestation de fièvre russophobe.

Qui plus est, on a l'impression que le Président sortant du Conseil européen (il quittera son poste le 30 novembre) a un déficit notable de contacts directs avec la Russie. Comme on le sait, ce n'est pas la première fois qu'il lance une polémique à distance avec le Président russe ces derniers temps. C'est un vice répandu. Le dialogue unilatéral devient la nouvelle forme de discussion. Dans ce contexte, je voudrais rappeler que c'est l'UE qui avait décidé à l'époque de geler les principaux formats de contact avec notre pays, y compris les sommets Russie-UE. M. Tusk aurait dû réfléchir à ces faits au lieu de tenter de jouer avec les sujets historiques de manière très maladroite et inhabile. Il lui reste encore du temps à son poste pour tenter d'améliorer le climat défavorable des relations russo-européennes, qui n'a pas été provoqué par Moscou.   

 

Sur le bilan de la session extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l'AIEA

 

Vienne a accueilli le 10 juillet une session extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l'AIEA consacrée à la mise en œuvre du Plan d'action global commun sur le programme nucléaire iranien.

Lors de la session ont également été examinés deux rapports d'information du Directeur général de l'AIEA Yukiya Amano sur la suspension partielle des engagements volontaires de Téhéran dans le cadre du Plan d'action concernant le volume maximal d'uranium faiblement enrichi présent sur le territoire iranien à un moment donné (300 kg) et le niveau d'enrichissement établi par ce texte (3,67%).

L'AIEA a clairement stipulé que les actions entreprises par l'Iran ne représentaient aucun risque du point de vue de la non-prolifération nucléaire. Tous les travaux de l'Iran sont toujours strictement contrôlés par l'Agence et ne contredisent pas les engagements du pays dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, de l'Accord sur les garanties générales, et du Protocole supplémentaire que les Iraniens respectent toujours de manière infaillible.

Il me semble que nous vivons depuis longtemps comme de l'autre côté du miroir. Ironiquement, la session extraordinaire du Conseil a été convoquée à la demande des États-Unis, qui avaient annoncé leur décision de quitter le Plan d'action dès mai 2018. Washington a unilatéralement renoncé à tous ses engagements dans le cadre de ce dernier et a violé de manière ostensible la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'Onu et l'article 25 de la Charte de l'Onu. Dans le même temps, nous entendons les responsables de Washington exiger encore et toujours que l'Iran respecte strictement toutes les conditions du "deal nucléaire", que l'Amérique torpille depuis plus d'un an tout en empêchant les autres pays de le mettre en œuvre. Je n'arrive pas à comprendre sur quoi ils misent. Pensent-ils que le grand public ne s'intéresse pas aux détails et qu'il est possible d'utiliser des phrases telles que "potentiel nucléaire", "menace d'utilisation" ou "violation des accords" pour créer le sentiment d'une responsabilité éternelle de l'Iran et "réchauffer" sans cesse ce sujet? Est-ce leur objectif? Washington ne peut certainement pas mépriser à tel point l'opinion publique sur laquelle reposent les processus démocratiques…     

La position américaine a non seulement échoué à recevoir le soutien de l'AIEA, mais a aussi été sévèrement critiquée. Tout le monde sait que la raison principale des tensions actuelles autour du Plan d'action réside dans la politique américaine de "pression maximale" sur Téhéran qui s'appuie sur les humeurs anti-iraniennes et la volonté de faire changer le pouvoir dans ce pays souverain. Les États-Unis ont eu une bonne occasion de comprendre que la majorité écrasante des pays membres de l'AIEA était certaine de la nécessité du Plan d'action, le soutenait de manière unanime et se prononçait clairement pour la poursuite de la mise en œuvre des accords universels. Nous espérons que cela sera une bonne leçon pour nos collègues américains et leur donnera matière à réflexion. 

Nous apprécions grandement la contribution de l'AIEA au maintien de la stabilité des accords universels et comptons sur le maintien, par l'Agence, d'une approche professionnelle, objective et impartiale de la mise en œuvre de son travail de surveillance et de vérification dans le cadre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'Onu.

Nous appelons de manière cohérente et résolue tous les pays signataires du Plan d'action à continuer de respecter tous leurs engagements fixés par les accords universels et la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'Onu. Nous le considérons comme la principale garantie assurant que le "deal nucléaire", qui a résulté de négociations très difficiles et est un exemple de règlement efficace de l'un des problèmes les plus compliqués de la scène internationale, passera le test de solidité actuel, et que les objectifs du Plan d'action seront totalement atteints.

 

Sur les propos du commandant en chef des Forces armées suédoises Micael Bydén

 

Nous avons remarqué les récents propos du commandant en chef des Forces armées suédoises Micael Bydén concernant la violation par les pays étrangers de l'espace aérien suédois tenus lors de son interview à la chaîne américaine CNN.

Nous constatons souvent que les politiciens et les journalistes américains tombent dans leurs propres pièges. Ce qui a été encore une fois le cas. On a posé une question manifestement provocatrice sur les actions prétendument "agressives" de la Russie. Le commandant en chef des Forces armées suédoises Micael Bydén a répondu que la Russie n'était responsable que d'une quinzième des violations des frontières suédoises. Certains ont violé la frontière suédoise plus de dix fois, mais les médias ne parlent néanmoins que de la Russie.

Selon le site officiel des Forces armées suédoises, il a été enregistré de 2016 à 2018 49 violations de la frontière suédoise par des véhicules, des navires ou des aéronefs étrangers, y compris militaires. Il est à noter que les pays membres de l'Otan sont responsables de la majorité écrasante de ces cas, alors que la Russie n'a été mentionnée que trois fois. Nous voudrions également souligner que le Ministère russe de la Défense n'a pas encore confirmé la violation des frontières suédoises par les avions russes.

Les propos du commandant en chef des Forces armées suédoises témoignent clairement de l'inconsistance de la thèse imposée activement sur le "comportement agressif et provocateur" des forces aériennes russes dans la région baltique. Nous le constatons pourtant régulièrement dans la presse internationale et régionale.

Je voudrais rappeler encore une fois que la Russie a à plusieurs reprises souligné sa volonté de mener un dialogue ouvert avec tous les pays intéressés sur le maintien de la sécurité des vols sous n'importe quelle forme convenable aux partenaires.  

 

Sur la Conférence mondiale pour la liberté de la presse à Londres

 

La Conférence pour la liberté de la presse s'achève aujourd'hui à Londres. Ses organisateurs lui ont fièrement apposé le nom de "mondiale", visiblement pour lui conférer une couverture internationale et souligner le rôle principal du Royaume-Uni dans la protection des droits et des libertés des médias dans le monde entier. Ils ont pourtant obtenu le résultat inverse.

Au lieu de se présenter comme le protecteur des médias libres et indépendants, Londres s'est transformé sous les yeux du public en opposant aux sites d'information jugés indésirables, guidé par des intérêts politiques au lieu de la protection de la liberté d'expression - qui s'est avérée très sélective pour les autorités britanniques.

Nous avons déjà commenté en détail cette conférence en répondant aux questions des médias. Ce commentaire a été publié sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères le 9 juillet. Nous avons notamment demandé aux Britanniques de présenter les faits sur lesquels ils s'étaient appuyés pour accuser les médias russes de diffuser des fake news. Le Ministère britannique des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire.

Si les campagnes de désinformation britanniques se manifestaient par le passé de manière indirecte, par exemple dans l'affaire Skripal ou dans les fuites sur le projet Integrity Initiative, Londres a aujourd'hui officiellement confirmé son statut de diffuseur de fake news et de diffamations. Si les accusations concernent directement des personnes morales et des entreprises, surtout des médias, il est nécessaire de présenter les preuves correspondantes. C'est très simple. Si vous parlez de la diffusion de fausses informations, donnez des exemples! Nous considérons ces actions comme une attaque propagandiste contre les médias russes. 

Ce contexte rend encore plus préoccupantes les informations sur la décision récente du Ministère britannique des Affaires étrangères d'octroyer d'ici cinq ans 100 millions de livres pour lutter contre la propagation de désinformations et soutenir les médias indépendants en Europe de l'Est et en Asie centrale. Il est désormais facile de comprendre ce qui se cache en réalité derrière ce projet si noble en apparence. Ces 100 millions de livres garantiront pendant des années la production de fake news similaires à celles du Ministère britannique.

Nous avons également remarqué la position de l'ONG américaine "Comité pour la protection des journalistes", qui avait formellement exprimé son inquiétude quant à la décision de priver les médias russes, notamment Russia Today et Sputnik, d'accès à la conférence, mais avait ensuite soutenu ces accusations. Le message adressé au Ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt par le chef du Comité Joel Simon confirme que les agences de presse russes "diffusent des désinformations, dont une partie torpille les élections démocratiques et crée des risques pour les journalistes", ce qui répète de fait la position officielle de Londres et de Washington sur l'ingérence prétendue de la Russie dans les élections. Nous estimons que cette ONG, dont l'objectif est en théorie de protéger les droits, a ainsi montré sa dépendance et non son indépendance. Difficile de dire quelles seront les modalités concrètes de mise en œuvre de cette déclaration. Je pense que nous l'apprendrons dans un certain temps.    

Je suis curieuse de savoir combien d'autres ONG "indépendantes" se manifesteront dans ce domaine absolument ingrat de la justification des autorités britanniques. Dans tous les cas, je voudrais souligner que quel que soit le nombre de "larbins" de Londres parmi les structures officielles ou les ONG, ils n'arriveront pas à combler l'échec de son argumentation, c'est-à-dire l'absence de preuves. Je vous dis encore une fois que c'est absurde. Si vous accusez les médias de diffuser des fake news, donnez des exemples. Si vous ne présentez aucun cas de fake news, tout cela ne vaut absolument rien. Cela n'a aucun sens. 

Pour conclure, je voudrais souligner que nous nous sommes toujours laissé guider par le principe de réciprocité. Dans ce contexte, les médias britanniques travaillant en Russie doivent être prêts à faire face aux répercussions des actions du Gouvernement britannique.    

Par ailleurs, nous avons savouré la situation autour des fuites concernant le rapport de l'Ambassadeur britannique aux États-Unis et les propos de Londres sur la nécessité de combattre les fuites, de trouver les ennemis qui n'avaient pas prévenu voire avaient organisé ces fuites. Nous constatons de nouvelles spéculations complotistes. Je n'ai qu'une question. Est-ce que la correspondance diplomatique constitue le seul cas nécessitant une enquête sur les sources des fuites de documents? Toute l'affaire des Skripal, que nous observons depuis plus d'un an, se base sur les fuites des médias britanniques. Il ne s'agit pas de fuites d'experts anonymes, mais de sources anonymes au sein des institutions publiques du Royaume-Uni. Si le Gouvernement britannique manque de temps pour prendre connaissance des toutes les fuites et de leurs sources, nous pouvons l'aider. Je veux dire que nous pouvons analyser la presse britannique et envoyer les extraits pertinents qui nécessitent un examen via les canaux diplomatiques, notamment au Ministère des Affaires étrangères. Encore une fois, si Londres considère les fuites de la correspondance entre un diplomate et le ministère comme un crime méritant une enquête, je voudrais poser une question: pourquoi n'existe-il aucune investigation concernant des dizaines de milliers de fuites dans l'affaire Skripal depuis un an? C'est qu'il s'agissait de "fuites contrôlées" permettant de structurer les "enquêtes" et les accusations dans l'espace médiatique.

 

Sur le blocage du site de l'agence de presse Sputnik Lituanie

 

Les autorités lituaniennes poursuivent leur politique de nettoyage de l'espace médiatique du pays. Cela s'inscrit dans le même tableau absurde, compte tenu des relations relativement proches entre la Lituanie et le Royaume-Uni. Pendant la Conférence mondiale pour la liberté de la presse organisée à Londres, la Commission lituanienne de la radio et de la télévision a ordonné d'interdire l'accès au site de l'événement à l'agence de presse Sputnik Lituanie à cause d'une prétendue violation des droits d'auteur. Cette décision entrera en vigueur si elle est validée par le tribunal administratif de district de Vilnius.

La semaine dernière, nous avons déjà commenté la persécution de Sputnik dans ce pays, notamment l'interpellation du rédacteur en chef de Sputnik Lituanie Marat Kassem et l'interdiction qui lui a été faite d'entrer dans la République pendant 5 ans, ainsi que les actions discriminatoires de Vilnius contre les sites médiatiques russophones, notamment le blocage par le régulateur de sept sites diffusant essentiellement des publications en russe. Tout cela a lieu et coïncide avec le déroulement à Londres de la Conférence mondiale pour la liberté de la presse.

Toutes ces actions des autorités lituaniennes ne sont rien d'autres que des répressions ouvertes contre les médias jugés indésirables et une tentative de débarrasser leur espace médiatique de sources de points de vue alternatifs.

Il est étonnant qu'une telle politique violant grossièrement les principes fondamentaux du droit international que sont la liberté d'expression et l'accès égal à l'information, continue d'être menée ouvertement par un pays membre de l'UE qui prône toujours les libertés et les valeurs démocratiques dans ses discours.

Nous appelons les structures internationales à réagir. On se demande si Bruxelles commentera un jour le "totalitarisme médiatique" qui prospère en Lituanie et la façon dont ses autorités se moquent de la liberté d'expression.

 

Sur l'installation au Cap-Vert d'une plaque commémorative en hommage au raid héroïque du destroyer Byvaly

 

Le 5 juillet, dans le cadre de la célébration du 44e anniversaire de l'indépendance de la République du Cap-Vert, s'est tenue l'inauguration solennelle d'une plaque commémorative en hommage à l'exploit de l'équipage du destroyer soviétique Byvaly et de son commandant, le capitaine de frégate Iouri Iliinykh, au complexe commémoratif d'Amilcar Cabral de Praia, la capitale du pays. Les actions courageuses et audacieuses de nos marins en janvier 1973 ont permis d'arrêter et de traduire en justice les assassins du leader du mouvement national de libération de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert Amilcar Cabral, et de libérer son collaborateur qui est ensuite devenu le premier Président du Cap-Vert indépendant: Aristides Pereira.

La cérémonie s'est déroulée en présence du Premier ministre du pays José Correia e Silva, des membres du gouvernement, du maire de Praia Oscar Santos, de députés, de la direction de partis politiques, de vétérans, de l'Ambassadeur de Russie au Cap-Vert Vladimir Sokolenko, et du député de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie Alexeï Veller. Le 7 juillet, les commandants des navires d'une section de la flotte du Nord russe, qui ont visité officiellement le port de Praia, ont donné le départ à la tradition de déposer des fleurs au monument des marins russes.

Le respect de la mémoire historique revêt une signification fondamentale pour la Russie. Moscou constate avec satisfaction le sentiment de gratitude toujours partagé au sein de la société cap-verdienne envers notre pays pour l'aide dans la lutte pour l'indépendance nationale et l'établissement de sa propre structure étatique. Nous considérons l'inauguration de la plaque commémorative en hommage à l'acte héroïque de l'équipage du destroyer Byvaly comme un symbole important des relations bilatérales et de l'amitié entre nos pays et peuples, la preuve de la disposition de la Russie et du Cap-Vert à poursuivre une coopération productive dans les conditions actuelles.

 

Sur les négociations avec les Européens concernant le passage aux monnaies nationales dans les règlements réciproques

 

Pendant la conférence de presse précédente, une question m'a été posée concernant les négociations avec les Européens sur le passage aux règlements en monnaies nationales. Je voudrais partager avec vous notre position.

Sur les marchés mondiaux, on perçoit une tendance à la réduction de l'utilisation du dollar dans les règlements réciproques des opérations commerciales, ce qui est une réaction objective à la réalité géopolitique actuelle. La diminution de la prévisibilité de la politique économique des États-Unis et l'adoption incontrôlée de restrictions infondées remettent en question la fiabilité et l'aspect pratique de l'utilisation de la monnaie américaine en tant que devise prioritaire du contrat.

Il est logique que dans ces conditions, les pays et les compagnies soient contraints de prendre des mesures visant à minimiser les pertes et les risques économiques dans les transactions et s'intéressent au développement de mécanismes alternatifs de paiements. L'élargissement de l'utilisation de monnaies nationales dans les opérations commerciales avec d'autres États est de plus en plus d'actualité et c'est un axe important de l'agenda économique extérieur actuel.

En ce qui concerne le passage aux paiements en euros avec les pays de l'UE, ce travail est mené et il est assez productif. D'autant que nos partenaires européens souhaitent également populariser leur monnaie commune et renforcer ses positions internationales. Cela se déroule dans le cadre des initiatives annoncées par la Commission européenne visant à renforcer le rôle international de l'euro et à élargir son utilisation dans les opérations économiques extérieures. En conséquence, la part de la monnaie européenne dans les échanges bilatéraux ne cesse d'augmenter. On perçoit un intérêt mutuel et un potentiel pour l'accroissement de telles transactions.

Dans ce contexte, nous travaillons avec nos partenaires sur les questions liées à une utilisation plus active de la monnaie européenne dans les règlements pour la livraison d'hydrocarbures russes. Les résultats de cette activité sont déjà visibles, mais les particularités de tarification des prix mondiaux des hydrocarbures ne permettent pas de transférer d'un coup tous les paiements entre les compagnies russes et européennes en euros. Dans le même temps, nous sommes convaincus que cette tendance ne fera que s'amplifier.

 

Réponses aux questions:

Question: Les prankers Vovan et Lexus ont parlé avant-hier au premier ministre de la Macédoine du Nord Zoran Zaev en se faisant passer pour Piotr Porochenko. Zoran Zaev a déclaré que le Président serbe Aleksandar Vucic et le Président du Kosovo Hashim Thaçi avaient entamé les négociations sur un échange de territoires et un déplacement des frontières. Que deviendrait la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies si Aleksandar Vucic et Hashim Thaçi tombaient d'accord?

Réponse: Je trouve que banaliser une question aussi complexe est inadmissible. Nous ne sommes pas à l'école maternelle, nous parlons de processus extrêmement complexes -  géopolitiques, internationaux, impliquant des négociations diplomatiques et des décisions impactant le sort de millions de personnes. Il s'agit d'efforts entrepris non pas en fonction d'une vision individuelle du développement de la région, mais s'appuyant sur le droit. Vous connaissez notre position. Elle n'a pas changé et s'appuie sur le droit international, notamment sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies en vigueur, que personne n'a abrogée. Nous partons du principe que les décisions prises doivent correspondre aux intérêts de la Serbie en tant qu’État et des Serbes en tant que peuple. Il est question des citoyens serbes dans l'ensemble, pas seulement des représentants d'une seule nationalité. Vous connaissez notre position, elle n'a pas changé et repose sur une solide base juridique internationale. Il est impossible de prendre les devants et de comparer les choses sans comprendre les aspects concrets. Ce n'est pas éthique et provocateur. Ces processus, appelés à clore une page difficile dans l'histoire des Balkans, ne tolèrent pas la provocation. S'il faut commenter quelque chose, c'est ce qui se passe actuellement, en s'appuyant sur les faits réels, au lieu de faire de la modélisation hypothétique. Nous pouvons, et devons, bien sûr, évaluer les conséquences, mais certainement pas faire des provocations dans l'espace médiatique.

Question: Que pense la Russie des efforts diplomatiques français pour l'Iran? Est-ce que la Russie y participe? Quelles sont leurs perspectives de réussite?

Réponse: On nous a déjà posé des questions en conférence de presse sur les efforts de médiation de la Russie, auxquels nous avons répondu qu'il était question des relations entre deux États - les États-Unis et l'Iran. Toutes les possibilités de mener un dialogue normal seraient présentes si Washington cessait d'attiser la tension. J'espère que nous savons et que nous nous souvenons parfaitement (nous c'est sûr, j'espère que vous aussi) de la manière dont Washington et Téhéran avaient mené un dialogue laborieux dans le respect mutuel. Pendant l'élaboration du Plan d'action chacun défendait, évidemment, ses intérêts, mais tout en tenant compte des positions de l'autre partie. Cette expérience peut et doit être utilisée dans le règlement d'autres questions. C'est pourquoi toutes les possibilités de mener un dialogue normal et dans le respect mutuel entre Washington et Téhéran existent. Cette expérience est récente. Il y a quelques années seulement, nous avions assisté à des négociations de nombreuses heures entre le Secrétaire d’État américain John Kerry et le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. Il n'y avait aucun obstacle idéologique, culturologique ou autre aux négociations. C'est pourquoi, en l'occurrence, il ne faut pas parler de la présence de médiateurs.

En même temps, nous comprenons parfaitement que d'autres pays, et la France évidemment, ont leurs propres intérêts. C'est une question qui s'adresse à la France, pas à la Russie.

En revanche, on ne peut que saluer tout ce qui peut contribuer à la réduction de l'hystérie de certains responsables de Washington parce que le comportement de Téhéran est cohérent et s'appuie sur le droit. Il fait preuve non seulement de respect, mais également d'une patience enviable vis-à-vis des partenaires internationaux.

Question: Pourriez-vous commenter l'aventurisme du Royaume-Uni, qui a violé le droit international en stoppant un tanker transportant du pétrole iranien dans le détroit de Gibraltar? Considérez-vous ces actions comme un acte de piraterie et une violation du Plan d'action global commun?  

Réponse: J'aurais qualifié les faits d'une autre manière, en utilisant plutôt l'expression "augmentation des tensions dans la région". Ce terme existe. Il est plus politique que juridique, mais il reflète parfaitement le sens des événements. Cela s'inscrit probablement dans une stratégie visant à modifier la position de l'Iran sur tout un nombre de questions. Je pense que personne ne tente même de le dissimuler, à Washington ou dans le cadre du partenariat anglo-saxon. Dans tous les cas, cette voie n'a jamais mené à rien de bon. Quant aux négociations avec les partenaires iraniens qui prennent en considération les particularités juridiques de telle ou telle situation et se basent sur le respect mutuel, elles donnent des résultats excellents. Pourquoi? Peut-être parce que ceux qui se trouvent aujourd'hui derrière la mise en œuvre de la politique étrangère et sont responsables de l'agenda international de l'Occident n'ont pas assez d'expérience, qui leur aurait montré les avantages des négociations, notamment avec Téhéran. Ils comprennent probablement que ces négociations sont compliquées et n'exigent pas tant de la colère politique qu'un savoir-faire, des connaissances et du professionnalisme. C'est probablement la raison. Dans tous les cas, on ne comprend absolument pas pourquoi ils choisissent tout le temps la voie de l'escalade et des tensions. Je pense que ceux qui consultent ce qui a été publié au moins ces dix dernières années savent qu'une telle approche mène inévitablement à une impasse.

Question: Les médias ont cité Zamir Kaboulov, Représentant spécial du Président russe pour l'Afghanistan, qui avait annoncé l'organisation d'une rencontre des représentants russe, américain et chinois pour l'Afghanistan en juillet. Qu'est-ce que la Russie attend de cet événement?

Réponse: Nous attendons habituellement que les rencontres de ce genre permettent d'établir un dialogue constructif sur la situation intérieure en Afghanistan, ainsi que sur l'état de la région en général, compte tenu du grand nombre de problèmes existants. Le premier et le principal est celui de la coopération antiterroriste. Ces rencontres permettent d'évoquer tout un ensemble de questions, allant de la situation à l'intérieur de l'État - cela fait également partie de l'agenda international - au contexte régional général. Je vous présenterai plus tard des informations plus détaillées sur cette rencontre et ses modalités.  

Question: Quelle a été la réaction russe à l'incident dans le détroit d'Ormuz ayant impliqué des navires britanniques et iraniens?

Réponse: Nous estimons qu'il faut éviter l'escalade des tensions dans la région. L'évolution de la situation suit un scénario dramatique. Nous avons déjà constaté des aggravations critiques, non seulement dans la rhétorique, mais aussi dans les actions concrètes. Nous comprenons parfaitement que cette approche n'a aucune perspective, et connaissons ses répercussions éventuelles. C'est pourquoi il est nécessaire d'éviter la hausse des tensions dans la région et d'agir de manière à ce que la situation progresse vers les négociations qui permettront de résoudre les questions des parties.

Question: On sait que les Américains étendent activement leurs normes législatives aux autres pays. A leur demande, on extrade des citoyens étrangers vers les États-Unis où ces derniers sont condamnés à des peines de prison tout à fait réelles. Aujourd'hui, cela concerne le célèbre entrepreneur ukrainien Dmitri Firtach. Que pensez-vous de cette situation? Quel est le degré de politisation de cette affaire?

Réponse: Je ne vais pas me focaliser uniquement sur l'affaire de Dmitri Firtach, parce qu'il s'agit d'un citoyen étranger. Je soulignerais pourtant que la situation autour des ressortissants russes nous suffit pour tirer les conclusions appropriées.

En ce qui concerne les Russes, je peux indiquer que les États-Unis ont lancé depuis quelques années une véritable chasse à nos citoyens. Washington organise des opérations secrètes visant à les kidnapper sur le territoire de pays tiers ou tente d'obtenir leur arrestation et leur extradition vers les États-Unis. Nous constatons ensuite que nos citoyens font face à la justice "à l'américaine", totalement biaisée. Ils sont condamnés à de lourdes peines de prison et souffrent d'une attitude peu adéquate envers eux-mêmes et la situation en général. Qui plus est, les accusations ne présentent aucun fait concret ou se basent sur des informations truquées, utilisent souvent des "hommes de paille". Beaucoup de prétentions ne semblent même pas "politisées", comme vous l'avez dit. Certains scénarios concernant les citoyens russes ressemblent à un soap opera de mauvais goût.

Plusieurs commentaires ont déjà été donnés sur les cas de ce genre par les dirigeants du Ministère russe des Affaires étrangères et dans le cadre de nos conférences de presse. Nous avons appelé les autorités américaines - dans l'espace public et, bien sûr, dans le cadre des contacts diplomatiques - à permettre à nos citoyens de faire valoir leurs droits. Le Ministère russe des Affaires étrangères entreprend des efforts actifs afin de protéger les droits et les intérêts légitimes des Russes qui se sont retrouvés dans une situation difficile.

Nous constatons la violation des "règles du jeu", y compris fondées sur le droit, par les États-Unis. Il ne s'agit même pas de la primauté des intérêts politiques mais de la dictature des intérêts personnels de tels ou tels politiciens, qui arrivent parfois au pouvoir pour une période assez courte mais réussissent à mettre en œuvre de tels scénarios. C'est une situation déprimante, qui ne cesse de s'aggraver.

Aujourd'hui, j'ai déjà commenté la situation des citoyens russes. Nous constatons cependant un scénario similaire concernant les citoyens d'autres pays. Toute la machine juridique des États-Unis n'est pas utilisée pour punir les criminels réels et poursuivre les extrémistes et les terroristes, mais pour combattre les personnes dont les positions sont considérées par Washington comme déloyales. Nous voyons que cet appareil est utilisé afin de se venger: il ne s'agit pas d'un châtiment, mais d'une vengeance pitoyable. Regardez la situation de Julian Assange. Il s'agit d'un exemple classique de position hypocrite des États-Unis. D'un côté, les États-Unis sont extrêmement sensibles à tout ce qui viole la liberté d'expression. De l'autre, ils mettent en œuvre des efforts colossaux - ils utilisent littéralement tous les moyens sans le moindre scrupule - afin de se venger d'une personne qui a dévoilé au monde les informations sur le visage réel de la politique américaine, surtout à l'étranger.           

Question: Une réunion de la Commission provisoire pour la protection de la souveraineté nationale et la prévention de l'ingérence dans les affaires intérieures de la Fédération de Russie s'est tenue aujourd'hui au Conseil de la Fédération. Sergueï Gavrilov, président de l'Assemblée interparlementaire de l'orthodoxie qui s'était retrouvé au centre du "sabbat" à Tbilissi le 20 juin dernier, est notamment intervenu lors de la séance. Selon lui, aucune excuse ni déclaration n'a été faite par les autorités géorgiennes. Il a également remis en question l'État géorgien: "La Géorgie n'existe plus en tant qu'État. C'est un jouet manipulé de l'extérieur". Que pensez-vous de ces propos? Peut-on dire que la perte de son statut étatique par la Géorgie l'empêche de construire des relations diplomatiques normales?

Réponse: Le développement de relations diplomatiques normales se heurte seulement au fait que Tbilissi a rompu les liens diplomatiques avec notre pays. C'est la partie formelle de cette question.

Je ne veux pas commenter les propos des représentants du pouvoir législatif russe pour plusieurs raisons, dont la principale est qu'ils peuvent eux-mêmes formuler très clairement ce qu'ils veulent dire.

Je vais peut-être faire quelque chose d'inhabituel dans ce contexte, et ne commenterai pas les propos d'un représentant de la société géorgienne mais ceux du rédacteur en chef de la chaîne Rustavi 2.

Si l'on trouve assez de forces pour filtrer tous les propos émotionnels et offensants dont abondent les interventions des journalistes géorgiens de Rustavi 2, et que l'on va jusqu'au sens des paroles du rédacteur en chef de la chaîne, on y découvrira une révélation fantastique.

Je veux parler de ses propos d'hier. Il a posé à la Géorgie, au peuple et à la société géorgiens une seule question: "La Géorgie est-elle un pays, un État?" C'est ce qui a été écrit. Ainsi, les propos qu'a tenus sur le statut étatique de la Géorgie Sergueï Gavrilov, Président du Comité de la Douma pour les associations civiles et les organisations religieuses qui s'était rendu en Géorgie à l'invitation des Géorgiens, signifient que Sergueï Gavrilov et le rédacteur en chef de Rustavi 2 sont préoccupés par la même question. Curieusement, Rustavi 2 a lancé toute une campagne d'information contre une personne qui avait posé une question cruciale pour la Géorgie - tout comme le rédacteur en chef de la chaîne.     

Je ne voulais pas évoquer moi-même ce sujet pour une raison très simple: j'aime sincèrement et cordialement la Géorgie, son peuple, sa culture et son histoire. Je comprends donc que la situation actuelle de ce pays exige surtout du silence. Nous partageons des estimations politiques et politologiques sur ce qui se passe là-bas, parce qu'il s'agit de notre devoir professionnel. Personnellement, je ne voulais pas le faire parce que je pense que le pays traverse une période réellement difficile et qu'il faut lui permettre de se concentrer en silence pour comprendre ce qui se passe en réalité.

On reproche souvent à la Russie d'avoir perdu la Géorgie. Ne vous semble-t-il que la Géorgie se soit perdue elle-même? Ce n'est pas un conseil mais une analyse. Nous n'avons aucun droit de donner des conseils car il s'agit d'un peuple dont l'histoire et la culture sont très anciennes, et qui est en mesure de clarifier tout lui-même. Beaucoup d'acteurs estiment cependant qu'il est incapable de le faire et qu'il a absolument besoin de conseils de l'étranger, d'outre-Atlantique. Je voudrais souligner que cette question - "Est-ce que la Géorgie est un État?" - n'a pas été posée par le Ministère russe des Affaires étrangères, mais par un représentant notable de la société géorgienne qui n'a visiblement aucune sympathie pour la Russie. Avant de répondre à cette question, la société géorgienne, les habitants de la Géorgie, doivent se souvenir du sens de l'État et du pays, des qualités qui différencient la foule du peuple, la nation de la nationalité.

Encore une fois, les actions et les propos provocateurs qui visent notamment notre pays, ainsi que les attaques personnelles et les offenses ciblant notre peuple, frappent surtout - voire uniquement - la Géorgie. Aucun ennemi de ce pays n'est en mesure de porter un coup plus dur contre le peuple géorgien, la Géorgie et l'État géorgien, que les personnes qui tiennent des propos de ce genre. Il serait certainement utile d'y réfléchir.

Ce n'est pas une réaction officielle mais une réponse à votre question. Elle est plutôt émotionnelle et lyrique, mais comme nous n'avons pas de relations diplomatiques avec la Géorgie il s'agit probablement du seul commentaire possible dans le contexte actuel.  

Question: Saint-Pétersbourg devrait bientôt accueillir la VIe séance du Forum des régions russes et biélorusses pour le renforcement de l'intégration. Pensez-vous que l'intégration entre la Russie et la Biélorussie pourrait favoriser la normalisation des relations avec l'Ukraine?

Réponse: La situation en Ukraine a des paramètres très précis. Les caractéristiques de la situation sont claires: un conflit intérieur, un chaos politique et tout un nombre d'autres problèmes. Il faut tout d'abord réfléchir à la manière dont l'Ukraine pourrait résoudre ces questions au niveau étatique ou social. Tous les moyens nécessaires existent, notamment des mécanismes internationaux tels que le Format Normandie. Il faut poser cette question aux dirigeants de l'État et à la société civile, qui représentent directement les intérêts étatiques. La résolution de ces problèmes à l'intérieur de l'Ukraine est la clé de ses relations avec les autres États. Nos projets d'intégration avec la Biélorussie sont une tendance absolument autonome et je ne vois aucun lien particulier entre ces deux processus.

Question: Kiev est beaucoup plus bienveillant envers Minsk qu'envers Moscou. L'Union entre la Russie et la Biélorussie pourrait-elle parler plus facilement à l'Ukraine?

Réponse: Pensez-vous qu'il soit très compliqué de parler aimablement? Il ne s'agit pas d'une bienveillance en paroles, mais de la situation difficile en Ukraine, qui concerne de telle ou telle manière notre pays. En 2014-2015, nous avons accueilli énormément de réfugiés ukrainiens. Nous aurions pu sourire aimablement mais refuser de les accueillir. Au lieu de sourire aimablement, nous avons offert une aide réelle aux personnes qui étaient venues, parmi lesquelles on comptait des enfants et des personnes âgées, pour demander notre protection et notre soutien. Ces gens ne sont pas responsables des actions des dirigeants ukrainiens, qui ont tellement dégradé la situation en Ukraine contre la volonté des citoyens. Il ne s'agit pas de bienveillance ou de sourires, mais de la résolution de questions concrètes liées aux problèmes existants en Ukraine. Il n'y a certainement rien de mauvais dans les sourires, bien sûr. A mon avis, c'est l'une des raisons pour lesquelles ce mécanisme spécialisé s'est réuni à Minsk.

Question: Je voudrais évoquer encore une fois le thème géorgien, cette fois d'un point de vue technique. Alexeï Pouchkov, Président de la commission provisoire du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de Russie pour la politique d'information et la coopération avec les médias, a annoncé que le Conseil de la Fédération envisageait de suggérer au Ministère des Affaires étrangères de limiter l'accès de la chanteuse géorgienne Nino Katamadze en Russie. Quels seraient les délais de cette décision en cas de demande officielle des sénateurs?    

Réponse: Je n'ai vu pour l'instant aucun document en ce sens, seulement des commentaires. Mais elle a déjà dit publiquement au monde entier quelle ne viendrait plus en Russie. A-t-elle changé d'avis?

Question: La Cour de justice de l'UE a levé les sanctions contre l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch et certains de ses proches. Quelle est la position du Ministère russe des Affaires étrangères sur cette décision?

Réponse: Nous l'avons prise en considération.

Question: Le quotidien Kommersant a récemment publié des informations sur la possibilité de rétablir la liaison aérienne avec la Géorgie en cas de normalisation de la situation et d'arrêt des actions russophobes. Quelle est la position officielle du Ministère russe des Affaires étrangères sur cette question? Est-ce que des initiatives dans ce domaine seraient possibles avant la fin de la crise dans le pays?

Réponse: J'ai été surprise par l'agitation suscitée par cette nouvelle. Pour une raison très simple: quand ces décisions ont été prises, on les a justifiées et on a établi les modalités de leur adoption et de leur annulation éventuelle. Tous les propos à ce sujet ont été tenus au moment de la prise et de la mise en œuvre des décisions. Tout a été décrit de manière absolument claire: les raisons de l'adoption de ces mesures et les conditions de leur annulation ou de leur révision. J'ai été surprise que la répétition de propos qui avaient déjà été tenus au niveau officiel ait provoqué une telle agitation.

Question: Vous avez mentionné l'incident dans le détroit de Kertch. Quelles sont les conditions de la libération éventuelle des marins ukrainiens détenus? Je parle de leur sortie de prison et de leur retour en Ukraine.

Réponse: Nous avons déjà présenté toutes les explications sur cette question. L'enquête est actuellement en cours. Cette dernière devrait aboutir à un procès et à un verdict. Ce sont les juristes qui doivent commenter toutes les questions relatives à ce dossier. Nous avons clairement défini notre position. Elle reste inchangée.

Qui plus est, nous avons envoyé à nos collègues ukrainiens une note diplomatique indiquant que la législation russe - tout comme celle d'autres États - offrait la possibilité - sous certaines conditions - de libérer une personne mais pas de la dégager de sa responsabilité. Dans le cas examiné, il s'agissait des garanties écrites de la participation des 24 marins aux processus juridiques avant le procès et dans son cadre. La législation russe a des articles similaires qui pourraient assurer le transfert des objets matériels à la cour avec des garanties écrites de leur préservation, car il s'agit de preuves matérielles. Les propositions ont été envoyées à l'Ukraine via les canaux diplomatiques à l'aide de l'Ambassade russe. Les Ukrainiens ont immédiatement répondu qu'ils n'avaient aucun intérêt à parler de ces questions. Ils l'ont fait via une réponse officielle et à travers Pavel Klimkine, Ministre ukrainien des Affaires étrangères à l'époque - je ne sais pas s'il a gardé son poste car la situation dans le pays est actuellement dramatique. Pavel Klimkine a officiellement annoncé que cela n'intéressait en rien l'Ukraine. Si je comprends bien, la situation n'a pas changé depuis. Au début de la semaine, nous n'avons constaté aucun changement de la position de Kiev, du moins des organes qui auraient pu l'exprimer.

Si vous avez besoin d'informations plus détaillées sur les moyens juridiques, les articles, leurs numéros etc., je pourrais vous les fournir, mais il vaut mieux contacter les juristes.

Question: Je voudrais comprendre si quelque chose pourrait arriver avant le verdict. Visiblement non. Votre réponse est claire.

Réponse: Ce n'est pas à nous mais à Kiev qu'il faut poser cette question. Il n'a - pour l'instant - voulu recourir à aucun mécanisme existant de la législation russe. Pavel Klimkine en a déjà évoqué les raisons. Il a même créé toute une théorie et a trompé la société ukrainienne en affirmant que la Russie liait cela à la reconnaissance de la Crimée. Ensuite, sous la pression des médias ukrainiens, Kiev a publié la note du Ministère russe des Affaires étrangères. Cette dernière n'avait aucun lien avec les préoccupations évoquées par Pavel Klimkine. Il s'agissait tout simplement de recourir à la législation russe.

Franchement, il m'est difficile de citer d'autres options. J'ai déjà clairement présenté notre approche de cette question. Comme tout change de manière dynamique, je vais vérifier cela encore une fois, mais nous n'avons toujours reçu aucun message de Kiev. Nous avons ce dicton: "La balle est dans le camp du partenaire". Sur cette question, la balle est dans le camp de Kiev, car nous avons entendu les débats à ce sujet entre le Président ukrainien Vladimir Zelenski, le Ministre des Affaires étrangères Pavel Klimkine et d'autres représentants du pouvoir. D'abord, il s'agissait du rejet de la position du Ministère ukrainien des Affaires étrangères par le Président ukrainien et son Administration. Si nous le comprenons bien, cela n'a rien donné. Ils ont lancé une querelle publique mais la situation des marins reste inchangée.

Ce n'est pas la première fois que je raconte cette histoire. Je vous l'ai répétée avec plaisir. Il serait toutefois plus juste de poser cette question à l'Ukraine.

Question: Le Ministère estonien des Affaires étrangères a protesté hier concernant le projet russe d'organiser un feu d'artifice à l'occasion des 75 ans de la libération de Tallinn des troupes de l'Allemagne nazie, et a qualifié cette date de "deuxième occupation de l'Estonie". Quelle est la position du Ministère russe des Affaires étrangères sur cette réaction? Et quelle sera sa réponse?

Réponse: Quand j'ai lu ces informations dans la soirée, je n'avais pas la possibilité de les vérifier ou de les démentir rapidement, et j'ai d'abord cru que c'était une erreur. Il s'agit d'un feu d'artifice sur le territoire de notre pays. Je ne comprends pas pourquoi nous devrions demander des autorisations à qui que ce soit en ce qui concerne son organisation. C'est du jamais-vu. Il s'est avéré plus tard qu'on avait dit aux représentants de nos ambassades en Estonie et en Lettonie que ces pays considéraient la période soviétique de leur histoire comme une occupation - c'est leur position traditionnelle - et s'opposaient aux feux d'artifice.

Cette démarche reflète la politique absurde et sacrilège des autorités de ces États. Je voudrais dire à tous ceux qui ne le savent pas ou l'ont oublié que des millions des personnes dans le monde entier célébreront avec la Russie la date anniversaire de la plus grande Victoire sur le fascisme de l'histoire. Ces événements solennels comprendront notamment l'organisation, du 10 avril 2019 au 9 mai 2020, de feux d'artifice au parc de la Victoire de Moscou à l'occasion des dates de la libération des villes soviétiques et européennes des occupants fascistes.

Je voudrais ajouter que ces feux d'artifice sont organisés en l'honneur des personnes qui sont déjà pratiquement toutes décédées. Beaucoup ont péri pendant la guerre, ont sacrifié leur vie sur l'autel de la liberté. Beaucoup de ces gens ne combattaient pas pour des slogans et des valeurs politiques, mais pour que notre planète et notamment l'Europe puisse vivre une vie paisible. C'est en mémoire de ces personnes que des feux d'artifice seront tirés.

A mon avis, il est indécent de dire à un autre État ce qu'il doit faire sur son territoire. De telles paroles et formulations rendent cela encore plus inacceptable.

Question: Vous avez mentionné que la formation du Comité constitutionnel en Syrie avait bougé du point mort. Est-ce que Damas et les autres participants au processus se sont entendus sur les autres membres du Comité?

Réponse: J'ai parlé des négociations de l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen à Damas. Attendons ses commentaires. La tendance dont nous avons eu des échos suscite de l'optimisme. Nous voudrions entendre sa déclaration officielle avant de fournir notre commentaire.

Question: La Russie maintient de bonnes relations avec le Kurdistan irakien, dont le parlement a confirmé hier le nouveau gouvernement et le nouveau premier ministre Massoud Barzani. La Russie envisage-t-elle d'élargir à l'avenir ses relations économiques et diplomatiques avec cette région? Que souhaitez-vous aux nouvelles autorités?

Réponse: Nous espérons développer nos relations amicales et à part entière avec l'Irak et, cela va sans dire, avec le Kurdistan irakien. Nos relations sont basées sur le respect mutuel. Nous partageons traditionnellement des intérêts dans l'économie et dans d'autres domaines. Je pense donc que l'aboutissement de la formation des organes publics et la nomination des chefs des organes du pouvoir nous permettra de poursuivre le développement de nos relations amicales et mutuellement avantageuses.

Question: Est-ce que le Ministère russe des Affaires étrangères suit la situation de Denis Lissov, qui se trouve actuellement en Pologne avec ses filles, qu'il avait initialement emportées en Suède? Le Ministère contribuera-t-il à son retour en Russie?

Réponse: Nous suivons non seulement les publications des médias, mais travaillons aussi directement sur cette situation qui implique des citoyens russes. La famille russe Lissov - le père et trois filles mineures - se trouve en Pologne depuis le 1er avril. Elle y est arrivée depuis la Suède dans des circonstances assez inhabituelles. Denis Lissov a tenté de transporter les enfants en Russie via le territoire polonais, mais a été arrêté par les gardes-frontières à l'aéroport de Varsovie. Comme vous le savez bien, son interpellation s'explique par le fait que les autorités suédoises ont mis les filles sur une liste de restriction de la zone Schengen en raison de leur "retrait illégal" de leur famille adoptive en Suède, où elles s'étaient retrouvées selon la décision de l'administration locale. Afin d'éviter un retour forcé des filles en Suède, Denis Lissov a demandé l'asile pour lui et ses enfants en Pologne. Cette requête est actuellement en cours d'examen.

L'Ambassade russe à Varsovie, en coordination étroite avec le Ministère russe des Affaires étrangères et d'autres institutions concernées, notamment le Bureau du Délégué aux droits de l'enfant auprès du Président russe, aide activement les citoyens russes qui se sont retrouvés dans une situation si difficile. On a notamment offert un hébergement temporaire aux Lissov et on a rétabli leurs documents personnels perdus. La fille aînée va à l'école secondaire auprès de la mission diplomatique russe. La famille a accès aux soins médicaux et à d'autres formes de soutien en cas de nécessité.     

La cour polonaise a décidé le 10 juillet dernier de ne pas satisfaire la demande suédoise d'arrêt et d'extradition de Denis Lissov en Suède sur la base des accusations de l'enlèvement prétendument illégal de ses propres enfants à l'étranger.

Je voudrais souligner encore une fois que le Ministère russe des Affaires étrangères suit attentivement cette situation - comme tous les autres cas de citoyens russes qui se trouvent dans une situation difficile à l'étranger - avec une participation directe et active de notre ambassade à Varsovie. Nous obtiendrons le respect des droits et des intérêts légitimes des ressortissants russes. 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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