17 mai 201916:46

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'issue de la 129e session ministérielle du Comité des ministres du Conseil de l'Europe, Helsinki, 17 mai 2019

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Nous venons de terminer la réunion ministérielle du Comité des ministres du Conseil de l'Europe (CMCE), qui est, entre les sommets, l'organe principal de cette Organisation paneuropéenne.

Cette rencontre s'est focalisée sur la décision prise par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) en 2014 qui, au mépris des termes de la Charte du Conseil de l'Europe, a privé les parlementaires russes de leur droit de vote et de bien d'autres droits importants. Comme je l'ai déjà dit, cela enfreint les règles sur l'égalité de tous les États au sein de tous les organes du Conseil de l'Europe.

Nous apprécions fortement le fait que notre ligne cohérente visant à rétablir la justice a été soutenue par le Secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland et la majorité des délégations responsables des pays membres. Au final, une décision a été prise aujourd'hui qui a clairement souligné que, tel que c'est écrit dans la Charte, chaque État membre du Conseil de l'Europe possède des droits égaux et des devoirs égaux. Ce qui, au fond, ouvre la voie pour surmonter la crise actuelle provoquée par une décision illégitime de l'APCE. Nous espérons que cette décision sera appliquée par tout le monde. Il ne reste plus longtemps à attendre. En juin déjà se tiendra une nouvelle session de l'APCE. Si cette décision était appliquée, c'est là que devrait être mis un point final à la situation où nos parlementaires ne pouvaient plus participer de plein droit au travail de cette Assemblée.

Question: Vous avez déjà évoqué les résultats de ces pourparlers. Je voudrais poser une question pour préciser. Votre homologue allemand a parlé aujourd'hui avec des journalistes des droits et des devoirs égaux, et il l'a décrypté de la manière suivante: d'un côté, le droit de vote; de l'autre, l'obligation pour la Russie de verser sa cotisation. Comment pouvez-vous commenter cette position?

Sergueï Lavrov: Ce n'est pas une obligation de la Russie, mais de tous les membres du Conseil de l'Europe. Tous les membres de cette Organisation sont obligés de respecter les termes de la Charte à laquelle ils ont adhéré, et de la Convention européenne des droits de l'homme. Tous les membres du Conseil doivent avoir des droits égaux aussi bien lors du vote que dans la proposition de documents, ainsi que dans tous les autres domaines prévus par les procédures d'activité des organes du Conseil de l'Europe.

Quant à nous, étant privés à l'APCE de droits souverains et inaliénables, nous avons continué de verser de bonne foi et dans les délais nos cotisations au Conseil de l'Europe pendant presque trois ans, en avertissant à chaque fois que cela ne pouvait pas durer éternellement, et que si les droits de nos parlementaires n'étaient pas rétablis nous serions forcés de geler leur versement - ce que nous avons finalement fait. Je n'appelle pas du tout à ce que tout le monde agisse toujours par le chantage, mais si nous ne l'avions pas fait nos partenaires n'auraient probablement pas pris conscience du caractère inadmissible de la situation provoquée à cause de la décision illégitime de l'APCE.

Question: Cette semaine, le Ministère russe des Affaires étrangères a déclaré qu'en déployant l'arme nucléaire en Europe les États-Unis se préparaient à son utilisation. Quelle est l'ampleur de cette menace? Est-ce que cela montre qu'en déployant l'arme nucléaire les États-Unis mettent en péril d'autres pays membres de l'Otan? Quelle est la position de la Russie à ce sujet?

Sergueï Lavrov: Si je comprends bien, vous faites référence à l'interview de notre délégation qui a participé à New York à la 3e session du Comité préparatoire à la conférence d'examen du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de 2020. Il y a été dit ce que l'on sait depuis longtemps, à savoir que l'arme nucléaire se trouve en Europe sur le territoire de cinq États non nucléaires, et que dans le cadre de ladite activité nucléaire conjointe de l'Otan des citoyens, des militaires d’États non nucléaires, sont formés aux méthodes de manipulation de l'arme nucléaire. C'est une violation grossière et directe du TNP. Nous le soulignons toujours.

En ce qui concerne les conséquences du retrait des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), le Président russe Vladimir Poutine a très clairement défini notre position: nous agirons de manière symétrique. A présent, les États-Unis ont suspendu leur participation et ont annoncé leur retrait. Conformément au Traité, cela demande six mois. Le 2 août 2019, les États-Unis ne seront plus considérés comme "ayant suspendu" leurs engagements dans le cadre du Traité, mais cesseront d'en être membre - après quoi il cessera simplement d'exister.

Mais Vladimir Poutine a déclaré également que nous plancherions sur ces élaborations si les États-Unis agissaient de cette manière (et c'est ce qu'ils font), mais que nous ne créerions ni ne déploierions de missiles à courte et à moyenne portée dans les régions où n'apparaîtraient pas de tels systèmes américains. Telle est notre position. Bien sûr, personne ne souhaite en Europe la répétition de l'histoire qui avait conduit à la signature d'un tel Traité. Je souligne à nouveau que nous sommes prêts à ne pas déployer des armes de cette catégorie dans les régions où aucun système américain ne fera son apparition.

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