25 avril 201920:58

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 25 avril 2019

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Sur l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec Mankeur Ndiaye, représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Chef de la Mission des Nations unies en République centrafricaine

 

Lundi 29 avril, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra à Moscou avec Mankeur Ndiaye, représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la République centrafricaine et Chef de la Mission des Nations unies en République centrafricaine.

Ces pourparlers permettront d'aborder le processus de paix en Centrafrique et l'activité de l'opération de maintien de la paix de l'Onu visant à l'accompagner.

La Russie a activement contribué à l'instauration du dialogue de paix entre le gouvernement et les groupes armés en Centrafrique, et apporte une contribution militaro-technique diversifiée à ce pays d'Afrique.

Nous continuerons d'accompagner de près le processus de paix en Centrafrique en coordination avec les autorités du pays, l'Union africaine et les partenaires internationaux de la Centrafrique, ainsi qu'à l'Onu et au Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Sur la visite de travail du Ministre des Affaires étrangères du Bangladesh Abdulkalam Abdul Momen en Fédération de Russie

 

Lundi 29 avril, le Ministre des Affaires étrangères du Bangladesh Abdulkalam Abdul Momen se rendra en visite de travail à Moscou à l'invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Lors de leurs pourparlers, ils évoqueront l'état actuel des relations russo-bangladaises, les perspectives du dialogue politique, le développement des liens dans le domaine commercial, économique ou encore culturel, et aborderont les questions relatives à l'élargissement de la base juridique et contractuelle bilatérale.

En parcourant l'agenda régional et international, une attention particulière sera accordée à l'approfondissement de la coopération au sein des organisations internationales, notamment à l'Onu et auprès de ses institutions spécialisées.

 

Sur l'Assemblée générale anniversaire de la Commission de la Fédération de Russie pour l'Unesco

 

Lundi 29 avril, au Centre culturel de la Direction générale du Service au corps diplomatique auprès du Ministère russe des Affaires étrangères, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov présidera l'Assemblée générale anniversaire de la Commission de la Fédération de Russie pour l'Unesco consacrée au 65e anniversaire de l'adhésion de notre pays à l'Organisation et au 30e anniversaire du rattachement à la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972.

A cette réunion participeront de hauts responsables de l'Administration du Président de la Fédération de Russie, de l'Appareil du gouvernement de la Fédération de Russie, des ministres fédéraux et des dirigeants des sujets de la Fédération, des membres du Conseil de la Fédération et des députés de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, ainsi que des personnalités éminentes du domaine de l'éducation, de la science et de la culture.

Pendant l'assemblée, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov présentera un rapport sur les résultats du travail pour la période écoulée, notamment au vu de la rencontre du Président russe Vladimir Poutine avec le Directeur général de l'Organisation Audrey Azoulay à Moscou en mars. Les membres de la Commission évoqueront l'état actuel de la coopération entre la Russie et l'Unesco et prendront des décisions concrètes visant à renforcer les positions de notre pays au sein de cette structure qui est la plus grande organisation humanitaire intergouvernementale.

 

Sur la visite en Fédération de Russie du Ministre des Affaires étrangères, des Communautés et de la Défense du Cap-Vert Luis Filipe Tavares

 

Du 29 avril au 1er mai, le Ministre des Affaires étrangères, des Communautés et de la Défense du Cap-Vert Luis Filipe Tavares sera présent à Moscou pour une visite de travail. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov mardi 30 avril. Pendant cette rencontre, il est prévu d'évoquer les solutions qui permettraient d'intensifier les liens russo-capverdiens dans le domaine politique, commercial, économique et social. Une attention particulière sera accordée au renforcement de la coopération dans le secteur énergétique, du combustible-énergie, touristique et agricole. Un accord intergouvernemental est préparé à la signature sur les conditions de l'abandon des formalités de visa pour les voyages des citoyens des deux pays.

Nous nous attendons également à un échange de points de vue approfondi sur l'agenda international avec un accent sur le règlement des situations de crise et le maintien de la paix en Afrique. Il est prévu d'aborder substantiellement la lutte contre le terrorisme international et l'extrémisme dans le contexte des efforts collectifs visant à neutraliser ces menaces sur le continent africain.

 

Sur la visite de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Ouzbékistan

 

Les 2 et 3 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail à Tachkent.

Jeudi 2 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sera reçu par le Président de l'Ouzbékistan Shavkat Mirziyoyev. Il s'entretiendra également avec le Ministre des Affaires étrangères de l'Ouzbékistan Abdulaziz Kamilov. Il est prévu d'évoquer la mise en œuvre des accords de grande ampleur conclus à l'issue de la visite officielle du Président russe Vladimir Poutine en Ouzbékistan (18-19 octobre 2018), et d'échanger les avis sur les questions d'actualité de la coopération russo-ouzbèke. Un large éventail de questions régionales et internationales d'intérêt mutuel sera également abordé. Une attention particulière sera accordée à la situation en Afghanistan voisin et à la coordination des efforts afin de surmonter pacifiquement la crise dans ce pays.

Vendredi 3 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera au segment ministériel de la 11e Réunion d'examen du Mémorandum d'accord mutuel pour la coopération en matière de contrôle des drogues, des substances psychotropes et des précurseurs du 4 mai 1996.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique

 

Les 6 et 7 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera aux activités de la 11e réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique qui se dérouleront à Rovaniemi (Finlande).

Les ministres des Affaires étrangères des États de l'Arctique tireront le bilan du travail du Conseil de l'Arctique depuis deux ans, évoqueront les questions d'actualité relatives au renforcement de la coopération internationale en Arctique afin d'assurer son développement durable, ainsi que les priorités de la coopération dans cette région pour les deux années à venir.

En marge de la réunion ministérielle sont prévus des entretiens à part du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec ses homologues de plusieurs pays de l'Arctique.

 

Sur les festivités consacrées aux 74 ans de la Victoire

 

A l'occasion des prochaines célébrations des 74 ans de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945, le Ministère russe des Affaires étrangères et ses établissements à l'étranger envisagent d'organiser des événements mémoriels, protocolaires, d'information et culturels, notamment des réceptions officielles et des réunions solennelles, des rencontres avec des vétérans de la guerre, des cérémonies devant les monuments aux guerriers soviétiques, ou encore des actions sociales avec la participation de compatriotes russes.

Conformément au programme des événements à l'occasion des 74 ans de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945, le 7 mai aura lieu le traditionnel dépôt de gerbes au Tombeau du Soldat inconnu près du mur du Kremlin par une délégation des vétérans du service diplomatique et des collaborateurs de l'appareil central, menée par un représentant de la direction du Ministère.

Le 8 mai, le hall d'entrée du Ministère accueillera la cérémonie traditionnelle de dépôt de fleurs devant les plaques mémorielles par le Ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, alors qu'une réunion solennelle des collaborateurs et des vétérans du Ministère se déroulera à la salle de conférences.

Le défilé militaire traditionnel aura lieu le 9 mai sur la place Rouge. Nous envisageons d'inviter à cet événement les chefs des missions diplomatiques étrangères et des représentations des organisations internationales accréditées à Moscou.    

Différentes manifestations du "Régiment immortel" devraient avoir lieu dans le monde entier dans le cadre de la célébration du 74e anniversaire de la Grande Guerre patriotique. Ces marches sont traditionnellement organisées par les ressortissants russes, et nos missions étrangères leur octroient tout le soutien nécessaire.

Nous estimons que ces rassemblements à l'étranger seront encore plus importants cette année. C'est en tout cas ce que nous constatons dans les demandes adressées aux missions russes à l'étranger: le nombre de participants devrait être plus important par rapport à l'année dernière. Selon les données non officielles, ces événements pourraient se dérouler dans près de 500 villes et zones d'habitation dans plus de 110 États.

Je voudrais souligner que nous octroyons toujours notre soutien aux structures non-gouvernementales, à nos compatriotes qui participent activement à l'organisation des événements dans le cadre du "Régiment immortel".

Nous espérons que, tout comme en 2018, ces événements réuniront dans de nombreux pays non seulement des ressortissants russes, mais aussi des représentants des missions à l'étranger, des citoyens locaux, des vétérans et des membres des organisations antifascistes. Nous faisons tout notre possible pour que les autorités des pays où seront organisées ces cérémonies solennelles et de mémoire n'empêchent pas ces dernières, mais favorisent au contraire leur déroulement. Nous avons déjà de l'expérience dans ce domaine. Beaucoup de représentants du pouvoir exécutif et législatif, des politiciens de nombreux d'États, participent eux aussi à ces processions et à ces événements pour rendre hommage à ceux qui ont vaincu le fascisme.  

Les vétérans de la Grande Guerre patriotique qui habitent à l'étranger, les survivants du blocus de Leningrad et les anciens détenus des camps de concentration nazis recevront des félicitations personnelles du Président russe. 

Tout le monde est au courant du travail du Ministère russe des Affaires étrangères et de ses missions à l'étranger pour l'aménagement et le maintien des cimetières militaires russes (soviétiques) sur le territoire des pays étrangers. Fin avril - début mai est une période pendant laquelle ce travail revêt une importance particulière, même s'il est mené pendant toute l'année. 

 

Sur le projet de paix "Unity songs"

 

Le Musée de la Victoire sur le mont Poklonnaïa a accueilli le 25 avril la présentation de la nouvelle saison du grand projet de paix du Gouvernement de Moscou, "Unity songs", soutenu par le Ministère russe des Affaires étrangères et le Ministère russe de la Culture. Ce marathon est organisé depuis quelques années déjà. La particularité de l'édition 2019 réside dans la présentation du documentaire éponyme se basant sur le marathon musical historique de 2018, dans le cadre duquel les collectifs russes "Chœur Touretski" et "SOPRANO" ont interprété pendant dix jours des chansons consacrées à la guerre, à la paix et aux exploits sur les places centrales de Berlin, de New York, de Paris, de Ljubljana, de Minsk, de Tel-Aviv, de Brest et de Moscou.

Ce marathon aura également lieu en 2019. Ainsi, les "Unity songs" seront pour la première fois interprétées à Rome, à Washington, à Toronto, à Varsovie, à Budapest, à Prague, à Pékin et à Qingdao, et visiteront encore une fois Berlin, Vienne, Paris, Moscou et Minsk.      

Je voudrais souligner que ces événements seront accessibles gratuitement.

Voici le calendrier de la tournée:

1er mai. Rome (Italie). Théâtre Auditorium Conciliazione;

2 mai. Paris (France). Casino de Paris;

3 mai. Washington (États-Unis). National Mall;

4 mai. New York (États-Unis). Présentation du documentaire "Chansons de la Victoire" dans la salle de l'Assemblée général de l'Onu;

5 mai. Toronto (Canada). Mel Lastman Square;

7 mai. Varsovie (Pologne). Sur la place près de l'Ambassade russe;

8 mai. Budapest (Hongrie). Sur la place de la Basilique Saint-Étienne de Pest;

9 mai. Moscou (Russie). Sur la place de la gare de Biélorussie;

10 mai. Prague (République tchèque). Sur la place centrale;

11 mai. Vienne (Autriche). Sur la Schwarzenbergplatz;

12 mai. Berlin (Allemagne). Sur le Gendarmenmarkt;

23 mai. Qingdao (Chine). Parc olympique;

25 mai. Pékin (Chine). Sur la place Xiaozheng;

3 juillet. Minsk (Biélorussie). Sur la place centrale.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Nous continuons de suivre attentivement l'évolution de la situation en Syrie.

La situation reste tendue dans la zone de désescalade d'Idleb. Selon les informations dont nous disposons, les combattants du groupe terroriste Hayat Tahrir al-Cham tentent de se reformater pour être vus comme des représentants de l'opposition modérée. Ainsi, début avril, les terroristes ont annoncé la réunion d'un prétendu "parlement" pour élaborer des normes internes et créer un gouvernement unifié. Les membres d'al-Nosra ont également appelé les groupuscules sévissant à Idleb à rejoindre la formation armée unifiée Jaych Muwahhid. De notre côté, nous sommes convaincus qu'il faut poursuivre la lutte contre les organisations terroristes reconnues comme telles par le Conseil de sécurité des Nations unies, quel que soit le nom derrière lequel elles se cachent.

Au Nord-Est de la Syrie se poursuivent les manifestations de la population arabe sunnite contre les actions des administrations locales. Malheureusement du sang a coulé, il y a eu des victimes. De plus, les informations des organisations internationales témoignent d'une détérioration de la situation humanitaire dans les régions situées à l'Est de l'Euphrate. En particulier, on assiste à une situation difficile et proche de la catastrophe dans le camp de déplacés internes d'al-Hol. Ce camp, prévu pour 40 000 personnes, est surchargé du double, les habitants souffrent d'une pénurie d'eau et de nourriture, de maladies respiratoires et intestinales graves. Des dizaines de personnes, dont des enfants, sont mortes de froid, de faim, et de l'absence d'aide médicale.

Au Sud de la Syrie, la Russie poursuit le relogement des résidents du camp de Roukban, qui accueille les déplacés internes se trouvant à l'intérieur de la zone illégalement occupée par les États-Unis autour de la ville d'al-Tanf. Près de 2 000 personnes ont été évacuées en une semaine. Au total, le travail mené a permis d'évacuer de Roukban près de 6 000 personnes, essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées.

A mesure que la situation en Syrie se stabilise, se normalise également celle qui l'entoure. La semaine dernière, les ambassadeurs d'Inde et du Brésil ont remis leurs lettres de créance au Président syrien Bachar al-Assad à Damas. La Syrie a été visitée par une délégation du Conseil d'affaires bulgaro-syrien pour évoquer avec les partenaires syriens la participation de compagnies bulgares à la prochaine Foire internationale de Damas. Les compagnies aériennes qataries ont reçu l'autorisation des autorités syriennes d'utiliser l'espace aérien du pays. De plus, le poste de contrôle d'Abou Kemal fonctionne de nouveau à la frontière irano-syrienne.

Aujourd'hui, dans la capitale du Kazakhstan, débute la 12e Réunion internationale sur la Syrie au format d'Astana. Les délégations des pays garants (Russie, Turquie, Iran), des représentants du gouvernement syrien et de l'opposition armée, des observateurs de Jordanie, l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen, ainsi que des experts du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et du Comité international de la Croix-Rouge, se sont rendus au Kazakhstan pour participer à cette activité de deux jours. Les interlocuteurs évoqueront l'évolution de la situation au sol, la question humanitaire et le processus de paix en mettant l'accent sur le lancement du Comité constitutionnel.

En marge de cet événement se tiendra la huitième réunion du Groupe de travail pour la libération des détenus et des otages, la remise des corps de défunts et la recherche des disparus, qui fonctionne dans le cadre du format d'Astana. Auparavant, grâce aux efforts du Groupe de travail, s'était tenue la troisième opération pour la libération de 18 otages. Nous constatons avec satisfaction que le format d'Astana confirme son efficacité et son utilité sur ces questions importantes et sur d'autres.

 

Sur la situation au Venezuela

 

Washington tente de faire peur aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes en parlant d'une "menace russe". Il est difficile d'imaginer une menace plus absurde pour nos amis. En plus de 200 ans de relations russo-latino-américaines, notre pays n'a jamais mené d'actions de force dans la région, n'a jamais brandi la menace d'actions militaires, d'"interventions humanitaires" ou d'autres opérations de force de basse intensité vis-à-vis d'un pays de cette région. Au contraire, la coopération avec l'Amérique latine et les Caraïbes est axe de grande valeur pour la diplomatie russe, construit sur une base désidéologisée.

La Russie soutient continuellement l'idée d'une Amérique latine politiquement unie et économiquement stable. Nous ne plaçons pas nos partenaires face au dilemme "qui n'est pas avec nous est contre nous". Plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes ont reconnu le président du parlement vénézuélien en tant que "chef d’État par intérim", tandis que d'autres continuent de coopérer avec le gouvernement vénézuélien légitime. Tous les partenaires de la région nous disent que les divergences à ce sujet ne peuvent et ne doivent pas se refléter sur nos relations bilatérales. Nous soutenons totalement cette disposition constructive.

Pendant ce temps, les États-Unis continuent d'évoquer la probabilité d'un scénario militaire malgré le fait que tous les pays de l'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que la grande majorité des États d'autres régions, se sont clairement prononcés contre une intervention armée au Venezuela - quel que soit son "emballage humanitaire". Ce sont les déclarations de l'administration Trump qui déstabilisent constamment la situation au Venezuela. Ce sont les menaces des militaires américains qui poussent le gouvernement vénézuélien à dépenser des sommes conséquentes pour la défense du pays. Ce sont les sanctions des États-Unis et la saisie "pirate" des réserves d'or vénézuéliennes au Royaume-Uni qui provoquent la dégradation de la situation socioéconomique du pays. Bien sûr, il existe également des raisons intérieures, que personne n'oublie. Tout le monde est réaliste et voit la situation telle qu'elle est. Il y a des chiffres. Regardez combien d'argent du Venezuela a été pris au peuple vénézuélien, de différentes manières.

Il est évident que toute option de déstabilisation de la situation au Venezuela conviendra à Washington, à condition que l'objectif final - le renversement du gouvernement actuel -  soit atteint. Au lieu de cesser immédiatement de menacer les Vénézuéliens d'une guerre et de rendre l'argent volé, les États-Unis préparent de nouvelles provocations. Les opposants politiques ont prévu de nouvelles manifestations le 1er mai. Nous constatons de nouveau l'utilisation de la formule "la fin justifie les moyens". L'opposition radicale prépare de nouvelles manifestations afin de provoquer des affrontements entre les manifestants de différents camps. Nous avons déjà assisté à de telles situations dans d'autres pays: l'usage d'armes à feu par des inconnus est immédiatement transformé en "répressions des forces de l'ordre contre les civils", ce qui sert de prétexte pour déclencher des actions de force visant à renverser le pouvoir légitime. Nous appelons tous les politiciens sensés du Venezuela à se tenir uniquement aux méthodes pacifiques de lutte politique. Qui plus est pour la Journée internationale des travailleurs. En ce jour de fête du printemps et de la paix, il faut s'occuper de l'aménagement du pays et non de l'escalade de la violence.

Malheureusement, nous voyons que ceux qui ont cru aux douces promesses - qui se sont avérées absolument vides - faites par Washington sont confrontés aujourd'hui à la dure réalité. Je rappelle qu'il y a deux mois, les prétendus "amis de la démocratie vénézuélienne" parlaient tous en chœur d'une prétendue amnistie pour les militaires qui déserteraient l'armée vénézuélienne. Des sommes importantes étaient promises pour cela. Certains militaires ont transgressé leur serment et ont exprimé leur soutien au président-imposteur en quittant le pays. Et que font-ils aujourd'hui? Ils sont restés sans patrie, sans pièce d'identité et sans travail. Au lieu des bienfaits promis et d'autres miracles en tout genre, ils sont recrutés dans des groupes subversifs et sont formés pour être renvoyés dans le pays afin de déstabiliser la situation. En fait, ils sont pris en otage et ne décident plus du sort du Venezuela. Entre leurs mains se décide le destin de leur propre peuple, avec lequel ils ont été divisés par le mensonge.

Un autre moyen de survivre consiste à participer aux activités criminelles pour de l'argent, ou au trafic de drogue. Je pense que cela devrait servir de leçon à ceux qui se font promettre trop de choses mais qui sont pris en otage de la situation en essayant de jouer à la roulette avec Washington. Le sort de l'ex-patron du renseignement militaire du Venezuela Hugo Carvajal est encore plus révélateur. C'était le général le plus influent parmi ceux qui soutenaient le président-imposteur; il vient d'être arrêté à Madrid à la demande des États-Unis.

Sur toutes les plateformes internationales, la Russie appelle résolument nos partenaires américains à agir dans le cadre du droit international, à s'abstenir et à renoncer aux démarches irresponsables, aux nouvelles sanctions et à la menace de recourir à la force.

 

Sur l'élection présidentielle en Ukraine

 

La Russie a suivi attentivement le déroulement de l'élection présidentielle en Ukraine. Nous avons pris note des nombreuses violations des procédures électorales constatées par les observateurs aussi bien locaux qu'internationaux, la pression exercée sur les électeurs, le travail malhonnête des médias, le recours à des méthodes électorales "toxiques", la privation de facto de millions de citoyens ukrainiens, notamment en Russie, de la possibilité de participer au vote, ou encore l'interdiction faite aux représentants russes de participer à l'observation internationale. Dans l'ensemble, l'élection qui a eu lieu en Ukraine ne peut pas du tout être considérée comme un vote libre et indépendant.

Néanmoins, une chose est sûre aujourd'hui. Malgré toutes les méthodes politiques et administratives des autorités, les habitants de l'Ukraine ont clairement exprimé par leur vote leur attitude négative envers la politique destructrice menée ces cinq dernières années par le régime de Piotr Porochenko.

Le Président russe Vladimir Poutine s'est entretenu avec la presse aujourd'hui. Je pense que vous avez pris connaissance de ses déclarations. Elles ont été publiées dans leur intégralité. Elles contiennent une appréciation complète des épisodes dont je parle. J'attire donc une nouvelle fois votre attention sur le commentaire du Président russe.

Moscou prend note du vote des électeurs ukrainiens.

Les perspectives des relations russo-ukrainiennes dépendront des démarches concrètes qui seront entreprises à Kiev, de la disposition des nouvelles autorités de Kiev à assumer la responsabilité des décisions prises, à remplir les accords internationaux, notamment le règlement de la crise dans le Donbass dans le cadre des Accords de Minsk approuvés par le Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Sur l'adoption de la loi sur la langue ukrainienne par le Parlement ukrainien

 

Aujourd'hui, jeudi 25 avril, le Parlement ukrainien a adopté en seconde lecture (définitive) la loi scandaleuse sur la garantie du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue nationale.

Cette loi impose une ukrainisation forcée pratiquement totale. Ses termes prévoient des restrictions significatives, voire des restrictions directes à l'usage du russe et des langues des minorités nationales dans différents domaine de la vie sociale.

Le fait même que, durant son adoption, plus de 2 000 amendements ont été examinés, indique qu'en soi le concept et le texte de la nouvelle loi sont très controversés et sont perçus de manière équivoque par la société ukrainienne.

Après la publication officielle du texte adopté, nous nous réservons le droit de donner notre avis. Même s'il est clair dès à présent que de nombreux termes de la loi imposée par l'administration sortante de Piotr Porochenko entrent en contradiction avec plusieurs normes du droit international, ainsi qu'avec la Constitution ukrainienne. Cet acte, entre autres, est contraire aux Accords de Minsk soutenus par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui fixe le droit à l'autodétermination linguistique.

Il est clair dès à présent que nous affaire à une décision qui ne fera qu'aggraver la division de la société ukrainienne et éloignera davantage les perspectives de règlement de la crise que traverse l'Ukraine.

 

Sur le décret signé par le Président russe instaurant une procédure simplifiée d'octroi de la nationalité russe aux résidents permanents de certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine

 

Les premières estimations ont déjà été présentées. A mon avis, il n'est pas nécessaire de parler en détail de ce sujet, mais, compte tenu du grand nombre de questions que nous avons reçues, je vais expliquer plusieurs éléments qui pourront éclaircir encore la position russe déjà bien connue sur cette question.

Cette histoire n'est pas nouvelle. Cette décision n'a pas été adoptée en un jour mais a été soigneusement élaborée. Son adoption s'est basée sur la situation "sur le terrain", comme on dit aujourd'hui, c'est-à-dire sur l'état de choses réel.

Il s'agit notamment des raisons humanitaires, qui exigent des mesures appropriées - dont nous parlons justement. Les autorités de Kiev considèrent depuis des années les habitants de Donetsk et de Lougansk comme des terroristes et des séparatistes. Mais elles sont les seules. Même les capitales occidentales et les médias, dont les publications correspondent à la position officielle de leur gouvernement, ne qualifient pas les habitants de Donetsk et de Lougansk de terroristes. C'est une pratique introduite en Ukraine par le régime de Kiev.

Il faut prendre conscience du fait que les habitants des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk n'ont commis aucun attentat, n'ont pris personne en otage, n'ont en aucune façon menacé la vie des responsables de Kiev et n'ont pas tenté de faire adopter des décisions politiques par la violence et les menaces. Ces gens voulaient tout simplement se protéger eux-mêmes et leurs enfants face aux atteintes à leur identité, à leur mode de vie et à leur langue, à l'imposition d'une vision du monde étrangère, face à une violation directe par l'État des droits universellement reconnus tels que la liberté de conscience, la liberté de pensée, le droit d'avoir sa propre opinion et de parler sa langue maternelle. Ces gens tentaient de se protéger contre le coup d'État et ses conséquences. A plusieurs reprises, l'Ukraine a fait face à un changement illégal du pouvoir. Cela concerne non seulement les événements de 2013-2014. Il y a eu plusieurs expériences sur les citoyens ukrainiens, dont la volonté, exprimée au cours des élections présidentielles légales et légitimes, n'avait pas été respectée. Dans l'histoire de l'Ukraine contemporaine, le choix du peuple a été plus d'une fois modifié de manière anticonstitutionnelle dans le cadre de différents"Maïdans".

Outre des aspects linguistiques et culturels, il s'agit d'atteintes systématiques aux droits de l'homme fondamentaux tels que le droit à la vie et à la justice ou l'interdiction des tortures. Les autorités de Kiev ont directement violé ces droits des habitants des territoires des républiques autoproclamées, ainsi que de tous les opposants à leur politique.

Le facteur suivant est celui de la situation réelle dans la zone de conflit et de l'absence totale de perspectives d'amélioration. Il s'agit non seulement d'un constat de l'état des choses fin 2018 - début 2019, mais d'un ensemble de facteurs. Cette question est liée à la situation réelle sur le terrain et aux propos de programme tenus depuis tout ce temps par le régime de Kiev et les représentants de l'establishment politique ukrainien. Ces déclarations n'ont laissé à la population de ces territoires aucun espoir d'amélioration de la situation non seulement à court terme, mais aussi à moyen terme. Rien ne laisse présager une amélioration éventuelle, alors que les Ukrainiens préfèrent toujours ignorer la solution civilisée (les accords de Minsk). Encore une fois, ce n'est pas une question théorique mais pratique. La situation dans le Sud-Est du pays reste très grave. Les parties n'arrivent pas à établir un cessez-le-feu complet malgré les accords d'armistice existants. Nous comprenons bien les raisons de cet état de faits. On constate beaucoup plus de violations des ententes du côté du régime de Kiev que de celui de ses adversaires.

Qui plus est, la situation s'aggrave à cause des mesures visant à maintenir et à renforcer le blocus économique et social du Donbass, qui ont été adoptées par les autorités ukrainiennes en mars 2017 et étaient de facto déjà mises en œuvre par le pouvoir en coopération avec les nationalistes radicaux dès 2015. La situation se dégrade pratiquement tous les mois.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'Onu, à la fin de l'année 2018 le nombre de personnes touchées par le conflit dans le sud-est de l'Ukraine s'élevait à 5,4 millions de personnes, dont 3,5 millions avaient besoin d'une aide humanitaire. Près de 600 000 personnes, dont 100 000 enfants, habitent à proximité de la ligne de contact. La situation s'aggrave.

Je participe à beaucoup de rencontres avec des étudiants et des représentants des ONG; je parle, dans le cadre de certains événements, aux ressortissants du Donbass qui ont trouvé chez nous un abri temporaire ou habitent ici de manière permanente. J'entends toujours, au cours de ces rencontres (cela a duré des années), des reproches envers la Russie, des affirmations de la nécessité de soutenir ces personnes qui étaient de fait devenues des habitants de notre pays mais ne recevaient aucun soutien de la part de la Fédération de Russie. J'ai toujours souligné en réponse qu'il s'agissait d'une attitude injustifiée et d'une estimation erronée de la position russe, tout en affirmant la valeur de l'aide humanitaire et du soutien politique et moral accordé par la Russie. Sans ces derniers, la vie de ces gens aurait été nettement plus dramatique. Ils ont accepté ces arguments. Nous avons reçu des centaines voire des milliers de lettres, de messages et de commentaires des habitants du Donbass qui nous priaient de les aider à améliorer leur sort. La Russie a entrepris des efforts directs dans ce sens.

Les habitants des régions ukrainiennes de Donetsk et de Lougansk font constamment face à une menace à leur vie et à leur santé, subissent des bombardements et n'ont aucune possibilité de mettre en œuvre leurs droits de l'homme et du citoyen, dont parlent tant nos partenaires occidentaux, tuteurs de l'Ukraine et parrains des accords de Minsk, les mêmes États et politiciens qui ont depuis des années inspiré les "exploits" du régime de Kiev.

Kiev a rompu unilatéralement ses liens avec les habitants des républiques de Donetsk et de Lougansk, transformant la population de ces régions en apatrides. Ces personnes ont été coupées de tout: des allocations sociales, des retraites, des salaires, du système national de financement des services bancaires. Elles se sont heurtées à un véritable blocus, au boycottage ou au chantage - appelez ça comme vous voulez.   

Dans les faits, les habitants du Donbass sont, depuis plus de cinq ans, privés de toute possibilité de profiter de leurs libertés et de leurs droits de l'homme et du citoyen, en pratique et non seulement en théorie.

Je voudrais également souligner le fait suivant. Malgré toutes les expériences du régime de Kiev subies par les habitants du Donbass depuis des années, ils auraient au moins pu espérer faire entendre leur voix et voter à l'élection présidentielle, mais les autorités en ont décidé autrement. L'élection du Président ukrainien, dont le premier tour a eu lieu le 31 mars dernier, a sciemment évité certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk de l'Ukraine. Ainsi, le processus électoral a complètement exclu plusieurs millions d'Ukrainiens. Toute une région a fait face à une limitation consciente de ses droits civiques. Il y avait assez de temps pour préparer l'élection présidentielle en Ukraine compte tenu de l'existence d'un appareil bureaucratique d'organisation à part entière. Je voudrais souligner encore une fois le caractère prémédité de l'exclusion d'une partie de la population de ce pays du processus électoral. Je pense que ces actions visaient des résultats calculés.

Le terme "citoyen" induit certains droits politiques ou d'autres, dont dispose une personne. Sans parler du droit à la vie. Mais c'est la vie des habitants du Donbass qui est surtout menacée. Ils disposent du droit à la sécurité, à l'éducation, à la nourriture, à la sécurité de leurs enfants.

Qui plus est, le terme "citoyen" est directement lié aux droits politiques, dont l'essentiel est le droit d'élire et d'être élu. En privant les Ukrainiens de ce dernier, Kiev les prive de fait d'une citoyenneté à part entière, ce que nous avons en effet constaté.

Je voudrais souligner encore une fois qu'en ce qui concerne les questions d'organisation (et de sécurité) des élections sur le territoire des républiques autoproclamées, le régime de Kiev a eu toutes les possibilités de s'adresser aux institutions internationales: l'OSCE, le Groupe de contact pour le règlement de la situation dans le sud-est de l'Ukraine, et d'autres structures spécialisées. Mais il n'a rien fait.

Rappelez-vous les propos de Piotr Porochenko qui évoquait souvent la participation de l'Onu au règlement de la situation dans le Donbass. Il est à noter qu'il s'y est régulièrement rendu pour prendre la parole, notamment au cours de l'Assemblée générale des Nations unies. Il n'a cependant posé aucune question concernant l'expérience de l'Onu en matière d'élections ou le respect des droits de son peuple. Il ne s'est servi de l'Onu que comme d'une plateforme de communication et de discours électoral.

Il est également nécessaire de souligner que le processus d'aliénation d'une partie de la population ukrainienne s'est développé dans le pays par étapes et depuis des années.

On peut citer sans cesse des faits, des chiffres et des exemples expliquant les raisons de cette situation sur le terrain, qui a rendu nécessaire le décret du Président russe Vladimir Poutine.

Je voudrais attirer votre attention sur le commentaire du Président russe Vladimir Poutine à ce sujet, qui a été publié aujourd'hui par les médias.    

 

Sur la situation au Sri Lanka

 

Des informations plus précises nous proviennent du Sri Lanka sur les conséquences de la série d'attentats perpétrée par des terroristes dans des hôtels et des églises catholiques du pays le 21 avril. Selon les données disponibles, le nombre de morts a dépassé 300 personnes, dont une trentaine d'étrangers. On compte également plus de 500 blessés. L'état d'urgence a été décrété sur le territoire national à compter du lundi 22 avril.

Suite à ces événements tragiques, des condoléances ont été exprimées aux autorités de ce pays par le Président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, les présidents des deux chambres de l'Assemblée fédérale; et le Ministère russe des Affaires étrangères a également exprimé sa compassion. Nos diplomates qui travaillent au Sri Lanka ont également présenté leurs condoléances au peuple de ce pays.

Ces actions inhumaines des terroristes n'ont aucune justification. Nous soutenons l'intention des autorités du Sri Lanka de tout faire pour identifier les organisateurs de ce crime barbare pour les traduire en justice.

Selon les informations de l'Ambassade de Russie à Colombo, aucun de nos compatriotes n'a été touché. Néanmoins, nous préconisons aux citoyens russes de s'abstenir de voyages au Sri Lanka jusqu'à ce que la situation se normalise.

Nous attirons l'attention des médias sur cette position et sur cet avis du Ministère russe des Affaires étrangères et leur demandons d'en informer le public russe.

 

Sur l'annulation de la réunion du Dialogue interafghan à Doha

 

Il y a quelques jours a été annoncée l'annulation de la seconde réunion du Dialogue interafghan, qui devait se tenir à Doha (Qatar) du 19 au 21 avril.

Nous regrettons cette décision des organisateurs car ce format interafghan avait réussi à s'affirmer comme le canal de communication le plus prometteur à ce jour entre les différentes forces politiques afghanes, notamment le gouvernement actuel et les représentants de l'opposition armée incarnée par les talibans. Je voudrais rappeler que la première réunion du Dialogue interafghan s'était déroulée à Moscou les 5 et 6 février, avec un succès notable. Des politiciens afghans éminents et des représentants des talibans, sans aucune ingérence extérieure, avaient initié le dialogue sur les contours de la future structure de l'Afghanistan post-conflit. La cessation de ce dialogue pourrait avoir des conséquences très négatives pour le lancement d'un large processus de paix interafghan.

Nous estimons que cette réunion a été annulée à cause de la position non constructive du gouvernement afghan en place, qui avait envoyé au Qatar une délégation ne s'inscrivant pas dans le format de cette activité et avait ainsi suscité l'objection de nombreux participants, notamment des principaux opposants - les talibans. Nous pensons qu'imposer ses conditions pour organiser la réunion interafghane ne correspond pas aux déclarations du gouvernement afghan actuel sur l'aspiration à une discussion constructive au nom de l'avenir de l'Afghanistan.

Nous espérons qu'au final les Afghans régleront eux-mêmes les difficultés survenues et reviendront à ce dialogue qui pourrait avoir une signification fatidique pour leur pays.

 

Sur les débats au Parlement néerlandais concernant l'octroi d'un asile aux citoyens de l'Afghanistan ayant collaboré avec le contingent militaire néerlandais dans ce pays

 

Nous avons remarqué que des débats enflammés se déroulaient au Parlement néerlandais concernant l'octroi d'un asile aux citoyens de l'Afghanistan ayant collaboré avec le contingent militaire néerlandais dans ce pays.

Il est question d'environ 200 Afghans, dont seulement dix ont obtenu un asile aux Pays-Bas. Comme l'ont déclaré les députés, les autres demandeurs n'ont pas pu passer les procédures bureaucratiques complexes prévues par la législation migratoire de ce pays.

Beaucoup de ces Afghans ont été capturés par des talibans, et quatre ont été exécutés après avoir été torturés. Cependant, la Ministre néerlandaise de la Défense Ank Bijleveld a nié toute responsabilité de son ministère dans la mort des partenaires afghans, se référant à la complexité des procédures migratoires à respecter pour les demandeurs d'asile.

Nous notons qu'une attitude aussi dédaigneuse envers leurs collaborateurs parmi les Afghans n'est pas inhérente seulement aux Néerlandais, mais également à d'autres pays du contingent militaire international en Afghanistan. En quittant ce pays, la coalition internationale abandonne ses amis face aux extrémistes parce qu'elle n'en a plus besoin. Ce qui montre une fois de plus le véritable prix de l'"amitié" déclarée par l'Occident avec le peuple afghan, déçoit la population locale, la radicalise et, en conséquence, élargit la base sociale de l'opposition armée.

Cette situation, selon nous, est loin d'être un hasard. Elle montre la disposition générale, dans les rangs de l'Otan, par rapport à la guerre afghane. Face à la défaite, beaucoup d'entre eux sont prêts à abandonner l'Afghanistan à son triste sort, en laissant son peuple seul à seul face aux problèmes qu'ils ont eux-mêmes créés dans ce pays.

Une telle approche est particulièrement dangereuse en prévision de l'éventuel retrait des forces étrangères d'Afghanistan et va à l'encontre de l'intention affichée par les États-Unis et leurs alliés de l'Otan de le faire "avec responsabilité". Nous les appelons à empêcher de nouvelles tragédies liées à leur présence militaire sur le sol afghan.

 

Sur les déclarations de Jon Huntsman, Ambassadeur des États-Unis en Russie

 

Mardi 23 avril, pendant la revue du groupe de frappe constitué de deux porte-avions américains en Méditerranée, l'Ambassadeur des États-Unis en Russie Jon Huntsman a menacé la Russie en déclarant que chacun de ces navires représentait "100 000 tonnes de diplomatie internationale" et "montrait à la Russie que, si elle comptait réellement sur l'amélioration des relations avec les États-Unis, elle devait cesser son activité déstabilisante à travers le monde".

Je voudrais rappeler à monsieur l'Ambassadeur qu'à travers toute son histoire séculaire la Russie a souvent été confrontée à de telles menaces, qui étaient exprimées sous la forme de recommandations, avant de prouver, en général, leur inconsistance.

Donnons une petite leçon d'histoire russe à l'Ambassadeur des États-Unis en Russie Jon Huntsman.

Voici quelques exemples.

Tout le monde connaît les principales étapes de l'intervention polono-lituanienne au début du XVIIe siècle. Pendant deux ans, les troupes polono-lituaniennes avaient réussi à occuper Moscou. Mais la seconde révolte populaire de 1612 a libéré la ville des occupants. Pour commémorer cet événement nous avons pour coutume de célébrer la Journée de l'unité nationale, le 4 novembre.

Au début du XVIIIe siècle, le roi Charles XII de Suède a envahi la Russie. Cette campagne s'est terminée, selon les historiens, "par la honte et le déshonneur des Suédois" quand plus de 22 000 prisonniers de guerre suédois, finlandais, allemands et d'autres nationalités ont marché dans les rues de notre capitale pendant le défilé de la Victoire. L'armée suédoise a été vaincue lors de la célèbre bataille de Poltava de Pierre Ier.

L'armée russe a également réussi à apaiser, avec autant de succès, l'ardeur et les ambitions impériales de Napoléon pendant la Campagne de 1812. Cette guerre s'est soldée par l'élimination presque totale de la "Grande armée", par la libération du territoire de notre pays des occupants et par l'entrée des troupes russes à Paris. La victoire de l'armement russe a laissé une profonde trace non seulement dans l'histoire de l'Europe, mais également dans le code culturel du peuple français. Par exemple, dans la langue française est entré le terme de "Bérézina" qui est largement utilisé en tant que synonyme d'échec cuisant. Il est apparu suite à la défaite du corps napoléonien sur la Bérézina en novembre 1812.

Je pense qu'il est très symbolique que l'Ambassadeur américain a prononcé ces déclarations précisément fin avril, parce que début mai nous avons également une autre bonne tradition. Le 9 mai, nous célébrons la Journée de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique. Je rappelle que l'Union soviétique a joué un rôle décisif dans la défaite des agresseurs de la coalition hitlérienne. C'était une guerre antifasciste, libératrice, cette fois à l'échelle mondiale. La victoire dans la Grande Guerre patriotique et dans la Seconde Guerre mondiale possédait et possède à ce jour une signification inestimable pour les destinées non seulement de notre Patrie, mais également du reste du monde.

L'Ambassadeur voudrait probablement qu'une autre fête fasse son apparition. Honnêtement, ce n'était pas dans nos projets.

Malheureusement, le langage des menaces et des sanctions est devenu ces derniers temps la "carte de visite" du département d’État américain. Je pense qu'il faut simplement bien apprendre l'histoire. Cela permettra d'éviter des erreurs impardonnables pour un diplomate.

La Russie a toujours cherché à mener une politique étrangère pacifique en optant pour les moyens diplomatiques dans le règlement des situations litigieuses et des conflits.

Monsieur Huntsman, quand vous reviendrez dans votre patrie, allez à New York. Regardez, s'il vous plaît, le symbole de l'ordre mondial contemporain. Juste devant le siège de l'Onu a été érigée la sculpture de l'artiste suédois Carl Fredrik Reuterswärd, "Non-violence", également connue comme le "Revolver au canon noué". C'est l'un des symboles les plus connus du pacifisme. Elle est installée sur le territoire du siège de l'Onu, qui se trouve dans votre pays.

En 1990, à côté de cette sculpture, a été érigé un autre monument du sculpteur russe Zourab Tsereteli: "Le bien vainc le mal".

Je pense que peu de diplomates le savent, c'est pourquoi je profite de l'occasion pour rappeler que c'est sur l'exemple de cette œuvre qu'il est possible de comprendre l'aspect "recyclable" de l'usage des "tonnes de diplomatie internationale" mentionnées par M. Huntsman. Le monument a été créé à partir de fragments de missiles américains et soviétiques - Pershing-2 et SS-20 - démantelés. Il est devenu le symbole de la fin de la Guerre froide.

D'ailleurs, M Huntsman, puisque vous êtes encore là, je vous suggère d'étudier le projet de temple des Forces armées russes au parc Patriot. Les "tonnes de diplomatie internationale", comme vous l'avez dit, de la Wehrmacht fasciste de la Grande Guerre patriotique, sont actuellement recyclées et seront utilisées notamment pour construire les marches de ce temple.

 

Sur la Journée mondiale de la liberté de la presse

 

Le 3 mai est traditionnellement célébrée la Journée mondiale de la liberté de la presse, instaurée en 1993 par l'Assemblée générale de l'Onu afin d'attirer l'attention sur la question de la garantie de l'activité libre des médias et la sécurité des journalistes.

La Russie accorde traditionnellement une attention particulière à ces questions, notamment en ce qui concerne la protection des droits et des intérêts légitimes des médias russes à l'étranger. Nous faisons tout notre possible pour appeler à la responsabilité ceux qui mettent des obstacles à l'activité professionnelle des journalistes, suivons les violations des droits de ces derniers et coopérons dans ce domaine avec des plateformes internationales spécialisées telles que l'OSCE et l'Unesco.

Malheureusement, force est de constater que la situation de la liberté d'expression et de la liberté de la presse dans le monde est loin d'être satisfaisante. On constate notamment un nombre inédit de violations des droits des journalistes russes dans leur activité professionnelle, dans certains pays du monde qui affirment formellement leur attachement aux principes de la liberté d'expression mais organisent en même temps des campagnes agressives contre des médias qu'ils jugent indésirables, avant tout russes. Ces derniers sont privés d'accréditations, de visas et d'accès aux événements médiatiques. Ils font face à une campagne d'information agressive visant à les discréditer.

La discrimination de l'agence Sputnik et de la chaîne de télévision Russia Today en France, le lancement par la presse allemande d'une campagne de grande envergure visant à discréditer les médias russes et russophones dans le pays, la pression sur les médias russes aux États-Unis qui promeuvent la censure sur les réseaux sociaux sous prétexte de la lutte contre la désinformation et pour le déroulement normal des élections, les campagnes de désinformation des autorités britanniques, ou encore la limitation de la présence médiatique russe dans les pays baltes, en sont des exemples éloquents. Cette liste est loin d'être exhaustive. On constate malheureusement des campagnes de désinformation lancées par Bruxelles et par l'Union européenne dans son ensemble, qui a créé des structures dédiées à la lutte contre la "propagande russe" visant en réalité à combattre les journalistes russes.

Nous sommes notamment préoccupés par la situation relative à la liberté d'expression et à la sécurité des journalistes en Ukraine. A plusieurs reprises, nous avons attiré l'attention de la communauté internationale sur la censure ouverte des médias et sur les violations grossières des droits des journalistes, allant jusqu'à leur élimination physique - des tirs sur les équipes de tournage aux arrestations illégales dans une atmosphère de complaisance totale de la communauté internationale.

Kirill Vychinski, directeur de l'agence de presse RIA Novosti - Ukraine, se trouve depuis un an derrière les barreaux à cause d'accusations ridicules, fausses et absurdes de haute trahison et d'autres crimes pénaux.

Pendant l'année écoulée, nous avons sans cesse appelé les responsables des structures internationales spécialisées, des ONG, et le Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, à réagir publiquement et sévèrement à l'arbitraire visant les médias russes en Ukraine.

A la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, je voudrais souligner que la Russie reste attachée au principe de transparence et d'ouverture de son espace d'information en assurant un travail ininterrompu des journalistes russes et étrangers sur son territoire, et coopère activement avec les structures internationales spécialisées dans les problèmes des médias. Quand des mesures sont entreprises contre des journalistes, des correspondants ou des médias étrangers en Russie, c'est qu'il s'agit d'une réponse symétrique. La Russie contemporaine n'a cependant jamais utilisé l'arsenal de nos partenaires occidentaux contre des journalistes ou des médias internationaux accrédités à Moscou - exception faite des cas où il était nécessaire d'agir de manière symétrique pour empêcher l'arrêt de l'activité professionnelle de nos journalistes dans les pays concernés.

Je voudrais également souligner que la Russie envoie volontairement à l'Unesco des rapports annuels informant l'organisation de l'état d'avancement des enquêtes sur les crimes commis contre les journalistes. Nous coopérons régulièrement avec le Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir. Nous rédigeons et envoyons depuis des années des lettres détaillées à cette organisation, maintenons une correspondance active, organisons régulièrement des rencontres. Nous attirons l'attention sur les violations des droits des journalistes dans la région de l'OSCE et faisons tout le nécessaire pour favoriser le renforcement des standards internationaux dans le domaine de la protection de la liberté d'expression et de la presse. Nous poursuivrons ce travail.   

 

Sur une autre intox concernant l'"affaire Skripal"

 

La campagne d'information - ou plutôt de désinformation - se poursuit au Royaume-Uni autour de l'"affaire Skripal". Plus d'un an a passé depuis les étranges événements de Salisbury. Dans les médias, ils continuent d'être gonflés de nouveaux détails.

A peine nous étions-nous réjouis pour l'écolière britannique Abigail McCourt, qui avait apporté les premiers secours à Ioulia et Sergueï Skripal tout en restant saine et sauve (mais nous nous souvenons que le détective Nick Bailey, lui aussi entré en contact avec les Skripal, avait failli en mourir - il existe de telles incohérences) qu'un nouvel événement se produisait. Il s'avère que non seulement les enfants n'avaient pas été touchés, mais également les animaux et les oiseaux. La semaine dernière, nous avons appris dans un article du New York Times qu'après l'incident de Salisbury la directrice de la CIA Gina Haspel avait présenté au Président américain Donald Trump une photo d'enfants hospitalisés et de canards qui auraient été tués par le "Novitchok", ce qui, selon le journal, avait été l'argument déterminant pour décider d'expulser massivement des diplomates russes. On ignore ce que montraient ces photos en réalité, de quels canards il s'agissait. Nous voudrions vraiment tirer cette histoire au clair. Quelle a été la mécanique de prise de décision de cette mesure qui a porté un coup irréparable aux relations bilatérales? De quelles images s'agissait-il? Comment cela aurait pu se produire?

De notre côté, nous ne pouvions pas passer à côté de cet article et nous avons envoyé une requête appropriée au Foreign Office par le biais de l'Ambassade de Russie à Londres. Vous le savez, en un an le nombre de ces requêtes a dépassé la centaine. Les autorités russes ont appelé plusieurs fois Londres à coopérer pour enquêter sur l'incident de Salisbury, mais nos requêtes sont restées sans réponse. Mais que faire des photos de canards qui ont poussé le Président américain Donald Trump à prendre une décision fatidique?

Ce 18 avril, le journal britannique The Guardian a publié à ce sujet un commentaire de la directrice de la santé publique du comté de Wiltshire, Tracy Daszkiewicz, qui a déclaré que l'incident de Salisbury n'avait touché ni les enfants ni les animaux. Cela a été également confirmé par la correspondante de Sky News Deborah Haynes sur Twitter, qui se réfère à ses sources au sein des services de renseignements.

Qui ment dans cette histoire? Les médias britanniques? Les médecins britanniques? La CIA? Les journaux américains? Car quelqu'un ment forcément. Nous voudrions tirer ces choses au clair.

Voilà un cas qui serait drôle si ce n'était pas aussi triste, parce que les conclusions que l'on peut en tirer ne sont pas du tout rassurantes. Outre le fait que personne ne comprend ce qui s'est passé, tout le monde sait déjà que soit les médias manipulent l'opinion publique eux-mêmes, soit ils sont utilisés pour de telles manipulations.

 

Sur l'interview accordée par Frank Überall, président de la Fédération allemande des journalistes, au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung

 

En Allemagne se poursuit la campagne de discréditation des médias russes et russophones présents dans le pays.

Le président de la Fédération allemande des journalistes, Frank Überall, ne peut plus s'arrêter dans ses tentatives de "diaboliser" les médias russes, notamment RT Deutsch et Sputnik dont il appelle à restreindre l'activité dans le pays. Dans une nouvelle interview au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, il déclare que ces organes de presse seraient des "instruments de propagande du Kremlin" et non des médias. Sans aucun exemple, sans aucun fait. Et cet individu préside la Fédération allemande des journalistes! Il se contredit lui-même. Si ce n'est pas de la propagande, alors ce doit être basé sur des faits. Si vous n'apportez pas de faits, vous êtes vous-même un propagandiste.

Frank Überall a également révélé que la Fédération allemande des journalistes appelait en permanence à ignorer la chaîne RT Deutsch et à restreindre son accès au câble allemand. Dis donc, quel travail pour la Fédération allemande des journalistes…

Comparant Russia Today à la Deutsche Welle, groupe médiatique financé par le budget public allemand, il prétend que le service allemand "fonctionne dans des conditions de liberté d'opinion de la presse et d'absence de diktat de l’État", alors que les articles des médias russes sont manifestement "écrits sur ordre" et "à des fins propagandistes". Qu'est-ce qu'il en sait? Est-ce qu'il lit les articles de la Deutsche Welle en russe, par exemple? Je suis certaine que non. S'il les lisait, je pense qu'il changerait d'avis sur ce média.

Ces attaques de Frank Überall ont été publiées juste après une interview accordée à la chaîne RT Deutsch par la tête de liste des sociaux-démocrates allemands aux législatives européennes, la Ministre fédérale de la Justice Katarina Barley. Sachant que la vague d'indignation de la presse allemande n'a pas été provoquée par les thèses évoquées par la politicienne allemande, qui s'est exprimée, d'ailleurs, dans le cadre des normes européennes établies, mais par l'interview en soi. On a là comme un sentiment de déjà-vu. Un cas identique s'est produit récemment avec l'ex-ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel. Encore une fois à cause d'une interview à RT Deutsch. Encore une fois la même histoire. C'est vraiment fou: un homme politique, chef de la diplomatie du pays, accorde une interview, et cela suscite des critiques et des questions. Alors qu'il ne fait qu'exprimer sa position. On nous a pourtant inculqué que nous ne devions pas exposer notre position à quelqu'un en particulier, en choisissant parmi les médias ceux qui nous étaient proches ou que nous appréciions, que nous devions avoir une approche non-sélective, sans discriminer les médias utilisant des ressources administratives.

Hormis les gardiens volontaires traditionnels du champ médiatique allemand - les publications du groupe Axel Springer - l'hebdomadaire Der Spiegel s'est distingué par un nouvel article critique sur Katarina Barley. Visiblement, la "carte russe" devait être jouée. Il est regrettable de voir l'un des grands médias allemands, fort de plus de 70 ans d'existence, partir de plus en plus profondément dans un piqué propagandiste en oubliant de facto le serment de son fondateur Rudolf Augstein: "Dire les choses telles qu'elles sont". Dire les choses telles qu'elles sont, c'est précisément ce que tentent de faire en Allemagne les médias russes - et pas seulement en Allemagne.

Selon la version de Frank Überall, les articles de Russia Today et de Sputnik s'appuient souvent sur l'avis de "marginaux politiques". Il s'avère que si les médias russes répétaient la politique éditoriale communément admise par les médias de masse allemands, tout serait normal. Où est le pluralisme d'opinions?

En se permettant de telles déclarations péjoratives envers certaines forces politiques de son propre pays, le journaliste allemand atteste non seulement de son propre engagement sans cacher ses préférences politiques, mais remet également en question les résultats du vote du peuple allemand. Je rappelle qu'en septembre 2017, les Allemands ont élu au Bundestag ces fameux "marginaux", dont le leader de la plus grande association journalistique allemande parle avec un mépris peu dissimulé. De toute évidence, sous le terme "marginaux" il faut comprendre les partis Alternative pour l'Allemagne et Die Linke, dont les représentants communiquent avec différents médias, notamment Sputnik et RT Deutsch. C'est environ 20% du parlement local, soit près de 10 millions d'électeurs. Sont-ils tous des "marginaux"? Ces gens doivent-ils aussi être "éliminés" du champ politique allemand? Que faut-il faire d'eux?

C'est une rhétorique sauvage et terrible qui nous étonne et nous consterne, nous qui vivons au XXIe siècle. Elle discrédite les médias allemands qui font partie de cette Fédération des journalistes. Cela n'a rien à voir avec l'éthique professionnelle et lui est complètement contraire.

Nous pouvons avoir des points de vue différents sur les événements, diverger sur les avis et les nuances, mais nous devons tout de même respecter la liberté des médias en tant que principe de base.

Nous avons une autre question. Qu'est-ce qui empêche les représentants d'autres partis et courants politiques d'exprimer dans les médias russes mentionnés un point de vue "non marginal", le point de vue dominant, qui est soutenu, par exemple, par Berlin? Rien ne les en empêche. Les médias russes ne mettent-ils pas une plateforme à leur disposition? Si. Comme ils nous le disent, ils envoient des centaines de requêtes, auxquelles il se voient opposer un refus. Sachant qu'ils ne sont pas accusés de mettre à disposition une plateforme pour les marginaux. Ils proposent une plateforme à tout le monde - aux marginaux et à ceux qui sont considérés comme marginaux par les marginaux. Mais il se voient opposer un refus.

Je voudrais souligner que toutes les démarches discriminatoires envers les médias russes constituent une grossière violation du principe de la liberté d'expression. Nous appelons les structures internationales compétentes et les ONG à ne pas ignorer le comportement révoltant du directeur de la Fédération allemande des journalistes. Nous enverrons des demandes en ce sens aux structures internationales compétentes.

 

Sur la situation des médias russes en France et les contremesures en la matière

 

La situation des médias russes continue de se dégrader en France. Malgré tout, Paris ignore nos appels à normaliser la situation et poursuit sa politique de restrictions et de discrimination envers les médias russes. Je m'explique.

Nous avons déjà noté à plusieurs reprises que la discrimination des médias russes ne s'exprimait pas seulement par une rhétorique hostile à leur égard, notamment au plus haut niveau politique, mais également par des démarches concrètes entreprises en permanence par les autorités françaises pour empêcher l'activité des journalistes russes en France.

Voici quelques statistiques pour illustrer plus clairement de quoi il s'agit. A ce jour, aucun des neuf journalistes de l'agence Sputnik travaillant en France n'a encore reçu sa carte de presse de la part du Ministère des Affaires étrangères français - un document qui confirme le statut de "correspondant accrédité d'un média étranger". C'est ce document qui donne une autorisation de travailler. Nous avons déjà dit que nous allions commencer à agir de même envers les journalistes français. Je peux le réaffirmer. De la même manière que les médias russes reçoivent, au lieu d'une carte de presse, la réponse "votre demande est en cours de traitement", les journalistes français recevront exactement la même réponse. Je voudrais attirer l'attention de tous ceux qui commenceront à spéculer à ce sujet en disant que des restrictions seraient décrétées contre des journalistes français: ce n'est pas le cas. C'est une décision des autorités françaises, à laquelle nous ne faisons que répondre. Pour l'instant, en douceur.

Cette question est apparue il y a plus d'un an. Il n'y a pas de refus formel d'accréditation. Il y a des requêtes qui prennent un temps infini à être traitées, auxquelles nos journalistes reçoivent des réponses bureaucratiques. Tout cela est outrageant pour les journalistes qui ne reçoivent aucune preuve qu'ils ne se comportent pas ou ne travaillent pas correctement.

Je voudrais expliquer que cette situation laisse de facto les journalistes de Sputnik sans statut juridique clair, ne leur permet pas d'exercer leur activité professionnelle à part entière et fait d'eux des hors-la-loi travaillant à leur risques et périls. Nous appliquerons cette même méthodologie française aux médias français à Moscou.

Nous trouvons cette situation inacceptable et inadmissible. On parle de deux pays, au XXIe siècle, et d'un ensemble d'accords réglementant la liberté des médias.

 

Sur la publication d'un rapport russe sur le thème de l'"ingérence" dans les élections américaines

 

Je voudrais attirer votre attention sur le thème de la prétendue "ingérence" de la Russie dans les processus politiques américains. Ce 18 avril, l'Ambassade de Russie aux États-Unis a publié un rapport spécial intitulé "The Russiagate Hysteria: a Case of Severe Russophobia", consacré à la prétendue "ingérence" de la Russie dans les processus politiques aux États-Unis et à l'hystérie antirusse.

Ce rapport présente en détail la chronologie des faits, analyse les nombreuses accusations visant les autorités russes, apporte des exemples de clichés et de contes en tout genre utilisés dans les médias et démontre leur caractère complètement infondé. Le rapport repose sur des centaines de documents officiels en accès libre du Congrès et des organes du pouvoir exécutif, et plus de 8 000 publications dans les médias.

Un accent particulier a été mis sur l'enquête du procureur spécial Robert Mueller et ses résultats: 32 millions de dollars des contribuables américains dépensés, environ 3 000 convocations au tribunal, 500 témoins interrogés, tout cela pour ne parvenir à aucune confirmation tangible d'un éventuel complot entre les parties russe et américaine - une thèse devenue centrale dans la vie politique américaine ces dernières années, tout comme dans les médias. Malgré cela, personne ne s'empresse de publier des démentis.

Le travail de nos collègues à Washington peut être qualifié de titanesque. Mais, avec bien plus de plaisir, nous orienterions avec eux ces efforts non pas sur la lutte contre la désinformation, les fakes et la démystification de la "menace russe", mais sur la formation de relations constructives avec les autorités américaines, sur l'organisation d'activités, d'expositions, d'échanges d'étudiants, de négociations, et le règlement des problèmes graves. Malheureusement, dans bien des domaines la situation ne fait que se dégrader: je vous ai cité aujourd'hui la déclaration de Jon Huntsman. Elle se situe en dehors du champ diplomatique.

Vous pouvez prendre connaissance de ce rapport sur le site officiel de l'Ambassade de Russie aux États-Unis https://washington.mid.ru/en/press-centre/news/russian_embassy_special_report/.

 

Réponses aux questions:

Question: Nous savons que les États-Unis se préparent à interdire complètement les importations de pétrole iranien. Pouvez-vous commenter la position de la Russie à ce sujet?

Réponse: Nous n'y voyons pas seulement un élément des sanctions anti-iraniennes, mais une stratégie et une politique anti-iranienne globales des États-Unis. Cela concerne tous les aspects de la vie politique de l'Iran, ainsi que son activité internationale. Les États-Unis s'efforcent de bloquer toutes les démarches des autorités de ce pays afin d'en compliquer l'agenda politique intérieur et de faire obstacle aux actions de l'Iran sur la scène internationale. Nous avons parlé du caractère absolument inadmissible des sanctions unilatérales sans l'approbation du Conseil de sécurité des Nations unies, qui légitime les sanctions.

En ce qui concerne l'Iran, nous avons clairement laissé entendre plusieurs fois notre rejet de la politique anti-iranienne des États-Unis sur bien des questions. Nous avons toujours souligné que les objectifs proclamés, même s'ils s'efforçaient d'être présentés comme nobles, n'avaient rien à voir avec la politique concrète des sanctions unilatérales. En réalité, ce ne sont plus des sanctions mais une pression unilatérale non dissimulée et très agressive contre un État souverain. C'est pourquoi cette question s'inscrit aussi bien dans la conception générale des États-Unis que dans la position russe concernant l'inadmissibilité d'avoir une attitude agressive envers un État souverain et de faire pression sur un pays indépendant. Notre position n'a pas changé à ce sujet. Nous analysons également cette démarche de Washington dans le contexte de la campagne anti-iranienne.

Question: La Russie s'attend-elle à du nouveau lors des négociations sur la Syrie aujourd'hui à Noursoultan? Peut-on s'attendre à la création du Comité constitutionnel?

Réponse: C'est une question rhétorique et très générale. Nous ne nous attendons pas tant à quelque chose de nouveau qu'à la mise en œuvre des plans prévus et à des propositions qui seront formulées par les parties. Cela serait nouveau - et un pas dans la bonne direction.

Question: Après les élections, l'Ukraine se trouve dans un état de pré-défaut gravissime. L'Occident a deux missions primordiales aujourd'hui: persuader la Russie de reconnaître les résultats des élections et, après cela, rejeter sur elle un maximum de problèmes financiers. Vous connaissez le nombre de procès initiés par l'Ukraine. Le Ministère des Affaires étrangères ressent-il une quelconque pression de la part de certains États?

Réponse: Nous constatons des déclarations absurdes et illogiques. En particulier, le représentant spécial des États-Unis pour l'Ukraine Kurt Volker a déclaré que le Décret facilitant l'obtention de la citoyenneté russe par les habitants de certains territoires des régions de Donetsk et de Lougansk entrerait en contradiction avec les Accords de Minsk. On ignore d'où viennent une telle incompréhension des processus, cette absence de logique et cet amateurisme scandaleux. Après tout, un diplomate, qui plus est un délégué, un représentant spécial, doit connaître la situation.

En quoi ce Décret et l'obtention de la citoyenneté russe par les habitants du Donbass serait-ils contraire aux Accords de Minsk? Ils parlent de l'autodétermination linguistique, or Kiev a adopté aujourd'hui la loi sur la langue ukrainienne comme seule langue nationale. Les Accords de Minsk parlent du statut particulier du Donbass, mais ce sont les politiciens ukrainiens, plus exactement le candidat à la présidence, à présent l'homme qui a déjà remporté l'élection et qui prendra bientôt ses fonctions, qui a déclaré qu'il n'y aurait aucun statut particulier pour la région. C'est directement contraire aux Accords de Minsk. Le document parle d'amnistie, mais la partie ukrainienne (cette fois la nouvelle équipe politique) a déclaré que cela n'arriverait pas non plus. Où étaient les sponsors américains et européens (dans tous les sens du terme, du financier au moral) pour s'exprimer sur de telles déclarations? C'est une violation des Accords de Minsk, une opposition à leur mise en œuvre.

Le Décret du Président russe et la possibilité pour les habitants du Donbass, qui ont été bloqués et retenus dans cet état pendant plusieurs années, d'obtenir la citoyenneté russe n'ont rien à voir avec les Accords de Minsk et n'enfreignent aucun accord international.

De plus - et le Président russe Vladimir Poutine en a parlé aujourd'hui - d'autres pays frontaliers délivrent depuis longtemps leurs documents, titres de séjour ou citoyenneté aux habitants des régions frontalières de l'Ukraine. Et cela ne leur a jamais été reproché. Sauf que contrairement à la Russie, ils le font uniquement selon l'appartenance ethnique, alors que notre pays s'oriente avant tout sur l'aspect humanitaire. Tout cela en sachant que c'est la Russie qui a apporté l'aide humanitaire sur le territoire ukrainien, directement dans le Donbass, pendant plusieurs années. Nous voyons ces déclarations absurdes. Malheureusement, elles sont de plus en plus nombreuses.

Quant à la pression, je trouve que c'est inutile. Vous le savez déjà.

La position de la Russie est claire: s'orienter sur les actions concrètes de Kiev et de la nouvelle équipe politique qui prendra ses fonctions, sur la mise en œuvre des Accords de Minsk légitimés par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Question: Le Représentant permanent adjoint de la Russie à l'Onu, Vladimir Safronkov, a dévoilé la préparation d'une provocation par les membres des Casques blancs. Selon lui, ces derniers comptent accuser les autorités syriennes d'avoir fait usage de l'arme chimique. Ce n'est pas la première fois qu'apparaissent des informations sur les mises en scène de cette organisation. Dans le même temps, la Représentante permanente du Royaume-Uni à l'Onu Karen Pierce a accusé la Russie de propager de fausses informations sur les Casques blancs et a demandé de cesser de raconter des mensonges sur cette organisation dont elle qualifie les membres de "volontaires humanitaires". Quelle est la réaction de la Russie à cette déclaration de Karen Pierce?

Réponse: La première déclaration, la citation du représentant russe, couvre complètement la déclaration de la représentante britannique. Les propos de Karen Pierce ne sont en grande partie qu'un grain de sable dans l'immense massif du thème lié aux Casques blancs. Nous voyons un mensonge mondial colossal, une falsification intentionnelle. Ce n'est pas une question de hasard, d'inexactitude ou d'incohérence de la position occidentale, mais une falsification intentionnelle par les pays occidentaux, qui ont essayé de faire passer les gens qui menaient leur politique pour de l'argent sur le terrain en Syrie, et pas seulement, pour les actions d'une ONG humanitaire. Cette falsification a été découverte et dévoilée. Si, il y a quelques années, la Russie avait seulement des soupçons et les partageait activement, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, aujourd'hui (en réalité, cela n'est pas arrivé aujourd'hui ni même hier, mais depuis un an et demi) nous avons des preuves entre les mains. Ce sont les preuves d'une activité criminelle et extrémiste menée par les organisations et les individus qui s'associent aux Casques blancs, de complicité avec les terroristes et de collaboration avec eux, notamment sur le territoire syrien, de falsification de prétendues attaques chimiques qui auraient été organisées par les forces gouvernementales de Bachar al-Assad, mais en réalité ont été mises en scène dans le but de tout faire pour que Damas fasse l'objet non seulement de critiques politiques, mais également de bombardements de la communauté occidentale - comme nous l'avons tous vu il y a un an.

Par conséquent, la Russie a préparé plusieurs articles et rapports qu'elle transmet régulièrement au Conseil de sécurité des Nations unies, et diffuse en tant que documents officiels du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous citons des exemples concrets lors des conférences de presse sur les plateformes internationales de New York à La Haye, nous recueillons les informations relayées par les médias, notamment dans la région. Les ONG se sont intéressées à ce thème. Nous avons reçu de nombreuses requêtes de la part des ONG et des journalistes demandant (je rappelle que ce travail n'a pas commencé cette année, mais plus tôt) de contribuer à transmettre leurs informations aux hauts responsables et structures internationales. Rien que ces derniers mois, nous avons organisé plusieurs activités. Nous avons apporté une aide strictement organisationnelle aux ONG russes pour dévoiler les preuves de l'activité criminelle des Casques blancs et en informer la communauté internationale. Quand apparaissent des informations indiquant que cette organisation est impliquée dans un nouveau crime, nous les partageons. Et nous ne le faisons pas seulement pour accuser ou confirmer notre position - le plus important est de prévenir. Nous savons parfaitement combien d'argent a été injecté dans les Casques blancs, la quantité de ressources politiques et médiatiques mise à disposition par le monde occidental pour ces gens qui se font passer pour des agents humanitaires, ne peuvent pas se dissiper simplement en un instant. Le monde occidental a apporté trop de soutien, trop de ressources ont été fournies.

Souvenez-vous des prix auxquels ils étaient nominés! On a même tenté de leur remettre le prix Nobel de la paix. On aura tout vu! Tout cela, avec les efforts et les moyens du monde occidental grâce auxquels cette organisation pseudo-humanitaire pratiquait sa pseudo-activité.

Je peux continuer. J'ai beaucoup de choses à dire.

Question: Le 9e Forum international des Vainqueurs, "La Grande Victoire, dont le gage fut l'unité", se déroule aujourd'hui à Saint-Pétersbourg avec la participation des représentants de tous les pays de l'espace postsoviétique. Que pensez-vous de l'importance de cet événement et du fait que toutes les anciennes républiques de l'URSS, y compris les pays baltes, la Géorgie et l'Ukraine, y participent?

Réponse: Je ne suis pas au courant des détails de ce Forum. Mais, dans l'ensemble, il ne peut qu'être salué.

Question: Vous avez mentionné Jon Huntsman, qui ne s'est pas exprimé de manière très diplomatique sur la Russie. Nous sommes d'accord sur le fait que le caractère des diplomaties russe et occidentale est différent. Ces dernières années, la diplomatie occidentale se distingue par les embargos, les sanctions, les punitions, les tentatives d'isolement, les ultimatums, les menaces, les boycotts, les interventions humanitaires, les captures pirates, etc. Comment la qualifieriez-vous: d'impérialiste, de néo-impérialiste, de conservatrice?

Réponse: Toute cette thématique devrait être commentée plutôt par la communauté scientifique qu'au niveau du pouvoir exécutif. Dans quelle mesure le monde occidental est-il prêt aujourd'hui à utiliser les mécanismes diplomatiques traditionnels pour régler ses propres questions et problèmes, ou ceux du monde?

On constate des signes clairs que ce modèle ne fonctionne plus, tels que la substitution de la conception globale du droit international, de la légalité internationale, par la notion de l'"état de choses actuel", de l'"ordre mondial en place", qui n'est pas basée sur le champ juridique constitué par l'élaboration de normes juridiques internationales pendant de nombreuses années, mais simplement sur les décisions d'un groupe de pays, des règles créées instantanément, de manière conjoncturelle.

D'après nous, c'est l'un des signes montrant que dans la tête de plusieurs représentants de différents pays occidentaux, il n'existe plus de diplomatie classique, qui supposait aussi bien des manœuvres politiques que l'action dans un certain cadre du droit international. Ils n'en ont tout simplement pas besoin. Apparemment, de leur point de vue, cette "structure" traditionnelle ne correspond pas à leur niveau de développement, à leurs capacités financières, à leur potentiel militaire. Pourquoi se restreindre par le droit international quand il est possible de régler les problèmes par la menace de la force ou son usage? Ils n'y voient qu'une auto-restriction. Pour eux, la diplomatie est une chose archaïque compliquant les manœuvres. Certains pensent qu'elle n'est pas nécessaire.

Une personne qui ne serait pas impliquée dans ces processus pourrait penser qu'ils ont une logique, dans le sens où celui qui est plus fort peut dicter ses conditions. Mais le fait est que, comme le montre l'expérience mondiale, quand des pays non seulement ayant atteint le niveau de superpuissances contemporaines, mais étant de véritables empires dans tous les sens du terme, ont commencé à dicter au monde leurs conditions en s'appuyant précisément sur leur propre potentiel et puissance, des crises mondiales se produisaient, un déséquilibre mondial se formait, cela entraînait des millions de victimes.

C'est pourquoi, pendant la seconde moitié du XXe siècle (même si le travail dans ce sens a commencé plus tôt), a été élaboré un champ juridique international où les pays, en partant de leurs propres capacités intellectuelles, de leur potentiel financier et de leur niveau de développement militaro-industriel, pouvaient jouer selon les règles communes. Personne ne limitait leur croissance, mais il y avait une atmosphère juridique commune. De la même manière que dans chaque pays il existe des lois communes et que les gens obtiennent différents résultats grâce à leurs propres particularités.

Il existe des exemples historiques, et sur cette base l'humanité a compris que la combinaison du droit international avec l'art de la diplomatie était ce qui pouvait empêcher la répétition de cataclysmes mondiaux. Malheureusement, pour beaucoup aujourd'hui, c'est un "archaïsme". En s'appuyant sur l'expérience mondiale et l'analyse de ce qui se passe aujourd'hui, nous estimons que c'est incorrect.

Question: L'Armée nationale libyenne, sourde aux appels de l'Onu, poursuit l'offensive contre Tripoli. La Russie est-elle prête à contribuer au règlement pacifique de la situation?

Réponse: C'est notre position traditionnelle, et elle n'a pas changé. Bien évidemment, nous prônons un règlement pacifique en utilisant les méthodes politiques et diplomatiques, sans violence. Nous avons exprimé plusieurs fois notre approche à ce sujet. Elle est toujours d'actualité aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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