7 février 201920:36

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 7 février 2019

235-07-02-2019

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

Sur l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre finlandais des Affaires étrangères Timo Soini

 

Les 11 et 12 février, le Ministre finlandais des Affaires étrangères Timo Soini sera présent en Russie sur invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Les deux chefs de diplomatie s'entretiendront à Moscou mardi 12 février.

Comme à leur habitude, Sergueï Lavrov et Timo Soini évoqueront de manière franche et non déguisée les questions bilatérales et régionales d'actualité, puis échangeront leurs avis sur l'agenda international, notamment compte tenu du fait que la Finlande préside actuellement le Conseil de l'Arctique et le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, et présidera l'UE au second semestre de cette année.

 

Sur la réunion du Dialogue interpalestinien à Moscou

 

La troisième réunion des représentants de toutes les principales organisations politiques palestiniennes se déroulera du 11 au 13 février à Moscou à l'Institut d'études orientales de l'Académie des sciences de Russie.

Des conditions favorables seront garanties pour que les délégations puissent évoquer de manière constructive, directement et sans ingérence extérieure tous les problèmes et les questions empêchant le rétablissement de l'unité des rangs palestiniens.

A nos yeux, cette activité est très importante et opportune, notamment compte tenu de l'aggravation des différends entre les principales fractions palestiniennes, le Fatah et le Hamas, ces derniers temps.

Selon la pratique établie, les représentants des partis et mouvements palestiniens participant à la réunion de Moscou seront reçus par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

En suggérant d'organiser une réunion interpalestinienne inclusive à Moscou, la Russie a suivi sa position de principe au sujet du processus de paix israélo-palestinien, qui est impossible sans garantir l'unité nationale palestinienne sur la fameuse plateforme politique de l'Organisation de libération de la Palestine.

 

Sur l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre des Affaires étrangères et des Relations internationales du Royaume du Lesotho Leseto Makgoti

 

Du 12 au 14 février, le Ministre des Affaires étrangères et des Relations internationales du Royaume du Lesotho Leseto Makgoti se rendra en Fédération de Russie pour une visite de travail – la première de toute l'histoire des relations bilatérales.

L'entretien entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre des Affaires étrangères et des Relations internationales du Royaume du Lesotho, Leseto Makgoti, est prévu à Sotchi ce 13 février. Il est prévu d'évoquer les perspectives de coopération entre Moscou et Maseru, notamment pour la mise en valeur conjointe des ressources naturelles du Lesotho, l'implantation dans ce pays de technologies russes de pointe dans différents secteurs, et la formation de cadres lésothans professionnels dans les universités de notre pays. Un échange d'avis sur les questions d'actualité régionales et internationales, notamment la participation de la Russie aux efforts internationaux pour régler les conflits et les crises en Afrique et assurer un développement socioéconomique durable des pays du continent, est également prévu.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la Conférence de Munich sur la sécurité

 

Les 15 et 16 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sera à la tête de la délégation russe lors de la 55e réunion de la Conférence de Munich sur la sécurité.

D'après les organisateurs, près de 40 chefs d’État et de gouvernement sont attendus à Munich.

Les participants aux sessions plénières, ainsi qu'aux nombreuses tables rondes organisées en marge du forum - à la plupart desquelles participeront des représentants de la Russie  - permettront d'aborder les problèmes de sécurité dans différentes régions du monde, notamment au Moyen-Orient, en Arctique, dans les Balkans, en mer Noire, ainsi que d'autres thèmes comme la sécurité énergétique et cybernétique, le désarmement et le contrôle des armements, l'état du commerce mondial, ou encore la coopération dans le domaine de la santé et de la protection de l'environnement.

Le discours du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov exposera les approches fondamentales de la Russie au sujet de la coopération dans la vaste région de la "Grande Europe" à la "Grande Eurasie", ainsi que de la garantie de la sécurité internationale et de la stabilité mondiale.

La Conférence offre traditionnellement de larges opportunités pour organiser des contacts politiques informels en marge des activités officielles. Des entretiens bilatéraux du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sont à l'étude avec plusieurs représentants étrangers, y compris le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas avec qui une participation conjointe au déjeuner d'affaires avec les principaux représentants des milieux d'affaires de la Russie et de l'Allemagne est également prévue.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

                                                                                                                

Le foyer principal de tensions et de violence reste la province d'Idleb, où les groupes terroristes donnent le "la". Les combattants de l'alliance extrémiste Hayat Tahrir al-Cham (menée par le Front al-Nosra) attaquent sans relâche les forces armées syriennes. Ainsi, dans la nuit du 4 au 5 février, les terroristes ont organisé une série d'opérations offensives contre les positions des troupes gouvernementales dans les environs de la ville d'Alep. Les radicaux lancent également des provocations régulières dans le nord de la province de Hama. On ne constate donc aucune baisse du nombre de violations du cessez-le-feu de la part des groupes armés. La Russie a enregistré 35 cas de ce genre seulement au cours de la semaine dernière. En plus de bombarder les régions voisines, les terroristes préparent aussi des offensives à part entière. Selon les dernières informations, les extrémistes d'al-Nosra ont contacté fin janvier leurs "alliés" du groupe Hurras ad-Din et du Parti islamique du Turkestan pour les appeler à organiser les préparatifs conjoints d'un lancement éventuel d'une opération militaire de grande envergure.

L'objectif final des terroristes est sans aucun doute le contrôle de toute la zone de désescalade d'Idleb. Selon les dernières informations, ils envisagent de créer un état-major des opérations unifié et un commandement centralisé réunissant les chefs de guerre de tous les groupes armés illégaux présents dans la zone.

Qui plus est, les djihadistes continuent d'accumuler des réserves de substances toxiques de combat le long de toute la ligne de contact avec les forces armées syriennes. Nous avons noté les informations des médias affirmant que les combattants de Hayat Tahrir al-Cham avaient récemment transporté plusieurs réservoirs de chlore de Jisr al-Choghour à Khan Cheikhoun, située au sud de la province d'Idleb. On indique que les terroristes ont encore une fois reçu l'aide des tristement célèbres "Casques blancs" pour le transfert des substances chimiques. Cette fois, les activistes des Casques blancs ont aimablement mis à disposition leurs ambulances. Nous soulignons encore une fois le caractère absolument inacceptable des préparatifs de provocations chimiques visant à donner aux adversaires occidentaux de Damas le feu vert pour lancer une nouvelle agression contre les autorités légitimes de la Syrie. Nous appelons les tuteurs et les sponsors des Casques blancs à renoncer à ces projets dangereux et destructeurs.

Compte tenu de la situation très compliquée dans la zone de désescalade d'Idleb, nous espérons que nos partenaires turcs redoubleront d'efforts pour faire évoluer rapidement et radicalement la situation, et rempliront tous leurs engagements dans le cadre de l'accord sur Idleb signé le 17 septembre 2018 à Sotchi pour la création d'une zone démilitarisée.

La Russie a poursuivi ses efforts politiques et diplomatiques actifs visant à lancer un règlement politique durable en Syrie. Comme on le sait, une commission interministérielle de nos représentants de haut niveau s'est rendue en Israël, en Palestine, en Turquie et en Iran. Les consultations organisées dans le cadre de ce déplacement ont visé le maintien du cessez-le-feu, les préparatifs du lancement du Comité constitutionnel et l'aide humanitaire aux civils syriens.      

Comme on le sait, Sotchi accueillera jeudi 14 février le prochain sommet du "format d'Astana" - le quatrième du genre. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov fera partie de la délégation russe. Dans ce contexte, les chefs des diplomaties russe, turque et iranienne pourraient s'entretenir en marge de ce sommet pour évoquer plus en détails toutes les questions relatives au règlement syrien dans le cadre de la mise en œuvre des ententes obtenues par les leaders de la troïka d'Astana.

Le nombre de Syriens qui reviennent à leur foyer en Syrie ne cesse de croître de jour en jour. Je voudrais citer encore une fois les statistiques, car les chiffres montrent une dynamique positive stable. Ainsi, 125 000 personnes sont revenues dans le pays depuis juillet 2018. Nous sommes certains que ce nombre ne cessera de croître car, selon certaines estimations, plus d'1,7 million de Syriens ont exprimé leur volonté de revenir dans leur pays natal. Nous envisageons de poursuivre - en coopération avec les autorités syriennes et d'autres parties intéressées - les démarches nécessaires pour encourager ce processus et contribuer au rapatriement des Syriens.  

 

Sur notre position au sujet du dialogue entre les Kurdes et Damas

 

Moscou considère toujours que les Kurdes font partie intégrante du peuple syrien. Par conséquent, notre position de principe est de soutenir l'établissement d'un dialogue entre les Kurdes et les autorités de Damas. Nous sommes convaincus que ce processus favorisera la protection de la souveraineté, de l'indépendance, de l'unité et de l'intégrité territoriale de la Syrie. C'est à travers ce prisme que nous analysons également l'annonce de la volonté américaine d'évacuer les troupes des États-Unis déployées dans le pays.

Je voudrais souligner encore une fois que Moscou estime qu'un règlement politique durable de la crise syrienne exige la prise en considération des intérêts de tous les groupes ethniques et religieux de la société syrienne, y compris des Kurdes. Nous estimons que les Syriens doivent eux-mêmes trouver une solution à tous les défis existants sans aucune pression ou ingérence extérieure. Dans ce contexte, nous rejetons résolument toutes les tentatives de scinder la société syrienne et le pays selon des critères ethniques ou confessionnels.  

 

Sur les nouvelles révélations relatives au soutien de groupes terroristes syriens par les Pays-Bas

 

En septembre 2018, nous avons déjà évoqué l'aide prétendument "non létale" accordée par le gouvernement néerlandais aux groupes terroristes syriens, qui, s'est-il avéré ensuite, était loin d'être utilisée par les combattants à des fins pacifiques.

Ce sujet a connu une suite aux Pays-Bas: des journalistes néerlandais ont révélé qu'entre 2013 et 2017, avec la complaisance du gouvernement néerlandais, au moins cinq organisations islamistes enregistrées aux Pays-Bas en tant qu'ONG avaient apporté une prétendue "aide humanitaire" aux groupuscules syriens figurant sur les listes nationales et internationales d'organisations terroristes (y compris Daech, Front al-Nosra, Hayat Tahrir al-Cham). Ces prétendues "organisations caritatives" n'acheminaient pas seulement des "cargaisons humanitaires" (militaires, à l'évidence) en Syrie, mais récoltaient également des "dons pour des œuvres pies" (c'est-à-dire pour soutenir des combattants). A titre de preuve, les journalistes ont montré les images d'un camp de combattants du Front al-Nosra, où un terroriste accorde une interview dans laquelle il appelle à tuer les militaires de l'armée syrienne. Derrière lui on voit une ambulance avec des plaques néerlandaises, qui avait été soi-disant mise à disposition par les Pays-Bas pour un hôpital d'Alep.

Ces preuves recueillies par les journalistes ont été transmises au Parquet néerlandais, et l'activité des cinq ONG en lien avec la Syrie a été suspendue. Néanmoins, aucune d'entre elles n'a été interdite et elles sont bien déterminées à relancer leur activité en Syrie dès que possible. Des avocats expérimentés ont pris leur défense.

Le Ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok, sollicité par les députés, a dû s'expliquer à nouveau concernant l'aide accordée par La Haye aux terroristes syriens. Selon lui, cette aide était destinée uniquement aux groupes "modérés", mais elle est tombée entre de "mauvaises mains" suite à un "malentendu". Les questions gênantes susceptibles de révéler le véritable rôle - peu reluisant - des autorités officielles dans le soutien des terroristes ont été passées sous silence grâce à la Constitution du pays, qui permet aux représentants du pouvoir exécutif de ne pas dévoiler l'information sur la participation aux conflits armés si cela va à l'encontre des intérêts de la sécurité nationale.

Les nouvelles informations rendues publiques par les journalistes sont une preuve de plus de l'aide apportée par les Pays-Bas - même si, cette fois, elle est passée par des ONG nationales - aux groupes terroristes syriens. On remarquera surtout la manière dont réagissent les autorités officielles du pays qui, au lieu d'une enquête sérieuse sur les faits révélés et de mesures efficaces visant à empêcher que cela se reproduise, préfèrent se référer à un "malentendu" et se cacher derrière une prétendue confidentialité.

 

Sur les atermoiements de l' Occident concernant le transfert des activistes des Casques blancs depuis la Jordanie

 

Nous sommes contraints de revenir à nouveau sur la situation autour des activistes de l'organisation pseudo-humanitaire des Casques blancs, qui ont été évacués d'urgence de Syrie et installés provisoirement en Jordanie  pendant l'été 2018. Les autorités jordaniennes ont mis leur territoire à disposition de ces personnes uniquement pour des raisons humanitaires. Nous nous souvenons tous parfaitement de la manière dont leurs protecteurs occidentaux avaient affirmé à l'époque qu'en l'espace de quelques mois ils enverraient leurs protégés dans les pays européens et au Canada. Sur les 420 activistes des Casques blancs accueillis en Jordanie, il reste encore près de 40 de ces pseudo-agents humanitaires avec leur famille. Il est intéressant que les Européens ne s'empressent pas de s'occuper de leur transfert de Jordanie, le retardant même par tous les moyens. Cela ressemble davantage à des tentatives maladroites de "se passer la balle" ou d'obtenir des échanges compensatoires en cas d'entente pour les accueillir. Pourquoi?

La réponse est évidente, selon nous. L'Occident craint - à raison - que ces pseudo-agents humanitaires représentent une menace terroriste potentielle et ne renoncent pas à leurs liens avec les structures terroristes. Il existe des preuves irréfutables que parmi eux se trouvent non seulement des complices des terroristes, mais également des combattants "titulaires" du Front al-Nosra. De nombreux exemples ont été cités dans l'investigation présentée le 20 décembre 2018 au siège de l'Onu à New York par l'ONG russe Fonds d'étude des problèmes de la démocratie.

Nous constatons avec regret que certains pays continuent d'essayer de maintenir à flot l'activité des Casques blancs en Syrie. Très récemment (le 4 février) le Fonds qatari pour le développement a alloué à ces fins une aide financière de 2 millions de dollars. Le lendemain, les médias ont rapporté que les Casques blancs planifiaient en Syrie une nouvelle provocation impliquant l'usage de l'arme chimique contre des civils près de la ville de Khan-Cheikhoun.

Bien évidemment, cela nous préoccupe très sérieusement.

 

Sur la publication, par le Fonds d'étude des problèmes de la démocratie, du rapport intitulé "L'organisation "Casques blancs": complices des terroristes et sources de désinformation"

 

Cette investigation est appelée à révéler la véritable nature de l'activité des Casques blancs en Syrie. Je voudrais souligner encore une fois qu'il existe une position officielle de la Russie à ce sujet, qui est relayée via les canaux officiels, mais aussi le travail de journalistes indépendants, d'experts et de personnalités publiques qui cherchent à découvrir la vérité et à parler de la situation réelle autour des Casques blancs, de leur coopération avec les terroristes, ainsi que des crimes qu'ils ont commis.

Récemment, le Fonds d'étude des problèmes de la démocratie a fini de rédiger le texte intégral du rapport "L'organisation "Casques blancs": complices des terroristes et sources de désinformation". Les résultats de cette investigation ont été présentés par le directeur du Fonds, Maxim Grigoriev, pendant une activité organisée à New York le 20 décembre 2018 par la Représentation permanente de la Russie auprès de l'Onu conjointement avec la Syrie.

Je voudrais souligner une nouvelle fois qu'il ne s'agit pas d'un recueil de thèses ni de la position officielle de la Russie, mais d'informations qui ont été découvertes par les gens qui représentent cette structure pour les exposer au grand jour.

Ce rapport est basé sur les données recueillies lors d'un voyage des collaborateurs du Fonds en Syrie entre octobre et novembre 2018. Parmi celles-ci figurent de nombreuses interviews d'anciens activistes des Casques blancs, d'anciens terroristes et témoins directs des crimes commis par les Casques blancs.

Les preuves présentées par le Fonds d'étude des problèmes de la démocratie témoignent des liens solides entre cette organisation pseudo-humanitaire et les structures terroristes, des pillages et des maraudages des membres des Casques blancs, des prises d'écoles primaires et maternelles et d'hôpitaux - interrompant leur travail - ainsi que de casernes de pompiers, de magasins et de logements. Elles confirment la participation personnelle de Casques blancs aux mises en scène d'attaques chimiques, de frappes d'artillerie et aériennes, ainsi qu'à l'assassinat de civils, notamment d'enfants, pour un prélèvement illégal d'organes. D'horribles détails sont révélés sur les crimes dans lesquels sont impliqués les Casques blancs. Il s'avère que c'était un "business secondaire" des personnes liées à cette structure.

Je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'il s'agit d'une organisation ouvertement financée par plusieurs États, notamment par le Royaume-Uni, comme l'a récemment reconnu sa représentante permanente auprès de l'Onu.

Le Ministère russe des Affaires étrangères a l'intention d'utiliser dans son travail les preuves apportées par cette investigation. Bien évidemment, ce rapport n'est pas un point final à l'enquête, qui lance plutôt toute une chaîne d'investigations et d'analyses de ce que représentent les Casques blancs et des conséquences de leurs crimes.

Nous sommes prêts à fournir un exemplaire de ce rapport à ceux que cela intéresse.

Je le répète: nous ne disons pas qu'il est parfait. Nous soulignons que ce n'est pas la position officielle du Ministère russe des Affaires étrangères mais seulement le travail d'experts indépendants.

 

Sur la situation au Venezuela

 

La situation au Venezuela et autour reste extrêmement inquiétante. Des signaux continuent de nous provenir de Washington, qui indiquent que le recours à la force n'est pas exclu pour renverser les autorités légitimes. Une intervention militaire directe est même envisagée. La Maison blanche en parle ouvertement. Je voudrais rappeler que les déclarations des représentants américains officiels à ce sujet constituent une violation directe du paragraphe 4 de l'article 2 de la Charte de l'Onu prescrivant à tous les membres de l'Onu de s'abstenir, dans les relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force.

Dans ce contexte, les promesses d'amnistie pour les militaires, dont l'objectif est clairement de diviser l'armée, paraissent de plus en plus provocatrices. On se pose la question: une amnistie pour quoi? Si un individu n'a pas enfreint la loi, pourquoi aurait-il besoin d'une amnistie? Mais la réponse à cette question visiblement absurde est qu'il s'agit d'amnistier ceux qui violeront leur serment militaire. Autrement dit, on les appelle ouvertement à enfreindre leur serment en promettant que cela restera impuni. C'est tout simplement une tentation inhumaine. Et pour parler dans le langage juridique, c'est une incitation au crime et une complicité: lisez le Code pénal. Mais l'amnistie n'est qu'un début. Washington a directement menacé de sanctions les militaires vénézuéliens qui restent loyaux au gouvernement légitime. C'est une nouvelle lecture du concept du bâton et de la carotte. D'un côté, ils brandissent une punition potentielle, de l'autre une récompense potentielle.

Nous avons remarqué l'activité intensive de l'opposition vénézuélienne, qui travaille à créer l'illusion d'une dualité du pouvoir et à mettre en place un réseau alternatif d'agents diplomatiques qui représentent on ne sait qui. Faut-il dire que ces actions ne correspondent en rien à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961? En témoignent notamment les incohérences liées au fait qu'ils adaptent leur statut en fonction du pays dans lequel ils "s'accréditent".

Les pays qui ont rejoint récemment le club européen se sont de nouveau distingués. Certains analystes polonais sont allés jusqu'à dire que "la Russie pourrait appliquer au Venezuela le scénario syrien, c'est-à-dire des actions provoquant le chaos  dans le pays et créant des problèmes dans la politique étrangère des États-Unis". C'est ce qu'a déclaré l'historien et politologue Jerzy Targalski dans une interview à Polskie Radio. Il n'est pas exclu que nous lisions bientôt une analyse expliquant comment la Russie a inventé et implanté le Printemps arabe. Pourquoi pas? C'est la direction que prennent les choses. Il serait utile de rappeler qui est le véritable auteur de l'aventure syrienne, quel a été son prix et tout ce qui s'est produit dans la région. Est-ce que les têtes brûlées de l'opposition à Caracas sont prêtes à connaître le sort de nombreux représentants des pays qui ont été visés par le scénario américain et occidental, qui appelait d'abord au prétendu retour de la démocratie mais essayait ensuite de trouver une formule de reconstruction de la structure étatique sur un territoire qui ne pouvait plus être appelé un pays?

Je voudrais évoquer séparément ce que certains médias occidentaux ont écrit à l'issue de notre dernière conférence de presse. Il est question des éventuelles conséquences écologiques des sanctions américaines contre un maillon systémique de l'économie vénézuélienne: la compagnie publique PDVSA. Le Wall Street Journal écrit qu'à cause de la réduction des exportations, les réserves pétrolières vénézuéliennes débordent, les cargos restent à quai, ce qui, selon le président du syndicat pétrolier du Venezuela L. Hernandez, conduit à une "catastrophe totale". Au vu des sanctions, les producteurs pétroliers vénézuéliens n'ont d'autre choix que d'accumuler le pétrole. Et ensuite? Ensuite, hormis les risques écologiques, viendront la pénurie croissante d'essence, la pénurie de carburant pour livrer les produits et de nouveaux problèmes économiques et ménagers pour les Vénézuéliens ordinaires dont se préoccupe tant Washington! Pourquoi décréter des sanctions qui ne font qu'aggraver la situation?

Maintenant, parlons de l'aide humanitaire activement imposée à Caracas. C'est le sommet du cynisme: d'un côté, décréter des sanctions qui bloquent l'économie vénézuélienne, et de l'autre proposer de l'aide.

Selon les médias, dans la ville colombienne de Cucuta frontalière avec le Venezuela, qui vient d'être visitée par des militaires américains haut placés, est déployé un centre de commandement commun d'une prétendue opération humanitaire - en appelant les choses par leur nom, il s'agit d'une intervention humanitaire. A en juger par l'activité des délégations militaires américaines qui ont littéralement inondé la région ces derniers temps, on procède à une élaboration détaillée d'un plan global, y compris logistique, pour un renversement du pouvoir au Venezuela par la force.

De quelle démocratie peut-on parler? Qui y croit? Pourquoi les médias occidentaux ne voient-ils pas l'évidence? Il n'y a aucune question de démocratie. Personne ne tente de la rétablir. On cherche à renverser le pouvoir au Venezuela. On dit que les Vénézuéliens vivent mal sous ce gouvernement. Alors ne décrétez pas de sanctions. Laissez cet État vivre et se développer, régler lui-même ses propres problèmes au lieu de les aggraver.

D'ailleurs, à proximité de la ville mentionnée mais sur le territoire vénézuélien, se situe l'aéroport international Santo Domingo avec l'une des pistes d'atterrissage les plus longues du pays - 3200 m - capable d'accueillir tous les types d'avions.

En analysant toutes ces informations, on arrive involontairement à la conclusion que Washington a déjà pris la décision de recourir à la force. Tout le reste n'est qu'une "opération de couverture". Apparemment l'histoire n'apprend rien ni aux "faucons", mus uniquement par l'instinct de chasse, ni aux victimes potentielles qui, malheureusement, se fourvoient et croient aux beaux discours et aux promesses. Les gouvernements qui soutiennent Washington, notamment parmi les pays latino-américains, sont-ils prêts à être complices de tels actes? D'une manière ou d'une autre, l'apparition dans cette région d'un foyer de tension d'une telle ampleur aurait des conséquences catastrophiques sans précédent pour sa population.

On voudrait tout de même donner une chance au scénario positif. Aujourd'hui à Montevideo commence une conférence internationale avec la participation de représentants des pays d'Amérique latine, des Caraïbes et de l'UE sur le Venezuela. C'est loin d'être la première tentative de parvenir à un règlement politique dans ce pays, et ce n'est peut-être pas la dernière. Le Mexique, l'Uruguay et la Caricom ont exposé leurs approches. Nous y voyons un pas important vers l'élargissement de l'espace de dialogue, le renforcement du rôle des pays de la région pour contribuer au règlement du problème. Nous espérons qu'une large participation de hauts représentants des peuples de l'Amérique latine et des Caraïbes et leur disposition impartiale et constructive permettront également d'équilibrer le caractère de la réunion de Montevideo, d'évoquer plusieurs tâches réellement importantes sortant du cadre des positions des participants européens à cette réunion, qui se sont préalablement rangés d'un côté du conflit politique vénézuélien intérieur.

Nous saluons tous les efforts internationaux visant à régler pacifiquement la situation au Venezuela en s'appuyant sur la Constitution et la législation de ce pays. De notre côté, nous continuerons de contribuer à ce processus.

 

Sur l'évaluation des négociations entre les États-Unis et les Talibans

 

Doha a accueilli fin janvier un nouveau cycle de négociations entre Zalmay Khalilzad, envoyé spécial du Département d'État américain pour la réconciliation nationale afghane, et des représentants des Talibans. L'acquis principal de cette rencontre, selon les informations qui ont été rapportées, est l'entente sur le retrait du contingent militaire américain d'Afghanistan en échange de garanties que les Talibans ne permettront pas que le territoire afghan soit utilisé par des groupes terroristes internationaux, notamment par Daech et Al-Qaïda, pour mener des actions contre les Américains et leurs alliés.

Comme nous l'avons déjà indiqué, la Russie considère la volonté de Washington d'évacuer son contingent d'Afghanistan comme un pas dans la bonne direction, susceptible d'accélérer le lancement du processus de paix dans ce pays. Ce n'est pas par hasard que, suite aux négociations susmentionnées dans la capitale du Qatar, des représentants de la diaspora afghane de la Russie, des pays de la CEI,  d'Europe et d'Asie, encouragés par la perspective du lancement des négociations de paix, ont organisé une rencontre avec les leaders des principaux partis politiques afghans et les Talibans à Moscou.  

Il reste pourtant à concrétiser ces ententes préliminaires obtenues à Doha: les États-Unis seront-ils satisfaits de la promesse des Talibans de ne pas laisser le territoire afghan aux terroristes internationaux, ou envisagent-ils d'avancer des exigences supplémentaires, de libérer des prisonniers talibans? Et est-ce que les Talibans sont prêts à négocier avec Kaboul à la demande de Washington? Combien de troupes et de sites militaires les États-Unis comptent-ils laisser dans le pays après avoir conclu la paix avec les Talibans? Il s'agit de questions-clés très difficiles, qui concernent directement la poursuite du dialogue entre les États-Unis et les Talibans. Il serait donc prématuré d'évoquer une signature rapide des accords finaux et un rétablissement de la paix en Afghanistan. Nous n'avons pas obtenu de réponses à ces questions-clés pour le moment.

Nous sommes certains qu'il ne sera possible de parvenir à une véritable paix en Afghanistan qu'en cas de large réconciliation afghane soutenue par les principaux acteurs étrangers, notamment par les puissances régionales et les voisins du pays. 

 

Sur l'organisation d'une rencontre entre les représentants des forces politiques principales de l'Afghanistan sous l'égide des diasporas afghanes

 

Moscou a accueilli les 5 et 6 février une rencontre entre les leaders des principaux partis politiques afghans et les représentants des Talibans sous l'égide des diasporas afghanes de la Russie, des États de la CEI et des pays d'Europe et d'Asie. Les participants ont évoqué les perspectives de création d'une large base panafghane pour lancer le processus de paix, et notamment définir les modalités d'aménagement de l'Afghanistan après la fin du conflit.

La rencontre de Moscou a montré que, compte tenu de la volonté annoncée de Washington d'évacuer ses troupes d'Afghanistan, la société afghane se préparait à une nouvelle étape de la vie du pays garantissant aux Afghans le rôle principal dans la résolution des problèmes. Ces discussions ont confirmé la volonté des politiciens afghans influents de tenir compte des intérêts de tous les groupes ethniques et religieux, sans quoi il serait pratiquement impossible d'établir une paix durable en Afghanistan.

La Russie salue le bilan de ce dialogue afghan qui visait à rendre le futur processus de paix en Afghanistan le plus inclusif possible et à impliquer toutes les forces sociales et politiques du pays, notamment l'opposition armée. Cet événement a été une mise en œuvre éloquente du principe d'un règlement "par les Afghans et pour les Afghans", largement approuvé par la communauté internationale.

Nous sommes convaincus qu'il s'agit de la seule voie possible pour obtenir une paix durable et transformer l'Afghanistan en un État indépendant, autosuffisant et prospère, dont le territoire cessera d'être une source de menaces terroristes.  

 

Sur la politique provocatrice du "premier ministre" kosovar

                                                                                                                               

Ramush Haradinaj, chef de guerre connu des combattants albanais du Kosovo et actuel "premier ministre" du pays, poursuit sa politique provocatrice visant à torpiller la stabilité et la sécurité dans les Balkans. Les droits de douane de 100% sur les produits importés depuis la Serbie centrale et la Bosnie-et-Herzégovine, introduits par un décret sur son initiative en novembre 2018, ont considérablement compliqué l'approvisionnement des Serbes du Kosovo. Cette mesure vise de toute évidence à poursuivre la politique des purges ethniques antiserbes, à repousser la population serbe hors du pays. Qui plus est, il a annoncé le 6 février dernier son renoncement aux contacts avec la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) qui, selon lui, présentait la situation dans cette région de manière peu objective.

L'Union européenne, mandatée par l'Onu pour jouer le rôle d'intermédiaire dans le dialogue entre Belgrade et Pristina, ne peut et ne veut rien faire à ce sujet. Personne à Pristina ne porte aucune attention aux déclarations de Bruxelles. Ces propos manquent probablement de l'insistance dont Bruxelles fait pourtant preuve dans d'autres dossiers. Dans les faits, les actions de l'UE se limitent à des paroles légères, et les autorités kosovares font fi de la position européenne.

Dans ce contexte, il faut spécialement souligner la position très responsable et mesurée de Belgrade qui exprime sa volonté de relancer le dialogue après l'annulation des décisions inacceptables du "premier ministre" kosovar. La Serbie n'a pris aucune mesure de riposte pour le moment.

On a l'impression que les sponsors de l'indépendance kosovare, les "champions de la démocratie" dans les Balkans, ont perdu leurs capacités d'influer sur la situation. Cette dernière ne cesse cependant de s'aggraver, tout comme les tensions ethniques. Il ne s'agit pas d'estimations politiques mais de statistiques.

Nous estimons que la situation au Kosovo doit être systématiquement au centre de l'attention du Conseil de sécurité de l'Onu.     

 

Sur la signature du protocole d'adhésion de Skopje à l'Otan

 

Mercredi 6 février à Bruxelles, en présence du Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg et du Ministre macédonien des Affaires étrangères Nikola Dimitrov, a été signé le protocole d'adhésion de Skopje à l'Alliance.

L'euphorie de nos collègues occidentaux à ce sujet prouve qu'en promouvant l'accord de Prespa ils n'étaient pas guidés par la volonté de régler un problème régional de longue date, mais par la volonté d'attirer un autre pays des Balkans dans les rangs de l'Otan, au plus vite et à tout prix.

Hier, le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a déclaré qu'"un milliard de personnes se [trouvaient] sous la protection de l'Otan". Et contre qui ont-ils l'intention de protéger le peuple macédonien? La seule force armée déstabilisant la région est l'"armée du Kosovo" créée avec des anciens combattants albanais. Comme nous ne voyons pas d'autres menaces à la sécurité, nous nous demandons si l'Otan compte à nouveau faire la guerre contre ceux qu'elle a elle-même entraînés et armés. Nous avons déjà constaté un tel enchaînement des faits sur le territoire des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, où on armait d'abord les terroristes et les combattants avant de les affronter. On créait d'abord les conditions pour faire apparaître des terroristes là où ils n'avaient jamais été présents, puis des efforts et des milliards étaient dépensés pour prévenir la propagation de la menace terroriste non seulement dans la région, mais également dans le monde. Sans parler des réfugiés, de la question migratoire et du changement du paysage mondial.

Difficile de dire quel profit réel tirera Skopje de son adhésion à l'Alliance, mais il lui faudra sans aucun doute payer pour cette tutelle de l'Otan. Nous connaissons les prix à présent – Washington les a annoncés. Il faudra payer aussi bien en augmentant ses dépenses pour la défense que par la participation aux préparatifs et aux opérations militaires qui sont éloignés des intérêts du peuple macédonien, ou encore par la perte de la possibilité de mener une politique étrangère réellement souveraine.

 

Sur l'élection présidentielle à venir en Ukraine

 

Avant la conférence de presse, nous avons été informés de l'adoption par le Parlement ukrainien d'un projet de loi interdisant aux observateurs russes de participer à l'observation des élections. C'est un nouveau pas de l'Ukraine sur la voie de la "véritable démocratie" - nous en sommes parfaitement conscients.

Je voudrais attirer l'attention sur les déclarations et les appels de Bruxelles, et même de Washington: le représentant spécial des États-Unis Kurt Volker a écrit qu'"il serait bien que les Russes participent à l'observation des élections". Malgré tout, le Parlement ukrainien en a décidé autrement.

Je répète, c'est le "triomphe" de la démocratie, pas après pas.

 

Sur les tentatives de falsifier l'histoire entreprises de manière persistante par Kiev

 

Kiev poursuit une politique visant à falsifier l'histoire de la Grande Guerre patriotique.

Il a été annoncé récemment que l'Institut ukrainien de la mémoire nationale avait publié en accès ouvert sur internet le jeu "UPA - la réponse du peuple insoumis". Il est proposé d'utiliser un champ de jeu et des cartes représentant les "ennemis" des adeptes de Bandera: des guerriers soviétiques, des résistants et des occupants fascistes allemands.

Ce jeu est accompagné d'un livre électronique sur l'activité de l'Organisation des nationalistes ukrainiens et l'Armée insurrectionnelle ukrainienne contenant, entre autres, les biographies d'Evgueni Konovalets, de Stepan Bandera et d'Andreï Melnik. Le texte revient sur la fameuse thèse selon laquelle les adeptes de Bandera auraient combattu pour créer une puissance ukrainienne indépendante, luttant dans ce but aussi bien contre les soldats soviétiques que contre les occupants allemands, que les auteurs de la publication mettent pratiquement sur un pied d'égalité. Par contre, les preuves de la coopération étroite entre les membres du "mouvement de libération" ukrainien avec les hitlériens et leurs crimes sanglants contre la population civile sont passées sous silence.

Il est évident que la popularisation de ce genre de jeux extrémistes n'est rien d'autre qu'un nouvel outrage non seulement aux vétérans de la Grande Guerre patriotique, qui ont sauvé l'Ukraine et l'Europe de la peste brune, mais également à une grande partie de la population ukrainienne qui chérit la mémoire de l'exploit héroïque de leurs ancêtres. La propagande effrénée d'initiatives franchement néonazies par les autorités de Kiev vise à attiser intentionnellement la haine interethnique, à complaire aux idées du national-chauvinisme et bien d'autres idées extrémistes.

Une nouvelle fois, nous appelons nos partenaires occidentaux, qui formulent en grande partie l'agenda politique de Kiev, de l'OSCE et des organisations des droits de l'homme, à ne pas ignorer les multiples glorifications des complices des nazis, à réagir en conséquence aux dangereuses manifestations de révisionnisme historique, de xénophobie et de nationalisme qui ont submergé l'Ukraine actuelle avec l'approbation directe du régime de Kiev.

 

Sur les attaques antirusses pendant la campagne électorale en Moldavie

 

Dans le cadre de la campagne électorale actuelle en Moldavie en prévision des législatives du 24 février, nous remarquons les attaques publiques de plus en plus fréquentes de certains politiciens moldaves contre la Russie. Notre pays est accusé d'ingérence dans le processus électoral et de tentatives d'influencer les résultats du vote. Les auteurs de telles insinuations, qui pour la plupart étaient au pouvoir à Chisinau ces dernières années, ne prennent pas la peine de présenter la moindre preuve - selon le schéma habituel de Washington et des pays occidentaux.

Nous réfutons fermement les insinuations de ce genre. La Russie n'a jamais eu et n'a toujours pas l'intention d'influer sur les processus électoraux en Moldavie. Nous partons du principe que le vote à venir doit se dérouler en parfaite conformité avec les standards universels des élections démocratiques, de manière honnête et transparente.

 

Sur l'augmentation du nombre d'entrées de sous-marins de l'Otan dans les ports norvégiens

 

Vous le savez, des sous-marins russes sillonnent le nord de l'Europe. On en voit un peu partout. C'est un thème gagnant à 100%. Dès qu'il faut régler un problème intérieur ou ajouter du "piment" aux frontières extérieures au nord de l'Europe, on revient toujours au thème des sous-marins russes. Le Ministère russe des Affaires étrangères et le Ministère russe de la Défense fournissent des commentaires pour essayer de prouver qu'il s'agit de fakes, puis on voit apparaître des démentis écrits en petits caractères.

Nous avons remarqué la publication dans les médias norvégiens d'articles faisant état d'un triplement du nombre d'entrées de sous-marins nucléaires de l'Otan dans les eaux norvégiennes ces dix dernières années. On a relevé 27 entrées seulement en 2018.

Les intox sur la prétendue menace russe se poursuivent pour justifier de tels actes. Les autorités sont appelées à s'armer, et la population à acheter des médicaments à base d'iode pour se prémunir contre la contamination.

Dans le même temps, il existe de plus en plus d'exemples d'une participation active de la Norvège à la mise en œuvre des plans de l'Otan visant à accroître la présence de l'Alliance dans la région arctique. En 2019, à cette liste s'ajoutera la contribution à la mise en place d'une infrastructure pour le service des sous-marins au nord de l'Atlantique. En particulier, à proximité de Tromsø au nord de la Norvège sera construit un port spécialement pour accueillir des sous-marins nucléaires.

Contrairement aux traditions historiques de bon voisinage et de coopération dans la région arctique, Oslo poursuit une ligne d'escalade de la tension et de hausse des risques d'activité militaire. Une telle activité ne restera pas sans réaction, et la Fédération de Russie prendra toutes les mesures nécessaires afin de garantir sa propre sécurité.

 

Sur les problèmes liés à l'éducation russophone en Estonie

 

Ces derniers temps, nous sommes sérieusement préoccupés par l'évolution de la situation autour l'éducation  russophone en Estonie.

Après la suppression "réussie" de l'enseignement supérieur en russe dans ce pays se manifestent de plus en plus de signes de la préparation au passage à une éducation secondaire entièrement en estonien sous prétexte d'une "école unifiée" supposant un enseignement commun pour les écoliers russes et estoniens en estonien.

Les médias diffusent activement une campagne vantant "l'utilité, la pertinence et l'optimalité" d'un système d'éducation unifié. Au niveau local est menée une prospection active auprès de la direction des écoles russophones. Les responsables non loyaux des établissements scolaires sont forcés à démissionner, comme dans le cas du collège municipal de la ville presque entièrement russophone de Kohtla-Järve.

Nous trouvons particulièrement révoltantes les déclarations franchement cyniques de politiciens estoniens affirmant que ces changements sont opérés au profit et même à la demande des élèves russophones et de leurs parents.

Il est pourtant évident que de tels plans odieux, sous le prétexte hypocrite de bonnes intentions, n'ont rien à voir avec la prise en compte des intérêts de la population russophone.

Je voudrais souligner que la politique éducative est une question intérieure de tout État. Il n'y a qu'un seul "mais": il existe des engagements internationaux, notamment dans l'espace de l'OSCE et de l'UE, qui régulent directement les obligations des États envers les individus, les minorités nationales utilisant une langue répandue sur leur territoire.

On rappelle si souvent ces accords internationaux à la Fédération de Russie que nous ne pouvons pas les oublier.

Nous appelons les structures internationales compétentes, y compris le Haut-Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales Lamberto Zannier, à prêter attention à ces plans discriminatoires et à donner leur avis à ce sujet.

 

Sur la remise d'un laboratoire microbiologique mobile de diagnostic rapide à la Guinée

 

Le Service fédéral russe pour la surveillance des droits des consommateurs et le bien-être (Rospotrebnadzor) compte faire don aux autorités guinéennes d'un laboratoire microbiologique sur la base du véhicule tout terrain russe GAZ, permettant d'effectuer des études de laboratoire autonomes d'échantillons du milieu environnant et de matériaux cliniques grâce à des méthodes de diagnostic rapide et accéléré lors du travail dans les foyers épidémiques dans les régions éloignées et difficiles d'accès n'étant pas couvertes par un réseau de laboratoires fixes, ainsi que dans les zones de situations d'urgence. Ce laboratoire peut être utilisé en tant que poste mobile de contrôle sanitaire et épidémiologique. Il permet de mener des travaux avec des agents pathogènes biologiques de nature bactérienne ou virale en respectant toutes les normes de sécurité biologique. Ce laboratoire permet d'accomplir entre 30 et 400 examens par jour en utilisant différentes méthodes de diagnostic.

La coopération sur la lutte contre les infections entre la Russie et la Guinée se développe depuis 2014, date à laquelle les spécialistes russes avaient aidé la Guinée à remédier à la propagation du virus Ebola en Afrique occidentale. En 2017, dans la ville de Kindia, Rospotrebnadzor a ouvert le Centre de recherche russo-guinéen pour l'épidémiologie et la prévention des maladies infectieuses. Au total, entre 2014 et 2018, les spécialistes des organisations scientifiques de Rospotrebnadzor ont recueilli plus de 12 000 échantillons de matière biologique, et on réalisé 120 000 examens de matériaux cliniques et 50 000 examens de terrain en travaillant par rotation en Guinée. Des expéditions sont organisées dans différentes préfectures guinéennes pour étudier les particularités de l'épidémiologie des maladies infectieuses.

  Nous pensons que la remise à la Guinée de cet équipement servira à renforcer le système national de santé de ce pays africain et constituera une nouvelle contribution de la Russie aux efforts pour lutter contre la propagation des maladies infectieuses dangereuses en Guinée et en Afrique occidentale, ce qui sera un pas important pour le renforcement des liens russo-guinéens mutuellement bénéfiques.

 

Sur l'évolution de la situation autour des médias russes en Allemagne

 

Lors de la dernière conférence de presse, nous nous sommes arrêtés en détail sur le problème de la situation des médias russes en Allemagne, en pointant les signes du début d'une vaste campagne pour leur discréditation avec la participation, entre autres, de la presse allemande.

Nous avions cité des exemples concrets de la manière dont une atmosphère de méfiance et d'hostilité était attisée autour des médias russes et russophones, et fait des renvois aux déclarations de la direction de certains grands médias allemands et représentants de la communauté journalistique. Des citations directes ont été rapportées qui, en principe, n'ont pas besoin d'appréciations politiques car elles parlent d'elles-mêmes.

Nous avons constaté une réaction très étrange, notamment de la part de Berlin. Nos collègues allemands se sont empressés de donner l'impression que nos préoccupations étaient totalement infondées. Ainsi, le porte-parole du gouvernement fédéral allemand Steffen Seibert a déclaré: "Ceux qui font de telles déclarations douteuses connaissent mal l'Allemagne et la liberté de la presse ou veulent sciemment présenter l'Allemagne sous un mauvais jour." Je retourne cette citation au porte-parole du gouvernement allemand. Ne portez pas de jugements sur la Russie, car vous jugez la Russie selon les publications de la presse allemande.

 

Sur la cybersécurité

 

Je voudrais revenir à la cybersécurité. Nous avons déjà dit que les médias occidentaux exploitaient le thème du piratage, qui fait désormais partie de leurs favoris. Ce faisant, ils accusent souvent notre pays de crimes cybernétiques.

A ce sujet, nous voudrions attirer votre attention sur le dossier préparé par le Centre de coordination russe pour les incidents informatiques. Vous avez devant vous la liste des pays-sources de cybermenaces pour 2016-2017. Vous le voyez, la source principale d'activité malveillante, selon les compagnies principales de sécurité informatique (dont Symantec (USA), McAfee (USA), NTT (Japon), Laboratoire Kaspersky (Russie) et d'autres) n'est pas du tout la Russie mais les États-Unis et plusieurs pays de l'UE.

Je rappelle que conformément à l'article 273 du Code pénal de la Fédération de Russie, la création de logiciels malveillants est considérée comme un crime. Contrairement à la Russie, les pays occidentaux ne s'empressent pas d'interdire le développement de logiciels malveillants. Dans plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, plus de 40 grandes compagnies de développeurs sont impliquées dans ce secteur qui rapporte des milliards. A titre d'exemple, on pourrait citer la société française Vupen qui vendait des failles et comptait parmi ses clients la NSA et les services secrets des pays de l'Otan. Après une série de scandales en 2015, Vupen a cessé d'exister.

En règle générale, les producteurs de technologies de l'information et de la communication s'efforcent d'introduire sur le marché de nouveaux produits et services  le plus rapidement possible, sans perdre de temps à tester longtemps et en profondeur la sécurité du produit. Les erreurs passées inaperçues se transforment alors en failles cachées, faute d'avoir été corrigées.

Chaque année, le nombre de failles augmente. Cela permet aux malfaiteurs de "faire montre de leur talent" car la présence de failles est une excellente base pour élaborer des logiciels malveillants. Nous sommes convaincus que la création de logiciels malveillants doit être considérée comme un crime. La lutte contre ce mal qui nous menace tous doit être menée au niveau mondial, avant tout dans le champ juridique.

Afin de renforcer la sécurité informatique, les spécialistes russes ont mis au point un Système étatique de détection, d'avertissement et d'élimination des conséquences des attaques informatiques contre les ressources informatiques de la Fédération de Russie. En 2018, ce système a identifié plus de 4 milliards d'attaques informatiques contre des ressources informatiques russes. Nous vous informons régulièrement et en détail des tentatives illégales d'actions et de cyberattaques contre les sites du Ministère russe des Affaires étrangères.

Nous appelons nos collègues occidentaux, qui accusent avec une constance enviable et de manière infondée la Russie d'attaques de hackers, à songer à la garantie de la cybersécurité nationale et à la nécessité d'une lutte commune contre les cybermenaces. Nous y sommes prêts.

 

Sur les efforts de Facebook et Twitter pour lutter contre les faux comptes

 

Les compagnies américaines qui gèrent les réseaux sociaux Facebook et Twitter viennent de présenter un nouveau compte-rendu de leur travail pour lutter contre les faux comptes. Depuis le dernier rapport, publié mi-janvier, Facebook a supprimé au total 783 comptes liés à l'Iran qui publiaient des commentaires et des liens sur les événements d'actualité, y compris la situation au Yémen et en Syrie. Twitter a rapporté la suppression de 2 617 comptes liés à l'Iran, 418 comptes liés à la Russie et de 1 960 comptes liés au Venezuela.

Visiblement, le travail avance. C'est réjouissant, parce qu'à plusieurs reprises nous-mêmes avons été victimes de fakes, de "campagnes d'influence" et de "comportement inauthentique coordonné" – c'est ainsi que les administrations des réseaux sociaux appellent l'activité "suspecte" sur les réseaux sociaux qu'ils combattent aujourd'hui. Ce travail est manifestement nécessaire, mais il doit être dénué des préjugés politiques de tel ou tel groupe d'intérêts et être menée sur une base impartiale.

Je comprends que la situation autour de l'Iran, du Venezuela et de la Russie suppose une suppression massive des faux comptes, mais vous comprendrez qu'une certaine appréciation politique est donnée. Je vous rappelle que depuis des mois, nous essayons en vain de demander à la direction des réseaux sociaux, y compris ceux dont je parle, de bloquer les faux comptes des structures publiques russes. C'est impossible. Nous sommes renvoyés à Silicon Valley, puis pratiquement au Département d’État américain, puis à nouveaux sur les réseaux sociaux. Pas un seul responsable. Écrivez des lettres, nous dit-on. Nous recevons des réponses nous indiquant que les lettres n'ont pas été envoyées à la bonne adresse. Et ce sur des questions qui ne nécessitent aucune preuve. En particulier, l'Ambassade de Russie a sa page officielle dans tous les pays. En cas d'apparition d'une fausse page, le Ministère russe des Affaires étrangères est le mieux placé pour le savoir et en informer les réseaux sociaux. Nous le faisons rapidement en indiquant que ces pages diffusent une véritable désinformation très dangereuse. Rien à faire. Cela prend des semaines, parfois des mois.

Dans ce contexte, nous avons remarqué que dans le cadre de la lutte contre les fakes au Venezuela (les réseaux sociaux se sont intéressés à ce pays justement aujourd'hui) près de 2 000 comptes ont été supprimés alors qu'ils soutenaient médiatiquement le gouvernement légitime en place. Et quelles actions ont été entreprises vis-à-vis des comptes qui soutiennent d'autres opinions politiques? Pour l'instant nous ne voyons qu'un seul facteur: les préférences politiques. Comment peut-on parler d'une lutte objective contre l'activité "suspecte" quand certains comptes sont bloqués pendant que d'autres continuent de propager une désinformation engagée et manifestement politisée?

Je voudrais souligner une nouvelle fois que la Russie ne s'est ingérée et ne s'ingère dans aucune élection à l'étranger, États-Unis y compris. Et elle n'a pas l'intention de le faire. Mais  nous voyons que les réseaux sociaux continuent d'essayer d'en accuser la Russie. L'administration de Twitter affirme que par le biais de 418 comptes associés à la Russie, 929 000 messages ont été publiés à la veille des élections de mi-mandat au Congrès américain en novembre dernier. Sachant que parmi eux 73 000 étaient directement liés aux élections. Quelle force de suggestion doivent posséder ces publications pour affecter l'issue des élections étant donné qu'à cette période près de 99 millions de tweets ont été publiés sur le thème préélectoral? Comment peut-on sérieusement croire à une prétendue "menace russe" si même Twitter et Facebook ne peuvent apporter la moindre preuve confirmant l'origine russe des comptes jugés "douteux". On fait un lien avec la Russie, mais sans aucune preuve.

De plus, ils reconnaissent que la grande majorité des messages qui tentaient d'influencer d'une manière ou d'une autre le déroulement des élections avait une origine américaine. Malheureusement, les médias en parlent peu, tout comme ils analysent peu les informations fournies par la direction des réseaux sociaux. Cela donne l'impression que si une agence occidentale n'écrivait pas sur la prétendue "menace russe" ou osait douter de son existence, elle serait considérée comme prorusse et accusée de promotion illégale d'intérêts étrangers impactant la sécurité nationale.

 

Réponses aux questions:

Question: Selon certaines informations, les États-Unis envisageraient de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu de la question vénézuélienne pour légitimer leur invasion éventuelle dans ce pays. Qu'en pensez-vous?

Réponse: Il ne faut pas spéculer sur les activités du Conseil de sécurité de l'Onu. Si la volonté d'organiser des réunions ou des consultations était exprimée, on l'apprendrait immédiatement - d'autant que la Russie fait partie des membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu. Il est inutile de commenter ce qui n'existe pas.

Question: Je voudrais attirer votre attention sur un épisode des relations russo-japonaises qui concerne directement la question des Kouriles. Comme vous le savez, au cours de la guerre civile, les leaders du mouvement blanc ont exporté des tonnes d'or russe depuis le pays pour acheter des armes japonaises. Mais cet or est parti pour toujours. La Russie n'a reçu aucun armement. Les Japonais ont directement pris le contrôle d'une partie de cet or pour le transporter dans les banques japonaises. Selon certaines estimations, la banque centrale du Japon dispose toujours de 80 milliards de dollars d'or russe.    

Je voudrais vous poser la question suivante: comme la Russie a remboursé la dette tsariste à la France, pourquoi ne pouvons-nous pas soulever la question de la dette japonaise envers la Russie, qui reste toujours d'actualité? Est-ce que le Ministère russe des Affaires étrangères fait quelque chose pour établir la présence de cet or dans les banques japonaises et envisager son retour en Russie?

Je voudrais également vous féliciter à l'occasion de la prochaine Journée du diplomate et vous offrir un livre consacré au thème de l'or russe à l'étranger.

Réponse: Merci. Je vais lire ce livre avec plaisir. Afin de répondre à cette question, il me faut d'abord consulter nos experts et nos historiens, car je ne connais pas très bien ce sujet.

Question: Aujourd'hui, les médias japonais et russes ont focalisé leur attention sur le fait que la déclaration finale de la réunion annuelle organisée à Tokyo en soutien à la restitution des Kouriles n'avait pas désigné ces îles comme "illégalement occupées". L'année dernière, le même extrait indiquait que 72 ans s'étaient écoulés depuis l'occupation. Maintenant, on souligne que le traité de paix russo-japonais n'a pas encore été signé après 73 ans. Est-ce le Ministère russe des Affaires étrangères a remarqué ce changement de rhétorique du Japon? Comment pouvez-vous le commenter?    

Réponse: Nous analysons tout d'abord les déclarations officielles japonaises et les initiatives entreprises par Tokyo  dans ce domaine. Nous faisons évidemment attention à l'atmosphère qui accompagne les déclarations et les négociations. Dans ce cas précis, il est inutile de commenter les actions des organisations japonaises associatives et non-gouvernementales. Il ne s'agit pas d'une position officielle. Vous êtes parfaitement au courant de la position russe. L'appartenance des îles susmentionnées n'est pas sujette à débat.

Question: Vous avez mentionné le déplacement de Sergueï Lavrov à la Conférence de Munich sur la sécurité. Selon les informations officielles, les ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères devraient s'entretenir en marge de cet événement. Ils évoqueront évidemment la situation du Haut-Karabagh. Envisage-t-on des rencontres éventuelles du Ministre russe des Affaires étrangères avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais? Si oui, dans quel format?  

Réponse: Comme je l'ai déjà souligné, nous n'annonçons pas encore les rencontres éventuelles car elles sont en cours d'élaboration. Je ne veux pas les commenter de manière séparée. Mais je promets d'évoquer prochainement ce sujet.

Sergueï Lavrov vient de terminer sa tournée dans les pays d'Asie centrale. Nous élaborons actuellement en détail sa participation future à la Conférence de Munich. Nous vous présenterons le calendrier de travail du ministre en marge de cet événement quand il sera fixé.   

Question: Le Venezuela se trouve à proximité du Salvador, du Honduras et du Guatemala, qui font pratiquement face en permanence à des crises ou à des problèmes sérieux liés au trafic de drogues ou aux ressources en eau. Les États-Unis n'ont pourtant aucune envie d'intervenir dans ces pays, parce que ces derniers n'ont pas de pétrole.   

Réponse: Vous constatez justement ce dont nous parlons: il n'existe en réalité aucune préoccupation pour les valeurs démocratiques ou le peuple vénézuélien, mais une volonté de changer le régime. Les objectifs se rapportent à la politique intérieure et extérieure, le schéma est simple, et les clichés anciens.

Ce plan a déjà été mis en œuvre dans de nombreuses régions du monde avec des conséquences catastrophiques. Sa réalisation a été déjouée dans plusieurs pays, notamment en Syrie, malgré des préparatifs similaires. Nous n'avons pas oublié la phrase selon laquelle il fallait changer le régime car "le peuple syrien ne [pouvait] plus vivre avec ce pouvoir". C'est exactement ce qui avait été dit.

Quand la Russie a proposé de donner la parole aux Syriens pour qu'ils déterminent eux-mêmes, dans leur pays, s'ils pouvaient vivre avec ce régime, ce Gouvernement et ce pouvoir, on nous a répondu que le peuple ne le voulait certainement pas et qu'il fallait se débarrasser le plus rapidement possible de ce régime. Le tableau était bien différent, on le voit aujourd'hui: suite à l'élimination des terroristes sur la majorité du territoire syrien, il s'est avéré que les Syriens étaient absolument prêts à faire la paix, à mener une vie paisible et à résoudre leurs questions de politique intérieure sans ingérence étrangère. On n'arrive pas toujours à comprendre pourquoi certains États refusent de tirer les leçons de la situation d'autres pays. Globalement, vous avez répété ce que j'avais déjà mentionné aujourd'hui. Les actions visant une ingérence directe dans les affaires intérieures du Venezuela et le changement de son régime ne s'expliquent pas par un souci pour le peuple vénézuélien, mais par des objectifs purement géopolitiques.

Question: Pouvez-vous confirmer que la Russie n'organisera pas de pourparlers supplémentaires avec les Kurdes et ne les invitera pas aux négociations dans le cadre du prochain sommet de Sotchi?

Réponse: J'ai déjà présenté notre position de manière absolument claire. Nous estimons que les Kurdes font partie intégrante du peuple syrien et nous nous prononçons activement depuis des années pour le dialogue entre les autorités officielles et ce groupe de la population, cette partie du peuple syrien.

Question: Nous sommes habitués à ce que, depuis les années 1990, la Russie paie une sorte de "tribut" à l'Occident - je veux parler de nos jeunes chercheurs ayant fait leurs études ici mais qui partent ensuite soutenir l'économie des États-Unis, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et d'autres. Récemment, dans un discours à l'Université russo-tadjike (slave) de Douchanbé, Sergueï Lavrov a déclaré qu'il remarquait une tendance au retour des jeunes, des chercheurs, en Russie. C'est un fait très positif et intéressant. Pourriez-vous expliquer en détail comment le Ministère des Affaires étrangères y contribue? Remarquez-vous cette tendance?

Réponse: Cette tendance a été évoquée par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, que vous venez de citer. En ce qui concerne la contribution du Ministère des Affaires étrangères, je pense que le rôle principal est joué directement par l’État russe, qui crée les conditions nécessaires. Le Ministère des Affaires étrangères se charge d'informer la communauté mondiale, de légaliser les documents, de travailler avec les compatriotes – tout l'éventail des services consulaires. Un très grand travail est mené en collaboration avec Rossotroudnitchestvo.

Question: Le quotidien britannique The Telegraph a publié un article rapportant l'apparition d'un troisième protagoniste dans la retentissante "affaire Skripal", qui serait impliqué dans l'empoisonnement. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Nous avons vu cette publication. A part des fuites dans les médias, nous ne voyons rien de plus précis ni d'officiel. Malheureusement, nous sommes donc contraints de prêter attention à de tels articles.

La publication évoque effectivement un prétendu troisième suspect dans l'empoisonnement des Skripal à Salisbury, des noms sont cités. On affirme qu'il serait resté au Royaume-Uni sous un faux nom. Une fois de plus, nous sommes confrontés à des intox sans la moindre preuve. Nous constatons différentes allusions antirusses faites par les médias britanniques. C'est une production "à la chaîne".

Je voudrais souligner à nouveau qu'une fois de plus, même après une série de publications très résonantes, nous n'avons entendu aucune déclaration officielle des autorités britanniques. Cette fois encore, nous n'avons pas obtenu de réponse sur le fond pour faire la lumière sur les faits.

Par conséquent, il n'y a rien à commenter. Pour l'instant il y a des milliards de références à des sources anonymes avec des fuites et des "ressassements". A chaque fois nous avons demandé aux autorités britanniques de fournir des preuves, de partager des idées à tel ou tel sujet, mais nous n'obtenons strictement rien en réponse.

Je voudrais aussi rappeler que Londres continue de refuser toute coopération avec les autorités russes compétentes pour enquêter sur cette affaire. Je souligne que la Russie, comme avant, est disposée à rétablir la vérité sur ce qui s'est passé, et continuera d'exiger des autorités britanniques des informations officielles exhaustives et le respect de leurs engagements juridiques internationaux en termes d'octroi d'un accès consulaire à nos concitoyens. Nous devons et avons le droit de nous assurer que rien ne les menace, que leurs droits ne sont pas enfreints et que leur liberté n'est pas restreinte. Il faut surtout comprendre ce qui s'est réellement passé, compte tenu de la gravité des accusations avancées par le gouvernement britannique.

Question: Il y a deux semaines, le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a accordé une interview à la chaîne CNN. En réponse à une question provocante du journaliste, il a déclaré qu'il ne souhaitait pas utiliser le terme "alliés" pour décrire les relations russo-iraniennes, et que la tâche prioritaire de la Russie consistait à garantir la sécurité d'Israël. S'il vous plaît, éclaircissez cette question et que votre parole redresse la situation.

Réponse: Ce n'est pas tout à fait ce qu'a dit Sergueï Riabkov dans l'interview. Il n'y a rien à "redresser". Nous avons d'excellentes relations avec l'Iran, et Téhéran le sait. Je peux donner un conseil. Malheureusement, très souvent, ce sont les formulations inexactes, les inexactitudes de traduction, les citations incorrectes et les phrases sorties de leur contexte qui font la une de l'actualité. Les articles généraux sur les relations bilatérales passent inaperçus.

Le site du Ministère russe des Affaires étrangères contient un grand nombre de publications sur les relations russo-iraniennes bilatérales. Elles sont exhaustives et évoquent notre position sur les liens économiques qui se développent malgré les sanctions de Washington et de Bruxelles, la coopération politique, le règlement du problème syrien, la position russe cohérente sur le Plan d'action global commun. Une grande question, y compris pour vous, est de savoir pourquoi cette interview traduite en anglais et dans d'autres langues n'a pas eu d'écho en Iran. Pourquoi des citations hors contexte et déformées pourraient renverser l'opinion de gens qui, grâce à une expérience de plusieurs décennies, voient en la Russie un partenaire et un pays qui respecte clairement ses engagements et ne change pas ses décisions fondamentales? Pourquoi des citations hors contextes pourraient faire douter les gens?

Des médias, entre autres iraniens, nous ont également posé la question, et j'ai répondu en réaffirmant ce qui n'avait pas besoin d'être confirmé - à savoir l'immuabilité des approches russes de la coopération avec l'Iran dans tous les domaines. Si vous voulez, je peux le faire encore une fois. Je répondrai avec plaisir à vos questions, à toutes les préoccupations mentionnées, point par point.

Je voudrais également attirer l'attention sur le fait que les questions relatives au statut des relations bilatérales, qui peuvent être de partenariat, d'alliance, ne s'appuient pas uniquement sur l'attitude émotionnelle lyrique de l'un envers l'autre, mais également sur des accords internationaux et interétatiques sur la reconnaissance des pays en tant qu'alliés ou partenaires stratégiques. C'est de cela qu'il est probablement question. Tout cela est fixé dans des accords appropriés et ils sont immuables.

En l'occurrence, il ne faut pas faire de fantaisies ou chercher des contradictions, il faut ouvrir les accords et regarder le statut des traités bilatéraux, voir comment les pays se considèrent mutuellement.

En ce qui concerne les questions provocantes: c'est normal. Malheureusement, nous vivons dans un paradigme et dans un milieu médiatique où les questions provocantes deviennent la norme. Il me semble que cela ne doit pas seulement être pris en compte par les porte-paroles, mais également par les médias audiovisuels, en revérifiant et en considérant la phrase dans son entier, en se basant sur le texte intégral de l'interview et non des extraits.

Je voudrais partager une nouvelle à ce sujet. Nous avons passé avec les autorités iraniennes un accord pour organiser prochainement des consultations sur le thème de l'information. Je pense que nous pourrons évoquer cette question également. Je ne veux pas citer de dates ou de lieu concrets car c'est encore à l'étude, mais cela a été convenu.

Question: Si la sécurité d'Israël dans la région est une tâche prioritaire de la Russie, et que de son côté Israël se fixe pour objectif de faire sortir complètement l'Iran de Syrie, il en découle que la Russie va certainement tenter de persuader Téhéran de quitter ce pays. A quel point ce scénario est-il vraisemblable?

Réponse: Cette question a été commentée plusieurs fois par des représentants officiels russes. La présence d'unités étrangères sur le territoire syrien est un problème qui est pris en charge par le gouvernement syrien. Il peut y avoir un grand nombre de visions et d'avis d'autres pays sur ce problème. Ces questions peuvent être abordées dans différents formats – multilatéraux, bilatéraux et autres. Mais c'est le gouvernement syrien qui décide qui peut ou ne peut pas être présent et en quel nombre sur le territoire souverain de cet État. Il faut le considérer comme un principe de base. C'est ainsi que nous avons agi et, plus d'une fois, avons fait part de notre position au grand public.

Question: Avez-vous reçu une réponse, côté français, à la question de savoir si la citation du Président français Emmanuel Macron concernant l'ingérence de la Russie dans les affaires intérieures de la France dans l'hebdomadaire Le Point était un fake? A-t-il confirmé cette citation? Je rappelle que dans cet article, on apprend qu'Emmanuel Macron aurait mentionné à titre de facteurs déstabilisants en France "les fascisants, les gauchistes et les Russes". Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Aucune réponse n'a encore été reçue de la partie française à la note du Ministère russe des Affaires étrangères. Nous espérons que nos partenaires fourniront prochainement des informations exhaustives sur cette question qui nous intéresse. Nous espérons que cela permettra de mettre un point final aux accusations, infondées mais activement propagées en France contre la Russie et les médias russes, d'ingérence dans les affaires intérieures et de soutien aux processus politiques intérieurs dans ce pays.

Nous espérons que le rétablissement de la vérité poussera Paris à renoncer à son approche discriminatoire du travail de Russia Today et de Sputnik en France, pour leur offrir la possibilité de remplir à part entière leur devoir journalistique et leurs obligations professionnelles conformément au principe de liberté d'expression partagé par Paris et fixé dans un grand nombre d'engagements internationaux pris par la France.

En ce qui concerne la citation attribuée à Emmanuel Macron, je voudrais noter qu'afin d'exclure toute spéculation à ce sujet, une note appropriée a été immédiatement envoyée pour demander des explications. Nous attendons la réponse.

Je voudrais également expliquer que pour tous les citoyens russes, la mémoire de la Grande Guerre patriotique et des millions de nos ancêtres qui ont donné leur vie sur les champs de bataille, qui ont contribué à la Victoire à l'arrière et, au final, qui ont libéré le monde de la peste brune, est sacrée. Je pense que ceux qui assistent à nos conférences de presse savent que nous considérons ce thème comme prioritaire, notamment sur la scène internationale. C'est pourquoi toute allusion, même indirecte, quelle qu'en soit l'origine, à l'existence du moindre parallèle ou analogie entre les actions de notre pays, des soldats soviétiques et des civils, qui ont combattu sur le front et à l'arrière, avec les crimes inhumains des nazis, est perçue de manière très sensible et douloureuse, suscite une profonde indignation et colère du peuple russe.

Nous nous souvenons bien comment, pendant les années difficiles de la guerre, des soldats et des officiers français ont combattu dans les rangs de l'Armée rouge. Ils vivaient et mourraient côte à côte avec nos grands-pères et arrière-grands-pères. Cette lutte conjointe pour la liberté et l'indépendance, scellée par le sang de la fraternité d'armes, a posé les bases du développement des liens particuliers d'abord franco-soviétiques, puis franco-russes pendant les décennies d'après-guerre, ainsi que des efforts communs de Moscou et de Paris afin de préserver la paix et la sécurité en Europe. C'est en tenant compte de ce patrimoine historique et des valeurs à l'épreuve du temps que la Russie continue de construire des relations de bon voisinage, de partenariat et d'amitié avec la France à l'étape actuelle.

Je voudrais répéter que nous sommes attachés aux normes de conduite universelles dont Paris est l'un des défenseurs. Dès l'apparition de cette publication, nous avons immédiatement contacté la partie française, et nous attendons sa réponse.

Question: La chaîne BBC a diffusé une publicité de l'agence Invest Japan, qui montre clairement que les quatre îles des Kouriles revendiquées par le Japon appartiennent déjà à Tokyo. D'après vous, est-ce une erreur ou une provocation?

Réponse: J'ai vu ces informations, mais je ne suis pas entrée dans les détails. Je trouve insensé et inutile de préciser s'il s'agit d'une provocation, d'une erreur ou d'une insolence. Je voudrais souligner que la position de la Fédération de Russie a été exprimée à plusieurs reprises par les autorités de notre pays, par les représentants des structures officielles chargés de faire des déclarations au nom de l’État au sujet de la souveraineté de la Fédération de Russie sur ces territoires. Bien évidemment, nous attirerons l'attention sur de tels actes et ferons part de notre réaction aux médias et aux autres structures qui propagent de telles informations. Toutefois, il ne faut pas tenir compte des reportages à la télévision ni sur la désinformation (force est de constater que de nombreux fakes ont été propagés dernièrement, et vous connaissez notre réaction), mais de la position officielle de Moscou à ce sujet.

Question: Que pouvez-vous dire de la déclaration des ambassadeurs américains en Allemagne, au Danemark et en UE, qui appellent les pays européens à apporter des amendements  à la "directive sur le gaz" du Troisième paquet énergie de l'UE pour étendre les règles de régulation des gazoducs européens aux compagnies des pays "tiers", et donc au Nord Stream 2?

Réponse: Nous avons remarqué aujourd'hui toute une salve d'informations officieuses se référant à de prétendues déclarations et décisions.

En particulier, le quotidien Süddeutsche Zeitung a écrit ce matin que "la France pourrait se prononcer contre l'Allemagne" en ce qui concerne la mise en œuvre du Nord Stream 2. Avant la conférence de presse, nous avons vu des publications selon lesquelles les ambassadeurs américains en Allemagne, au Danemark et en UE appelaient les partenaires européens en Allemagne à adopter des amendements à la "directive sur le gaz" prévoyant l'extension des principes fondamentaux de régulation du marché gazier européen. Cette déclaration a été récemment publiée par la Deutsche Welle allemande.

Nous constatons la formation d'un espace d'information autour de la coordination énergétique sur le continent européen. Et cela est fait avec des méthodes assez brutales - par une pression qui est exercée sur les pages de la presse sous la forme de publications, de lettres, de fuites, etc. Je pense que, malheureusement, nous assisterons à de nouvelles tentatives d'un groupe de pays de s'opposer à la coopération énergique qui se développe aujourd'hui.

En ce qui concerne notre position, je vais me concentrer sur le fond de la question. Je vais rappeler nos approches concernant le Nord Stream 2. Elles sont bien connues, mais je pense qu'il serait utile de les rappeler vu la récente salve dans la presse allemande. C'est un projet purement économique destiné à diversifier les itinéraires de fourniture de gaz russe en Europe. De ce point de vue, sa réalisation ne contribuera pas à un affaiblissement, comme cherchent à le présenter ses opposants, mais à un renforcement de la sécurité énergétique de l'UE.

Vous le savez, l'UE examinera la question relative aux amendements, entre autres, à la "directive sur le gaz" du Troisième paquet énergie de l'UE. Elles prévoient notamment l'extension des termes du Troisième paquet énergie, c'est-à-dire de la législation de l'UE, aux gazoducs maritimes des pays "tiers". L'adoption de ces amendements, selon nous, compliquerait sérieusement la réalisation et le futur fonctionnement du Nord Stream 2. Je rappelle que le service juridique de la Commission européenne a qualifié ces amendements de contraires aux termes de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. A cet égard, nous espérons qu'en prenant leur décision les pays membres de l'UE prendront en compte leurs propres intérêts nationaux, les intérêts de leurs entreprises et des consommateurs européens, et non les instructions antirusses de Washington.

Malheureusement, je pense que ce n'est pas la dernière vague médiatique autour de ce thème.

Question: Que pouvez-vous dire de la déclaration du Président américain Donald Trump concernant la libération de 100% du territoire syrien de Daech? La Russie pense-t-elle également que la Syrie est libérée à 100%? Que pouvez-vous dire des propos de Donald Trump selon lesquels les États-Unis ont vaincu Daech?

Réponse: Nous l'avons déjà commenté. Ces déclarations ne peuvent pas être analysées hors contexte, au risque d'être considérées uniquement comme du populisme. Je suggère de les analyser globalement dans le cadre de la stratégie américaine par rapport à la Syrie. Or il y a de nombreuses questions. Malgré la volonté de certains d'interpréter chaque tweet à sa manière, je suggère tout de même d'essayer de comprendre l'approche stratégique des États-Unis vis-à-vis de la Syrie, du règlement de la situation et de ce qui se passe dans la région.

Nous avons entendu des déclarations concernant le retrait du contingent américain du territoire syrien. Puis nous avons entendu des déclarations d'un autre ordre – il a été décidé de rester, de sortir partiellement, de rester partiellement, et ainsi de suite. Il faut comprendre la décision définitive, ne serait-ce qu'à court terme. A ce que l'on sache, les États-Unis n'ont pas de vision commune. Nous percevons des visions différentes de la stratégie en Syrie non seulement parmi les représentants de différents axes et groupes sociopolitiques, mais également au sein même des organes publics et des organes du pouvoir exécutif.

J'espère que nous entendrons et verrons prochainement une stratégie globale des États-Unis, qui sera annoncée et présentée à la communauté internationale, concernant leurs propres démarches en ce sens.

La thèse principale sur laquelle s'appuyait la critique de la Russie du côté des États-Unis était basée sur l'imprévisibilité russe. Mais je n'ai lu nulle part dans quel domaine concrètement la Russie faisait preuve d'imprévisibilité, qui est si dangereuse du point de vue de Washington pour le continent européen, les peuples de l'Europe et pour les destinées du monde. La Russie n'a fait preuve d'imprévisibilité sur aucune questions complexe, que ce soit la Syrie, l'Ukraine ou d'autres régions du monde. Au contraire, elle a eu un comportement extrêmement prévisible. Tous nos postulats sont exposés dans le Concept de la politique étrangère et la description conceptuelle d'autres axes stratégiques de notre développement intérieur et de la politique étrangère. Les États-Unis font preuve d'une imprévisibilité absolue et d'une approche non systémique des questions centrales non seulement de leur propre voie, mais également de la participation au règlement des problèmes mondiaux – de l'environnement à la géopolitique, des liens humanitaires internationaux à la sécurité énergétique. Outre le fait que tous les quatre ou huit ans la position change complètement avec l'arrivée d'un nouveau gouvernement américain, ces dernières années nous assistons également à des changements de position au sein même du pouvoir exécutif en place, qui est arrivé avec un certain programme et certaines intentions.

Question: Peut-on dire qu'après le retrait des États-Unis du Traité FNI il existe un risque que les États-Unis continuent de rompre et d'enfreindre d'autres traités? Sommes-nous aujourd'hui à une certaine étape de redémarrage des relations internationales?

Réponse: Ce n'est pas une question. C'est un constat. Cette tendance n'a pas commencé avec le retrait du Traité FNI. Nous constatons ce phénomène depuis quelques années. Cela n'a pas commencé avec l'administration actuelle, mais bien avant. Les États-Unis se sont unilatéralement retirés d'un très grand nombre d'accords et d'engagements. J'en ai parlé indirectement, je peux en parler plus concrètement.

Le Traité ABM par exemple. Il n'y avait pas le moindre signe que la Russie avait enfreint quoi que ce soit. Il était simplement devenu défavorable pour les États-Unis du point de vue du développement de leurs capacités militaires, de leur vision de la géostratégie et de la géopolitique dans le monde.

Ensuite, par un effet de boule de neige, cette tendance s'est enrichie de nouveaux exemples – le retrait de l'Accord de Paris sur le climat, de l'UNESCO, du Traité FNI et, de facto, de toutes les normes de conduite des relations internationales, notamment des relations commerciales internationales auxquelles ils ont été attachés pendant tant d'années et qu'ils avaient "enseigné" à toute la communauté internationale. Les États-Unis développent activement le concept du protectionnisme. Ce phénomène tire un trait sur toutes les discussions sur le libre-échange. Aujourd'hui, le protectionnisme tire un trait sur tout ce que les États-Unis ont imposé non seulement à la Fédération de Russie, mais également à tous les autres pays: le respect des règles de l'OMC, le respect des règles du libre-échange sur la scène internationale et l'application par tous des règles adoptées pour le commerce. Cette tendance n'est pas périphérique, elle s'est développée très activement. Cette politique est menée depuis assez longtemps.

Question: Malheureusement, les bombardements du Donbass se poursuivent quotidiennement. Depuis fin janvier, le représentant spécial du Président en exercice de l'OSCE pour l'Ukraine et au sein du Groupe de contact Martin Sajdik et le représentant spécial du Département d’État américain Kurt Volker ont commencé à soulever des questions qui laissent présager une éventuelle discréditation "intellectuelle" des Accords de Minsk. Peut-on parler d'une préparation médiatique au remplacement des Accords de Minsk, qui sont très importants pour le règlement du conflit dans le Donbass?

Réponse: La réponse à cette question est évidente aussi. Nous constatons et rapportons les faits à ce sujet. Je trouve que les récents événements politiques en Ukraine le confirment. On assiste à un nouveau cycle de "chasse aux sorcières". A présent, sous la meule de la démocratie ukrainienne se retrouvent des politiciens absolument pro-ukrainiens qu'il est impossible d'accuser de passion, d'amour ou de travail pour un autre peuple que le leur. Ils sont accusés, entre autres, de tentatives de mettre en œuvre ces fameux Accords de Minsk. Les récentes déclarations faites à ce sujet sortent du champ juridique. Nous constatons un état complètement critique de la mise en œuvre des Accords de Minsk à cause de la position du régime de Kiev.

Question: Que pensez-vous de la déclaration de l'Institut des hautes études de défense suédois sur le fait que la Fédération de Russie "gonfle ses muscles"? Ils font notamment référence aux exercices Vostok, Zapad et Kavkaz.

Réponse: Quand quelqu'un "gonfle ses muscles", cela peut simplement signifier se maintenir en forme et en bonne santé. Cela ne veut pas forcément dire que l'individu menacera quelqu'un, à en juger par le développement du fitness dans le monde.

Question: Le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a déclaré qu'il ferait tout pour empêcher le déploiement de missiles américains suite au retrait des États-Unis du Traité FNI dans les pays baltes. Quelles mesures pourraient être prises concrètement en la matière?

Réponse: Il est préférable de poser cette question à nos experts militaires. La Russie engagera également des mesures politiques – les négociations, l'exposition de notre point de vue et tout ce qu'il sera nécessaire de faire.

Question: La première réunion du groupe de travail pour la mise en œuvre de la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne est prévue ce mois-ci à Bakou. Sait-on qui participera à cette réunion côté russe et ce que la Russie en attend?

Réponse: Elle doit déboucher sur la mise en œuvre pratique des accords convenus. Je vais me renseigner pour savoir qui représentera la Russie.

Autre chose. Nous avons remarqué fin janvier la publication du correspondant d'un média ukrainien qui disait qu'il mourait de faim en Russie parce qu'il était prétendument impossible d'y trouver de la nourriture, notamment des bons fromages.

Les fromagers russes ont vivement réagi en inondant le Ministère des Affaires étrangères de lettres et en déclarant qu'ils protestaient contre une telle appréciation.

Puisqu'il s'agit d'un journaliste étranger, nos producteurs de fromage ont demandé de profiter de notre plateforme pour organiser une dégustation de leurs produits.

Nous vous invitons tous à cette dégustation, qui présente les produits des fromagers russes. Vous pouvez vous-mêmes les goûter pour vous faire un avis. Je vois que nous avons des journalistes italiens, des collègues allemands, des gens d'Europe de l'Est où ces produits sont également largement représentés. Je propose d'organiser une "compétition" de fromage. Et vous nous direz si nos fromagers méritent des éloges ou doivent encore travailler. Je voudrais vraiment connaître votre avis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Documents supplémentaires

Photos

x
x
Outils supplémentaires de recherche