31 janvier 201914:06

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 31 janvier 2019

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Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Kirghizistan

 

Du 3 au 4 février, sur invitation de la partie kirghize, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite officielle à Bichkek. Il sera reçu par le Président kirghiz Sooronbay Jeenbekov et s'entretiendra avec le Ministre kirghiz des Affaires étrangères Tchinguiz Aïdarbekov. La préparation de la visite officielle du Président russe Vladimir Poutine au Kirghizistan cette année sera au centre des pourparlers.

De plus, les interlocuteurs échangeront leurs avis sur les principaux aspects de la coopération russo-kirghize, et évoqueront la participation des deux pays aux associations d'intégration de l'espace eurasiatique, notamment dans le contexte de la présidence kirghize de l'OTSC et de l'OSC en 2019. Il est également prévu d'évoquer les questions d'actualité internationales, notamment la coopération à l'Onu.

 

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Tadjikistan

 

Du 4 au 5 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite officielle au Tadjikistan. Il sera reçu par le Président tadjik Emomali Rakhmon et s'entretiendra avec le Ministre tadjik des Affaires étrangères Sirodjiddin Muhriddin

.Les interlocuteurs évoqueront la préparation des rencontres à haut niveau et au sommet cette année. Compte tenu du rôle important du Tadjikistan en tant que membre de l'OTSC, qui plus est ayant la frontière la plus longue avec l'Afghanistan, la discussion portera sur la garantie de la sécurité régionale, l'aide à notre allié pour renforcer sa capacité défensive et la protection de la frontière sud de la CEI. Avec son homologue, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov signera le Programme de coopération entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays pour 2019.

 

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Turkménistan

 

Du 5 au 6 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se trouvera à Achkhabad où il s'entretiendra avec le Président turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow, ainsi qu'avec le Président du Cabinet et Ministre turkmène des Affaires étrangères Rachid Meredov.

Les interlocuteurs évoqueront les questions centrales de l'agenda bilatéral et les problèmes régionaux et internationaux affectant les intérêts des pays de la région de la mer Caspienne. Une attention particulière sera accordée à la coopération dans le cadre de la CEI compte tenu des priorités de la présidence turkmène de cette organisation en 2019. Durant cette visite sera signé le Programme de coopération entre les ministères des Affaires étrangères de la Russie et du Turkménistan pour 2019-2020.

 

Sur la visite de travail du Ministre thaïlandais des Affaires étrangères Don Pramudwinai en Russie

 

Du 7 au 8 février, le Ministre thaïlandais des Affaires étrangères Don Pramudwinai se rendra en Russie pour une visite de travail. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Denis Mantourov, Ministre russe de l'Industrie et du Commerce, Président de la partie russe de la Commission mixte russo-thaïlandaise pour la coopération bilatérale.

Les interlocuteurs évoqueront en détail l'état et les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale dans le domaine politique, économique et social en mettant l'accent sur la mise en œuvre des accords conclus au sommet ces deux dernières années, ainsi que sur les approches des problèmes régionaux et internationaux d'actualité.

A l'issue des pourparlers sera signé le Plan de consultations entre les ministères des Affaires étrangères de la Russie et de la Thaïlande pour 2019-2021.

 

Sur la célébration de la Journée du diplomate

 

Le 10 février, le service diplomatique russe célébrera sa fête professionnelle. Les principales activités se dérouleront un peu avant - vendredi 8 février.

Dans le cadre des activités solennelles à l'occasion de la Journée du diplomate se tiendra une cérémonie de dépôt de gerbes devant les plaques commémoratives dans l'enceinte du Ministère russe des Affaires étrangères. Les participants rendront hommage aux diplomates du Ministère tués pendant la Grande Guerre patriotique en accomplissant leur devoir, ainsi qu'aux victimes des répressions politiques.

Au cimetière de Novodevitchi, des fleurs seront déposées sur les tombes des diplomates russes émérites - anciens Ministres des Affaires étrangères, Ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de l'URSS et de la Fédération de Russie.

Selon la tradition établie, la cérémonie se tiendra en présence de représentants de la direction du Ministère russe des Affaires étrangères, de vétérans et de collaborateurs du Ministère, ainsi que de jeunes diplomates.

Dans le hall du bâtiment central du Ministère russe des Affaires étrangères sera installée une exposition documentaire historique consacrée aux anniversaires de diplomates russes et soviétiques éminents célébrés en 2019.

Une réunion solennelle se tiendra à l'occasion de la Journée du diplomate.

La veille, le 7 février à 19:00, à l'occasion de la Journée du diplomate, le Conseil des jeunes diplomates du Ministère russe des Affaires étrangères organisera avec l'Association des lauréats du concours international Tchaïkovski la première rencontre officielle avec les jeunes du corps diplomatique de Moscou et la présentation du projet "Jeunes talents – Ambassadeurs du monde" au Centre culturel de la Direction générale pour le service au sein du corps diplomatique auprès du Ministère russe des Affaires étrangères.

Pour l'accréditation, veuillez vous adresser au service d'information du Conseil des jeunes diplomates en composant le +7-916-487-43-54.

Des activités festives seront également organisées dans tous les établissements diplomatiques russes à l'étranger.

 

Sur la situation en Syrie

 

La tension ne retombe pas autour de la zone de désescalade d'Idleb. Les terroristes de l'alliance Hayat Tahrir al-Cham, dont le noyau est constitué des anciens membre du Front al-Nosra, non seulement bombardent quotidiennement les zones d'habitation à proximité, mais agrandissent également leurs groupuscules à proximité de la ligne de contact avec les forces gouvernementales syriennes.

Nous sommes sérieusement préoccupés par les communiqués rapportant que les terroristes poursuivent leurs tentatives de mettre en scène un cas d'usage de l'arme chimique contre la population civile. Selon les informations rapportées, un groupe d'activistes de l'organisation pseudo-humanitaire tristement célèbre des "Casques blancs" a préparé dans plusieurs hôpitaux d'Idleb les équipements nécessaires pour filmer de telles provocations.

Nous avons noté la publication odieuse, dans le New York Times du 26 janvier, prétendant que Hayat Tahrir al-Cham exerçait la gestion administrative d'Idleb pratiquement par des méthodes libérales. L'un des plus grands journaux américains présente les terroristes comme une force constructive qui serait capable de rétablir l'ordre et de réduire la violence dans cette province. On remarque que les auteurs de l'article passent obstinément sous silence les bombardements réguliers des positions des militaires syriens depuis Idleb. Nous avons cité ces chiffres pendant la dernière conférence de presse. Nous sommes prêts à les rappeler. Rien qu'au cours des cinq derniers mois ont été constatés plus de mille cas de violation du cessez-le-feu par les terroristes dans la zone de désescalade d'Idleb. Nous voudrions rappeler aux journalistes américains et à leur public que Hayat Tahrir al-Cham est inscrite sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies en tant qu'organisation terroriste. Elle est également reconnue comme telle par les États-Unis.

Les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies exigent de tous les membres de la communauté internationale qu'ils coopèrent dans l'élimination des terroristes. Malheureusement, il n'est pas encore question d'efforts coordonnés dans ce sens ni d'un large front antiterroriste, deux sujets sur lesquels la Fédération de Russie a pourtant insisté à plusieurs reprises. Des civils syriens sont tués par des djihadistes. En l'espace d'un seul mois, du 21 décembre 2018 au 21 janvier 2019, les attentats dans différentes régions syriennes ont fait au moins 10 morts, dont deux enfants, et des dizaines de blessés.

En ce qui concerne la situation humanitaire en Syrie, je voudrais m'arrêter sur plusieurs points.

Premièrement, les informations de l'Onu témoignent de tendances positives dans le domaine humanitaire. Selon l'Organisation, l'accès humanitaire s'est nettement amélioré dans le pays depuis un an. Au mois de janvier 2019, le nombre de Syriens résidant dans des régions difficiles d'accès avoisinait 1 million de personnes. C'est presque trois fois moins par rapport au niveau constaté par l'Onu fin 2017 – presque 3 millions de personnes.

Deuxièmement, je voudrais attirer une nouvelle fois l'attention sur la situation désastreuse des habitants du camp de Roukban pour les déplacés internes, qui se trouve dans la "zone de sécurité" de 55 km autour d'al-Tanf. L'entière responsabilité de la situation déplorable dans ce camp revient aux États-Unis, qui occupent illégalement cette zone, y ont déployé une base militaire, et où ils assurent une une logistique matérielle et technique régulière. Sans aucunement contribuer à la fourniture de la nourriture et de médicaments aux habitants de Roukban. Des mesures doivent être prises immédiatement pour reloger ce camp. Tant que cela ne sera pas le cas, nous partons fermement du principe que c'est la partie américaine qui doit assurer des conditions de vie normales pour les résidents. Nous appelons Washington à retirer immédiatement ses troupes de la zone autour d'al-Tanf et à transmettre le contrôle de ce territoire au gouvernement syrien, qui pourra prendre soin de ses citoyens.

A l'heure actuelle, l'Onu prépare un second convoi d'aide humanitaire pour les habitants du camp. Tous les paramètres de cette opération sont en cours de mise au point avec le gouvernement syrien. Nous espérons que les spécialistes humanitaires de l'Onu empêcheront la répétition des problèmes survenus lors du premier convoi en novembre 2018, qu'ils garantiront la sécurité ainsi qu'une livraison et une répartition transparentes du chargement. Il est important de souligner également le fait que les approches intransigeantes de la Russie concernant le règlement des problèmes humanitaires à Roukban n'ont pas changé.

Compte tenu de la normalisation notable de la situation dans plusieurs régions de la Syrie, le nombre de réfugiés syriens voulant revenir dans leur foyer a considérablement augmenté. Le principal flux de Syriens provient du Liban et de Jordanie. Au total, depuis juillet 2018, quand la Russie a annoncé le début de l'initiative visant à contribuer au retour des citoyens syriens, près de 120 000 personnes sont revenues chez elles depuis l'étranger.

 

Sur la situation au Venezuela

 

La situation au Venezuela reste extrêmement tendue. Les nouvelles manifestations - qui, il faut le dire, sont bien plus modestes - sont une nouvelle preuve de la réticence de l'opposition à entamer le dialogue, malgré la disposition des autorités officielles en ce sens. Au lieu de cela,  le leader actuel de l'opposition vénézuélienne lance depuis la tribune du New York Times des appels à renverser le gouvernement légitime. Il incite ouvertement les forces armées vénézuéliennes au coup d'Etat. Je voudrais dire que l'intrigue vient notamment du fait qu'il lance cet appel sur les pages d'un journal américain. Ceux qui ont déjà tenté de publier un article d'auteur sur les pages de cette publication américaine savent à quel point c'est très difficile. Mais il y aura toujours de la place pour ceux dont on juge nécessaire qu'ils apparaissent.

Nous voyons que les sponsors occidentaux encouragent publiquement cette ligne destructive par tous les moyens. Il semble qu'il n'existe plus aucune limite pour Washington – ni interétatique ni économique ni morale.

Malheureusement, on ne peut pas dire que le risque d'un grand conflit armé soit résorbé. La présence de "toutes les options sur la table", y compris d'une ingérence extérieure militaire dans les affaires intérieures d'un État souverain, est directement indiquée par le sujet très médiatisé concernant la note sur le carnet du conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton concernant la projection de 5 000 militaires américains dans un État voisin du Venezuela. A en juger par la réaction du gouvernement du pays mentionné dans le texte, cette question n'était même pas soulevée avec ce dernier. Nous avons vu un commentaire de ce pays, mais pas des responsables américains. Le fait que la communauté internationale ne peut pas obtenir de réponse à la question directe de savoir qui sont ces 5 000 militaires qui doivent être projetés ou activés sur le territoire d'un État voisin du Venezuela, le fait que Washington ne peut pas répondre à cette question concrète témoigne, selon moi, du fait que ces dernières années aux États-Unis tout se règle par le biais des intrigues de palais, et non par les procédures démocratiques.

Nous saluons la réticence des acteurs de la région à suivre le sillage de la ligne militariste des États-Unis. Nous appelons tous nos partenaires de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes sans exception à songer très sérieusement au rôle qui leur est imparti en réalité par Washington dans la préparation et le déclenchement d'un scénario de force dans la région, comme cela a été fait plus tôt en Irak, en Libye, en Syrie et en Ukraine. Quelle ampleur atteindra la crise humanitaire et migratoire en cas de réalisation de ces plans? Si la vision actuellement imposée au monde était finalement réalisée, dans un an ou deux vous couvrirez des conférences internationales visant à décider comment aider à sauver le Venezuela. Malheureusement, nos pronostics dans ce domaine se réalisent très souvent. La communauté internationale, notamment via les ressources de l'Onu et d'autres plateformes internationales, cherchera une aide de sponsors et de donateurs pour reconstruire cet État et sa structure étatique. Les pays de la région demanderont à tous les acteurs mondiaux ce qu'il faut faire et comment éteindre cet incendie. Tout cela arriverait si le scénario imposé par les États-Unis l'emportait une nouvelle fois. Il n'a pas gagné partout ces dernières années, vous en connaissez des exemples. Si ce qui est proposé à toute la communauté internationale à titre d'option unique pour le Venezuela prenait le dessus cette fois, les conséquences ne se feraient pas attendre.

Nous voyons que tout le monde est loin d'être prêt à s'orienter aveuglément sur les "recettes de règlement" de la situation au Venezuela obstinément promues par Washington. Un grand groupe d’États adopte fermement la position de respect d l’indépendance et de la souveraineté étatique, reste rigoureusement attaché au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures de ce pays, prône une solution pacifique, l'établissement d'un dialogue entre le gouvernement légitime et l'opposition afin d'empêcher un approfondissement de la crise.

Il faut mentionner la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies du 26 janvier, qui a marqué l'échec de la tentative de Washington de transformer le Conseil de sécurité en un tribunal pour juger le gouvernement légitime de Nicolas Maduro. A noter aussi la position des participants à la réunion qui font partie du Mouvement des non-alignés, qui ont directement exprimé le caractère inadmissible de l'ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela.

La déclaration conjointe des chefs d’État de la Caricom adoptée ce 25 janvier, la déclaration du 28 janvier publiée sur le site officiel du Parlement latino-américain (Parlatino) et l'initiative conjointe du Mexique et de l'Uruguay pour l'établissement d'un dialogue entre toutes les forces du pays sont un modèle d'approche pondérée.

Malgré les ultimatums douteux de certains pays européens, on perçoit clairement le rejet par l'UE de la fameuse doctrine de Monroe, dont la réanimation est pathétiquement promue ces derniers temps par l'administration américaine. Les forces politiques sensées savent parfaitement que l'unique solution pour sortir de la crise passe par un large dialogue intérieur au Venezuela. De notre côté, nous sommes prêts à participer aux efforts de médiation ou de consultation afin de surmonter la crise. Nous saluons la disposition du Président vénézuélien à un tel dialogue.

Je voudrais mentionner les nouvelles sanctions américaines qui constituent un élément supplémentaire du plan de la Maison blanche pour l'accomplissement d'un coup d'État au Venezuela. Les conséquences de ces sanctions pourraient largement dépasser le territoire d'un seul État. Nous appelons très activement la communauté internationale, et notamment les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, à analyser toutes les répercussions éventuelles de cette initiative. Il ne s'agit pas que d'un geste d'intimidation ciblant le peuple vénézuélien indépendant, qui a choisi sa propre voie de développement et a subi pour cela une agression politique et économique extérieure. Je suis toujours "ravie" quand on évoque des indicateurs intérieurs (économiques, financiers ou sociaux) d'un État en oubliant tout le temps de mentionner la pression extérieure exercée sur ce pays et par qui. Ces facteurs jouent un rôle direct, notamment dans l'économie de cet État. Si les mesures proposées étaient adoptées, ce serait une voie directe vers la catastrophe, y compris écologique, qui pourrait porter un préjudice irréparable à la vie et au développement des autres pays de la région.       

Consultez les experts, demandez-leur ce qui se passerait si l'on arrêtait brusquement le processus technique de production des produits pétroliers. Est-ce possible en principe ou non? Que faut-il faire pour mettre en œuvre ce plan? Quelles seraient les conséquences de ce dernier? Le pétrole que Washington a interdit d'acheter auprès du gouvernement légitime de Nicolas Maduro pourrait bientôt se retrouver dans l'océan. Est-ce que quelqu'un a posé cette question? A-t-on proposé des solutions techniques? Dans la mise en œuvre de ses objectifs politiques et de ses ambitions de conjoncture, Washington ne prend malheureusement pas en considération les répercussions élémentaires de ses actes, qui sont absolument évidentes pour toute personne qui est plus ou moins au courant des technologies de production des produits pétroliers. Tout cela ressemble à un sabotage de grande envergure qui non seulement concerne la dimension politique et porte un coup géopolitique aux relations internationales, mais provoque aussi des répercussions écologiques directes pour toute une région.

La "voix de la raison" se fait de plus en plus forte, notamment aux États-Unis. Ainsi le Washington Post cite les propos de Ro Khanna, congressiste démocrate de l’État de Californie, qui estime que la politique actuelle de la Maison blanche envers le Venezuela constitue un mépris de la Charte de l'Onu. Je comprends bien que les articles de ce genre s'expliquent également par la politique intérieure des États-Unis, mais peut-être que dans cette situation il serait utile d'écouter ce que dit l'opposition?

Nous appelons toutes les forces raisonnables, au Venezuela et à l'étranger, à faire tout leur possible pour trouver comment faire retomber la tension dans ce pays.       

 

Sur les parallèles historiques au sujet de la non-ingérence mutuelle des États dans les affaires intérieures des autres

 

Au début des années 1860, l'Empire russe et les États-Unis, deux pays ayant des systèmes politiques très différents, faisaient face à des défis intérieurs et extérieurs majeurs, liés notamment à une pression croissante de la part des puissances étrangères.

La Russie subissait les dures conséquences de la guerre de Crimée. Parallèlement, les États-Unis, minés par des divergences intérieures, se sont retrouvés à la limite du démembrement - ce qui a provoqué la guerre civile. Les principales puissances d'Europe occidentale souhaitaient profiter de la situation pour renforcer leurs positions dans l'hémisphère Ouest.

La note d'Alexandre Gortchakov adressée le 28 juin/10 juillet 1861 à Edouard de Stoeckl, Ambassadeur russe aux États-Unis, et approuvée par l'empereur russe Alexandre II (le texte inclut sa remarque "Qu'il en soit ainsi"), explique clairement la position russe: l'intérêt à maintenir l'intégrité territoriale des États-Unis et le soutien au pouvoir légitime du Président élu Abraham Lincoln. Le Chancelier russe Alexandre Gortchakov avait chargé Edouard de Stoeckl de présenter ce texte à Abraham Lincoln et, si possible, de le publier dans la presse du pays. Abraham Lincoln a été profondément touché par le contenu de ce document et a demandé de transmettre à l'Empereur sa reconnaissance sincère.    

A titre de comparaison, les alliés actuels les plus proches des États-Unis, les Britanniques, tout comme les Français, promouvaient des positions opposées à celle du président Lincoln. Malgré leur neutralité officielle, ils examinaient sérieusement l'idée de reconnaître la Confédération et de lancer une intervention - même s'ils ont renoncé en fin de compte.

En 1863, le Secrétaire d'État William Seward a fait la remarque suivante dans son entretien avec l'Ambassadeur russe Edouard de Stoeckl: "Alors que nous nous opposons à toute ingérence dans notre querelle intérieure, de quel droit pourrions-nous nous ingérer dans les affaires des autres États?" Cela a été repris dans le rapport d'Edouard de Stoeckl adressé à Alexandre Gortchakov le 29 avril/11 mai 1863. Ce document a été annoté par Alexandre II, qui a écrit "Bravo!"

Abraham Lincoln a dit: "Nos intérêts, identiques, notamment le principe de non-ingérence extérieure, convergent encore une fois. Ce principe est devenu le fondement de notre politique nationale et, malgré la dure crise que nous subissons, nous avons décidé de nous tenir à ce principe".

Ces propos valent de l'or. Les Américains devraient se souvenir de ces propos, des paroles du père fondateur de la démocratie américaine, du 16e Président américain, du vainqueur de la guerre entre le Nord et le Sud, de l'homme qui a laissé une trace indélébile dans l'histoire des États-Unis.

Quand les responsables américains expliquent leur décision de s'ingérer grossièrement dans les affaires du Venezuela, ils disent habituellement qu'ils veulent rétablir la démocratie dans ce pays, qu'une partie considérable de la population s'oppose à la politique du président légitime, que les citoyens sont malheureux parce qu'on ne les entend pas. Est-ce que cela ne vous rappelle rien? Il s'agit de la situation actuelle aux États-Unis, où une partie considérable de la population s'oppose  à la politique du Président américain actuel, aux changements et à politique qu'il a lancés dans le pays. Vous souvenez-vous de la situation aux États-Unis juste après les élections de 2016? Je voudrais rappeler que la candidate vaincue avait, dans les faits, recueilli les voix de la majorité de la population américaine. Je pense que cela aurait pu facilement constituer une raison de soutenir la grande partie des Américains qui contestaient les résultats des élections. Mais pourquoi personne n'a rien fait? Quand les lois, la Constitution et le respect de l'ordre constitutionnel l'emportent sur l'opinion d'une grande partie de la population, n'est-ce pas là, justement, la démocratie? Je comprends bien qu'il s'agit de deux situations très différentes, mais elles présentent également beaucoup de similitudes.

 

Sur le refus de délivrer des visas américains aux proches de Viktor Bout

 

Nous sommes indignés par le retard de six mois dans la délivrance de visas américains à Alla Bout, épouse de Viktor Bout condamné aux États-Unis sur une accusation douteuse, et leur fille Elizaveta. Elles avaient l'intention de rendre visite à leur père et mari pour la première fois depuis 2012. Je rappelle qu'il a été arrêté en 2008 à Bangkok sur une requête de Washington, puis extradé en Amérique où, après avoir refusé de reconnaître sa culpabilité, il a été condamné à 25 ans de prison.

Alla et Elizaveta avaient déposé leur demande à l'Ambassade des États-Unis à Moscou en juillet 2018, et en septembre elles avaient été reçues pour un entretien. Cependant, depuis, le processus n'a pas du tout avancé. Les diplomates américains utilisent le prétexte bureaucratique que cette demande de visas suit une "vérification administrative supplémentaire". Je ne comprends pas: ils vérifient le but de la visite des membres de la famille de Viktor Bout aux États-Unis? La semaine dernière, le Ministère des Affaires étrangères a envoyé une note à ce sujet pour exiger de remédier à cette situation.

Viktor Bout a d'abord été accusé de trafic d'armes aux États-Unis sans preuves tangibles, en s'appuyant uniquement sur la déposition des agents provocateurs, et condamné à une énorme peine de prison. Maintenant on l'empêche de voir ses proches après sept ans de séparation.

Cette situation témoigne clairement de la situation sans précédent liée à l'obtention de visas américains en Russie, quand c'est précisément à cause des actions de Washington que de nombreux citoyens russes ratent leurs voyages dans le cadre des liens d'affaires, culturels, sociaux, scientifiques et sportifs.

Nous voudrions espérer que les autorités américaines cesseront de rompre les liens entre nos pays et peuples, de se venger contre leurs propres citoyens et ceux des deux pays. Je rappelle que de nombreuses personnes détiennent les passeports des deux pays, des titres de séjour. Ils ont des proches à qui ils veulent rendre visite, et désirent poursuivre une vie normale.

Nous espérons que, puisqu'ils retiennent déjà notre citoyen Viktor Bout depuis plus de dix ans, ils laisseront au moins la possibilité à son épouse et sa fille de lui rendre visite.

 

Sur la situation autour des médias russes en Allemagne

 

Nous notons que la vaste campagne visant à discréditer les médias russes et russophones en Allemagne prend de l'ampleur dans les médias de ce pays.

Cette critique infondée est dirigée avant tout contre la chaîne Russia Today Deutsch et l'agence Sputnik Allemagne, qui sont diffusées en allemand et sont assez populaires auprès du public de ce pays. Récemment, le quotidien Bild, dont la russophobie fait désormais partie intégrante de sa politique de rédaction, a organisé une véritable hystérie concernant les plans de Russia Today d'obtenir une licence pour diffuser sur le câble allemand. Le tabloïd allemand a persécuté le rédacteur en chef de la chaîne MDR Wolfgang Kenntemich, à qui il a été proposé de rejoindre le conseil consultatif auprès de la chaîne, le qualifiant de "lobbyiste de la machine de propagande du Kremlin".

Bild a été rejoint par l'Association des journalistes allemands (DJV), dont le dirigeant Frank Überall a publiquement appelé à ne pas délivrer de licence à la chaîne Russia Today Deutsch et a déclaré dans un communiqué de presse que RT était un "instrument de propagande du Kremlin" propageant la désinformation. Et si nous publiions un communiqué de presse identique sur les journalistes allemands qui travaillent en Fédération de Russie?

Plus tôt, en décembre 2018, la DJV avait refusé de donner son commentaire à l'agence Sputnik concernant le scandale autour du journaliste du Spiegel Claas Relotius, tristement célèbre pour avoir inventé des informations pour ses articles. Le représentant de l'association, Hendrik Zörner, avait déclaré que son organisation existait "pour les journalistes dont la vocation était d'informer et d'apprendre, et non pour les propagandistes subventionnés par des États autoritaires qui répriment les journalistes indépendants et ont supprimé la liberté d'expression chez eux". Avez-vous entendu dire quelque chose de ce genre de la part des représentants allemands concernant la situation en Ukraine? Tout ce qu'il a dit vaut pour la situation en Ukraine: on empêche les journalistes d'y entrer, la liberté d'expression a été supprimée, il n'y a pas de point de vue alternatif mais une vaste désinformation.

Afin d'expliquer la situation aux médias allemands qui travaillent en Allemagne et viennent rarement à Moscou, je voudrais dire que les journalistes allemands travaillent en Fédération de Russie en profitant de tous les bienfaits de la liberté d'expression. Si quelqu'un en doute: venez pour vous en convaincre.

De telles affirmations sans appel concernant les médias russes sont également avancées activement par la Deutsche Welle, financée par le budget allemand. Récemment, lors d'une média-conférence, son patron Peter Limbourg a consacré tout un discours au problème de la prétendue "désinformation russe" et de la confiance en berne dans les médias allemands dits prestigieux, en appelant la police et le parquet à veiller plus rigoureusement au respect de la loi sur les réseaux sociaux.

Ces derniers temps, nous assistons également à des tentatives de diaboliser les différentes associations de compatriotes russes et la presse russophone en Allemagne. Ainsi, le plus grand site d'information allemand T-online.de, connu pour ses fausses démystifications sur Russia Today Deutsch et Sputnik Allemagne, ainsi que la chaîne publique ARD ont diffusé une série de pseudo-investigations infondées sur certaines organisations de compatriotes et le site russophone Russkoe pole. Ils imposeraient aux Allemands des "valeurs étrangères" et représenteraient un "réseau d'influence ramifié de Moscou".

Je voudrais dire que nous enverrons très prochainement toutes les publications sur cette campagne à l'OSCE, parce que cette dernière souhaite vraiment combattre activement les fakes. Tout ce que je viens de mentionner sera envoyé en tant qu'exemple de désinformation en Allemagne par le biais des médias allemands, dont certains sont financés par le budget public allemand.

Nous voyons une grande attaque menée en Allemagne contre les médias russes. Non sans la participation de l’État. Il s'agit manifestement d'une campagne organisée pour discréditer la presse russe. Le motif principal semble être la commande de l'establishment d'opprimer la voix des médias russes. Je répète que nous informerons les structures internationales compétentes de cette situation en Allemagne.

 

Sur le caractère inefficace et contreproductif des sanctions antirusses de l'Occident

 

Depuis 1974, notre pays n'a pas connu un jour sans sanctions américaines. Pendant des décennies, l'establishment américain a considéré la Russie comme un État contre lequel il était absolument normal d'introduire des sanctions.

En 1974, les États-Unis ont adopté l'amendement Jackson-Vanik interdisant d'octroyer à l'URSS le régime commercial le plus favorable, des crédits d'État et des garanties de crédit.

En 1980, on a constaté le boycott des Jeux olympiques par plus de 60 pays, notamment les États-Unis rejoints par d'autres pays occidentaux. Ce dernier avait été provoqué par l'opposition de l'Occident à l'entrée des troupes soviétiques sur le territoire de l'Afghanistan. Personne ne se demande ce qui s'est passé ensuite ou pourquoi les États-Unis n'ont-ils pas introduit de sanctions contre eux-mêmes. Cela aurait été intéressant.

1981: le blocus de la construction du gazoduc Ourengoï-Pomary-Oujgorod, qui a conduit à un embargo sur les livraisons d'équipements de haute technologie américains en URSS.

On a constaté ensuite une petite pause, qui n'était en rien une levée des sanctions précédentes: il ne s'agissait que de l'absence de nouvelles restrictions. C'était à la fin des années 1980 et au début des années 1990. On comprend aujourd'hui les raisons historiques de ce répit.

1998: une "liste noire" scientifique des organisations qui auraient violé les sanctions anti-iraniennes (autrement dit, des sanctions à cause des sanctions).

2012: la loi Magnitski.

2014: le début d'une période de sanctions liées à la crise ukrainienne et renforcées en 2018 par de nouvelles initiatives relatives à l'affaire Skripal que nous avons déjà évoquée à plusieurs reprises.

On a dénombré au total 65 vagues de sanctions américaines jusqu'à aujourd'hui. Est-ce que les Américains ont réussi à atteindre les objectifs fixés? Non.

Mais ce n'est pas l'élément le plus intéressant. Il s'est avéré que les sanctions torpillaient les positions de ceux qui les prenaient dans le commerce international. Je vais vous présenter des chiffres objectifs: les exportations européennes en Russie ont chuté de près de 50 milliards de dollars de 2014 à 2017, ce qui a supprimé environ 400 000 emplois en Europe selon le Parlement européen. Le plus ridicule est que ces dégâts sont absolument asymétriques car les exportations américaines en Russie n'ont perdu que 4 milliards de dollars pendant la même période. Les Européens sont donc obligés de payer le prix fort le fait d'avoir délégué leur politique étrangère à leurs collègues américains. Visiblement, ils peuvent se le permettre.   

Par ailleurs, les sanctions portent également préjudice aux États-Unis, notamment à cause de l'aggravation des perspectives à long terme des entreprises américaines en Russie. Selon l'analyse de la Chambre de commerce américaine en Russie, 84% de ces entreprises ont souligné l'influence négative de ces mesures, 25% des sociétés ont été obligées de geler leurs projets, alors que plus d'un tiers d'entre elles ont affirmé que les restrictions liées aux sanctions les avaient mises dans des conditions défavorables par rapport à leurs concurrents des autres pays. Quelques années après l'introduction de sanctions américaines interdisant aux entreprises américaines de travailler sur le marché russe, on constate une progression spectaculaire de la Chine, notamment en Russie. Des sanctions ont donc été introduites contre la Chine pour freiner ce processus.

Il est absolument évident que les sanctions et les guerres commerciales lancées par les États-Unis affectent considérablement l'économie mondiale et torpillent les fondements de l'ordre économique international. La formation des relations économiques internationales a quitté le champ du droit. Au lieu de cela, les États-Unis ont recours à des moyens de force de résolution des questions économiques et imposent leurs propres intérêts en recourant à un protectionnisme agressif. Grâce aux médias, nous prenons connaissance des échanges entre les ambassadeurs américains et l'opinion publique de leurs pays de séjour. On constate des menaces directes adressées aux grandes, moyennes et petites entreprises, ainsi qu'à la population en général. Washington use d'un chantage actif pour résoudre les questions liées aux problèmes apparus dans le cadre des sanctions introduites par les États-Unis.  

Les milieux d'affaires occidentaux ont toujours intérêt à entretenir des liens avec les entreprises russes, malgré toutes les initiatives politiques de leurs États. Des entreprises de beaucoup de pays européens examinent objectivement les perspectives de développement de leur coopération avec leurs partenaires russes et continuent de participer aux expositions internationales organisées en Russie. Ainsi, la délégation des milieux d'affaires américains était encore une fois l'une des plus importantes lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg en 2018, avec plus de 550 membres.  

La coopération de la Russie avec les pays étrangers dans le domaine des investissements ne cesse également de se renforcer. Ainsi, le volume des investissements directs a pratiquement atteint 28 milliards de dollars en 2017.

 

Réponses aux questions:

Question: Le Président vénézuélien Nicolas Maduro a récemment déclaré qu'un attentat était préparé contre lui, et que s'il mourait c'est le Président américain Donald Trump qui devrait être tenu pour responsable. Comment la Russie réagit-elle à cela?

Une médiation internationale pour le règlement de la crise au Venezuela est-elle envisageable?

Réponse: J'ai parlé aujourd'hui des possibilités et des intentions de la Russie de participer au dialogue entre les forces politiques intérieures au Venezuela  en tant que conseillère et médiatrice. La Russie pourrait jouer un tel rôle, mais seulement avec l'accord des parties.

Quant à notre position concernant le caractère inadmissible non plus d'une simple ingérence, mais de la gestion de la crise vénézuélienne intérieure et du coup d’État, à cet égard nous avons entrepris des démarches très actives sur la plateforme internationale du Conseil de sécurité des Nations unies et dans nos contacts bilatéraux. Ces efforts seront poursuivis très prochainement.

De plus, nous percevons de manière très positive les tentatives de régler la situation, de créer et de constituer une base analytique appropriée, ainsi que d'apporter au Venezuela une aide, initiées par les acteurs régionaux qui n'agissent pas sous le diktat de Washington et comprennent qu'ils seront les premiers à être affectés par les résultats de la crise vénézuélienne, et que personne ne les aidera à trouver une issue à leurs propres problèmes cette fois. Les exemples sont devant nous: le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. C'est la même chose. Voyez le Printemps arabe, la "lutte pour la démocratie" et l'aide à la population pour "acquérir la liberté", puis les longues années de tentatives persévérantes pour trouver la réponse à la question, par exemple, "quoi faire avec la Libye?" Sachant que ce n'est pas tant la Libye ni les pays voisins qui cherchent la réponse à cette question, mais l'Italie, qui organise conférence sur conférence, qui soulève cette question sur toutes les plateformes internationales. Ce n'est pas une expérience datant de deux cents ans, mais littéralement une situation observée ces dernières années. Une décennie ne s'est pas encore écoulée depuis le moment, notamment en Libye, où l'on y a cherché la démocratie et tenté de rendre aux habitants leur liberté. Au final on leur a pris l'un et l'autre. En plus de la situation désastreuse et de l'absence de perspectives à court terme, ces gens n'ont plus rien du tout.

En ce qui concerne la déclaration du Président vénézuélien Nicolas Maduro au sujet des inquiétudes pour sa propre sécurité, il ne saurait en être autrement quand les représentants des structures de forces américaines déclarent officiellement et directement qu'il doit être renversé, qu'ils ne le reconnaissent pas en tant que Président du Venezuela, qu'ils ne reconnaissent pas son immunité, son statut et ses décisions. Le signal qu'il n'est plus Président est clairement envoyé. Or s'il n'est pas Président, cela signifie qu'il ne dispose de rien, ni de l'immunité ni de n'importe quelle protection. Comment le percevoir autrement?

De plus, nous voyons que Washington mise pratiquement tout pour imposer sa propre solution au problème vénézuélien. Compte tenu de l'absence de succès de la politique étrangère américaine dans d'autres régions du monde, il pourrait s'agir d'une nouvelle tentative de détourner l'attention des échecs sur d'autres questions problématiques.

Je rappelle que les États-Unis ont promis énormément de choses au Moyen-Orient. Nous attendons encore l'"accord du siècle" dont on ignore tout et que personne ne comprend. Nous attendons toujours la "victoire totale" sur Daech, les solutions globales promises, par exemple, sur la situation dans la péninsule coréenne. Rien de globalement positif ne se produit nulle part.

Nous assistons peut-être à la répétition de la situation observée à Cuba quand, pour inscrire à son actif en politique étrangère sa propre activité irremplaçable sur la scène internationale, un grand groupe d'entrepreneurs américains a débarqué sur l'île, sous les drapeaux de l'ex-président américain Barack Obama, et qu'un grand nombre de projets d'accords a été signé (notamment le règlement de la "question cubaine"). Puis tout cela s'est avéré être du bluff et un mensonge. Il pourrait s'agir d'une situation similaire, et on ne voudrait pas qu'elle se reproduise.

Question: On constate ces derniers temps beaucoup de bavardages concernant les propos d'Igor Zoubov, Vice-ministre russe de l'Intérieur, sur le transfert des combattants de Daech vers la frontière afghano-pakistanaise. Que pourriez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Nous avons vu ces publications. Je pense qu'il s'agit d'un banal lapsus. Il y a bien des déplacements de combattants de Daech vers le territoire afghan, ce que nous avons évoqué à plusieurs reprises. Je pense que c'est de cela qu'il s'agit.

En ce qui concerne le Pakistan, nous avons une coopération étroite dans le domaine antiterroriste, ainsi que sur la question afghane. Moscou et Islamabad sont tous les deux préoccupés par le renforcement des positions de Daech en Afghanistan et l'expansion de ce groupe, encouragée de l'extérieur.

Globalement, nos alliés au sein de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), ainsi que nos partenaires au sein de la Communauté des États indépendants (CEI) et de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) coopèrent activement afin de réduire au maximum la menace liée à la crise en Afghanistan. Nous observons et analysons constamment les facteurs et les risques principaux que nos pays ne peuvent pas se permettre de sous-estimer. Tout cela est fait au nom du bien-être de la population.

La Russie compte résolument poursuivre les efforts communs dans ce domaine pour exclure toutes les tentatives de déstabiliser la situation en Asie centrale et dans l'espace de la CEI.      

Je voudrais souligner encore une fois la contribution spéciale à ce travail des États frontaliers de l'Afghanistan. Dans le cadre du partenariat stratégique avec ces derniers, la Russie leur offre son aide en matière de protection et de sécurité des frontières et est prête à élargir son soutien. Je voudrais mentionner spécialement que l'OTSC et la CEI adoptent également des mesures visant à soutenir les efforts de ces pays, notamment du Tadjikistan qui est un partenaire-clé dans le domaine de la sécurité des frontières. Nos alliés accueillent la 201e base militaire russe à Douchanbé, et la base aérienne de Kant. Ces sites protègent les intérêts de tous les membres de l'OTSC et garantissent la sécurité et la stabilité de toute la région.

Question: Dan Coats, directeur du renseignement national des États-Unis, a récemment annoncé que les belligérants afghans - c'est-à-dire Kaboul et les Talibans - ne seraient pas en mesure d'obtenir un avantage stratégique militaire si le soutien des forces de la coalition restait au même niveau. Est-ce que cela signifie, selon vous, que les États-Unis ont définitivement reconnu l'impossibilité d'une victoire militaire sur les Talibans?

Réponse: Quand j'entends les mots "définitif, "États-Unis" et "Afghanistan" dans une seule phrase, je rappelle toujours que les décisions de Washington dans ce domaine sont loin d'être systémiques et à long terme du point de vue de la conception et de l'analyse des perspectives. Ces derniers temps, la stratégie américaine change tous les six mois. C'est pourquoi je serais plus prudente avec la formule "reconnaissance définitive" concernant les actions de Washington dans ce domaine.

Je pense qu'il ne s'agit que d'une opinion personnelle.      

Question: Votre homologue chinois Geng Shuang a annoncé que les États-Unis étaient responsables de la misère du peuple vénézuélien. Juan Guaidó a étudié en 2007 à l'Université catholique Andrés Bello et à l'Université George-Washington aux États-Unis. Mikhaïl Saakachvili est lui aussi diplômé de ces universités. Il semblerait qu'il existe aux États-Unis un centre de formation des leaders d'opposition. Le Ministère russe des Affaires étrangères pourrait-il organiser une conférence pour étudier ce sujet de manière plus détaillée?

Réponse: Ce sujet a déjà fait couler beaucoup d'encre. Il n'y a rien à examiner. Il aurait fallu étudier et recueillir certains données et faits avant l'apparition d'internet. Aujourd'hui, on sait déjà tout, il existe des détails et des photos. La question réside plutôt dans le fait suivant: malgré l'omniprésence de ces informations, un nombre de personnes et de forces politiques au Venezuela ne comprend pas qu'il s'agit d'une offre étrangère et imposée à leur pays dans un bel emballage. Personne ne réfléchit à ce qui attend le pays dans le futur. Ne pas apprendre des erreurs du passé, échanger une vision objective contre de belles paroles et promesses… tout cela fait probablement partie de la nature humaine. Il est difficile de le savoir au juste. Dans notre cas, il ne s'agit d'aucune révélation concernant le politicien que vous avez mentionné. Tout est connu, clair et absolument évident.  

Question: Quelles actions visant à soutenir officiellement Nicolas Maduro envisage-t-on au niveau du Ministère russe des Affaires étrangères?

Réponse: Nous l'avons déjà évoqué. Il s'agit d'un soutien au système constitutionnel du Venezuela, à la souveraineté de cet État, d'actions sur les plateformes internationales, allant du Conseil de sécurité de l'Onu aux contacts bilatéraux et multilatéraux, de nos déclarations. Croyez-moi, c'est déjà beaucoup. En ce qui concerne l'octroi d'une aide au Venezuela dans le règlement de cette situation (il n'est pas question d'un affrontement intérieur mais plutôt d'un soutien incessant et de l'organisation d'une crise intérieure de l'étranger), nous avons entrepris beaucoup d'efforts pour que la situation ne se dégrade pas aussi rapidement que certains l'espéraient. Il semble que les États-Unis planifient depuis longtemps de changer rapidement la situation au Venezuela. Sans la résistance intérieure considérable et les réactions de grands acteurs et puissances, qui ont exprimé leur opposition de principe à ce plan, la situation se serait dégradée il y a longtemps.   

Question: Il y a trois jours, Ilham Aliev a déclaré que l'Azerbaïdjan dotait son armée d'armements modernes parce que le pays était en état de guerre. De quels préparatifs de paix peut-on parler? Ne pensez-vous pas que sans une participation directe des Artsakhs aux négociations, il sera impossible de régler le problème du Haut-Karabakh?

Réponse: Notre position à ce sujet est immuable et n'a pas changé. La première partie de votre question ne s'adresse certainement pas à la Russie.

Nous remplissons une fonction de médiation de manière consciencieuse et qualifiée. Nous saluons les contacts politiques qui ont eu lieu ces derniers temps entre Erevan et Bakou à différents niveaux. Nous avons entendu les appréciations constructives exprimées par les capitales concernées à ce sujet. Nous pensons que c'est la bonne voie pour avancer.

Question: Que pouvez-vous dire de la situation concernant la disparition en Ukraine du capitaine du navire russe Nord, Vladimir Gorbenko. Le SBU (Service de sécurité ukrainien) pourrait-il être impliqué?

Réponse: A l'étape actuelle, je peux seulement dire que le Ministère russe des Affaires étrangères et l'Ambassade de Russie en Ukraine cherchent à déterminer toutes les circonstances de cette situation. Comme vous le savez, nous suivons toujours de manière prioritaire la situation des citoyens russes qui sont dans une situation difficile à l'étranger.

Question: Mi-février 2019, les ministres des Affaires étrangères de la Russie et du Japon devraient se rencontrer en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité. A quel stade en sont actuellement les préparatifs de cette rencontre?

Réponse: En ce qui concerne votre première question concernant les contacts éventuels: vous le savez, conformément à l'accord conclu à l'issue de la rencontre du Président russe Vladimir Poutine avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe à Moscou ce 22 janvier 2019, nous étudions la possibilité de poursuivre les contacts au niveau des ministres des Affaires étrangères. En effet, la Conférence de Munich à venir pourrait être une opportunité. En cas de participation des délégations des deux pays au niveau des ministres des Affaires étrangères à son travail, de tels contacts pourraient avoir lieu. Mais nous n'avons pas encore annoncé officiellement la participation du Ministre des Affaires étrangères à cette conférence, qui est également à l'étude.

Question: Des médias japonais, se référant à des sources gouvernementales, ont rapporté il y a quelques jours que Sergueï Lavrov pourrait se rendre au Japon en mars ou en avril. La Russie étudie-t-elle la possibilité d'une telle visite?

Sur le fond des négociations: les représentants russes, notamment le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'issue de l'entretien avec son homologue japonais, insistent sur le fait que le Japon doit tout de même reconnaître les résultats de la Seconde Guerre mondiale à part entière, y compris la souveraineté de la Russie sur les Kouriles du Sud. Le Japon ne peut pas accepter cette exigence pour diverses raisons.

Réponse: Je pense que l'on peut dire que la position russe est consolidée. Elle tient effectivement compte de l'avis du pouvoir exécutif, du public, des milieux scientifiques, des historiens et s'appuie sur des principes clairs et nets. Il n'y a aucune incohérence.

En ce qui concerne le Japon je serais tout de même plus prudente car il y existe différentes "écoles de pensée". En l'occurrence je ne peux pas ne pas vous corriger.

Question: Néanmoins, il semble que les négociations commencent à s'enliser. D'après vous, quelle est l'issue de cette situation? Des compromis sont-ils possibles? La Russie pourrait-elle changer, assouplir sa position?

Réponse: Concernant votre question sur la publication dans les médias japonais de l'information concernant l'éventuelle visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Japon - vous avez même mentionné des dates - à l'étape actuelle cette visite ne figure pas sur le calendrier. Nous vous informerons de tout changement éventuel.

Quant aux négociations qui "s'enlisent": je ne partage pas du tout ce point de vue. Le travail est en cours. Nous avons dit ce qui ne nous convenait pas, à savoir les déclarations publiques qui ont été faites en dehors des négociations, de l'entente antérieure au sommet, et qui n'étaient pas du tout diplomatiques, qui étaient provocatrices. Je crois que nous avons été entendus par les autorités japonaises.

Question: Vous avez dit plusieurs fois que l'Otan contrôlait l'espace aérien afghan. Est-il exact que des hélicoptères sans signes distinctifs y volent, et qui en est responsable?

Réponse: Et qui est déployé en Afghanistan? Qui mène depuis des années une opération en Afghanistan dans le cadre d'un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, sans pour autant lui rendre des comptes? C'est à eux qu'il faut le demander. Des déplacements ont lieu. Nous en parlons. Nous savons que d'une manière ou d'une autre il y a une liaison avec des combattants. Personne n'explique clairement de quels hélicoptères il s'agit, où ils se déplacent et pourquoi.

Mais cette question ne s'adresse pas à la Russie, c'est une question que la Russie pose aussi, y compris publiquement.

Question: On a déjà mentionné que la meilleure solution serait un dialogue intérieur au Venezuela. C'est exactement ce que dit la Russie - et ce que dicte le bon sens. L'opposition renonce pourtant de manière acharnée au dialogue. Quelles sont, selon vous, les raisons de cette attitude catégorique du leader autoproclamé et de son entourage? Pourquoi ne sont-ils pas intéressés par le dialogue et présentent-ils cette position de manière ostentatoire?

Le Ministère russe des Affaires étrangères a déjà exprimé sa volonté de jouer le rôle d'intermédiaire, mais ce dialogue semble très peu probable dans le contexte actuel. Moscou envisage-t-il des moyens alternatifs visant à favoriser le règlement de la crise?

Réponse: En ce qui concerne le refus du leader autoproclamé de participer aux négociations, comme vous l'avez dit, tout s'explique par le fait qu'il n'est pas un leader autoproclamé mais proclamé par des forces étrangères. Cette opération a impliqué toutes sortes de soutien: matériel, technique, moral, politique.

Je voudrais rappeler que ces forces ont déjà misé par le passé sur un autre leader d'opposition, qui a, pour une certain raison, trahi leurs espoirs. Aujourd'hui, toute cette puissance cible le nouveau leader. Tout est très simple: ce dernier fait ce qu'on lui dit de faire depuis l'étranger.  

Il est certain qu'il existe au Venezuela des problèmes qu'il est nécessaire de résoudre, tout autant que le dialogue intérieur consolidé est empêché de l'étranger. Il s'agit de deux éléments d'un scénario classique. N'importe quel État - le plus grand, petit, développé, émergent, démocratique ou monarchique - fait face à son lot de problèmes. Il est pourtant possible de résoudre n'importe quel problème à l'aide du dialogue national, qu'on peut freiner pour rendre le problème insoluble.

Un scénario de ce genre était appelé à être réalisé en Syrie. Comme nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises, on l'a mis en œuvre dans beaucoup d'autres pays. C'est pourquoi les leaders qui ont été formés à l'étranger et ont pris les rênes de la contestation ont été interdits de mener le dialogue intérieur afin de ne pas créer d'opportunités pour un règlement national de la crise vénézuélienne par les forces-mêmes du pays.

En ce qui concerne les moyens alternatifs de la Russie, je représente le Ministère russe des Affaires étrangères et fait des commentaires dans le cadre de mes compétences. Si vous avez des questions à d'autres ministères, il vaut probablement mieux les contacter.

Nous estimons que les possibilités de soutien diplomatique au Venezuela dans le règlement de cette crise très compliquée - dont le caractère s'explique notamment par l'attention des États étrangers - n'ont pas encore été épuisées. Si nous comprenons bien, les pays de la région sont du même avis. C'est pourquoi certains États ont annoncé la nécessité de convoquer d'urgence une conférence internationale. 

Question: Vous avez dit que la Russie pourrait devenir un médiateur pour le Venezuela. Pour devenir médiateur, il faut avoir de bonnes relations avec ceux que l'on souhaite réconcilier. Le Ministère russe des Affaires étrangères dispose-t-il des ressources suffisantes pour assurer un dialogue entre le Président vénézuélien Nicolas Maduro et le leader de l'opposition Juan Guaido? Y a-t-il des contacts avec l'Uruguay et le Mexique au vu de la proposition qu'ils ont faite? 

Réponse: En ce qui concerne la seconde question: cette proposition a été formulée hier. Les diplomates doivent encore l'analyser, préciser les paramètres, etc.

Quant à la première question, il ne s'agit pas de savoir si nous avons de bonnes relations avec les belligérants, mais du fait qu'il soit interdit à l'une des parties de parler ou de faire quoi que ce soit qui irait dans le sens d'un dialogue avec l'autre partie. Voilà le problème. Entre autres, vous le voyez (nous l'observons ensemble), plusieurs puissances occidentales ont individuellement commencé à proclamer le leader de l'opposition comme le prétendu dirigeant légitime du pays. Dans ce cas, si les pays et leurs dirigeants en parlent publiquement, de quel dialogue intérieur peut-on parler? Non seulement des conditions ont été créées et des règles du jeu ont été fixées pour le leader de l'opposition, qui ne peut pas et ne doit pas mener un dialogue intérieur, mais on crée également des circonstances extérieures pour que ce dialogue ne soit plus possible tout simplement.

La Russie possède du potentiel et de l'expérience. Regardez la crise syrienne et le contact avec les différents représentants du champ politique (appelons-le ainsi). De tels exemples sont nombreux, mais prenons seulement la Syrie. Nous avons d'excellentes relations avec les représentants du pouvoir, et en effet nous entretenons un dialogue très important - l'une des plus importantes contributions au lancement du processus de paix aussi bien avec l'opposition intérieure que celle qui vit à l'étranger. N'est-ce pas un exemple révélateur de l'expérience et de la capacité de la Russie à travailler pour établir un dialogue intérieur? Or la Syrie est une entité très complexe, où se confrontent un grand nombre de forces politiques, de représentants de différentes opinions religieuses et nationales. Même en professant parfois des opinions politiques similaires, les entités politiques en Syrie-même et en dehors adoptaient parfois des positions diamétralement opposées. Et nous sommes parvenus à les unir. L'organisation à Sotchi d'un forum à ce sujet avec les différentes forces politiques syriennes est un indicateur sans précédent de nos capacités en la matière. Tout le monde nous disait que c'était impossible à faire, que cela ne mènerait à rien. Et pourquoi? Cela a eu lieu, nous avons réussi. Voici un exemple montrant que les possibilités existent. Mais si, comme avec la Syrie, l'on continuait d'interdire et de motiver les différentes forces politiques vénézuéliennes à la division au lieu de chercher une solution interne, alors, évidemment, le dialogue deviendrait impossible. Mais je répète que nous avons déjà connu tout cela en Syrie.

Question: Le Ministère russe des Affaires étrangères a exprimé des doutes concernant la légitimité de l'accord de Prespa. Je voudrais entendre votre commentaire pour savoir si vous avez encore des doutes aujourd'hui. Allez-vous reconnaître la "Macédoine du Nord"? Organisera-t-on un débat au Conseil de sécurité des Nations unies?

Réponse: Le Ministère russe des Affaires étrangères s'est exprimé à de nombreuses reprises au sujet de l'accord de Prespa: vous trouverez les commentaires à ce sujet sur le site du Ministère. Ils restent d'actualité. Vous le savez, la Russie a reconnu la République de Macédoine sous son appellation constitutionnelle. Moscou a toujours prôné et prône encore aujourd'hui le règlement du litige relatif au nom de cet État sur une base acceptable à la fois pour Skopje et Athènes.

Nous constatons de nouveau avec regret que de graves violations de la législation nationale de l'une des parties et des normes du droit international ont été commises dans le processus d'approbation de l'accord sous une forte pression extérieure.

Nous pensons que personne ne doit douter que les pays occidentaux étaient guidés par leurs intérêts géopolitiques visant à intégrer au plus vite Skopje à l'Otan, et non à contribuer au règlement de ce litige bilatéral.

Question: Quelle est la situation autour du citoyen russe Alexandre Vinnik, détenu en Grèce?

Réponse: Nous suivons la situation autour du citoyen russe Alexandre Vinnik. Je rappelle qu'il a été arrêté en Grèce en juillet 2017 sur un mandat délivré par le Ministère américain de la Justice. Il mène une grève de la faim depuis fin novembre 2018, ce qui suscite de sérieuses inquiétudes.

Les représentants diplomatiques russes en Grèce insistent sur la garantie de la sécurité personnelle du citoyen russe arrêté et sur le respect de ses droits légaux. Dans nos contacts avec les autorités grecques à tous les niveaux, nous soulignons que nous attendons la délivrance du Russe au pays dont il est citoyen, c'est-à-dire à la Fédération de Russie.

Question: Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté pour la prolongation du mandat des casques bleus à Chypre. Il y a une tentative de réanimer les négociations. Le Ministère russe des Affaires étrangères soutiendra-t-il cette tentative?

Réponse: Je demanderai des précisions pour vous fournir ces informations.

Question: En février, en plus de l'entretien entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et du Japon, est attendue une rencontre des représentants spéciaux des deux pays. Connaît-on les dates et le lieu des entretiens?

Réponse: Cette question est également à l'étude.

Question: Comment vont aujourd'hui les marins russes libérés au Nigeria?

Réponse: Un communiqué à ce sujet a été publié sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Je félicite tout le monde pour leur retour au pays. Je n'ai pas d'autres détails à ce sujet.

Je dois rappeler qu'au moment où ces événements dramatiques se déroulaient début janvier, une semaine plus tard nous avons entendu un grand nombre de prétendus spécialistes qui nous donnaient des recommandations allant jusqu'aux bombardements, l'envoi de troupes et les actions de force. Merci à tous pour vos conseils. Mais nous réglons ces questions en partant de l'expérience, de l'évaluation de la situation sur place, des conditions et des circonstances. Je voudrais assurer que chacune des situations de ce genre fait l'objet d'un contrôle particulier du Ministère.

Question: Il a été rapporté cette semaine que des avions russes vides volaient au Venezuela. Pouvez-vous commenter ces communiqués?

Réponse: J'ai déjà fourni un commentaire en réponse aux questions reçues. Je ne peux pas commenter les vols d'avions qui partent à des fins non officielles. La seule chose que je puisse dire est qu'il ne s'agit pas de l'évacuation de diplomates russes, de leurs familles, de citoyens russes, de collaborateurs d'établissements diplomatiques ou de compagnies. Je peux le confirmer. En ce qui concerne le déplacement des avions, je vous prie de poser ces questions à ceux qui les affrètent, les envoient, les paient, etc.

Question: Le 10e anniversaire de l'intronisation du patriarche Cyrille aura lieu demain. La religion et la politique étrangère sont-elles liées en Fédération de Russie?

Réponse: Il faudrait cinq heures pour répondre brièvement à cette question. C'est une question historique. La politique et l’État, en tant que pouvoir exécutif, ne doivent pas s'ingérer dans les affaires de l’Église en l'absence de format adéquat - des plateformes internationales ou de coopération. L’État n'a pas le droit de modéliser ou de modérer les affaires de l’Église. La politique étrangère et les affaires ecclésiastiques sont un thème sans fin. Pourriez-vous, plus tard, détailler votre question, dire ce que vous voudriez entendre concrètement?

Question: Nous avons remarqué la publication de l'agence UNIAN selon laquelle la Russie souffrirait de famine et manquerait de bon fromage.

Réponse: C'était une publication d'un correspondant d'UNIAN pour un autre support. Pour savoir s'il exprimait son avis personnel ou s'il parlait en tant que journaliste d'UNIAN – posez-lui la question. Effectivement, il a dit qu'il n'y avait rien à manger à Moscou et en Russie. En effet. Vous ne souffrez pas de faim à ce que je vois.

Question: Vous avez dit que la tension montait dans la région d'Idleb, dont l'un des trois pays garants du processus d'Astana, la Turquie, avait pris la responsabilité d'en assurer la stabilité dès octobre. Mais, comme vous l'avez noté, la tension est devenue encore plus menaçante. Prépare-t-on une opération de force, comme cela était envisagé avant l'accord sur la mise en place de la zone de désescalade? La Russie soutiendra-t-elle l'organisation d'une telle opération par le gouvernement syrien?

Sans assurer la stabilité à Idleb, la Turquie se prépare à organiser une nouvelle opération pour créer une zone de désescalade au nord de la Syrie. La Russie soutiendra-t-elle cette initiative de la Turquie?

Une délégation du Ministère turc de la Défense est attendue aujourd'hui à Moscou. Ces questions seront-elles évoquées durant les pourparlers?

Réponse: Toutes ces questions doivent être adressées à nos spécialistes militaires. Les commentaires politiques ont été fournis à l'issue de l'entretien du Président russe Vladimir Poutine avec le Président turc Recep Tayyip Erdogan. Les chefs d’État ont évoqué cette question en détail. La partie russe a exprimé sa vision publiquement. Cette dernière est également reflétée dans les nombreux commentaires du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. En l'occurrence, je n'ai rien à rajouter.

Quant aux aspects des opérations militaires, cela relève de la compétence du Ministère russe de la Défense.

Question: La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de défense Federica Mogherini a déclaré que le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) était bénéfique pour l'Europe. Elle a dit "espérer qu'il existe encore un moyen de le préserver et de le remplir à part entière". Compte tenu de cette position de l'UE, d'après vous, quelles sont les chances de préserver le Traité?

Réponse: C'est une excellente déclaration, mais le problème est que personne n'entend l'Europe aux États-Unis. De notre côté, nous faisons tout pour souligner l'importance de préserver le Traité. Souvenez-vous des initiatives de la Russie à l'Assemblée générale des Nations unies et regardez si Bruxelles les a soutenues: voilà la réponse à la question de savoir quelles démarches pratiques sont entreprises par l'UE pour préserver le Traité FNI. L'un des moyens de le faire est un travail actif à l'Assemblée générale des Nations unies.

Question: Dimanche dernier, le 27 janvier, marquait la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste. Quelques jours plus tôt, dans le cadre d'une visite officielle en Israël, le Président ukrainien Petro Porochenko s'était rendu au Mémorial de Yad Vashem. Au même moment à Kiev était inauguré un bas-relief de Simon Petlioura – chef des nationalistes ukrainiens pendant la guerre civile et initiateur des pogroms barbares contre les Juifs. Quelle appréciation pouvez-vous donner à de telles actions?

Réponse: C'est déjà devenu un cas médical, je pense. Pour formuler une appréciation politique, je peux dire que c'est une position très étrange, qui dénote l'intention de satisfaire tout le monde à la fois. Personne n'y est jamais parvenu et cela a toujours eu des conséquences regrettables. Après tout, les gens qui n'exercent pas simplement une activité politique mais qui dirigent un État et ont fait part de leur intention de régler une crise très difficile, ayant notamment des racines historiques, doivent avoir une position intransigeante sur les questions fondamentales.

La Seconde Guerre mondiale, la Grande Guerre patriotique, est une question fondamentale, c'est pourquoi en l'occurrence il est impossible de chercher des positions de compromis. Il faut partir des positions fondamentales, chercher des solutions pour l'existence de l’État autour d'un agenda unificateur. Il y a bien une différence entre "compromis" et "unificateur".

En Ukraine, tout a suivi un scénario complètement opposé: on constate l'absence de positions intransigeantes et des manœuvres de compromis sans maintenir les positions sur les questions fondamentales. Cela n'a jamais mené à rien de bon.

Question: Que pouvez-vous dire des déclarations affirmant que des hackers russes auraient obtenu un accès aux données de l'enquête du procureur spécial américain Robert Mueller sur l'ingérence de la Russie dans les affaires des États-Unis, et les auraient publiées afin de le discréditer?

Réponse: Cela paraît un peu absurde. Puisqu'il s'agit de l'enquête du procureur spécial, un haut responsable américain qui est sous le feu des projecteurs aux États-Unis et dans le monde, il serait utile d'établir qui sont ces hackers, de donner des noms, des dates, des preuves, au lieu de diffuser à nouveau des informations anonymes ayant manifestement un aspect politique. Je trouve qu'il faut abandonner le mème des "hackers russes" au profit des noms et des logins concrets.

Question: Ce 29 janvier a été publié le rapport du Directeur du renseignement national des États-Unis Dan Coats. Nous avons noté une phrase intéressante, qui sonne comme l'annonce d'un renforcement de la tension entre la Russie et l'Ukraine en mer d'Azov et en mer Noire. Il est indiqué également que la Russie compterait renforcer sa pression militaire, politique et autre pendant l'élection présidentielle en Ukraine. Peut-on le considérer comme une préparation médiatique à une future provocation?

Réponse: Je n'ai pas vu les données de ce rapport. Indépendamment de l'existence de ce document, nous constatons que la campagne en prévision de l'élection présidentielle en Ukraine a commencé. Elle a commencé non pas par l'annonce des intentions de différents politiciens d'y participer, mais par les provocations organisées notamment dans les points géographiques que vous avez mentionnés. Ces provocations sont prévues pour provoquer l'agitation d'une certaine partie de la population basée sur des motifs russophobes. Nous avons également constaté qu'elle était largement soutenue et en grande partie créée (du moins ses prémisses) à l'étranger.

Question: A quelle étape se trouve actuellement le dialogue entre Damas et les Kurdes?

Réponse: Tout au long des événements syriens nous avons parlé de la nécessité de faire participer les représentants des mouvements kurdes à tous les processus de règlement. Nous avons mené ce travail non seulement avec Damas, mais également avec d'autres acteurs mondiaux.

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