1 novembre 201820:34

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 1er novembre 2018

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Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Espagne

 

Mardi 6 novembre, à l'invitation des autorités espagnoles, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra à Madrid pour une visite de travail. Il s'entretiendra de manière approfondie avec le Ministre espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération Josep Borrell.

Durant cette visite, il est prévu d'évoquer l'ensemble des relations bilatérales, ainsi que la coopération entre les deux pays sur la scène internationale concernant les problèmes les plus aigus de la politique mondiale.

La Russie et l'Espagne entretiennent un dialogue politique actif aussi bien au sommet que dans le cadre des contacts interministériels. Afin de l'intensifier et d'élargir l'éventail des questions abordées, les deux ministres comptent signer le Plan de consultations politiques entre les Ministères des Affaires étrangères de la Russie et de l'Espagne pour 2019-2020.

Pendant leur entretien, Sergueï Lavrov et Josep Borrell examineront la situation sur le continent européen et "remettrons les pendules à l'heure" sur la coopération bilatérale auprès des principales plateformes internationales: l'Onu, l'OSCE, le Conseil de l'Europe, l'OIAC. Les deux interlocuteurs accorderont une attention particulière à l'état actuel des relations de la Russie avec l'UE et l'Otan dans l'optique d'une éventuelle contribution à leur normalisation. Les deux parties échangeront également leurs avis sur la stabilité stratégique, le processus de paix au Proche-Orient, la situation autour de la Syrie, de la Libye et en Ukraine, ainsi que d'autres questions figurant à l'ordre du jour international.

Dans le développement des relations russo-espagnoles, un rôle important incombe aux liens commerciaux et économiques, qui affichent une dynamique positive en dépit des restrictions extérieures. En 2017, les échanges ont atteint 5,3 milliards de dollars. Cette année, la croissance s'est poursuivie. La Commission intergouvernementale mixte pour la coopération économique et industrielle travaille activement. Ses réunions se déroulent régulièrement dans les deux pays (à Madrid en 2015 et à Moscou en 2017).

La coopération sociale et culturelle fera l'objet d'une discussion à part entière. Nos pays ont accumulé une riche expérience de grands projets communs dans ces secteurs. En 2011 a été organisée l'Année croisée de la Russie et de l'Espagne, et en 2015-2016 l'Année de la langue et de la littérature. L'Année russo-espagnole du tourisme organisée en 2017 a donné une impulsion significative à la hausse des échanges touristiques entre nos pays. Rien que l'an dernier, l'Espagne a été visitée par 1,12 million de touristes russes, et plus de 118 000 Espagnols sont venus en Russie.

Les deux ministres évoqueront l'organisation en 2019-2020 de l'Année croisée russo-espagnole de l'éducation et de la science, qui se doublera d'un échange d'étudiants. Ce grand événement permettra de mettre en œuvre plusieurs projets importants visant à renforcer les positions de la langue russe, de l'éducation et de la science russes dans l'espace culturel, scientifique et éducatif de l'Espagne, ainsi que d'améliorer globalement l'entente entre les peuples de nos pays.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion du Conseil de coordination du "Dialogue de Trianon" prévue le 7 novembre

 

Mercredi 7 novembre, la partie russe du Conseil de coordination du forum franco-russe des sociétés civiles "Dialogue de Trianon" se réunira sous la présidence du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Cette activité est organisée en prévision de la deuxième réunion du Conseil de coordination franco-russe du "Dialogue de Trianon" à Versailles (France) le 27 novembre, à laquelle participeront le Ministre russe et son homologue français Jean-Yves Le Drian.

La première réunion du Conseil de coordination du forum s'est tenue le 25 mai 2018 à Saint-Pétersbourg dans le cadre de la visite officielle du Président français Emmanuel Macron en Russie.

Le "Dialogue de Trianon" a été créé à l'initiative des présidents de la Russie et de la France. Il est appelé à contribuer à la coopération bilatérale par l'interaction entre les représentants des sociétés civiles.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à une réunion conjointe du CMAE, du CMD et du CSCS de l'OTSC

 

Une réunion conjointe du Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE), du Conseil des ministres de la Défense (CMD) et du Conseil des secrétaires des conseils de sécurité (CSCS) de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) est prévue jeudi 8 novembre à Astana en prévision de la session du Conseil de sécurité collective de l'OTSC. La Russie y sera représentée par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le Ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le Secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie Nikolaï Patrouchev.

Cette réunion conjointe, qui sera présidée par le Ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan Kaïrat Abdrakhmanov, permettra d'échanger les points de vue sur la mise en œuvre des décisions des sessions précédentes du Conseil de sécurité collective de l'OTSC, de "remettre les pendules à l'heure" concernant la mise au point des documents soumis aux chefs d’État des pays membres de l'Organisation, notamment de la déclaration du Conseil de sécurité collective, de la Déclaration des dirigeants des États membres de l'OTSC sur les mesures coordonnées vis-à-vis des participants aux conflits armés du côté des organisations terroristes internationales, ainsi que d'autres documents sur les domaines d'activité de l'OTSC - notamment la coopération militaire, la gestion des crises, la lutte contre le terrorisme international, la migration clandestine, ou encore l'encadrement juridique des statuts d'observateur et de partenaire de l'OTSC.

Pour cette réunion a été préparée la déclaration des ministres des Affaires étrangères de l'OTSC sur les questions d'actualité relatives à la lutte contre la migration clandestine.

Il est prévu que le Ministre des Affaires étrangères du Kirghizistan Tchyngyz Aïdarbekov présente les priorités de l'activité de l'Organisation pendant la présidence kirghize de l'OTSC (pendant la session du Conseil de sécurité collective de l'OTSC aura lieu la passation de la présidence par rotation du Kazakhstan au Kirghizistan).

Un échange d'avis sur les problèmes d'actualité relatifs à la sécurité régionale et internationale est également prévu, ainsi que sur les aspects pratiques pour renforcer la coopération entre les États membres dans le cadre de l'Organisation et sur la scène internationale.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à des pourparlers avec le Ministre comorien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Mohamed el-Amine Souef

 

Le Ministre comorien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Mohamed el-Amine Souef est attendu à Moscou pour une visite de travail du 8 au 10 novembre. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le recevra vendredi 9 novembre.

Les deux ministres aborderont le développement des liens russo-comoriens traditionnellement amicaux dans le domaine politique, commercial, économique, social, et d'autres secteurs. Les deux chefs de diplomatie échangeront également leurs avis sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun en mettant l'accent sur la prévention et le déblocage des situations de crise en Afrique et au Moyen-Orient, la lutte contre la piraterie dans le nord-ouest de l'océan Indien et la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme.

 

Sur la situation autour de Maria Boutina, arrêtée aux USA

 

Les représentants de l'Ambassade de Russie à Washington continuent de rendre régulièrement visite à la citoyenne russe Maria Boutina dans la prison américaine où elle se trouve depuis trois mois et demi après avoir été arrêtée par les autorités américaines sous un prétexte complètement fallacieux et sur des accusations politisées.

Grâce au travail obstiné des diplomates russes pour améliorer ses conditions de détention, Maria a été transférée dans une cellule plus confortable. Du moins, il y fait chaud. Sa ration s'est diversifiée, et il est devenu possible d'acheter de la nourriture dans un magasin local. L'attitude envers notre compatriote de la part de l'administration de la prison est devenue plus correcte. Nous le reconnaissons.

Dans le même temps, nous avons remarqué la publication de l'agence de presse Associated Press dans laquelle Maria Boutina est une nouvelle fois accusée d'avoir agi en tant qu'"agent d'un gouvernement étranger", voire d'espionnage. Il s'agit manifestement de nouvelles insinuations grossières qui visent à former une attitude préconçue vis-à-vis de Maria au sein de la société américaine, et à provoquer une nouvelle vague d'agitation autour de la prétendue "ingérence russe" à l'approche des élections du 6 novembre au Congrès américain.

En ce qui concerne le procès sur l'affaire montée de toutes pièces contre elle, l'audience a été reportée du 13 novembre au 6 décembre. Malgré cela, la préparation active du procès se poursuit. Les avocats espèrent que leur ligne de défense permettra de prouver le caractère infondé des accusations.

De son côté, le Ministère des Affaires étrangères continue d'exiger des autorités américaines qu'elles fassent cesser cet arbitraire scandaleux. Nous insistons sur la libération immédiate de Maria Boutina.

 

Sur la situation concernant la détention de Kirill Vychinski

 

A la veille de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, nous continuons d'exiger de Kiev la libération sans conditions et immédiate du rédacteur en chef du site RIA Novosti Ukraine Kirill Vychinski. Depuis mai, depuis son arrestation sur une accusation fallacieuse de haute trahison, il est détenu par les autorités ukrainiennes sans aucune forme de procès.

Nous soutenons le commentaire public du Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, exprimant notamment l'espoir que Kirill Vychinski soit libéré ce 4 novembre. Mais il vient d'être rapporté d'Ukraine que l'appel de l'OSCE n'avait pas été entendu. Malheureusement, Kirill Vychinski restera en détention pendant encore un mois. Les journalistes ont le droit à la liberté d'expression et d'opinion et ne doivent, en aucune circonstance, constituer une cible à cause de leur activité professionnelle.

Nous appelons les structures internationales compétentes et les ONG des droits de l'homme à réagir plus fermement et à condamner résolument toutes les formes de pression des autorités ukrainiennes sur les médias, notamment les poursuites judiciaires et la violence physique.

 

 Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

La situation en Syrie reste difficile.

Les terroristes d'al-Nosra et d'autres groupuscules affiliés à Al-Qaïda restent présents dans la zone de désescalade d'Idleb et poursuivent leurs tentatives effrontées de saper la mise en œuvre du Mémorandum signé entre la Russie et la Turquie le 17 septembre à Sotchi. Les radicaux continuent de bombarder les positions des forces gouvernementales syriennes au sud de la province d'Idleb, ainsi qu'au nord et à l'ouest de Hama. Leurs bombardements quotidiens contre les quartiers résidentiels de l'ouest d'Alep font grimper le nombre de morts parmi les civils.

A l'Est de l'Euphrate, la situation n'est pas moins tumultueuse. Le week-end dernier, Daech a lancé une série de frappes soudaines et puissantes contre les unités kurdes des Forces démocratiques syriennes soutenues par les USA. Finalement, les Kurdes, ayant perdu plus de 70 hommes et déplorant plus de 100 blessés, ont dû abandonner les positions qu'ils avaient prises à al-Soussa et d'autres communes voisines. Ils se sont empressés d'en accuser leurs alliés américains, qui auraient refusé de leur accorder un appui aérien. Malgré l'opération antiterroriste menée par la "coalition" conduite par les USA et les forces kurdes de l'autre côté de l'Euphrate, on assiste toujours à des déplacements massifs de civils, à des kidnappings et des homicides commis par Daech dans cette région.

Au sud du pays, dans la zone de 55 km arbitrairement établie par les Américains (et de facto occupée) dans les environs d'al-Tanf, le camp de déplacés internes de Roukban est le théâtre d'une catastrophe humanitaire. Le niveau de mortalité s'y est nettement accru à cause d'une pénurie de nourriture et de médicaments. Le convoi humanitaire de l'Onu prévu pour le 25 octobre a d'abord été reporté au 27 octobre, puis annulé par l'organisation "pour des raisons de sécurité et de logistique". Dans ce contexte, nous n'avons pas pu passer à côté de la critique exprimée par certains observateurs américains indépendants à l'égard des agissements des USA en Syrie. En particulier, les analystes du magazine American Conservative ont indiqué que malgré les tentatives actives de l'administration américaine de rejeter la responsabilité de la situation critique à Roukban sur Damas, le fond du problème résidait tout de même dans la présence américaine et le fait que les autorités syriennes n'avaient pas le droit d'entrer dans la zone mentionnée.

Raqqa est une autre "tache" sur la réputation des USA et de la "coalition" dont ils sont à la tête. La reconstruction promise il y a plus d'un an par les Américains, "par leurs propres moyens", n'avance pratiquement pas. Au cours de cette période, il a été seulement possible d'assurer partiellement l'approvisionnement en eau des abords de la ville. Le nettoyage de Raqqa des mines et des gravats n'a toujours pas commencé, et la ville est privée d'électricité et d'infrastructure en principe.

Néanmoins, il y a aussi des points positifs dans l'évolution de la situation en Syrie. Le retour au foyer des déplacés internes et le rapatriement des réfugiés syriens se poursuit. Par exemple, en une seule journée, le 27 octobre, 175 Syriens sont revenus du Liban via les postes de contrôle de Tel Kallah et de Djdeida, et 325 personnes via le poste de contrôle récemment ouvert de Nassyb depuis la Jordanie. De plus, près de 800 personnes sont revenues sur les territoires contrôlés par le gouvernement syrien d'Idleb via le poste de contrôle d'Abou Douhour.

Le gouverneur de Homs, Talal al-Barazi, a promis que les travaux de reconstruction de l'infrastructure détruite et des sites sociaux importants de Palmyre seraient terminés d'ici deux mois, et que le retour organisé des civils dans cette ville pourrait commencer dans les jours à venir.

 

Sur les déclarations de James Mattis concernant la Syrie

 

Nous sommes encore contraints de revenir à notre perpétuelle rubrique des "déclarations des représentants officiels américains". Ainsi, le Secrétaire américain à la Défense James Mattis a affirmé pendant son discours à l'Institut de la paix à Washington ce 30 octobre que "si le régime iranien n'avait pas soutenu Bachar al-Assad, ce dernier ne serait plus là depuis longtemps", et qu'"étant donné que même ce soutien s'est avéré insuffisant et que Vladimir Poutine est entré en scène, nous y voyons une raison indiquant qu'au final il faudra expulser Bachar al-Assad du pouvoir."

Je voudrais rappeler à James Mattis que si la Russie ne lui avait pas apporté son soutien, la Syrie n'existerait plus depuis longtemps en tant qu’État membre de l'Onu, et qu'à sa place prospérerait un califat terroriste. Avant l'opération de l'aviation russe en Syrie fin septembre 2015, Daech contrôlait 70% du territoire du pays et avait toutes les chances de répandre son influence sur la toute la région, notamment en Irak en mettant la main sur ses plus grandes provinces pétrolières. Malheureusement, la "coalition" rapidement créée pendant l'été 2014 par les Américains pour combattre Daech ne pouvait pas se vanter de résultats signifiants à l'époque.

Nous sommes également étonnés par les commentaires du chef du Pentagone concernant les élections en Syrie. Selon lui, si elles étaient organisées par les autorités actuelles de Damas, elles ne bénéficieraient pas de la confiance de la population ni de la communauté internationale. En principe, les USA sont des as pour remettre en question les résultats des élections légitimes, aiment y chercher une "trace étrangère", même quand il est question d'élections sur leur propre territoire. Mais pourquoi aller si loin dans les révélations prophétiques? Après tout, dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, la communauté internationale a clairement décrit la nature des élections appelées à couronner le processus de paix en Syrie: libres et justes, observées par l'Onu, correspondant aux plus hauts standards internationaux de transparence et de contrôle, et ouvertes à tous les Syriens, y compris de la diaspora. Au lieu d'émettre une critique préventive et injustifiée de Damas, ne serait-il pas préférable de fournir des efforts pour les aider à avancer vers de telles élections?

Et il est impossible de qualifier autrement que de jalousie non dissimulée les accusations de James Mattis visant Moscou d'aspiration à remplacer le "processus de paix en Syrie dans le cadre de l'Onu par les processus de Sotchi et d'Astana". La Russie apporte une contribution considérable au règlement de la crise syrienne basé sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, et le format d'Astana créé par les pays garants travaille depuis le début en coordination étroite avec des représentants de l'Onu. Astana ne s'est jamais positionné comme un substitut au processus de Genève. Au contraire, cette plateforme est appelée à apporter une impulsion importante aux négociations de Genève, à accroître l'efficacité du travail mené. Nous espérons que la contribution déjà apportée et continuellement renforcée par le trio d'Astana sera utilisée à part entière pour le règlement définitif du long conflit sanglant en Syrie avec la participation directe, et surtout constructive, de Washington.

 

Sur l'évolution de la situation autour de la bande de Gaza

 

La situation autour de la bande de Gaza s'est de nouveau significativement dégradée. Le 26 octobre, près de 30 roquettes ont été tirées contre le territoire israélien depuis Gaza. Ces attaques ont infligé des dégâts matériels à plusieurs sites d'infrastructure dans les communes israéliennes proches de Gaza.

Le jour même, l'aviation israélienne a attaqué 80 sites du Hamas et d'autres groupes palestiniens. Les médias parlent de destructions significatives de l'infrastructure urbaine et de différents édifices. Ce nouveau sursaut d'escalade militaire intervient alors que la tension à la frontière entre Israël et Gaza n'est pas retombée depuis mai. Pendant les manifestations qui se sont déroulées vendredi 25 octobre, les actions des militaires israéliens ont fait 5 morts et plus de 80 blessés plus ou moins graves parmi les Palestiniens. 28 octobre, un drone israélien a tué trois adolescents palestiniens près d'une clôture frontalière à l'est de Khan Younes. Le 29 octobre, un Palestinien a été tué pendant la dispersion d'une protestation sur la côte près de Gaza par des militaires israéliens.

Moscou est préoccupé par une telle évolution de la situation, quand des actions irréfléchies et hâtives augmentent les risques de grande confrontation armée autour de la bande, susceptibles d'entraîner de nouvelles victimes parmi les civils des deux côtés et la dégradation de la situation humanitaire sur les territoires palestiniens.

Une nouvelle fois, nous appelons les Israéliens et les Palestiniens à faire preuve de retenue, à prendre d'urgence des mesures pour éviter le déclenchement d'un nouveau conflit militaire aux conséquences tragiques et imprévisibles. Comme nous l'avons déclaré à plusieurs reprises, pour faire cesser la violence il faut mener la situation vers la reprise du processus de paix selon les termes de la solution à deux États en s'appuyant sur les décisions connues du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations unies, ainsi que l'Initiative de paix arabe. Les décisions unilatérales prises aujourd'hui en contournant la base juridique internationale connue du processus de paix au Proche-Orient non seulement ne servent pas cet objectif, mais ne font que l'éloigner.

 

Sur l'évolution de la situation en Centrafrique

 

Ces derniers temps, plusieurs médias étrangers ont rapporté de prétendues déclarations qui auraient été tenues par des représentants de groupes armés centrafricains concernant la sortie de la Déclaration de Khartoum signée le 28 août dernier avec la médiation du Soudan et de la Russie. En opposition à cette démarche, les combattants se seraient dits prêts à soutenir l'Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en Centrafrique élaborée par l'Union africaine, et les actions de l'Union européenne pour promouvoir le processus de paix dans ce pays. Les articles en question soulignent également qu'il aurait été exigé des autorités centrafricaines de retirer leurs représentants  et les forces de sécurité intérieure des territoires contrôlés par les groupuscules. Ces informations ont été publiées non seulement sans tenir compte de l'avis de la Russie, mais également sans fournir la moindre preuve.

Comme l'a montré la suite des événements, les publications relayées par ces médias étaient fausses. Cela concerne également l'intox sur le prétendu ultimatum des combattants vis-à-vis des spécialistes russes se trouvant en Centrafrique. Les représentants des bandes armées centrafricaines, dont les signatures se trouveraient sous ces déclarations, ont démenti leur implication et ont réaffirmé leur attachement aux engagements politiques pris dans le cadre de la Déclaration de Khartoum. Le fait est que ces fake news se sont retrouvées à la une des moteurs de recherche et des flux d'actualité pendant plus d'une journée. C'est un exemple marquant de la manière dont l'intox et les fake news relayées sans tenir compte de la moindre source vérifiée peuvent conduire à la propagation de la désinformation.

Il est évident que les auteurs de ces publications falsifiées avaient clairement pour objectif de donner une impression d'"incompatibilité" des efforts mentionnés de la Russie et du Soudan avec le travail des médiateurs dans le cadre de l'Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en Centrafrique.

Comme nous l'avons déjà noté à de nombreuses reprises, Moscou tient en grande estime le rôle de l'Union africaine dans l'établissement d'un dialogue à part entière entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés, et suit attentivement l'activité du groupe de médiateurs de l'Initiative africaine au sein duquel la Russie possède le statut d'observateur.

Sincèrement intéressée par la stabilisation et la prospérité des États et des peuples d'Afrique, la Russie a l'intention de poursuivre son soutien actif aux démarches de l'Union africaine visant à débloquer les crises sur le continent conformément au principe "des solutions africaines aux problèmes africains".

 

Sur le bilan de la réunion du Conseil Otan-Russie

 

Pendant la dernière réunion du Conseil Otan-Russie, mercredi 31 octobre, ont été évoqués les problèmes d'actualité liés à la nécessité de réduire la tension militaire entre la Russie et l'Otan et d'empêcher des incidents dangereux. Les participants ont organisé des briefings pour présenter les exercices des forces de l'Otan (Trident Juncture-2018) et de la Russie (Vostok-2018).

La Russie a souligné l'importance du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) en tant que facteur de maintien de la stabilité européenne et mondiale. Nous avons souligné que la Russie souhaitait immuablement assurer la viabilité du Traité. Nous sommes fermement attachés au Traité FNI et nous respectons rigoureusement ses termes. Nous avons mis l'accent sur notre disposition à élucider au maximum et rapidement les circonstances suscitant la préoccupation des USA. Nous avons exprimé nos préoccupations de longue date vis-à-vis de la mise en œuvre du Traité FNI par les autorités américaines.

Un échange d'avis a eu lieu sur la situation en Afghanistan dans le contexte des menaces terroristes régionales, ainsi que sur d'autres questions de sécurité internationale.

 

Sur l'éventuelle sortie des USA du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI)

 

La déclaration tenue par le Président américain le 20 octobre, dans laquelle il fait part de son intention de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), suscite un profond regret et une sérieuse préoccupation. Nous pensons que cela serait l'une des plus dangereuses erreurs dans la succession de démarches entreprises par Washington pour se retirer d'une série d'accords internationaux et de structures, notamment du Traité ABM.

La rupture du Traité FNI serait très dangereuse et se refléterait très négativement sur la sécurité internationale et la stabilité stratégique. Elle risque d'entraîner des régions entières dans une nouvelle course aux armements. La situation autour du Traité ne concerne donc pas seulement la Russie et les USA, mais également les autres membres de la communauté internationale.

Nous appelons tous ceux qui se sentent responsables du sort de la stabilité et de la sécurité mondiales à envoyer à Washington le signal clair que les plans annoncés représentent un grand danger. La logique dicte que ces plans ne doivent pas rencontrer l'approbation des États attachés au maintien de la sécurité mondiale. En témoignent les commentaires des représentants officiels de plusieurs pays et l'écho des experts et des analystes dans les médias internationaux.

La Russie a soumis à la Première commission de l'Assemblée générale des Nations unies une résolution condamnant les USA pour leur intention de détruire le Traité. Nous remercions les États qui nous ont soutenus et ont affiché une position indépendante, une approche responsable. En ce qui concerne les autres, ils ont passé outre la possibilité de s'exprimer au profit du maintien de cet élément crucial du système de contrôle des armements.

Tout en détruisant le Traité FNI, les USA mènent une campagne propagandiste massive par laquelle ils tentent de présenter les choses comme si cette démarche était provoquée par les "violations" des termes de ce document par la Russie. Une telle formulation ne correspond pas du tout à la réalité, et les tentatives de rejeter la responsabilité sur nous sont complètement inadmissibles. Après tout, les autorités américaines n'ont pas pris la peine de présenter de preuves tangibles pour appuyer leurs allégations. Elles restent infondées et sont clairement provocatrices. Nous déclarons de nouveau que notre pays respecte rigoureusement les termes du Traité.

Par ces accusations infondées à notre égard, les USA cherchent à dissimuler leurs propres infractions directes et flagrantes du Traité, que nous avons pointées à différentes reprises ces dernières années. Nous n'avons toujours pas reçu de réponses cohérentes à nos préoccupations.

Dans l'ensemble, nous avons l'impression que l'aspiration de Washington à sortir du Traité FNI s'explique par sa volonté de garantir sa propre supériorité militaire tous azimuts et de s'assurer une liberté d'action totale. En témoignent d'autres facteurs comme l'intensification de l'activité militaire du Pentagone en Europe.

Parmi les exemples récents, notons la fourniture, dans une base militaire américaine en Allemagne, de la plus importante cargaison de munitions depuis 20 ans – un record depuis les bombardements de la Yougoslavie par l'Otan. D'où la question: qu'arrivera-t-il si le Traité FNI disparaît? Il faut croire qu'en Europe se retrouveront également des Tomahawk sol-sol actuellement interdits par le Traité…

Nous devons très sérieusement mettre en garde les autorités américaines: si elles détruisaient le Traité FNI, nous devrions réagir. Et comme l'a déjà déclaré le Président russe Vladimir Poutine: immédiatement et symétriquement.

Comme nous l'avons indiqué plusieurs fois, bien que ce Traité ne soit pas parfait, il conserve néanmoins sa valeur. Nous sommes prêts à mener le travail nécessaire afin de préserver sa viabilité. Mais pour cela, nous avons besoin d'un partenaire responsable qui souhaite poursuivre le dialogue. La solution au problème ne pourra être trouvée que via un dialogue franc, équitable et constructif. Nous espérons que Washington en prendra enfin conscience.

 

Sur l'histoire des violations et des ruptures des principaux traités internationaux par les États-Unis

 

On sait parfaitement que monde contemporain globalisé dépend de plus en plus de la qualité de la mise en œuvre des accords internationaux régulant les relations interétatiques. Cela est surtout important dans des domaines tels que la défense des droits de l'homme, la protection de l'environnement et, bien sûr, le désarmement et l'interdiction des armes de destruction massive. 

Les États-Unis et les milieux politiques occidentaux, qui se présentent en permanence comme les créateurs d'un "nouvel ordre mondial", violent sans cesse les traités internationaux fondamentaux ou font traîner en longueur leur signature. Ainsi, la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide n'a été ratifiée par les USA que 40 ans plus tard. Washington n'a pas toujours ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ou la Convention relative aux droits de l'enfant.

Les États-Unis ont violé à plusieurs reprises les principes de la Charte de l'Onu, notamment en 1983 quand il ont mené une intervention militaire sur l'île de la Grenade. La résolution 37/8 de l'Assemblée générale de l'Onu a qualifié ces actions américaines de "grossière violation du droit international". Les USA ont également agressé la Libye en 1986 et ont envahi le Panama en 1989. Dans les deux cas, ces actions ont été condamnées par l'Assemblée générale de l'Onu, qui les a qualifiées de "violation du droit international".

La Cour internationale a également constaté des violations américaines de la Charte de l'Onu. On peut notamment citer sa décision sur l'affaire lancée par le Nicaragua contre les États-Unis en 1986. Les juges ont directement statué que les USA avaient violé la souveraineté nicaraguayenne, ainsi que les normes de non-ingérence dans les affaires intérieures et de non-recours à la force.   

L'attitude irresponsable des États-Unis et de leurs alliés envers la Charte de l'Onu s'est notamment manifestée lors des bombardements de la Yougoslavie en 1999 ou de l'invasion de l'Irak en 2003. En mars 2011, les pays membres de l'Otan, menés par les États-Unis, ont lancé une intervention en Libye qui s'est soldée par l'effondrement total de cet État. L'intervention illégitime, qui s'est traduite par des frappes aériennes illégales et des livraisons d'armes aux groupes armés non-gouvernementaux, a provoqué une hausse des tendances radicales en Syrie et favorisé la formation d'une communauté mondiale de combattants et de terroristes. Les actions absolument irréfléchies, à courte vue et illégales des États-Unis sur le territoire irakien et dans la région en général ont, d'une manière ou d'une autre, encouragé la formation de Daech. Les répercussions de l'ingérence des États-Unis en Libye et en Syrie sont tout simplement frappantes.

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a été adopté en 1970. Il a été soutenu par presque tous les pays du monde à l'exception de quatre États: Cuba, l'Inde, le Pakistan et Israël. Qui plus est, ce texte prévoyait le renoncement des États nucléaires à l'utilisation éventuelle de ces armes contre les pays non-nucléaires. Les États-Unis affirment respecter le TNP, mais la situation reste préoccupante face à la violation des clauses-clés de ce traité par Washington. Les États-Unis continuent d'impliquer des pays européens non-nucléaires membres de l'Otan dans des "missions nucléaires conjointes". Ces opérations comprennent des éléments de planification nucléaire et la mise au point des capacités pratiques pour l'utilisation des armes nucléaires, ce qui englobe les avions porteurs, leurs équipages, des aérodromes et des services d'approvisionnement terrestres des pays non-nucléaires de l'Otan. Tout cela constitue une violation directe des articles I et II du TNP. Qui plus est, des militaires haut-placés américains ont annoncé en 2002 qu'ils n'excluaient pas l'utilisation de munitions nucléaires contre les États non-nucléaires ou les terroristes.       

Le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) a été débattu pendant quatre décennies et signé en 1996. Il interdit tous les essais nucléaires, souterrains ou de surface, dans l'eau, l'air ou l'espace, indépendamment de leurs objectifs, même pacifiques. Le traité a été signé par 44 pays du monde disposant d'une infrastructure nucléaire. Les États-Unis et la Chine ont signé ce texte sans le ratifier. Après plus de vingt ans, ce traité international crucial n'est donc toujours pas entré en vigueur. Compte tenu du fait que les pays non-signataires suivent les États-Unis en ce qui concerne leur adhésion à ce texte, la position immobile de Washington constitue l'obstacle principal sur la voie de la transformation du TICEN en outil effectif du droit international.

En 1972, les États-Unis et l'URSS ont signé le Traité ABM pour limiter la défense antimissile. Ce traité créait un système de "destruction mutuelle garantie": ni l'URSS ni les États-Unis ne pouvaient attaquer leur adversaire car l'agresseur éventuel serait certainement anéanti par la riposte de l'agressé. Ainsi, toute attaque nucléaire serait automatiquement suicidaire - ce qui créait un "équilibre stratégique" entre les puissances. Cet accord avait été conclu à l'initiative de Washington. En 2001, le Président américain George Bush a annoncé que les USA quittaient ce traité de manière unilatérale. Leur prétexte formel était leur volonté de se protéger contre des frappes de missile des "États voyous" et des groupes terroristes. Cela aurait pu être crédible s'ils n'avaient pas affiché leur volonté manifeste d'éviter tout engagement gênant dans les domaines où il leur était nécessaire de garantir leur domination totale. C'est une véritable stratégie. C'est pourquoi les explications actuelles soulignant le non-respect éventuel par la Russie de ses engagements dans le cadre de certains accords ne sont que des prétextes. Je vous présente justement aujourd'hui l'historique du comportement des politiciens américains dans le domaine du droit international. 

Ainsi, la formation de l'ABM américain a influé de manière très néfaste sur la sécurité internationale, a considérablement compliqué les relations non seulement dans la région euro-atlantique mais aussi en Asie-Pacifique, s'est transformée en l'un des obstacles principaux sur la voie du désarmement progressif en créant des prémisses dangereuses à la reprise de la course aux armements nucléaires.

Parlons enfin de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Comme on le sait, elle interdit la conception, la production, le transport, la prolifération et l'utilisation des armes chimiques. Elle prévoit également la formation d'un système complexe et généralisé de contrôle international. Les États-Unis ont joué un rôle-clé dans la rédaction et la signature de cet accord. En même temps, ils ont fait et font toujours tout leur possible pour éviter toute inspection internationale, car cela pourrait menacer leurs "intérêts de sécurité nationale". Nous entendons des explications de ce genre de la part de Washington depuis des années. Certains autres pays ont suivi l'exemple américain. 

Le traité suivant - la Convention sur l'interdiction des armes biologiques - a été signé en 1972. Ce texte est entré en vigueur en 1975. La convention interdisait l'élaboration, la fabrication, le stockage et l'acquisition d'agents biologiques susceptibles d'être utilisées en tant qu'arme, c'est-à-dire de l'arme biologique. A cette convention s'ajoutait un protocole spécial interdisant même l'usage de quantités infimes de microorganismes létaux et poisons à des fins scientifiques. Les USA ont participé avec réticence au travail pour trouver un consensus sur la Convention, et certains hauts dirigeants s'opposaient par principe à la signature du protocole mentionné parce que, selon eux, cela pouvait nuire aux compagnies américaines spécialisées dans la recherche microbiologique. En juillet 2001, Washington a annoncé qu'il ne respecterait pas les termes de ce protocole tant que ce dernier ne serait pas modifié.

Le document suivant était la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (Protocole de Kyoto), signée en 1992. Elle se fixait pour objectif de réduire les émissions industrielles de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, qui est considéré comme l'une des causes principales du réchauffement climatique. Les USA ont signé le Protocole de Kyoto en 1992, mais en 2001 l'administration américaine a refusé de le respecter sous prétexte qu'il ne contenait pas de preuves tangibles de la corrélation entre le processus de réchauffement climatique et la quantité de gaz émis. Selon l'administration de l'ex-Président américain George Bush, la mise en œuvre de cette convention n'avait pas permis de combattre l'effet de serre, tout en plaçant l'industrie américaine dans une situation difficile.

Je pense qu'il est inutile de répéter l'information sur l'Accord de Paris pour le climat. Tout le monde sait bien ce qu'il en est advenu.

En ce qui concerne le respect des engagements dans le cadre du Document de Vienne de 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité, les USA accusent régulièrement la Russie de le remplir de manière "sélective" et de "transparence insuffisante". Les réclamations américaines concernant ce document se résument au constat de prétendues préoccupations datant de 2014 concernant "le respect du document par la Russie, notamment vis-à-vis de l'Ukraine".

En accusant de manière infondée la Russie d'"armer, de former des séparatistes dans l'Est de l'Ukraine et de mener des activités militaires conjointes", les USA et les pays de l'Otan ont sérieusement discrédité le rôle de ce document en tant qu'instrument de contrôle objectif de l'activité militaire des États membres de l'OSCE.

Les USA et leurs alliés ont contourné à plusieurs reprises les restrictions du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) en étendant l'Otan. Ils ont également esquivé par tous les moyens la mise à jour du régime de contrôle des forces conventionnelles en Europe, proposée par la Russie pour le mettre en conformité avec les nouvelles réalités militaro-politiques sur le continent. Leur refus de ratifier l'Accord sur l'adaptation du Traité FCE vient appuyer ce constat.

En août 2018, les USA ont suspendu leur coopération avec la Russie dans le cadre du Traité Ciel ouvert. Pratiquement depuis la signature de ce document, Washington ignorait ses termes concernant l'élaboration de procédures spéciales pour l'observation de ses propriétés et territoires insulaires. De cette manière, pendant longtemps, une grande partie du territoire américain était tout simplement inaccessible aux observations, ce qui constituait une violation grossière des fondements du Traité. C'est seulement fin 2015 que Washington a répondu aux requêtes russes. Les procédures relatives aux îles Aléoutiennes n'impliquent toujours pas la possibilité pour l'équipage de s'arrêter pour se reposer, ce qui pourrait affecter la sécurité des vols et réduire significativement les capacités de la Russie de surveiller cette partie du territoire américain.

Le 31 août 2018, les autorités américaines ont exigé la suspension de l'activité du Consulat général de Russie à San Francisco, de la représentation commerciale russe à Washington et de l'antenne de la représentation commerciale à New York jusqu'au 2 septembre. Après cela, les bâtiments appartenant à la Russie ont été saisis. Selon de nombreux spécialistes et avocats, les actions des USA vis-à-vis de la propriété diplomatique russe sont illégales car elles enfreignent les termes de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961.

Pendant la conférence de presse du 3 octobre 2018, le conseiller du Président américain à la sécurité nationale des USA John Bolton a déclaré que les USA se retiraient du protocole de signature facultative sur le règlement obligatoire des différends de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 permettant de transmettre à la Cour internationale de l'Onu à La Haye les litiges liés aux violations de cette Convention.

Le Président américain Donald Trump a annoncé que Washington comptait quitter le Traité FNI, ce dont nous avons déjà parlé aujourd'hui.

Voilà une liste non exhaustive des exemples qui montrent l'attitude des USA par rapport au droit international, aux accords internationaux. Ils les manipulent en fonction de la conjoncture politique et des intérêts qui dominent pendant cette période historique à Washington.

C'est pourquoi, quand on nous dit que les USA comptent se retirer d'un nouvel accord parce que nous ne le respectons pas – c'est faux. Ces explications ne passeront pas.

Ce n'est qu'une brève liste des entrées et des sorties, des signatures sans ratification, des signatures et des ratifications non respectées, des modifications à leur guise de très nombreux accords internationaux. Elle peut être élargie.

 

Sur les déclarations du conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton concernant la coopération militaro-technique entre la Russie et la Chine

 

Nous avons remarqué les déclarations faites par le conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton à la Hamilton Society (Washington), concernant l'usage de l'intelligence artificielle militaire russe par nos partenaires chinois.

Nous voudrions noter ce qui suit concernant cette question. La coopération militaire et militaro-technique russo-chinoise se développe avec beaucoup de succès et elle est un excellent exemple de la confiance qui caractérise notre partenariat stratégique bilatéral. Cela préoccupe certains, comme en témoigne le discours mentionné – qui n'est ni la première ni, certainement, la dernière attaque maladroite pour tenter d'"enfoncer un coin" entre la Russie et la Chine. Mais ils n'arriveront à rien.

 

Sur les engagements du Royaume-Uni au sein de l'OMC après le Brexit

 

Nous avons noté les publications de certains médias britanniques affirmant que la Russie "bloquerait" la mise au point des futurs engagements tarifaires individuels du Royaume-Uni dans le cadre de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), qui constitueront la base de la participation de Londres au système commercial multilatéral après la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Nous notons que la mise au point, avec tous les membres de l'Organisation intéressés, des paramètres d'adhésion d'un candidat ou de la révision des engagements d'un membre actif est une pratique directement prévue par ses règles. C'est une longue procédure durant laquelle sont déterminées, entre autres, les conditions d'accès au marché.

Il est tout à fait naturel que notre pays ait commencé les consultations bilatérales avec le Royaume-Uni sur les possibilités et les paramètres d'accès des opérateurs économiques russes au marché britannique après le Brexit. D'ailleurs, le même travail est sur le point de commencer ou est déjà mené avec Londres par d'autres membres de l'OMC, y compris les plus grandes économies de l'Organisation.

Ainsi, les communiqués stipulant que la Russie empêcherait la mise au point des futures conditions de participation de Londres à l'OMC sont absolument fausses. Nous serions prêts à examiner la liste des engagements tarifaires présentée par le Royaume-Uni si elle correspondait aux règles de l'Organisation et tenait compte de nos intérêts économiques. La Russie n'a fait que transmettre aux partenaires britanniques sa position concernant les conditions des futurs engagements commerciaux bilatéraux et multilatéraux du Royaume-Uni au sein de l'OMC.

Nous appelons une nouvelle fois la presse britannique à un exposé vérifié, objectif et correct des faits vis-à-vis de notre pays - ainsi que des autres États.

 

Sur la déclaration du porte-parole du gouvernement français concernant les médias russes et la situation autour du Figaro

 

Récemment, le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux a déclaré: "Il y a deux organes de presse que je refuse dans la salle de presse de l’Élysée, c’est Russia Today et Sputnik, parce que je considère que ce ne sont pas des organes de presseC'est de la propagande". Dire que nous avons été surpris est peu dire.

M. Griveaux, nous sommes des gens polis, nous nous efforçons de ne pas dramatiser la situation et d'être constructifs, même quand nous identifions un réel problème, notamment avec la censure en France, avec une atteinte à la liberté d'expression, avec la tentative d'influencer les médias, avec une propagation permanente de fausses informations dans les médias du pays. Nous avons toujours été très précautionneux: soit nous écrivons des lettres à la rédaction pour pointer les fausses informations publiées, soit nous essayons d'être plus rapides pour fournir les informations à notre initiative. Nous avons toujours été très délicats vis-à-vis de la France, mais après votre déclaration, monsieur le porte-parole du gouvernement français, je vais exprimer tout de même certaines de nos considérations.

Nous n'avons reçu via les canaux diplomatiques aucune accusation concrète basée sur des faits, des preuves (par exemple, des articles de RT ou de Sputnik avec une date, un mot ou une phrase surlignés). Les journalistes de RT et de Sputnik non plus. La France, et notamment Benjamin Griveaux, n'a jamais exprimé de réclamations concrètes vis-à-vis des médias russes. Aucune explication argumentée n'a jamais été donnée.

Évidemment, les nouvelles accusations infondées visant nos journalistes ne suscitent pas tant un regret qu'un choc. Nous sommes certains que c'est le résultat de la réticence des autorités à entendre les sources d'information alternatives. Dans ce cas, dites-le ouvertement. Car il ne s'agit pas du tout du fait que RT et Sputnik seraient des médias propagandistes. Contrairement à Benjamin Griveaux, au contraire, nous essayons de fournir aux médias français la possibilité d'obtenir l'information de première main afin d'éviter des incompréhensions et la propagation de la désinformation. Mais paradoxalement, certains médias français esquivent volontairement cette possibilité. Je répète que nous essayons de ne pas rendre publiques de telles choses - et elles sont nombreuses. Nous les réglons confidentiellement, avec respect pour cette profession, en sachant que tout peut arriver. C'était le cas jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à la déclaration du porte-parole du gouvernement français.

Vous le savez, une interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec plusieurs médias francophones a été organisée récemment: avec la chaîne RT France, le magazine Paris Match et le journal Le Figaro. Le Ministre russe a trouvé le temps pour un entretien substantiel avec les journalistes (les images de cette rencontre sont disponibles sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères, elle a été largement citée dans les médias). L'objectif de cette interview était d'exposer au public français notre vision de la situation dans les affaires bilatérales et internationales. Malgré un grand nombre de demandes d'interview de la part d'autres médias et un emploi du temps très chargé, Sergueï Lavrov a accordé beaucoup de temps précisément à cet entretien avec des journalistes français.

Puis une histoire très étonnante s'est produite. L'interview a été publiée par RT France et Paris Match le 18 octobre (comme c'était convenu avec les trois médias), mais n'est toujours pas parue dans Le Figaro. Autrement dit, la publication française avait la possibilité exclusive de poser toutes les questions qu'elle voulait au Ministre (et avait même envoyé son rédacteur en chef adjoint réaliser l'interview), puis elle a refusé de publier les réponses. Même si les questions et les réponses sont disponibles sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Nous n'avons pas décidé de divulguer cette information uniquement à cause de la déclaration du porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux. Il y a une autre raison: cette situation a été abordée sur internet par des lecteurs français, et non russes.

Sur Twitter, même le célèbre économiste et blogueur français Olivier Berruyer a attiré l'attention sur l'absence de l'interview de Sergueï Lavrov dans les colonnes du Figaro. Autrement dit, c'est le public français qui est confus.

De notre côté, nous avons envoyé une requête officielle au Figaro pour demander d'expliquer la situation, mais nous n'avons pas encore reçu de réponse. Comme nous l'avons compris à partir de commentaires officieux, ce refus de publier s'expliquerait par des "normes éthiques" liées au "refus d'accès" du correspondant moscovite du journal Pierre Avril à cette rencontre.

Les journalistes ici présents, vous qui participez aux conférences de presse de Sergueï Lavrov et qui lui posez toutes les questions que vous voulez, pouvez-vous croire que le Ministère russe des Affaires étrangères ait refusé au correspondant français l'accès à l'interview?

Ni la participation de ce journaliste respecté ni celle d'un autre représentant de la rédaction du Figaro autre que le rédacteur en chef adjoint Yves Thréard n'a été soulevée ni convenue avec le Ministère russe des Affaires étrangères. Nous pourtant organisé plusieurs consultations avec la participation de RT France, de Paris Match et du Figaro.

Pierre Avril n'a pas exprimé personnellement son intention d'assister à cette activité. Nous n'avons pas reçu de demandes de faire participer ce journaliste à l'entretien avec le Ministre.

Le correspondant français est venu de son propre chef au Ministère des Affaires étrangères à quelques minutes de l'interview et a tenté s'introduire dans le bâtiment du Ministère qui, comme d'autres ministères des Affaires étrangères, sont des sites protégés. De plus, le Français s'est comporté de manière incorrecte avec les agents de sécurité de la Garde russe, qui lui ont respectueusement rappelé la nécessité d'obtenir préalablement un laissez-passer pour entrer au Ministère conformément aux règles en vigueur, dont tout correspondant étranger a connaissance.

Je répète que le format de l'interview a été préalablement convenu avec les trois participants et supposait initialement uniquement la présence personnelle d'un seul représentant des trois médias, c'est-à-dire sans Pierre Avril.

L'interview s'est déroulée comme convenu et le rédacteur en chef adjoint du Figaro Yves Thréard a posé librement ses questions à Sergueï Lavrov devant les caméras.

Compte tenu de ces faits, nous considérons que si Pierre Avril s'estime en droit de qualifier la situation que je viens de décrire de "refus d'accès d'un journaliste à une activité", c'est un flagrant mensonge.

Ou assistons-nous à un acte de censure ou d'autocensure? Ou de contradictions internes au sein de la publication? Peut-être que les autorités françaises, qui elles-mêmes évitent par tous les moyens de communiquer avec la presse russe, devraient faire la lumière à ce sujet avant d'accuser la Russie de propagande, de censure, etc. Monsieur le porte-parole du gouvernement français, voici un exemple concret de ce qui se passe dans votre pays. J'aurais préféré vous le dire sans caméras ni publiquement, mais vous m'y avez forcée.

Dernièrement, rien que RT a reçu plus de 70 (!) refus d'interview de la part des représentants officiels français. Autrement dit, les représentants officiels russes accordent des interviews aux médias français et communiquent librement avec eux. Mais nous sommes accusés de censure et de pression sur les médias. Nos médias sont proclamés propagandistes. Nos médias en France envoient des demandes pour mettre à disposition une plateforme aux personnalités officielles afin qu'elles puissent exprimer leur point de vue en direct. Mais cela leur est refusé. Et ce n'est pas qualifié de censure ou de pression sur les médias. Sachant que la forme et la méthodologie des refus sont très diversifiées – aussi bien sous de nobles prétextes (manque de temps, etc.) que sous la forme d'un "non" brusque sans explications. Il ne fait aucun doute qu'il existe en France un ordre politique initié au sommet et appelé à créer une certaine atmosphère toxique autour de RT et de Sputnik. Parfois, les refus portaient sur des interviews déjà convenues: nous n'excluons donc pas qu'une pression soit exercée sur les représentants de l'élite politique française par rapport à leur contact avec les médias russes.

Je voudrais évoquer à part le cas de Pierre Avril, correspondant en chef du bureau moscovite du journal Le Figaro. En presque 10 ans de travail à Moscou (c'est une longue période) ce Français n'a assisté que très rarement aux activités organisées dans le cadre du Ministère russe des Affaires étrangères. Il n'a pas exprimé son intérêt pour une interview avec la direction du Ministère. D'où la question: qu'écrit cet homme?

Voici un exemple. En juillet 2016, le Centre de presse du Ministère russe des Affaires étrangères a organisé une tournée de presse en République de Crimée pour les correspondants étrangers. L'objectif principal était d'assister à la conférence de presse de la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères au camp pour enfants Artek. Nous voulions vraiment montrer à quel point, dans un délai aussi court, avait été rétablie l'infrastructure de ce grand site. Nous voulions accorder aux journalistes étrangers la possibilité de visiter eux-mêmes la Crimée, de s'entretenir avec la direction d'Artek tout en organisant une conférence de presse.

Après l'annonce de ce voyage, nous avons commencé à recevoir des requêtes de la part de ceux qui souhaitaient y participer, ainsi que des demandes d'organiser des rencontres supplémentaires et de visiter des sites en Crimée. En particulier, il nous a été demandé de montrer le pont de Crimée (car à l'époque tout le monde écrivait que le pont n'existait pas et n'existerait pas) et les sites de la flotte de la mer Noire de la Marine russe. Ces visites, contrairement à Artek, se sont déroulées à l'initiative des journalistes.

Pierre Avril, qui a refusé de participer à la plupart des activités de la tournée de presse, a déclaré au dernier moment (c'est visiblement sa carte de visite – tout faire au dernier moment) qu'il voulait assister à la rencontre avec le Gouverneur de Sébastopol et visiter les sites de la flotte de la mer Noire. Bien évidemment, nous avons réagi à sa requête en organisant pour lui un programme approprié.

Et que fait Pierre Avril ensuite? Il publie un article intitulé "Moscou exhibe sa flotte dans la rade de Sébastopol". Son principal message: sur fond de sommet de l'Otan, la Russie jouerait des muscles pour envoyer à d'autres pays le signal de ses intentions militaristes, et ce via les correspondants étrangers. Pierre Avril nous a littéralement persuadés de l'inscrire sur la liste des participants à l'activité, avant d'affirmer qu'il y aurait été pratiquement traîné de force pour le forcer contre son gré à regarder nos navires militaires.

Il est incroyable de voir à quel point il est possible de déformer la réalité. C'est tout simplement bas. Cependant, nous avons réglé cela tranquillement sans fixer d'ultimatum à la partie française, sans l'accuser au niveau officiel d'utiliser les médias à des fins de propagande.

Malheureusement, ce n'est pas l'unique article qui illustre l'attitude de Pierre Avril envers la méthodologie de couverture des événements.

Pour en revenir aux accusations infondées du porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux visant les médias russes, nous voudrions noter ceci.

Le refus du Figaro de publier l'interview avec le Ministre Sergueï Lavrov est une preuve directe que la société et les autorités françaises rejettent tout autre point de vue, notamment sur la Russie, et font tout pour minimiser la capacité de leur public à entendre le point de vue russe sur bien des questions relatives aux relations bilatérales et à l'agenda international. Tout en essayant d'accuser de propagande les journalistes étrangers, notamment russes. Tout cela est très triste. C'est de la manipulation.

Il est regrettable qu'une approche à tel point non professionnelle et inadmissible prive les Français d'accès à une information objective. Cela porte indéniablement atteinte à la notion d'"éthique journalistique" et à la réputation du journal ancien et influent qu'est Le Figaro.

Maintenant, je voudrais m'adresser au porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux. Vous pensez qu'après une attitude aussi insolente envers les autorités et les journalistes russes, vos journalistes seront éternellement admis aux activités médiatiques organisées par les organes publics russes? Notre patience a des limites.

Nous sommes prêts à discuter et à régler les problèmes dans le respect mutuel et sans accusations infondées. Nous comprenons que les autorités françaises éprouvent de toute évidence une aversion personnelle pour les journalistes russes. Cependant, ce n'est pas une raison pour s'adonner aux manipulations que je viens de décrire.

 

Sur la situation autour du navire de pêche russe Nord appréhendé en Ukraine

 

Mardi 30 octobre, suite aux efforts actifs déployés par les autorités russes, s'est déroulé l'échange de 7 membres d'équipage du navire de pêche russe Nord contre 7 pêcheurs ukrainiens du chalutier YAMK-0041 arrêté près des côtes de Crimée pour braconnage. Les citoyens russes sont revenus en Crimée.

A l'heure actuelle, le capitaine du navire Nord, Vladimir Gorbenko, est toujours sur le territoire ukrainien. Il est accusé de "transgression des règles d'entrée sur le territoire temporairement occupé de l'Ukraine" et de "pêche illégale". L'affaire a été transmise à la justice. Le travail pour la libération du capitaine va continuer.

Quant au sort du navire Nord, selon l'Ambassade de Russie à Kiev, l'Agence ukrainienne pour l'identification, la recherche et la gestion des actifs obtenus par corruption et d'autres crimes a mis le chalutier aux enchères en ligne. Ces dernières sont fixées pour le 7 novembre, et le prix de départ dépasse 1,6 million de hryvnias (environ 50 000 euros). Nous verrons qui osera acquérir ce bien illégalement saisi à son propriétaire russe.

 

Sur les déclarations du ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavel Klimkine

 

Nous avons pris connaissance des déclarations de Pavel Klimkine au sujet de la "double citoyenneté". Il a reconnu la nécessité d'évoquer ce thème en Ukraine. Cependant, il a directement déclaré qu'en l'occurrence il ne pouvait pas être question des Ukrainiens ayant également un passeport russe. De plus, Pavel Klimkine leur a même suggéré de renoncer à la citoyenneté russe.

Il est surprenant que le ministre des Affaires étrangères d'un pays qui prône de hauts standards en matière de droits de l'homme et de libertés démocratiques se permette de faire des déclarations aussi discriminatoires. Il s'agit clairement d'une violation des droits des citoyens ukrainiens en fonction de leur citoyenneté et de leur origine ethnique. Tout cela souligne une fois de plus le niveau de conscience juridique des autorités ukrainiennes actuelles.

 

Sur la prétendue découverte d'un sous-marin inconnu dans les eaux territoriales suédoises

 

Nous avons remarqué les publications des médias suédois sur la découverte d'un sous-marin étranger dans les eaux territoriales du pays cet été à proximité de Stockholm, relayées activement par certains politiciens et experts avec des insinuations de "trace russe".

Nous laisserons le bruit artificiellement diffusé depuis plusieurs décennies sur la conscience de ceux qui essaient de maintenir à flot ce thème.

Les mythes sur les sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises ne sont rien d'autre qu'une ruse propagandiste utilisée pour réchauffer, dans la conscience publique, la phobie vis-à-vis de la Russie, pour maintenir à flot la thèse de la "menace russe".

Cette approche ne correspond pas aux intérêts de renforcement de la stabilité et de la sécurité dans la région, et ne contribue pas à la normalisation des relations russo-suédoises déjà dégradées ces dernières années. Il est évident que les auteurs de tels "canards" craignent précisément le rétablissement du dialogue dans le respect mutuel entre Moscou et Stockholm.

L'absurdité des spéculations sur les sous-marins a été reconnue - avec retard - par les militaires suédois, qui ont préféré se distancer des fantaisies des journalistes et des pseudo-experts spécialisés dans la provocation de scandales infondés, qui voient partout les périscopes de sous-marins russes. Il y avait les mythes de la Grèce antique, et aujourd'hui il y a les mythes de la Suède sur les sous-marins russes. Les uns et les autres ont déjà bercé plus d'une génération.

 

Sur le premier Forum de jeunesse des compatriotes russes du Kazakhstan

 

Le 20 octobre à Astana s'est tenu le premier Forum de jeunesse des compatriotes russes du Kazakhstan consacré au 90e anniversaire de Tchinguiz Aïmatov et au 20e anniversaire d'Astana.

Au déroulement de ce forum ont participé près de cent jeunes délégués de toutes les régions du Kazakhstan, dont des enseignants de russe et de littérature russe, des journalistes, des historiens et des publicistes, des représentants de l'intelligentsia scientifique et artistique, des Cosaques et de l’Église orthodoxe russe.

Avant l'ouverture du forum, les participants ont rendu hommage aux victimes de la tragédie de Kertch par une minute de silence.

L'événement s'est déroulé sous la forme de quatre réunions plénières: "Tchinguiz Aïmatov – écrivain et diplomate"; "Les festivités consacrées au 20e anniversaire d'Astana"; "La préservation de la mémoire historique. Le mouvement public "Volontaires de la Victoire""; et "Les médias dans le nouvel espace de l'information".

Pendant le forum a été élu le Conseil de jeunesse des compatriotes russes du Kazakhstan, et le Règlement du Conseil de jeunesse et la Résolution du forum ont été adoptés.

 

Sur le 2e Forum mondial des jeunes diplomates

 

Du 12 au 14 novembre, le Conseil des jeunes diplomates du Ministère russe des Affaires étrangères organisera à Sotchi le 2e Forum mondial des jeunes diplomates "Ensemble vers l'avenir". A l'ordre du jour: l'adoption de la Charte de l'Association internationale des jeunes diplomates, la recherche de nouveaux formats de coopération entre les jeunes experts, la mise au point du concept de "diplomatie horizontale", les questions d'actualité relatives aux relations internationales, et la diplomatie économique. La présence d'invités de marque est attendue.

Le Forum mondial des jeunes diplomates résulte de l'activité de cinq ans du Conseil des jeunes diplomates du Ministère russe des Affaires étrangères afin d'organiser et de tenir des activités similaires, auxquelles participent traditionnellement les jeunes diplomates en exercice. Le format clos du débat permet d'évoquer franchement et de manière impartiale l'ordre du jour actuel, et d'échanger les avis sur les questions les plus pertinentes des relations internationales. La participation de 120 délégués de plus de 60 pays est attendue cette année.

Concernant les questions d'accréditation pour cet événement, veuillez vous adresser au service d'information du Conseil des jeunes diplomates en appelant au +7-916-487- 43-54.

 

Sur l'inauguration d'une plaque commémorative en hommage à la princesse Élisabeth de Hesse-Darmstadt

 

Jeudi 1er novembre à Darmstadt (Land de Hesse, Allemagne) s'est tenue la cérémonie solennelle d'inauguration de la plaque commémorative en hommage à la princesse Élisabeth de Hesse-Darmstadt dans sa patrie historique. Cette initiative a été rendue possible par les efforts communs de l'association internationale Société impériale orthodoxe de Palestine et de la mairie de Darmstadt, avec le soutien actif de l'Ambassade de Russie à Berlin et du Consulat général russe à Francfort-sur-le-Main.

La cérémonie s'est déroulée en présence du président de la Société impériale orthodoxe de Palestine Sergueï Stepachine, de l'Ambassadeur de Russie en Allemagne Sergueï Netchaev, du président du conseil municipal de Darmstadt Jochen Partsch, des représentants du clergé orthodoxe, et de l'intelligentsia artistique et scientifique russe et européenne.

Cette cérémonie d'inauguration de la plaque commémorative constitue le premier projet international commun, dans l'histoire des relations culturelles russo-allemandes, visant à immortaliser la mémoire d'un membre de la dynastie Romanov. Vous le savez, l'histoire des dynasties impériales de Russie et d'Allemagne est étroitement liée par les liens du sang.

 

Sur l'ouverture de la semaine du cinéma russe en République tchèque

 

Le festival de cinéma russe "Le nouveau film russe" se déroulera en République tchèque du 5 au 11 novembre. L'événement, organisé par l'Ambassade de Russie et dont le principal partenaire est la compagnie Rosatom, se tiendra sous le patronat du Président tchèque Milos Zeman et sera la plus grande diffusion d'œuvres du cinéma russe en République tchèque de ces derniers temps.

Plus de 20 films, dont des documentaires et des films d'animation, seront présentés dans le cadre du festival à Prague, Jihlava, Olomouc et Zlin. Les organisateurs ont prévu un vaste programme d'accompagnement pour familiariser le public local avec les différents aspects de la culture et des traditions russes. Plusieurs personnalités culturelles russes visiteront la Tchéquie à cette occasion. L'ouverture du festival se déroulera avec la participation du cosmonaute et double héros de l'Union soviétique Viktor Savinykh, de qui le héros principal du film Salyut-7 est inspiré.

 

Réponses aux questions:

Question: Aujourd'hui les regards sont rivés sur la Transcaucasie en raison des élections en Géorgie et en Arménie. Qu'attend la Russie de ces élections et quelles sont les perspectives des relations avec ces deux républiques du sud du Caucase? Le résultat des élections pourrait-il impacter la sécurité dans la région?

Réponse: En Arménie il ne s'agit pas d'élections, mais d'une procédure complètement différente.

Quant aux élections en Géorgie, c'est un processus politique purement interne qui n'est pas encore terminé, qui plus est. Les observateurs ont donné leur avis. C'est une affaire intérieure de la Géorgie.

Je ne peux que constater avec grand regret que pendant la campagne électorale - qui se poursuit - des déclarations antirusses ont été faites. Cela est regrettable et ne contribue pas à la normalisation des relations bilatérales. Laissons le peuple géorgien faire son choix objectif sans aucune pression extérieure, laissons-lui la possibilité de faire ce choix fondamental pour lui et pour le développement de son pays dans une atmosphère normale. Et quand il sera fait, nous répondrons à toutes les questions.

Question: Dans quelle mesure l'interaction entre les peuples du Caucase est importante pour la Russie?

Réponse: C'est une vérité immuable, un axiome. Pour la Russie, le développement global des relations dans les tous les domaines et secteurs avec les pays de cette région est primordial. Nous ne cessons de le souligner.

Question: Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé le début de l'opération militaire contre les Kurdes au nord de la Syrie. L'artillerie turque a déjà lancé les frappes contre les positions kurdes. En parallèle, Daech est passé à l'offensive et a évincé les Kurdes de leurs positions à l'est de l'Euphrate. On a vraiment l'impression que vis-à-vis des forces kurdes, Ankara coordonne ses opérations avec les terroristes internationaux, même s'il est considéré comme un acteur du processus de paix en Syrie, notamment à Idleb et dans d'autres régions. La Russie compte-elle réagir à l'apparition de telles situations?

Réponse: C'est aux experts militaires du Ministère de la Défense, qui disposent d'informations concrètes, de donner leur avis sur l'évolution des activités militaires, de la situation sur place.

En ce qui concerne la situation de la population kurde, les mouvements, partis et organisations politiques sur le territoire syrien, comme toujours, vous le savez, nous prônons leur implication dans le processus de paix. Nous avons toujours parlé du danger du transfert des armes en contournant Damas, de l'incitation aux activités, notamment militaires, sans coordination avec le gouvernement officiel et légitime, en partant du principe que le conflit doit être réglé par la voie politique.

Et s'il est question de la lutte contre les terroristes, ces efforts doivent être coordonnés avec les forces gouvernementales. Vous connaissez notre position. Nous avons été extrêmement actifs en ce sens en mettant l'accent sur l'implication, et non sur la séparation, l'isolement ou les objectifs irréalistes qui ne promettent rien de bon, ni les messages concernant la population kurde. Premièrement, nous nous sommes toujours appuyés sur le tableau réaliste de notre analyse. Deuxièmement, nous avons misé sur l'implication politique et la coordination inconditionnelle de l'activité antiterroriste, notamment des forces kurdes avec Damas.

Question: Le gouvernement russe a décrété des contremesures contre des personnes physiques et morales en Ukraine. Quelle réaction faut-il attendre de l'Occident? Quel est l'objectif de ces contremesures en termes de politique étrangère?

Réponse: Le gouvernement a fourni des explications détaillées. Il y a une heure et demie, des commentaires supplémentaires ont été faits par l'Administration présidentielle. Dmitri Peskov a répondu à toutes les questions à ce sujet. Je n'ai rien à ajouter. Il a été dit que, malheureusement, c'étaient des mesures symétriques. Appelez-les comme vous voudrez. C'est la réponse aux actions de Kiev.

Concernant la réaction occidentale, je pense que ceux qui professent en principe une idéologie de sanctions globale doivent comprendre. Surtout qu'il ne s'agit pas de sanctions de notre initiative, mais seulement de contremesures. Je trouve que la Russie s'est longtemps abstenue de prendre de telles mesures, mais le régime de Kiev actuel est allé trop loin pour que nous ne réagissions pas aux démarches hostiles que nous avons constatées.

Question: Prépare-t-on le format de Moscou sur l'Afghanistan avec la participation des représentants des Talibans?

Réponse: Le travail est en cours, il est très substantiel. Pour l'instant je ne peux pas annoncer de date mais je pense que je pourrais vous donner du concret dans les jours à venir. Cela fait longtemps que je voudrais le faire. Mais je répète que l'annonce de la date, le format, les participants et le lieu doivent d'abord être convenus à 100%. Dès que ce sera fait, nous vous en informerons. J'espère vraiment que nous le ferons dans les jours à venir.

Question: La Conférence internationale "Protégeons l'avenir" sur la lutte contre l'antisémitisme, la xénophobie et le racisme  s'est tenue cette semaine à Moscou. En même temps, il est préoccupant que les manifestations de racisme et de russophobie se multiplient dans certains pays d'Europe et de l'espace postsoviétique. Quelles démarches doivent être entreprises pour combattre cette tendance?

Réponse: Différentes mesures doivent être prises. En l'occurrence, nous parlons de démarches au niveau de l'État, parce que sinon nous allons partir dans la théorie. Bien évidemment, il faut une interaction des structures publiques avec la société civile, les ONG, les personnalités publiques, l'élaboration d'une nouvelle méthodologie ou le renforcement des anciens outils de lutte contre la propagation de la xénophobie, du racisme et d'autres manifestations d'intolérance. Il faut indéniablement renforcer la base juridique des actions aussi bien dans le pays que sur la scène internationale - et c'est ce que la Russie fait. Vous le savez, à une époque, il y a plusieurs années, Moscou a initié l'adoption d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies précisément sur ce thème. Chaque année, le nombre de coauteurs et de pays qui la soutiennent augmente - mais les débuts de ce texte ont été difficiles. Même les États qui exprimaient leur inquiétude, notamment vis-à-vis des problèmes d'antisémitisme, ne s'empressaient pas de soutenir ce document. La situation a changé il y a quelques années.

Voici un autre exemple montrant comment il est possible de rendre cette approche globale. C'est évidemment l'incitation à l'organisation d'activités publiques à ce sujet - des conférences, des expositions -, la préparation de publications pour la promotion des démarches entreprises par l’État dans les médias, de la coopération internationale. Bien sûr, je pense qu'à tous les niveaux du pouvoir exécutif et législatif doit être appliqué le principe de "tolérance zéro" envers de tels phénomènes. Dans les déclarations publiques, il faut envoyer un message clair non seulement en théorie, mais également en pratique. Malheureusement, de tels faits se produisent souvent dans le monde. C'est pourquoi il faut des déclarations claires sur le rejet de tels phénomènes. C'est court, mais en réalité ce thème est très vaste.

Question: Le Président américain Donald Trump a décidé d'envoyer jusqu'à 15 000 militaires à la frontière mexicaine. D'après vous, comment cela pourrait-il se refléter sur la sécurité régionale?

Réponse: Vont-ils construire un mur? Former un bouclier humain? Je crois que ces questions sont évidentes. J'ai vu un bref communiqué, mais j'ignore ce qu'ils y feront concrètement. Il faut adresser cette question aux autorités américaines pour savoir ce que ces hommes y feront concrètement – bâtir un mur, former un bouclier humain ou autre chose. Nous espérons que la violence et l'effusion de sang seront évitées.

Question: Après le Canada, le Royaume-Uni a légalisé la marijuana. D'après vous, quelles pourraient en être les conséquences?

Réponse: Cela ne suscite aucune autre émotion que l'inquiétude. Nous en avons parlé, notamment sur l'exemple du Canada. Je vais redemander des informations aux experts concrètement sur cette décision du Royaume-Uni. Cependant, notre position, que vous connaissez, reste inchangée.

Question: A l'approche des élections dans les républiques populaires de Donetsk (DNR) et Lougansk (LNR) plusieurs pays occidentaux et organisations internationales déclarent que ce scrutin ne correspond pas aux Accords de Minsk. Que pouvez-vous dire à ce sujet? Que pense globalement Moscou de l'organisation des élections en DNR et LNR?

Réponse: Nous avons vu de nombreuses déclarations de nos collègues occidentaux à ce sujet. Elles ont été faites dans les médias et même pendant les réunions du Conseil de sécurité des Nations unies. Je voudrais répéter que la décision d'organiser les élections des dirigeants des républiques autoproclamées et des Conseils populaires a été prise par le peuple du Donbass. Vous le savez, les élections ont été annoncées après l'assassinat à Donetsk du chef de la DNR Alexandre Zakhartchenko  dans un attentat qui, sans l'ombre d'un doute, visait à déstabiliser la situation dans toute la région. Il ne faut pas oublier que c'est sa signature qui se trouve sous les Accords de Minsk.

Il est évident que dans ces conditions, les élections prévues le 11 novembre sont dictées par la nécessité de combler le "vide du pouvoir" après la mort d'Alexandre Zakhartchenko et d'empêcher la dégradation de la situation, ce qui pourrait affecter de manière négative la vie de la région et tout le processus de paix en Ukraine, notamment dans le contexte du blocus organisé par Kiev et de la menace d'utiliser la force brandie par le gouvernement ukrainien.

Quant à la légitimité des élections, dont vous avez beaucoup entendu parler, nous partons du principe qu'elles ne tombent pas sous le coup des Accords de Minsk du 12 février 2015, où il est question des élections locales, c'est-à-dire municipales. Les gens doivent simplement vivre, aménager, réguler leur propre vie et assurer l'ordre dans la région dans les conditions du blocus et des menaces permanentes d'utiliser la force des autorités ukrainiennes.

Ce 30 octobre, cette question a été soulevée pendant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à l'Ukraine à l'initiative du Royaume-Uni, de la Pologne, des USA, de la Suède, des Pays-Bas et de la France. C'est à l'exigence de la Russie que cette activité s'est déroulée en format ouvert afin que tout le monde puisse entendre la vérité, et non une interprétation déformée et unilatérale de la situation dans le Donbass.

Nous avons également proposé d'y faire participer les présidents des commissions électorales centrales des DNR et LNR compte tenu du grand nombre de déclarations au sujet des élections. Qu'y a-t-il de mieux que d'obtenir les informations des sources originales, de leur poser des questions ou peut-être d'avancer des accusations pour entendre une réaction? Cependant, nos collègues occidentaux ont fait barrage en refusant d'accorder la possibilité d'exposer les motifs des élections. Autrement dit, une accusation est formulée sans offrir aux accusés la possibilité d'exposer les faits ou, au moins, leurs motivations. Nous pensons que le refus de ces États d'accorder la parole directement aux représentants du Donbass ne laisse aucun doute quant au caractère engagé des approches occidentales. Qu'avaient-ils peur d'entendre? Que pouvaient dire les représentants du Donbass qu'il était si effrayant d'entendre dans les murs de l'Onu? Pendant le vote procédural, la moitié des membres du Conseil n'a pas soutenu cette ligne.

Il s'agit manifestement d'une tentative d'utiliser le débat au Conseil de sécurité des Nations unies comme un rideau pour le sabotage total et impardonnable des Accords de Minsk par Kiev. Nous regrettons que Washington et les capitales européennes, qui étaient derrière le coup d’État en Ukraine en 2014, continuent de donner de nouveaux signes d'encouragement et d'indulgence à Kiev concernant la politique nationale et étrangère antirusse du gouvernement ukrainien. C'est le peuple ukrainien qui souffre le plus de ces actions qui ont déjà conduit au déclin économique, à la dégradation sociale et à une guerre fratricide.

Néanmoins, nous poursuivrons nos efforts diplomatiques pour surmonter cette situation inadmissible.

Question: Sur les réseaux sociaux, dans le segment arabe de l'internet, beaucoup d'informations circulent selon lesquelles les services secrets russes auraient été au courant de ce qui se passait au consulat saoudien à Istanbul et auraient transmis cette information aux services secrets turcs. Que pouvez-vous dire concernant l'existence et le contenu de cette intox?

Réponse: Il est terrible que cette tragédie (compte tenu des déclarations faites au niveau officiel, nous savons déjà que c'est précisément une tragédie qui s'est produite) soit entourée d'un tel nombre d'intrigues politiques et d'insinuations, comme nous le constatons aujourd'hui. Dès les premiers jours, notre pays a déclaré qu'une seule chose devait être faite en l'occurrence: mener une enquête impartiale et complète sur cette tragédie. Nous partons du principe que l'enquête sera menée et qu'à son issue les avis politiques appropriés seront donnés. Quoi qu'on puisse penser de la victime et de son activité, nous devons comprendre qu'une tragédie a eu lieu. Mais au lieu de laisser la possibilité de mener une enquête impartiale et objective commence une immense campagne tout aussi tragique autour des circonstances de cette affaire, même si officiellement nous ne savons encore rien de ses circonstances.

Les intox sont innombrables. Nous en avons vu des vertes et des pas mûres. Nous partons de la priorité, de la nécessité de mener une enquête. Les avis à ce sujet seront exprimés à son issue. Nous vous prions de ne pas tenir compte de ces intox. Je pense qu'elles seront encore plus nombreuses. A cet égard, la nécessité de mener une enquête rigoureuse autant que rapide ne fait qu'augmenter.

Question: Il y a littéralement deux jours, les USA ont appelé la "coalition arabe" à cesser les frappes aériennes contre le Yémen. Quelle est votre position? La Russie est-elle prête à devenir une plateforme de contacts directs sur le Yémen?

Réponse: Nous ne sommes pas seulement prêts: nous avons dit à de nombreuses reprises que la situation au Yémen était une horrible catastrophe humanitaire de notre temps, qui se déroulait sous nos yeux. Nous avons régulièrement donné notre avis sur la situation. Nous disons constamment, et notre position est immuable, qu'il faut entamer au plus vite le processus de paix pour stopper la crise. Il faut aider les gens à survivre, à faire renaître l’État.

Évidemment, comme la Russie est membre du Conseil de sécurité des Nations unies, nous sommes actifs sur la scène internationale et traitons ce problème également, nous apportons toute la contribution possible pour mettre en œuvre l'approche que j'ai évoquée. Si nos efforts devaient être intensifiés et qu'un intérêt était exprimé en ce sens, je pense que cette question serait étudiée et que cela serait fait.

Dans cette salle, nous appelons constamment la communauté internationale à accorder une attention particulière au problème réel - le Yémen est un véritable problème - au lieu d'inventer des risques et des défis fictifs. Nous voyons les efforts et l'énergie dépensés par la communauté occidentale pour inventer des problèmes inexistants, de Salisbury à Amesbury, en jouant constamment différentes cartes dans le cadre du processus de paix syrien, en attirant l'attention sur ce qui n'existe pas. Tout en feignant de ne pas remarquer ce qui se passe au Yémen. L'ampleur de la réaction est incomparable. Nous avons parlé régulièrement et en parlerons encore.

Question: Une question concernant la déclaration du Ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt faite mercredi soir pendant son discours à l'institut de recherche Policy Exchange. Ses déclarations ont une sonorité pas du tout diplomatique et contiennent des accusations visant la Russie.

Peut-on dire que le Royaume-Uni s'écarte du langage international de la diplomatie? Comment la Russie envisage-t-elle la possibilité d'une normalisation du dialogue avec Londres? Le Ministre britannique des Affaires étrangères a dit qu'ils voudraient vraiment trouver un moyen de faire revenir Moscou aux négociations. La Russie est-elle prête à faire le premier pas et à organiser une rencontre?

Réponse: Malheureusement, à l'étape actuelle, les représentants officiels britanniques et la diplomatie sont deux choses incompatibles dans la plupart des cas. En fait, c'est devenu une rhétorique vicieuse - il n'y a pas d'autre mot. Nous ne comprenons pas du tout ce que signifient les déclarations de Londres sur la "volonté de faire revenir la Russie aux négociations". Rien que dans l'affaire Salisbury, la Russie a envoyé des dizaines de notes proposant à Londres de coopérer ou, au moins, de transmettre des informations. Voici un exemple concret de proposition pour entamer des négociations. Nous n'avons rien obtenu en réponse. C'est pourquoi je répète qu'il s'agit d'une rhétorique vicieuse, dans le sens où c'est à la limite du cynisme. Même si, malheureusement, nous y sommes habitués dans le contexte des déclarations que nous entendons à Londres.

J'ai souligné à plusieurs reprises que malgré l'irrespect et la russophobie débordants vis-à-vis de Moscou de la part de plusieurs personnalités britanniques politiques et officielles, à chaque fois nous déclarons que la valeur des relations bilatérales dans le contexte de développement des liens entre nos peuples est si élevée que, malgré les actions hostiles des autorités britanniques actuelles envers la Russie, nous laissons les "portes ouvertes". Nous notons à chaque fois la nécessité de construire des relations normales. Tout ce qui a été bloqué dans les relations bilatérales a été bloqué par le Royaume-Uni. Ils doivent avoir le courage de le reconnaître.

Question: Le Président ukrainien Petro Porochenko s'entretient actuellement avec la Chancelière allemande Angela Merkel. D'après vous, que proposera Angela Merkel à Petro Porochenko? Étant donné que la Chancelière allemande quitte progressivement la scène politique, il y a de nombreuses spéculations pour savoir dans quelle mesure l'Allemagne maintiendra sa ligne.

Réponse: Premièrement, je pense qu'elle ne partagerait pas votre avis. Deuxièmement, je pense qu'il est incorrect de commenter des pourparlers qui ne sont pas encore terminés.

S'il y a une chose que Moscou trouve importante à souligner dans le contexte de la participation des pays européens et de l'Allemagne au dialogue avec l'Ukraine, c'est évidemment et avant tout la mise en œuvre à part entière des Accords de Minsk par Kiev, ou au moins le retour à cette question. Deuxièmement, c'est le déblocage de la situation humanitaire et le règlement des problèmes de sécurité dans le Donbass. Parce que, comme nous l'avons déjà dit aujourd'hui, ils sont effectivement bloqués par le régime de Kiev. Troisièmement, ce sont les questions à soulever absolument: la montée en puissance du nationalisme sur le territoire ukrainien, les manifestations de xénophobie et d'intolérance, et la dimension nationale que ces questions prennent. Car si auparavant nous assistions à des actions qui même à Kiev étaient décrites comme les agissements de groupes "isolés", aujourd'hui nous voyons que ces groupes "disparates" et "isolés" contrôlent d'une manière ou d'une autre la situation sur le terrain. Les autorités ne peuvent leur opposer aucune autre idéologie qui pourrait stopper la hausse des phénomènes nationalistes.

Ce sont littéralement quelques points, qui sont clairs. De notre point de vue, il serait juste que les superviseurs occidentaux qui soutiennent depuis des années tout ce qui se passe dans le champ politique de l'Ukraine posent aujourd'hui ces questions à Kiev.

Je trouve qu'en l'occurrence, et à l'avenir, les dirigeants occidentaux devraient utiliser le format et les possibilités de dialogue direct avec le gouvernement ukrainien afin d'évoquer la question de Kirill Vychinski. Ces gens parlent énormément de liberté d'expression et de respect des droits de l'homme: voilà un cas concret où ils pourraient utiliser toutes leurs connaissances et leur savoir en pratique. Depuis six mois, le journaliste Kirill Vychinski se trouve en prison uniquement pour son activité professionnelle – que peut-il y avoir de plus scandaleux? Voici une courte liste.

Question: Que pouvez-vous dire de la nomination du nouvel Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie?

Réponse: Avec d'autres membres du Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie a soutenu la décision prise par le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres de nommer le diplomate norvégien Geir Pedersen au poste d'Envoyé spécial pour la Syrie.

Nous comptons sur son approche impartiale et constructive au profit du processus de paix syrien. Nous espérons vraiment qu'il s'orientera avant tout sur les intérêts du peuple syrien, qui souffre énormément.

Bien sûr, il est trop tôt pour parler des démarches qui seront entreprises – après tout, cela ne fait que quelques jours qu'il a été nommé. Évidemment, nous savons que Geir Pedersen est un diplomate expérimenté, mais beaucoup de travail l'attend.

Question: Cela fait plus de 20 ans que le Groupe de Minsk de l'OSCE exerce sa médiation pour régler le conflit du Haut-Karabakh. La Russie fait également beaucoup dans ce sens. Étant donné que, malheureusement, le conflit n'est toujours pas réglé, d'après vous, quelles démarches doivent être entreprises pour renforcer l'activité de médiation du Groupe de Minsk?

Réponse: Il faut accroître son efficacité. Comment? Je pense qu'il y a là un espace pour les réflexions et les démarches concrètes des représentants spéciaux chargés de cette question.

Toutes les démarches sont connues: les négociations, les contacts avec les belligérants, la progression sur la base des accords déjà conclus. Tout cela est une routine diplomatique.

Si vous parlez des activités concrètes prévues prochainement, je n'ai pas d'informations en ce qui concerne la Russie. Mais je vais me renseigner.

 

 

 

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