20 septembre 201817:36

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, en marge du 2e Forum féminin eurasien, Saint-Pétersbourg, 20 septembre 2018

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Chers collègues,

Aujourd'hui nous ne nous rencontrons pas à Moscou, mais dans une conférence de presse à l'extérieur à Saint-Pétersbourg en marge du plus grand Forum qui a réuni les femmes du monde entier – plus de 110 pays y sont représentés en la personne de leurs professionnelles – des femmes spécialistes dans différents domaines.

Aujourd'hui nous avons tous vu et entendu des discussions actives, des thèmes intéressants à aborder, un débat concret sur des questions concrètes.

Il faut dire également que pour la deuxième fois nous organisons une telle conférence de presse à l'extérieur précisément en marge de ce Forum. Il y a matière à comparaison. Bien sûr, le Forum a acquis une toute autre ampleur. Le premier était une idée qui a pu être mise en œuvre. Il y avait des essais, en quelque sorte des improvisations. Aujourd'hui, l'envergure parle d'elle-même. C'est un événement phénoménal, très important et d'actualité. Il n'y a pas de formalités, pas d'organisation d'un forum juste pour organiser un forum. Il est question d'une discussion effectivement très sérieuse sur un grand nombre de problèmes qui intéressent les gens.

Etant donné que je me trouve à Saint-Pétersbourg, je voudrais parler des liens extérieurs du District fédéral Nord-Ouest pour commencer notre conférence de presse d'aujourd'hui.

 

Sur les liens extérieurs du District fédéral Nord-Ouest

 

Saint-Pétersbourg est l'un des centres d'affaires et cultuels internationalement reconnus de l'Europe, au même titre que la région de Saint-Pétersbourg, occupant les premières positions en termes d'attractivité des investissements et des touristes étrangers dans la région. En 2017, la ville a été visitée par 7,5 millions d'étrangers, et cette année le nombre de touristes dépassera 8 millions. L'immense potentiel industriel et scientifique de la région attire les plus grands producteurs mondiaux, la zone économique particulière de Saint-Pétersbourg, les parcs techniques et les plateformes industrielles de la région de Saint-Pétersbourg se développent activement. Le pôle automobile de Saint-Pétersbourg (avec la participation de grands concessionnaires mondiaux comme Toyota, Nissan, Hyundai) a affiché cette année le plus important rythme de production depuis cinq ans et il est prévu de poursuivre l'élargissement de la localisation de la production, y compris la production de moteurs.

En août, le Gouverneur de Saint-Pétersbourg Gueorgui Poltavtchenko s'est rendu au Japon, une feuille de route a été signée pour le développement de la coopération entre Saint-Pétersbourg et Hokkaido pour 2018-2022.

Rien qu'au cours des derniers mois à Saint-Pétersbourg se sont déroulées les Journées de Shanghai (cette année marque le 30e anniversaire de l'établissement des liens de villes jumelées), dans le cadre des Journées de Minsk s'est tenu le Forum de coopération d'affaires. La ville a été visitée par les délégations du Vietnam, de l'Irlande et de l'Ecosse.

Les régions du District fédéral du Nord-Ouest sont les principaux participants des programmes internationaux de coopération frontalière entre la Russie et l'UE pour 2014-2020 dans le cadre desquels sont réalisés des projets d'infrastructure communs avec la Finlande et les pays baltes.

Outre l'organisation de rencontres interétatiques, de grands forums économiques et sociaux mondiaux avec la participation de dirigeants étrangers, de personnalités politiques, d'affaires et culturelles, Saint-Pétersbourg réalise un agenda international conséquent dans le domaine d'élargissement de l'influence sociale russe à l'étranger, la promotion de la langue et de la culture russe, la préservation de la vérité historique sur le rôle du pays dans la défaite du fascisme, l'enseignement d'étudiants étrangers, les programmes de "diplomatie populaire" avec la participation de célébrités de la culture mondiale, de l'opéra et du ballet. En signe de reconnaissance de la contribution exclusive de la Russie au développement du jazz, l'Unesco a proclamé Saint-Pétersbourg capitale de ce genre musical en 2018.

Nous remercions les autorités et les habitants de Saint-Pétersbourg pour leur contribution au renforcement de l'image positive de notre pays au niveau international, notamment pour l'excellente organisation de l'événement et l'hospitalité bien connue de la "capitale du Nord".

 

Sur la visite de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Bosnie-Herzégovine

 

Vendredi 21 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail en Bosnie-Herzégovine. A Sarajevo sont prévus des rencontres avec les membres du Présidium de la Bosnie-Herzégovine et avec le Ministre des Affaires étrangères Igor Crnadak. La signature du Plan de consultations entre le Ministère russe des Affaires étrangères et le Ministère des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine pour 2019-2020 est en préparation.

A Banja Luka le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Président serbe Milorad Dodik, il participera à la cérémonie d'ouverture d'une plaque commémorative de la bénédiction et à la pose de la première pierre dans les fondations de l'église orthodoxe en hommage à la famille de l'empereur russe Nicolas II.

Pendant ces contacts il est prévu de réaffirmer l'attachement ferme de la Russie à l'Accord-cadre général de paix sur la Bosnie-Herzégovine de 1995 (accord de Dayton), soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale de ce pays, les pouvoirs constitutionnels de ses deux entités - la République serbe et la Fédération de Bosnie-Herzégovine - et l'égalité en droits des trois nations en titre.

Il est également prévu d'évoquer l'état et les perspectives de développement des relations entre la Russie et la Bosnie-Herzégovine, les possibilités pour approfondir la coopération dans le domaine politique, commercial, économique, culturel et social. Il est prévu d'échanger les points de vue sur la situation dans les Balkans et d'autres questions internationales d'actualité.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aux travaux de la 73e session de l'Assemblée générale de l'Onu

           

La 73e session de l'Assemblée générale de l'Onu qui est le forum international central destiné à un examen détaillé des problèmes d'actualité internationale, a ouvert ses portes le 18 septembre à New York. Cette année, la délégation russe sera menée dans le cadre du segment de niveau élevée de la session - il débutera le 25 septembre - par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Le programme de séjour du chef de la diplomatie russe à New York sera de tradition très chargé. Il prévoit plusieurs dizaines de rencontres avec des chefs d'État, de gouvernement et de diplomatie. Le Ministre russe s'entretiendra avec le Secrétaire général de l'Onu António Guterres et la Présidente de la 73e session de l'Assemblée générale Maria Fernanda Espinosa. Sergueï Lavrov prendra part aux réunions des chefs de diplomatie des membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, des BRICS et de l'OTSC, aux sessions thématiques de haut niveau. Le 28 septembre, il devrait s'adresser aux nations depuis la tribune de l'Assemblée générale de l'Onu.

Lors de la session débutée, les efforts principaux de la Russie viseront le renforcement du rôle central et de l'autorité de l'Onu. Nous continuerons de promouvoir un agenda unificateur afin d'atténuer la confrontation dans le monde et de résoudre efficacement les problèmes actuels sur la base du droit international. Parmi nos priorités, il faut notamment citer la lutte contre l'altération de l'histoire, la formation d'un large front antiterroriste et une mise en œuvre équilibrée de l'Agenda 2030.  

Vous pouvez consulter une présentation détaillée des approches russes des perspectives du travail de la 73e session de l'Assemblée générale de l'Onu sur le site du Ministère.

Nous recevons énormément de demandes de préciser le programme de Sergueï Lavrov à New York, de présenter les détails de ses futures rencontres. Le programme est actuellement en état d'élaboration actif. Je peux vous citer plusieurs rencontres envisagées actuellement. J'ai déjà mentionné beaucoup d'événements multilatéraux. Quant aux rencontres bilatérales, Sergueï Lavrov devrait s'entretenir avec la Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, la Présidente croate, le Ministre zambien des Affaires étrangères, le Président chypriote, le Ministre cubain des Affaires étrangères, le Secrétaire général de l'Otan, membre du Conseil d'Etat le Ministre chinois des Affaires étrangères, le Ministre bolivien des Affaires étrangères, le Président somalien, les Ministres des Affaires étrangères du Guatemala, du Belize, du Surinam et du Panama, ses collègues suisses, le Secrétaire général de l'OSCE, le Président de la Guinée équatoriale, les ministres arménien, soudanais et jordanien des Affaires étrangères. Il s'entretiendra spécialement avec le Secrétaire général de l'Onu, mais on envisage également des rencontres multilatérales. On prépare ses rencontres avec les ministres des Affaires étrangères de Jamaïque, de la France, de Saint-Vincent et de l'Egypte. Sergueï Lavrov s'entretiendra traditionnellement avec des représentants des pays de la partie méridionale de la région Pacifique en marge de l'Assemblée générale. On élabore également un nombre d'autres rencontres. Sergueï Lavrov devrait participer à une conférence de presse suite à son voyage de travail à New York, dont on vous informera spécialement.          

 

Sur l'avion des forces aériennes russes, abattu près du littoral syrien

 

Comme vous le savez, tard dans la soirée du 17 septembre, un Il-20 des forces aériennes russes qui patrouillait le littoral syrien, a été abattu dans cette partie de la Méditerranée. Des militaires russes ont été tués. Au nom du Ministère russe des Affaires étrangères, des dirigeants du Ministère et de tout son collectif, je voudrais présenter aux proches et aux familles des victimes nos condoléances sincères en raison de cette perte.

Le Président russe Vladimir Poutine a présenté une estimation exhaustive de cet événement tragique. Le Ministère russe de la Défense a déjà commenté les événements de cette nuit à plusieurs reprises et aux niveaux différents. Nous devrions obtenir bientôt de nouvelles données (elles seront rendues publiques) qui permettront de répondre aux questions posées par cette tragédie, notamment en ce qui concerne la responsabilité des pilotes militaires israéliens.

La Russie et Israël ont des liens historiques très forts. A toutes les étapes de la formation de cet État, la Russie se prononçait constamment pout le développement et l'approfondissement des relations amicales entre nos deux pays, faisait tout pour que cet État du Moyen-Orient s'intègre dans le paysage régional, se transforme en facteur de stabilité et de prospérité du Moyen-Orient.

C'est pourquoi, la tragédie du 17 septembre exigera des investigations et des explications supplémentaires de la part d'Israël. Je suis certaine que ces dernières seront bientôt présentées. Pour ma part, j'estime que les pilotes israéliens, dont les actions se sont soldées par une menace réelle et la destruction d'un avion russe (dont témoignent les données de nos experts militaires), ont fait preuve d'un comportement peu professionnel pour ne pas dire plus. Il est honteux de se cacher derrière le dos de ceux qui assurent notamment ta propre sécurité et, à cause de leur devoir, ne peuvent pas éviter la balle, ciblée à toi.      

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

L'évolution de la situation en Syrie fait preuve de plusieurs facteurs positifs et négatifs.

La Syrie a organisé le 16 septembre les premières élections municipales depuis le début de la crise. 5 300 bureaux de vote ont été ouverts sur le territoire du pays. Il s'agit d'un événement important et très attendu dans le pays, d'un bon symbole de passage vers la vie paisible et la reconstruction.

Nous saluons également le rapatriement des réfugiés syriens et le retour des personnes déplacées aux lieux d'habitation permanente en Syrie. Un forum international spécial pourrait favoriser davantage ce processus. La déclaration finale du sommet tripartite des pays garants du processus d'Astana, qui s'est déroulé le 7 septembre dernier à Téhéran, souligne la volonté de la Russie, de l'Iran et de la Turquie d'examiner leur participation éventuelle aux préparatifs d'une telle conférence.

Le Centre russe d'accueil, de répartition et d'hébergement des réfugiés favorise le rapatriement des Syriens depuis le Liban et la Jordanie. Plus de 13 000 personnes sont revenues en Syrie depuis le 18 juillet 2018 (je voudrais souligner qu'il ne s'agit que de plusieurs mois), alors que le nombre total des rapatriés a dépassé 242 000 personnes depuis le 30 septembre 2015.     

Dans le contexte de la stabilisation de la situation sur les territoires libérés des terroristes, les personnes déplacées reviennent elles-aussi chez eux. 148 000 personnes déplacées sont revenues aux lieux d'habitation permanente depuis le 1er janvier 2018, alors qu'il s'agit de 1 231 000 retours depuis le 30 septembre 2015 (ces chiffres sont approximatifs, mais se basent sur des faits).

Nous constatons avec satisfaction la stabilisation de la situation dans le sud-ouest de la Syrie après une opération militaire, qui s'y est déroulée avec succès en août dernier. La vie paisible se rétablit graduellement sur ce territoire. Le Gouvernement syrien organise le rétablissement des sites d'infrastructure principaux, continue d'octroyer l'aide humanitaire.

Depuis le septembre 2015, on a reconstruit en Syrie près de 30 000 maisons, ainsi que plus de 5 000 établissements d'enseignement et plus de 150 hôpitaux. Cela a pris plusieurs années. Qui plus est, ces travaux se déroulent dans le contexte d'une lutte acharnée contre le terrorisme international, menée par les Syriens et le Gouvernement syrien avec le concours de la Fédération de Russie. Ces données ne sont donc pas relatives à la vie paisible, ni au développement ou à la reconstruction de ces sites pendant une période de la paix, sans l'ombre de la lutte contre le terrorisme, mais au plus fort de ce combat.

La Russie a organisé dès lors près de 2 000 opérations humanitaires distribuant plus de 3 000 tonnes d'aliments et d'objets de première nécessité. Les médecins militaires russes ont offert des soins de qualité à 93 000 Syriens.      

Nous établissons des contacts avec des parties intéressées afin de résoudre le problème du camp des réfugiés et des personnes déplacées "Roukban", créé sur le territoire dont les États-Unis ont pris le contrôle de manière illégale et unilatérale. Selon nos estimations, la résolution réside dans l'octroi à la population de l'aide humanitaire de tous les genres, l'organisation de corridors d'évacuation sécurisés et de centres de régularisation de statut, ainsi que dans la poursuite des accords de cessez-le-feu.

Les négociations entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui se sont déroulés le 17 septembre à Sotchi, ont permis d'obtenir un progrès notable concernant la zone de désescalade d'Idleb. Ils ont signé notamment un Mémorandum de stabilisation de la situation dans cette province, prévoyant de créer d'ici le 15 octobre une zone démilitarisée de 15 à 20 km d'épaisseur le long de la ligne de contact entre l'opposition et les troupes gouvernementales. Cette zone de tampon sera contrôlée conjointement par les unités de la police militaire russe et les patrouilles turcs. 

Les accords obtenus par la Russie et la Turquie permettront de sauver la vie des civils. Nous espérons qu'elles non seulement favoriseront la séparation entre l'opposition modérée et les terroristes à Idleb, mais aussi dégriseront les provocateurs qui y préparent une nouvelle mise en scène chimique pour justifier des frappes de missiles et des bombardements éventuels du territoire syrien par la coalition menée par les USA.

Il est malheureusement encore trop tôt de parler de l'échec de ce scénario soutenu par l'Occident. On constate toujours des informations sur la poursuite des préparatifs d'une provocation chimique. Ainsi, le Front al-Nosra qui fournit des armes chimiques aux groupes armés alliés, a transporté des réserves de la substance toxique sarin à l'hôpital national de la ville d'Idleb. 

Le rôle principal dans cette mise en scène planifiée pourrait être encore une fois octroyé aux Casques blancs tristement célèbres. Selon les dernières informations, des centaines de membres de ce groupe sont récemment arrivés sur le territoire syrien afin de mener des préparatifs sous la direction des instructeurs étrangers. Certains témoignages indiquent que ces crimes provocateurs pourraient viser des femmes et des enfants kidnappés par les terroristes.

Des menaces ouvertes de lancer une opération militaire de grande envergure en Syrie, proférées par nos partenaires américains, empêchent la réconciliation nationale dans cet État. Au lieu de pousser l'opposition armée "raisonnable" vers le dialogue, ils inspirent aux opposants un sentiment absolument illusoire de l'ingérence américaine éventuelle dans le conflit du côté de l'opposition.   

Encouragés par ce soutien, les combattants d'Idleb continuent leurs attaques contre les territoires contrôlés par le Gouvernement syrien. Ainsi, les militaires russes ont enregistré en août dernier 554 violations du cessez-le-feu par ces groupes armés, notamment avec l'utilisation des canons et des mortiers. Ces incursions se sont soldées par la mort de 29 personnes. Depuis le début du mois de septembre, on a déjà enregistré près de 350 violations, ce qui témoigne de l'intensification des activités terroristes.

Nous avons constaté le scandale grandissant lié à l'octroi par le gouvernement néerlandais de l'aide aux groupes syriens antigouvernementaux. Nous sommes certains de la nécessité de mener une enquête objective et détaillée sur cette affaire. 

Le processus de règlement en Syrie se déplace visiblement dans le domaine politique et diplomatique. Après plus de sept ans de conflit, le pays est ruiné, alors que son peuple a très besoin d'une aide diversifiée da la part de la communauté internationale. Dans ce contexte, nous appelons l'Occident à renoncer à son humanisme feint et de façade et à rejoindre l'octroi d'une aide réelle aux Syriens dans toutes les questions liées à la reconstruction de l'État, notamment dans le soutien au rapatriement des réfugiés. On ne peut pas présenter des exigences politiques comme une condition préalable de l'octroi de l'aide humanitaire qui est une preuve de l'humanité et d'une solidarité réelle.  

 

 

Sur le financement des groupes terroristes syriens par le gouvernement néerlandais

 

Nous avons constaté un scandale grandissant aux Pays-Bas, provoqué par des investigations des médias qui avaient révélé l'octroi de l'aide aux groupes terroristes syriens par le gouvernement néerlandais. Rappelons que cette liste comprend notamment Jabhat al-Chamia, reconnu comme un groupe terroriste par le parquet néerlandais, ainsi que plusieurs autres mouvements liés d'une manière ou d'une autre à Al-Qaïda. L'un de ces derniers s'est fait notamment connaitre pour avoir utilisé les civils en tant que bouclier humain et impliqué les mineurs dans les combats. Ces groupes ont reçu de l'aide de la part des autorités officielles des Pays-Bas.

Cette aide "non-létale" comprenait les livraisons d'équipements, de 4x4 et de téléphones par satellite pour 25 millions d'euros au total.

L'aspect le plus absurde de la situation réside dans le fait que quand nous nous adressons à nos collègues occidentaux et leur proposons lors des forums et des conférences de participer de manière bilatérale au rétablissement de l'infrastructure civile, ils ne peuvent pas trouver les fonds nécessaires et ne veulent en aucune façon octroyer ces 25 millions d'euros. Vous pouvez facilement vous imaginer combien d'écoles, d'hôpitaux, de sites d'infrastructure civile, de boulangeries, de centres de distribution de l'aide humanitaire ou, plus précisément, de cette aide humanitaire (des vêtements, des médicaments, des manuels pour les enfants qui reprennent leurs études à l'école) on aurait pu offrir aux Syrien grâce à ces fonds.  

En même temps, le gouvernement néerlandais comprenait parfaitement que les moyens octroyés pourraient être utilisés à des fins pas du tout pacifiques: ainsi, on peut facilement installer des mitrailleuses sur ces 4x4.

Une investigation sur cette affaire est actuellement en cours aux Pays-Bas, mais, compte tenu des données présentées, il est déjà évident que ce soutien des forces antigouvernementales syriennes s'effectuait en violation totale des normes du droit international et constituait une ingérence directe dans les affaires intérieures d'un État souverain.

Les Pays-Bas se laissaient guider en Syrie par un principe vicieux qui affirme qu'il est possible de négliger le droit international en cas de violation grossière des droits de l'homme (du point de vue des Néerlandais). Il s'agit du principe de "négation du fétichisme de droit", introduit par Bert Koenders, ancien Ministre néerlandais des Affaires étrangères. En résultat, l'aide néerlandaise s'est retrouvée entre les mains de ceux qui n'appréciaient pas absolument les droits de l'homme et notamment le droit à la vie.

Les autorités néerlandaises répètent visiblement leurs propres erreurs. Ainsi, le Premier Ministre néerlandais Jan Peter Balkenende a été obligé de démissionner en 2010 à cause des résultats de l'investigation de la commission Davids qui avait souligné le caractère illégal du soutien politique octroyé à l'aventure militaire de 2003 en Irak.

Nous sommes persuadés que la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité de l'Onu et le Conseil des droits de l'homme de l'Onu, doit réagir à ces nouveaux manifestations de la politique "deux poids, deux mesures". Nous constatons donc des informations absolument scandaleuses. Il s'agit de fait d'une aide criminelle aux terroristes de la part des autorités publiques des Pays-Bas.   

 

 

Sur les propositions russes sur l'Afghanistan, présentées le 17 septembre par l'Ambassadeur russe à l'Onu Vassili Nebenzia au cours d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu

 

Compte tenu de l'intensification de l'expansion de Daech en Afghanistan qui crée des foyers de tension dans le pays et notamment près de frontières de nos partenaires d'Asie centrale, nous envisageons d'utiliser plus activement les mécanismes antiterroristes de sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu afin de combattre ce mouvement en Afghanistan. Sur le plan pratique, nous recueillons une base de preuves pour rédiger des demandes en ce sens et saisir le comité de sanctions contre Daech/Al-Qaïda du Conseil de sécurité de l'Onu de l'introduction de mesures punitives contre des individus et des organisations qui font partie de la "branche" afghane de Daech ou sont directement liés à cette dernière. Ces propositions russes ont été évoquées le 17 septembre par l'Ambassadeur russe à l'Onu Vassili Nebenzia lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu.

Nous appelons tous les États membres à participer activement à ce processus et à envoyer des demandes appropriées de sanctions au comité mentionné.

L'élargissement des sanctions à ces individus liés à Daech permettra aux pays membres d'introduire des mesures appropriées contre ces derniers: l'interdiction des déplacements internationaux et de la vente d'armes, le gel de leurs actifs financiers etc.

 

Sur la situation de Maria Boutina, arrêtée aux États-Unis

 

Nous poursuivons nos efforts visant à obtenir la libération de la citoyenne russe Maria Boutina, arrêtée aux États-Unis sur des accusations montées de toutes pièces.

Le 13 septembre, les collaborateurs de l'Ambassade russe à Washington ont rendu visite à notre concitoyenne en prison. Il s'est avéré qu'elle faisait encore l'objet d'un régime de ségrégation administrative, qui s'applique habituellement aux criminels dangereux. Ce n'est que grâce aux efforts des diplomates russes que les autorités américaines ont consenti à normaliser dans une certaine mesure les conditions de détention de la citoyenne russe, en améliorant notamment son alimentation.

Nous ne pouvons pas ignorer certaines publications absolument odieuses des médias américains, qui présentent les efforts du Ministère russe des Affaires étrangères et de l'Ambassade russe à Washington - nos initiatives, nos notes officielles et nos visites consulaires s'inscrivent dans la pratique diplomatique mondiale absolument universelle visant à protéger les intérêts des citoyens qui se retrouvent dans une telle situation - comme une preuve prétendue des "liens" de Maria Boutina avec les autorités russes. Autrement dit, on nous critique quand certains représentants de la société civile considèrent l'aide des diplomates russes comme inopportune et insuffisante, mais on nous accuse de "relations spéciales" avec des personnes qui ont été arrêtées et se trouvent dans une situation compliquée quand nous leur offrons notre soutien. Mais qui a inventé tout cela? Nous recevons chaque jour des demandes d'aide de la part de personnes qui ont été arrêtées dans les aéroports ou font face à des sanctions ou des poursuites judiciaires dans le pays où ils séjournent. Ils nous prient de leur octroyer un avocat, de les aider à contacter leur famille, de leur offrir une aide juridique pour la régularisation de leurs papiers ou d'améliorer leurs conditions de détention. Ces personnes font face à des situations différentes, liées à la santé ou à des situations d'urgence. Nous tentons d'aider tout le monde. 

Il existe également des cas scandaleux, quand ces personnes ne se retrouvent pas dans une situation difficile à cause de leur propres erreurs ou de circonstances compliquées mais font face à des violations de leurs droits ou du droit international, quand la situation est d'office placée hors du champ juridique comme nous l'avons déjà constaté avec l'entrepreneur Viktor Bout, le pilote Konstantin Iarochenko ou, aujourd'hui, Maria Boutina. Vous savez parfaitement quelle attention nous accordons au sort de ces citoyens. Il est pourtant absolument odieux d'écrire ou de présenter aux médias des faits présumés indiquant que ces efforts russes s'expliqueraient par des liens spéciaux entre la Russie et sa citoyenne. Ce sont des fake news classiques.

Nous sommes évidemment préoccupés par l'utilisation cynique et absolument évidente de cette affaire dans le cadre de règlements de comptes politiques intérieurs à Washington. Nous exigeons encore une fois de libérer le plus rapidement possible la prisonnière politique Maria Boutina.

J'ai une autre question: si les médias américains publient des informations sur des personnes détenues en Fédération de Russie qui possèdent des passeports de pays étrangers, sur des citoyens étrangers accusés de crimes graves voire condamnés, si les médias leur accordent une attention spéciale, est-ce que cela veut dire que ces détenus ont des relations spéciales avec les gouvernements des pays dont les médias leur accordent tellement d'attention ou dont les citoyens organisent des manifestations au moment exact de la venue des délégations russes à l'étranger? Ne s'agit-il pas de relations spéciales? La logique est très étrange. Notamment en ce qui concerne Maria Boutina. Nous - non seulement le Ministère, mais aussi l'opinion publique - sommes étonnés et révoltés non seulement par le caractère illégal de sa détention, mais aussi par ses conditions. Même du point de vue des juristes américains, elle n'a commis aucun délit susceptible de justifier son maintien dans ces conditions absolument inhumaines. Des réveils incessants pendant la nuit, des fouilles toutes les 15 minutes, etc. Que doit faire une personne pour mériter un tel traitement? C'est une question très importante.

 

Sur l'évolution de la situation autour des incidents chimiques de Salisbury et d'Amesbury

 

L'ouverture manifeste de la Russie et sa volonté de coopérer avec les enquêteurs britanniques afin d'établir les véritables raisons des incidents de Salisbury et Amesbury ont suscité chez les autorités du Royaume-Uni non seulement une nervosité élevée, mais aussi une vague de sarcasme malsain. Au lieu de mener un dialogue professionnel, calme et concret sur le fond de l'affaire, nous constatons que l'examen de ce sujet au Royaume-Uni revêt ces derniers temps un caractère de plus en plus étrange, voire ouvertement agressif. Dans ce contexte, je voudrais souligner encore une fois que les autorités officielles n'ont transmis à la Russie aucune donnée concernant l'affaire Skripal susceptible d'élucider ne serait-ce que certaines facettes de cette dernière.

Qui plus est, nous avons déjà souligné à plusieurs reprises beaucoup d'incohérences, voire des contradictions directes, concernant les "preuves" présentées par Londres à l'opinion publique. Malgré tout, nos questions sont restées sans réponse. Il s'agit de tentatives de dissimuler la vérité, de forcer la Russie à se justifier et d'exercer une pression supplémentaire sur ses alliés dans le domaine de l'introduction de nouvelles sanctions antirusses.

Je voudrais répéter que la Fédération de Russie n'a jamais rien eu à voir avec les  événements de Salisbury, n'a été d'aucune façon impliquée dans cette affaire. Nous rejetons résolument toutes les insinuations britanniques dans le cadre de l'affaire Skripal. La Russie, dès le début, s'est dite prête à coopérer avec Londres dans l'enquête sur l'incident de Salisbury. Cette attitude ne découlait pas des accusations britanniques absolument outrancières contre elle, mais de l'implication de citoyens russes. La justice russe est toujours prête à une coopération concrète et responsable avec ses collègues britanniques, notamment dans le cadre de l'affaire pénale sur l'attentat à la vie de la citoyenne russe Ioulia Skripal ouverte le 16 mars dernier par le Comité d'enquête de Russie, et des demandes d'aide juridique envoyées aux Britanniques par le Parquet général russe.

Nous exigeons également d'élucider la question de la résidence et de la situation de nos concitoyens, qui sont de fait détenus illégalement par les autorités britanniques depuis plus de six mois.

Nos représentants consulaires au Royaume-Uni se voient toujours refuser toutes les rencontres et tous les contacts avec les Skripal. Je voudrais souligner encore une fois qu'on a refusé à leurs proches de les voir sur le territoire britannique où ils se trouvent - selon les propos de Londres. Qui plus est, on n'a même pas octroyé de visa à Viktoria Skripal pour qu'elle puisse parler aux gens qui sont visiblement en contact avec les Skripal. Il s'agit des représentants des services secrets britanniques. Nous poursuivrons nos tentatives d'obtenir une rencontre avec les citoyens russes et de recevoir les données nécessaires sur cette affaire.     

 

Sur la navigation en mer d'Azov

 

Ces derniers temps, nos partenaires occidentaux semblent préoccupés par la situation en mer d'Azov. Nous avons constaté un grand nombre de publications sur la question de la mer d'Azov, notamment des responsables et des experts américains.

Comme les actions justifiées des gardes-frontières russes sont présentées comme un mépris des normes internationales et comme la prétendue continuation de la déstabilisation de l'Ukraine par la Fédération de Russie, il est, selon nous, nécessaire d'évoquer notre vision de la situation actuelle.

Le statut juridique de la mer d'Azov et du détroit de Kertch est fixé par des accords bilatéraux, notamment par le Traité entre la Fédération de Russie et l'Ukraine sur la frontière d'État russo-ukrainienne du 28 janvier 2003 et le Traité entre la Fédération de Russie et l'Ukraine sur la coopération dans l'utilisation de la mer d'Azov et du détroit de Kertch du 24 décembre 2003. Ces textes confirment que la "mer d'Azov et le détroit de Kertch font historiquement partie des eaux intérieures de la Fédération de Russie et de l'Ukraine".

Les actions russes, qui consistent à inspecter les navires passant par le détroit, visent exclusivement à assurer la sécurité de la mer d'Azov et du détroit de Kertch. Elles ne contredisent aucune norme du droit international applicable à ces eaux. Le droit de la Russie à ces actions est confirmé par la pratique d'autres États qui appliquent leurs droits souverains sur leurs eaux intérieures.

Tout le monde est certainement au courant des propos des représentants du prétendu Majlis des Tatars de Crimée - structure considérée comme extrémiste en Fédération de Russie - sur la nécessité de bloquer la navigation dans le détroit de Kertch. Qui plus est, tout le monde sait déjà parfaitement ce dont sont capables les autorités actuelles de Kiev et les radicaux ukrainiens. Il suffit de rappeler la coupure de l'eau du Dniepr qui passait par le canal de Crimée du Nord, l'arrêt de la communication ferroviaire avec la Crimée via l'Ukraine ou le blocus alimentaire de la péninsule. Le monde et le droit international n'oublieront l'explosion des lignes électriques liant la région de Kherson et la République de Crimée. Suite à la mise en service de la partie automobile du pont de Kertch, des radicaux ukrainiens appellent à le faire sauter. Personne ne tente même de le dissimuler. Il ne s'agit pas des données des services de renseignement, mais des publications des médias et des propos publics. Ce sont les actions de Kiev et des radicaux incontrôlables, mais encouragés par le régime ukrainien, qui obligent la Russie à renforcer les mesures de sécurité.

En même temps, il faut bien comprendre que la liberté de navigation en mer d'Azov et dans le détroit de Kertch a été maintenue. Nous voudrions également attirer votre attention sur le fait que les propriétaires des navires et leurs capitaines n'ont, jusqu'à présent, présenté aucune plainte contre les actions des gardes-frontières russes. Les autorités ukrainiennes reconnaissent également ce droit d'inspection. 

Encore une chose. Dans un contexte où les Ukrainiens se permettent des actions absolument illégales et provocatrices envers les navires et les marins russes - nous parlons notamment de la saisie du navire Nord et de son équipage ou de la détention illégale du "Mécanicien Pogodine" dans le port de Kherson - la Russie continuera d'entreprendre les efforts nécessaires pour garantir la sécurité en mer d'Azov et dans le détroit de Kertch.

 

Sur l'interdiction d'utiliser publiquement "tout produit culturel russophone" à Lvov

 

Le Conseil de l'oblast de Lvov, atteint d'une nouvelle attaque de fièvre antirusse, a adopté le 18 septembre un "moratoire sur l'utilisation publique des produits culturels russes sous toutes leurs formes sur le territoire de la région de Lvov". Mais qu'en est-il donc de la communication entre les politiciens ukrainiens? Car ils ne savent pas parler ukrainien. Ils ont toute leur vie parlé russe et pensé en russe, et ne connaissent aucune autre langue. Seront-ils obligés de s'abstenir des déplacements à Lvov? Que feront-ils là-bas? Tout cela semble lié à la visite de travail du Président ukrainien Petro Porochenko à Lvov (ils n'ont apparemment trouve aucun autre cadeau). Il semble que les autorités de cette région envisagent désormais de promouvoir cette initiative absolument anticonstitutionnelle au parlement, pour l'élargir à tout le territoire du pays.

A mon avis, ce cas n'exige aucun commentaire supplémentaire. Il faut tout simplement appeler les organisations internationales appropriées à réagir comme il se doit à ces actions des autorités ukrainiennes. Nous estimons qu'elles violent les principes universels de la démocratie et des droits de l'homme, la constitution ukrainienne et les traités internationaux. Nous regrettons que les fonctionnaires ukrainiens mènent parallèlement une guerre linguistique, qui est une guerre contre leur propre peuple, car tout le monde ignore le droit, la conscience et le bon sens. Sans parler des conventions internationales.    

 

Sur les propos du Secrétaire général de l'Organisation des États américains concernant une éventuelle intervention militaire au Venezuela

 

Ces derniers temps, la presse cite des représentants des États-Unis et de l'Organisation des États américains (OEA) évoquant une éventuelle intervention étrangère au Venezuela. Et cela ne se limite pas aux publications des médias.

D'abord, l'Ambassadeur américain à l'OEA Carlos Trujillo a commencé à promouvoir activement ce sujet dans la presse pour encourager l'Amérique latine à s'ingérer au Venezuela. Ensuite, le New York Times a évoqué des contacts entre l'administration Trump et les militaires vénézuéliens, prétendument mécontents de la situation actuelle dans le pays. Enfin, le Secrétaire général de l'OEA Luis Almagro a annoncé de manière "décontractée" qu'il n'excluait "aucune" option (y compris non-politique) pour le "règlement" au Venezuela.

Nous constatons que beaucoup d'États latino-américains et des Caraïbes s'opposent résolument à ces positions et tentent de s'en distancer par tous les moyens. Ce qui est absolument compréhensible. Car la politique du "grand bâton" a été pensée justement par les USA dans le cadre de leurs relations avec leurs voisins du sud - et l'Amérique latine le sait bien. En guise de réponse, la région a formulé une politique étrangère focalisée sur la proclamation du continent comme une zone de paix. Cette position a été adoptée au sommet de la Communauté d'États latino-américains et caraïbes en janvier 2014 à la Havane. Ce texte prévoit notamment l'engagement de ne pas s'ingérer de manière directe ou indirecte dans les affaires intérieures des autres pays et de respecter absolument le droit inaliénable de tout autre État à choisir librement son système politique, économique, social ou culturel.

Nous constatons que Washington tente actuellement de "lever le tabou politique" des États latino-américains concernant une nouvelle opération militaire dans la région. Les USA utilisent activement à ces fins une question sensible pour ces pays: les immigrés et les personnes déplacées, dont une partie (seulement une partie) provient du Venezuela.

Nous sommes convaincus du caractère absolument néfaste de la politique de "chaos contrôlé" que les États-Unis tentent actuellement de mener en Amérique latine. Comme l'histoire nous le montre, cette approche pourrait avoir des conséquences très dangereuses. Tout cela n'a rien à voir avec la résolution des problèmes sociaux et économiques des autorités et du peuple vénézuéliens.

 

Sur l'aggravation de la censure sur le réseau social Facebook

 

Facebook continue d'aggraver la censure sur sa plateforme. Nous avons déjà évoqué ce sujet à plusieurs reprises. Selon les dernières informations, on envisage d'élargir les règles existantes de vérification de l'"authenticité" des messages et des publicités politiques - sous prétexte de combattre les fake news -, d'examiner les données personnelles des utilisateurs et de vérifier les matériaux audiovisuels. Il s'avère donc que n'importe quelle information - non seulement sur Facebook, mais aussi sur Instagram et sur WhatsApp qui lui appartiennent - pourrait être bloquée ou supprimée par ses experts en sécurité, dont le nombre sera visiblement doublé en 2018 pour atteindre 20 000 personnes.

Autrement dit, l'œuvre de Mark Zuckerberg, initialement présentée comme un moyen libre de communication et d'échange de contenus (et qui a fait ses preuves comme tel), se transforme actuellement en instrument de manipulation utilisé par les services secrets américains pour nettoyer l'espace médiatique des matériaux indésirables du point de vue de Washington - notamment ceux concernant les contacts et la pression que Facebook subit ces derniers temps de la part des autorités américaines.

Nous constatons que toutes ces initiatives, qui portent un coup dur aux valeurs de la démocratie et de la liberté d'expression, et à la liberté d'expression tout simplement, sont présentées aux États-Unis comme une mesure forcée visant prétendument à combattre toute ingérence dans les élections américaines. Mark Zuckerberg, quant à lui, affirme qu'il se laisse guider par de bonnes intentions.

Dans ce contexte, je voudrais tout simplement présenter un fait curieux qui - à bien des égards - devrait constituer une révélation pour le domaine médiatique, pour les réseaux sociaux. A l'approche des élections brésiliennes du 7 octobre, on a constaté une intensification notable des activités du Digital Forensic Research Lab (DFRLab) rattaché à l'Atlantic Council. Ce laboratoire mène une analyse en temps réel de l'attitude des réseaux sociaux envers les campagnes des candidats à la présidence et établit les signes d'une influence ciblée sur les internautes brésiliens à l'aide des fakes news, des bots et des "campagnes virales" de la part des QG de campagne des candidats ou des forces extérieures. Les informations obtenues par le DFRLab sont présentées de manière sélective via les ressources médiatiques de l'Atlantic Council (son propre site, ainsi qu'un portail internet populaire et ses partenaires médiatiques), et toutes les décisions en ce sens sont prises de concert avec le Département d'État américain. On sait que par le passé, cette organisation a participé à des projets d'observation et de dépistage de l'influence sur les contestations en Russie.

Tout cela pose la question suivante: qui, selon vous, offre son soutien technique au DFRLab et assume le rôle de principal financeur de cette structure? Si nous le comprenons bien, c'est Facebook, qui a signé en mai dernier un accord avec l'Atlantic Council afin de promouvoir une "influence positive sur les élections dans le monde entier". De quoi s'agit-il? Ce ne sont que des manipulations et des mensonges pour ceux qui croient en les "nouveaux médias", en la liberté de circulation des informations et en la possibilité de rester des citoyens libres après avoir publié ces informations sur leurs pages et présenté leurs données personnelles. La mondialisation transformerait le monde en espace uni de circulation des informations. Les gens y ont cru. Des millions de personnes ont donc participé à cet environnement social en toute confiance. Mais c'est justement par ce biais qu'on les utilise aujourd'hui.

Il s'avère donc que ceux qui se battent officiellement pour des élections libres et démocratiques, ainsi que pour l'intégrité de l'espace médiatique, s'ingèrent eux-mêmes dans les affaires d'autres États et partagent des fake news, et que leurs accusations infondées contre d'autres pays qui se comporteraient de la sorte - notamment la Russie - ne font que servir de couverture à leurs propres actions.

Nous voudrions bien entendre la réaction de Facebook, ainsi que celle des structures internationales spécialisées et des ONG. Nous sommes prêts à répondre aux questions qui nous concernent. Mais si nous avons ces informations, si nous entendons sans cesse des accusations contre la Russie, jouons un jeu franc et examinons d'abord ces "juges" autoproclamés.

 

Sur les "menaces" contre les journalistes de la radio américaine Radio Liberty

 

Nous avons constaté la publication d'informations sur de prétendues menaces contre les journalistes de la radio américaine Radio Free Europe/Radio Liberty en Russie. Un communiqué de presse, publié suite à une récente rencontre entre le Directeur général de l'Agency for Global Media John Lancing et le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo, évoque notamment des "persécutions incessantes des journalistes de Radio Liberty et d'autres médias libres par la Russie", ainsi que des "menaces" contre les journalistes de ce média. Il s'agit d'une position officielle, qui est actuellement disponible sur internet en qualité de communiqué de presse.

Dans ce contexte, nous voudrions souligner la chose suivante. Selon nos informations, aucun journaliste de Radio Liberty accrédité auprès du Ministère russe des Affaires étrangères n'a contacté la justice russe en raison de prétendues "menaces" ou "persécutions". Le Département de l'Information et de la Presse, qui assure directement l'octroi des accréditations et de l'aide aux journalistes étrangers travaillant en Russie, n'a lui non plus reçu aucune plainte de leur part, bien que nous maintenions des contacts permanents avec le bureau de Radio Liberty à Moscou.

Qui plus est, nous avons demandé à l'Agency for Global Media de préciser de quoi il s'agissait concrètement. Nous soutenons toujours l'esprit de partenariat et ne faisons jamais aucune déclaration publique sans vérifications supplémentaires. Notre demande adressée directement à cette agence est restée sans réponse. Ils ont été incapables de nous préciser ce que voulait dire leur structure principale, si préoccupée par la situation des journalistes de Radio Liberty à Moscou. Les origines de ces accusations de l'agence dans l'espace médiatique global restent donc peu compréhensibles. Il s'agit probablement de nouveaux fake news. Je ne sais pas.

Rappelons que l'Agency for Global Media, connue par le passé comme la Broadcasting Board of Governors, est de fait l'un des principaux organes de propagande américaine. L'agence est complètement financée par le budget américain. Son travail réside principalement dans la coordination des activités de plusieurs organes de diffusion, y compris de Voice of America et de Radio Liberty orientées vers le public russophone.  

Ces propos sur des "menaces" ou des "persécutions" constituent visiblement de nouvelles tentatives de justifier l'octroi de fonds considérables à l'agence. Si les faits manquent, il faut les inventer. Dans ce cas précis, nous sommes également prêts à étudier les informations dont on parle. Nous avons déjà adressé des demandes de précisions, qui sont restées sans réponse.

C'est curieux, mais parallèlement aux fake news antirusses de l'Agency for Global Media, la Cour européenne des droits de l'homme prend la défense d'une journaliste du bureau ukrainien de Radio Liberty. Ainsi, la Cour a récemment privé les autorités ukrainiennes d'accès aux données du téléphone portable de la rédactrice en chef de l'émission "Les schémas" Natalia Sedletskaïa, visiblement pour protéger les sources de la journaliste lors de ses investigations anti-corruption et elle-même contre d'éventuelles persécutions. Il s'avère donc que la préoccupation de l'agence concernant la sécurité des collaborateurs de Radio Liberty est très sélective et ne se manifeste que dans les cas où c'est avantageux pour elle. On ne sait pas pourquoi la situation en Ukraine n'a pas été mentionnée.

Quant à nous, nous voudrions souligner encore une fois l'importance que nous accordons à la sécurité des journalistes, russes ou étrangers. Nous faisons tout notre possible pour assurer l'absence d'obstacles à l'exercice de leurs fonctions. Nous maintenons toujours des contacts avec les journalistes étrangers accrédités auprès du Ministère russe des Affaires étrangères et sommes prêts à leur octroyer un soutien maximal dans n'importe quelle circonstance.

 

Sur le troisième festival international "Radio sans frontières"

 

L'Académie russe de radio organisera du 26 au 28 septembre à Nijni Novgorod le troisième festival international "Radio sans frontières". Cet événement se déroulera avec le concours de l'Agence fédérale de la Presse et des Médias, de l'agence Rossotroudnitchestvo et du Département de l'Information et de la Presse du Ministère russe des Affaires étrangères. Le Gouvernement de la région de Nijni Novgorod soutient lui aussi l'organisation du festival.

L'idée du festival "Radio sans frontières" a été lancée par les professionnels qui créent le contenu des radios. Cet événement vise à créer les conditions nécessaires pour un échange d'expériences et un examen des questions professionnelles d'actualité par les représentants des stations de radio russes et étrangères.

Au programme du festival figureront des présentations des projets les plus aboutis dans ce domaine, des tables rondes et des ateliers.

L'événement se déroulera à l'hôtel Sheraton Nizhny Novgorod Kremlin. Pour toutes les questions relatives à l'accréditation et au partenariat médiatique, veuillez contacter Iana Melnikova: e-mail: pr@radioacademy.ru, tél.: 8-915-087-94-62, 8-495-953-40-86.

 

Sur les conséquences de la tempête Florence aux États-Unis

 

Avant l'arrivée de la tempête, l'Ambassade russe à Washington a publié sur son site et sur les réseaux sociaux un avertissement à nos concitoyens concernant la future situation d'urgence.

Selon les informations des missions russes aux États-Unis, aucun Russe n'a souffert de ce désastre malgré son envergure énorme et le nombre important de victimes. Nos diplomates et nos représentants consulaires maintiennent des contacts permanents avec les autorités américaines sur cette question, et sont prêts à accorder tout le soutien possible à nos concitoyens en cas de nécessité.     

 

Sur les citoyens russes prétendument "abandonnés" en Ukraine

 

Au cours de la dernière conférence de presse, on m'a affirmé que la Russie aurait "abandonné" ses citoyens interpellés et condamnés en Ukraine. Ces derniers ont même envoyé une lettre au Président russe pour demander de les échanger contre des citoyens ukrainiens détenus dans des établissements pénitentiaires russes. En bref, un journaliste ukrainien était très inquiet du sort des citoyens russes.

Cette lettre a visiblement été rédigée à l'initiative de la Commissaire aux droits de l'homme du parlement ukrainien Lioudmila Denissova. Elle a été transmise au Ministère russe des Affaires étrangères avec une note de l'Ambassade ukrainienne à Moscou du 12 septembre 2018 (il s'agit au total de 21 demandes). Ces documents ont été récemment envoyés à l'Administration du Président russe, ainsi qu'à la Déléguée aux droits de l’homme auprès du Président russe Tatiana Moskalkova, qui, selon les ententes entre les présidents russe et ukrainien, s'occupe avec son homologue ukrainienne de la situation des citoyens russes détenus en Ukraine et des citoyens ukrainiens détenus en Russie.

En ce qui concerne le fond de l'affaire, je voudrais rappeler que l'Ukraine ne détient pas que les 21 personnes qui ont signé cette lettre, mais beaucoup plus de citoyens russes. La Russie est bien au courant de leur situation, et les diplomates de notre Ambassade et de nos consulats généraux en Ukraine maintiennent des contacts réguliers avec les détenus, leurs avocats et leurs proches, entreprennent tous les efforts possibles pour obtenir leur libération, protéger les droits et les intérêts des citoyens russes.

Le travail en ce sens est également mené par la Déléguée aux droits de l’homme auprès du Président russe Tatiana Moskalkova, qui tente d'établir un dialogue constructif avec son homologue ukrainienne.

 

 

Réponses aux questions:

 

Question: Pouvez-vous confirmer la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au prochain sommet de la CEI à Douchanbé, notamment au segment ministériel?

Réponse: J'ai déjà évoqué le calendrier du Ministre lors de cette conférence de presse. Cet événement y est absent. Je vais demander des précisions, mais, à ce que je sache, le Ministère sera représenté par un vice-ministre.

Question: Vous avez mentionné l'Afghanistan. Selon nos informations, des représentants des Talibans ont consenti à participer à la rencontre de Moscou sur l'Afghanistan. Qu'attendez-vous des Talibans? Quelle sera la différence entre cette coopération et les tentatives précédentes d'impliquer ce mouvement dans les négociations, y compris par les Américains?

Réponse: Je ne pense pas qu'il faille réellement chercher les différences entre les formats. Il est nécessaire de garantir que tous les efforts soient fructueux. Tout ce qui se passe sur la "plateforme de Moscou" ou devrait y être mis en œuvre dans le futur vise à obtenir des résultats concrets au lieu de "dépasser" ou d'"améliorer les chiffres" par rapport aux autres partenaires. Pour nous, il ne s'agit pas de jeux politiques mais d'une contribution concrète à la résolution d'une situation compliquée en Afghanistan, notamment sur la base de notre propre analyse de la situation dans la région. Nous le considérons comme une priorité et pas comme un endroit anonyme du monde qui exige notre participation pour des raisons inconnues. La situation en Afghanistan - qui se trouve à proximité des frontières russes - crée malheureusement des tensions supplémentaires dans la région. Nous nous occupons de ce problème au sein des formats multilatéraux, notamment dans le cadre de l'OCS. Pour nous, c'est une question de pragmatisme et de mise en œuvre de la stratégique de sécurité nationale.

Question: Vous avez évoqué un grand nombre de rencontres de Sergueï Lavrov en marge de l'Assemblée générale de l'Onu. A-t-on confirmé sa rencontre avec le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo?

Réponse: Beaucoup de rencontres sont toujours en cours de discussion, le calendrier n'a pas encore été fixé définitivement. On prépare tout un nombre de pourparlers bilatéraux. Il reste encore un certain temps avant le début de ce déplacement, et beaucoup de rencontres seront organisées après l'arrivée de la délégation. L'Assemblée générale - surtout son segment politique - est un organisme vivant: des rencontres sont sans cesse confirmées, reportées, ajournées ou reformatées.

Question: Le Forum féminin eurasiatique a accordé beaucoup d'attention à l'ordre du jour féminin dans l'entrepreneuriat et dans l'économie, y compris numérique. Quel est sa situation au niveau international?

Réponse: Vous l'apprendrez demain au cours d'une session spéciale orientée sur les réalités actuelles, qui sera consacrée aux femmes dans la diplomatie, à l'approche féminine des problèmes internationaux. Vous aurez l'occasion d'entendre des intervenantes très intéressantes, russes et étrangères, qui connaissent personnellement le sort des femmes dans la politique internationale. On évoquera en détail la théorie et la pratique, des histoires personnelles d'ascension et de réussite. Je vous invite à y assister.

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