9 août 201819:22

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, 9 août 2018

1473-09-08-2018

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Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la Réunion des ministres des Affaires étrangères des États de la mer Caspienne

 

Samedi 11 août, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la 8e Réunion des ministres des Affaires étrangères des États de la mer Caspienne consacrée à la préparation du 5e Sommet des États de la mer Caspienne.

La dernière réunion en date des ministres s'était tenue à Moscou les 4 et 5 décembre 2017.

Je voudrais également attirer votre attention sur l'interview détaillée de Grigori Karassine, Secrétaire d'État et Vice-ministre russe des Affaires étrangères, publiée aujourd'hui dans le quotidien Kommersant concernant le thème de la mer Caspienne et la préparation des activités que je viens d'évoquer.

 

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Turquie

 

A l'invitation du Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu transmise en février 2018, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera les 13 et 14 août  à la Réunion des ambassadeurs et des représentants permanents de la Turquie auprès des organisations internationales.

Dans le cadre de cette visite, un discours du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est prévu pendant la Réunion des ambassadeurs, ainsi qu'un entretien avec le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu. Pendant les contacts russo-turcs, une attention particulière sera accordée aux questions d'actualité internationales telles que la situation du processus de paix syrien, au Moyen-Orient, en Transcaucasie et en Asie centrale, en Ukraine et dans la région de la mer Noire. D'autres questions d'actualité seront également évoquées.

Les ministres examineront l'agenda lié au développement des relations commerciales et économiques bilatérales en mettant l'accent sur le suivi de la mise en œuvre des projets-clés dans le secteur énergétique, notamment la construction du gazoduc Turkish Stream et de la première centrale nucléaire en Turquie sur le site d'Akkuyu, ainsi que sur l'élargissement des liens à de nouveaux secteurs. Les interlocuteurs aborderont également le calendrier des contacts à venir à différents niveaux.

Nous vous tiendrons informés de tout changement éventuel du programme du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

La situation générale en Syrie reste tendue. Cependant, une dynamique positive se fait sentir. Les foyers de terrorisme sont complètement détruits au sud-ouest de la Syrie. Le contrôle est rétabli à la frontière avec la Jordanie. Le processus de normalisation touche à sa fin dans les régions libérées des terroristes. Dans les communes dites "pacifiées" des provinces de Quneitra et de Deraa a commencé la reconstruction de l'infrastructure et une aide est apportée à la population civile qui revient. Le Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS), en coopération avec le Programme alimentaire mondial des Nations unies, a envoyé 64.000 rations alimentaires à Deraa au cours du mois dernier. Près de 1.500 personnes ont bénéficié d'une aide médicale compétente dans trois cliniques mobiles du CRAS. En parallèle se poursuit la régularisation du statut juridique des anciens membres de groupes armés illégaux. En particulier, au cours des derniers mois, plus de 500 combattants et déserteurs se trouvant dans les communes de Teyiba et Amtaya ont bénéficié de l'amnistie présidentielle.

Grâce à l'élimination des terroristes près du plateau du Golan, la Force des Nations unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD) a pu reprendre ses patrouilles près du poste d'Obour (elles avaient été suspendues en 2014). Le long de cette ligne de démarcation de l'Onu sont déployés des militaires syriens et russes.

Les forces gouvernementales syriennes ont lancé une vaste opération antiterroriste à l'est de la province de Soueïda. L'artillerie et l'aviation bombardent les positions des terroristes de Daech qui n'ont pas encore été éliminés.

En réponse aux provocations des terroristes du Front al-Nosra et des groupes armés illégaux affiliés, l'armée syrienne attaque leurs positions à l'ouest d'Idleb, ainsi que dans les montagnes au nord de la province de Lattaquié. Ces derniers jours a été contrée avec succès une attaque de Nosra au nord de la province de Hama.

Dans le cadre de la ligne annoncée par le gouvernement syrien pour le retour des réfugiés syriens dans leur pays, les autorités syriennes ont décidé de créer un Comité de coordination spécial supervisé par Hussein Makhlouf, Ministre syrien de l'Administration locale et de l'Environnement, qui a déjà rapporté le retour de plus de 3 millions de déplacés internes dans leur foyer. De plus, selon l'Onu, près de 890 000 réfugiés pourraient revenir en Syrie dans les mois à venir. Voici un exemple plus concret: l'administration de la ville de Rastan, au nord de la province de Homs, a annoncé que 1 500 habitants étaient revenus dans les trois mois qui avaient suivi la libération de la ville des terroristes, et que dans la ville voisine de Telbis, durant la même période, la population avaient augmenté de 5 000 à 12 000 personnes grâce au retour des civils.

 

Sur le déroulement de l'enquête autour de la mort de journalistes russes en République centrafricaine

 

Mardi 7 août, des représentants de l'Ambassade de Russie en Centrafrique ont organisé une réunion avec la direction de la Gendarmerie nationale de la République centrafricaine. Les forces de l'ordre de ce pays ont informé les diplomates russes des faits découverts par les enquêteurs durant l'investigation, et ont permis aux représentants de notre Ambassade de s'entretenir avec le chauffeur qui les transportait, qui a été témoin des faits.

D'après la déposition du chauffeur, les Russes ont fait sa connaissance le 28 juillet dans un bar de Bangui et lui ont proposé de les conduire dans sa voiture personnelle pendant dix jours.

Le lendemain, les journalistes ont tenté de se rendre dans le camp d'entraînement de Berengo, où des instructeurs russes entraînent des militaires centrafricains, mais, en l'absence de l'autorisation du Ministère centrafricain de la Défense nécessaire pour visiter le site militaire, les soldats centrafricains ne les ont pas laissé passer.

Le 30 juillet, à environ 11 heures,  les journalistes sont partis à Bambari, au nord de la capitale. A Damara, à 70 km de Bangui, ils ont marqué un arrêt et ont filmé et discuté avec des locaux pendant une heure et demie. Après cela, sans expliquer leurs motivations, les journalistes ont décidé de s'écarter de l'itinéraire initial en demandant au chauffeur de se rendre à Dékoa. En arrivant à Sibut, sur le chemin de Dékoa, à environ 18:30, leur véhicule a été arrêté par une patrouille militaire centrafricaine, qui leur a instamment suggéré de ne pas aller plus loin et de passer la nuit à Sibut, car après la ville se trouvait un territoire non contrôlé par les autorités. Cependant, les journalistes ont insisté en disant qu'ils étaient pressés, et après un long débat ils ont réussi à passer.

En ce qui concerne le crime concrètement, le chauffeur n'est pas revenu sur sa version d'une attaque commise par des inconnus armés sur la route de Dékoa entre 20:00 et 21:00.

Les forces de l'ordre centrafricaines poursuivent l'enquête. L'ordinateur portable, les cartes mémoire et le portable de l'un des journalistes avec des cartes SIM russe et centrafricaine pourraient être des indices importants. Actuellement est préparée une requête à l'opérateur mobile local, à qui seront demandées des informations sur les appels et les messages échangés avec ce téléphone.

A la demande du Comité d'enquête russe, le directeur de la Gendarmerie nationale centrafricaine a confirmé à l'Ambassade de Russie à Bangui que les forces de l'ordre centrafricaines étaient disposées à coopérer avec les enquêteurs russes, qu'elles étaient prêtes à les accueillir en Centrafrique et à réunir les conditions nécessaires pour leur travail, notamment à garantir leur sécurité et à organiser une visite de la scène du crime.

Nous constatons que les autorités centrafricaines sont disposées à la coopération la plus étroite avec la Russie afin d'élucider toutes les circonstances de la tragédie. Nous sommes satisfaits du progrès actuel de la coopération avec les autorités centrafricaines.

Le Ministère russe des Affaires étrangères continue de suivre de près ce dossier et, au fur et à mesure qu'apparaîtrons des informations, nous vous tiendrons informés du déroulement de l'enquête en coopération avec les forces de l'ordre russes.

 

Sur la situation concernant Maria Boutina, citoyenne russe arrêtée aux USA

 

Nous suivons de près la situation concernant Maria Boutina, citoyenne russe arrêtée le 15 juillet aux USA sur des accusations d'activité d'"agent d'un gouvernement étranger".

Nous faisons tout pour améliorer les conditions de détention de Maria Boutina en prison, où elle est confrontée à une flagrante discrimination des autorités américaines. Ainsi, la Russe subit ouvertement une pression psychologique - des fouilles sont menées dans sa cellule, on lui refuse une aide médicale, et des restrictions lui sont imposées qui, toutefois, n'affectent pas les autres détenus.

Il est parfaitement évident que toutes ces démarches ne sont rien d'autre qu'une tentative de forcer Maria Boutina à reconnaître sa culpabilité. Et c'est compréhensible, parce que toutes les accusations visant notre citoyenne sont manifestement fictives et se basent sur des informations des réseaux sociaux tirées de leur contexte.

A cet égard, nous exigeons instamment de cesser les poursuites pénales contre Maria Boutina, victime malgré elle de la lutte politique intérieure aux USA, et de la libérer.

De notre côté, nous continuerons d'essayer de faire en sorte que les autorités américaines respectent les droits et les intérêts légitimes de Maria Boutina.

 

Sur l'interpellation de citoyens russes aux USA

 

C'est avec inquiétude que nous avons appris les nouvelles arrestations de citoyens russes aux USA. La semaine dernière, des agents du FBI ont interpellé Maxim Souverine, Nikolaï Toupikine, Alexeï Livadny et Stanislav Lissitski, inculpés pour fraude et blanchiment d'argent au sein d'un groupe criminel.

L'Ambassade de Russie à Washington a demandé des explications au Département d’État américain. Le Consulat général de New York a contacté le bureau local du FBI et a pu s'entretenir avec Maxim Souverine en détention provisoire. A présent, nous essayons de découvrir où se trouvent les autres citoyens russes interpellés et nous nous occupons activement d'organiser une rencontre consulaire avec eux.

Nous continuons de suivre attentivement la situation et faisons le nécessaire pour protéger les droits et les intérêts légitimes de nos citoyens.

 

Sur la décision des USA de décréter de nouvelles sanctions antirusses

 

Malheureusement, nous sommes contraints d'aborder une nouvelle fois le thème de l'adoption de sanctions contre la Russie.

Hier, le Département d’État américain a annoncé une nouvelle série de restrictions. Cette fois, à titre de prétexte fictif, les autorités américaines ont choisi l'histoire de l'empoisonnement des Skripal. Le gouvernement de notre pays est directement accusé d'avoir utilisé la substance neuro-paralytique militaire "Novitchok", bien que les autorités britanniques n'aient encore apporté aucune preuve de l'implication russe dans les événements de Salisbury et refusent de coopérer avec la Russie dans cette enquête. Néanmoins, même en l'absence de preuves à ce sujet, l'administration américaine, prétextant une prétendue "solidarité", a jugé nécessaire de décréter de nouvelles sanctions odieuses.

La liste des restrictions qui entreront en vigueur le 22 août inclut l'interdiction d'apporter à la Russie "toute contribution étrangère" - à l'exception de l'aide humanitaire -, de vendre des produits militaires et à double usage, et le refus d'accorder des crédits publics ou toute autre aide financière. Les conditions avancées pour la levée de ces sanctions sont notoirement inacceptables pour nous. Et ce n'est que la première étape. On nous menace d'un renforcement de la pression des sanctions.

Ainsi, les USA avancent sciemment sur la voie de l'aggravation des relations bilatérales, qui ont déjà été réduites pratiquement à zéro à leur initiative. Au lieu de chercher sérieusement des solutions pour améliorer nos liens - ce qui a été évoqué pendant le récent sommet d'Helsinki - l'administration américaine emploie toutes ses forces à compliquer davantage la situation.

L'objectif de ceux qui sont derrière la nouvelle spirale de déroulement de l'"affaire Skripal" est évident: ils cherchent par tous les moyens à maintenir à flot le thème antirusse, bénéfique pour eux en tant qu'instrument pour poursuivre la diabolisation de la Russie. Entre autres, c'est une tentative de prétendre que notre État ne remplit pas ses engagements internationaux - en l'occurrence dans le cadre de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC). Même si tout le monde sait parfaitement que la Russie a entièrement détruit l'an dernier toutes ses réserves d'armes chimiques en parfaite conformité avec les engagements qu'elle avait pris dans le cadre de la CIAC. De leur côté, les Américains n'ont toujours pas détruit leurs propres arsenaux chimiques et reportent constamment la mise en œuvre de ce programme. Sur ce fond, ces accusations infondées paraissent d'autant plus cyniques.

La Russie a averti plusieurs fois que discuter avec elle depuis une position de force et dans le registre des ultimatums était inutile et sans perspectives. Nous allons élaborer des contremesures à cette nouvelle démarche hostile de Washington.

Sur ce fond, les affirmations de l'administration américaine sur sa disposition à poursuivre les efforts pour améliorer les relations avec la Russie paraissent étranges. C'est de l'hypocrisie non dissimulée. Les actes de Washington témoignent justement du contraire. On a l'impression que les USA et leurs alliés ont un nouveau standard de comportement, qui consiste à formuler des accusations odieuses contre la Russie sans la moindre preuve.

Je voudrais également souligner que la question directe du représentant russe invité au Département d’État américain, qui voulait savoir si l'enquête sur l'"affaire Skripal" était terminée, est restée sans réponse. Autrement dit, la pyramide d'accusations ne repose sur aucune base légale, et on ose encore nous parler du droit international, du respect des normes juridiques et du respect des engagements. Il n'a y a pas eu de réponse à la question directe parce qu'ils n'ont rien trouvé à répondre. C'est évident, parce que l'enquête au Royaume-Uni est très avare de commentaires.

Ce n'est pas le seul virage pris dernièrement par l'administration américaine. Il y a également des restrictions économiques contre la Chine, ou encore le rétablissement des sanctions contre l'Iran dont je parlerai plus en détail. On a le sentiment qu'une partie de l'élite politique américaine est partie à la dérive.

 

Sur le rétablissement des sanctions unilatérales américaines contre l'Iran

 

Le Président américain Donald Trump a signé ce 6 août le décret rétablissant en deux étapes les sanctions anti-iraniennes levées en 2016 suite à la signature du Plan d'action global commun sur le programme nucléaire de Téhéran. Les premières restrictions sont entrées en vigueur le 7 août. Elles visent le secteur financier et bancaire de l'Iran, ainsi que différentes marchandises, notamment les fournitures d'avions civils. La seconde vague de sanctions, prévue pour le 5 novembre, frappera le secteur pétrolier et énergétique de l'Iran.

Ces mesures sont extraterritoriales et imposent des restrictions aux personnes et aux organisations de pays tiers coopérant avec l'Iran dans des domaines qui sont interdits par la loi américaine.

Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises que la ligne de Washington visant à rompre le Plan d'action global commun et à rétablir la pression de sanctions contre l'Iran était complètement destructive. En s'engageant sur cette voie, les USA agissent une fois de plus à contre-courant de l'avis de la plupart des États, uniquement à leurs propres fins égoïstes et dans leurs intérêts conjoncturels, en bafouant grossièrement les normes du droit international, notamment la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies qui n'avait pas été bloquée par les USA lors de son adoption.

Il est évident que les réclamations relatives à l'activité nucléaire parfaitement légale de l'Iran dissimulent un règlement de comptes politiques avec Téhéran sous des prétextes fallacieux. Les intérêts d'autres pays sont complètement ignorés, notamment ceux des alliés européens des USA à qui de facto Washington tord les bras en les forçant à rompre leurs relations commerciales et économiques mutuellement bénéfiques avec les Iraniens.

 Il est clair que ces actions volontaristes de l'administration américaine auront des conséquences négatives à long terme pour le régime mondial de non-prolifération, et donneront une impulsion négative déstabilisante à la situation au Moyen-Orient.

De son côté, la Russie reste attachée au Plan d'action et continuera de respecter les termes de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. A ce que l'on sache, les autres acteurs du Plan d'action comptent également suivre cette ligne. Il ne faut pas oublier que l'accord nucléaire est le patrimoine de toute la communauté internationale, qui a réaffirmé à plusieurs reprises sa volonté de le préserver et de le mettre en œuvre sur la durée pour renforcer la paix et la sécurité régionale et internationale, tout comme le régime de non-prolifération.

 

Sur l'évolution de la situation autour de l'enquête sur les incidents de Salisbury et d'Amesbury

 

Nous constatons sur les pages des médias britanniques une nouvelle spirale du jeu médiatique propagandiste lancé par Londres. D'ailleurs, quand Londres dit que la Russie a avancé de nombreuses versions pour confondre tout le monde, nous avons essayé de compter le nombre de versions avancées par les médias britanniques. On n'y parvient pas. Il ne s'agit pas de dizaines, mais de centaines de versions, d'hypothèses. La situation est très confuse. Il est évident que les journalistes n'abandonnent pas ce sujet grave. Ce qui est important pour nous, avant tout, est la position officielle des organes d'enquête. Nous pensons qu'ils travaillent certainement sous une pression politique ayant pour objectif de forcer l'enquête à suivre la ligne des accusations absurdes avancées par le gouvernement politique peu de temps après l'incident. C'était pourtant un dogme occidental de dire qu'on ne pouvait pas exercer de pression sur l'enquête et les forces de l'ordre. Imaginez ce que ressentent les policiers britanniques qui travaillent sur cette affaire pour essayer, nous espérons, de comprendre ce qui s'est réellement passé, quand ils voient Washington décréter un paquet de sanctions "draconiennes", selon notre Ambassade aux USA, contre la Russie, en déclarant que tout cela est fait parce que la Russie a participé à ce crime. De quelle distanciation de la politique vis-à-vis du travail des forces de l'ordre peut-on parler en l'occurrence, quand le plus grand État du point de vue du Royaume-Uni, qui lui apporte sa protection sur d'autres questions, engage de telles mesures? C'est une pression directe sur le déroulement de l'enquête. C'est également une pression psychologique sur les personnes qui tentent chaque jour de dresser scrupuleusement le tableau des faits. Les policiers et les enquêteurs britanniques savent parfaitement quel sort les attend si, sans aucune forme de procès, on prononce contre tout un État un verdict accusatoire – de simples policiers qui, contre toute attente, peuvent prendre une décision qui n'irait pas dans le sens de la ligne promue par le mainstream. C'est une pression psychologique directe sur les gens qui se chargent de l'enquête sur cette affaire.

Le Ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt a récemment déclaré que dans les rues de l'Angleterre avait été utilisée "une arme chimique", ce qui, selon lui, "a été autorisé par les Russes". C'est une nouvelle preuve de la pression politique, psychologique et émotionnelle exercée par les politiciens - qui ont actuellement le pouvoir dans les organes d'enquête.

Récemment, la police de Londres a publié la première déclaration depuis trois semaines sur l'incident d'Amesbury, témoignant du travail qui se poursuit pour identifier les lieux et les objets contaminés, et soulignant qu'à cet effet était utilisé le laboratoire chimique de Porton Down. C'est un cercle fermé où, comme sur un manège, l'un après l'autre, tournent le gouvernement britannique, les organes d'enquête et le laboratoire de Porton Down couvert de brouillard. Et ce manège n'a pas de sortie.

Étant donné que des citoyens russes ont été touchés à Salisbury, il est primordial pour la Russie que les autorités britanniques mènent une enquête vraiment indépendante, objective et transparente sur les deux incidents. Les forces de l'ordre russes restent disposées à apporter toute la contribution nécessaire.

 

Sur la publication du rapport financier sur l'activité du laboratoire de Porton Down en 2017-2018

 

Nous avons constaté la publication du nouveau rapport annuel sur l'activité du laboratoire chimique de Porton Down en 2017-2018.

Ce texte présente l'incident de Salisbury de manière très brève et uniquement du point de vue des faits, sans rien dire de l'identification de la substance prétendument utilisée ni des résultats de son analyse par l'OIAC. Le chef du laboratoire Gary Aitkenhead affirme, dans la préface du rapport, que Salisbury a fait face à une "attaque neurotoxique". Il n'aborde pour autant aucun détail, invoquant le caractère inachevé de l'enquête et les "intérêts de sécurité nationale". Que voyons-nous? Alors que les forces politiques à Washington et à Londres adoptent sans cesse de nouvelles mesures, justifiées par une idée prétendument très claire de ces événements, les experts et les spécialistes directement impliqués dans l'investigation et responsables de ces questions évoquent le caractère inachevé de l'enquête, soulignent que cette affaire est classifiée et évitent toute formulation directe concernant l'investigation.

Il faut également souligner les difficultés auxquelles le laboratoire chimique de Porton Down fait face ces dernières années. La plupart des incidents enregistrés en 2017-2018 concernent des cas de "menace potentielle ou réelle élevée" ce qui - dans le contexte de la réduction des revenus du laboratoire depuis des années - pourrait témoigner de manquements non seulement techniques, mais aussi humains.  

Il est donc important d'établir si le fait que l'incident dont ont été victimes les Skripal et celui ayant touché un couple britannique à Amesbury ont eu lieu à proximité du célèbre laboratoire chimique n'est qu'un hasard. Nous espérons que l'enquête répondra à cette question et à d'autres interrogations. 

L'activité du laboratoire chimique de Porton Down doit évidemment rester au centre de l'investigation. Compte tenu du caractère de ces incidents, nous jugeons inacceptables les justifications des Britanniques qui évoquent des "intérêts de sécurité nationale". Si vous adoptez des décisions fermes et impliquez le monde entier, il faut assumer vos responsabilités envers la communauté internationale et répondre aux questions qu'elle pose depuis longtemps.

Nous insistons donc pour que les autorités britanniques dévoilent les données concernant les travaux du laboratoire en matière de synthèse des substances toxiques militaires, notamment celles baptisées "Novitchok" en Occident.

 

Sur la publication du Daily Telegraph concernant les résultats de l'enquête sur la mort du citoyen russe Alexandre Perepelitchny

 

Nous avons lu en détail la publication du journal britannique The Daily Telegraph, qui tente encore une fois de mettre en doute les résultats de l'enquête menée par la police britannique et ceux des autopsies effectuées par les experts du Ministère britannique de l'Intérieur après la mort du citoyen russe Alexandre Perepelitchny.

L'intérêt témoigné par les médias britanniques pour ce sujet, qui rivalisent à grands coups d'hypothèses différentes, s'explique par le fait que l'investigation a été partiellement menée de manière fermée et s'est accompagnée de la décision du Gouvernement britannique de classifier les matériaux des services secrets concernant cette affaire pour des raisons de sécurité nationale. 

Certains médias se sont donc empressés de combler ce vide d'information et l'absence de transparence de l'enquête. Il s'agit, de fait, d'une véritable omerta.

On constate en même temps des tentatives claires de politiser l'enquête et de donner à ses résultats une orientation manifestement antirusse. C'est absolument inacceptable à nos yeux. Nous insistons toujours sur la création de conditions nécessaires pour tirer un bilan objectif et indépendant de cette investigation.   

 

Sur l'interpellation en Ukraine du rédacteur en chef de RIA Novosti Ukraine Kirill Vychinski

 

La situation de Kirill Vychinski reste inchangée. La cour de la ville de Kherson a prolongé sa détention jusqu'au 20 septembre. Bien qu'on refuse toujours aux responsables consulaires russes l'accès au détenu, sous prétexte de la citoyenneté ukrainienne de Kirill Vychinski, l'Ambassade russe en Ukraine et le Consulat général russe à Odessa suivent en permanence la situation et offrent tout le soutien possible aux avocats de Vychinski.  

 

Sur la volonté de l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour le Yémen Martin Griffiths de convoquer des consultations interyéménites à Genève

 

Nous avons pris connaissance du projet d'organiser des consultations interyéménites le 6 septembre à Genève sous l'égide de l'Onu afin d'évoquer les moyens possibles de parvenir à une désescalade du conflit armé qui se poursuit en République du Yémen, et d'élaborer des mesures de renforcement de la confiance mutuelle et d'autres initiatives visant un règlement politique de la crise yéménite.

Nous espérons que Martin Griffiths, Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour le Yémen et initiateur de cet événement, réussira à atteindre les objectifs fixés. Moscou a toujours soutenu et soutiendra toutes les initiatives visant à résoudre le conflit militaire au Yémen par la voie pacifique et à apporter une aide aux Yéménites qui doivent s'entendre eux-mêmes sur le futur aménagement politique de leur pays.

Nous voudrions également rappeler que ces consultations en Suisse, si elles se tenaient, seraient les premiers contacts entre les protagonistes du conflit yéménite depuis deux ans. Dans ce contexte, il est très important que ces pourparlers ne connaissent pas le même sort que les tentatives de dialogue précédentes à Genève, à Mascate, à Bienne et à Koweït, et tendent au maximum à obtenir des résultats concrets et à favoriser réellement le rétablissement de la paix et de la stabilité si attendues sur le territoire yéménite.   

 

Sur l'évolution de la situation à Gaza

 

La situation dans la bande de Gaza s'est de nouveau aggravée. Le 7 août, un obus de char israélien a tué deux combattants de la branche armée du Hamas dans une zone frontalière de la bande. Les 8 et 9 août, plus de 150 missiles et obus de mortier ont été tirés sur le territoire israélien depuis Gaza. Ces bombardements ont blessé deux Israéliens et une Thaïlandaise et ont endommagé plusieurs sites d'infrastructure des villes israéliennes situées à proximité de Gaza.

Pendant la même période, les forces aériennes d'Israël ont frappé sur plus de 140 sites du Hamas et d'autres groupes palestiniens. Les médias ont annoncé la mort de trois Palestiniens, notamment d'une femme enceinte et de son enfant de 18 mois.

Moscou exprime sa préoccupation considérable face à cette escalade dangereuse. Le maintien des tensions à la frontière entre Israël et Gaza depuis mai dernier aggrave sérieusement le risque de confrontation musclée de grande envergure autour de la bande, ce qui pourrait se solder par de nouvelles victimes parmi la population civile des deux côtés et une dégradation rapide de la situation humanitaire dans l'enclave palestinienne.  

Nous appelons encore une fois les Palestiniens et les Israéliens à faire preuve de retenue et à entreprendre les mesures nécessaires pour exclure durablement la possibilité d'une répétition des violences aux conséquences imprévisibles. Qui plus est, comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises, il est nécessaire de parvenir le plus rapidement possible à l'établissement de pourparlers substantiels selon la formule de la solution à deux États du règlement palestino-israélien sur la base des résolutions appropriées du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale de l'Onu, ainsi que de l'Initiative de paix arabe. Aucune solution unilatérale contournant la base existante du droit international ne peut favoriser ce processus.

 

Sur le séisme en Indonésie

 

Un séisme de magnitude 7 a frappé l'île de Lombok (Petites îles de la Sonde, République d'Indonésie) le 5 août à 19h00. Près de 130 personnes ont été tuées, et le nombre de blessés atteint environ 1 500 personnes. Ce désastre a considérablement endommagé le secteur résidentiel, ainsi que l'infrastructure énergétique et de transport de l'île.

Le séisme s'est soldé par des destructions partielles aux aéroports de Lombok et de Bali, ayant provoqué une suspension de leur fonctionnement. Les vols ont été rétablis depuis.

Aucun citoyen russe n'a été touché. L'Ambassade russe à Jakarta a envoyé un diplomate à l'île de Lombok et suit attentivement l'évolution de la situation dans la région. Les sites internet des missions diplomatiques russes à l'étranger fournissent les coordonnées permettant aux citoyens de les contacter 24 heures sur 24. Nous prions les médias d'utiliser ces données de contact pour informer nos citoyens qui se trouvent dans la région.    

 

Sur la situation au Venezuela

 

Le 5 août, le Ministère russe des Affaires étrangères a résolument condamné, dans un communiqué, la tentative d'attentat à la vie du Président de la République bolivarienne du Venezuela. Nous sommes sincèrement heureux que le chef de l'État n'ait pas été touché.

Les nombreux avertissements de Caracas sur les préparatifs d'un attentat à la vie du leader vénézuélien n'étaient donc pas infondés. La méthode sophistiquée utilisée pour l'attentat, à l'aide de moyens techniques modernes, et son caractère public, visant clairement à déstabiliser la situation dans le pays, ne laissent aucun doute sur la nature terroriste de cet incident.

Nous considérons comme absolument inacceptable l'utilisation, par les opposants au gouvernement vénézuélien, de méthodes criminelles de lutte politique menaçant la sécurité et le développement durable du Venezuela et de toute la région latino-américaine.    

Nous espérons que l'enquête permettra d'identifier non seulement les exécutants et les commanditaires de ce crime, mais aussi les canaux de son financement. Nous attendons que les structures internationales spécialisées responsables de la lutte contre le financement du terrorisme accordent une attention particulière à cet incident et en tirent les conclusions appropriées.

Selon les informations de l'Ambassade russe à Caracas, la situation dans le pays reste calme. Nous souhaitons encore une fois un prompt rétablissement à toutes les victimes de cette attaque terroriste. 

 

Sur l'incident d'un avion de la mission de l'Otan en patrouille dans la région Baltique

 

L'activité militaire de l'Otan à proximité des frontières russes, sous le faux prétexte de la protection contre une mythique menace russe, nous inquiète à nouveau. Ce 7 août, un avion de l'armée de l'air espagnol en mission dans l'espace aérien estonien a accidentellement lancé un missile de combat air-air dans le cadre d'une mission de patrouille de l'Alliance en Baltique.

Il fallait s'y attendre, puisqu'à l'initiative de l'Otan la région Baltique, autrefois calme sur le plan militaire, se transforme peu à peu en zone d'exercices militaires active, avec le risque de provoquer des incidents dangereux.

Heureusement, il n'y a pas eu de victime et aucun avion de ligne ne s'est retrouvé sur le chemin de ce missile. Cet incident indique clairement que les actions de l'Otan, notamment dans la région Baltique, créent des risques supplémentaires pour la sécurité au lieu de la renforcer.

Dans ces conditions, la nécessité d'entreprendre des démarches réelles pour la désescalade de la tension et la prévention des incidents non prémédités, au lieu de nouvelles accusations infondées visant la Russie à ce sujet, se fait de plus en plus sentir.

Ce matin à 7 heures, j'écoutais sur Vesti FM l'émission Polny Kontakt avec Vladimir Soloviev et Anna Chafran, qui avaient invité l'un des experts de l'Otan et des sanctions. Je réécouterai volontiers cette émission. L'expert a dit deux choses très intéressantes. Premièrement, cette menace dont parlent les pays de l'UE - nous comprenons que l'Otan se trouve derrière tout cela - est une histoire fausse et inventée. Deuxièmement, la question est de savoir pourquoi. C'est un angle d'analyse très intéressant. Parce qu'il est pratiquement impossible d'unir naturellement des pays aussi différents que l'Europe du Nord, de l'Est et du Sud. Ce sont des pays avec des traditions, une culture, une histoire différentes, avec une dynamique de développement différentes, avec des indices économiques et financiers différents, une vision différente de l'avenir de leur pays. Que peut-on faire? Il est possible de les unir autour d'un tel agenda de défense en inventant un ennemi commun. En s'appuyant sur ce motif et ce paradigme, l'union s'est faite très rapidement et on l'a présentée comme une union naturelle, même si cela n'a rien de naturel. L'expert a cité les chiffres des sondages dans les pays de l'UE, de l'Otan et de la Baltique, en se demandant comment, selon eux, et pour quelle raison, la Russie devait attaquer leur pays. Personne n'a pu avancer d'explications valables. C'est probablement ce que disent les gens qui n'ont jamais vu de carte de la Fédération de Russie.

Je pense que c'est effectivement là que pourrait se trouver la réponse à la question: pourquoi tout cela est nécessaire? Il est très difficile d'unir des pays si différents autour d'un ordre du jour constructif. Pour cela il faut travailler, faire quelque chose. Alors qu'un ordre du jour destructif et d'intimidation unit toujours facilement sans aucun frais matériel particulier.

 

Sur la situation autour du citoyen américain retrouvé dans la Tchoukotka

 

Nous suivons de près la situation concernant le citoyen américain John Martin qui, en voyageant à bord de son bateau sur le fleuve Ioukon, est sorti en mer et se serait perdu, pour se retrouver le 1er août près des côtes russes du district autonome de la Tchoukotka.

En fin de semaine dernière, il a été transporté à Anadyr. Un examen médical a révélé chez l'Américain une infection virale respiratoire aiguë. A présent, sa vie est hors de danger. Son état est jugé satisfaisant par les médecins. Il reçoit l'aide médicale nécessaire. Il n'a exprimé aucune plainte.

Le Ministère est en contact permanent à ce sujet avec les institutions publiques locales et les représentations diplomatiques américaines.

 

Sur l'adoption par la Belgique d'une cotisation obligatoire imposée aux journalistes pour vérifier leur "fiabilité"

 

Nous avons noté l'information sur l'adoption d'une cotisation obligatoire pour passer la vérification de sécurité en Belgique. Cela a évidemment provoqué une vague de critiques des journalistes et des associations professionnelles.

Cette initiative est liée à l'entrée en vigueur le 1er juin des amendements adoptés en février 2018 à la loi belge sur la sécurité du 11 décembre 1998. Selon cette nouvelle mouture du texte, les journalistes ayant la citoyenneté belge ou exerçant une activité professionnelle à titre permanent en Belgique sont désormais contraints de verser une cotisation de 50 euros pour passer tous les six mois une vérification de "fiabilité" auprès des forces de l'ordre belges.

Notre intérêt pour cette initiative s'explique par le fait que les nouvelles règles affecteront également les journalistes russes qui travaillent à Bruxelles à titre permanent.

Nous considérons ces exigences comme discriminatoires et restreignant la liberté des médias, parce que de facto les journalistes sont forcés de payer pour pouvoir faire leur travail.

On ignore pour l'instant comment sera appliquée en pratique la loi belge. La Commission européenne a condamné cette initiative en annonçant qu'elle n'avait pas l'intention de généraliser l'"expérience progressiste" belge au niveau des institutions européennes. Au contraire, la Commission européenne a l'intention de vérifier la conformité de la loi avec les normes de l'UE.

Nous allons surveiller ce thème. Ceux qui ont l'intention de travailler en Belgique doivent le savoir, pour éviter d'être accusés de "non-fiabilité" par la suite.

 

Sur les publications concernant de nouvelles "ingérences" de la Russie dans les élections d'autres pays

 

Ce 3 août, l'un des principaux journaux indiens a relayé un article du bureau de l'agence d'information Press Trust of India à Washington, intitulé "La Russie cible désormais les élections en Inde et au Brésil, a déclaré un expert d'Oxford aux législateurs américains" (Russia now targeting elections in India, Brazil: Oxford expert tells US lawmakers). Il y est question de récentes audiences au Comité du renseignement du Sénat américain consacrées à l'"influence des États étrangers via les réseaux sociaux". Le professeur Philip Howard, qui étudie l'Internet à l'université d'Oxford, y affirme qu'après l'ingérence réussie dans les élections américaines et dans d'autres pays, la Russie s'apprêterait à utiliser les technologies qui ont fait leurs preuves pour modifier dans le sens voulu les résultats des prochaines campagnes électorales en Inde et au Brésil.

Je pense que les insinuations russophobes interminables de différentes personnalités américaines et des experts britanniques ne méritent plus aucune attention.

Le sens de ces accusations est évident, et le but de la nouvelle audience du Sénat est de semer la division entre les partenaires, notamment des Brics. Je rappelle que récemment, le sommet de ce groupe a été constructif et fructueux.

Apparemment, les Américains ont été sérieusement déçus par les importants résultats du dernier sommet des Brics à Johannesbourg, qui ont affirmé une hausse de l'autorité du groupe et le renforcement de la coopération entre ses membres sur les questions relatives à l'ordre mondial. Pour revenir à l'agenda positif et constructif, sachant qu'il n'y a rien d'autre à opposer dans le cadre du "smart power", du "soft power", de tels articles commandités sont publiés. Nous voyons à nouveau des fake news. Nous attirons notamment l'attention des journalistes indiens sur le fait que ce sont de véritables fake news. Pourquoi? La réponse est simple: le lobby anti-Brics.

Je suis certaine que ces désinformations ne mèneront à rien. C'est désagréable et cela empoisonne le milieu médiatique d'un nouveau fake. Mais cela n'aura aucune incidence sérieuse sur les relations russo-indiennes et la coopération dans le cadre des Brics.

 

Sur les problèmes d'obtention de visas grecs rencontrés par les prêtres russes

 

Le Ministère russe des Affaires étrangères suit de près la situation concernant la délivrance de visas aux citoyens russes. Toute discrimination en matière de visa, qu'elle soit nationale ou professionnelle, est inadmissible.

Nous avons vu les informations de la chaîne Tsargrad et les publications sur les réseaux sociaux. Nous avons envoyé une note appropriée à l'Ambassade de Grèce à Moscou pour demander d'expliquer la situation. Nous attendons une réaction des autorités grecques et nous vous tiendrons informés.

 

Sur le projet en ligne du Ministère russe de l’Éducation

 

Nous voulons annoncer que dans le cadre de la mise en œuvre du projet prioritaire "Le développement du potentiel d'exportation du système éducatif russe" approuvé par le présidium du Conseil auprès du Président de la Fédération de Russie pour le développement stratégique et les projets prioritaires du 30 mai 2017, le Ministère russe de l’Éducation et de la Science a constitué une base d'information contenant des programmes et des cursus éducatifs en ligne créés par des professeurs d'universités russes connues.

Aujourd'hui, sur le site www.coursesinrussia.com tout le monde peut se familiariser à distance avec les thèmes d'études dans des matières comme l'économie, l'histoire, les technologies de l'information, le management, la sociologie, etc. Ces thèmes sont préparés par les meilleurs enseignants de vingt universités russes et sont présentés dans un format pratique en anglais.

Il y a également un bloc de matières pour se familiariser avec la Russie, qui inclut le cursus "La compréhension de la Russie – les contextes de la communication interculturelle".

 

Sur la signature de l'Accord de coopération entre le Département de l'information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères, l'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères, le Conseil des vétérans de la guerre et du travail du Ministère russe des Affaires étrangères, le Commissariat militaire du quartier Golovinski du District administratif du Nord de Moscou et l'école 1250 de Moscou

 

Aujourd'hui, vendredi 9 août, afin de contribuer à l'orientation professionnelle et à l'élargissement de l'horizon des étudiants dans le domaine des relations internationales, a été signé l'Accord de coopération entre le Département de l'information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères, l'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères, le Conseil des vétérans de la guerre et du travail du Ministère russe des Affaires étrangères, le Commissariat militaire du quartier Golovinski du District administratif du Nord de Moscou et l'école 1250 de Moscou.

Dans le cadre de cet Accord, il est prévu de mettre en œuvre le projet "Classe de cadets à l’École de Moscou" dans le cadre duquel seront formés de jeunes spécialistes-diplomates, et organisés des stages au Ministère russe des Affaires étrangères non seulement pour les étudiants des établissements professionnels supérieurs, mais également pour les élèves des écoles secondaires de Moscou.

C'est un projet pilote, mais, compte tenu du nombre de spécialistes participant à sa mise en œuvre, on espère vraiment qu'il sera couronné de succès.

Comme l'a souligné le recteur de l'Académie diplomatique Evgueni Bajanov, même si les étudiants n'embrassaient pas la carrière de diplomate et ne liaient pas leur vie à la diplomatie suite à ce cursus, ils auront de toute façon appris à régler des questions vitales complexes et deviendront des "diplomates pour la vie".

 

Sur l'organisation du 2e Festival de la Turquie à Moscou

 

Pendant la dernière conférence de presse a été posée une question concernant le Festival de la Turquie à Moscou, qui se tiendra du 10 au 12 août au parc Krasnaïa Presnia.

Nous saluons cette initiative des autorités turques visant à renforcer la coopération socioculturelle entre la Russie et la Turquie.

Si nous comprenons bien, cet événement a été organisé par le Ministère turc de la Culture et du Tourisme, ainsi que par l'Ambassade de Turquie à Moscou. A cet égard, nous vous suggérons de vous adresser à ces établissements pour des informations plus détaillées sur le programme du Festival. La possibilité de réaliser de tels projets socioculturels est une très bonne chose.

Je voudrais noter que la capitale de notre pays est très hospitalière pour de tels festivals.

 

Sur le déroulement du tournoi VTB Russian Open Golf Championship (Senior) et du 23e Tournoi de golf caritatif international

 

Le tournoi professionnel international de golf VTB Russian Open Golf Championship (Senior), une étape de l'European Tour, se tiendra du 17 au 19 août au Moscow Country Club (filiale de GlavUpDk - Administration générale pour le Service au Corps diplomatique auprès du Ministère russe des Affaires étrangères). Cette année, le sponsor du tournoi est la Bank VTB.

Les 54 meilleurs joueurs de golf de 20 pays - les joueurs légendaires de plus de 50 ans - sont attendus. Sa cagnotte s'élève à 500.000 dollars.

Le 16 août se tiendra la cérémonie solennelle d'ouverture du VTB Russian Open Golf Championship (Senior), ainsi que le 23e Tournoi de golf caritatif international, où des amateurs de golf joueront en équipe contre des professionnels – des champions et des vainqueurs de tournois nationaux et internationaux. L'argent du Tournoi caritatif sera traditionnellement versé aux fonds qui aident les enfants.

Les jeux du Tournoi se dérouleront du 17 au 19 août. La remise des prix aux vainqueurs aura lieu le 19 août.

Le VTB Russian Open Golf Championship (Senior) sera l'unique tournoi international professionnel de golf en Russie cette année.

Nous invitons les journalistes à participer à la couverture médiatique de l'événement. Les informations détaillées sont disponibles sur le site officiel de GlavUpDk.

 

Sur la conférence de presse de la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova à Kaliningrad

 

Mercredi 15 août, en marge du Forum éducatif de jeunesse international BaltArtek (Iantar Hall, rue Lénine 11, Svetlogorsk, région de Kaliningrad) se tiendra une conférence de presse de la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova sur les questions relatives à la politique étrangère. Nous élargissons la géographie de nos conférences de presse. C'est la première fois qu'elle se déroulera à Kaliningrad.

Nous invitons les journalistes russes et étrangers à participer à cet événement.

Nous vous informerons du lieu et de l'heure de son déroulement.

 

Réponses aux questions:

Question: Vous avez dit que les autorités russes allaient élaborer et adopter des mesures de riposte en réponse aux nouvelles sanctions des États-Unis. Quel pourrait-être le contenu de ces mesures?

Si les sanctions américaines touchaient aux vols de la société Aeroflot, les dirigeants russes pourraient-ils frapper en retour certaines compagnies aériennes américaines?

Réponse: Il s'agit de mesures de riposte et pas de fantaisies russes. Certains veulent manifestement aggraver les tensions et compliquer davantage les relations russo-américaines. Il n'existe en réalité rien de ce genre. Il s'agit uniquement de mesures de riposte. La réponse russe dépendra des sanctions adoptées contre la Russie. La réponse russe sera élaborée en fonction des actions des Américains. Spéculer à ce sujet est, à mon avis, incorrect et peu professionnel. Cela ne correspond pas au haut niveau de notre dialogue d'experts. Dès qu'ils adopteront des mesures, nous prendrons une décision appropriée en nous laissant guider par les derniers fruits de l'imagination des législateurs et des politiciens américains. Tout est très simple: s'ils n'adoptaient rien, il n'y aurait aucune réponse; s'ils inventaient quelque chose, nous riposterions. S'ils adoptaient quelque chose d'extraordinaire, nous répondrions de la même manière. Vous comprenez parfaitement les règles du jeu. Dans le cas présent, personne ne les a annulées.

Ce n'est pas notre choix, et nous avons déjà mille fois répété à tous les niveaux où ce chemin pourrait nous mener. Par ailleurs, en ce qui concerne le Novitchok et l'affaire Skripal, les incidents de Salisbury et de Amesbury, à mon avis, même les experts qui n'ont jamais été prorusses et critiquent la Russie dans tous les domaines depuis l'époque de l'URSS n'ont pas, aujourd'hui, assez d'arguments pour justifier la politique de Washington et de Londres.

Il existe évidemment un jeu commun, dont les rôles ont été partagés entre Londres et Washington. D'abord, nous l'avons constaté lors de l'expulsion des diplomates russes. La frappe principale a touché les diplomates russes à Londres et à Washington, bien qu'on ne comprenne pas très bien en quoi cet incident était lié à Washington. L'élaboration actuelle de nouvelles sanctions en est une autre confirmation. Nous constations que la politique de sanctions est l'approche préférée de toute une industrie de lobbying politique à Washington. L'affaire du Novitchok et des Skripal ne fait que le confirmer. On peut évoquer la connivence classique entre les États-Unis et le Royaume-Uni, entre leurs élites politiques qui ont la possibilité d'influer sur la situation. Tout cela s'inscrit dans le cadre de cette connivence. Cela n'a rien à voir avec l'aspect juridique de l'affaire, le droit international, l'enquête ou les événements réels. D'ailleurs, nous ne savons rien de ces derniers. Si quelqu'un en sait plus, qu'il partage avec nous des informations authentiques et pas des spéculations ou des fake news.

On ne pourra commenter ces décisions qu'après leur adoption. Il ne s'agit pas d'une prétendue politique de la Russie visant à aggraver les relations bilatérales, mais d'une riposte de Moscou et de la ligne destructrice de Washington. Dans le cas des incidents de Salisbury et d'Amesbury, Londres mène un jeu collectif absolument évident - il est impossible de le dissimuler. Ils le considèrent comme une "solidarité", alors qu'il s'agit, en réalité, d'une omerta.

Question: Que pensez-vous des protestations récentes du Ministère japonais des Affaires étrangères concernant le déploiement des chasseurs russes Su-35S sur l'île d'Itouroup? Le Secrétaire général du gouvernement japonais Yosihida Souga a indiqué que les actions russes allaient à l'encontre de la position japonaise et étaient très regrettables.

Réponse: Les actions russes suivent la logique de la politique russe, notamment en matière de sécurité et d'affaires étrangères, qui n'est en aucune façon agressive et ne vise pas à déstabiliser les relations avec le Japon, ni dans la région en général.

Tout ce qui se passe sur le territoire de la Fédération de Russie est transparent. Nous partageons ces informations avec nos collègues, répondons à leurs questions. Dans ce cas précis, les explications nécessaires ont été présentées à tous les niveaux, et je ne vois aucune raison de commenter davantage la situation.  

Question: Est-ce que ces actions et ces propos pourraient, selon vous, influer sur les négociations concernant les Kouriles?  

Réponse: Nous estimons que les questions relatives à l'élaboration d'un accord de paix ouvrent un large espace pour un travail concret. Il s'agit des négociations menées au niveau des vice-ministres et des représentants spéciaux mandatés par les parties. Cela concerne notamment la coopération économique et les aspects humains. Il existe énormément de domaines de travail concret. Les parties peuvent sans doute exprimer des positions différentes sur telle ou telle question, mais il existe une direction principale fixée par les autorités des deux pays. Nous progressons donc dans ce format et mettons en œuvre tout ce qui a été fixé. 

Question: L'ex-ambassadeur des USA en Russie Michael McFaul a durement critiqué la nomination de l'acteur Steven Seagal au poste de représentant spécial du Ministère des Affaires étrangères, la qualifiant de "geste de désespoir". Michael McFaul a déclaré qu'il doutait que Steven Seagal puisse aboutir au moindre succès dans l'amélioration des relations russo-américaines vu son absence d'influence sur la société américaine. L'ex-ambassadeur a qualifié cette décision d'"humiliante" pour l'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Russie aux USA Anatoli Antonov, et dit qu'à sa place il se sentirait "offensé".

Réponse: Contrairement à de nombreuses autres déclarations de Michael McFaul, cette dernière est à prendre très au sérieux parce qu'il n'y a pas de meilleur spécialiste en désespoir que lui. J'ai une question à lui poser: et qu'en est-il de la tolérance? Je ne comprends pas ce qu'Anatoli Antonov a à voir là-dedans. Michael McFaul n'a pas travaillé si longtemps à des postes diplomatiques - peut-être qu'il n'a pas compris quelque chose. On ignore ce que vient faire dans cette histoire l'Ambassadeur Anatoli Antonov, puisqu'il est question d'une fonction sociopolitique. Je ne comprends pas comment il a associé ces deux choses, mais peut-être qu'il s'expliquera.

Question (traduite de l'anglais): Vous dites souvent que l'"affaire Skripal" nécessite de la transparence. Vous-mêmes, êtes-vous prêts à respecter le principe de transparence et à autoriser les inspecteurs à visiter certains sites en Russie, comme l'exige le nouveau projet de loi sur les sanctions des USA? Le nouveau projet de loi stipule que les inspecteurs de l'Onu doivent inspecter les sites qui, sur le territoire de la Russie, auraient pu être utilisés pour fabriquer des armes chimiques. Êtes-vous prêts à l'autoriser à des fins de transparence?

Réponse: Vous associez de manière très intéressante ces deux sujets. Êtes-vous sûr que les autorités britanniques seraient tout aussi enthousiasmées par votre question? J'en doute. En ce qui concerne la transparence, est-il déjà arrivé que la Russie n'ait pas été transparente, n'ait pas rempli ses engagements en matière de désarmement chimique? Y a-t-il des informations à ce sujet? Y a-t-il des engagements que nous n'avons pas tenus? Je n'ai jamais vu, dans un rapport de l'OIAC ou d'une autre structure de l'Onu, des reproches vis-à-vis de la Fédération de Russie. En ce qui concerne la transparence vis-à-vis des incidents de Salisbury et d'Amesbury, ne voulez-vous pas vous-mêmes savoir ce qui s'est réellement passé? Vous représentez Sky News, un média britannique, c'est vous qui vivez dans ce pays. Je pense que vous êtes une citoyenne britannique. Vous-même, ne voulez-vous pas savoir ce qui s’est réellement passé?

Vous comprenez: cela fait quatre mois chez vous que personne ne sait ce qui s'est passé. De plus, depuis quatre mois, on vous racontait que Salisbury et les alentours étaient entièrement sécurisés, avant qu'on n'y retrouve des objets liés aux substances chimiques. Vous-mêmes, n'êtes-vous pas inquiets?

Cela nous préoccupe pour la simple et bonne raison que des citoyens russes sont impliqués dans cette histoire. En tant qu’État, nous devons exiger un accès, une rencontre avec eux, et comprendre ce qui se passe. Nous menons notre propre enquête sur ces questions. Par conséquent, nous demandons que soit établie une coopération avec les forces de l'ordre britanniques pour lier l'enquête menée en Russie et l'investigation qui se déroule au Royaume-Uni. Autre point. De nombreuses actions politiques ont été engagées contre la Russie, basées sur les accusations relatives aux affaires de Salisbury et d'Amesbury. Nous voulons vraiment savoir ce qui s'est passé. Si vous avez des liens renvoyant à des informations mentionnant une approche non transparente de la Russie concernant le désarmement chimique: fournissez-les, s'il vous plaît. Je n'en ai pas vu. Il n'y a jamais eu aucun reproche vis-à-vis de la Russie à ce sujet. Je pense qu'une certaine cohérence doit être respectée. Nous avons des réclamations vis-à-vis du Royaume-Uni concernant cette enquête complètement opaque. Ce ne sont pas des histoires inventées: l'opacité dans cette affaire est la position officielle des autorités britanniques, qui ont officiellement classifié tout ce qui est lié à "Novitchok", Salisbury, Amesbury et Porton Down. Alors allez-y: commencez par la transparence.

Question (traduite de l'anglais): Compte tenu du nouveau projet de loi instaurant de nouvelles sanctions, laisserez-vous les inspecteurs accéder aux sites en Russie? Par exemple, à Chouchary?

Réponse: Que voulez-vous dire concrètement? Quels sites, quelles exigences? Avez-vous du concret? Ou allons-nous parler théoriquement comme avec la première question? Nous parlons de choses pratiques et non théoriques. Expliquez ce qu'il faut concrètement. Y a-t-il une requête concrète des autorités américaines ou au niveau de l'Onu? Nous n'en avons pas reçue, nous n'en avons pas vue. C'est tout.

Question (traduite de l'anglais): Si vous considérez le nouveau projet de loi sur les sanctions comme une "collusion" entre les USA et le Royaume-Uni, quel est, selon vous, le rôle de Londres dans les nouvelles sanctions?

Réponse: Nous voyons qu'il y a un double jeu entre les USA et le Royaume-Uni, qui organisent une provocation politique autour du "Novitchok". C'est évident. J'ai déjà cité des faits concrets.

Question (traduite de l'anglais): Y aura-t-il des conséquences sous la forme de contremesures visant le Royaume-Uni?

Réponse: Nous décrétons des contremesures contre le pays qui adopte des sanctions contre la Russie. Quand le Royaume-Uni décrète des sanctions, comme l'expulsion de diplomates russes ou autres mesures hostiles visant la Russie, nous réagissons toujours en adéquation et symétriquement. S'il est question d'un autre pays, nous devons agir symétriquement.

Question: Comment le Ministère russe des Affaires étrangères évalue-t-il le bilan de la visite du sénateur américain Rand Paul en Russie?

Quand a-t-on eu l'idée de nommer Steven Seagal en tant que représentant spécial du Ministère russe des Affaires étrangères pour les liens humains russo-américains et le patrimoine culturel et historique?

Réponse: Si je ne me trompe pas, la première question a déjà été évoquée. On a publié des informations sur le bilan des rencontres. Nous espérons poursuivre nos contacts constructifs avec les Américains dans différents domaines. Ce travail est en effet possible.

Quant à l'idée de nommer Steven Seagal au poste de représentant spécial du Ministère russe des Affaires étrangères pour les liens humains russo-américains et le patrimoine culturel et historique, je peux dire diplomatiquement qu'elle a été mise en œuvre rapidement.

Question: Les relations entre la Turquie et la Syrie sont actuellement compliquées. Que fait la Russie pour éviter qu'elles ne dégénèrent en conflit armé? Où en est l'opération de libération d'Idleb?

Réponse: En ce qui concerne Idleb, il vaut mieux consulter des experts militaires. Je peux également apporter des précisions, mais il vaut mieux que vous vous adressiez aux militaires.

Quant aux actions russes visant à normaliser les relations entre la Syrie et la Turquie, je voudrais rappeler que - vous le savez aussi bien que moi - Damas et Ankara sont des acteurs indépendants dont les relations ont leur propre histoire. Elles doivent notamment être développées au niveau bilatéral.

Quand elle prend en considération toute la complexité de la situation militaire et géopolitique dans la région, la Russie ne recherche pas avant tout des points de contacts entre des pays différents - bien que ce travail fasse également partie de son agenda - mais vise plutôt une solution globale et complexe. A ces fins, il existe différents formats auxquels la Russie invite directement des pays (par exemple, le processus d'Astana) ou qu'elle utilise comme une plateforme de normalisation de la situation en Syrie ou comme une plateforme intérieure de dialogue qui participe d'une manière ou d'une autre à ces relations interétatiques (par exemple, le congrès de Sotchi qui vise à normaliser la situation et à former un dialogue entre des forces politiques différentes et des groupes ethniques et religieux). Nous avons invité des observateurs, informé des parties et  partagé avec les autres pays - en utilisant nos capacités de médiation - les préoccupations de certains États concernant les processus dans la région. Il s'agit de canaux bilatéraux et multilatéraux. Je ne peux pas entrer dans les détails des négociations ou expliquer les efforts concrets visant le règlement, mais ce travail existe.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devrait se rendre prochainement en Turquie. La Syrie sera l'un des sujets principaux de cette visite, tout comme elle l'a été lors de la récente rencontre entre les chefs de diplomatie des deux pays à Singapour.

On utilise tous les canaux. En ce qui concerne le contenu, il s'agit des négociations entre les diplomates et les militaires. Quant aux négociations, on mène une diplomatie traditionnelle et opérationnelle. Énormément de questions sont résolues de manière opérationnelle: nous envoyons nos représentants dans la région - nous vous en informons régulièrement - et organisons fréquemment des entretiens téléphoniques entre les ministres russe et turc des Affaires étrangères concernant les dernières évolutions et les nouvelles questions.

Ce n'est qu'un aspect du travail mené, qui est en réalité beaucoup plus profond et diversifié.

Question: Le 5 août, le Sous-Secrétaire d'État chargé des affaires européennes et eurasiatiques Wess Mitchell a convoqué le chargé d'affaires temporaire de la Russie aux États-Unis Dmitri Jirnov en lien avec la propagande russe agressive de la division et de la violence sur les réseaux sociaux. Qu'en pensez-vous?

Réponse: Pouvez-vous présenter des exemples concrets de propagande russe de la division et de la violence sur les réseaux sociaux?

Question: Je n'en ai trouvé aucun.

Réponse: Nos demandes de présenter des faits concrets concernant les prétentions de nos collègues américains, allant de l'ingérence dans les élections et d'une activité destructrice sur les réseaux sociaux à une attaque chimique sur le sol britannique, restent toujours sans réponse. Ainsi, par le passé, notamment sous l'administration Obama, on citait sans cesse les réseaux sociaux et on appelait à les suivre attentivement. Aujourd'hui, pour des raisons qu'on ignore, on n'en parle plus.

Lors de la récente rencontre au Département d'État consacrée au Novitchok et aux nouvelles sanctions, nos représentants ont demandé de présenter ne serait-ce qu'un seul fait. En vain. La question sur l'enquête est également restée sans réponse. Concernant les faits, on a dit qu'ils existaient mais avaient été classifiés. Ce qui est douteux. Dans tous les cas, toutes les questions restent sans réponse.

La même chose concerne les différents réseaux sociaux qui évoquent la prétendue ingérence de la Russie dans les élections via leurs canaux technologiques ou de contenu. Toutes nos demandes de présenter des matériaux concrets restent également sans réponse.

Vous n'êtes pas non plus au courant des matériaux cités par les réseaux sociaux américains. Personne ne nous présente aucun fait. S'il existait quelque chose, nous voudrions bien le voir. Mais il n'y a rien. 

Question: Votre collègue Artem Kojine en mars, et vous lors de la dernière conférence de presse, avez parlé des 170 instructeurs civils russes qui se trouvaient en Centrafrique. Pouvez-vous préciser de qui il s'agit, comment ils ont été recrutés, comment ils ont été projetés sur place?

Réponse: Ce n'est certainement pas une question pour le Ministère des Affaires étrangères.

Question: Mais ils ne sont pas des représentants du Ministère russe de la Défense.

Réponse: Et ils ne sont pas des représentants du Ministère des Affaires étrangères, je peux vous l'assurer. Nous avons déjà dit que les structures militaires privées ne relevaient pas de la pratique russe. Nous avons expliqué en détail l'absence de base légale pour cela. Cela se trouve hors de la sphère de compétences du Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Mais vous avez reçu cette information.

Réponse: Oui, parce qu'ils s'y trouvent physiquement. Il existe des ententes. Nous les avons évoquées, nous avons dit que ces ententes avaient été conclues via les structures d'experts de l'Onu, compte tenu du régime en vigueur par rapport à la Centrafrique. Nous avons dit que les casques bleus et les spécialistes de l'Onu visitaient les bases d'entraînement. Tout le monde le voit. Nous ne nous occupons pas de questions de recrutement, d'envoi, de recherche ou de sélection. Votre question est de savoir qui les a trouvés. Cette question ne s'adresse certainement pas au Ministère des Affaires étrangères.

Question: Récemment, l'Arménie a suggéré de mettre en place à la frontière du Nakhitchevan une surveillance de l'OSCE similaire à celle existant le long de la ligne de contact dans la zone du conflit du Haut-Karabakh, bien que la région de Nakhitchevan ne fasse pas partie de la zone du conflit.

Quelle est la position de la Russie en tant que coprésidente du Groupe de Minsk de l'OSCE à ce sujet? La surveillance à la frontière entre l'Arménie et le Nakhitchevan est-elle une nécessité?

Réponse: Je n'ai pas vu ces communiqués, je demanderai des précisions et nous vous contacterons.

Question: Un scandale a éclaté concernant les attaques de différents géants de l'internet, notamment Apple et Facebook, contre le journaliste américain conservateur de droite Alex Jones, qui est également connu pour ses sympathies envers la Russie. D'après vous, est-ce une question de l'agenda américain purement national ou un signal que tout avis prorusse sera automatiquement bloqué à l'avenir?

Réponse: Je pense que nous assistons à une lutte politique américaine intérieure, qui se déroule sous un certain slogan.

Ce n'est pas la première fois que le monde assiste à de telles rixes américaines politiques intérieures - qu'il s'agisse de luttes entre les partis politiques, à la croisée ou au sein de ces partis. Il y a eu différents prétextes, accusations, des affaires très résonantes retournant sens dessus dessous tout le système politique aux USA. Aujourd'hui, cette lutte se déroule sous le slogan d'une prétendue agression russe sous différentes formes – une prétendue ingérence russe dans les élections, des cyberattaques, l'usage de l'arme chimique au Royaume-Uni, l'origine russe prétendue de tout ce qui est négatif. C'est une certaine tendance donnée par un slogan politique (parce que toute campagne se déroule sous un slogan). Tout ce qui est lié à la Russie et à la russophobie est demandé aujourd'hui - ce n'est donc pas nouveau. Cela a commencé avec l'administration du Président américain Barack Obama, puis cette question a "migré" vers la campagne électorale de la candidate démocrate et est restée sollicitée après l'élection de 2016 compte tenu de l'ampleur du mouvement (largement alimenté, notamment financièrement, pendant plusieurs années). Pourquoi inventer quelque chose de nouveau quand il existe déjà une histoire médiatisée et contrôlable liée à la Russie? Souvenez-vous de l'attisement. Comme nous l'avons dit, cela a commencé plus ou moins en 2012, quand la Crimée et l'Ukraine n'étaient pas encore à l'ordre du jour, quand la Syrie était seulement évoquée dans le cadre du Printemps arabe mais que commençait déjà l'histoire liée aux sentiments antirusses aux USA dont la tendance avait été fixée par l'administration de Barack Obama. Puis cette histoire a fait partie intégrante de la campagne des démocrates. Étant donné que l'administration de Barack Obama était entièrement impliquée dans la campagne de soutien à la candidate démocrate (le président américain y avait personnellement participé en investissant son capital politique), on comprend d'où cette histoire est partie.

De plus, nous nous souvenons parfaitement que la candidate démocrate était aussi l'ancienne secrétaire d’État des USA. Dans ses livres, bien avant toutes ces péripéties internationales actuelles, était clairement fixé un vecteur antirusse. En fait, c'est précisément ce qui se déroule aujourd'hui. Il n'y a rien d'étonnant dans cette tendance pour ceux qui ont lu ses livres, qui ont entendu ses déclarations, qui suivent l'agenda international.

Question: Il y a quelques jours, le Président russe Vladimir Poutine a signé la loi sur l'étude des langues natales. Immédiatement, la revue occidentale Foreign Affairs a publié un article critiquant vivement ce texte. D'après vous, pourquoi l'Occident, dont la vision a été formulée, en l'occurrence, par cette revue, a si négativement réagi à cette décision a priori purement nationale? Peut-on l'associer au fait que la loi "tirera un trait" à long terme sur la pratique favorite du "diviser pour régner"?

Réponse: Pour être la plus précise possible, je vais analyser ce qui est lié à cette loi avant de vous répondre.

Question: Je suis surpris qu'il soit nécessaire de verser à Bruxelles de l'argent pour être accrédité en tant que journaliste. J'ai travaillé pendant 25 ans dans les pays de l'UE et c'est la première fois que j'entends parler d'une telle pratique. C'est un non-sens. Si j'ai bien compris, il est nécessaire de suivre une procédure de réaccréditation moyennant 50 euros tous les six mois pour obtenir une sorte d'attestation de "fiabilité", comme lors d'une visite médicale?

Réponse: Globalement, oui.

Question: Est-ce que cela concerne des journalistes en particulier ou tous les journalistes?

Réponse: Tous les journalistes.

Question: Les journalistes américains aussi?

Réponse: Je ne peux pas vous le dire - peut-être que les Américains viennent avec leurs propres attestations. Étant donné que le principe d'extraterritorialité est leur méthode favorite aujourd'hui, peut-être que leurs attestations sont également valables sur le territoire belge. Je ne peux pas vous dire.

Mais ce que nous avons lu est bien lié aux attestations qui doivent être obtenues, moyennant paiement, par les journalistes qui travaillent sur le territoire de la Belgique. Cela concerne également les correspondants étrangers.

Question: Mais rien de tel n'existe en Russie? Il ne faut pas payer pour être accrédité au Ministère russe des Affaires étrangères?

Réponse: Je n'en ai pas entendu parler.

Question: Le représentant spécial du Ministère des Affaires étrangères pour les liens sociaux russo-américains et le patrimoine culturel et historique Steven Seagal fait l'objet d'une enquête des autorités de Los Angeles. Il est accusé de harcèlement sexuel. Qu'en pense le Ministère des Affaires étrangères russe? A-t-on tenu compte de cette information lors de sa nomination?

Réponse: Je pense qu'il faut respecter la présomption d'innocence. Malgré toute l'"extraterritorialité" de ce qui se passe actuellement aux USA, les ordres politiques et ainsi de suite, c'est un principe immuable à respecter.

Question: Le rédacteur en chef de la station Écho de Moscou Alexeï Venediktov a écrit sur sa chaîne Telegram, se référant à un "diplomate russe anonyme", que lors de sa nomination Steven Seagal aurait reçu les "garanties d'immunité" correspondant à ses fonctions. Pouvez-vous dire si Steven Seagal dispose d'une certaine immunité?

Réponse: J'ai toujours dit qu'il était dangereux d'utiliser les chaînes anonymes de Telegram, et maintenant je me rends compte qu'il est même dangereux de lire les chaînes non anonymes. J'ignore quelles sources ont été utilisées. Mais elles ne sont pas "anonymes" par hasard: elles le sont parce que c'est faux. A l'heure actuelle, Steven Seagal ne dispose pas de passeport diplomatique. Il nous a été demandé si cela pourrait arriver. Oui, si cela était jugé utile, si cela se révélait nécessaire dans son processus de travail.

Question: Dispose-t-il d'une immunité?

Réponse: En termes de santé, j'espère que oui.

En ce qui concerne l'immunité diplomatique, il faut comprendre la procédure. L'immunité diplomatique survient en cas d'envoi d'une personne à l'étranger. Auparavant, quand tout s'appuyait plus ou moins sur la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires, il y avait une compréhension générale du fait que la personne envoyée à l'étranger possédait en principe l'immunité diplomatique simplement en annonçant qu'il était diplomate et sur présentation d'un passeport diplomatique. Aux USA, cela ne fonctionne pas du tout. Ce n'est pas la couleur du passeport qui est importante, pas ce qui y est écrit, mais uniquement le type de visa attribué. En fait, la question de l'immunité survient à chaque fois.

Si l'on constate une compréhension de base et l'application des termes de la Convention de Vienne dans plusieurs pays, d'autres appliquent la vision que nous connaissons. Nous avons eu des précédents. En particulier, cette question s'est posée très sérieusement sur le plan pratique en 2005 quand des personnes avaient été envoyées pour travailler à l'Onu avec des passeports diplomatiques. C'était toute une histoire. J'avais alors appris personnellement toutes les gradations de l'attitude des USA vis-à-vis de l'immunité. Ce thème est très complexe. Tout cela se règle par rapport à la situation concrète des relations avec un pays. Étant donné que votre question concerne en grande partie les USA, pour eux c'est une question de type de visa.

Question: Et recevra-t-il un passeport?

Réponse: Steven Seagal est également un citoyen américain. Il possède également un passeport américain. Cela pousse à tirer plusieurs conclusions qui vont de soi. Je n'ai pas envie de faire la leçon. Pouvez-vous, en tant que citoyen russe, demander un visa russe?

J'ai répondu à votre question assez précisément. Quelle nuance puis-je vous expliquer encore? Formulez plus concrètement. Je crois avoir tout dit: pas de passeport, la question de l'immunité est réglée au cas par cas avec chaque pays, parce que, malheureusement, à présent chaque pays a sa propre lecture de ces questions, il n'y a aucun automatisme dans ce domaine.

Question: En régime manuel, évoquerez-vous l'attribution de l'immunité à Steven Seagal? Après tout, il devra se rendre aux USA.

Réponse: En fait, quand ce sera utile et nécessaire, quand une histoire concrète arrivera, nous choisirons le régime – manuel ou automatique. Peut-être que nous nous contenterons du pilote automatique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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