18 juillet 201819:48

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 18 juillet 2018

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Sur la fin de la Coupe du monde de football

 

La Coupe du monde de football, qui pendant un mois a empli la Russie et le monde entier d'une atmosphère de fête inoubliable, vient de se terminer. C'était une véritable fête. La mascotte Zabivaka s'est donné à fond, vous l'avez vu. Nous voudrions une nouvelle fois féliciter les vainqueurs et les participants.

Ce Mondial restera dans les mémoires pour les records et les exploits personnels des joueurs. Les médias internationaux n'ont pas manqué d'en parler, qui ont remarqué les nouveautés techniques, notamment utilisées pendant la finale. La chaîne CNN, par exemple, a souligné que le système d'assistance vidéo à l'arbitrage avait été utilisé pour la première fois lors d'une finale de Coupe du monde. Enfin, en dépit de la campagne négative menée depuis deux ans en prévision de ce grand événement, même la chaîne BBC a constaté un nombre sans précédent de visionnages de la finale et de toute la compétition sur ses plateformes, soulignant que ce Mondial était "l'un des plus marquants de l'histoire". Comme on dit: "You are welcome". Mieux vaut tard que jamais. Je pense que ce penchant pour la propagande sera une bonne leçon pour tous. Malheureusement, de nombreux supporters britanniques qui rêvaient de venir en Russie ne l'ont pas fait. Le gouvernement britannique et les médias britanniques en sont les premiers responsables, qui ont intimidé leurs citoyens en diffusant des fakes et en participant activement à la propagande, utilisant pour cela des méthodes sans limites. Nous regrettons vraiment que les supporters du Royaume-Uni n'aient pas vu le Mondial de leurs propres yeux. Certains sont venus, mais pas tous ceux qui rêvaient de le faire et qui l'ont regretté ensuite.

Selon le magazine Forbes, la Coupe du monde a été la plus visionnée sur tous les supports. Le journal italien Repubblica a souligné l'aptitude de la Russie à organiser le déroulement de compétitions à l'échelle planétaire, et le quotidien Corriere della Sera a été impressionné par l'"organisation irréprochable, l'ordre exemplaire et la propreté des rues".

J'ai été très touchée par les propos de la Présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, qui a dit que ce Mondial était devenu un modèle de tolérance et un "exemple d'organisation de tels événements pour tous les autres pays du monde". Ce sont des mots très importants parce qu'il est question d'une véritable tolérance, pas fictive, pas d'un prétendu politiquement correct, mais d'un véritable esprit sportif et de la fraternité d'hommes et de femmes qui oublient même leurs importants différends pour s'unir autour de l'idée commune du sport – ce qui était précisément à la base des idées du développement international du sport. Malheureusement, nous avons constaté l'atteinte massive portée précisément à ces idées.

Pendant la conférence de presse finale à Loujniki, le Président de la FIFA Gianni Infantino a qualifié la Coupe du monde de football 2018 en Russie de «meilleure de l'histoire». Cela nous fait énormément plaisir. Nous remercions effectivement tous ceux qui ont apprécié tous les efforts entrepris à leur juste valeur.

Nous voudrions remercier tous ceux qui ont fait de ce Mondial une véritable fête marquante et inoubliable. C'est le travail des volontaires, de ceux qui ont assuré la logistique, de ceux qui ont pris en charge les questions de sécurité - et évidemment le fruit de la coopération internationale en la matière. Tout cela a permis aux supporters et aux visiteurs de profiter de l'atmosphère du Mondial sans s'occuper des questions d'organisation.

Je profite de l'occasion pour remercier en particulier l'équipe de Russie, qui nous a permis de croire au miracle en faisant ce que tout le monde attendait depuis longtemps d'elle: en montrant un bon résultat et un véritable combat. Merci beaucoup, les gars! C'était vraiment inoubliable. Cette fête restera pour toujours dans le cœur de millions de gens à travers le monde!

Nous passons le relais de la Coupe du monde. Nous souhaitons à la prochaine de se dérouler tout aussi bien qu'en 2018. Nous sommes disposés à partager notre expérience, à proposer nos solutions dans tous les domaines, notamment sur le plan informationnel. Je répète que nous sommes disposés à partager toute expérience qui serait sollicitée et intéressante.

 

Sur la 9e Réunion des ambassadeurs et des représentants permanents de la Fédération de Russie

 

Les 19 et 20 juillet, Moscou accueillera la Réunion des ambassadeurs et des représentants permanents de la Fédération de Russie, qui se tient traditionnellement tous les deux ans depuis 2002. Le Président russe Vladimir Poutine y prononcera un discours.

Sont attendus 163 responsables d'établissements diplomatiques russes à l'étranger, de la direction du Ministère russe des Affaires étrangères, des représentants du gouvernement russe, des ministères et des services participant à la mise en œuvre de la politique étrangère russe, des milieux scientifiques et d'affaires russes, ainsi que des médias.

Cette réunion vise à analyser les priorités russes dans les principaux domaines de l'activité politique étrangère de notre pays, et permettra d'évoquer les tâches prioritaires de la diplomatie russe à l'heure actuelle: la garantie de la sécurité nationale, la création de conditions extérieures favorables pour le développement du pays, la promotion et la protection des intérêts nationaux de la Russie sur la base du droit international et des principes de justice et de coopération équitable dans le respect mutuel.

Des réunions plénières thématiques alterneront avec des sections régionales pour aborder les questions d'actualité de la politique étrangère et économique extérieure de la Russie; la coopération militaire internationale de la Russie; l'accompagnement informationnel de la politique étrangère; le travail avec les compatriotes; la lutte contre le terrorisme international et l'extrémisme; la coopération humanitaire; et bien d'autres sujets.

En marge de la réunion sont prévus des entretiens des ambassadeurs et des représentants permanents avec la direction du Service fédéral russe pour la coopération militaro-technique, de Rosatom, de Roscosmos et du Russian Export Center (Centre russe des exportations).

Dans le cadre de cet événement, les participants effectueront des voyages pour se familiariser avec différentes régions: des rencontres seront organisées avec les autorités locales, et on leur présentera l'économie et la culture régionales pour leur donner une motivation supplémentaire de développer la coopération internationale.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion des représentants de Rossotroudnitchestvo à l'étranger

 

Ce 23 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion plénière "Les axes principaux de perfectionnement de l'activité de Rossotroudnitchestvo", qui se déroulera dans le cadre de la réunion des responsables des représentations et des représentants de l'Agence à l'étranger.

Cette année marque le 10e anniversaire de la signature du Décret du Président russe n°1315 du 6 septembre 2008 sur la création de l'Agence fédérale pour la Communauté des États indépendants, les compatriotes résidant à l'étranger et la coopération humanitaire internationale (Rossotroudnitchestvo), qui est le successeur de l'Association des liens culturels avec les pays étrangers, de l'Union des associations soviétiques d'amitié et de liens culturels avec les pays étrangers et du Centre russe de coopération internationale scientifique et culturelle auprès du gouvernement russe.

 

Sur les pourparlers russo-japonais au format "2+2"

 

Le lancement du mécanisme de consultations entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Russie et du Japon au format "2+2" a été décidé lors d'un sommet bilatéral à Moscou en avril 2013.

Le premier cycle de pourparlers dans ce format s'est tenu à Tokyo en novembre 2013, puis ce dialogue a été suspendu à l'initiative japonaise. Sa reprise a été annoncée à l'issue de la visite du Président russe Vladimir Poutine au Japon en décembre 2016. Le deuxième cycle a eu lieu à Tokyo le 20 mars 2017. Au sommet russo-japonais du 26 mai 2018 à Moscou, les deux dirigeants sont convenus d'organiser le troisième cycle dans la capitale russe le 31 juillet.

Pendant la rencontre, il est prévu d'évoquer les mesures permettant de renforcer la confiance entre la Russie et le Japon dans le domaine de la sécurité, et notamment les échanges bilatéraux dans le secteur de la défense, la coopération russo-japonaise pour combattre les nouveaux risques et défis, ainsi que les questions régionales et internationales d'actualité, notamment leur composante militaro-politique.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aux rencontres des ministres de l'ASEAN à Singapour

 

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov va prendre part aux événements organisés par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Singapour.

Comme le planning définitif est encore en cours de rédaction, nous vous communiquerons plus tard les dates et le format précis de la participation du Ministre aux différents événements.

Aujourd'hui, je peux dire que ses rencontres avec les chefs de diplomatie des pays membres de l'ASEAN mettront l'accent sur les mesures visant à renforcer le partenariat de dialogue avec l'Association et à le rendre stratégique conformément aux décisions du sommet Russie-ASEAN qui s'est déroulé à Sotchi en 2016. On prévoit également d'évoquer un grand nombre de questions relatives à la coopération pratique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, de la réaction aux situations d'urgence, du perfectionnement de l'infrastructure de transport et de la sécurité des technologies de l'information et de la communication. Une attention particulière sera accordée aux garanties de stabilité dans la région Asie-Pacifique et au développement de liens mutuellement avantageux des pays de l'ASEAN avec l'UEEA et l'OCS.

La réunion des ministres des pays du Sommet de l'Asie orientale se focalisera sur les préparatifs du 13e sommet à Singapour en novembre prochain. La priorité de la Russie est de renforcer dans la région la construction d'un ordre mondial juste et polycentrique et l'ouverture multilatérale, de développer la diplomatie de réseau, et de promouvoir sur cette plateforme le dialogue sur la formation d'une architecture universelle et fiable de sécurité unie et indivisible.  

Nous soutenons l'élargissement de l'activité pratique dans le cadre du Sommet de l'Asie orientale dans des domaines tels que l'énergie, les finances, l'éducation, la santé, la réaction rapide et le renforcement des liens. Dans ce contexte, les participants débattront de la mise en œuvre du Plan d'action de Manille pour la période 2018-2022.

La nouvelle session du Forum régional de l'ASEAN sur la sécurité sera consacrée à la coopération multilatérale pour l'élimination des menaces existantes (la prolifération des technologies nucléaires et de missile, le terrorisme et la criminalité transnationale, les défis dans le domaine des technologies de l'information et de la communication).

Enfin, des rencontres bilatérales avec des partenaires seront traditionnellement organisées en marge des événements susmentionnés.  

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

La situation en Syrie évolue de manière assez disparate depuis une semaine. Dans le contexte des tensions générales, on constate quelques éléments positifs. Ces derniers sont notamment liés aux succès des forces gouvernementales syriennes dans le sud-ouest du pays, où elles finissent d'éliminer les extrémistes dans la province de Deraa. De plus en plus de localités sont nettoyées des terroristes, et ceux qui tiennent les hauteurs stratégiques préfèrent de plus en plus souvent capituler sans combattre. Selon les données datant du lundi 16 juillet, les autorités contrôlent déjà 90% du territoire de la province.

On poursuit la pacification des régions rebelles restantes avec une aide active des officiers russes. Dans le cadre d'un accord visant à régler la situation dans la ville de Deraa, centre administratif de la province, plus de 400 combattants et membres de leurs familles ont été évacués il y a trois jours vers le nord de la Syrie.

La situation humanitaire dans la province de Deraa s'est également améliorée. Les militaires russes poursuivent la distribution d'aide humanitaire aux plus démunis, et les médecins russes dispensent des soins à la population locale. Il y a quelques jours, un convoi commun de l'Onu, du Comité international de la Croix-Rouge et de la Société syrienne du Croissant-Rouge a livré une aide alimentaire aux habitants de Nassyb et d'Umm al-Mayazine.

Les forces gouvernementales progressent également dans une autre province méridionale, Kuneitra, à proximité de la ligne de démarcation établie sur le plateau du Golan entre Israël et la Syrie en 1974.

Ce règlement rapide - et dans la plupart des cas sans effusion de sang - de la situation au sud de la Syrie a démoralisé les chefs des groupes armés au nord du pays, dans la province d'Idleb. Ces derniers tentent frénétiquement de souder leurs rangs et de mobiliser des sympathisants parmi la population locale, ce qui ne porte pas toujours ses fruits. Les habitants de certaines localités sortent dans les rues pour contester l'arbitraire des extrémistes.

Ces bandes subissent également des pertes à cause de règlements de comptes intérieurs. Ainsi, le Front al-Nosra a récemment annoncé l'exécution du leader de la cellule de Daech à Idleb, qui avait organisé une série d'attaques contre les dirigeants du Front par le passé. Cet incident a provoqué de nouveaux assassinats des chefs du Front al-Nosra dans cette province.

Des informations font également état d'une grève générale dans la ville de Sarmin, où les habitants veulent forcer les combattants à se réconcilier avec les autorités pour mettre fin une fois pour toutes au chaos et aux menaces permanentes à la vie et à la santé des personnes qui se trouvent souvent sous le feu croisé des extrémistes.  

 

Sur le projet américain d'évacuer les "Casques blancs" de Syrie

 

On constate un développement intéressant de l'histoire des "Casques blancs", ces prétendus militants humanitaires qui ont vendu leur âme pour de l'argent et mènent des opérations de déstabilisation en Syrie, organisent des provocations et discréditent tout le mouvement humanitaire mondial.

A plusieurs reprises, nous avons attiré l'attention sur l'activité de cette organisation financée par des sponsors occidentaux. Les Casques blancs se trouvent derrière les provocations les plus retentissantes du conflit syrien: les mises en scène de l'utilisation prétendue d'armes chimiques par l'armée syrienne (le dernier incident de ce genre a eu lieu dans la ville de Douma le 7 avril 2018), les images truquées des "victimes" des bombardements des quartiers résidentiels, ou encore les fake news sur des hôpitaux prétendument détruits par l'aviation syrienne ou russe. Autrement dit, cette structure joue depuis des années - malheureusement, non sans succès - le rôle de force de frappe dans la guerre d'information menée non seulement contre la Syrie, mais aussi contre la Russie, voire contre toute la communauté internationale qui a choisi il y a longtemps la démocratie, les droits de l'homme et la liberté de la presse comme la base de son développement, et a renoncé aux provocations - en tout cas, elle vote exactement pour cela.   

On ne peut pas ignorer le professionnalisme des auteurs du projet des Casques blancs (ce sont des personnes talentueuses, mais très cyniques), qui s'est avéré assez efficace en matière d'influence sur l'opinion publique occidentale et de certains pays de la région. Son principal défaut est que les dirigeants des Casques blancs, choisis par leurs sponsors étrangers, sont étroitement liés aux terroristes, notamment au Front al-Nosra. On a repéré sur les réseaux sociaux des images activement partagées de militants des Casques blancs donnant l'accolade aux combattants du Front al-Nosra, et des vidéos indiquant que certains de ces "activistes civils" avaient directement participé au meurtre des soldats de l'armée syrienne.

Il y a une semaine, des sources différentes ont annoncé que compte tenu du développement de la situation sur le terrain, certains membres de la coalition menée par les États-Unis élaboraient des plans pour évacuer un millier d'activistes des Casques blancs prétendument menacés par les autorités, qui élargissent progressivement leur contrôle sur tout le territoire de la Syrie.

Cette position de nos partenaires occidentaux ne nous surprend pas. Il ne s'agit visiblement pas des membres ordinaires des Casques blancs qui ont servi de couverture à ce projet et ont donné de lui une image respectable, mais des leaders et des militants qui pourraient être au courant des opérations secrètes de guerre d'information. Ce sont ces serviteurs sales qui ont reçu des tickets pour le train en partance de l'ingérence occidentale dans les affaires intérieures de la Syrie souveraine. Qui sait, ces experts expérimentés en provocations, en fake news et en mises en scène pourraient probablement s'avérer utiles ailleurs, dans un autre contexte.   

Il faut également mentionner qu'il s'agit de citoyens syriens qu'on envisage d'évacuer du pays malgré l'amnistie annoncée par les autorités. Au moment où le contexte devient favorable au retour des Syriens chez eux, on forme en Syrie un nouveau groupe d'un millier de réfugiés qui devraient être transférés aux États-Unis ou dans les pays européens. Ne risque-t-on pas de provoquer ainsi une nouvelle hausse de l'émigration de Syrie? Est-ce que les auteurs de ce projet sont sûrs que les listes des personnes évacuées ne contiennent aucun terroriste? Où se trouveront ces personnes dans quelques mois? Quels ordres suivront-elles? Toutes ces questions évidentes pour les experts touchent non seulement aux États qui envisagent d'évacuer les Casques blancs, mais aussi à la sécurité globale. Nous avons déjà constaté dans la région de telles opérations de transfert de personnes impliquées dans des provocations payées et dans des crimes. En règle générale, ces dernières restaient pourtant dans la région. Aujourd'hui, on veut les envoyer vers un autre continent, en Europe.

Nous appelons nos partenaires occidentaux à réfléchir aux questions que nous avons posées, et à agir en conformité avec le droit international, en respectant la souveraineté de l'État syrien et en se gardant de créer des problèmes supplémentaires pour eux-mêmes et pour les autres.   

Le problème de l'évacuation des Casques blancs est en réalité beaucoup plus aigu qu'il n'y paraît. Je peux dire aujourd'hui que les organisations internationales en ont été saisies. On a récemment constaté l'arrivée d'un convoi de voitures appartenant aux Casques blancs à Idleb. Ces automobiles transportaient des moyens de protection individuelle, des missiles et leurs composants, ainsi que plusieurs chimistes. Ensuite, ce convoi a repris son chemin. On n'exclut pas que ces "souvenirs" débarqués à Idleb par les Casques blancs puissent être utilisés plus tard, après l'annonce de l'évacuation de ces "militants humanitaires" de la région. Tout est possible: une provocation de grande envergure ou de nouvelles accusations contre les autorités qui commencent à maîtriser la situation.

Je voudrais souligner encore une fois que toutes ces informations que je viens de mentionner de manière résumée, sans donner de détails pour des raisons de sécurité, ont été transmises avec toutes les précisions nécessaires aux organisations internationales spécialisées.

 

Sur le problème des réfugiés syriens

 

On peut dire que dans l'ensemble, la victoire stratégique sur le terrorisme en Syrie a été remportée. La stabilité se rétablit dans la majeure partie du pays, et on réunit les conditions nécessaires pour le lancement d'un travail sérieux et de grande envergure visant à surmonter l'une des répercussions les plus graves du conflit syrien: le problème des réfugiés et des personnes déplacées. Selon les estimations de l'Onu, près de 7 millions de réfugiés syriens se trouvent hors du pays, notamment au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Irak, en Égypte et dans les pays européens.

Le Gouvernement syrien a adressé le 3 juillet à Damas un message officiel aux ressortissants syriens qui avaient été contraints de quitter le pays à cause de la guerre et de l'agression terroriste. Les autorités les ont appelés à revenir chez eux en leur promettant que leur sécurité serait garantie et qu'ils ne souffriraient pas de discrimination.

Dans tous les cas, il est absolument clair qu'un retour volontaire et digne des Syriens dans leur pays nécessite la reconstruction des sites cruciaux de l'infrastructure économique et sociale, ainsi que la création de nouveaux emplois. Le rétablissement du pays exigera beaucoup d'efforts.

Tout le monde comprend qu'il sera difficile pour le Gouvernement syrien de résoudre à lui seul toutes ces questions de grande envergure. Une aide internationale est aujourd'hui plus nécessaire que jamais. Le concours au retour le plus rapide possible des millions de Syriens pourrait écrire une nouvelle page du règlement rapide et durable de la situation en Syrie sur une base collective. Damas a déjà entrepris des initiatives concrètes dans ce domaine en coopération avec les autorités libanaises. On établit les listes des personnes qui souhaitent revenir en Syrie et dont les premiers groupes ont déjà traversé la frontière du côté du Liban. 

Nous considérons les efforts consolidés pour le retour des réfugiés et le rétablissement social et économique de la Syrie comme un élément nécessaire de l'élimination définitive de Daech et d'autres organisations terroristes, ainsi que des raisons de la propagation de l'idéologie terroriste et extrémiste dans ce pays. 

Nous saluons toutes les initiatives de la communauté internationale visant à offrir une aide pratique à la Syrie et à son peuple, à régler le plus rapidement possible la situation dans ce pays sur la base solide du droit international et notamment de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'Onu.

Nous accordons également une attention particulière à la question des réfugiés dans le cadre des préparatifs de la 10e rencontre du "format d'Astana" pour le règlement en Syrie, qui se déroulera du 30 au 31 juillet à Sotchi. Nous avons invité Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, à prendre part à cet événement. Parallèlement, les militaires russes entreprennent des efforts actifs sur le terrain afin d'offrir une aide humanitaire à la population syrienne, notamment aux personnes déplacées qui arrivent dans les régions libérées des terroristes, tout en procédant à des opérations de déminage.

Le rétablissement d'une activité économique normale en Syrie est primordial pour une résolution efficace du problème des réfugiés. Le règlement de la situation dans le sud-ouest du pays crée les perspectives nécessaires pour la réouverture des autoroutes internationales qui relient Damas à Amman et Bagdad.

Nous appelons la communauté internationale à lever les sanctions économiques et financières introduites contre la Syrie, qui bloquent même les livraisons d'aliments et de médicaments dans le pays. Ces mesures négatives vont à l'encontre des intérêts du peuple syrien, bloquent le rétablissement social et économique du pays et freinent donc le retour des réfugiés dans leur foyer.

 

Sur l'évolution de la situation à Gaza

 

Moscou salue les ententes obtenues grâce à la médiation de l’Égypte pour le rétablissement du cessez-le-feu entre Israël et les groupes palestiniens de Gaza après l'escalade militaire du 14 juillet. Rappelons qu'un échange massif de frappes avait tué deux adolescents palestiniens et blessé plus de 30 personnes. Côté israélien, on avait enregistré quatre blessés dans la ville de Sdérot.

Nous appelons régulièrement les Palestiniens et les Israéliens à faire preuve de retenue et à entreprendre des efforts visant à prévenir une nouvelle hausse des tensions qui pourrait se solder par des répercussions imprévisibles. Dans ce contexte, nous soulignons l'importance d'assurer le caractère strictement pacifique des contestations palestiniennes qui se déroulent à Gaza, ainsi que l'inadmissibilité du recours à la force par les Israéliens contre la population civile.

Outre la stabilisation de la situation, il est également crucial de lancer le plus rapidement possible le processus politique entre les Palestiniens et les Israéliens sur la base connue du droit international, car cela est absolument nécessaire pour assurer une paix solide au Moyen-Orient et notamment trouver des solutions durables pour Gaza.

 

Sur l'arrestation de la citoyenne russe Maria Boutina aux USA

 

C'est avec inquiétude que nous avons appris l'arrestation, ce 15 juillet aux USA, de la citoyenne russe Maria Boutina. A en juger par les informations publiées par le Ministère américain de la Justice, elle est accusée d'activité non enregistrée en tant qu'agent étranger.

Ces réclamations "tirées par les cheveux" vis-à-vis de notre compatriote paraissent pour le moins étranges. A ce que l'on sache, Maria Boutina se trouvait depuis longtemps aux USA où elle étudiait dans une université de Washington, sans se cacher.

On a l'impression que le FBI, au lieu de remplir son rôle premier - combattre le crime - travaille franchement sur ordre politique. Selon nous, ce dernier émane des forces qui continuent d'attiser l'hystérie russophobe, et c'est pour cette raison que de faux scoops sur la prétendue "ingérence russe dans les processus électoraux intérieurs américains" apparaissent périodiquement.

Le 13 juillet, 12 Russes se trouvant en dehors des USA en ont été accusés – nous en avons déjà parlé. A présent, on formule des reproches insensés à Maria Boutina, qui a même été placée en détention.

On pourrait analyser cette situation sous toutes ses coutures. Nous avons l'impression que la mesure de détention a été spécialement choisie pour montrer au public américain intérieur, et à celui des alliés des USA, à quel point tout cela est sérieux. Les médias ont immédiatement commencé à parler d'elle comme d'une espionne, à l'assimiler aux services secrets, à attiser au maximum la situation sans avoir la moindre preuve.

Tout cela est arrivé juste avant le sommet bilatéral d'Helsinki avec l'objectif évident de minimiser l'effet positif de celui-ci - et ce dans les plus brefs délais. Le moment a tellement bien été choisi qu'on a l'impression que quelqu'un a pris une montre, une calculette et a défini quand il fallait prendre la décision d'arrêter Maria Boutina pour piétiner les résultats du sommet entre les Président russe Vladimir Poutine et du Président américain Donald Trump.

Voilà comment il est possible d'aborder ce thème: si un individu fait l'objet de réclamations (sachant que ce n'est pas une question de sécurité nationale), on peut toujours attirer l'attention des autorités russes. Surtout, cette histoire aurait pu être évoquée pendant la préparation du sommet, par exemple. Il était possible de transmettre l'information à la Russie, ainsi que de l'évoquer en marge du sommet ou de la mentionner d'une certaine manière pendant le sommet. Rien n'a été dit. Tout a été inventé uniquement et immédiatement après le sommet. Étant donné que les USA parlent de la Russie à chaque seconde, tous les médias attisent cette hystérie - et cet effet d'explosion d'une bombe a bien eu lieu.

De notre côté, nous prenons toutes les mesures possibles pour protéger les droits et les intérêts légitimes de la citoyenne russe. L'Ambassade de Russie à Washington est entrée en contact avec les autorités américaines et exige un entretien consulaire d'urgence avec Maria Boutina, qui doit nous être accordé.

Des insinuations et des désinformations sont immédiatement apparues sur les réseaux sociaux. On a commencé à chercher Maria Boutina sur les photographies des rencontres russo-américaines de ces deux dernières années.

 

Sur l'évolution de la situation autour des incidents de Salisbury et d'Amesbury

 

Le thème de l'évolution de la situation autour des incidents de Salisbury et d'Amesbury est devenu tout aussi traditionnel pour nos conférences de presse que le thé de cinq heures dans les meilleures maisons de Londres. De semaine en semaine, l'intérêt pour ce sujet n'est pas réchauffé par la découverte de preuves et d'informations, ni par la publication de versions ou par la recherche des criminels, mais par les désinformations, les fuites et les fakes qui paraissent dans les médias manifestement afin de donner l'impression d'un travail et d'une activité intenses pour élucider ces crimes - mais en réalité pour détourner l'attention des médias et du public.

Je pense que c'est la première fois que je vois autant d'absurdités et de fakes publiés par les médias britanniques sur une affaire. Qui plus est, il s'agit de désinformations qui sont présentées comme des fuites des forces de l'ordre britanniques. D'ailleurs, nous ignorons s'il s'agit de fuites provenant des forces de l'ordre ou de la structure qui est précisément chargée de créer des fakes. Tout le monde s'exerce aux hypothèses et aux prévisions. Il est même possible d'établir un "classement des absurdités" à partir de ce que nous lisons dans les médias britanniques. Malheureusement, ces articles influencent l'avis des lecteurs, impactent la perception publique des événements et font partie de la campagne propagandiste qui a commencé après le fameux discours de la Première ministre britannique Theresa May au Parlement avec un éventail d'accusations infondées et d'insultes vis-à-vis de notre pays. C'est pourquoi nous ne pouvons pas les ignorer. Nous avons constaté que des médias américains rejoignaient également ce "classement". Par exemple, on pourrait attribuer une place à part à l'article du New York Times publié à la veille du sommet Russie-USA. La raison pour laquelle cet article concernant Salisbury et Amesbury est paru dans le New York Times juste avant le sommet est évidente. Souvenez-vous de ce que Theresa May a dit avant le sommet: elle a appelé les USA à inscrire ce thème à l'agenda bilatéral. Comme sur ordre, le New York Times attire l'attention du public américain sur ce thème, mais de manière complètement absurde. Par exemple, l'auteur de cet article (je suis obligée de dire que c'est un article, mais je répète que c'est une absurdité) parle de la culpabilité de la GRU (direction du renseignement militaire). L'article dit directement que le renseignement militaire russe, "celui dont les agents sont accusés d'ingérence dans l'élection américaine", serait probablement responsable aussi de l'empoisonnement de Salisbury. Nous avons cessé de nous étonner de ces accusations, tout est écrit dans les meilleures traditions du journalisme occidental classique (je le dis parce qu'aucune preuve n'est citée, ce sont des jugements qui ne s'appuient sur aucun fait).

L'information selon laquelle la GRU (direction générale des renseignements de l’État-major des Forces armées de la Fédération de Russie) serait suspectée, ou, comme l'indique l'article, ses "ramifications privatisées", est présentée en faisant référence (c'est un point très important) à un Britannique et deux Américains, dont l'un serait un "responsable américain à la retraite au courant de l'enquête". Autrement dit, les Britanniques donnent des informations sur une question internationale aussi sensible et étatique, premièrement, à des services secrets étrangers et, deuxièmement, à des particuliers, s'il est question d'un prétendu "ancien responsable". En d'autres termes, ce n'est pas un échange de renseignements, mais des fuites. Et tout cela à la veille du sommet Russie-USA. C'est du beau travail!

Le New York Times n'accorde que deux paragraphes à la nouvelle enquête, mais ces derniers sont dépourvus de tout sérieux et de la moindre analyse. Je répète pourquoi tout cela est fait: Theresa May voulait inclure le thème de Salisbury-Amesbury à l'ordre du jour bilatéral. D'une manière ou d'une autre, cela a été fait via les médias américains car ce sujet a commencé à circuler dans les médias juste avant le sommet.

Probablement conscient de publier des informations non vérifiées, le journal a pris des précautions en déclarant que d'autres services secrets russes ou même des agents non gouvernementaux auraient pu organiser l'empoisonnement.

Cette nouvelle absurdité, et surtout cet article qui a été publié se basant sur des fuites et des références à la veille du sommet, montre que tout cela fait partie d'un grand jeu de provocation. Tout le monde passe sous silence les faits réels. Je vais les rappeler. Souvenez-vous: pendant une conférence de presse nous avons suggéré, par exemple, de vérifier les comptes du laboratoire de Porton Down. C'était une requête rhétorique, mais quelqu'un a réagi. Analysons les faits réels. J'ignore le lien, je n'ai pas le droit de tirer des conclusions, je vois simplement des faits que je souhaite énoncer.

Ainsi, certains représentants de la communauté médiatique britannique, des réseaux sociaux et des micro-blogs ont décidé de suivre cette voie - j'en ignore la raison. Le rapport d'audit annuel pour 2016-2017 du laboratoire de Porton Down (d'ailleurs, ce document très intéressant est paru dans l'espace médiatique) contient des informations sur sa "situation financière instable" et sur plusieurs incidents qui ont eu lieu durant cette période. Je répète – 2016-2017. Selon ce document, les pertes liées à l'activité de l'établissement s'élèvent à 37 millions de livres, et le chiffre d'affaires de Porton Down a baissé pour passer de 612 à 587 millions de livres.

Puis sont cités des indicateurs financiers accablants, qui se sont forcément répercutés sur la situation financière des collaborateurs ordinaires de Porton Down, qui étaient 3 700 en 2017. Un laboratoire intéressant. On apprend dans ce rapport que l'indicateur du moral collectif et de la loyauté chutait depuis 5 ans. Ce niveau est calculé en pourcentage, tout cela est cité (lien du document: https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/621570/20170622-Dstl_ARAC_2016-17_FINAL_v1_0-O_WEB-OPTIMISED.pdf). On précise que la baisse de la loyauté des collaborateurs ordinaires s'explique par la baisse de leur salaire, qui s'est accompagnée d'un important roulement de cadres et par l'embauche d'intérimaires (c'est intéressant). Ce sont des faits. Si ce n'est le pas cas, s'il vous plaît, nous attendons un démenti de Porton Down. Il est question des chiffres concernant le recrutement d'intérimaires. Les collaborateurs ordinaires étaient également irrités de voir que leur salaire était inférieur à celui de la direction de la compagnie (indique le document). D'autres conclusions sont également tirées.

Le document note également que pendant la période comptable 2016-2017, le service de sécurité de Porton Down a enregistré 61 incidents. Voilà pour les questions de sécurité. Je vous suggère d'analyser vous-mêmes ce dont il s'agit concrètement.

Immédiatement après cette histoire à Salisbury, en l'espace de quelques jours, a été faite une déclaration du Ministre britannique de la Défense Gavin Williamson concernant la nécessité d'allouer au laboratoire chimique 48 millions de livres supplémentaires pour faire face aux "nouvelles menaces chimiques, biologiques, radioactives et nucléaires".

Tout ce qui s'est passé à Porton Down historiquement (nous avons déjà publié les notes historiques) et ce qui se passe aujourd'hui pourrait facilement intéresser de nombreux réalisateurs et auteurs de thrillers et de polars. Pourquoi tout cela n'intéresse pas les médias ni le public? Pour le public, on peut comprendre, mais les médias n'en parlent tout simplement pas.

Nous avons déjà parlé de la mort de plusieurs collaborateurs de ce laboratoire dans des circonstances pour le moins étranges et non élucidées ces vingt dernières années. Nous avons parlé de la mort étrange du microbiologiste soviétique, ancien directeur de l'Institut de Saint-Pétersbourg des bioproduits purs Vladimir Passetchnik, de l'expert en armes chimiques David Kelly et de Paul Norman, qui occupait à Porton Down le poste de David Kelly après sa mort. Nous avons parlé du chercheur en chef Richard Holmes. A son propos, nous avons découvert des faits étonnants et passionnants, je le souligne, dans des sources ouvertes (par exemple dans l'article de la BBC du 9 octobre 2013 https://www.bbc.com/news/uk-england-wiltshire-24457389). Peu sont ceux qui s'intéressent à toutes ces informations aujourd'hui. Personne ne voit les faits. Selon l'enquête, Richard Holmes a dû démissionner de Porton Down à cause d'une affaire disciplinaire le visant car il aurait prétendument oppressé d'autres collaborateurs. Il comptait également porter plainte contre le laboratoire. Après sa démission (attention, c'est une information très intéressante) il a tenté de se faire embaucher au poste de technicien de surface à l'hôpital régional de Salisbury où les Skripal ont ensuite été admis. Plus on avance, et plus c'est intéressant! Mais le fait est qu'on détourne constamment notre attention. Dès que nous parlons de faits qui ont été publiés et n'ont pas été réfutés, on nous dit que c'est de la propagande russe et que nous avons présenté encore 25 versions des faits. Nous n'avons formulé aucune version parce que nous n'avons pas le droit de le faire. Nous citons simplement les faits qui ont été publiés au Royaume-Uni bien avant 2018. Pourquoi un grand spécialiste du laboratoire, bien payé et prometteur, a voulu aller travailler en tant que technicien de surface – c'est un grand mystère (je répète qu'il voulait le faire à l'hôpital régional de Salisbury). Quoi qu'il en soit, selon les rapports de police, Richard Holmes s'est suicidé en buvant de l'antigel, alors qu'avant cela (selon les articles des médias que nous avons trouvés) il avait dit à sa femme de ne pas s'inquiéter qu'il fasse "quelque chose de stupide". Les journalistes ont beaucoup parlé de coïncidences étranges autour des morts de Richard Holmes et de David Kelly. Voilà pour ce qui est d'être "plus près des faits". Après tout, Sergueï Skripal, qui est arrivé en parfaite santé sur le territoire du Royaume-Uni, a précisément choisi une maison à Salisbury, à quelques kilomètres du laboratoire de Porton Down. Je sais qu'il existe de nombreux endroits très agréables où vivre dans ce pays, et ils ne se trouvent pas tous à proximité d'un laboratoire avec une telle histoire.

 

Sur la section consacrée à la Russie dans le rapport du Ministère britannique des Affaires étrangères sur le respect des droits de l'homme dans le monde

 

La section consacrée à la Russie dans le rapport sur la situation des droits de l'homme dans le monde publié récemment par le Ministère britannique des Affaires étrangères, présente les mêmes défauts que les textes précédents. On constate encore une fois des estimations sélectives et stéréotypées, une volonté d'ignorer les réalités et la vision "deux poids, deux mesures" tant appréciée à Londres et dans certaines autres capitales occidentales.

Franchement, ce texte est si tendancieux, politisé, et, selon nous, altéré pour correspondre à la russophobie dominante de l'establishment britannique officiel, qu'il ne nécessite pas vraiment nos commentaires détaillés - même si on nous a demandé de le faire.

Il faut pourtant souligner une chose importante. Les autorités britanniques continuent de donner des leçons de démocratie à d'autres États, mais occultent en même temps la situation déplorable dans ce domaine dans leur propre pays. Ils connaissent en effet beaucoup de problèmes. En même temps, les tentatives d'élucider et de donner une estimation à de nombreuses violations des droits de l'homme sont souvent noyées dans les manipulations politiques.

Nous souhaitons sincèrement à nos collègues britanniques de faire preuve de plus d'autocritique et de tourner leurs regards sur la nécessité d'un combat efficace contre le néonazisme qui se renforce en Ukraine et en UE sur le terrain propice du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie, de l'intolérance envers les immigrés et la dissidence, de l'islamophobie et de la violation des droits des minorités nationales ou ethniques.

 

Sur la situation sécuritaire au Pakistan à l'approche des élections législatives

 

Nous sommes préoccupés par la hausse de l'activité terroriste au Pakistan. Les actions des extrémistes visent apparemment à déstabiliser la situation avant les élections générales qui devraient se dérouler le 25 juillet. Le 10 juillet, un attentat suicide a tué 22 personnes à Peshawar, parmi lesquelles Haroon Bilour, candidat du Parti national Awami. Le 13 juillet, 4 personnes sont mortes à Bannu à cause d'une explosion survenue près du convoi d'Akram Khan Durrani, candidat du mouvement clérical Muttahida Majlis-e-Amal. Le même jour, on a également enregistré un attentat lors d'un rassemblement de partisans du Parti baloutche Awami à Mastung. Bilan: près de 130 morts, y compris un candidat du parti Siraj Raisani.

Nous condamnons résolument ces actes sanglants des terroristes, qui n'ont rien à voir avec les valeurs islamiques et sont absolument injustifiables. Nous soutenons les mesures entreprises par cet État en matière de renforcement de la sécurité, notamment sa décision d'impliquer les militaires dans la protection des bureaux de vote et des événements électoraux.

 

Sur la Stratégie globale de lutte contre la menace des drogues opiacées

 

Les Actions stratégiques pour répondre à la menace mondiale des opiacés, annoncées par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), visent à consolider les efforts de tous les États et de toutes les organisations dans le contexte de la hausse sans précédent de la production d'opiacés en Afghanistan, et à créer une base universelle de coopération internationale.

Cette stratégie prévoit le renforcement du potentiel des forces de l'ordre, la réduction de la demande en drogues, des actions analytiques, l'aide au développement alternatif et l'encouragement des sponsors afin de rétablir le financement des projets antidrogues en Afghanistan et dans les pays limitrophes.

La Russie est surtout préoccupée par la menace de drogue afghane et son lien de plus en plus étroit avec le terrorisme. L'Afghanistan reste le plus grand producteur de drogues au monde. La surface cultivée du pavot à opium a augmenté de 63% en 2017, alors que la production d'opium a progressé de 87%. Le nombre de personnes impliquées dans l'économie des stupéfiants est près de deux fois supérieur aux effectifs des structures de force afghanes.

Nous espérons que la nouvelle stratégie de l'ONUDC permettra de faire revenir le problème des stupéfiants afghans au centre de l'agenda international. Il faut unir les efforts de toute la communauté internationale et assurer une approche responsable des autorités afghanes de la lutte contre la culture et la production des opiacés. De notre côté, nous confirmons notre volonté de prolonger notre aide à l'Afghanistan et à d'autres pays de la région en matière de formation de la police antidrogue.

 

Sur le propos du Premier Ministre macédonien Zoran Zaev

 

Les propos du Premier Ministre macédonien Zoran Zaev, qui affirme que certains hommes d'affaires prorusses financeraient la contestation antigouvernementale en République de Macédoine en raison de l'accord obtenu avec la Grèce sur le changement de nom du pays pour "République de Macédoine du Nord", nous laissent franchement perplexes.

Il s'agit de nouvelles accusations infondées contre Moscou visant à renforcer l'hystérie antirusse. On ne verra évidemment aucune preuve justifiant les propos de Zoran Zaev. Sinon, on les aurait déjà présentées. En même temps, les pays occidentaux s'ingèrent ouvertement dans les affaires macédoniennes, ce qui est visiblement parfaitement normal de leur point de vue.  

Au lieu de respecter les normes de la législation macédonienne et du droit international, la coalition au pouvoir à Skopje se limite traditionnellement à la "carte antirusse" qui constitue pour elle un moyen de lutte politique intérieure et - malheureusement - d'intimidation de la population.

La Fédération de Russie s'est toujours prononcée pour que Skopje et Athènes signent un accord mutuellement acceptable sur le nom du pays sans aucune pression extérieure ni délais artificiels imposés, qui refléterait la volonté des deux peuples et s'appuierait sur un large consensus public et une base constitutionnelle et juridique impeccable. Cela n'a pas été le cas. L'accord obtenu s'est soldé par une scission sociale profonde en Grèce et en République de Macédoine. Tout cela est bien loin des intérêts du renforcement de la paix et de la sécurité dans les Balkans et ne constitue qu'un moyen d'adhésion accélérée de la République de macédoine à l'Otan.    

 

Sur la transgression de la législation russe par des collaborateurs du magazine allemand Stern

 

Les cas d'infraction de la législation russe par des journalistes étrangers sont de plus en plus fréquents. Croyez-moi, ils sont très nombreux. Nous n'en faisons pas toute une histoire, nous essayons de régler ces situations dans une atmosphère de travail soit avec les journalistes, soit en transmettant les informations appropriées à l'ambassade du pays représenté par tel ou tel journaliste. Malheureusement, il existe des tendances générales que je me dois d'évoquer.

Je voudrais attirer votre attention sur la nécessité d'obtenir les autorisations appropriées pour effectuer des enregistrements sur le territoire russe à l'aide de drones. Ce n'est pas une invention russe: c'est la pratique internationale. Chaque pays a sa propre réglementation concernant l'utilisation de drones. Nous en avons également une.

L'un des derniers cas d'infraction a été l'utilisation non autorisée d'un drone par les journalistes du magazine allemand Stern pour enregistrer des vues panoramiques autour du stade de football Mordovia Arena à Saransk. Malheureusement, l'absence d'autorisation de tournage a conduit à la saisie de l'équipement coûteux et à une amende administrative.

Nous comprenons parfaitement que les journalistes tiennent à filmer de belles images, à faire des reportages marquants, à capter des images de qualité des curiosités russes et des sites sportifs importants, des édifices. Mais, pour éviter de tels incidents, nous vous prions de respecter rigoureusement la législation russe.

Je voudrais dire que ce problème n'est pas propre aux correspondants étrangers en Russie: des journalistes russes sont parfois confrontés aux mêmes problèmes, malheureusement, quand ils transgressent la loi d'autres pays. De la même manière, nous recevons des notes diplomatiques de la part des représentants officiels des pays où des drones sont utilisés sans autorisation par des journalistes russes.

Je voudrais une nouvelle fois vous appeler à être très attentifs à ce sujet. Si des explications sont nécessaires, nous sommes prêts à vous les fournir individuellement, collectivement ou via l'association des correspondants étrangers. Je pense que pour vous, nous ferons une communication supplémentaire à ce sujet.

 

Sur les militaires ukrainiens soignés en Allemagne

 

Nous avons remarqué une vidéo publiée par la rédaction russe de Deutsche Welle au sujet de militaires ukrainiens soignés en Allemagne. A 0:50 min de la vidéo, on voit clairement l'un de ces "militaires" faire un salut nazi. Les utilisateurs russes, pour qui c'est inadmissible, l'ont remarqué. Nous avons reçu d'innombrables lettres, demandes sur les réseaux sociaux et autres courriers électroniques à ce sujet.

Nous avons été surpris de voir sous cette publication le commentaire de Deutsche Welle, qui note que "l'affirmation selon laquelle un salut nazi est présent sur cette vidéo est fausse". Nous voudrions savoir si une expertise a été faite? Sur quoi se base ce commentaire? Les participants à ce tournage ont-ils été interviewés? En s'appuyant sur quoi la rédaction russe de Deutsche Welle a fait ce commentaire public, après lequel nous avons constaté une vague d'indignation?

Nous parlons constamment de la montée en puissance du néonazisme en Ukraine. C'est devenu flagrant même pour ceux qui soutiennent inconditionnellement tout ce qui s'y passe. Pendant une récente conférence de presse, nous avons parlé d'un article publié fin juin sur le site de l'Atlantic Council intitulé "L'Ukraine a un sérieux problème avec les groupuscules d'extrême-droite". Je conseille à Deutsche Welle de le lire. Même le centre américain de politologie, qui promeut l'agenda atlantique moyennant de grandes sommes d'argent, ne peut plus nier l'évidence.

Mais Deutsche Welle le fait. Qui essayez-vous de tromper? Vous essayez de mentir à ceux qui ont vu ce geste de leurs propres yeux. Vous n'y arriverez pas.

Nous avons appelé à de nombreuses reprises les organisations internationales à prendre au sérieux notre préoccupation concernant la montée en puissance de l'extrême-droite et de l'antisémitisme en Ukraine, nous avons appelé Kiev à s'occuper de près de l'enquête sur les crimes nationalistes. Il existe une preuve factuelle concrète. Travaillons avec ça. Après tout, l'objectif ne consiste pas à présenter constamment l'Ukraine (le peuple) sous un mauvais jour. Ce n'est pas le but. Le fait est que ce même peuple va être pris en otage des nationalistes, et que la suite pourrait être pire.

Souvenez-vous des nombreuses attaques contre le Centre scientifique et culturel russe à Kiev. Qui les a commises: des humanitaires, des combattants pour les droits de l'homme, des journalistes? Cela a été fait par des nationalistes, et certains peuvent être qualifiés à raison de néonazis. Souvenez-vous des phrases, des déclarations, des commentaires, des affiches devant les établissements russes sur le territoire ukrainien (Odessa, Lvov). Souvenez-vous des tentatives d'incendier le centre culturel hongrois à Oujgorod.

Je voudrais une fois de plus attirer l'attention sur la montée en puissance du nationalisme en Ukraine, sur les sévices des nationalistes dans ce pays. J'appelle de nouveau les organisations internationales compétentes à donner une appréciation juridique appropriée à la situation. L'histoire nous enseigne qu'il est inadmissible et extrêmement dangereux de fermer les yeux sur la montée de ces phénomènes.

 

 Sur l'ouverture par la police fédérale australienne d'une enquête préliminaire visant Russia Today

 

Nous suivons attentivement la situation autour du lancement, par la police fédérale australienne, d'une enquête préliminaire visant la chaîne russe Russia Today, considérée comme un agent étranger supposé.

Il est question de la publication du journal The Australian rapportant que la police fédérale australienne mène une enquête préliminaire visant des individus et des organisations qui pourraient tomber sous le coup de la loi sur la lutte contre l'ingérence étrangère. Comme l'indique le quotidien, cette dernière se base sur l'"Acte sur l'enregistrement des agents étrangers" américain (FARA).

Nous suivons cette situation et attendons des informations directement de la part des experts. Nous ferons prochainement un commentaire détaillé à ce sujet. Si tous les dires de la presse se confirmaient, alors nous assisterions à un nouvel exemple de prétendue solidarité. Malheureusement, ce terme est déjà devenu un nom commun quand l'Australie a décidé de suivre les USA et le Royaume-Uni sur la voie de l'éviction des médias russes de l'espace médiatique mondial. Tout est fait selon les mêmes recettes. Nous savons parfaitement dans quel "centre" sont prises les décisions de lancer de telles campagnes et comment elles s'appliquent ensuite sur place. Je voudrais rappeler à tous ceux qui sont derrière ces décisions que Moscou se réserve le droit d'adopter des contremesures en cas de violation des droits des journalistes russes où que ce soit. A ce sujet, notre position est inchangée et cohérente. Je voudrais répéter que nous soutenons toujours la liberté d'expression, et que nous travaillons avec ceux qui nous critiquent. Nous ne le faisons pas en interdisant le travail ou en expulsant les médias, mais en fournissant davantage d'informations et grâce à une politique de plus grande transparence. Mais en l'occurrence, des mesures symétriques suivraient sans délai pour que tout le monde soit au courant et comprenne.

 

Sur la participation d'une délégation italienne à la cérémonie de commémoration consacrée au Héros de Russie Alexandre Prokhorenko

 

Les citoyens d'autres pays continuent d'exprimer leur solidarité avec la population russe et leur soutien aux actions des forces armées de notre pays dans la lutte contre les terroristes en Syrie. Je rappelle qu'en août 2017, dans la ville italienne de Vagli Sotto en Toscane, les autorités locales ont érigé un monument en marbre de 2 mètres de haut en hommage à l'acte héroïque du lieutenant Alexandre Prokhorenko, Héros de Russie, qui a été encerclé en mars 2016 par des terroristes de Daech et, ne voulant pas se rendre, a fait lancer une frappe aérienne sur sa position.

Cette initiative des citoyens italiens a été soutenue par l'armée italienne, notamment par l'Association nationale des parachutistes dont le commandement a décidé en 2016 d'attribuer pour la première fois aux cours de formation aéroportée le nom d'un citoyen étranger, Alexandre Prokhorenko, pour son courage exemplaire et son professionnalisme.

Pour témoigner leur respect à l'acte héroïque de l'officier russe, les autorités de Vagli Sotto, en coopération avec les organisations de vétérans du pays, ont avancé l'initiative d'organiser cette année une cérémonie pour transmettre aux autorités russes la copie du monument mentionné, ainsi que de l'insigne de l'Association nationale des parachutistes d'Italie créé en hommage à l'acte héroïque de l'officier russe. Cette cérémonie s'est tenue aujourd'hui, le 18 juillet, dans le Parc militaro-patriotique des forces armées russes Patriot avec la participation du vice-Ministre russe de la Défense Nikolaï Pankov, ainsi que d'une délégation italienne dont faisaient partie le maire de Vagli Sotto Mario Poullier et le président de la section de Rome de l'Association nationale des vétérans-parachutistes d'Italie Adrian Tokki.

La Russie tient en grande estime l'initiative de l'Italie. Tout le monde évoque la nécessité d'unir les efforts de tous les pays pour combattre le terrorisme. Cette cérémonie constitue précisément une manifestation de solidarité entre nos peuples et de contribution à la lutte contre ce mal mondial.

 

Réponses aux questions:

Question: Récemment, plusieurs comptes du média USA Really - une nouvelle agence de presse e début juin - ont été bloqués sur YouTube, Instagram, Twitter et d'autres réseaux sociaux.

Réponse: C'est un média de quel pays?

Question: USA Really est un projet de l'Agence fédérale des actualités (riafan.ru). On voudrait connaître la position du Ministère des Affaires étrangères à ce sujet et savoir comment il pourrait aider.

Réponse: Qui l'a bloqué?

Question: On suppose qu'il s'agit des autorités américaines.

Réponse: Y a-t-il des explications officielles, une correspondance, des requêtes et des réponses à ce sujet?

Question: Oui. Il y a des requêtes, et les plaintes sont en cours de préparation.

Réponse: Transmettez-nous, s'il vous plaît, la requête que vous avez envoyée à ceux qui ont agi ainsi, et sur quelles plateformes cela a été fait. S'il y a des réponses, nous soulèverons sans aucun doute cette question avec les autorités américaines et, évidemment, avec les organisations internationales. Il faut des motifs, des explications: quelle est la raison de ce blocage? Y a-t-il une décision de la cour? Est-ce lié à des questions de sécurité? S'il vous plaît, transmettez-nous ces informations, nous essaierons de comprendre avant de réagir.

Question: Je voudrais savoir si le département consulaire de l'Ambassade de Russie aux USA a pu avoir accès à Maria Boutina?

Réponse: Compte tenu du décalage horaire (car c'est seulement le matin aux USA), je peux seulement me référer aux informations d'hier et vous dire que, pour l'instant, la réponse est non. Mais nous allons être en contact avec notre Ambassade à Washington et nous mettrons à jour cette information. Si cette autorisation était accordée, nous vous tiendrions informés. Je répète que selon les informations d'hier, ce contact n'a pas encore eu lieu.

Question: Une question de CNN. Nous avons déjà entendu l'avis de Sergueï Lavrov à l'issue du sommet Russie-USA. Y a-t-il d'autres impressions et avis à ce sujet?

Réponse: Pour la Russie, le point de vue principal a été donné par le Président russe Vladimir Poutine pendant la conférence de presse conjointe à l'issue de la rencontre, puis dans une grande interview sur la chaîne Fox - et pas CNN, malheureusement. Difficile d'imaginer un avis plus détaillé. Beaucoup de choses ont été évoquées par Vladimir Poutine, ce qui a été pris en considération, des consignes appropriées ont été données et les diplomates commencent leur travail à l'issue de ce sommet sur les dossiers qui ont été définis et présentés pendant la conférence de presse conjointe.

Question: Pendant la conférence de presse, Donald Trump a dit que les USA remerciaient la Russie pour son aide dans la lutte contre Daech et le terrorisme. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Vous savez parfaitement que la lutte contre le terrorisme ne peut pas être diffusée en direct 24 heures sur 24. Ce sont des choses qui sont complètement confidentielles. Mais à l'issue d'opérations conjointes réussies ou d'un échange d'informations non confidentielles, elles étaient annoncées. Premièrement, vous vous souvenez que les services secrets américains avaient transmis à la Russie des informations qui s'étaient révélées cruciales pour empêcher un attentat. La même chose avait été entreprise il y a quelques années par les autorités russes, qui avaient transmis des indices et des faits importants aux Américains. Ils ne les utilisaient pas toujours, mais du côté russe il n'y a pas seulement des exemples, mais également une grande volonté de rendre ce travail global. Et nous sommes certainement toujours opposés au blocage des contacts en la matière.

Deuxièmement, il y a la Syrie où des activités militaires sont menées pour éliminer les terroristes, notamment de Daech. Les deux présidents en ont parlé. C'est un autre grand exemple montrant comment se déroule la coopération dans la lutte contre le terrorisme international et contre Daech en particulier. Même si elle n'est pas simple, pas comme nous le voudrions en théorie et pas comme nous pourrions en rêver, mais, d'une manière ou d'une autre, elle existe.

Question: Que pourrait-il changer dans la crise syrienne après le sommet Russie-USA?

Réponse: Tous les changements possibles ont été définis des deux côtés – ce qui pourrait être fait et ce qui est fait actuellement. Evidemment, c'est avant tout l'intensification de la lutte contre le terrorisme, la coordination des efforts. Je viens de dire que tout cela était en cours, mais il y a place à l'amélioration pour combiner les efforts, pour l'échange des informations et, évidemment, la coordination politique. Tous ces buts et objectifs ont été exprimés, nous avancerons dans le sens indiqué par les présidents, notamment par le Président russe Vladimir Poutine.

Question: Il y a un an notre chaîne Rudaw a interviewé Sergueï Lavrov. C'était le travail le plus important de ma vie et même, on peut dire, dans l'histoire du journalisme kurde. Je voulais simplement vous remercier une nouvelle fois au nom de notre chaîne pour cette interview. Merci!

Réponse: Je pense que ce n'est pas nous qu'il faut remercier, mais le destin. Vous savez ce que je veux dire. Mais à part nous pourrions raconter comment cette interview a été organisée. Il n'y a pas de secrets, mais peut-être pas dans ce format.

Question: L'Agence centrale de presse nord-coréenne rapporte que le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Igor Morgoulov s'est rendu à Pyongyang. Est-ce vrai?

Réponse: Il est question des consultations planifiées au niveau des ministères des Affaires étrangères.

Question: L'opération de sauvetage des écoliers thaïlandais de la grotte de Tham Luang s'est terminée avec succès la semaine dernière. La Russie y a-t-elle participé?

Réponse: Nous avons déjà dit que le Ministère russe des Situations d'urgence avait proposé son aide pour le déroulement de cette opération de sauvetage en Thaïlande. Cette contribution n'a finalement pas été nécessaire. Dans le même temps, pendant cette opération ont été utilisés notamment des hélicoptères de fabrication russe. Il est question des appareils construits dans les usines de la compagnie Hélicoptères de Russie. D'une manière ou d'une autre, nous sommes ravis d'avoir apporté ainsi notre contribution au sauvetage de la vie de 12 jeunes joueurs de football et leur entraîneur. Je voudrais souligner une nouvelle fois que l'aide directe avait également été proposée.

Question: La Banque mondiale a classé récemment l'économie russe à la 11e place de par le PIB, sachant que dans ses calculs elle a tenu compte des informations sur la Crimée et Sébastopol. Que pouvez-vous dire à ce sujet? Peut-on le considérer comme un changement d'attitude de la communauté internationale par rapport au statut de la Crimée?

Réponse: La prise en compte des indices économiques de la Crimée dans l'analyse du PIB de la Fédération de la Russie – c'est simplement un tribut à la réalité. Je pense qu'il est possible d'avoir des préférences politiques différentes, mais quand il est question des statistiques, qui plus est des indices économiques, il faut, évidemment, s'appuyer sur la réalité.

Pour la Russie cette question est close, comme cela été dit et commenté à plusieurs reprises. La Crimée est un territoire de la Fédération de la Russie, ce qui a déterminé par la décision des habitants de la Crimée pendant le référendum de 2014. Je voudrais répéter que nous savons parfaitement qu'il existe dans le monde des approches politiques différentes, notamment à ce sujet. De notre côté nous effectuons un travail visant à faire en sorte que cette question se rapproche d'une manière ou d'une autre de la réalité, et non des attentes de quelqu'un et des tentatives de faire revenir le passé. On ne peut pas revenir dans le passé.

Je répète: quand il est question des indices économiques, évidemment il faut tenir compte des données réelles, au lieu de s'appuyer sur la conjoncture politique.

Question: Le Ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan Kaïrat Abdrakhmanov a annoncé hier que le 5e Sommet de la mer Caspienne avec la participation de la Russie, de l'Azerbaïdjan, du Kazakhstan, du Turkménistan et de l'Iran se tiendra le 12 août. Quelles sont les attentes de la Russie? Comment voit la Russie la région de la mer Caspienne après l'adoption de la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne?

Réponse: Nous ne commentons pas les questions relatives aux sommets, pour cela existe le service de presse du chef de l'Etat, l'Administration présidentielle. Tout ce que je peux dire c'est que nous partons du principe que doit encore se tenir la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères, du moins c'est la situation à l'heure actuelle. En ce qui concerne le calendrier des réunions, nous vous informerons sur notre site ou pendant la prochaine conférence de presse.

Question: Plusieurs médias grecs qui s'intéressent à la situation dans les relations bilatérales rapportent que, soi-disant, avant la dernière crise concernant l'expulsion de diplomates russes le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aurait téléphoné à son homologue en le menaçant que la Russie suspendrait l'accord entre Athènes et Skopje au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies. Un tel appel a-t-il eu lieu? En plusieurs dizaines d'années de travail c'est la première campagne aussi massive de publications antirusses dans les médias grecs.

On rapporte également qu'il existerait une vidéo où des diplomates russes tenteraient de soudoyer des députés grecs pour qu'ils votent contre cet accord. Je voudrais entendre votre commentaire.

Réponse: En ce qui concerne la première partie de votre question, comme quoi Sergueï Lavrov aurait menacé son homologue grec, c'est complètement absurde, c'est des inepties. Etrange que les autorités grecs ne l'aient pas commenté quand cette information est apparue dans les médias grecs. C'est étonnant. C'est un non-sens, c'est absurde, trouvez n'importe quel synonyme grec à ces mots.

Je crois que nous avons déjà prouvé à plusieurs reprises que même dans les situations les plus difficiles survenant dans les relations bilatérales à l'initiative de pays tiers, nous restons toujours conscients du fait qu'il s'agit des destins de nos pays, des gens qui ne doivent pas devenir des otages des sales jeux dans lesquels les entraînent certains pays.

En l'occurrence il s'agissait d'un jeu en plusieurs étapes dans lequel a été impliquée la Grèce. Nous le savons. Je pense que beaucoup de journalistes grecs le savent et, qui plus est, les politiciens grecs. Nous savons parfaitement que la pression à laquelle était soumise la Grèce était très forte. Je peux dire clairement que je m'appuie sur des faits. Athènes a probablement réussi à résister aux premières vagues de cette pression. Il est notamment question de la situation quand ladite "solidarité" a été utilisée pour entraîner les pays dans une activité de provocation, notamment le Royaume-Uni.

Athènes n'était pas la seule capitale où a été prise tout de même la décision d'agir sur consigne. Nous savons ce qui a été fait avec ces capitales, pays et politiciens qui n'ont pas réagi aux agissements du Royaume-Uni et à la pression. Elle a durci, les représentants britanniques n'étaient pas les seuls à faire pression, les partenaires américains y participaient très activement.

Je répète que chaque pays, chaque gouvernement politique détermine à quel point il peut lutter contre l'influence extérieure. La situation est claire pour nous. La question est de savoir à quel point elle est claire en Grèce même. Je pense qu'à en juger par une série de publications il existe des preuves évidentes de cette pression. Tout le monde connaît également la main de l'homme qui a directement réalisé ce projet de confrontation entre Moscou et Athènes. Ce n'est pas ma tâche d'en parler en détail. Je pense que les journalistes peuvent tout à fait le faire eux-mêmes.

A notre avis, le peuple grec doit communiquer avec le peuple russe et ne pas souffrir des sales provocations comme celles, malheureusement, dans lesquelles a été impliqué Athènes. Evidemment, il est question de la politique. De telles choses ne restent pas sans conséquences, ne passent pas inaperçues. Malheureusement, tout cela ternit les relations bilatérales sans apporter quoi que ce soit de constructif.

En ce qui concerne la vidéo, regardons-la. Je ne peux pas commenter ce que je n'ai pas vu. Je n'ai pas la moindre idée de ce dont il s'agit.

Question: Les dernières publications de la presse grecque parlent de scénarios comme quoi la Russie s'apprêterait à réagir par une prétendue consigne du Ministère des Affaires étrangères pour que les touristes russes ne partent pas en Grèce. Est-ce possible, d'après vous?

Réponse: Je me permettrai en l'occurrence de donner mon avis personnel. En plusieurs années les Russes ont prouvé à tout le monde qu'ils étaient capables de décider eux-mêmes où ils veulent partir en vacances, où passer leurs congés, en fonction de leurs capacités financières, des opinions politiques, de l'implication ou, au contraire, de la réticence à être impliqués dans des problèmes politiques, et ainsi de suite. Les gens décideront eux-mêmes s'ils veulent partir ou non quelque part. En effet, nous donnons des recommandations en fonction de la situation dans les pays concernés en matière de sécurité, de menace terroriste, de situation épidémiologique, de banditisme. Je le dis pour ceux qui cherchent à inventer une histoire même à ce sujet. Ce sont des informations ouvertes publiées sur le site du Ministère des Affaires étrangères ou sur les sites des associations touristiques, etc. Les gens en Russie décideront eux-mêmes où ils passeront leurs congés, où ils veulent partir et ce qu'ils veulent faire.

Bien sûr, nous devons comprendre que quand des publications négatives font leur apparition, quand on entend des invectives de la part des personnalités politiques d'un certain pays, cela ne suscite aucune sympathie supplémentaire chez les Russes. Les gens ont appris à se repérer, ils lisent beaucoup, ils n'ont pas de limites pour obtenir l'information. L'espace de l'information est complètement ouvert chez nous. Ils lisent tous ces articles, ils voient tout ça. D'après la communication avec les gens je peux dire qu'ils sont fatigués des tentatives complètement infondées d'isoler notre pays, des tentatives incessantes de mener des guerres de sanctions. Ils voient à quel point tout cela est injustifié, injuste et à présent tout simplement fou. Ils savent parfaitement que l'expulsion de diplomates est une véritable campagne organisée. Je pense qu'en Grèce ils doivent également s'en souvenir. Pas besoin de menaces et de consignes. C'est tout simplement de la logique.

Question: Il a été rapporté que des sénateurs et des congressistes américains appellent Washington à organiser une réunion en convoquant la traductrice qui avait assisté au sommet d'Helsinki pour savoir ce que le Président américain Donald Trump a promis au Président russe Vladimir Poutine. Dans quelle mesure est-ce admissible, car les pourparlers se déroulaient entre les deux chefs d'Etat? Comment pourrait réagir la Russie si cela arrivait?

Réponse: Dans d'autres contextes nous avons entendu plusieurs fois, par exemple, des récits des réunions et des conversations au sommet quand le contenu des rencontres avec la participation des responsables russe était simplement déformé par les politiciens, parfois même par des chefs d'Etat. Nous avons toujours répondu à cela: nous n'avons pas de problèmes pour fournir des informations authentiques au sujet de telles ou telles rencontres. C'est déjà arrivé. De telles déclarations ont déjà été faites du côté russe, nous n'avons pas de problèmes avec ça. D'ailleurs, il y a déjà eu des tentatives d'inventer un contexte des rencontres qui n'existait pas. On m'a déjà demandé plusieurs fois au sujet du contenu des entretiens en marge du sommet, de telles insinuations ont déjà été faites. C'est au sujet de la culture politique aux Etats-Unis. Ils traversent actuellement une période difficile. Alors laissons-leur la possibilité de commenter de telles décisions et actions. Je répète, cela montre le niveau de leur culture politique.

Question: Je voudrais poser une question concernant la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie à Bruxelles. Dans le cadre des négociations ont été évoquées les démarches pour promouvoir le processus de paix dans le Haut-Karabakh. Je voudrais savoir, d'après vous, à quel point cette rencontre peut apporter et apportera une impulsion pour le processus de paix.

Réponse: Nous ne commentons pas les rencontres bilatérales se déroulant sans la participation de la Russie. Mais étant donné que la Russie est liée à ce thème (Groume de Minsk de l'OSCE, etc.), je me permettrai de dire que nous partons du principe que tous les contacts constructifs entrepris par les parties doivent contribuer à l'objectif principal, à savoir le règlement à part entière de ce problème.

Je voudrais souligner une nouvelle fois que les commentaires à l'issue de la rencontre, aussi productive, utile et prometteuse qu'elle soit, sont réservés aux participants directs. Nous saluons tout ce que les deux parties considèrent comme un pas vers le règlement total ou au moins la poursuite du dialogue.

Question: Le Président russe Vladimir Poutine a déclaré qu'il faudrait songer à faire en sorte que les supporters étrangers, qui ont assisté à la Coupe du monde de football, sont venus en Russie et détenaient le passeport du supporter, puissent se rendre dans le pays sans visa jusqu'à la fin de l'année. C'est une question pour le Ministère des Affaires étrangères, pour le service consulaire. Comment tout cela avance? Sait-on déjà quelles démarches doivent être accomplies, par exemple, par les supporters brésiliens ou portugais? Où faut-il s'adresser? Seulement ceux qui possèdent un passeport du supporter pourront venir ou leurs proches également?

Réponse: Je voudrais vous corriger, ce n'est pas uniquement une question du Ministère des Affaires étrangères et du service consulaire, mais interministérielle, étant donné qu'il ne s'agit pas d'un changement dans le régime de visa, mais d'une situation complètement extraordinaire, à savoir la prolongation de la durée de validité d'une pièce d'autorisation d'entrée qui n'est pas un visa ni un document confirmant la possession d'un statut sans visa.

Le Ministère russe du Sport a préparé un projet d'amendements à la loi fédérale n°108 du 7 juin 2013 sur la préparation et le déroulement en Fédération de Russie de la Coupe du monde de football de la FIFA 2018, de la Coupe des confédérations de la FIFA 2017 et des amendements à des actes législatifs de la Fédération de Russie, prévoyant la prolongation jusqu'à la fin de l'année 2018 du régime d'entrées multiples sans visa en Russie pour des citoyens étrangers détenteurs d'une carte personnalisée du spectateur du Mondial 2018. C'est une phrase complexe, mais cela signifie que le projet d'amendements à la loi réglementant ce secteur est préparé à présent.

Les questions relatives à l'entrée sans visa pour les détenteurs de la carte personnelle du spectateur, la vérification de l'authenticité des passeports du supporter, la réduction du risque d'une éventuelle migration illégale relèvent de la compétence du Ministère russe des Communications, du FSB et du Ministère russe de l'Intérieur.

L'extension du régime d'entrée sans visa aux proches et aux membres de famille des supporters n'est pas prévue. Dans le même temps, on analyse la possibilité d'instaurer un régime simplifié de délivrance de visa pour cette catégorie de citoyens en cas d'une requête personnelle des détenteurs de la carte personnalisée du spectateur. Autrement dit, ce qui a été déclaré par le Président russe Vladimir Poutine fait actuellement l'objet d'un travail interministériel actif. Je pense que prochainement seront présentés non seulement les détails du projet, mais également les décisions concrètes, parce que cela nécessite, évidemment, une base législative qui est élaborée actuellement.

Question: L'arrestation de Maria Boutina n'est pas un premier cas, qui plus est avant la rencontre entre les présidents de la Russie Vladimir Poutine et des USA Donald Trump les médias parlaient d'une éventuelle amnistie pour douze prétendus hackers arrêtés aux USA. Le Ministère des Affaires étrangères élabore-t-il des mécanismes réels pour défendre les droits de nos citoyens à l'étranger?

Réponse: Qu'entendez-vous pas "mécanismes réels"?

Question: Une aide pour les faire libérer de prison.

Réponse: L'aide est apportée au niveau de nos établissements consulaires, en apportant la contribution des avocats, des documents pour leur légalisation si c'est nécessaire dans la défense des droits des citoyens russes quand ils sont enfreints. Bien sûr, ce n'est que le sommet de l'iceberg. Je peux présenter des informations plus complètes à ce sujet.

Etant donné que vous avez mentionné à nouveau ce sujet, je vous propose d'imaginer pendant seulement trois secondes en couleur ce qui arriverait si, par exemple, quelque part en Russie, à Moscou, à Saint-Pétersbourg ou à Ekaterinbourg, une étudiante américaine possédant tous les documents était arrêtée, étudiant activement les relations internationale, respectant les lois, simplement parce que du point de vue des forces de l'ordre elle effectue une activité qui nécessite une licence, mais qui n'a pas été déclarée et dûment demandée. S'il était question d'une étudiante américaine sur le territoire russe, pouvez-vous imaginer l'ampleur de la campagne médiatique mondiale qui commencerait à ce sujet? Malheureusement, nous assistons à une situation absurde quand il n'est pas du tout question des aspects humanitaires et des droits de l'homme en principe, quand il faut simplement un prétexte pour attiser davantage la situation dans la lutte politique intérieure aux USA. On oublie tout – la dimension humanitaire, le statut d'étudiant, que la personne, à ce que l'on sache, n'avait pas de problèmes avec la loi, exerçait une activité liée aux études. Voici un peu de matière à réflexion.

 

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