5 juillet 201819:35

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 5 juillet 2018

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Sur la couverture de la Coupe du monde de football en Russie

 

La Coupe du monde de football continue de nous réjouir par ses batailles sportives hautes en couleur. Les experts et les supporters sont unanimes: les matchs sont effectivement spectaculaires. Je ne parle même pas de l'aspect culturel, des possibilités, pour les supporters, d'occuper leur temps libre en dehors des matchs. Une atmosphère fantastique règne non seulement à Moscou, mais également dans toutes les villes - tous ceux qui sont venus le disent sur les réseaux sociaux. Nous voyons que cette exaltation ressentie par les supporters est également relayée par les médias. Ce qui est forcément réjouissant. En effet, nous y accordons de l'attention parce qu'il y a eu beaucoup de désinformation. Ce n'est pas étonnant, parce que malgré toute la boue versée sur notre pays avant le Mondial, il est difficile d'inventer des fables à présent que tout le monde voit la réalité de ses propres yeux.

La campagne russophobe ne s'apaise pas pour autant. Aux avant-postes, malheureusement, se tiennent les médias britanniques qui relaient le plus grand nombre d'affabulations absurdes et complètement révoltantes en citant des politiciens britanniques. C'est horrible. Je ne parle pas de Boris Johnson, de ses prévisions, comparaisons et épithètes. La Première ministre britannique Theresa May s'est également distinguée en exprimant ses craintes quant à la sécurité des supporters britanniques en Russie. Elle ferait mieux de penser à la sécurité des citoyens britanniques sur le territoire de son pays. On ignore pourquoi elle s'inquiète pour nos supporters, ils vont très bien. Theresa May, ne vous inquiétez pas, vous pouvez venir et voir.

Nous lisons beaucoup de choses dans les médias britanniques. Récemment, le journal The Guardian a écrit que la Russie avait envoyé à la Première ministre Theresa May une nouvelle invitation au Mondial. Je voudrais attirer une nouvelle fois votre attention sur le commentaire du service de presse de notre Ambassade à Londres sur le fait qu'aucune invitation individuelle n'a été ni envoyée ni retirée aux politiciens britanniques pour le Mondial. Personne n'"attire" qui que ce soit. C'est un événement international qui se déroule régulièrement en étroite coopération avec l'organisation internationale compétente, c'est pourquoi personne n'invente de nouveaux formats, tout se déroule dans le cadre des engagements protocolaires et des traditions. Je m'adresse au Guardian: pas besoin de fantaisies. Nous sommes ravis de donner la possibilité à tout le monde de soutenir leur équipe, ce qui peut être confirmé par les chefs d’État et de gouvernement, des membres de cabinet de différents pays qui ont voulu soutenir leurs sportifs. Nous les accueillons très amicalement et avec hospitalité en créant toutes les conditions pour qu'ils se plongent effectivement dans cette atmosphère festive.

Il est regrettable que par leurs publications, les autorités et les médias britanniques ont de facto privé des milliers de supporters britanniques de la possibilité de venir, simplement en les intimidant. Même les sportifs britanniques ont subi ces intimidations. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, le joueur anglais d'origine jamaïcaine Reggae Boyz a déclaré qu'il ne comptait pas prendre sa famille à la Coupe du monde parce qu'il craignait le racisme et la violence à leur égard. Des communiqués ont été relayés par le Guardian indiquant qu'après avoir passé quelques semaines en Russie, le défenseur de l'équipe d'Angleterre avait complètement changé d'avis et était prêt à faire venir sa famille dans notre pays pour les matchs finaux de son équipe. Il est noté que le joueur "profite de l'atmosphère détendue" du Mondial. Comme nous l'avons dit, les mythes tomberont. Nous regrettons que suite à cette terrible campagne politique lancée par le gouvernement du Royaume-Uni, des milliers de supporters britanniques n'aient pas pu venir en Russie simplement parce qu'ils ont été intimidés par leurs propres politiciens.

Cela n'est pas propre seulement au Royaume-Uni. Les hauts responsables de Bruxelles et les médias de l'UE, malheureusement, diffusent également des clichés antirusses, des accusations dans l'esprit "Êtes-vous prêts pour un Mondial honteux?" et ainsi de suite. Je voudrais rappeler que c'est le titre d'un article paru en mars dans Politico. Le Parlement européen a même publié un "communiqué conjoint sur les événements sportifs et les droits de l'homme concernant l'ouverture de la Coupe du monde de football 2018 en Russie". Sans entrer dans les détails de ce document, je voudrais souligner de nouveau que ces forces qui développent la russophobie tentent de tout politiser, y compris le sport. Ils associent la Coupe du monde de football à la problématique des droits de l'homme. Tout cela est tellement abject qu'on s'étonne qu'en 2018 les gens ne comprennent pas à quel point tout cela est vraiment visible. Il est impossible de cacher cet engagement politique même derrière de tels documents.

Il y a eu beaucoup de désinformations. Souvenez-vous de la Suède. On a publié des instructions, notamment "ne pas converser au téléphone". Ces instructions étaient distribuées aux supporters suédois qui venaient ici. Je voudrais vraiment répondre qu'il ne faut pas juger les autres sur son propre exemple.

Pendant que les médias occidentaux tentent de lancer les dernières attaques dans l'esprit de la Guerre froide, la grande fête sportive bat son plein. Elle a rassemblé le monde entier et a montré que même les supporters irréconciliables prêts à défendre l'honneur de leur équipe, à la soutenir dans la joie et à compatir dans l'échec, étaient prêts et pouvaient être conviviaux, pouvaient partager cette atmosphère de fête avec les supporters d'autres équipes.

Nous sommes vraiment ravis que l'hospitalité nationale russe soit tenue en grande estime par les hôtes du Mondial. Il est précisément question de l'échelle nationale parce qu'absolument tout le monde, y compris les politiciens et les organisateurs de l'événement, les forces de l'ordre et les volontaires, les restaurateurs et les employés du secteur hôtelier, les simples supporters russes, les résidents et les citoyens, se sont unis pour rendre cette fête vraiment globale et pour que chaque personne venue en Russie se sente comme un hôte cher et attendu.

Il était agréable de lire le quotidien britannique The Independent qui a noté que "les craintes de bagarres entre les hooligans russes et anglais ne s'étaient pas confirmées". Qui en aurait douté. Car si cela n'avait pas été préalablement exacerbé en publiant des films spéciaux subventionnés sur les chaînes concernées, on n'en parlerait pas aujourd'hui. Certains voulaient vraiment que cette histoire devienne réalité. Nous le disions il y a un an et demi déjà. Mark Roberts, chef adjoint de la police du South Yorkshire, a parlé avant le match Angleterre-Belgique d'une "bonne atmosphère" et de l'"absence d'incidents" entre les différents groupes de supporters. Comme l'écrit The Independent, des cas isolés de violence ont été constatés entre les supporters anglais eux-mêmes.

Le journal argentin La Nacion a souligné que les "organisateurs avaient réussi à unir les fans dans le cadre de la fête générale du football". Cette tâche était effectivement difficile compte tenu de l'expérience passée des coupes du monde et d'autres grandes compétitions de football. C'est effectivement ce que nous parvenons à faire à l'heure actuelle. Le Financial Times a noté que la communication entre les fans russes et les supporters étrangers se déroulait dans une atmosphère d'"euphorie" et d'"enthousiasme". Ainsi, sans inciter et confronter intentionnellement les gens, sans les provoquer, il n'y a effectivement aucune raison que la tension monte. Le journal rapporte que cette communication humaine (people-to-people relations) montre que les relations entre la Russie et le reste du monde peuvent se distinguer significativement de la méfiance et de l'aversion inhérentes à la géopolitique.

Je voudrais m'adresser à tous ceux qui ont été trompés par ces fameux géopoliticiens et les médias occidentaux à travers les publications antirusses. Nous invitons tous ceux qui ne sont pas encore venus, qui n'ont pas eu le temps de profiter de l'opportunité de participer à cet événement étonnant et très marquant qu'est la Coupe du monde de football 2018 en Russie.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle de la Commission conjointe du Plan d'action global commun

 

Vendredi 6 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion ministérielle de la Commission conjointe du Plan d'action global commun en coordination avec Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

De notre côté, nous réaffirmons la disposition de la Russie à remplir ses engagements tant que les autres parties le feront, et nous ferons tout pour préserver et maintenir la stabilité du Plan d'action.

Nous avons l'intention de poursuivre le développement de notre coopération commerciale et économique avec l'Iran. Nous protégerons notre coopération avec l'Iran contre l'impact des sanctions extraterritoriales. Nous disposons des mécanismes nécessaires pour cela.

Demain, en marge de la réunion ministérielle de la Commission conjointe du Plan d'action global commun, deux réunions bilatérales du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sont prévues avec ses homologues, dont nous vous tiendrons informés.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

La situation en Syrie reste difficile.

L'opération de nettoyage du sud-ouest du pays des terroristes se poursuit. Elle combine le recours à la force contre les troupes de Daech et de Nosra, et les décisions prises dans le cadre des négociations et des accords conclus avec les groupes d'opposition armés qui ne veulent pas coopérer avec les terroristes ou les représentants des conseils locaux. Les militaires russes jouent un rôle considérable dans ce travail – aussi bien les officiers du Centre de réconciliation des belligérants que les unités de la police militaire russe qui jouissent du respect et de la confiance de la population. Aux anciens combattants il est suggéré soit de suivre la procédure de régulation du statut, soit de rejoindre les unités volontaires de l'armée syrienne pour servir sous contrat. Les combattants qui ont déposé les armes ne subissent aucune répression de la part du gouvernement.

La population des villes et des communes libérées des terroristes salue le rétablissement du contrôle du gouvernement par des manifestations spontanées, et lève les drapeaux syriens.

Les autorités de la Jordanie voisine, qui souhaitent le rétablissement au plus vite du fonctionnement normal de la frontière jordano-syrienne et l'ouverture de la circulation sur une autoroute internationale importante reliant Beyrouth, Damas et Amman, contribuent à la pacification.

Dans l'ensemble, la situation sur le terrain diffère fortement de l'image du sud-ouest de la Syrie présentée par les médias occidentaux engagés, qui utilisent les reportages tournés par les Casques blancs (après tout, ils sont payés!) et d'autres provocateurs. Nous sommes au courant de ces méthodes malhonnêtes de travail, qui ne visent pas du tout à apaiser les souffrances de la population mais, au contraire, à saper les efforts pour trouver des accords locaux et faire avancer le processus de paix. Tous les mensonges sont bons: les faux chiffres astronomiques de déplacés internes qui grandissent tous les jours soi-disant à cause de l'offensive des forces gouvernementales, l'hystérie concernant l'impossibilité d'envoyer à ce moment précis dans la zone des activités des convois humanitaires, les inventions comme quoi la Russie serait sortie des mémorandums sur la création de la zone de désescalade du sud et d'autres désinformations.

A cet égard, je voudrais souligner une nouvelle fois que le déroulement de l'opération antiterroriste n'est pas contraire aux conditions de mise en place de la zone de désescalade du sud, qui stipulent qu'il faut éliminer les terroristes dans cette région.

Malgré toutes les difficultés, une aide est apportée à la population de la province de Deraa par le gouvernement syrien, par les militaires russes et au niveau de l'Onu. Elle est précisément acheminée dans les communes où la trêve n'a pas encore été conclue.

En ce qui concerne les déplacés internes, il est parfaitement évident que là où l'armée syrienne doit faire face à la résistance armée des terroristes, une partie de la population civile quitte son lieu de résidence. Des couloirs humanitaires et des centres spéciaux de logement provisoire sont mis en place pour ces personnes – par exemple à Jabab, dans la province de Deraa, où l'on apporte une aide à 2 500 personnes.

On ne peut pas spéculer sur le problème des réfugiés et des déplacés internes. Il faut le régler et le faire en pratique. Ce 3 juillet, le Ministère des Affaires étrangères syrien, au nom du gouvernement, a lancé un appel aux citoyens du pays qui avaient dû quitter le pays.

En coordination avec les autorités libanaises, Damas entreprend déjà des démarches concrètes pour faciliter ce processus. Le 28 juin, près de 400 personnes sont revenues du Liban en Syrie. A l'heure actuelle, la liste de retour inclut plus de 3 000 personnes. C'est un chiffre bas mais réel, et il augmente constamment.

La tâche d'éradiquer définitivement le terrorisme sur le sol syrien est notamment compliquée par la présence militaire illégale et absolument injustifiée des USA dans la région d'al-Tanf, où ils ont créé une réserve pour des terroristes restants de Daech. Les autorités syriennes ne sont pas admises sur ce vaste territoire. L'accès humanitaire est fermé aux réfugiés qui sont de facto retenus en otage par les terroristes dans le camp de Roukban.

Si les partenaires occidentaux ont effectivement l'intention d'instaurer une paix durable sur le sol syrien, nous attendons de leur part des décisions appropriées pour assouplir le régime de restrictions unilatérales, et permettre d'acheter librement sur les marchés mondiaux les équipements nécessaires pour reconstruire le pays, des matériaux, de la nourriture, des médicaments et du carburant.

Il faudra réaliser des travaux colossaux pour le déminage humanitaire. Nous appelons nos partenaires internationaux à se joindre aux efforts en ce sens, ce qui contribuerait au retour sûr de dizaines de milliers de Syriens dans leur foyer, y compris ceux qui ont rejoint les pays occidentaux.

 

Sur l'appel au retour des réfugiés lancé par le gouvernement syrien

 

Ce 3 juillet, Damas a publié un communiqué officiel par lequel le gouvernement syrien appelle les citoyens qui avaient dû quitter le pays à cause de la guerre et de l'agression terroriste à revenir après que la plupart des régions ont été libérées des terroristes. Le communiqué réaffirme que le gouvernement syrien assume la responsabilité de la sécurité et de l'intouchabilité des citoyens, et garantit leurs besoins par le fonctionnement des écoles, des établissements médicaux et d'autres sites d'infrastructure sociale et économique. Dans le même temps, il souligne la nécessité d'une contribution des agences humanitaires et de la communauté internationale pour garantir les conditions d'un retour volontaire des citoyens syriens dans leur pays. A cet égard, il est mentionné que la Syrie attend de la communauté internationale et de ses agences compétentes la levée des restrictions unilatérales illégales imposées au peuple syrien.

Moscou salue ce communiqué, qui témoigne de la ferme disposition de Damas au rétablissement de l'unité de la Syrie et des Syriens, à la pacification et à la reconstruction.

La Russie continuera d'apporter son aide et son soutien à la Syrie, pays ami, notamment pour rétablir la vie pacifique, reconstruire les sites détruits, et réunir les conditions nécessaires pour le retour des réfugiés et des déplacés internes dans leur foyer.

Nous espérons que les membres de la communauté internationale, l'Onu et ses agences compétentes répondront à l'invitation de Damas et redoubleront d'efforts pour apporter une aide à la Syrie et à sa population pour créer des conditions favorables au retour volontaire et digne des réfugiés syriens dans le pays. Nous sommes prêts à une coopération étroite avec les partenaires.

Nous sommes certains que le retour des réfugiés syriens dans leur patrie contribuerait à la stabilisation de la situation aussi bien en Syrie même qu'au Moyen-Orient en général, à faciliter la situation financière, économique et à résoudre les difficultés sociales engendrées par ce problème dans beaucoup de pays - surtout les voisins de la Syrie.

La Russie ne reconnaît pas les sanctions antisyriennes unilatérales décrétées par plusieurs pays et associations interétatiques et les considère comme un sérieux obstacle sur la voie de l'éradication définitive de la menace terroriste en Syrie et du règlement politique dans ce pays basé sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Bilan de la présidence russe du Conseil de sécurité des Nations unies

 

Le mois de juin a été chargé avec 31 réunions, 8 résolutions adoptées, 3 déclarations du Président du Conseil de sécurité des Nations unies convenues et 6 communiqués de presse.

L'événement central du 25 juin, consacré à l'examen de la situation au Proche- et Moyen-Orient et en Afrique du Nord, a reçu des appréciations positives et a suscité un grand intérêt. La délégation russe y était présidée par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine. Dans plusieurs interventions a été soutenue la nécessité d'élaborer des décisions communes pour régler la crise dans la région. L'appel à créer une architecture commune de sécurité régionale basée sur les initiatives russes, y compris les mesures pour renforcer la sécurité dans le Golfe, a eu un bon écho.

Le thème le plus sensible était celui de la Syrie. La Russie a informé ses partenaires de la véritable situation dans le pays dans le contexte de l'opération pour y éliminer les éléments terroristes ainsi que de nos efforts et priorités dans le cadre du processus de paix et de l'aide humanitaire pour la Syrie. Nous insistions sur le danger de la restructuration illégale de l'activité de l'OIAC, à laquelle est désormais conférée la responsabilité de désigner les coupables d'usage de l'arme chimique. Nous avons focalisé l'attention sur le dossier du Proche-Orient, plus particulièrement sur la Palestine et le Yémen.

Grâce aux efforts russes, pour la première fois depuis longtemps il a été possible de mettre au point la déclaration du Président du Conseil de sécurité sur l'Ukraine confirmant que les Accords de Minsk étaient une base juridique internationale sans alternative pour le processus de paix.

Nous avons analysé en détail la situation en Afghanistan en mettant l'accent sur la lutte contre le terrorisme et la production de stupéfiants. Une contribution particulière a été apportée à la discussion par les rapporteurs invités par la Russie – Vladimir Voronkov et Iouri Fedotov, responsables des offices de l'Onu pour la lutte contre le terrorisme, la drogue et le crime.

Les menaces émanant du territoire afghan ont servi de toile de fond à la discussion sur la situation en Asie centrale. Ce dossier est supervisé de manière informelle par la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies. Nous regrettons de ne pas avoir réussi à adopter à nouveau un communiqué de presse du Conseil de sécurité des Nations unies en soutien au Centre régional pour la diplomatie préventive en Asie centrale à cause de la position politisée et préconçue des Américains qui ne veulent pas reconnaître la contribution significative de l'OTSC et de l'OCS au soutien de la paix et de la stabilité dans la région.

Bien évidemment, une grande partie des débats de juin a porté sur les dossiers africains – la situation en Centrafrique, au Darfour soudanais, au Soudan du Sud, au Mali.

Nous trouvons symbolique qu'en juin également a eu lieu la visite en Russie du Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres (20-21 juin), qui a rencontré le Président russe Vladimir Poutine et s'est entretenu avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une impulsion positive a été donnée à la coopération au Conseil de sécurité - et à l'Onu dans l'ensemble - par les activités de notre délégation à l'occasion de l'ouverture de la Coupe du monde de football en Russie. Cet événement symbolique a permis de montrer aux collègues du Conseil l'importance d'un véritable "jeu d'équipe" pour régler les questions sérieuses à l'ordre du jour. Vous vous souvenez probablement des images déjà légendaires de cette réunion où les représentants permanents des pays membres ont siégé au Conseil de sécurité en portant le maillot de leur équipe nationale.

Nous pensons que la délégation russe a dirigé avec succès le Conseil durant ce mois et que les tâches fixées ont été remplies dans l'ensemble. La justesse de notre ligne visant à surmonter les différends et l'orientation des partenaires à trouver des compromis a été confirmée. Nous espérons que les démarches engagées ce mois-ci, notamment sur les thèmes complexes comme la Syrie et l'Ukraine, contribueront au rétablissement du dialogue à part entière au Conseil de sécurité des Nations unies. La Russie en reprendra la présidence en septembre 2019.

 

Sur la situation autour des incidents chimiques de Salisbury et d'Amesbury

 

Nous recevons des dizaines, voire des centaines de demandes de commentaires concernant les incidents chimiques survenus à Salisbury et à Amesbury. Les médias ont publié des communiqués sur l'hospitalisation, à l'hôpital de Salisbury, de deux citoyens britanniques empoisonnés par une substance inconnue dans la ville voisine d'Amesbury. C'était l'information préliminaire. Cet incident est d'autant plus résonant qu'il s'est produit à proximité de Salisbury, où, il y a quatre mois, a été perpétré un attentat contre des citoyens russes, comme l'ont annoncé les autorités britanniques. Rappelons qu'à ce même endroit se trouve le laboratoire de Porton Down.

Les déclarations des représentants de la police et des médecins britanniques publiées dans les médias évoquent un éventuel empoisonnement par une "toxine" et la "similitude" des symptômes d'empoisonnement avec ceux des Skripal. Les échantillons de cette substance, indique-t-on, ont été transportés pour analyse au laboratoire chimique secret de Porton Down. Hier soir déjà, mercredi 4 juillet, le Conseiller du commissaire à l'antiterrorisme de la police de Londres Neil Basu, se référant au laboratoire de Porton Down, déclarait que "les deux victimes avaient été empoisonnées par la substance neuro-paralytique "Novitchok".

Que peut-on dire à ce sujet? Après l'enfer qui s'est abattu sur la Russie du côté de Londres, après la persécution internationale déclenchée par le gouvernement britannique contre notre pays et notre population au cours des derniers mois, beaucoup de choses pourraient être dites aujourd'hui.

On pourrait dire qu'à peine quatre mois après la publication du polar anglais "Mystère de Salisbury", sa "suite" est déjà sortie. Un second épisode, avec le fameux personnage "Novitchok". Mais je n'en parlerai pas.

On pourrait rappeler qu'à peine les fanfares du défilé militaire avaient-elle retenti pour la Journée des vétérans des forces armées britanniques, pendant laquelle la Première ministre britannique Theresa May a annoncé que le prochain défilé se déroulerait à Salisbury en soulignant que "le professionnalisme et le courage des forces armées britanniques lors de l'attaque avec une substance neuro-paralytique à Salisbury" étaient l'une des principales raisons de planifier l'événement dans cette ville, que quelques mois plus tard se produisait un nouvel empoisonnement, mais je n'en parlerai pas.

On pourrait demander aux autorités britanniques quand aura lieu le nouveau show de Theresa May et de son équipe au parlement, mais je ne le ferai pas non plus.

On pourrait demander si, cette fois Porton Down, renoncera à sa déposition sur ce nouveau cas? Vous vous souvenez, il y a quelques mois le Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, se référant à Porton Down, avait déclaré que le "Novitchok" qui aurait servi à empoisonner les Skripal aurait été fabriqué en Russie? Puis le laboratoire s'est rétracté en déclarant que ce n'était pas le cas, en désavouant les déclarations du Ministre britannique des Affaires étrangères. Le Foreign Office a dû supprimer les déclarations officielles à ce sujet sur les réseaux sociaux. La même situation se répète actuellement. Manifestement, Porton Down n'a pas fait de déclarations à ce sujet, mais il est officiellement et activement cité (sur le site officiel du laboratoire, la principale nouvelle reste un thème plus "terre-à-terre": l'étude d'une technique de lavage des pantalons). On pourrait se demander si, cette fois encore, Porton Down désavouera les déclarations qui lui sont attribuées. Mais je ne le ferai pas non plus.

On pourrait attirer l'attention sur le fait que Neil Basu a souligné l'"absence totale de preuves" expliquant comment l'une des victimes aurait visité le lieu d'empoisonnement des Skripal. De cette manière il a laissé entendre que les citoyens britanniques ne s'étaient pas empoisonnés accidentellement en se promenant à Salisbury, qu'il n'y aurait pas de lien entre ces deux incidents. Et immédiatement, jeudi 5 juillet, le Ministre britannique pour la Sécurité Ben Wallace a déclaré que le nouvel incident n'aurait pu se produire sans l'intervention de la Russie, que nous pouvions "combler de grands trous" dans l'enquête officielle de Londres sur le nouvel incident et "sécuriser les gens". Mais je ne le ferai pas.

On pourrait s'accrocher aux propos du ministre sur les "trous" qui sont en réalité très nombreux. Depuis le début de l'"affaire Skripal", la Russie a fait plusieurs fois part de sa disposition à mener une enquête conjointe avec les autorités britanniques. Cependant, c'est le gouvernement de Theresa May, dont Ben Wallace fait partie, qui a instamment refusé cette aide en martelant des propos concernant la prétendue "implication russe". Mais je ne le ferai pas aujourd'hui.

On pourrait supposer que les autorités britanniques ont cessé de contrôler la propagation de substances chimiques et rappeler comment Londres exigeait justement de Moscou de reconnaître qu'il en avait perdu le contrôle. Mais je ne le ferai pas aujourd'hui.

On pourrait énumérer des dizaines de versions qui ont été immédiatement diffusées par la presse britannique, même si Scotland Yard a demandé de ne pas avancer de versions par anticipation, de ne pas spéculer sur ce sujet. On pourrait rappeler comment le gouvernement britannique a accusé la Russie de propagande en citant les médias russes. Mais je ne le ferai pas aujourd'hui.

On pourrait poser au gouvernement de Theresa May une question qui, je pense, intéresse actuellement le monde entier: l'OIAC se chargera-t-elle de l'enquête sur le nouvel incident? Et je ne le ferai pas non plus aujourd'hui.

On pourrait souhaiter un bon repos au Ministre britannique de la Défense, si "fort", pour ses déclarations dures. Souvenez-vous, il y a quelques mois, il a grossièrement suggéré à la Russie de "s'écarter et se taire". Par analogie on pourrait lui proposer aujourd'hui de venir et d'expliquer pourquoi cela se produit tout de même. Mais je ne le ferai pas.

On pourrait citer des centaines de commentaires moqueurs des utilisateurs des réseaux sociaux britanniques qui disent que quatre mois après l'incident, s'avère-t-il, n'importe qui peut se procurer du "Novitchok" au Royaume-Uni. Et je ne le ferai pas non plus.

Beaucoup de choses pourraient être dites aujourd'hui. Par exemple, attirer l'attention sur le fait que, comme sur ordre, les médias britanniques ont commencé à relayer des communiqués que l'un des "empoisonnés" a trouvé une seringue avec des restes de "Novitchok"! Je voudrais rappeler que les spécialistes auraient parlé plus tôt d'une forte volatilité de "Novitchok". Et je ne le ferai pas aujourd'hui.

On pourrait demander pourquoi l'Otan garde le silence, et ce qu'en pense Jens Stoltenberg. Mais nous ne le ferons pas aujourd'hui.

On pourrait même attirer l'attention sur le fait qu'un nouvel empoisonnement s'est produit dans un endroit placé sous un contrôle particulier de la police, dont chaque mètre carré aurait été fouillé, pour lequel des millions de livres auraient été dépensés (a-t-on dit officiellement) pour la désinfection et les mesures spéciales de sécurité. Où fin juin, à seulement quelques jours des faits, sont venus le Prince Charles et son épouse, notamment pour stimuler le flux touristique qui avait chuté après l'incident avec les Skripal. Mais je n'ai pas l'intention d'en parler officiellement aujourd'hui.

Je ne ferai rien de tout cela même si aujourd'hui, effectivement, des déclarations officielles seront faites à ce sujet.

1. Quatre mois après, l'"affaire Skripal" reste totalement dans la pénombre. Le refus du Royaume-Uni de coopérer avec la Russie pour mener une enquête conjointe, le refus d'accorder aux représentants diplomatiques russes un accès à nos citoyens malgré toutes les conventions diplomatiques et consulaires, ou encore les tentatives interminables du Royaume-Uni de manipuler l'OIAC, entament la confiance portée à Londres.

2. Nous sommes sincèrement inquiets pour les victimes et leur souhaitons à toutes - selon les déclarations, il s'agit de quatre citoyens dont deux Russes - un prompt rétablissement.

3. Nous appelons les forces de l'ordre britanniques à ne pas suivre le jeu politique malsain organisé par certaines forces de Londres et à entamer enfin une coopération avec les forces de l'ordre russes dans l'enquête, étant donné qu'il est notamment question de citoyens russes.

Je suis habilitée à déclarer que les forces de l'ordre russes sont prêtes à un tel travail. Je voudrais dire que nous en informons plusieurs fois par mois les autorités diplomatiques via les canaux diplomatiques.

Nous avons été choqués aujourd'hui en entendant les déclarations des représentants britanniques officiels disant qu'ils attendaient une certaine coopération de la Russie. Peut-être qu'au Royaume-Uni, les habitants et les médias ne sont pas informés que de telles propositions de travail conjoint ont été envoyées des dizaines de fois à Londres via le service diplomatique.

Au nom de la sécurité des citoyens de notre continent, nous appelons le gouvernement de Theresa May à cesser les intrigues et les jeux avec les substances chimiques toxiques, à cesser de causer des obstacles à l'enquête conjointe sur ce qui est arrivé aux citoyens russes sur le territoire britannique.

Je suis certaine que le gouvernement de Theresa May devra encore s'excuser de ce qu'il a fait aussi bien devant la Russie que devant la communauté internationale. Mais, comme c'est de coutume au Royaume-Uni, cela arrivera plus tard. Aujourd'hui, il est important de lancer une enquête à part entière.

 

Sur les affirmations du quotidien britanniques The Times concernant l'aide iranienne aux talibans

 

Nous avons remarqué l'article du quotidien britannique The Times indiquant que des talibans afghans suivraient une formation sur le territoire iranien. Nous voudrions dire immédiatement, pour répondre aux nombreuses requêtes, que nous ne disposons pas de telles informations. L'ambassade d'Iran à Kaboul a démenti ces affirmations.

Nous voudrions de nouveau attirer l'attention et souligner que ce n'est pas la première fois que les médias occidentaux et notamment britanniques avancent de telles accusations infondées de soutien des talibans non seulement contre l'Iran, mais également contre la Russie et d'autres pays, sans citer la moindre preuve. Les références de l'article aux agents mythiques des services afghans paraissent douteuses, et celles aux agents des talibans tout simplement dérisoires.

On a l'impression que, par de telles désinformations, Londres tente de détourner l'attention du public mondial de l'échec de l'Otan après plus de 16 ans de présence de l'Alliance en Afghanistan, cette fois en y associant artificiellement la sortie des USA des accords sur le programme nucléaire iranien.

Nous pensons que les publications de ce genre ne contribuent pas à la création d'une atmosphère de confiance et d'entente entre les États et les forces politiques qui souhaitent régler le problème afghan. Nous suggérons aux auteurs de cet article de se débarrasser des stéréotypes et d'évaluer objectivement l'évolution de la situation en Afghanistan. Et également, à une certaine étape, de commencer à citer nos déclarations officielles, parce qu'il me semble que pratiquement lors d'une conférence de presse sur deux nous commentons la situation autour des accusations concernant un prétendu soutien des talibans et des transferts d'armements.

 

Sur les résultats de la réunion du Conseil européen des 28 et 29 juin

 

Nous considérons la décision politique prise par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l'UE sur la prolongation des restrictions unilatérales contre notre pays dans le secteur financier et économique comme une nouvelle opportunité manquée de repenser de manière constructive les approches de la politique étrangère de l'UE vis-à-vis de la Russie. Nous regrettons que les pays membres aient manqué une nouvelle fois de détermination pour reconnaître le caractère artificiel d'associer l'ensemble des relations UE-Russie à l'accomplissement à part entière des Accords de Minsk, délibérément bloqué par les autorités de Kiev. Comme toujours, ce sont les milieux d'affaires et les citoyens ordinaires de l'UE touchés par les sanctions qui devront payer pour l'absence de réalisme et de souplesse dans cette position de Bruxelles.

Nous sommes confus par les formulations des "conclusions" du Conseil européen concernant l'enquête sur le crash d'un avion de la compagnie aérienne Malaysia Airlines qui effectuait le vol international MH17 le 17 juillet 2014 dans l'Est de l'Ukraine. Ce document appelle la Russie à "reconnaître sa responsabilité" dans le contexte de la mise en application de la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la nécessité d'une enquête internationale sur cette tragédie, ainsi qu'à "participer à part entière à tous les efforts pour établir la vérité, la justice et les coupables". Cela paraît absurde quand on sait que c'est la Russie qui, contrairement à l'Ukraine, a participé à l'enquête, a contribué par tous les moyens à l'établissement des véritables raisons de la tragédie en fournissant notamment à l'enquête des informations cruciales des observations radar de l'espace aérien au moment de la catastrophe. Je ne veux même pas parler des débris. Vous vous souvenez combien de fois, pendant les conférences de presse et les déclarations des représentants officiels russes, nous avons dit qu'il fallait recueillir toutes les preuves matérielles restées sur place. Nous avons souligné que cela n'avait pas été fait à l'époque. Il serait préférable que tous ceux qui tentent de nous pousser à "reconnaître la responsabilité" expliquent pour commencer les incohérences entre les conclusions préliminaires de l'enquête et les informations apportées par la Russie.

Nous sommes également préoccupés par les démarches unilatérales visant à renforcer la liaison UE-Otan et à créer de nouveaux mécanismes de sanctions intérieurs en UE entreprises par Bruxelles sous le slogan de la lutte contre les "défis hybrides". En dépit de l'évidence des nombreuses manipulations de ce thème fictif, comme l'a montré la campagne initiée par les autorités britanniques autour de l'"affaire Skripal", l'UE continue d'avancer sur la voie de la création de nouveaux facteurs de tension sur le continent européen. Sur ce fond, il ne faut pas s'étonner que la perception publique de l'UE dans notre pays ne s'améliore pas.

Il convient de noter également les résultats de la réunion du Conseil européen sur le thème de la migration, qui a occupé une place centrale lors de la réunion. Il n'est pas un secret qu'en dépit d'une réduction significative du nombre de tentatives de pénétration illégale de migrants sur le territoire européen, le problème continue de secouer l'UE et plusieurs de ses États membres. Nous regrettons que dans les documents finaux du sommet ne soit pas reflété le fait que la crise migratoire en UE a résulté en grande partie des actions agressives irréfléchies des pays de l'Otan et de certains pays occidentaux au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Nous espérons que la mise en œuvre des décisions prises par les pays membres visant à redresser la situation migratoire en UE ne se déroulera pas au détriment des normes des droits de l'homme et des engagements internationaux de l'UE pour l'accueil des réfugiés, et ne conduiront pas à ce que ce problème soit simplement repoussé en dehors de l'UE. De son côté, la Russie, qui connaît bien le problème de la pression migratoire et de l'affluence massive de réfugiés, notamment suite à la crise intérieure en Ukraine, est prête à partager avec les partenaires de l'UE son expérience en la matière, comme nous l'avons dit à plusieurs reprises et, concrètement, comme nous l'avons plusieurs fois évoqué avec les partenaires de l'UE.

 

Sur le rapport de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne sur le respect des droits de l'homme en UE

 

Nous avons remarqué le rapport annuel publié par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne sur le respect des droits de l'homme en UE, dans lequel les experts de l'Agence analysent les principaux exploits et problèmes de l'UE en matière de droits de l'homme en 2017, et formulent des recommandations aux institutions européennes et aux pays membres pour redresser la situation.

Il est réjouissant que les auteurs du document reconnaissent enfin ouvertement et en s'appuyant sur des exemples concrets qu'en dépit de la présence en UE d'un large éventail d'outils compétents et d'une solide base législative, la situation en matière de protection des droits des catégories vulnérables de la population dans les pays membres est loin d'être sans nuages.

On notera aussi le constat que les mesures déjà prises en UE, notamment législatives, et le travail effectué par les États membres de l'UE, ne suffisent pas du tout pour une protection efficace contre la discrimination et le racisme.

Selon ce rapport, en 2017, on continuait de constater en UE des manifestations de racisme et de xénophobie, notamment envers les migrants et les minorités ethniques, ainsi que les demandeurs d'asile. Comme le reconnaissent ouvertement les auteurs du document, à cela a contribué la rhétorique xénophobe de certains politiciens européens. Une préoccupation particulière est née des cas, devenus fréquents dans certains pays de l'UE, d'attaques contre des centres de logement des migrants et de violences à l'égard de cette catégorie vulnérable de population de la part des policiers dans certains États membres de l'UE.

Les nombreuses violations des droits de l'homme citées dans le rapport ne font que confirmer une conclusion peu rassurante: l'UE est devenue l'un des leaders en termes de gravité et d'ampleur des violations des droits de l'homme. La Russie et la communauté internationale des droits de l'homme signalent pratiquement tous les jours des exemples concrets à ce sujet.

Dans le même temps, nous remarquons que les auteurs du rapport abordent des sujets qui étaient auparavant soigneusement tus pour des raisons politiques. Cette fois, même s'ils s'efforcent d'éviter le terme "non-citoyens", ils ont tout de même accordé de l'attention aux problèmes de la population russophone dans les pays baltes, se limitant modestement à la situation seulement en Estonie. Se référant aux sondages, ils ont dû constater que dans ce pays, un habitant sur dix ne faisant pas partie de la nation titulaire jugeait qu'il était confronté à une intolérance nationale ou ethnique, et qu'un sur cinq se sentait comme un citoyen de deuxième sorte.

Dans le même temps, les auteurs ferment les yeux sur la situation honteuse, qui perdure depuis plus de vingt ans, de non-citoyenneté massive en Lettonie et en Estonie à cause duquel des centaines de milliers de citoyens sont privés de droits politiques, sociaux et économiques. Il existe une intolérance ethnique envers les étudiants et les pédagogues des établissements scolaires russophones, et les amendes infligées par les inspections de langue aux habitants russophones se multiplient. Les plans des autorités lettones de faire passer entièrement les écoles des minorités nationales à la "langue nationale" d'ici 2021 sont un exemple complètement révoltant de politique franchement discriminatoire. Les appels des associations à la préservation des écoles russes et à l'autonomie des établissements scolaires des minorités nationales sont ignorés par le gouvernement letton.

Le passage sous silence de ce problème est d'autant plus cynique sur le fond des nombreuses recommandations adressées aux pays baltes par les structures et les institutions internationales compétentes des droits de l'homme. Il suffit de prendre connaissance des recommandations adressées à ces États par le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale fonctionnant dans le cadre de l'Onu.

Systématiquement et démonstrativement sont ignorés les phénomènes honteux comme la glorification du nazisme et des "actes héroïques" d'anciens nazis, ainsi que la "guerre contre les monuments" aux guerriers-libérateurs et aux combattants contre le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale qui se répand dans certains pays de l'UE. Malheureusement, on ne peut que conclure à un profond problème systémique en UE forçant à douter de la "détermination" à lutter contre les manifestations de racisme et de nationalisme agressif. L'aspiration à interpréter ces phénomènes honteux comme l'application du droit à la liberté d'expression n'est pas seulement blasphématoire, mais également juridiquement nulle. Nous suggérons à ceux qui en doutent de consulter attentivement les termes de la Convention internationale sur l'élimination de toute forme de discrimination raciale, ainsi que de la position de la Convention par rapport aux références des États membres de l'UE à l'article 4 de ce traité international.

Nous appelons la direction de l'Agence des droits fondamentaux et l'UE à adopter une approche plus objective et impartiale des "enquêtes", à accorder une attention minutieuse aux problèmes qui existent depuis plusieurs décennies dans l'espace de l'UE en matière de droits de l'homme, ainsi qu'à entreprendre des démarches pratiques pour les régler.

 

Sur le problème des forces radicales de droite en Ukraine

 

Nous avons noté la publication fin juin sur le site de l'Atlantic Council d'un article intitulé "L'Ukraine a de réels problèmes avec la violence d'extrême-droite (Et non, RT n'a pas écrit ce titre)" ((Ukraine’s Got a Real Problem with Far-Right Violence (And No, RT Didn’t Write This Headline)). Cette publication fait état du problème grandissant des forces d'extrême-droite en Ukraine, qui agissent dans une "atmosphère d'impunité totale". En particulier, l'auteur de l'article attire l'attention sur le lien étroit entre le groupuscule néonazi S-14 et les autorités ukrainiennes. L'organisation d'extrême-droite bénéficie d'un financement du Ministère ukrainien du Sport et du Tourisme, des patrouilles municipales sont formées conjointement avec l'administration de Kiev et d'autres villes ukrainiennes, et son responsable parle ouvertement de ses liens avec le Service de sécurité d'Ukraine. Tout cela a lieu malgré la participation de ce groupe à une multitude d'actions violentes illégales.

Difficile d'accuser l'Atlantic Council d'être prorusse, mais même lui n'a pas pu ne pas mentionner les attaques du S-14 et d'autres groupuscules d'extrême-droite contre les minorités ethniques, les manifestations antifascistes et les organisations des droits de l'homme. L'article stipule que les autorités ukrainiennes ne peuvent pas, voire ne veulent pas lutter contre les groupuscules nazis par crainte d'aggraver les relations avec eux et de perdre le monopole de l'usage de la violence.

Depuis plusieurs années, nous parlons constamment de la montée en puissance du néonazisme en Ukraine, et en réponse nous entendons parler soit de "propagande du Kremlin", soit d'une tournure sarcastique de ce sujet. Même le centre analytique américain ne peut plus nier l'évidence.

En 2015 déjà, le chercheur canadien d'origine ukrainienne Ivan Katchanovski, dans son travail "Le massacre de snipers sur le Maïdan en Ukraine" ("The "Snipers' Massacre" on the Maidan in Ukraine"), préparé pour la conférence de l'Association américaine des sciences politiques, a mené sa propre enquête sur les événements de février 2014 à Kiev. Il a analysé les reportages documentaires des médias ukrainiens et mondiaux, les photos des journalistes, les interceptions de conversations entre les policiers, les enregistrements des directs réalisés sur le Maïdan, les vidéos privées et les photos des témoins et des participants aux événements publiées sur les réseaux sociaux. A partir de ces informations, le chercheur a conclu que c'étaient bien les éléments radicaux qui avaient ouvert le feu contre les manifestants et les forces de l'ordre à Kiev le 20 février 2014. Souvenez-vous, à l'époque, la communauté occidentale disait que c'était un indicateur crucial de savoir qui a ouvert le feu. Quatre ans plus tard, plus personne ne s'intéresse aux résultats de l'enquête.

Manifestement, le but de ces "attaques" était de discréditer le gouvernement de Viktor Ianoukovitch, qui a été finalement accusé par l'opposition d'avoir tué des manifestants. Cette provocation a eu l'effet escompté: le coup d’État anticonstitutionnel soutenu par plusieurs pays occidentaux a eu lieu.

Aujourd'hui, au niveau officiel, plus aucun gouvernement ne s'y intéresse, mais les journalistes tentent de remettre cette question à l'ordre du jour.

 

Sur la situation autour de l'enquête, en Ukraine, sur le massacre du Maïdan en février 2014

 

Plus de quatre années se sont écoulées depuis le massacre du "Maïdan de l'indépendance" à Kiev en février 2014. Les coupables n'ont toujours pas été retrouvés ni traduits en justice. De plus, en dépit de l'attention portée à ce sujet par plusieurs organisations internationales, manifestement Kiev "laisse couler" l'affaire avec la protection flagrante de la communauté occidentale.

On ignore les multiples témoignages indiquant que ce ne sont pas les autorités de Kiev qui ont initié l'effusion de sang, mais ceux qui, en sacrifiant la vie des citoyens ukrainiens, voulaient à tout prix arriver au pouvoir. On ignore complètement et on refuse d'enquêter sur les témoignages résonants de "légionnaires" géorgiens pour savoir qui était derrière le massacre sur le Maïdan. L'"activiste" Ivan Boubentchik, qui était auparavant témoin dans l'affaire pénale sur la mort de 13 combattants de l'unité spéciale ukrainienne Berkout, s'est vanté plusieurs fois d'avoir personnellement tiré sur les policiers avec un fusil mis à sa disposition par les "leaders du Maïdan". Cependant, même ces déclarations scandaleuses n'ont été suivies d'aucune action pratique de la part des autorités ukrainiennes. Des députés ukrainiens ont immédiatement pris la défense d'Ivan Boubentchik. Aujourd'hui le "tireur" a complètement disparu du champ médiatique, et son dossier est rangé "sous le tapis".

Dans tout autre État de droit, une déclaration sur l'implication dans un massacre servirait de prétexte pour une enquête minutieuse. Mais pas en Ukraine aujourd'hui. Le régime au pouvoir bloque sciemment l'enquête sur les crimes, craignant que la lumière soit faite sur ceux qui ont pris le pouvoir dans le pays. A l'approche de l'élection présidentielle, Kiev ne le souhaite certainement pas.

 

Sur l'incident en marge de la conférence de l'OSCE sur la liberté d'expression à Kiev

 

Je voudrais rappeler que ce 26 juin à Kiev s'est déroulée une conférence de l'OSCE pendant laquelle s'est produit un cas extraordinaire: des journalistes travaillant pour des médias russes n'ont pas été autorisés à y participer, alors qu'un homme en tenue de camouflage s'y est introduit d'une manière inconnue de nous et de l'OSCE.

Je ne peux pas confirmer cette information, mais je peux la citer. Plusieurs médias ukrainiens ont identifié cet homme, en citant même son nom et prénom. Il a déclaré avoir transporté personnellement en Crimée, avec son propre véhicule, un certain objet qui a constitué ensuite l'une des preuves de la culpabilité d'Oleg Sentsov, ainsi qu'avoir mené d'"autres activités".

Je voudrais déclarer officiellement aujourd'hui que nous avons envoyé toutes les informations sur cet incident à l'OSCE en exigeant que nous soit expliqué comment cet individu, qui n’était pas enregistré en tant que participant, a pu assister à cette Conférence et a tenu un discours, de qui il s'agit et ce qui est fait pour enquêter sur ses propos. C'est un indicateur de plus que les déclarations vraiment résonantes ne font l'objet d'aucune enquête en Ukraine ni d'aucune attention de la part de la communauté occidentale.

 

Sur Kirill Vychinski

 

Cela fait 50 jours aujourd'hui que le rédacteur en chef de RIA Novosti-Ukraine, Kirill Vychinski, a été inculpé sous le prétexte fallacieux de haute trahison.

Depuis 50 jours, le journaliste professionnel détenu par le régime de Kiev, de facto en otage, subit une pression physique et psychologique sans précédent. Sa vie est une monnaie d'échange dans le cadre des manipulations politiques des autorités de Kiev qui, d'une part, flirtent avec le nationalisme belliqueux et la xénophobie et, d'autre part, tentent d'attirer l'attention des institutions internationales sur le problème des droits de l'homme dans leur propre intérêt.

On n'a plus peur d'en parler même en Ukraine, malgré les sérieux risques. L'"affaire Vychinski" est un cas sans précédent et scandaleux de représailles physiques contre un journaliste.

Nous exigeons de Kiev la libération immédiate et inconditionnelle de Vychinski, ainsi que l'abandon des accusations contre lui, qui sont révoltantes de par leur caractère mensonger.

 

Sur l'interpellation du rédacteur en chef de Sputnik Lettonie Valentins Rozhentsovs

 

Hier soir, la police de sécurité a arrêté à Riga le rédacteur en chef de Sputnik Lettonie Valentins Rozhentsovs "pour un entretien" de 12 heures.

L'Agence Rossiya Segodnya a commenté cette situation. Nous sommes également en contact avec les journalistes. Nous suivrons cette situation et transmettrons toutes les informations à l'OSCE. Bien sûr, nous voyons et constatons la pression sur la politique rédactionnelle dans le contexte de cet "entretien", comme ils l'appellent. Une fois que nous détiendrons tous les faits, nous ferons une déclaration à ce sujet. Surtout, nous travaillerons avec la communauté journalistique internationale et les organisations internationales spécialisées dans la protection des droits des journalistes.

 

Sur la situation concernant la délivrance de visas d'entrée américains aux sportifs russes

 

Nous avons attiré plusieurs fois l'attention sur la situation déplorable concernant la délivrance de visas américains par les établissements consulaires des USA en Russie. De facto, ce processus est bloqué. Le délai d'attente des entretiens auxquels sont obligatoirement convoqués la plupart des catégories de citoyens russes qui ont l'intention de partir en Amérique s'étend, depuis avril, à 300 jours. En d'autres termes, les citoyens russes qui demandent un visa doivent attendre 10 mois pour un entretien préliminaire, et il est impossible de s'inscrire. Autrement dit, il est inutile de s'adresser aux établissements consulaires.

Cette situation concerne même les sportifs russes invités à des compétitions internationales qui se déroulent aux USA. Ce fut le cas en avril avec notre équipe de lutte, dont nous avons parlé, et en juin avec les équipes d'équitation et de voile. Les entretiens préliminaires leur ont été refusés alors qu'ils avaient envoyé tous les documents nécessaires à l'Ambassade des USA à Moscou, 3-4 mois avant les compétitions en question.

Il s'agit d'une flagrante et grossière violation des engagements des USA en tant que pays-hôte. Si un pays s'est engagé à organiser des compétitions internationales sur son territoire, il doit garantir la possibilité d'y participer à tous ceux qui sont invités par la fédération sportive internationale concernée. La non-délivrance de visas américains à nos sportifs disposant d'une invitation officielle à de tels événements est une flagrante discrimination de nos sportifs et de notre pays, ainsi qu'un coup dur pour le sport international.

Nous ignorons s'il s'agit d'une aspiration à se débarrasser d'adversaires forts pour avantager ses propres athlètes ou d'une volonté de certains politiciens à Washington d'"isoler" la Russie. Honnêtement, si de telles démarches se répétaient, elles entraîneraient l'isolement des USA eux-mêmes, y compris dans le monde sportif. Après tout, tout le monde voit que les autorités de ce pays "ne jouent pas selon les règles" – contre les sportifs russes aujourd'hui, et par conséquent ils pourraient faire la même chose aux autres demain.

Tant que cette situation ne changera pas, nous suggérons aux fédérations sportives internationales de s'abstenir d'attribuer aux USA le droit d'organiser des compétitions. On ne peut pas complaire à un État qui mélange manifestement le sport et la politique.

Nous regrettons que Washington préfère suivre cette voie étrange consistant à rompre les liens entre nos peuples, notamment en utilisant des obstacles de visa. De notre côté, au contraire, nous sommes ravis d'accueillir les Américains en Russie, et nous espérons que les citoyens américains qui voudront voir notre pays de leurs propres yeux, et notamment participer aux événements sportifs, seront de plus en plus nombreux parce que la communication directe est le meilleur moyen de renforcer l'entente et la confiance réciproques.

 

Sur le rapport mondial sur les drogues 2018

 

Le nouveau rapport sur les drogues présenté par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) souligne l'évolution des tendances de crise dans ce secteur. Malheureusement, un nouveau record a été fixé dans la culture illicite du pavot opiacé et de la feuille de coca, ainsi que dans la production d'héroïne et de cocaïne.

Dans le même temps se déroule une transformation dangereuse de la structure générale du marché mondial des stupéfiants. Une part de plus en plus grande est occupée par les drogues synthétiques, dont la production n'est pas rattachée à la région de culture des stupéfiants et dont la consommation est bien plus risquée pour la santé que celle des drogues d'origine végétale.

La situation est très alarmante concernant l'usage non médical des opioïdes sous ordonnance, dont les abus ont atteint une ampleur épidémique dans plusieurs régions. Le rapport souligne la crise du fentanyl qui a frappé l'Amérique du Nord et a provoqué une diminution de l'espérance de vie aux USA et au Canada.

Ces conclusions nécessitent une consolidation des efforts de la communauté internationale pour faire face à l'expansion mondiale des drogues. C'est précisément ce qu'appelle à faire la Russie et les partisans des mêmes idées qui sont prêts à faire face au défi narcotique mondial en engageant des actions réelles.

Notre objectif stratégique consiste à construire un système fiable de défense collective antidrogue basé sur la coopération interétatique. Malheureusement, tout le monde ne suit pas cette voie. Il a déjà fallu parler de notre déception après la décision des autorités canadiennes de légaliser le cannabis, qui représente le plus vaste narco-problème transfrontalier.

Nous ne partageons pas de telles approches et estimons que face au défi mondial de la drogue il ne faut pas faire marche-arrière, brandir des drapeaux blancs et signer des actes de capitulation. Dans ces conditions, il faut plutôt faire preuve de ténacité et de détermination pour vaincre ensemble l'ennemi commun. Nous continuerons de suivre cette voie pour, au final, atteindre l'objectif proclamé par la communauté internationale: construire un monde sans drogues.

 

Sur le festival "Semaine du cinéma russe au Mexique"

 

Alors que les supporteurs mexicains profitaient de l'hospitalité russe, savouraient la fête de football et soutenaient leur équipe nationale, Mexico organisait le festival "Semaine du cinéma russe" avec le soutien du Ministère de la Culture et de l'Ambassade russe au Mexique.

Une bonne tradition est née, visiblement: c'est déjà la deuxième fois qu'on organise un événement de ce genre au Mexique depuis 2016. Nos amis mexicains ont lancé un événement culturel similaire en Russie il y a quelques années.

Le dernier festival "Semaine du cinéma russe" a suscité un intérêt considérable du public local. Cette année, huit films de jeunes cinéastes ont attiré une attention encore plus importante des spectateurs mexicains.

Nous sommes heureux que de tels événements soient organisés. Il s'agit d'une opportunité d'enrichir mutuellement les cultures de nos pays et de nos peuples, et d'améliorer la compréhension mutuelle. Nous attendons donc un nouveau festival du cinéma mexicain en Russie.

 

Sur l'ouverture de l'exposition "Holocauste: l'extermination, la libération et la délivrance" au siège du Conseil de l'Europe

 

Le vernissage de l'exposition "Holocauste: l'extermination, la libération et la délivrance" s'est déroulé le 3 juillet au siège du Conseil de l'Europe à Strasbourg. Cette dernière met en avant le rôle décisif de l'Armée rouge dans la victoire sur le fascisme et la libération des détenus des camps de la mort.

Des informations détaillées à ce sujet seront publiées sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères.

 

Sur les célébrations du 200e anniversaire d'Ivan Tourgueniev à Baden-Baden et à Zurich 

 

Nous fêtons cette année le 200e anniversaire d'Ivan Tourgueniev, grand écrivain, publiciste et dramaturge russe qui a contribué de manière notable au développement de la littérature mondiale de la deuxième moitié du XIXe siècle. Ses œuvres ont influé sur le style des romanciers non seulement en Russie, mais aussi en Europe occidentale.

Au crépuscule de sa vie, Ivan Tourgueniev vivait et travaillait à l'étranger, notamment et Allemagne et en France. Il était bien connu dans ces pays où on l'appréciait son talent littéraire et ses qualités personnelles. Il a notamment coprésidé avec Victor Hugo le Ier Congrès littéraire international à Paris en 1878. Gustave Flaubert et Guy de Maupassant le considéraient comme leur mentor, et beaucoup d'autres personnalités reconnaissaient qu'il était leur écrivain préféré.

L'Académie diplomatique auprès du Ministère russe des Affaires étrangères organisera, dans le cadre du projet de diplomatie publique "Forum diplomatique international", les "Salons littéraires" sur le thème "La Russie et l'Occident dans les œuvres d'Ivan Tourgueniev" à Baden-Baden - où l'écrivain russe a vécu et travaillé - et à Zurich, les 10 et 11 juillet.

Le format des Salons littéraires prévoit des tables rondes réunissant des scientifiques, des critiques et des diplomates éminents russes et étrangers, ainsi que des représentants des élites scientifiques et culturelles, des organisations sociales et des compatriotes russes.

Ces événements sont organisés avec le soutien du Ministère russe des Affaires étrangères, de l'Ambassade russe en Suisse, du Consulat général russe à Francfort-sur-le-Main, de l'Agence fédérale Rossotroudnitchestvo, de la Fondation "Monde russe" et de la Fondation publique internationale "Fondation russe de la paix". Nous invitons les intervenants, les journalistes et tous ceux qui s'intéressent aux œuvres et à la vie de l'écrivain à prendre part à ces événements et à leur couverture.

De notre côté, nous voudrions proposer aux internautes de participer à un flash-mob consacré à la mémoire du grand écrivain russe Ivan Tourgueniev. Le flash-mob se déroulera sous le hashtag #200летТургеневу (#200ansTourgueniev). Partagez sur les réseaux sociaux vos extraits préférés des œuvres de l'écrivain, les faits curieux de sa biographie et vos opinions sur ses livres.

 

Sut l'expédition aérienne russe "Le Nord est vôtre" en Arctique

 

L'expédition aérienne russe "Le Nord est vôtre" - un vol polaire autour de tout l'océan Arctique - a débuté le 3 juillet à Samara. Il s'agit de la première étape de ce vol océanique international à bord d'hydravions légers.

Ce vol autour de tout l'océan Arctique prendra environ 45 jours et passera par le territoire de 9 pays. Il prévoit notamment 50 escales: 15 au nord de la Russie (Tioumen, le district autonome des Khantys-Mansis, la Iakoutie, la péninsule Tchouktche), 6 en Alaska, 9 au Canada, 2 au Groenland, 3 en Islande, 1 au Royaume-Uni, 2 en Norvège, 1 en Suède, 2 en Finlande et encore 5 au centre de la Russie.

L'expédition est menée par Valeri Tokarev, pilote, cosmonaute, héros de la Russie et chef du district Cité des étoiles.

Le projet prévoit des études et des expériences dans le domaine de la médecine, de la biologie, des nanotechnologies, de la géologie, du climat et de l'écologie.

 

Sur la poursuite de la campagne de démantèlement de monuments aux guerriers soviétiques en Pologne

 

La débauche autour des monuments immortalisant l'acte héroïque des guerriers soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale, soutenue au niveau de l’État, ne cesse pas en Pologne. Refusant de réagir à nos signaux insistants et aux exigences de cesser cet arbitraire, Varsovie déclare que le démantèlement des monuments aux guerriers-libérateurs continuera.

On rapporte de nouvelles conséquences destructives de cette politique vicieuse. Après le démantèlement  d'un monument de Gratitude à l'Armée rouge en mai 2018 à Dąbrowa Górnicza (voïvodie de Silésie), c'est au tour d'un autre mémorial de cette ville d'être démantelé. La position énergique des activistes locaux n'a été d'aucune aide: ils ont seulement réussi à ralentir les travaux à cause de l'absence d'autorisations formelles. La situation n'est pas meilleure dans d'autres régions du pays.

Nous répétons que ce règlement de comptes initié par le gouvernement polonais contre les monuments soviétiques ne s'inscrit pas dans un cadre civilisé et constitue une violation des engagements juridiques de la Pologne devant la Russie. D'autant que sur les plateformes internationales, y compris au Conseil de sécurité des Nations unies dont la Pologne est membre non permanent, ce pays se positionne comme un combattant pour le droit et la morale. C'est du deux poids deux mesures.

Nous constatons également l'exemple inverse. Une entente a notamment été conclue avec les autorités polonaises sur l'aménagement d'une fosse commune de prisonniers de guerre soviétiques du camp de concentration nazi Stalag IID (près de 2.500 corps) aux abords de Stargard, dans la voïvodie de Poméranie occidentale. Il est prévu d'exhumer les corps, de procéder à leur identification, puis de les enterrer avec les honneurs au même endroit en installant un monument.

Mais c'est plutôt une exception à la - triste - règle. Malheureusement, nous constatons une aspiration obstinée de l'administration polonaise à "trier" notre patrimoine mémoriel à sa propre guise, à le diviser en "acceptable" et "idéologiquement inacceptable". A nos yeux, les critères qui basent les décisions concernant le sort des monuments soviétiques en Pologne sont fictifs et nuisibles.

On ne peut pas s'incliner devant la seule mémoire des victimes tout en oubliant la mémoire et l'acte héroïque de leurs libérateurs et des gens qui ont donné leur vie pour que l'Europe actuelle reste en vie.

Nous protestons résolument contre la ligne actuelle de Varsovie dans le domaine mémoriel militaire, qui porte atteinte à notre histoire commune et tente de la déformer. Une fois de plus, nous appelons les autorités polonaises à stopper cette pratique, à respecter honnêtement leurs engagements juridiques internationaux au lieu de justifier leurs actes par la fameuse "décommunisation".

 

Sur l'activité de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire pendant la présidence de l'Azerbaïdjan

 

Pendant la dernière conférence de presse, on m'a demandé de commenter la future présidence azerbaïdjanaise de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN) et de dire quelles étaient les tâches d'actualité pour la Russie, en tant que pays membre de l'Organisation, durant cette période. A ce sujet, je voudrais dire ce qui suit.

L'une des tâches primordiales de l'OCEMN pendant la présidence de l'Azerbaïdjan (juillet-décembre) est le maintien d'un agenda positif et dépolitisé.

Le calendrier des activités de la présidence azerbaïdjanaise n'est pas encore définitivement rédigé. Nous espérons qu'il sera orienté sur le renforcement de la coopération sectorielle substantielle entre les pays membres de l'OCEMN. Nous espérons que seront organisées des réunions de niveau ministériel et des activités des organes sectoriels, notamment dans le domaine de l'énergie, des transports, de la culture, de la coopération dans les situations d'urgence, de la lutte contre le crime organisé, du commerce et du développement économique, du tourisme et des petites et moyennes entreprises.

Nous saluerions des démarches visant à élargir la dimension de l'activité de l'OCEMN orientée sur les projets, à accroître le potentiel de projet. Nous espérons que le Mécanisme de développement de la coopération de projet (Black Sea Project Promotion Facility), créé sur notre initiative et grâce à la cotisation volontaire russe, contribuera au développement des échanges entre les pays de l'Organisation et à la réalisation de projets de coopération régionaux. Compte tenu des bourses délivrées, ce Mécanisme attire de plus en plus l'attention des pays membres de l'Organisation et devient progressivement un outil-clé pour remplir les tâches de l'OCEMN, notamment pour accroître le rendement pratique de la coopération dans le cadre de l'Organisation.

 

Sur la palliation des conséquences de l'accident dans une centrale en Azerbaïdjan avec l'aide d'une compagnie russe

 

Vous le savez, un grand accident s'est produit dans une centrale en Azerbaïdjan. Je voudrais noter que la compagnie russe Inter RAO, qui a très bien agi selon le Président azerbaïdjanais Ilham Aliev, apporte une contribution significative pour rétablir l'électricité. Le chef de l’État a exprimé sa gratitude à la Russie et à la Géorgie pour leur aide suite à la situation survenue dans le système énergétique du pays.

 

Réponses aux questions:

Question: Nous venons d'assister au triomphe de l'équipe russe. Cette victoire a été fêtée par Moscou, la Russie et même les supporters étrangers. Vous avez reçu beaucoup de félicitations, notamment du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères. Quelle a été la réaction des différents pays à la victoire de la sélection russe? Avez-vous reçu des félicitations de la part de ceux qui avaient boycotté la Coupe du monde?

Réponse: Vous pouvez tout constater vous-mêmes, car toutes les félicitations ont été également publiées sur les réseaux sociaux. Nous avons également reçu des messages des ambassades et de plusieurs ministères des Affaires étrangères, qui nous ont contacté via les profils officiels du Ministère russe des Affaires étrangères et de nos missions diplomatiques. Nous avons en effet reçu un grand nombre de messages officiels ou non officiels de la part de responsables publics ou diplomatiques. Nous avons constaté une réaction très forte des supporters du monde entier, c'est-à-dire non seulement en Russie, mais aussi à l'étranger.   

Question: Qu'en est-il des ministères des Affaires étrangères des pays qui ont boycotté la Coupe du monde 2018?

Réponse: A mon avis, les félicitations n'ont rien à voir avec le boycott. Tout un nombre de responsables, notamment des pays d'Europe du Nord, ont commencé à revoir leurs positions. Vous l'avez probablement déjà vu. Ils ont d'abord annoncé leur refus de se rendre en Russie, avant de changer d'avis. Nous repérons les faits de ce genre.

Je voudrais souligner encore une fois que bien que nous soyons en effet obligés de surveiller des appels horribles à ne pas se rendre en Russie, les déclarations sur le boycott ou les avertissements inquiétants, nos portes restent ouvertes à tous ceux qui veulent assister aux matchs et soutenir leur sélection nationale. Peu importe s'il s'agit des fans, des supporters, des représentants des associations sportives, des responsables ou des chefs d'État. C'est notre position traditionnelle, et elle reste inchangée.

Question: Ri Su-yong, chef du département international du Comité central du Parti du travail de Corée, est arrivé mardi à Moscou pour une visite. Avec qui envisage-t-il de s'entretenir et quels sujets seront évoqués lors de son séjour? Existe-il de nouveaux détails concernant la visite éventuelle de Kim Jong-un en Russie?

Réponse: Concernant votre première question, j'essaierai d'obtenir rapidement des précisions. Quant aux rencontres au sommet, il vous faut vous adresser à l'Administration du Président russe.

Question: Sergueï Lavrov s'est entretenu hier avec son homologue jordanien. Il y a un an, ils avaient évoqué la coopération militaire et technique entre la Russie et la Jordanie. Ont-ils examiné hier ce sujet? Le communiqué officiel ne l'a pas mentionné. Est-ce que cela signifie que la situation difficile de la Jordanie, les insurgés, l'instabilité et les tensions dans la région ont empêché de parvenir à des ententes? Y a-t-il des progrès dans ce domaine?

Réponse: Je peux dire que la rencontre d'hier a mis l'accent sur l'agenda régional. Comme vous l'avez justement indiqué, le bilan officiel a été tiré par le Ministre au cours de la conférence de presse. Il l'a clairement déclaré. L'objectif principal était d'examiner les problèmes et la situation dans la région.

Question: L'entreprise ukrainienne Naftogaz a encore une fois annoncé la saisie des titres de Gazprom dans le cadre de l'affaire bruxelloise. S'attend-on à une certaine amélioration sur cette question? Le Ministère des Affaires étrangères fera-t-il des efforts pour aider l'entreprise russe?  

Réponse: En ce qui concerne l'Ukraine et ses actions éventuelles contre les entreprises russes, ce sujet n'est pas vraiment nouveau. Il réapparaît périodiquement sous différentes formes depuis des années, voire des décennies. Même à l'époque où les relations russo-ukrainiennes se développaient positivement, l'Ukraine transformait pour des raisons inconnues la coopération énergétique en l'un des secteurs les plus pénibles de notre partenariat. Toute la coopération et toutes les négociations  se soldaient toujours par des échecs et des scandales. Il ne faut pas non plus oublier les effets de la politique intérieure de cet État, liés aux cycles électoraux. C'est pourquoi beaucoup de déclarations et d'initiatives ukrainiennes s'expliquent par le cycle électoral. Je voudrais souligner encore une fois que la coopération énergétique ne doit pas souffrir de l'instabilité politique que Kiev tente sans cesse de lier à l'énergie.

Question: Selon nos collègues de la presse japonaise, on envisage d'organiser en juillet une rencontre des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays au format "2+2". On cite le 21 juillet comme date éventuelle. Pouvez-vous confirmer ces informations? Si oui, quel pays organisera cette rencontre?   

Réponse: J'ai déjà évoqué ce sujet. Le 21 juillet n'est pas d'actualité. Nous l'annoncerons dès que nous serons en mesure de le faire. Je peux seulement dire qu'on prépare cette rencontre et qu'on en annoncera le lieu quand il sera déterminé. Comme vous le comprenez sans doute, nous élaborons en même temps la date et le lieu de la rencontre. Ce n'est pas la première fois que j'entends parler du 21 juillet et que je dis que cette date n'est plus étudiée.  

Question: Idriss Jazaïry, rapporteur spécial du CDH sur les effets négatifs des mesures coercitives unilatérales, a annoncé hier que les sanctions occidentales contre la Russie avaient, avant tout, objectivement affecté l'Occident lui-même. D'après lui, cette approche est obsolète, et on ne peut pas frapper la Russie sans en subir soi-même les conséquences. D'après vous, dans quelle mesure cet avis est-il répandu en Occident et peut-on s'attendre à ce qu'avec le temps, l'économie prenne le dessus sur la politique et que les sanctions soient levées pour un profit mutuel de la Russie, de l'Europe et des USA?

Réponse: J'ai vu l'information, se référant au rapporteur de l'Onu, selon laquelle les sanctions occidentales avaient finalement frappé ceux qui les avaient décrétées (précisément la communauté occidentale), et non ceux qui étaient visés. C'est le cas, nous en avons effectivement parlé. Il y a des chiffres et des faits. La Russie a été contrainte de tourner cette situation à son avantage - ce n'était pas notre choix. Mais puisque l'Occident a agi ainsi, il a fallu réagir, et la réponse a été donnée purement dans les intérêts de la Russie.

L'Occident a obtenu des résultats assez douloureux pour lui. Ce n'est pas une raison pour faire de l'esprit parce que ce ne sont pas les politiciens ayant élaboré, adopté et imposé ces décisions qui sont touchés, mais les citoyens, les producteurs agricoles en Europe, les gens et les compagnies qui ont construit depuis des années des relations commerciales, économiques et financières, les investisseurs avec un manque à gagner. Ce n'est pas un thème pour faire de l'esprit, mais un sujet de regret, parce que nous avons cherché ensemble, pendant tellement longtemps, à profiter des avantages de la mondialisation - qui elle aussi induit des frais conséquents - et que nous avons essayé à tel point de renforcer ses capacités positives qu'il est impossible de regarder comment, de ses propres mains, le monde occidental tue tout le positif, le constructif et le profit apportés par le monde mondialisé.

Ce sera une grande leçon. D'autant qu'il est question de secteurs stratégiques. Cela montre comment, dans les conditions d'un "malentendu" - si on peut utiliser ce terme léger - au lieu de régler les questions survenues dans ces secteurs avant la crise elles ont été exacerbées, et immédiatement après la crise ont été prises des mesures unilatérales de pression qui ont tout aggravé et ont engendré les conséquences évoquées par les représentants de l'Onu.

Nous partagerons cet avis. Dans quelle mesure les pays occidentaux sont-ils au courant? Cela dépend de qui. Les gens qui ne sont pas impliqués dans ces secteurs connaissent moins ces faits parce que les médias préfèrent ne pas en parler, et ceux qui sont impliqués, par exemple, dans l'agriculture des pays de l'UE, sont parfaitement au courant. Comme je l'ai dit, ils nous écrivent des lettres, envoient des messages, expriment des regrets, etc.

Les politiciens le savent très bien, je peux le dire. Certains feignent que cela n'a pas lieu, d'autres, au contraire, utilisent cette information à leurs fins. Nous voyons comment, avec ces chiffres et ces faits, on cherche à stimuler la montée des protestations. Quand on nous demande quels changements politiques ont lieu en Europe, comment pouvons-nous les évaluer et que certains supposent que c'est également la main de Moscou, nous répondons que ce n'est pas la main de Moscou mais de Bruxelles qui, avec cette même main, a décrété des sanctions qui ont frappé par ricochet les producteurs de l'UE, qui ont commencé à changer leurs convictions et préférences politiques.

Question: Que pensez-vous de la position des États-Unis, qui exigent que le Royaume-Uni augmente ses dépenses militaires?

Réponse: Nous avons des informations à ce sujet. Je peux dire qu'il ne s'agit pas d'actions isolées de la part des États-Unis. Cette politique concerne non seulement le Royaume-Uni, mais aussi d'autres pays et l'Alliance atlantique dans son ensemble. Washington tente de forcer ses alliés de l'Otan à augmenter leurs dépenses militaires pour l'Alliance.

On peut analyser les informations des médias, que vous avez mentionnées, dans le même contexte. On cite notamment une lettre adressée par le Ministre américain de la Défense à son homologue britannique, si courageux en paroles. Ce message contient un ultimatum exigeant que le Royaume-Uni augmente considérablement son budget militaire s'il ne veut pas perdre son statut de "partenaire numéro un en Europe". Je voudrais souligner qu'il s'agit d'informations rapportées par les médias.

Quant à la tendance générale, elle est évidente et assez inquiétante. Ainsi, nous sommes naturellement préoccupés par l'augmentation du budget militaire de l'Otan. Ce processus s'accompagne du renforcement du "front Est" malgré l'existence d'autres problèmes réels de l'Otan. Ces derniers existent et sont beaucoup plus sérieux.

Tout cela s'accompagne d'une concentration des forces et des moyens des pays membres de l'Otan à proximité des frontières russes. L'Alliance se protège contre des menaces imaginaires, et recrée des modèles de la période de la confrontation de blocs. Les États-Unis et l'Otan continuent de déployer leur défense antimissile en Europe. On constate une hausse de l'envergure et de l'intensité des exercices des alliés visant la maîtrise du théâtre d'opérations européen. L'activité militaire de l'Alliance veut visiblement former une place d'armes pour effectuer une pression musclée sur la Russie. Ces préparatifs militaires, sans précédent depuis la fin de la Guerre froide, se soldent par l'augmentation du potentiel de conflit sur le continent européen.

A vrai dire, le Royaume-Uni dépense pour sa défense déjà plus de 2% de son PIB, comme le prévoit l'accord en question. Selon notre analyse, Washington a pourtant choisi Londres parce que les autorités britanniques ont, à plusieurs reprises, affiché leurs relations spéciales avec les États-Unis et doivent donc représenter l'avant-garde de l'Otan. Il s'agit d'un exemple évident de pression des États-Unis sur leurs alliés pour qu'ils augmentent leurs dépenses militaires. Cette politique fait visiblement tout sauf renforcer la stabilité militaire et politique en Europe.

Question: Le Président ukrainien Petro Porochenko a déclaré dimanche dernier qu'on reverrait le drapeau ukrainien flotter au-dessus des navires ukrainiens dans les baies de Sébastopol. Il a tenu ces propos alors qu'il félicitait les marins ukrainiens à l'occasion de leur fête professionnelle. Qu'en pensez-vous?

Réponse: Franchement, je ne comprends pas pourquoi cette déclaration a suscité un tel écho, tellement de réactions négatives à Sébastopol. La Crimée a plus d'une fois entendu nos déclarations en soutien à toutes ses préoccupations, mais dans ce cas-là je ne partage pas son attitude négative envers les propos de Petro Porochenko, car à mon avis le Président ukrainien fait désormais preuve de plus de réalisme. Ainsi, sa volonté de hisser le drapeau ukrainien à Sébastopol signifie probablement l'ouverture d'un consulat général ukrainien sur la péninsule. Je n'y vois rien de négatif. Il s'agit d'une pratique diplomatique parfaitement normale, qui doit, bien sûr, être enregistrée de façon appropriée. Nous y sommes prêts. Qu'ils envoient les documents nécessaires, ouvrent leur consulat général avec l'approbation de la Fédération de Russie et y hissent leur drapeau. Je doute que les Criméens s'y opposent.

Question: La récente visite en Serbie du Président ukrainien Petro Porochenko a particulièrement attiré l'attention du public serbe. Hier, le Président serbe Aleksandar Vucic a dû commenter les avis concernant cette visite parus dans certains médias, notamment le fait que ni les USA ni la Russie n'avaient apprécié l'accueil de Petro Porochenko en Serbie.

Réponse: La Russie n'a pas apprécié l'accueil de Petro Porochenko en Serbie?

Question: C'est ce qu'a dit le correspondant d'un média russe dans les Balkans.

Réponse: Il a peut-être donné un avis personnel? C'est notre position traditionnelle: un État a le droit souverain de développer des relations avec tous les États. Il ne peut y avoir, par principe, aucune appréciation négative de la Russie vis-à-vis du développement des relations entre la Serbie et l'Ukraine. Nous-mêmes, nous sommes disposés à développer nos relations avec l'Ukraine et le peuple ukrainien. Il ne peut y avoir aucune appréciation négative concernant la coopération entre deux pays.

Si des déclarations antirusses ont été faites pendant cette visite, bien évidemment nous ne pouvons pas les soutenir ou les accepter. Honnêtement, nous n'avons même pas fait attention à ce que Petro Porochenko avait déclaré en Serbie.

Question: En début d'année en Pologne, avec la médiation du Groupe de Minsk de l'OSCE, s'est tenue une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie, pendant laquelle a notamment été passé un accord pour agrandir le bureau du Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE. Je voudrais savoir si ce processus a commencé et comment il influencera le processus de paix.

Réponse: Je demanderai des précisions pour vous fournir rapidement ces informations.

Question: Ma question concerne les prisonniers politiques en Ukraine…

Réponse: Vous voulez poser une question concernant Savtchenko?

Question: Non, pas du tout.

Réponse: Bizarre, personne ne veut poser de questions concernant Savtchenko…

Question: Il y a des gens qui souffrent des répressions du régime de Kiev. La Russie peut-elle apporter une aide aux gens qui n'ont pas la citoyenneté russe, soulever cette question pour que l'Ukraine respecte les droits de l'homme et des prisonniers politiques? En l'occurrence, nos lecteurs bulgares ont posé une question concernant une jeune femme d'origine bulgare maintenue en détention provisoire à Odessa depuis plus de trois ans sur une accusation infondée de terrorisme. Ce n'est pas un cas isolé.

Réponse: Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il faut chercher toutes les opportunités, toutes les options pour aider ses concitoyens. Je comprends votre question, même si effectivement il ne s'agit pas d'une citoyenne russe. Je comprends pourquoi on utilise toutes les options pour l'aider à se libérer. Ces exemples sont très nombreux. Bien sûr, avant tout, il faut utiliser les possibilités de communication avec les organisations des droits de l'homme internationales et spécialisées. Ce sont évidemment l'OSCE, le Conseil de l'Europe et ainsi de suite.

Malheureusement, notre expérience d'interaction avec l'Ukraine à ce sujet ne peut pas être qualifiée de positive. Je viens de parler du journaliste Kirill Vychinski qui a été arrêté directement pour une activité journalistique, simplement pour cela, sans aucun lien - c'est sans précédent. Et je répète que ce qu'il subit et la façon dont on le traite sont étudiés à part par la communauté internationale.

Honnêtement, je ne sais même pas ce qui peut être fait, si vous avez des informations, pouvez-vous nous les transmettre? Je les transmettrai à nos experts. Il y aura peut-être une réponse à ce sujet.

Question: En ce qui concerne l'incident d'Amesbury: on a l'impression que les autorités britanniques ne contrôlent pas la situation, tout simplement. Le Ministère des Affaires étrangères a-t-il l'intention de publier un communiqué concernant le risque pour le séjour des citoyens russes au Royaume-Uni?

Réponse: J'ai fait aujourd'hui toutes les déclarations que nous voulions faire. J'ai intentionnellement souligné que, selon nous, ce n'est pas le moment pour faire de la politisation. Au contraire, il est plus juste de cesser enfin ces sales jeux politiques pour s'occuper de ce qui aurait dû être fait depuis le premier jour, à savoir mener une enquête conjointe étant donné qu'il est question de citoyens russes et que concernant le premier cas, depuis plusieurs mois, nous n'avons vu aucune preuve ni version avancée par les structures officielles. Il y a eu des renvois interminables à des sources, à des fuites anonymes, à des individus qui ne se nomment pas, etc.

Je voudrais rappeler que quatre mois se sont écoulés. Toutes les actions ont déjà été entreprises pour sanctionner, alors qu'il n'y a ni coupables ni suspects. Cela fait 4 mois que nous vivons dans un vide médiatique, et que tout ceux qui s'y trouvent sont nourris périodiquement par des fuites qui ne sont même pas confirmées après leur publication. C'est pourquoi j'ai dit aujourd'hui que tout se déroulait de manière à passer à un travail normal des forces de l'ordre, en appelant les autorités britanniques à ne pas empêcher politiquement les forces de l'ordre britanniques de coopérer avec leurs collègues russes.

Question: Vous avez accusé aujourd'hui le gouvernement britannique d'intrigues et de jeux avec des substances toxiques…

Réponse: Il me semblait au contraire que c'était votre point fort.

Question: Pouvez-vous préciser ce que vous voulez dire, que le gouvernement britannique a empoisonné des gens à Salisbury et à Amesbury?

Réponse: Je répète qu'aujourd'hui, précisément un jour où nous voyons un grand flux d'informations contradictoires à Londres-même, nous ne jugeons pas nécessaire de faire des déclarations politiques. Nous pensons qu'il faut appeler les forces de l'ordre britanniques à ouvrir une enquête normale avec les collègues russes, et nous avons appelé le gouvernement britannique à ne pas y faire obstacle.

Il me semble que j'ai clairement tout indiqué. Ce n'est pas le moment de poursuivre les intrigues politiques, or comment peut-on appeler l'annonce d'une telle persécution internationale et d'une campagne internationale pour expulser des diplomates autrement que des intrigues? Comment peut-on qualifier ce qui a été fait à l'OIAC durant tout ce temps? Ce sont des jeux et des intrigues. Mais nous avons souligné spécialement que ce n'était pas le moment aujourd'hui d'échanger des accusations politiques, mais le moment de commencer une enquête conjointe au nom de la sécurité des citoyens et des habitants de notre continent européen, étant donné que cela se passe sur le territoire britannique mais que cela implique, d'après ce qui nous a été dit par le Royaume-Uni, des victimes russes.

Je voudrais dire à nouveau que notre Ambassade à Londres a envoyé tout un bloc de documents officiels de la part de la Russie pour inviter à commencer un travail commun, en le rappelant, en appelant Londres à coopérer avec les forces de l'ordre russes. Aucune réaction. C'est de cela qu'il faut parler aujourd'hui. Tous les avis politiques seront donnés, mais aujourd'hui il est important de ne pas manquer le moment de nécessité de commencer un travail conjoint.

En tant que citoyen britannique, ne le souhaitez-vous pas? Souhaitez-vous vraiment que cette affaire reste irrésolue? Quatre mois plus tard, personne ne sait ce qui s'est produit. Je ne pense pas que vous sachiez, mais vous cachez. Quatre mois plus tard, la BBC, entre autres, doit faire tourner en boucle des fuites interminables à ce sujet. En quatre mois, nous n'entendons rien de la part de Londres hormis des sources anonymes et des "highly likely". Vous ne trouvez pas que c'est déjà une limite au-delà de laquelle il faut passer à un travail commun concret? Si l'objectif était de soulever cette vague politique, elle est passée. Peut-être que quelqu'un à Londres a obtenu des bonus. Peut-être qu'il est temps de revenir à la raison et de comprendre qu'il s'agit, nous dit-on, de substances chimiques toxiques militaires. Et si, aujourd'hui, il est question de quatre personnes, il est peut-être temps de faire quelque chose pour faire passer tout cela de la sphère politique à celle des forces de l'ordre.

Question: Le site de l'agence de presse TASS, avec la mention "urgent", se référant à l'agence de presse Kyodo, a rapporté que la réunion "2+2" Japon-Russie se tiendrait le 28 ou le 29 juillet à Moscou. Dans quelle mesure cette information est-elle exacte?

Réponse: J'ai tout dit à ce sujet. Dès que nous pourrons confirmer cette réunion, sa date et son lieu, nous le ferons. Vous êtes priés de ne pas vous citer l'un l'autre, mais de vous référer aux représentants officiels.

 

 

 

 

 

 

 

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