28 juin 201820:35

Allocution d'Alexeï Polichtchouk, Directeur adjoint du Département de la coopération européenne du Ministère russe des Affaires étrangères, à la 5e session de la Conférence annuelle d'examen des questions de sécurité de l'OSCE sur le thème "Menaces transnationales: tendances actuelles et futures dans l'espace de l'OSCE et à ses frontières", Vienne, 28 juin 2018

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Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs,

Avant tout, je voudrais remercier la Présidence italienne en exercice et le Secrétariat de l'OSCE pour la bonne organisation de la Conférence.

Parmi les menaces réelles à la sécurité des États séparément et de l'espace de l'OSCE collectivement, le terrorisme reste en tête de liste.

La Russie prône continuellement le renforcement global et l'intensification de la coopération antiterroriste internationale et appelle à former un front antiterroriste commun avec la participation de tous les États sur la base du droit international, du respect de la Charte de l'Onu, et de l'accomplissement des principales résolutions antiterroristes du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le terrorisme international, y compris ses groupes les plus opérationnels, peut être vaincu. La victoire de l'armée syrienne contre Daech et d'autres éléments du terrorisme international en Syrie, avec le soutien de la Russie et d'autres États-partenaires, le montre bien.

Le potentiel de l'OSCE dans la lutte contre le terrorisme, important et unique, n'est pas exploité à part entière. Nous devons être disposés à un travail plus concret orienté sur un résultat accessible et satisfaisant pour tous. Sachant que compte tenu du poids politique de l'OSCE, nous ne devons pas nous limiter à des tâches appliquées et parfois secondaires. Dans le bagage antiterroriste de l'OSCE se trouve un ensemble d'engagements politiques novateurs qui ont permis d'enrichir la coopération antiterroriste au niveau de l'Onu. L'OSCE est capable de reproduire ce travail dans des secteurs réellement prioritaires tels que la lutte contre l'idéologie terroriste.

Les conférences antiterroristes annuelles doivent faire partie intégrante du calendrier de l'OSCE, tout comme la Conférence annuelle d'examen des questions de sécurité et le Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE). Cet événement s'est déroulé avec succès à Rome en mai. Nous nous attendons à ce que les recommandations formulées par les participants à la conférence de Rome se reflètent dans le contenu du CMAE de l'OSCE en décembre à Milan. La contribution russe à ce travail a été l'initiative de fixer dans le droit international la thèse sur l'importance des "restrictions antiterroristes volontaires dans les médias et pour les représentants officiels", incluant l'"auto-censure" et l'abstention de l'exacerbation du contenu médiatique susceptible de provoquer une radicalisation menant au terrorisme. Cela implique l'élaboration et la promotion, dans l'espace médiatique, d'un "code de conduite" pour fixer un niveau élevé de formulation des positions publiques, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

Les principales priorités de la Russie dans la coopération antiterroriste consistent à lutter contre la propagation de l'idéologie terroriste, ainsi que contre le phénomène des "combattants terroristes étrangers", qui sont une menace globale pour les États membres de l'OSCE. Nous appelons tous les États membres de l'Organisation à réaffirmer leur engagement politique de remplir les principales résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies adoptées en 2017: la résolution 2354 sur la lutte contre la propagation des idées terroristes et la résolution 2396 sur la lutte contre le phénomène des combattants terroristes étrangers, notamment ceux qui reviennent.

Force est de constater que pour l'instant, les terroristes et leurs sponsors remportent souvent la bataille pour le "cœur et la raison des hommes". La cause n'est pas à chercher du côté d'un talent particulier des leaders et des idéologues du terrorisme international, mais plutôt dans la division de la communauté internationale qui perdure au sujet des approches de cette catégorie de tâches antiterroristes. Au lieu d'une coopération, certains pays promeuvent des concepts discutables et complaisants envers l'activité idéologique et de mobilisation des groupes terroristes, y compris les plus dangereux. Nous faisons allusion au concept de "lutte contre l'extrémisme violent" qui admet la justification des terroristes et des extrémistes comme étant des "combattants contre des régimes autoritaires" et supposant même l'utilisation des groupes extrémistes et terroristes pour déstabiliser de tels "régimes". En réalité, tout cela ressemble beaucoup aux scénarios d'ingérence dans les affaires intérieures d'États souverains et à une lutte cynique contre des gouvernements "indésirables" par tous les moyens.

Nous appelons nos partenaires de l'OSCE à prendre des mesures complexes pour prévenir la propagation de la propagande et des idées terroristes, pour empêcher le soutien médiatique du terrorisme conformément à la Stratégie antiterroriste mondiale de l'Onu et aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Nous considérons la Convention de l'OCS pour la lutte contre l'extrémisme, signée par les chefs d’État à Astana en 2017, comme un standard optimal de la coopération antiterroriste internationale.

Enfin, il est important de renforcer la coopération internationale pour la lutte contre le financement et le soutien économique, matériel et technique du terrorisme. A cet égard, force est de constater que malgré toute l'actualité du problème que représente le trafic de biens culturels et d'antiquités, qui fournit un revenu aux terroristes, cette source ne peut pas être considérée comme déterminante en matière de financement des organisations terroristes. D'autres tâches sont prioritaires à nos yeux. Hormis la lutte contre l'idéologie terroriste, il s'agit notamment d'empêcher les livraisons d'armes aux terroristes.

Nous avons l'intention d'organiser, les 3 et 4 septembre 2018 à Moscou, une conférence internationale intitulée "Lutter contre les fournitures illégales d'armes dans le contexte du combat contre le terrorisme international". Plus précisément, nous évoquerons les moyens de bloquer le transfert de toute production militaire aux organisations terroristes.

Mesdames et messieurs,

La propagation des drogues, y compris de leurs formes synthétiques, sont un autre défi tout aussi dangereux pour la sécurité, la vie et la santé de la population dans le monde entier et dans notre région. L'OSCE doit également jouer son rôle dans la lutte contre cette menace. Comme dans le cas du terrorisme, il est important que l'organisation des conférences antidrogues devienne régulière. Nous saluons les plans de la présidence italienne d'organiser un tel événement les 16 et 17 juillet 2018 à Vienne.

Dans le même temps, nous notons la nécessité de renforcer le potentiel antidrogue du Secrétariat de l'OSCE en y créant un département spécialisé pour la lutte contre les stupéfiants.

L'importance d'unir les efforts européens ne fait que grandir au vu de la menace directe de l'afflux de drogues dans la région de l'OSCE depuis le territoire afghan où, selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, le nombre de plantations de drogues continue d'augmenter.

Pour conclure je voudrais rappeler que la Russie apporte une contribution concrète au travail de l'OSCE dans la lutte antidrogue. Dans les écoles du Ministère russe de l'Intérieur à Saint-Pétersbourg et à Domodedovo se déroulent annuellement des formations pour les policiers de lutte antidrogue de Serbie et d'Afghanistan. Nous comptons poursuivre la réalisation de ce projet de l'OSCE en augmentant le nombre d'auditeurs et en élargissant la couverture géographique de la formation.

Nous espérons que la lutte contre les menaces transnationales occupera une place digne dans l'agenda de la réunion du CMAE de l'OSCE en décembre à Milan.

Merci de votre attention.

 

 

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