20 juin 201818:24

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Samara, 20 juin 2018

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Chers habitants et visiteurs de Samara,

Je me réjouis de cette possibilité de mener la conférence de presse hebdomadaire du porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères dans cette magnifique ville. Je peux dévoiler un petit secret (même si ce n'est probablement plus un secret après ma publication d'hier sur les réseaux sociaux). Le choix du centre de presse municipal mis en place pour la Coupe du monde (nous voulions vraiment tester nous-mêmes l'infrastructure créée pour les journalistes qui n'ont pas d'accréditation de la FIFA mais veulent couvrir cet événement) n'était pas dépourvu d'un facteur personnel. En effet, du côté de mon père, j'ai des racines dans la région de Samara – plus précisément dans le village de Stepnaïa Chentala. Je m'y suis rendue ce matin. C'est ce qui est écrit dans l'acte de naissance de mon grand-père, Iouri Zakharov. J'ai conservé ce nom et j'ai été vraiment surprise d'y voir un grand nombre de Zakharov. Bien plus qu'à Moscou ou dans la région de Moscou. J'ai été accueillie très chaleureusement. Je remercie la direction de la région de Samara, du district Kochkinski et les habitants de Stepnaïa Chentala. C'est un village mordve, c'est pourquoi j'ai été accueillie avec des chants populaires, des sucreries et avec des costumes traditionnels. C'était inoubliable. Samara et la région de Samara sont un endroit magnifique. Nous avons visité les environs. C'est un sentiment étonnant. Encore une fois: merci beaucoup pour cet accueil chaleureux.

Sur le chemin, on m'a donné des fraises. Elles étaient très belles. J'ai pensé qu'elles étaient importées (en général elle n'ont pas la douceur et le goût des nôtres). Quand j'ai goûté, j'ai compris que c'étaient ces mêmes fraises qui poussaient toujours dans nos jardins. On m'a dit qu'elles étaient locales, de Samara. Je suis enchantée. J'ai amené des fraises, j'en donnerai à tout le monde après la conférence de presse. Mais avant les fraises, passons au travail.

 

Sur l'évolution de la coopération interrégionale et internationale de la région de Samara

 

Étant donné que je me trouve à Samara, je voudrais commencer par évoquer le développement interrégional et international de la région de Samara, d'autant qu'il y a des choses à dire. Je m'adresse avant tout à nos hôtes étrangers pour parler du potentiel de cette région. Ce potentiel est véritablement immense, quoi qu'on en dise. J'ai visité et j'ai constaté aujourd'hui que le potentiel d'investissement était vraiment très important.

Les autorités de la région de Samara travaillent activement pour attirer des partenaires étrangers afin d'atteindre les principaux objectifs de développement socioéconomique de la région, notamment en augmentant son attractivité économique et pour les investissements.

L'activité pour le développement des liens internationaux et économiques extérieurs de la région se déroule en parfaite conformité avec la Conception de la politique étrangère de la Russie adoptée par décret présidentiel conformément à la législation russe et aux recommandations de l'Administration présidentielle et du Ministère des Affaires étrangères.

Les contacts de la région de Samara avec ses partenaires étrangers sont entretenus par des échanges de délégations officielles, des visites avec la participation, notamment, de missions économiques, l'organisation d'expositions et de foires, des présentations de la région, la participation des représentants de cette région russe aux expositions et aux forums internationaux et au déroulement d'activité culturelles et éducatives.

On peut souligner dans l'ordre d'importance les destinations territoriales qui bénéficient d'une attention prioritaire: ce sont les pays de la CEI, des Brics, les pays membres de l'UE, ainsi que les pays d'Amérique du Nord et du Sud.

Au développement des relations de la région de Samara avec les partenaires étrangers contribue essentiellement la coopération interrégionale au niveau international. Nous notons que le gouvernement de la région de Samara occupe une position active dans l'établissement et le développement des contacts avec les territoires étrangers. Des accords de coopération ont été signés avec les régions étrangères suivantes:

1. Province du Québec (Canada) - 1994

2. Province du Henan (République populaire de Chine) - 1995

3. Canton de Fribourg (Confédération suisse) - 1997

4. Province de Győr-Moson-Sopron (République hongroise) - 2001.

5. Voïvodie de Grande-Pologne (République de Pologne) - 2001.

6. Région du Kazakhstan oriental (République du Kazakhstan) - 2002

7. Région du Kazakhstan occidental (République du Kazakhstan) - 2002

8. État du Karnataka (Inde) - 2002.

9. Région de Stara Zagora (République de Bulgarie) - 2003

10. Région de Zlín (République tchèque) - 2006

11. État de Santa Catarina (Brésil) - 2006

12. Ville de Shenzhen (République populaire de Chine) - 2009

13. Ville de Chongqing (République populaire de Chine) - 2014.

14. Province de l'Anhui (République populaire de Chine) - 2016

15. Province du Hubei (République populaire de Chine) - 2016

16. Province du Sichuan (République populaire de Chine) - 2016

17. Canton de Neuchâtel (Confédération suisse) - 2015

Un grand nombre de documents réglementant cette activité a été signé. Il est prévu de conclure un accord entre le gouvernement de la région de Samara et l'administration de la région du Kazakhstan occidental pour la coopération commerciale, économique, scientifique, technique, sociale et socioculturelle. A l'heure actuelle, des négociations sont en cours sur l'éventuelle organisation de la signature de l'accord au 15e Forum de la coopération interrégionale entre la Russie et le Kazakhstan. Ce sont des projets, mais il convient de le mentionner quand même parce qu'un travail très actif est en cours.

Honnêtement, il y a du potentiel pour un développement plus important. Il existe aussi quelques tendances négatives. En particulier, nous remarquons qu'en 2014 (tout le monde n'est peut-être pas au courant), à l'initiative de la Pologne, les relations ont été rompues avec la voïvodie de Grande-Pologne. On ne peut que le regretter. D'autant que toutes les possibilités d'approfondir le partenariat sont réunies.

Tout comme il y a des tendances positives - et elles sont plus nombreuses. En février 2018, une délégation de l'Ambassade du Belarus menée par l'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire Igor Petrichenko s'est rendue en visite dans la région de Samara. Des accords ont été conclus sur l'élargissement de la coopération de la région avec les partenaires biélorusses dans le domaine des transports, de la gestion urbaine et de la médecine. Les interlocuteurs ont évoqué la participation d'une délégation de la région de Samara au 5e Forum des régions de la Russie et du Belarus à Moguilev en octobre 2018. Dans le cadre du forum devrait être signé un ensemble de documents de coopération.

Les contacts se développent dans le domaine commercial, économique et social entre les régions du District fédéral de la Volga (Russie) et des Haut et Moyen Yangzi (République populaire de Chine). C'est un bon exemple pour nos collègues européens et occidentaux - comme nous les appelons -, qui montre comment les relations de Samara se développent avec le voisin de la Russie à l'Est. Je pense que c'est une histoire très instructive.

Des pourparlers sont en cours autour de la réalisation de projets logistiques communs avec les entreprises de Chongqing et de Pékin. Le projet d'accord de coopération entre les autorités de la région de Samara et de la province de Hunan est en cours de mise au point.

La coopération s'approfondit avec la France, l'Allemagne et la République tchèque, qui font partie des principaux partenaires économiques extérieurs de la région avec la contribution active des représentations commerciales de la Fédération de Russie dans ces pays et des ambassades de ces derniers en Russie.

Depuis des années, la région de Samara développe activement des contacts avec plusieurs territoires français. Pendant la visite de la délégation de la région de Samara dans la ville de Reims en avril 2015 se sont déroulés des pourparlers sur le développement de la coopération dans différents domaines d'activité entre les régions de Samara et de Champagne-Ardenne, et un protocole d'intention a été signé. En 2015, deux visites de délégations officielles de la région Champagne-Ardenne ont eu lieu dans la région de Samara (notamment en mai pour participer aux festivités consacrées au 70e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique). En 2016, après la réforme territoriale, a été formée la région Grand Est avec laquelle la région de Samara poursuit ses contacts. En 2018, le président du conseil régional Grand Est Jean Rottner a proposé d'étudier la possibilité de signer un accord de coopération après la détermination des domaines les plus prometteurs de coopération avec la région de Samara.

En 2017, après une longue interruption (d'un côté c'est regrettable, de l'autre les contacts ont repris et c'est réjouissant), la région de Samara a été visitée par une délégation de représentants d'affaires de la région de Zlin (République tchèque) menée par le gouverneur Jiri Cunek. De nombreuses visites similaires ont eu lieu, les contacts se poursuivent avec l'Allemagne et la Suisse.

Je me dois de dire quelques mots de la coopération avec les partenaires étrangers dans le secteur social. Les contacts se développent activement avec les universités de la Chine, de l'Allemagne et de la France. Les accords entre les universités impliquent des échanges universitaires, une coopération dans les élaborations scientifiques et le perfectionnement des méthodes éducatives. Une attention particulière est accordée à la coopération technologique – la formation des étudiants au travail sur des équipements industriels de pointe des plus grandes compagnies russes et étrangères.

La région a accumulé une expérience positive de mise en œuvre de la politique nationale. Je l'ai vu aujourd'hui de mes propres yeux. Dans une même commune cohabitent les représentants de différentes nationalités qui, de siècle en siècle, préservent tout le bagage positif de la culture nationale tout en évoluant. Cette expérience de régulation des relations interethniques et interconfessionnelles s'applique aujourd'hui avec succès. On élabore et on introduit différentes formes de soutien à l'activité des associations régionales et ethnoculturelles dans la région de Samara. En particulier, dans le cadre du programme public de la région de Samara "Le développement de la culture dans la région de Samara d'ici 2020" adopté par un décret du gouvernement de la région de Samara, un soutien financier sur la base d'appels d'offres est apporté aux ONG qui réalisent des projets visant à préserver et à développer la culture nationale dans la région.

Je me dois de le dire: aujourd'hui, les habitants de Stepnaïa Chentala m'ont demandé d'attirer l'attention sur leur centre culturel. De leur point de vue (et je les soutiens entièrement), il a besoin d'être modernisé.

De nombreux activités sont organisées. L'an dernier, 41 activités ont été menées dans le cadre de la coopération culturelle avec les pays étrangers.

Pour clore le thème de la coopération et du développement international, culturel et social de la région de Samara, je voudrais dire que quand nous revenions de Stepnaïa Chentala nous sommes passés devant le centre Kochkino. J'ai vu le complexe sportif. Difficile d'appeler cela un complexe – c'est un immense centre construit en 2016 dans un délai record. Sa construction a demandé moins d'un an avec le soutien de la compagnie Lukoil. J'ai été impressionnée. Même dans les grandes villes, on ne trouve pas toujours un tel terrain pour le futsal et un terrain de hockey. Nous y sommes passés à l'improviste, ce n'était pas prévu. J'ai vu des enfants pratiquer le patinage artistique. Le niveau du complexe sportif est impressionnant. J'ai vu la relique locale – le maillot de Viatcheslav Fetissov avec son autographe. On m'a dit que le rêve de tous les habitants de la région était qu'il vienne en personne. Je lui ai transmis aujourd'hui ce vœu. Il a promis de venir, il a dit qu'en septembre il trouverait la possibilité de le faire.

 

Sur la prolongation du délai de dépôt des demandes d'accréditation dans les Centres de presse des villes-hôtes du Mondial 2018

 

Passons aux informations concernant l'activité des Centres de presse des villes-hôtes et les journalistes qui couvrent la Coupe du monde de football.

Je voudrais dire que compte tenu du très grand intérêt et des nombreuses demandes des journalistes russes et étrangers, il a été décidé de prolonger jusqu'au 11 juillet 2018 le dépôt des demandes d'accréditation dans les Centres de presse des villes-hôtes pour la Coupe du monde de football.

A ce jour, les Centres de presse des villes-hôtes, dont l'agence Rossiya Segodnya est l'opérateur, ont reçu près de 10 500 demandes, parmi lesquelles 3 000 ont été reçues de l'étranger.

Je voudrais rappeler que les Centres de presse des villes-hôtes ont été spécialement créés pour les journalistes qui n'ont pas d'accréditation officielle de la FIFA, ainsi que pour les journalistes indépendants et les blogueurs qui veulent exercer une activité professionnelle sur le territoire russe pour couvrir le Mondial. Je rappelle (même si nous avons diffusé des informations détaillées) que ces centres de presse sont ouverts dans chaque ville-organisatrice du Mondial.

Dans le cadre du travail des Centres de presse des villes-hôtes sont régulièrement organisées, comme vous pouvez le voir aujourd'hui, des conférences de presse, des visioconférences, des excursions, des présentations et bien d'autres.

On m'a dit que notre conférence de presse d'aujourd'hui était retransmise dans tous les Centres de presse des villes-hôtes. Je profite de l'occasion pour saluer depuis Samara toutes les villes et tous les journalistes qui travaillent dans les Centres de presse. Je vois dans leurs yeux que les habitants de Samara me soutiennent.

Les règles d'accréditation, les adresses et les horaires de travail des centres de presse sont disponibles sur le site www.footballcitymediacenter.ru. Des informations détaillées à ce sujet sont également publiées sur le site de notre Ministère (mid.ru).

 

Sur la couverture de la Coupe du monde de football

 

Je voudrais vous informer de la couverture de la Coupe du monde de football. De notre côté, je voudrais dire que la mascotte Zabivaka fait des efforts. Ce matin, je me suis réveillée avec la voix cassée tellement nous avons crié pour soutenir notre équipe hier à Kochkino avec les habitants locaux. Je profite de l'occasion pour dire que je soutiens toujours le beau jeu. Mais quand notre équipe nationale joue, c'est elle que je soutiens. Merci pour ce sentiment fantastique de fête hier. Tout le monde constate que les villes qui accueillent le Mondial vivent une atmosphère particulière. Je l'ai certainement senti à Moscou. C'est indescriptible, je pense qu'ici vous le ressentez aussi. Mais parfois, quand nous lisons ce qu'écrit la presse étrangère sur nous, on se demande: vit-on la même époque que les auteurs des articles?

Pendant la dernière conférence de presse, nous avons parlé de l'atmosphère féérique. Chaque jour de plus en plus de personnes la constatent. Nous sommes ravis que plus de deux millions de supporters soient venus et viendront encore en Russie. Je n'espère même pas: je suis certaine qu'ils rapporteront de Russie les meilleures impressions de l'accueil dans notre pays (nous savons le faire) et de l'organisation du Mondial.

En regardant hier la prestation et le jeu des équipes au stade de Saint-Pétersbourg - qui soi-disant n'aurait pas dû exister - je me suis rendue aujourd'hui au stade de Samara qui, selon certaines publications, n'aurait pas dû exister non plus. J'ai été très impressionnée par la vue d'en haut avant d'entrer dans ce quartier et juste devant le stade. La seule chose qui manque est le gazon, qui n'a pas eu le temps de pousser. Peut-être pas pour le match de demain, mais pour le dernier match je pense que l'herbe poussera. Tout le reste est si magnifique que je vous envie, notamment ceux qui pourront assister au match de demain.

Des centaines de millions de téléspectateurs du monde entier suivent les événements sportifs à la télévision. Nous remercions les journalistes et les médias qui transmettent véridiquement et objectivement (je ne dis pas d'une bonne manière ou positive) l'esprit qui règne ici. Tout le nécessaire pour cela est accompli par la Russie à chaque seconde. Je voudrais notamment parler des collaborateurs, des structures publiques et de l'agence Rossiya Segodnya qui ont organisé et assurent la tâche principale de l'accueil et de l'organisation du séjour des journalistes en Russie.

Quelques citations sont réjouissantes. La chaîne américaine CNN a souligné le succès incontestable du réalisateur de la cérémonie d'ouverture Felix Mikhaïlov qui a réussi, selon les journalistes américains, à la remplir de prestations marquantes et inoubliables. Le journal britannique The Sun a noté le duo réussi de la soliste d'opéra Aïda Garifoullina et du chanteur britannique Robbie Williams. Le journal espagnol El Pais a remarqué la grande qualité des édifices sportifs. Plusieurs médias ont noté l'atmosphère d'hospitalité et de joie, les festivités dans différentes villes. Le Guardian écrit aujourd'hui que la Russie "est devenue un lieu magnifique pour le déroulement du Mondial 2018". Le journal écrit également que les supporters britanniques changeront d'avis sur la Russie dans un sens positif. Comme l'indique The Independent, les Britanniques étaient intimidés par les bagarres des ultras russes, alors que ces derniers ne se battent pas mais s'étreignent. Pourvu que cette fraternisation absolue, les chants et les danses qui ont lieu actuellement à Moscou et dans d'autres villes ne soient pas interprétés comme un comportement tactique des Russes pour perfectionner la capoeira. Je ne peux pas l'exclure.

Toutefois, on ne peut pas éviter "un peu de fiel" dans la couverture du Mondial. C'est déjà comique, et ressemble à une satire. Par exemple, le Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a assimilé, pour une raison qu'on ignore, son article sur un ton antirusse à l'ouverture du Mondial en Russie. Que dire? Après de tels articles, M. Johnson, il ne faut pas faire l'hypocrite en disant que vous aimez tant la Russie. Disons-le ouvertement: il y a des politiciens qu'il est très difficile de qualifier d'amis de la Russie. C'est ainsi qu'ils se comportent, telles sont les déclarations qu'ils font.

Le Département d’État américain n'a pas eu la force ni le courage de sortir du cadre de la logique de la Guerre froide. Malheureusement, c'est dans cette logique que certains de nos collègues américains se sont enlisés ces dernières années. Je ne citerai pas leurs déclarations et les horreurs qu'ils décrivent. Je pense que les supporters américains qui se trouvent actuellement en Russie, et ils sont très nombreux même si leur équipe nationale ne participe pas au Mondial, raconteront tout eux-mêmes à leurs responsables à leur retour. Cela pourrait être un bon prétexte pour faire sortir l'establishment politique américain du monde dans lequel il vit.

Je ne peux pas passer à côté des publications vraiment surréalistes parues ces derniers jours. Ces publications font sourire même mes amis étrangers. Par exemple, la BBC a publié un article disant que pour les homosexuels, visiter la Russie serait une "démarche très risquée aux conséquences potentiellement catastrophiques". C'est tout simplement du marasme! Le chef du Centre national de contrespionnage américain William Evanina s'est également distingué par son originalité. Il a suggéré aux supporters américains de ne pas prendre leurs téléphones portables. On a le sentiment qu'ils jugent en se basant sur leurs propres pratiques. Nous nous rendons chez eux avec des téléphones portables. Parfois, quand on décroche, le téléphone se met à dysfonctionner. Mais ce n'est pas parce qu'ils le font à leurs hôtes étrangers qu'il faut croire que tout le monde le fait.

En haut du classement figure un article du magazine allemand Bild daté du 15 juin. Littéralement le lendemain de l'ouverture de la Coupe du monde de football, le magazine a publié un article intitulé "La voix de la vraie Russie". Cet article parle de la lutte d'une Russe contre un grave cancer. Le cynisme de l'auteur est complètement choquant. Dans cet article, apparemment commandé, il spécule sur la situation difficile d'une personne gravement malade en l'associant au Mondial. Je souligne que cet article a été publié dans la rubrique "Mondial 2018". Il faut tomber vraiment bas dans son métier pour faire des choses pareilles!

J'ai été frappée (je ne l'ai pas cru, j'ai demandé aux spécialistes de la langue allemande) de voir que l'article explique ce qu'est la notion allemande de "menchenfreundlich", qui n'aurait pas d'équivalent dans la pensée russe. Avant de s'attaquer à notre pensée, je voudrais suggérer à tous les auteurs de telles publications d'ouvrir un simple dictionnaire ou de consulter un traducteur en ligne.

Dans la langue russe, il existe une traduction précise. Qui plus est, il existe plusieurs synonymes de ce terme qui se traduisent comme "bienveillant", "humain", "philanthrope". Vous vous imaginez un journaliste allemand préparant son article sur le Mondial explique à son public que dans la pensée et la mentalité de l'homme russe, il n'y a pas de notions de bienveillance, d'humanisme et de philanthropie. Ça dépasse tout! Je ne pouvais pas passer à côté. Je suis certaine qu'à leur retour, les supporters allemands parleront de leur expérience personnelle, notamment à ces auteurs, de toutes les bonnes et mauvaises choses qu'ils ont vues. Mais ce sera objectif et honnête. Ces désinformations propagandistes antirusses sont du journaliste déloyal.

Mais ces exemples absurdes, caricaturaux et barbares ne peuvent pas ternir l'image globale de cette véritable fête sportive. Nous le voyons nous-mêmes avec vous. Les impressions des témoins parlent d'elles-mêmes. Voici la citation d'un supporter (pardon, peut-être que tous les termes ne seront pas habituels pour une conférence de presse): "Nous en avons marre des gens qui promettent des problèmes. Si tu te comportes respectueusement, il n'y aura pas de problèmes". Difficile de dire mieux.

A toutes les équipes nous souhaitons un jeu professionnel de qualité et du succès.

 

Sur les festivals itinérants de cuisine régionale "La carte gastronomique de la Russie" dans les villes-hôtes du Mondial 2018

 

Je voudrais vous parler d'un autre projet intéressant mené dans le cadre de la Coupe du monde, intitulé "La carte gastronomique de la Russie", dont l'une des activités est directement consacrée au déroulement du Mondial en Russie. Ce projet est mené par l'Agence fédérale du tourisme en coopération avec le Centre d'export russe et avec le soutien du Ministère de l'Agriculture, du Ministère de l'Industrie et du Commerce, du Ministère russe des Affaires étrangères, de la Fédération des restaurateurs et des hôteliers et de l'Association nationale des cuisiniers de Russie. Le projet vise à populariser notre culture gastronomique et à promouvoir l'information et la possibilité de déguster des plats de cuisine nationale.

11 food-trucks spécialement construits par GAZ pour le projet qui circulent à travers le pays et à l'intérieur desquels sont préparés des plats nationaux représentent les différentes régions russes. Les véhicules ont été conçus spécialement pour ce projet. Ils disposent d'une boulangerie mobile, d'une pâtisserie, d'un salon de thé, d'une beignerie et ainsi de suite en fonction de la cuisine de la région représentée.

Pendant les deux premiers festivals dans les villes-organisatrices du Mondial 2018, Sotchi et Rostov-sur-le-Don, grâce aux cuisiniers et aux auteurs des meilleurs projets de nourriture de rue de la Carte gastronomique de la Russie, les supporters russes et étrangers ont goûté les kalatchs de Moscou, les buzzas bouriates, les kournikis de Rostov, les tourtes ossètes, perepetchis oudmourtes, les huîtres de la mer Noire, la morue de Mourmansk, le mouton avec du raisin mariné et des oignons rouges et même les escargots de Novorossiïsk (j'ignorais que cela existait, pourquoi personne ne m'en avait parlé?).

Par la suite, nous nous familiariserons avec la cuisine baltique, les pâtisseries mordves, la cuisine tatare et d'autres. Les jeunes cuisiniers actuels, les restaurateurs connus et leurs plats sont notre identité, ce que la gastronomie de notre pays peut proposer.

Cette partie du projet se déroule sous la devise WELCOME FOODBALL CUP. Le festival voyage sous l'enseigne fédérale "La carte gastronomique de la Russie". Je voudrais rappeler (certains le savent certainement) que cette partie du festival se déroulera du 14 juin au 15 juillet. Les caravanes portent le nom des capitales du football – Moscou, Saint-Pétersbourg, Saransk, Samara, Nijni Novgorod, Ekaterinbourg, Kaliningrad, Kazan, Volgograd, Sotchi, Rostov-sur-le-Don – et se rendra jusqu'à l'extrémité ouest de la Russie – Kaliningrad. En un mois, les restaurants mobiles vont parcourir près de 10 000 km et présenteront les cuisines des régions et des villes qui accueillent le Mondial 2018, qui seront ouvertes aux supporters russes et étrangers de la Coupe du monde.

L'équipe des cuisiniers se compose de différentes régions. Le format des festivals mobiles permettra de goûter les différents aspects de la cuisine nationale.

Le plus important est le calendrier du festival. Le 21 juin, le festival aura lieu à Nijni Novgorod sur le nouveau quai de la ville; le 28 juin à Kaliningrad; le 6 juillet à Kazan; le 8 juillet à Saransk; le 10 juillet à Samara; et le 14 juillet à Saint-Pétersbourg. Les festivals se tiendront de 12:00 à 00:00.

 

Sur l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le vice-Premier ministre et Ministre belge des Affaires étrangères et européennes Didier Reynders

 

Samedi 23 juin à Moscou, à l'initiative de la Belgique, Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le vice-Premier ministre et Ministre belge des Affaires étrangères et européennes Didier Reynders, qui se trouvera en visite privée en Russie à l'occasion de la participation de l'équipe de Belgique à la Coupe du monde de football.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront l'état et les perspectives des relations bilatérales compte tenu des accords conclus lors de la visite officielle en Russie du Premier ministre belge Charles Michel entre le 29 et le 31 janvier 2018.

La Belgique ayant été élue membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour 2019-2020, un échange d'avis a été prévu sur les possibilités de coopération sur cette plateforme en prenant en compte les priorités des deux pays en politique étrangère.

Les deux ministres aborderont également l'actualité internationale, notamment la situation en Syrie et en Ukraine, ainsi que les relations entre la Russie et l'Otan.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Dernièrement, la situation en Syrie s'est caractérisée par une combinaison complexe de facteurs positifs et négatifs. Nous vous en avons régulièrement tenus informés.

Sur la majeure partie du territoire du pays, où vivent près de 90% de la population, le contrôle du gouvernement légitime se renforce et la vie se normalise progressivement. Les autorités accordent une attention particulière aux régions récemment libérées autour de Damas et au nord de Homs. Ainsi, dans la Ghouta orientale, les rues sont activement déblayées, le secteur résidentiel se reconstruit, l'eau et l'électricité sont rétablis. Des fonds ont été alloués pour la réparation des hôpitaux et des centres médicaux à Nachadia, Harasta, Douma et Mlikha. Dans les régions de Rastan et de Telbis (province de Homs) les premiers travaux pour la reconstruction des lignes à haute tension et des stations de transformation sont terminés, ce qui a permis de rétablir le courant dans plusieurs communes.

Chaque fois, je transmets des informations détaillées fournies par nos experts du Ministère des Affaires étrangères et les spécialistes d'autres départements, du Ministère de la Défense, pour expliquer comment la vie pacifique se rétablit en Syrie, notamment avec la participation de la Russie. Dites-moi, connaissez-vous beaucoup de ministères des Affaires étrangères et de représentants qui racontent comment ils participent à la réhabilitation du pays dont s'est moquée la communauté internationale en leur personne pendant plusieurs années? Savons-nous par exemple, de la part de nos collègues américains, combien de boulangeries ont été reconstruites? Combien de générateurs ont été installés? Quelles écoles ont été ouvertes à nouveau? Nous n'en savons rien. Nous entendons seulement qu'ils vont retirer les troupes, ou encore qu'ils vont tout bombarder, des menaces et ainsi de suite. C'est également un exemple très révélateur, malheureusement, de la manière dont se différencient les approches de nos pays, même si l'on voudrait qu'elles soient proches et concernent le processus de paix syrien. Pour nous (je répète, ce que nous disons le prouve) il s'agit vraiment d'un processus de paix syrien qui doit avoir pour point final le rétablissement à part entière de la vie dans ce pays.

En particulier, la communication ferroviaire a été rétablie entre les provinces de Tartous et de Homs après une interruption de 7 ans.

Dans les régions désertes à l'est et au sud du pays, dans la province de Soueïda, se poursuit l'élimination de ce qui reste des bandes de Daech. La semaine dernière, un territoire d'environ 2 000 km² a été nettoyé des terroristes à l'ouest de la ville de Mayadine dans la province de Deir ez-Zor.

Toutefois, dans la nuit du 17 au 18 juin, des frappes aériennes massives ont été portées contre la position des militaires syriens et de leurs alliés de la milice irakienne Hachd al-Chaabi et du Hezbollah libanais près de la commune d'al-KHari au sud-est de la ville de Boukamal dans la province de Deir ez-Zor. Des dizaines de combattants qui se battaient la veille avec dévouement contre les terroristes ont été tués. Les militaires américains déclarent que les forces de la coalition menée par les USA ne sont pas impliquées dans ce raid.

Dans le même temps, la présence illégale des forces étrangères, qui perdure en Syrie en bafouant grossièrement sa souveraineté, ouvre la porte à tous ceux qui veulent réaliser sur le sol syrien leur propre agenda et disposent des capacités nécessaires. Cette présence ne contribue certainement pas à dissiper chez les adversaires du gouvernement syrien l'illusion d'une hypothétique revanche pour la défaite sur le terrain et à les pousser à une participation constructive à la recherche d'une solution politique. Et cette situation redonne l'espoir aux terroristes d'un retour au chaos et d'une reprise des positions perdues.

Dans ces conditions, il faut absolument avancer vers le règlement politique de la crise en Syrie en s'appuyant sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et les résultats du Congrès du dialogue national syrien de Sotchi. Ils prévoient le maintien de la souveraineté, de l'indépendance, de l'unité et de l'intégration territoriale de la Syrie. La Russie continue de déployer des efforts en ce sens dans ses contacts avec les partenaires du format d'Astana, d'autres protagonistes, l'Onu, le gouvernement syrien et l'opposition.

 

Sur la reprise du financement des Casques blancs par les USA

 

A quoi nos collègues américains allouent-ils des fonds quand il est question de la Syrie? Tout à fait: ils ont décidé de rétablir le financement des Casques blancs, la fameuse organisation que tout accable. Ce sont ces gens qui ont sapé la confiance non seulement en eux (cette question est close), mais qui remettent aussi en question la confiance accordée au ONG humanitaires qui travaillent dans la région. La commande de vidéos mises en scène et d'actions organisées est payée. On parle d'une tranche d'aide de plusieurs millions.

Il est évident que les Casques blancs sont un outil spécialement créé dans la guerre médiatique propagandiste. Il y a quelques années, on avait encore le sentiment qu'ils étaient utilisés, mais à présent nous comprenons et nous savons (faits en main) qu'ils ont été spécialement et initialement créés pour cette activité de provocation. Tout cela a été organisé par plusieurs pays contre le gouvernement légitime syrien, les simples citoyens syriens, ainsi que contre ceux qui aident effectivement ce pays et le monde entier à combattre le terrorisme international.

Je n'ai pas d'informations officielles car c'est aux USA de les fournir, mais j'ai vu dans les médias qu'il s'agissait de plusieurs dizaines de millions de dollars. Vous vous imaginez: au lieu d'allouer de l'argent pour rétablir le fonctionnement de l'infrastructure civile – l'eau potable, les services médicaux, le fonctionnement des écoles, des routes, des transports – on finance des gens qui créent de semaine en semaine, de mois en mois, d'année en année, des situations provocantes et y participent.

 Encore quelques mots sur l'argent. Je sais ce que subit le peuple syrien, pas seulement à partir des dossiers préparés par nos experts et des pourparlers entre les représentants officiels. Je le sais parce que je communique régulièrement avec eux. En effet. Des Syriens viennent chez nous, des enfants syriens arrivent pour bénéficier d'une réhabilitation, je communique avec les journalistes syriens. Ils racontent tout. De plus, il y a des familles (et elles sont nombreuses) où des mariages ont été célébrés entre des citoyens russes et syriens. Ils racontent ce qui s'y passe. Reste encore à évaluer ce que le pays traverse et a traversé durant ces années. Je veux seulement dire ce que les plusieurs dizaines de millions de dollars déboursés pour l'activité qu'on connaît des Casques blancs représentent. Les dernières vidéos mises en scène ont montré au monde entier que des Syriens étaient prêts à participer à ces mises en scène scénarisées et commandées pour de la nourriture, pour la possibilité de rester à l'abri pendant les bombardements ou les agressions des terroristes, pour recevoir une aide afin de guérir les enfants, comme le demande la population civile, pour cela, ils sont prêts à tout, et on peut les comprendre. La guerre ne dure pas depuis un an ou deux. Imaginez-vous ce qu'il est possible d'accomplir quand il est question de plusieurs dizaines de millions de dollars? Voilà le fond de cette politique.

Nous savons (nous ne sommes pas simplement convaincus, nous le savons, nous avons des informations) que les membres des Casques blancs sont étroitement liés aux groupes terroristes en Syrie, notamment au Front al-Nosra, comme en témoignent les reportages des journalistes réellement indépendants qui se rendent sur le terrain. Il ne s'agit pas seulement de journalistes russes, mais aussi occidentaux. Malheureusement, cette information n'arrive pas à percer en Occident. Elle ne s'inscrit pas dans le cadre du concept "Bachar al-Assad doit partir".

Le 26 avril 2018 à La Haye, la Russie a organisé une conférence de presse substantielle consacrée à la démystification de la mise en scène de l'attaque chimique dans la ville syrienne de Douma. A cette activité ont participé les Syriens que l'on avait fait passer pour des "victimes" d'un incident chimique. Tout cela a permis de montrer clairement qu'il s'agissait d'une mise en scène à laquelle ces gens ont participé car ils savaient qu'il n'y aurait pas de possibilité de recevoir de la nourriture ou simplement d'avoir un abri pendant le bombardement du quartier par les terroristes.

Après ce nouveau cycle de soutien financier, ces immenses investissements financiers par rapport à ce qui se passe dans la région et au besoin éprouvé par la population civile, nous attendons de nouvelles désinformations sur l'usage de l'arme chimique par le gouvernement syrien contre la population. C'est une activité payée et commanditée. Nous recevons des signaux que de telles provocations se préparent. En présence d'informations vérifiées, nous chercherons à en parler préalablement pour empêcher de telles actions.

 

Sur la situation au Yémen

 

Ces derniers jours, la situation militaro-politique au Yémen évolue selon un scénario très négatif.

On constate une intensification des frappes de bombes et de missiles menées par l'armée de l'air de la "coalition arabe" dirigée par l'Arabie saoudite contre la capitale yéménite Sanaa et son agglomération, qui a résulté sur une augmentation du nombre de civils tués et blessés et une augmentation des dégâts infligés à l'infrastructure sociale.

De leur côté, les partisans du mouvement houthi Ansar Allah ont intensifié leurs attaques, notamment en utilisant des missiles contre les régions saoudiennes frontalières avec le Yémen.

Tout cela sur fond d'opération Gold Victory (Bataille d'Al Hudaydah) menée depuis le 13 juin 2018 par les groupes armés yéménites loyaux envers les autorités légitimes de ce paysn avec le soutien de l'aviation et de la flotte de la "coalition" pour nettoyer des Houthis l'artère logistique de transport cruciale du Yémen: le port de Hodeïda en mer Rouge. Selon les informations rapportées, les "alliés" ont réussi à prendre le contrôle de plusieurs quartiers adjacents, y compris de la région de l'aéroport. L'évacuation de la population civile de ces quartiers avec l'aide des structures internationales spécialisées se déroule, mais, malheureusement, on ne parvient pas à éviter les victimes parmi les civils. Et bien que le terminal de Hodeïda continue de fonctionner pour accueillir les cargaisons humanitaires, on ne peut pas exclure sa mise hors service à tout moment - ce qui aurait des conséquences catastrophiques pour les Yéménites.

A cet égard, il faut noter les efforts de l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour le Yémen Martin Griffiths. En dépit des risques, il s'est rendu à Sanaa du 16 au 19 juin pour des consultations avec les opposants au gouvernement légitime yéménite concernant le processus de paix, avant tout sur les éventuels paramètres de désescalade à Hodeïda.

Moscou part de la nécessité d'apporter un large soutien à cette activité du représentant de l'Onu. Nous sommes convaincus que le gage de son succès est la cessation au plus vite du conflit interyéménite par les belligérants, et dans l'ensemble l'abandon de la force en tant qu'argument dans le litige sur la construction politique du Yémen qui, nous en sommes convaincus, ne peut pas être réglé autrement qu'à la table des négociations. Nous appelons de nouveau les protagonistes yéménites et les acteurs régionaux qui les soutiennent à marquer une pause pour prendre conscience de ce postulat parfaitement évident, de notre point de vue, pour ne pas priver le peuple de ce pays en souffrance du rétablissement de la paix et de l'entente, bien évidemment avec la contribution de la communauté internationale.

 

Concernant la situation actuelle sur l'axe israélo-palestinien

 

La situation sur l'axe israélo-palestinien reste difficile et explosive. Ces derniers jours, on assiste à un nouveau sursaut de tension autour de la bande de Gaza.

Selon les informations rapportées, depuis le 17 juin 2018 l'armée de l'air israélienne a bombardé les sites d'infrastructure de la branche armée du Hamas à Gaza suite aux cas, devenus plus fréquents, de lancement de cerfs-volants en feu ou de ballons avec des substances inflammables, et en réponse aux tirs de roquettes contre le territoire israélien. Cette nuit, l'armée de l'air israélienne a lancé sa plus grande attaque depuis une semaine en visant plus de 20 cibles dans la bande de Gaza.

Moscou est préoccupé par le nouveau cycle de violence dans la bande de Gaza. Nous prônons la diminution du niveau de confrontation et nous nous opposons à l'escalade de la situation, nous appelons les protagonistes à la retenue et à renoncer aux démarches susceptibles d'entraîner un conflit à part entière. Il est évident que de tels incidents témoignent de la nécessité de relancer sans attendre les négociations substantielles sur la base connue du droit international encadrant le processus de paix au Proche-Orient afin de déboucher sur des décisions justes à long terme dans l'intérêt aussi bien des Palestiniens que des Israéliens.

 

Sur la situation actuelle en Afghanistan

 

La situation en Afghanistan reste difficile. L'opposition armée, en la personne des talibans, contrôle une grande partie du territoire du pays et organise périodiquement des attentats retentissants, notamment à Kaboul. Sur cette sorte de "champ de bataille", la situation est sans issue et ne permet à aucun des belligérants de prendre le dessus.

Dans ce contexte, la Russie a salué l'initiative du Président afghan Ashraf Ghani pour le début des négociations avec les talibans sans conditions préalables, et le cessez-le-feu qui a suivi aussi bien du côté du gouvernement que du côté des talibans. Nous soutenons également la prolongation du cessez-le-feu de 10 jours annoncée par Kaboul.

Cependant, la trêve observée pour la fête de fin du Ramadan a été ternie par les attentats des 16 et 17 juin à Jalalabad qui ont fait plus de 40 morts, non seulement des civils et des militaires des forces de sécurité afghanes, mais également des talibans qui participaient aux cérémonies festives conjointes. L'un des attentats a été revendiqué par le groupe extrémiste Daech.

Nous condamnons fermement cette action barbare qui montre une fois de plus le vrai visage du terrorisme international, qui empêche par tous les moyens l'établissement de la paix et de la stabilité en Afghanistan. Ces attentats avaient indéniablement pour objectif d'empêcher les tentatives d'établir un dialogue pour cesser la guerre fratricide qui perdure.

Nous avons prévenu plusieurs fois qu'il était nécessaire de lutter continuellement et sans appel contre Daech, qui est une menace non seulement pour l'Afghanistan, mais également pour la paix et la stabilité sur tout le continent asiatique. Nous espérons que les autorités afghanes et les forces de la coalition internationale se trouvant dans le pays renforceront la lutte contre ce groupe extrémiste et d'autres groupes armés radicaux alliés.

 

Sur la déclaration d'Austin Miller concernant le prétendu soutien des talibans afghans par la Russie, l'Iran et le Pakistan

 

Nous avons reçu de nombreuses demandes de commenter la déclaration du général Austin Miller, candidat au poste de commandant des forces armées des USA et de l'Otan en Afghanistan,  sur le prétendu soutien des talibans par la Russie évoqué le 19 juin 2018 dans ses réponses écrites préparées pour les audiences d'examen de sa candidature au Sénat américain.

Ce thème n'est pas nouveau. Depuis un an, nous constatons d'innombrables désinformations de représentants à ce sujet avec des formules pratiquement identiques et sans preuves, ce qui est déjà devenu classique.

On a vraiment l'impression que les tentatives des USA de déformer l'activité de la Russie sur le dossier afghan sont entreprises pour détourner l'attention de leurs nombreuses erreurs commises pendant (je le rappelle à ceux qui l'ignorent et à la jeune génération) plus de 16 ans de présence en Afghanistan.

De plus, la Russie a indiqué à différents niveaux et à plusieurs reprises que l'une des sources de soutien des talibans était le soutien militaire de Kaboul par les USA, qui est réalisé sans le suivi nécessaire et qui est souvent pillé sur place. Quand nous le soulignions, nous citions les sources américaines, les experts et les journalistes indépendants.

Nous n'avons pas reçu de réponse claire des USA concernant la projection d'armements et de combattants du groupe terroriste international Daech par des hélicoptères non identifiés (nous en avons parlé en détail) dans l'espace aérien afghan entièrement contrôlé par les USA et l'Otan. De quels hélicoptères s'agit-il? Il n'y a toujours pas de réponse.

Nous sommes certains que le nouveau commandant des forces des USA et de l'Otan en Afghanistan devrait commencer son activité non pas en formulant des accusations infondées et étranges contre les voisins de ce pays et la Russie, mais en parlant de ce qui doit être fait, à savoir corriger ses propres erreurs et renforcer l'atmosphère de confiance entre les États pour régler le problème afghan.

 

Sur la sortie des USA du Conseil des droits de l'homme de l'Onu

 

Ce n'est pas le premier zigzag des Américains. Pour la deuxième fois depuis la naissance du Conseil des droits de l'homme (CDH) en 2006, les USA se retirent du travail de cet organe intergouvernemental clé de l'Onu, responsable de l'établissement de la coopération multilatérale dans le domaine des droits de l'homme.

Quand les USA ont réintégré le CDH en 2009 après un premier épisode d'"absence délibérée", certains ont eu l'impression que les collègues américains avaient tiré des leçons de cette situation et que la page du "boycott" était tournée à tout jamais. Mais c'était un leurre. Les USA ont de nouveau infligé un grave préjudice à leur propre réputation en matière de droits de l'homme et ont montré leur mépris non seulement vis-à-vis du CDH, mais également envers l'activité de l'Onu et de ses structures dans l'ensemble.

Nous sommes surpris par le cynisme banal et insolent des collègues américains qui refusent obstinément de reconnaître les problèmes gravissimes relatifs à la garantie des droits de l'homme chez eux, tout en cherchant indéfiniment à remanier la composition du Conseil pour l'adapter à leurs propres intérêts politiques (en partant uniquement de ces intérêts). Ils affirment que les "grands transgresseurs des droits de l'homme" n'ont pas leur place au CDH.

Les tentatives d'imposer par la force la vision américaine extrêmement spécifique des "droits de l'homme" à d'autres pays est en soi un grossier écart aux valeurs humaines et aux normes civilisées de comportement sur la scène internationale. Le CDH, tout comme l'ensemble du système de l'Onu, est appelé à servir tous les États membres, et non un pays ou un groupe de pays en particulier. Si les USA professent la démocratie comme l'unique forme possible d'existence d'un État, pourquoi refusent-ils à la communauté internationale la démocratie dans les relations internationales?

La sortie des USA du Conseil des droits de l'homme n'était pas une surprise pour nous. Son retrait de l'Unesco et la situation actuelle avec le CDH confirme que Washington est prêt à interagir uniquement avec les mécanismes multilatéraux qui vont dans son sens et uniquement sur les questions qui correspondent à ses intérêts. La situation avec l'Unesco est identique. Au CDH nous constatons une immense pression des "diplomates" américains - comme ils les considèrent formellement, mais les diplomates doivent utiliser l'art de la diplomatie, pas le recours à la force et la lutte armée - notamment sur l'exemple de l'activité de la délégation américaine au Conseil de sécurité des Nations unies. Regardez ce que font nos partenaires occidentaux dans d'autres structures directement liées à l'Onu, par exemple à l'OIAC. C'est une pression colossale! Rien que l'"affaire Skripal" a montré leur volonté de remanier cette organisation pour l'adapter à leurs propres besoins absurdes et fictifs. Ce n'est qu'un exemple.

Dans le même temps, le CDH travaillait déjà assez efficacement sans la participation des USA et continuera de le faire.

Personne ne se réjouit de la non-participation des USA. Nous pensons que c'est une erreur. Les États-Unis travaillent et utilisent leur puissante et forte ressource non pas pour le bien, mais uniquement pour imposer leurs intérêts. Mais le fait est que ces intérêts changent et deviennent diamétralement opposés sur la scène politique américaine intérieure. S'il existait un concept commun compréhensible pour le monde, on pourrait comprendre la dureté des actions – parce qu'ils appliquent cette ligne de principe. Mais ce n'est pas une ligne de principe. Regardez ce qui se passe avec l'Iran et l'accord nucléaire. C'est l'un des exemples. Par conséquent, ce ne sont pas des questions de principe. Or si ce ne sont pas des questions de principe, si la position n'est pas de principe, comment peut-on remanier le monde entier pour l'adapter à sa vision? Pourquoi le monde entier doit-il participer à toutes ces fluctuations de l'establishment politique américain?

Certes, il y a des défauts et des lacunes dans l'activité du CDH (ce n'est pas une structure parfaite, mais les structures parfaites n'existent pas), mais il a montré sa viabilité.

La Russie continuera de travailler activement au développement d'un dialogue dépolitisé, constructif et mutuellement respectable au Conseil pour encourager et à protéger les droits de l'homme dans toutes les régions du monde. C'est à ces fins que la Russie a avancé sa candidature au CDH pour 2021-2023.

 

Concernant le communiqué de presse du Département d’État américain "sur les prisonniers politiques et religieux détenus par le gouvernement russe"

 

Nous avons pris note du communiqué de presse diffusé par le Département d’État américain le 18 juin "sur les prisonniers politiques et religieux détenus par le gouvernement russe". Il fallait le publier justement à cette date, immédiatement après l'ouverture du Mondial! Tout est fait pour ternir la véritable atmosphère de fête sportive et attirer l'attention sur des questions problématiques, voire les inventer.

La position exprimée par le Département d’État américain est une véritable tentative des USA d'inventer et d'insuffler leur propre vision du thème des droits de l'homme. Cela est déjà arrivé. En l'occurrence, cela a coïncidé avec la sortie des USA du CDH.

Tout le monde en a assez et ne prend pas au sérieux le ton hautain, le positionnement de soi comme l'autorité absolue en matière des droits de l'homme, la négligence totale des traditions, de l'histoire, des valeurs culturelles d'autres pays et nations. Quand de telles coïncidences se produisent - d'un côté, un document est publié sur les droits de l'homme, de l'autre l'Amérique se retire du CDH - on tombe vraiment dans le registre de l'absurde.

Nous avons fourni à de nombreuses reprises des explications concernant les personnes poursuivies et détenues, conformément à notre législation, pour différents crimes graves. Les appels des USA à libérer des personnes condamnées pour terrorisme et extrémisme peuvent être considérés comme une justification de tels actes, ce qui est inadmissible. Pour notre part, nous trouvons inacceptables toutes les tentatives d'ingérence dans nos affaires intérieures, dans le travail des forces de l'ordre russes et de la branche judiciaire du pouvoir.

Bien naturellement, les auteurs du document ont laissé entre parenthèses la situation des droits de l'homme, de la démocratie et de la primauté du droit aux USA-mêmes (comme s'il n'y avait pas de questions à ce sujet), à savoir les problèmes systémiques grandissants liés à la discrimination raciale enracinée, l'impunité pour le traitement inhumain et les tortures dans le cadre des programmes spéciaux de la CIA et d'autres problèmes dans ce domaine. Sans parler de la chasse aux citoyens d'autres pays accusés de violation de la législation nationale américaine, menée à travers le monde par les agents américains. Sachant que ces mesures sont prises pour des histoires inventées, fictives ou mises en scène pour capturer des individus et les transférer secrètement ou non aux USA. Les répressions des USA contre Constantin Iarochenko et Viktor Bout et d'autres citoyens russes le confirment.

Les tentatives d'imposer par la force la vision américaine extrêmement spécifique des "droits de l'homme" à d'autres pays est un grossier écart aux valeurs humaines et aux normes civilisées de comportement sur la scène internationale.

Il faut commencer par soi-même. Depuis combien d'années entendons-nous parler de la fermeture de la prison odieuse située sur la base américaine de Guantanamo? Depuis combien d'années tout cela reste inaccompli alors que ces promesses faisaient notamment partie des campagnes présidentielles des politiciens américains? La prison de Guantanamo est devenue un symbole de nihilisme juridique et de violation des normes des droits de l'homme par les autorités américaines.

Nous appelons une nouvelle fois nos collègues à s'occuper sérieusement de ces problèmes urgents chez eux, à entendre les nombreuses recommandations insistantes des structures internationales spécialisées et des militants des droits de l'homme, y compris internationaux, et à renoncer au ton de mentor dans les déclarations prononcées vis-à-vis de la Russie. Nous n'avons pas besoin de telles leçons. Nous prônons la coopération, l'interaction équitable et le travail sur les problèmes, mais pas une telle approche.

 

Sur la création des forces militaires spatiales des USA

 

Nous avons remarqué la consigne donnée par le Président américain Donald Trump au président du Comité unifié des chefs d'état-major Joseph Dunford de faire des forces militaires spatiales de l'armée de l'air une structure militaire à part. Le plus inquiétant dans cette nouvelle est l'objectif clairement annoncé: garantir la "domination américaine dans l'espace".

Cette démarche est une confirmation de plus que Washington projette d'envoyer des armes dans l'espace extra-atmosphérique pour d'éventuelles opérations militaires. De toute évidence, les USA n'ont pas l'intention de renoncer à leur volonté de recourir à la force dans l'espace (y compris de manière préventive), inhérente aux doctrines de l'administration de Barack Obama.

Nous suivons très attentivement ces aspirations de Washington et nous analysons minutieusement les conséquences éventuelles. Il est clair dès à présent que le renforcement du potentiel militaire américain dans l'espace (notamment après l'apparition des armements) aurait un impact déstabilisant sur la stabilité stratégique et la sécurité internationale.

La Russie adopte une position diamétralement opposée, accordant une priorité à l'usage et à l'étude de l'espace uniquement à des fins pacifiques. Ces dernières années, nous avons avancé plusieurs initiatives visant à prévenir la course aux armements dans l'espace. Notamment un projet russo-chinois de traité relatif à la prévention du déploiement d'armes dans l'espace et de la menace ou de l'emploi de la force contre des objets spatiaux, dont la version mise à jour a été soumise à l'étude à la Conférence du désarmement en juin 2014. Nous avons l'intention de poursuivre le travail actif dans ce sens en nous orientant sur l'obtention de résultats concrets.

Je voudrais rappeler que les USA ont déjà tenté de s'assurer une domination écrasante dans le domaine militaire. Par exemple, à une époque, ils souhaitaient détenir le monopole de l'arme nucléaire. Tout cela s'est terminé par une violente course aux armements nucléaires et une terrible escalade de la tension sur la scène internationale, avec des conséquences qui se font encore sentir aujourd'hui.

Nous appelons Washington à faire preuve de sagesse et à ne pas reproduire les erreurs du passé. La confrontation d'armement dans l'espace pourrait avoir des conséquences tout aussi nuisibles que la course aux armements nucléaires dans laquelle les USA avaient si imprudemment impliqué le monde après la Seconde Guerre mondiale.

Pour ceux qui s'intéressent aux Forces aérospatiales russes, je souligne qu'elles sont purement défensives. Notre pays ne souhaite pas remplir une quelconque mission dans l'espace en utilisant des moyens offensifs.

 

Sur les publications des médias occidentaux concernant l'"affaire Skripal"

 

On ne constate toujours aucun fait ni aucune base de preuves - seulement des publications qui continuent dans les médias occidentaux. Il est étrange que les représentants officiels soit ne commentent pas (ne répondent pas aux questions concernant le stade de l'enquête), soit maintiennent la ligne dénuée de preuves selon laquelle les Russes seraient responsables de tout. Mais la situation commence à bouger dans l'espace médiatique. Cela n'est pas simplement tardif: c'est tard. Parce que toute l'aberration de ce que Londres a fait est flagrante, et l'omerta qu'ils ont utilisée - en la qualifiant de "solidarité" - est percée à jour à présent.

Cependant, des publications paraissent d'une manière ou d'une autre à ce sujet. Par exemple, le Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson parle dans le Sun du 15 juin de tous les "péchés" de la Russie, y compris de l'empoisonnement des Skripal. Je voudrais souligner, ne me prenez pas au mot, que nous ajoutons effectivement à l'"affaire Skripal" les expressions "ce qu'on appelle", "nous dit-on", "selon les autorités britanniques", parce qu'initialement, il y a quelques mois, Londres voulait précisément faire en sorte que le monde entier parle de ce sujet sans utiliser ces mots d'introduction. Et il a réussi. J'ai récemment accordé une interview à une journaliste scandinave. Pendant notre conversation, elle me posait des questions en disant que les Skripal avaient été empoisonnés, et voulait savoir comment je pouvais commenter la déclaration concernant l'usage de la substance toxique "Novitchok" en telle quantité tout en affirmant qu'elle avait été fabriquée sur le territoire russe ou soviétique, etc. Quand je répondais aux questions et parlais de preuves, en apportant des faits, elle suggérait d'ajouter et de noter absolument que c'était un point de vue de la Fédération de Russie. J'ai alors demandé pourquoi, en utilisant et en citant les déclarations exclusivement unilatérales des politiciens britanniques, elle n'ajoutait pas que c'était du point de vue de l'establishment politique britannique. Pourquoi, quand nous parlons et répondons aux questions concrètes, vous soulignez chaque fois que c'est la Russie qui insiste sur ce point? Autrement dit, tout ce qui a été lancé dans l'espace médiatique par Londres est utilisé a priori comme un fait confirmé. Qui l'a confirmé? Personne.

Dans son article, le Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson justifie une nouvelle fois l'expulsion de diplomates russes. Ce sont des diplomates qui ont été expulsés, mais Boris Johnson utilise constamment le terme "espions". Je voudrais rappeler aux autorités britanniques et à tous ceux qui écrivent à ce sujet que c'est Sergueï Skripal qui était un espion - , aussi triste qu'il soit de l'admettre.  Pour une raison qu'on ignore, il n'est pas qualifié d'espion par les médias britanniques et, qui plus est, par les représentants officiels.

Londres n'a avancé aucun argument qui aurait pu servir de preuve, aucun fait, chiffre, date ou nom.

Ce 15 juin, l'hebdomadaire Der Spiegel a publié un article. Les journalistes ont fait un "inventaire" et analysé toutes les informations disponibles pour constater le caractère infondé des accusations des autorités occidentales concernant l'implication de la Russie dans le prétendu empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille. Selon eux, les motifs attribués à la Russie pour commettre de tels actes ne sont pas évidents, alors que l'argumentation de Moscou paraît logique et trouve une confirmation.

De plus, les auteurs de l'article ont réaffirmé que contrairement aux affirmations des Britanniques, la Russie n'était pas un producteur exclusif, comme ils le disent, de la substance toxique militaire connue sous le nom de "Novitchok". Selon l'investigation des journalistes, des échantillons étaient disponibles aux USA, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas encore dans les années 1990, et la République tchèque l'a même testée jusqu'à récemment.

 

Sur la déclaration de Margaret Thatcher

 

Pendant la dernière conférence de presse, nous avons cité plusieurs déclarations complètement russophobes et les actions que l'élite politique britannique avait pu se permettre par le passé et se permettait encore de nos jours. J'avais notamment cité une déclaration attribuée à Margaret Thatcher - et qui a bien été prononcée, selon toute une série d'experts - où elle affirmait que 15 millions d'habitants «suffisaient» sur le territoire russe, et «qu'on ignorait pourquoi les autres vivaient». Une véritable vague d'attaques de fake a commencé pour dire que cette déclaration était fausse, que c'était une désinformation russe et que Margaret Thatcher n'avait rien dit de tel. Essayons de comprendre.

Il était question du discours de Margaret Thatcher pendant la réunion annuelle de l'Institut américain du pétrole de Houston en novembre 1991. Comme il a été souligné pendant la conférence de presse, nous aurions vraiment voulu, comme je l'ai dit, que ce discours n'existe pas. Nous aurions voulu avoir tort mais, malheureusement, certains faits indiquent le contraire et je voudrais expliquer de quoi il s'agit. En effet, dans l'historiographie, on débat depuis des décennies pour savoir si Margaret Thatcher a tenu ces propos très négatifs sur la Russie. Tandis que des dizaines de politiciens, de chercheurs et de journalistes se réfèrent à ses déclarations, d'autres nient non seulement que Margaret Thatcher l'ait dit à Houston, mais même qu'elle ait participé à cette activité. Vous vous imaginez l'intrigue? Ce sont des as: ne pas analyser les citations, mais embrouiller tout, en commençant par demander si elle a assisté ou non à cet événement. C'est surprenant, comment est-ce possible? Une personnalité légendaire, une personne qui a tant fait pour la Guerre froide, et personne ne sait si elle était à Houston en 1991? De cette manière, quand l'attention focalise sur l'absence de Margaret Thatcher, on nous propose de débattre pour savoir si elle y était présente ou non. On détourne l'attention de ce qu'elle a dit.

D'après les faits dont nous disposons, Margaret Thatcher était bien présente à Houston. Pour s'appuyer sur les sources occidentales, au moins deux articles du New York Times en parlent.

Dans les archives du journal a été retrouvé un article du journaliste Matthew Wald daté du 18 novembre 1991 (https://www.nytimes.com/1991/11/18/business/an-anxious-oil-industry-meets.html), qui décrit l'événement à venir en annonçant que Margaret Thatcher devrait être l'un des orateurs:

Attendance is likely to be up in Houston, because at least for now, the price of oil is a bit stronger. This year, the convention is in the heart of the oil patch, and the featured speaker is Margaret Thatcher, the former Prime Minister of Britain, a major oil producer.

De plus, ce même article note que des spécialistes russes (plus de 50 personnes) devraient également être présents – voilà pour ceux qui mettent en doute nos spécialistes en disant que les Russes ne peuvent se souvenir de rien. Voici une citation à ce sujet également:

Also expected this year are about 50 Russians. "They're probably just trying to rub elbows," Mr. DiBona said. "We don't have anything planned for them."

On pourrait objecter et dire que Margaret Thatcher aurait pu annuler sa visite à Houston. Mais il s'avère que non, elle y a bien prononcé un discours. Voici un article du même auteur dans le New York Times, cette fois du 19 novembre (https://www.nytimes.com/1991/11/19/business/oil-industry-lashes-out-at-restrictions.html), annonçant que Margaret Thatcher n'y a pas simplement participé, mais qu'elle était l'orateur principal:

The attack on environmental initiatives was carried on by Margaret Thatcher, the former Prime Minister of Britain, who was the main speaker today. Mrs. Thatcher, who was once a research chemist, said oil company executives were as concerned as environmentalists about providing a clean environment for their children. But, she said, the country should "have solutions that are sound scientifically, and some of the ones proposed are not."

L'article cite des extraits de son discours en matière de protection de l'environnement, mais étrangement les archives du site de Margaret Thatcher Foundation, considérées comme la base principale de tous les discours de Margaret Thatcher, ne mentionnent pas du tout ce grand événement de la vie des pétrochimistes. La question de savoir pourquoi le discours n'a pas été officiellement enregistré est rhétorique. Peut-être qu'il s'agissait d'un événement clos (ne supposant pas la publication intégrale de ce discours), peut-être que le discours a été enregistré sans être publié ensuite. Beaucoup de questions peuvent se poser aujourd'hui.

La Margaret Thatcher Foundation elle-même reconnaît que ses archives ne contiennent pas tous les discours de Margaret Thatcher, ce qui n'est pas étonnant puisque l'on parle d'une époque où internet et les technologies numériques n'existaient pas. De plus, certains discours de politiciens étaient et continuent d'être prononcés "off the record".

Les souvenirs du journaliste russe S. Pavlov, qui a participé à cet événement, sont en accès libre (https://moiarussia.ru/margaret-tetcher-kak-my-razrushali-sssr/). Il écrit notamment:

"J'ignore si elle a été avertie de la présence des Russes dans la salle (peut-être pas). Margaret Thatcher était une femme tout aussi intelligente que cynique. Son rôle dans la destruction de l'Union soviétique était considérable et elle cherchait à en parler très franchement. Son estimation de l'état de l'économie de l'URSS et de la métamorphose qu'elle a subie est très différente de ce que nos médias nous disaient… Certes, il est impossible de se souvenir du discours avec précision. Mais le soir-même, nous avons essayé de nous souvenir collectivement  de ce qui avait été dit pour l'écrire".

Toute une investigation intitulée "Pourquoi la Russie n'est pas l'Amérique" a été consacrée à ce sujet par le journaliste Andreï Parchev, se référant à l'enregistrement audio de l'événement à sa disposition (http://lib.ru/POLITOLOG/PARSHEW/parshew.txt).

Andreï Parchev mentionne également que quand il a entendu le chiffre de 15 millions d'habitants, il pensait avoir mal entendu et qu'il devait probablement s'agir d'au moins 50 millions. Mais en réécoutant, il a compris qu'il s'agissait bien de 15 millions.

Toute un pléiade de chercheurs, de politiciens, de journalistes et d'historiens russes, comme le Directeur du Centre d'études russes à l'Institut d'études fondamentales et appliquées de l'Université d’État Lomonossov de Moscou Andreï Foursov (http://mediamera.ru/post/14261) et le Président du Conseil suprême de l'URSS et rédacteur chef du magazine Mejdounarodnaïa Jizn (Vie internationale) Anatoli Loukianov (https://www.youtube.com/watch?v=0u9U-cAOfiI) se réfèrent à ce discours (https://interaffairs.ru/news/show/7851).

Comme nous l'avons déjà dit, il aurait été merveilleux qu'un tel discours n'ait pas existé et que tout le monde ait tort. D'autant qu'au final, l'avis d'un historien est toujours subjectif. Malheureusement, à ce jour, il y a plus de questions que de réponses.

Que faire? Qui croire? Ceux qui se souviennent et ont participé à cet événement ou ceux qui nient formellement la participation même de la Dame de fer au forum et, pour une raison qu'on ignore, suppriment des sources ouvertes toute information à ce sujet? Cependant, quand il est question de l'un des principaux idéologues de la Guerre froide, on peut "highly likely" admettre que ce discours a effectivement eu lieu et que ces propos précis ont été prononcés, comme l'indiquent les auteurs des recherches mentionnées.

De plus, je voudrais noter que jusqu'à présent, pratiquement une semaine depuis notre dernier commentaire, nous n'avons pas reçu de démenti officiel des autorités britanniques. C'est un fait également. Nous avons reçu une vague de réaction manifestement propagandiste sur les réseaux sociaux. D'après moi, c'est précisément le fait des "trolls" auxquels se réfère constamment l'Occident en accusant la Russie, alors qu'en réalité c'est lui qui en paie contre Moscou.

En tout cas, notre expérience a réussi et nous avons identifié un très grand nombre de personnes qui mènent un travail subversif sur les réseaux sociaux.

Nous n'oublions pas ce sujet et continuerons de le suivre. Je répète que désormais, les collègues britanniques nous ont offert une thèse unique, et nous pouvons parler sans crainte même des choses qui, peut-être, n'ont pas eu lieu, avec une forte probabilité, "highly likely".

 

Sur les propos de la Ministre canadienne des Affaires étrangères

 

Encore un autre thème. Je ne peux pas ne pas commenter les propos tenus par la Ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland quand elle a reçu le prix du "Diplomate de l'année".

Selon les meilleures traditions des discours des diplomates occidentaux, la ministre canadienne a malheureusement divisé l'ordre international en "démocraties libérales" et "régimes autoritaires". Selon elle, ces derniers tentent activement de torpiller les démocraties traditionnelles, de réprimer les jeunes États qui veulent rejoindre le monde démocratique, et de détruire le système des règles internationales par la propagande et l'espionnage.

Cela pose la question suivante. Pourquoi n'a-t-on rien entendu des ministres et des responsables canadiens il y a quelques années, quand il s'est avéré que les services américains écoutaient la chancelière allemande Angela Merkel? D'ailleurs, considèrent-ils l'Allemagne comme un "jeune État" ou l'Amérique comme une "jeune démocratie"? Où sont les propos de Mme Freeland à ce sujet? Nous attendons toujours une réaction.    

Le Canada et ses alliés font naturellement partie des "véritables démocraties", des fondateurs du système actuel du droit international. De son côté,  la Russie est considérée par Mme Freeland comme une antagoniste. Dans le contexte du déclin de la suprématie occidentale dans le monde, la ministre canadienne a souligné qu'il était "nécessaire de contraindre [sic] certaines puissances non-démocratiques à respecter les droits internationaux existants". Les conséquences des actions occidentales au Moyen-Orient sont évidentes pour tout le monde.

La Fédération de Russie a plus d'une fois souligné la nécessité de respecter les principes du droit international, et s'est prononcée pour un monde polycentrique fondé sur les principes de respect mutuel et de non-ingérence.

Nous voudrions indiquer encore une fois que le Canada, pas plus que n'importe quel autre pays, n'a le monopole de la démocratie. C'est pourquoi, nous considérons les propos de la chef de la diplomatie canadienne concernant le statut de la démocratie en Russie comme absolument inappropriés.  

 Nous voudrions rappeler à Chrystia Freeland certaines caractéristiques principales de la véritable démocratie libérale, soulignées dans une note d'orientation du Secrétaire général de l'Onu sur la démocratie.

Il s'agit notamment de la primauté du droit, de la transparence et des droits de l'homme. Ces caractéristiques d'une démocratie ne sont évidemment pas exhaustives, mais il est, sans elles, impossible de considérer un système politique comme une démocratie à part entière.

Ensuite, attirons l'attention de Chrystia Freeland sur certains aspects de la politique étrangère de son pays pendant son mandat ministériel. Nous constatons malheureusement un mépris fréquent envers les principes susmentionnés, ou tout simplement un torpillage de l'ordre mondial fondé sur le droit international que la ministre canadienne appelle à protéger.

Malgré les propos de Chrystia Freeland sur l'importance du respect des règles internationales, rappelons que le Canada viole activement les principes du droit international, notamment par l'envoi de ses propres troupes en Syrie dans le cadre de sa participation à la "coalition internationale".  

Je vais citer quelques exemples. Le Conseil de sécurité de l'Onu n'a pas autorisé l'opération militaire de la "coalition internationale" à laquelle participe le Canada en Syrie. L'article 51 de la Charte de l'Onu sur l'autodéfense collective et individuelle est lui-aussi difficilement applicable à l'ingérence militaire canadienne dans les affaires intérieures de la Syrie.  

Enfin, le Canada n'a pas été invité par le Gouvernement syrien qui a rappelé à plusieurs reprises la nécessité que toutes les troupes étrangères présentes illégalement sur le territoire syrien se retirent pour assurer un règlement politique efficace d'après-guerre. Je veux dire ouvertement que le Canada se trouve illégalement sur le territoire syrien et viole le droit international. Tout cela soulève la question suivante: comment le Canada démocratique respecte-il le droit international dans ce cas-là? La réponse est simple: il ne le fait pas.

Le principe de primauté du droit n'a pas non plus empêché le gouvernement canadien d'altérer considérablement les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité de l'Onu afin de changer le régime libyen. Rappelons que le seul objectif de ces résolutions était de former une zone d'exclusion aérienne afin d'empêcher que l'aviation militaire gouvernementale soit utilisée contre la population civile du pays.

Les actions du Canada et de ses alliés de l'Otan, notamment l'organisation d'une campagne aérienne et navale de grande envergure visant à faire chuter le gouvernement de Mouammar Kadhafi, ont clairement dépassé les limites des résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu, voire ont directement contredit ces textes.

Une telle altération des principes du droit international, visant la mise en œuvre d'intérêts particuliers, menace le système du droit international que Mme Freeland a évoqué avec tant de détails.       

Comme nous l'avons déjà dit, une véritable démocratie libérale doit aspirer au principe de transparence, notamment s'il s'agit de sa participation éventuelle à un conflit armé qui a déjà tué des milliers de personnes.

Je ne peux pas ignorer le fait que Chrystia Freeland a mis en décembre dernier l'Ukraine sur la liste de contrôle des destinataires potentiels d'armes automatiques.

Ainsi, des entreprises privées peuvent désormais demander au Ministère canadien des Affaires étrangères l'autorisation d'exporter vers l'Ukraine des armes à feu jusque-là interdites. On ignore toujours si le ministère canadien a reçu des requêtes en ce sens, et si Chrystia Freeland les a approuvées.

En mai dernier, le porte-parole du Ministère canadien des Affaires étrangères a évité les questions de la presse sur ce thème en évoquant la "confidentialité commerciale". La "confidentialité commerciale" prévaut donc sur la transparence pour le Canada? 

Rappelons que le conflit armé dans le Donbass s'est soldé par des milliers de victimes civiles et des millions de réfugiés parmi la population ukrainienne. Comme nous l'avons déjà souligné, les livraisons d'armes vers la zone de conflit ne font que favoriser l'escalade de la crise ukrainienne.

Il n'est pas exclu que le Canada garde secrètes les demandes d'exportation d'armes létales en Ukraine justement pour cette raison. Cette inscription de l'Ukraine sur la liste de contrôle n'est qu'un des exemples de la dilution des principes de démocratie libérale, dont Chrystia Freeland a amplement parlé, par les objectifs économiques et d'autres intérêts canadiens.   

On parle aussi d'un contrat de livraison de véhicules blindés légers dans un État du Golfe, dont le montant atteint plusieurs milliards de dollars. Nous ne sommes pas préoccupés par l'opération-même, mais par les informations des médias canadiens indiquant que ces armements d'assaut canadiens auraient été utilisés en violation des droits de l'homme au Moyen-Orient. Le Ministère canadien des Affaires étrangères a lancé une enquête sur ces incidents, mais Chrystia Freeland a annoncé en février dernier qu'il n'avait pas découvert des "preuves irréfutables" de l'utilisation d'armes canadiennes provoquant la violation des droits de l'homme. Les autorités canadiennes ont refusé de publier le texte complet de l'investigation malgré un grand nombre de requêtes des ONG et de la presse. De quelle transparence s'agit-il? Il faut également souligner l'inquiétude des ONG telles qu'Amnesty International, indiquant que les armes canadiennes pourraient être utilisées dans le conflit au Yémen. En poursuivant ses livraisons d'armes malgré les rapports concernant leur utilisation illégale, le Canada pourrait favoriser ses propres intérêts politiques et économiques au détriment des droits de l'homme.    

Les propos récents de Chrystia Freeland indiquent que les régimes autoritaires tentent sans cesse de discréditer les démocraties "réelles, mais imparfaites", en soulignant leurs erreurs. Je voudrais pourtant indiquer qu'être une démocratie "imparfaite" et lutter activement contre les défauts de son système n'est pas la même chose que violer sciemment les principes fondateurs de la démocratie réelle, ce qu'on constate de temps en temps au Canada.

Encore une question pour les représentants canadiens. Elle est plutôt rhétorique, mais je voudrais néanmoins la poser. Est-ce que les États-Unis sont au courant du fait que le Canada les considère comme une démocratie imparfaite? J'en doute fort, compte tenu de la conception qu'ont les USA de leur propre exclusivité, promue activement par tous leurs dirigeants.

 

Sur l'activité militaro-biologique des USA dans les pays voisins de la Russie

 

Pendant la dernière conférence de presse, une question a été posée sur l'activité militaro-biologique des USA dans les pays voisins de la Russie.

Nous sommes effectivement préoccupés par l'accroissement de l'activité biomédicale du département militaire américain dans l'espace postsoviétique. Nous pensons qu'en dépit du démenti des Américains, cette activité est menée précisément dans l'intérêt du Pentagone et non à des fins humanitaires telles que la prévention et la lutte contre les maladies infectieuses dans les républiques de l'ex-Union soviétique.

C'est ce que confirme notamment le fonctionnement du "Centre Richard Lugar de recherche en santé publique" (village d'Alexeevka, banlieue de Tbilissi), un laboratoire microbiologique de troisième niveau de protection construit par le Ministère américain de la Défense en Géorgie. Sur sa base a été déployée une administration permanente des recherches médicales de l'armée de terre américaine (US Army Medical Research Directorate-Georgia) chargée de l'étude des infections particulièrement dangereuses et de leurs bacilles – des agents potentiels d'armes biologiques. C'est ce département des forces armées américaines qui finance entièrement l'activité de ce laboratoire, mais ce qui est naturellement caché derrière la modeste étiquette de "locataire des locaux". Si des locataires américains venaient vous voir, soyez prudents: il pourrait s'agir du centre médical de l'armée de terre américaine.

Cette administration est opérationnellement subordonnée au commandement médical des forces armées des USA en Europe, et fonctionnellement il s'agit d'une antenne de l'Institut de recherche Walter Reed de l'armée de terre américaine (situé à Silver Spring, dans le Maryland). L'une de ses missions consiste, sur le plan antiépidémique, à préparer le territoire géorgien au déploiement de grands contingents militaires des USA et de leurs alliés.

Nous remarquons également de telles provocations du Pentagone dans d'autres pays à proximité immédiate des frontières russes. L'ingérence impardonnable des militaires américains dans les questions relatives à la sécurité biologique dans les républiques de l'ex-URSS conduit à la déformation des systèmes nationaux de santé publique et augmente les risques d'infections dangereuses et très dangereuses, notamment sur le territoire russe.

Les USA ont mené leur programme offensif d'armement biologique jusqu'en 1969, quand le Président Richard Nixon a annoncé sa fermeture. Washington a adhéré à la Convention sur l'interdiction des armes biologiques ou à toxines de 1972. Mais en 2001, les USA ont fait échouer les négociations internationales pratiquement terminées à Genève sur l'élaboration d'un mécanisme de vérification de cette Convention et continuent, depuis, de bloquer leur reprise.

 

Sur la situation concernant le personnel des représentations diplomatiques des USA et de la Russie

 

Pendant la dernière conférence de presse, il m'a été demandé de commenter la situation concernant le personnel des représentations diplomatiques des USA et de la Russie. Je voudrais dire qu'une expulsion a été organisée par les USA et a été suivie d'une réponse symétrique. Je voudrais rappeler que le 29 décembre 2016, le Département d’État américain, sans en indiquer la raison, nous a notifiés de sa décision de proclamer 35 diplomates russes personæ non gratæ. En dépit des actions conventionnelles, dans ce genre de cas, de totale réciprocité, la Russie s'est abstenue de réagir pendant sept mois. Sachant que nous n'avons même pas été autorisés à combler les places libérées. On nous pose souvent la question: oui, c'est effectivement le cas, je le confirme. C'est seulement après l'adoption, par le Congrès américain le 27 juillet 2017, de la loi proclamant officiellement la Russie d'"adversaire" et plusieurs autres actes hostiles à notre égard que nous avons dû adapter les effectifs diplomatiques en conséquence. Sachant que nous avons donné un avantage aux USA en comptant, dans la parité conditionnelle, les collaborateurs de leur Représentation permanente auprès de l'Onu, même si elle n'a rien à voir avec les affaires bilatérales et que son partenaire est l'Onu, avec son siège à New York.

Nous entendons régulièrement, de la part des Américains, des plaintes concernant le manque d'effectifs. C'est ainsi qu'ils expliquent également la sérieuse complication pour obtenir des visas américains en Russie dont la demande est devenue de facto irréelle en termes de délais – on en est aujourd'hui à 10 mois d'attente pour un rendez-vous. Je voudrais dire que ce n'est pas du tout le cas. La décision de réduire précisément la partie consulaire a été prise par les USA, et ce choix était intentionnel pour créer une atmosphère de mécontentement parmi les citoyens russes.

Nous avons dû réagir symétriquement à la nouvelle décision injustifiée des autorités américaines d'expulser 60 diplomates russes, prise le 26 mars 2018. Et ce sera toujours ainsi, a indiqué le gouvernement russe en cas de nouvelle escalade de la situation dans les relations par Washington.

Ce n'est pas notre choix. Vous connaissez cette phrase, nous la répétons constamment. Malheureusement, nous devons réagir aux démarches hostiles. De notre côté, nous sommes prêts à évoquer avec les Américains nos préoccupations réciproques. Nous avons appelé à plusieurs reprises à le faire. Il s'agit du fonctionnement des représentants diplomatiques et consulaires.

En ce qui concerne les postes devenus vacants en mars dans les établissements diplomatiques russes, par la faute des USA, les pourvoir de nouveau est un long processus – il est physiquement impossible d'envoyer en même temps des dizaines de diplomates travailler aux USA. Nous avons noté les déclarations de Washington indiquant que les autorités américaines n'avaient pas l'intention de nous causer d'obstacles. Nous espérons que les paroles et les actes coïncideront.

 

Réponses aux questions:

Question: Se référant à l'armée syrienne, certains médias, notamment arabes et anglophones, ont écrit récemment que le dispositif chimique utilisé par les groupes armés illégaux pour fabriquer des substances toxiques et explosives avait été évacué en Russie. Est-ce vrai?

Réponse: J'ai également vu cette information sur la prétendue évacuation d'équipements utilisés à de telles fins. Bien évidemment, les commentaires à ce sujet relèvent de la compétence du Ministère russe de la Défense. Étant donné que cette information est apparue récemment, je vais demander des précisions à nos collègues. Des commentaires seront apportés à notre niveau ou au leur.

Question: Compte tenu des cas de plus en plus fréquents d'attaques de piratage, y a-t-il des succès dans la lutte contre les hackers en Russie?

Réponse: Nous entendons tellement d'accusations visant la Russie concernant les hackers que tout cela est déjà recouvert d'un voile de mythes et de légendes. A tous les pays qui en parlent au niveau officiel nous proposons une coopération bilatérale précisément sur les cybercrimes et la cyberfraude.

Nous en avons déjà parlé. Des consultations approfondies et à part entière avec la participation des professionnels du secteur étaient prévues, par exemple, avec l'Allemagne, mais malheureusement, à quelques jours de leur déroulement, alors que tout était convenu, elle a refusé sous prétexte que de prétendues attaques auraient été commises. On soupçonnait que des attaques émanaient du territoire russe - mais c'était précisément le but des consultations d'en parler.

Même chose pour les USA. Nous avons suggéré plusieurs fois d'organiser des consultations dans un format quelconque. Dès qu'on en arrive aux consultations, pour des raisons inconnues ("ce n'est pas le bon moment", nous dit-on) nos collègues américains y renoncent également. Et cela se produit à chaque fois. Ils disent qu'ils voient que les attaques proviennent de Russie. Nous demandons des informations et ils répondent qu'ils les fourniront. Mais ils s'évaporent dès que le moment du contact arrive.

Hormis les paroles et les déclarations de la Russie, il y a également l'activité concrète. Voici l'un des derniers exemples (c'est une information que j'ai vue il y a quelques jours): le tribunal du district Savelovski de Moscou a condamné les membres d'un groupe de hackers dirigé par des habitants de Saint-Pétersbourg, des citoyens russes. Il a été prouvé qu'en mars 2013 et en mai 2015, ce groupe avait obtenu un accès aux comptes des clients des plus grandes banques russes pour dérober plus de 12 millions de roubles. A cette enquête ont participé les forces de l'ordre russes et des criminalistes spécialisés dans la prévention des cyberattaques et l'élaboration de produits pour la sécurité informatique.

Grâce à la coopération des structures officielles et des compagnies privées, cette affaire a été menée jusqu'à sa fin logique: la condamnation. La compagnie mentionnée possède des outils criminologiques en Europe de l'Est et un centre de réaction rapide aux cyberincidents fonctionnant 24h/24. Nous ne voyons aucune difficulté pour enquêter, y compris avec une composante internationale, sur ces affaires. Nous sommes prêts pour ce travail à différents niveaux et dans différents formats. Et il est mené.

Ce n'est que l'un des exemples. Si la communauté internationale présentait toutes les possibilités à disposition au niveau national, en termes de potentiel des organisations internationales, il serait possible d'obtenir de très bons résultats, et c'est précisément ce à quoi nous appelons tout le monde.

Malheureusement, cette information n'est pas relayée en Occident, personne n'est au courant.

Question: Y a-t-il des statistiques de requêtes d'asile politique ou de citoyenneté russe par des étrangers, notamment des pays dits capitalistes de l'Asie du Sud-Est?

Réponse: Évidemment, les statistiques ne sont pas menées uniquement pour les statistiques, mais comme un archivage des requêtes. Au Ministère russe des Affaires étrangères, c'est le département consulaire qui s'en charge, il y a également d'autres structures officielles russes auxquelles sont transmises ces requêtes si elles arrivent via nos établissements étrangers (les ambassades et les consulats généraux).

Ce n'est pas de l'art pour l'art, ce ne sont pas simplement des statistiques, ces demandes et les réponses après l'examen des requêtes et des documents sont archivées. Si vous me laissez vos coordonnées, nous essaierons de vous fournir les informations nécessaires.

Question: Il n'est un secret pour personne que pendant la Coupe du monde, certains chefs d’État et dirigeants passent des accords informels dans les loges VIP des stades, qui deviennent ensuite des documents officiels. Nous avons pu voir pendant le match d'ouverture les chefs d’État se sourire mystérieusement. Quels accords ont déjà été passés pendant les matchs qui ont déjà eu lieu?

Réponse: Vous l'ignorez peut-être, mais nous avons une tradition (j'en parle tout le temps, je ne suis pas sûre qu'elle soit bonne pour les journalistes, mais elle est utile pour les organes publics): la répartition des fonctions. Nous ne commentons pas l'ordre du jour des pourparlers, nous n'annonçons pas et ne dévoilons pas le fond des pourparlers entre les chefs d’État – cela relève des fonctions de l'Administration présidentielle, du Service de presse et du Porte-parole du chef de l’État. C'est pourquoi je ne peux pas vous dire ce dont a parlé le Président, si des accords ont été conclus et sur quoi.

Bien sûr, les grands événements internationaux, non seulement sportifs, mais également culturels et sociaux, sont toujours utilisés pour une communication informelle. Il s'agit de créer une atmosphère particulière pour des contacts de confiance, d'une possibilité de parler à un niveau informel de sujets très sérieux. C'est souvent utilisé dans la pratique diplomatique. Ce n'est même pas une question de confidentialité ou de transparence de l'information échangée, mais plutôt de la possibilité de parler humainement, s'il est possible d'utiliser ce terme pour les chefs d’État et les services diplomatiques, ouvertement et en confiance, d'évoquer quelque chose dans une atmosphère détendue.

Les images qui ont fait le tour du monde, et que j'ai vues en direct quand je suivais le match de notre équipe dans un bar sportif de la rue Tverskaïa à Moscou, ont évidemment suscité beaucoup d'émotions et étaient tout aussi remarquables que les images des buts marqués par nos joueurs. Je suis d'accord avec vous dans ce sens-là.

Question: Quand on étudie la répartition par pays des supporters venus en Russie, on constate que la plupart sont d'Amérique latine, et non d'Europe occidentale. Peut-on dire que les supporters des pays européens ont été en quelque sorte victimes de la propagande menée par les médias occidentaux et, pour une certaine raison, ont eu peur de venir en Russie?

Réponse: Il me semble que le site du Comité d'organisation et Rossiya Segodnya ont publié des statistiques concernant le nombre de fans, de supporters et de personnes plus ou moins liées au Mondial qui sont venus des pays occidentaux. Parlons honnêtement: si un homme a l'occasion de partir quelques semaines pour une raison valable, n'en profiterait-il pas? Probablement aucune déclaration politique ne l'arrêtera. Je plaisante, bien sûr, mais c'est ainsi: le sport et le football sont une question de loyauté, de connaissance et d'une véritable passion des supporters et des fans de ce sport. Il n'y pas de personnes aléatoires: ceux qui sont fans de football et de leur équipe la suivront partout, parce que cela fait partie de l'atmosphère dont les joueurs ont besoin.

Un autre point très important: on me demande souvent pourquoi l'Occident fait de telles déclarations et nous nuit. Évidemment, ils n'ajoutent rien de positif aux relations bilatérales. Par ces déclarations, ils nuisent avant tout au potentiel d'investissement, ils font tout pour réduire l'intérêt envers les capacités potentielles d'investissement dans notre pays. Nous en sommes conscients. Mais c'est dialectique: on a voulu nuire, mais au final cela a été bénéfique. En particulier, ceux qui ont pris ces décisions ont montré leur vrai visage non seulement à nous, mais également à leurs propres citoyens. L'effervescence des publications infernales basées sur les fuites et les références à des sources anonymes, ou simplement les documents qui étaient publiés par les gouvernements occidentaux par rapport à la Coupe du monde à venir et le décalage avec ce que les gens voient en réalité en Russie: tout cela porte avant tout préjudice à ceux qui étaient derrière cette campagne.

J'ai dit aujourd'hui (c'était un jeu de mots, du grotesque) qu'hier nous avons vu un excellent jeu de notre équipe sur un stade qui n'existait pas – comme tout le monde le disait en Occident. Aujourd'hui, j'ai vu un autre stade qui n'était pas non plus censé exister. C'est ainsi que les choses étaient présentés là-bas. Évidemment, en organisant un événement aussi grandiose que le Mondial, il y a forcément des difficultés. C'est notamment pour ça que les Coupes du monde et d'autres grands événements sont organisés pour qu'un pays puisse réaliser les projets qui auraient été difficile d'accomplir sinon. C'est surmonter les difficultés, chercher des solutions. Pourquoi gêner? Si vous n'aidez pas, au moins ne gênez pas. C'est pourquoi je pense qu'il y a quelque chose de positif, je le constate, je le vois, je le lis. Mais beaucoup de choses étaient si indécentes, basses et absurdes que ce n'est pas nous que cela affecte.

Question: Récemment, vous avez passé des vacances à Sotchi. Pouvez-vous parler de vos impressions, de la préparation de la ville pour le Mondial - le plus grand événement sportif international de cette année?

Réponse: C'était un congé phénoménal, il était imprévu. Je réfléchissais à l'endroit où aller. Je venais toujours à Sotchi, si souvent que j'ai enfin voulu me reposer et venir ici à des fins touristiques. Non seulement je n'ai pas regretté, mais je me suis rechargée en énergie qui devrait suffire pour longtemps.

Tout est très bien mais, selon moi, Sotchi (en parlant de la préparation de la ville pour cet événement sportif), soyons honnêtes, se trouve tout de même dans une situation plus privilégiée par rapport à d'autres villes russes. Après les Jeux olympiques, il est probablement moins effrayant d'organiser le Mondial, même s'il a ses propres spécificités et aspects. Les JO sont derrière nous, nous savons tous comment nous nous étions préparés et à quelle pression médiatique propagandiste colossale les habitants de Sotchi avaient fait face. Pour la Coupe du monde nous nous sommes préparés en tenant compte de l'expérience olympique. Ce serait étrange de dire que la ville n'est pas prête, parce qu'elle l'est - cela ne fait aucun doute.

Question: Le secteur touristique se développe activement à Nijni Novgorod, notamment grâce à la Coupe du monde. Que pouvez-vous conseiller pour fixer cette image touristique positive? Serait-il possible d'organiser avec votre aide des voyages de presse pour nos collègues étrangers afin qu'ils parlent de nos sites touristiques à leur public?

Réponse: Nous organiserons avec plaisir un voyage de presse, qui plus est si je peux considérer votre question comme une invitation. En tant que Ministère des Affaires étrangères, service de presse, département qui travaille avec les correspondants étrangers, nous le ferons avec plaisir. L'Association des journalistes étrangers est basée à Moscou. Nous la contacterons pour lui transmettre cette proposition.

En ce qui concerne la fixation de l'image positive, les recettes sont toujours les mêmes: c'est un travail actif, aussi bien professionnel qu'informel, sur internet, sur les réseaux sociaux. Je veux qui dire que gens doivent eux-mêmes parler de la ville sur leurs pages, partager leurs impressions. J'essaie de faire des descriptions de tous les lieux que je visite. Aujourd'hui, j'ai visité le village de Stepnaïa Chentala et plusieurs centaines de milliers d'abonnés Facebook savent à présent qu'il existe, qui y vit et pourquoi cela se traduit comme "bleu lointain" à partir de différentes langues (les chercheurs disent que Chentala se compose de différentes langues).

Aujourd'hui, alors que nous montions au premier étage du complexe sportif du village de Kochki, je passais à côté d'une grande fenêtre (les murs sont vitrés) et m'est venu à l'esprit que derrière la vitre se trouvait la mer. Je comprends qu'il ne peut y avoir de mer ni même la Volga ici. Je reprends mes esprits (car je vois déjà ce bleu), je m'approche de la fenêtre et je comprends qu'en effet les forêts et les champs infinis paraissent bleus sur la ligne de l'horizon. C'est ce fameux bleu-vert, une véritable brume bleue. Je l'ai vu aujourd'hui et j'ai essayé de le photographier.

Autrement dit, il est très important pour les habitants de ces régions et villes de promouvoir leur région, d'en parler. Évidemment, il faut aussi avoir à disposition tout l'éventail des outils professionnels pour ce faire.

Question: Lundi 18 juin, des représentants officiels et des supporters britanniques ont déposé des couronnes dans le Hall de mémoire du kourgane Mamaïev à Volgograd. D'après vous, pourrait-ce être un pas vers la normalisation des relations bilatérales avec le Royaume-Uni?

Réponse: Nous avons, tout comme les habitants de Volgograd, vu ce geste de bonne volonté et de mémoire des Britanniques. Je ne peux trouver que des mots d'encouragement et de gratitude pour ces citoyens britanniques. En effet, c'est vraiment un geste juste et nécessaire. Je pense qu'il est plutôt sincère que protocolaire.

Je voudrais rappeler que nous avons combattu le fascisme ensemble. Toute l'histoire liée à Volgograd/Stalingrad est connue en Occident, en Europe et en Amérique. On la connaît même malgré les tentatives de réécrire l'histoire. Tous ces combats représentent une page spéciale dans l'histoire du XXe siècle. C'est pourquoi il est impossible de ne pas honorer la mémoire des défunts quand on se trouve à Volgograd. D'ailleurs, j'ai visité moi-même le kourgane Mamaïev dans le cadre d'un entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre allemand des Affaires étrangères de l'époque, Frank-Walter Steinmeier. Une partie du programme était consacrée à la visite du kourgane et des tombes, des fosses communes des soldats soviétiques. Il y a également un cimetière allemand. C'est une partie obligatoire du programme des délégations officielles qui se rendent à Volgograd.

Quant à savoir si cela peut représenter un point de départ, je pense que les événements comme la Grande Guerre patriotique ne doivent jamais constituer des points de départ. C'est une constante, un diapason pour notre vie actuelle et les actions sur la scène internationale. Cela ne doit pas être un point de départ ou un prétexte du moment. C'est ce qui doit être avec nous chaque jour, notamment avec ceux qui font de la politique internationale. Mais ces gestes doivent probablement être bien plus nombreux. Ils doivent porter sur le domaine social, économique, financier, sur la communication - notamment personnelle. Nous n'y sommes que favorables.

Je répète: malgré tout le flux d'absurdités et d'indécences émanant du Royaume-Uni, nous avons toujours dit que les peuples de nos pays souhaitaient le contraire. Nous y sommes prêts, nous sommes prêts à entretenir des relations constructives.

Question: Nous avons tous vu comment l'ouverture de la Coupe du monde était pratiquement devenue un espace de maintien de la paix. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian et le Président azerbaïdjanais Ilham Aliev se sont rencontrés avec la participation du Président russe Vladimir Poutine. Une rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan est-elle envisageable à Moscou et la Russie y contribuera-t-elle?

Réponse: Il y a une semaine, j'ai déjà répondu à la question concernant les éventuelles réunions bilatérales de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan, et j'ai dit que c'était aux représentants de ces pays d'annoncer leurs plans éventuels. Mais je peux affirmer que la Russie est entièrement attachée à son rôle de membre du Groupe de Minsk de l'OSCE et qu'elle fera tout pour apporter une contribution constructive et efficace au règlement de la crise actuelle et à la normalisation des relations entre ces deux pays. C'est notre position traditionnelle, c'est une question très sérieuse pour nous.

Question: Plusieurs matchs du Mondial sont encore prévus à Kaliningrad. Comment nos visiteurs étrangers peuvent-ils se rendre le plus facilement dans cette ville compte tenu de sa situation territoriale? Quelles règles s'appliquent aux supporters pour franchir les frontières de la Lituanie et du Belarus?

Réponse: Cette information a déjà été publiée sur le site du Ministère des Affaires étrangères, mais je peux la rappeler en profitant de la tribune de ce Centre de presse du Mondial. Pendant la récente visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Belarus, nos pays ont signé un accord sur certaines questions liées à l'entrée des citoyens étrangers et des personnes sans citoyenneté pour assister aux événements sportifs internationaux. Vous vous souvenez que le travail sur ce document a été long et difficile. Il fallait prévoir les différentes options, les analyser, mais les positions des parties étaient constructives et l'accord a été signé.

Le document réglemente l'entrée pour certaines catégories de citoyens étrangers sur le territoire de l’État d'union pendant la préparation et le déroulement de la Coupe du monde de football 2018 et des Jeux européens qui auront lieu à Minsk en 2019. En particulier, le paragraphe 1 de l'article 2 de l'accord stipule que les citoyens étrangers et les personnes sans citoyenneté qui se rendent à un événement sportif international pendant son déroulement dans l'un des États entrent, sortent, séjournent et effectuent un transit via le territoire de l'autre État sans visa, avec un document d'identité et un FAN-ID, document confirmant l'identité du supporter et attestant que le but du voyage est bien d'assister à l'événement sportif international.

La Lituanie a également donné son accord pour que son territoire soit traversé chaque jour par 4 trains supplémentaires à destination de la région de Kaliningrad pendant la Coupe du monde. Le transit par la frontière lituanienne est possible avec un visa lituanien de transit ou un visa Schengen.

Si vous avez des informations de la part des citoyens étrangers qui ont des questions ou rencontrent des problèmes, je vous prie de nous contacter via les Centres de presse des villes-hôtes, via le personnel qui assure leur travail, via les collaborateurs de l'agence Rossiya Segodnya ou directement via le Ministère des Affaires étrangères et nos représentants. Dans les villes qui accueillent le Mondial, nous avons des représentants du Ministère des Affaires étrangères, y compris à Samara. Nous réagirons rapidement, donnerons des explications ou prendrons les mesures nécessaires.

*-*-*

Merci beaucoup pour votre attention, vous avez supporté ce que chaque semaine endurent à Moscou les journalistes russes et étrangers. J'ai été ravie de visiter Samara: c'était mon rêve, depuis mon enfance mes parents me parlaient de cette ville, et voilà que tout s'est réalisé. Encore une fois merci beaucoup, et à une prochaine fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

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