15 juin 201818:59

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 15 juin 2018

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Sur l'ouverture de la Coupe du monde de football 2018

 

L'ouverture de la Coupe du monde de football 2018 a eu lieu hier au stade Loujniki de Moscou, qui a accueilli plus de 78 000 spectateurs.

La cérémonie était vraiment magnifique et inoubliable. Je voudrais rappeler les chiffres et les faits liés aux préparatifs de cette fête.

Nous sommes encore loin de la finale qui aura lieu le 15 juillet dans ce même stade, mais déjà toutes les agences de presse du monde remarquent l'envergure et la qualité, ainsi que l'atmosphère impressionnante de l'événement organisé en Russie.

Le Mondial accueillera les sportifs dans 12 stades dont la capacité totale avoisine 579 000 places dans 11 villes russes: Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan, Samara, Nijni Novgorod, Ekaterinbourg, Saransk, Volgograd, Kaliningrad, Rostov-sur-le-Don et Sotchi.

Plus de 2 millions de supporters du monde entier sont venus assister à cette fête sportive. Les équipes de 32 pays s'affronteront pour le titre de champion du monde. La mascotte officielle du tournoi est mon co-présentateur d'aujourd'hui – le loup Zabivaka, et le ballon Telstar 18 a déjà visité la Station spatiale internationale.

Le Comité d'organisation du Mondial annonce le début du travail du centre de Coopération policière internationale pour assurer la sécurité pendant le tournoi, qui sera constitué de 150 policiers de 32 pays-participants de la Coupe du monde.

Étant donné qu'une grande partie de nos hôtes se trouvera à Moscou, des mesures sans précédent ont été prises dans la ville pour assurer leur confort et, bien sûr, leur sécurité. Pendant les matchs, les supporters seront transportés par des navettes. Huit itinéraires seront assurés par plus de 100 bus de grande et très grande classe avec les symboles du tournoi. Les transports publics, l'Aeroexpress (train-navette reliant le centre aux aéroports) et les trains seront gratuits pour les supporters. Les employés du métro et d'autres collaborateurs de l'infrastructure municipale ont suivi des cours d'anglais. Près de 1 453 hôtels, pour un total de 201 500 places, ont suivi une classification. 1,4 million de guides gratuits de Moscou ont été publiés et sont disponibles dans les hôtels, les aéroports et les gares.

En prévision du Mondial 5 700 bus, tramways, trolleys et wagons de métro ont été achetés, où ont été installés des écrans et où les matchs sont retransmis en direct. Je voudrais dire que toutes ces informations sont disponibles sur le site du Comité d'organisation. Je vous rappelle ces chiffres pour attirer l'attention sur le site du Comité d'organisation. S'il vous plaît, consultez le site officiel du Comité d'organisation pour recevoir les informations de première main.

Je voudrais rappeler qu'au moins 8 700 volontaires participeront aux matchs et à d'autres activités à Moscou, ville principale du Mondial où se tiendront 12 matchs, dont la demi-finale et la finale. Les hôtes et les habitants pourront assister à près de 70 activités et 20 expositions thématiques dans les musées. 32 postes médicaux stationnaires seront ouverts, 55 brigades mobiles seront organisées, employant 600 personnels médicaux. De nombreux médecins assureront la sécurité médicale pendant l'événement sportif.

Plus de 180 postes médicaux seront installés sur les sites du Mondial. 16 500 stewards ont été sélectionnés et formés par les organisateurs pour travailler lors des 64 matchs du tournoi. Au total, 200 000 personnes ont suivi des formations supplémentaires et des stages d'amélioration des compétences.

12 aéroports ont été rénovés dans les villes-participantes, un nouvel aéroport a été construit à Rostov-sur-le-Don, ainsi que 7 nouveaux stades et 27 nouveaux hôtels.

Plus de 17 000 volontaires du Comité d'organisation Russie 2018 participent au Mondial, dont 7% sont des étrangers de 112 pays et 18 000 volontaires municipaux. Au total, 177 000 requêtes ont été déposées pour devenir volontaire de la Coupe du monde 2018. Statistique intéressante: l'âge moyen des volontaires est de 24 ans et le plus âgé a 80 ans.

Les villes du Mondial seront desservies par 728 trains gratuits de 445 000 places. A vol d'oiseau, la distance entre Kaliningrad et Ekaterinbourg (les deux villes les plus à l'Est et à l'Ouest du Mondial) est de 2 489 km. C'est une distance immense, notamment à l'échelle européenne, qui réunit la partie européenne et asiatique du continent.

536 activités culturelles auront lieu dans les villes-organisatrices du tournoi.

Des Centres de presse municipaux ont été ouverts dans toutes les villes-participantes du tournoi. L'audience télévisuelle attendue est d'environ 3 milliards de spectateurs. Les matchs seront retransmis par 196 chaînes dans 212 pays. Le nombre de téléspectateurs de la finale à Moscou le 15 juillet dépassera la moitié de la population de la planète.

Des espaces uniques ont été ouverts dans les villes du Mondial pour le Festival des supporters, des Fan-fests qui seront ouverts non seulement pendant les jours de match, mais également durant toute la compétition. La capacité totale de toutes ces zones est de 217 000 personnes. Ces zones sont munies de grands écrans, et un grand nombre de services a été mis en place – de la zone de visionnage des matchs et des stands des partenaires de la FIFA aux zones de catering et de divertissement pour enfants. L'entrée est gratuite et ne nécessite aucun document supplémentaire.

Pour conclure, un peu d'informations de la part des spécialistes du domaine économique. L'effet annuel à long terme de la Coupe du monde de 2018 pour le PIB de la Russie dans une perspective sur 5 ans s'élèvera à 150-210 milliards de roubles (2 à 2,7 milliards d'euros).

Nous espérons que vos reportages seront objectifs. Nous sommes ravis que les mythes propagés à la veille de grands événements internationaux organisés à Moscou se dissipent progressivement. Les gens peuvent voir de leurs propres yeux comment est organisé ce plus grand événement sportif.

Je voudrais dire encore une fois bienvenue à tout le monde!

 

Sur les journalistes séjournant en Russie pour couvrir le Mondial 2018

 

Nous voulons noter le grand intérêt de la part des journalistes et des blogueurs pour obtenir une accréditation dans les Centres de presse municipaux dont l'agence Rossiya Segodnya est l'opérateur: près de 10 000 requêtes ont déjà été déposées, dont environ 2 500 de pays étrangers.

Je voudrais rappeler que les Centres de presse municipaux ont été spécialement créés pour les journalistes qui n'ont pas d'accréditation officielle de la FIFA, ainsi que pour les journalistes indépendants et les blogueurs qui ont l'intention d'exercer une activité professionnelle sur le territoire de la Fédération de Russie pour couvrir le Mondial. Je répète que de tels centres ont été mis en place dans chaque ville-organisatrice du tournoi.

Des conférences de presse et des visioconférences sont organisées dans le cadre du travail des Centres de presse municipaux, les journalistes ont également la possibilité d'assister à des excursions et à des ateliers. Une partie importante des centres de presse est constituée par la zone de présentation de la région, où pratiquement tous les hôtes peuvent mieux se familiariser avec les particularités et les exploits de telle ou telle ville ou région. Des diffusions en direct des matchs sont prévues.

Le badge d'accréditation des Centres de presse municipaux offre la possibilité d'exercer son activité journalistique professionnelle dans 17 régions russes (sur le territoire des régions où se situent les 11 villes-organisatrices du Mondial, ainsi que des 6 régions russes où se trouvent les bases d'entraînement des équipes nationales).

Vous pouvez consulter les règles d'accréditation, ainsi que les adresses et les horaires de travail des centres de presse sur le site https://footballcitymediacenter.ru/. De plus, les informations sur les centres de presse sont disponibles sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères.

A l'approche du Mondial on constate un intérêt accru des médias étrangers qui souhaitent envoyer leurs correspondants spéciaux en Russie. Cette catégorie de journalistes soit ne possède pas d'accréditation de la FIFA et des Centres de presse municipaux, soit voudrait obtenir une accréditation du Ministère russe des Affaires étrangères en plus de celles-ci. A ce jour, le Centre de presse de notre Ministère a reçu plus de 700 requêtes de cartes de journaliste du Ministère russe des Affaires étrangères, sur lesquelles nous travaillons de manière constructive et que nous satisfaisons.

 

Sur la conférence de presse extérieure du porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères

 

Nous vous invitons à visiter l'un des Centres de presse municipaux, notamment pour participer à la conférence de presse du porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères.

La prochaine conférence de presse aura lieu le 20 juin dans l'une des villes où se déroule la Coupe du monde de football. Prochainement, nous diffuserons une annonce avec les règles d'accréditation pour que vous puissiez assister à notre conférence de presse.

De quelle ville s'agit-il? C'est une surprise. Attendez l'annonce.

 

Sur la visite en Russie du Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres

 

Les 20 et 21 juin, le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres se rendra en Russie à l'invitation du Président russe Vladimir Poutine.

Pendant sa visite, il rencontrera le Président russe Vladimir Poutine, ainsi que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il est également prévu que le Secrétaire général de l'Onu rencontre Cyrille de Moscou, patriarche de l’Église orthodoxe russe. De plus, Antonio Guterres prononcera un discours sur la plateforme du Club de discussion international Valdaï et assistera à un match de la Coupe du monde. On peut dire qu'il y a déjà assisté virtuellement dans une fan-zone spécialement organisée à la demande de la Russie au siège de l'Onu à New York. Vous avez vu hier des photos et des vidéos montrant comment les pays membres et leurs représentants permanents et délégations, le Secrétaire général de l'Onu et les collaborateurs du Secrétariat, ont célébré le début de la Coupe du monde. Je ne me souviens pas que ce genre de chose ait été organisé un jour au Secrétariat de l'Onu. On peut affirmer qu'il s'agissait d'une première. Hier les représentants des pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont organisé une réunion pendant laquelle ils portaient les maillots officiels de leurs équipes nationales, et le Secrétaire général de l'Onu a également assisté à cette activité dans une tenue de sport. C'est un autre puissant signal pour le monde que la politique doit avant tout aider le sport, et non l'empêcher. Cela signifie qu'effectivement, nous pouvons et devons nous unir pour les événements réellement importants pour le monde, notre planète et nos peuples.

A l'ordre du jour des pourparlers au Ministère russe des Affaires étrangères: une discussion sur l'état des relations internationales, notamment la crise du "multilatéralisme" dans la diplomatie mondiale, le rôle du Conseil de sécurité des Nations unies dans le règlement des problèmes régionaux et internationaux d'actualité, ainsi que d'autres questions relatives aux relations de la Russie avec l'Organisation, notamment dans le contexte du 70e anniversaire du début de l'activité de l'Onu sur le territoire de la Russie.

 

Sur la situation en Syrie

 

La situation en Syrie reste difficile dans l'ensemble. Sachant que dans le cadre des efforts pour renforcer le cessez-le-feu, les militaires russes continuent de contribuer aux trêves locales tout en luttant résolument contre le terrorisme. Des activités de règlement post-conflit sont menées conjointement avec le gouvernement syrien dans les provinces de Hama et de Homs. La police militaire maintient la sécurité et l'ordre sur les territoires libérés dans les provinces de Damas, de Hama et de Homs. Les unités de démineurs du génie, formées par des spécialistes russes, procèdent au déminage des communes de la Ghouta orientale.

Les militaires russes jugent stable la situation dans les zones de désescalade.

Les autorités syriennes travaillent continuellement à la normalisation de la situation humanitaire et à la réparation des conséquences des opérations militaires dans les communes touchées. Ainsi à Arbil, dans la Ghouta orientale, une aide médicale a été mise en place pour la population, le commerce a repris, plusieurs écoles ont rouvert leurs portes aux élèves. Les organes d'autonomie locale, en coopération avec le Croissant-rouge arabe syrien, ont organisé la livraison de nourriture et d'eau potable aux habitants dans le besoin. Dans la province de Homs, les spécialistes syriens procèdent à des travaux pour remplacer les lignes à haute tension.

Le rétablissement de l'infrastructure sociale et économique détruite, ainsi que la normalisation de la vie pacifique, contribuent au retour de milliers de personnes dans leur foyer.

Sur le plan politique se poursuivent les efforts pour former, sous l'égide de l'Onu, un Comité constitutionnel, et lancer le processus de travail sur la Constitution syrienne conformément aux termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies et compte tenu des résultats du Congrès du dialogue national syrien de Sotchi.

Les succès militaires du gouvernement syrien dans la lutte contre le terrorisme et le progrès du règlement politique de la crise syrienne poussent les forces extérieures impliquées à songer au choix de la ligne à suivre. Nous recevons des signaux sur l'assouplissement de la position de certains pays, qui exigeaient auparavant le changement du "régime" de Bachar al-Assad.

Par ailleurs, une présence militaire étrangère illégale perdure sur le territoire syrien. Dans les régions contrôlées par les forces extérieures se poursuivent des tentatives de créer des organes de contrôle parallèles. La "coalition" menée par les USA reste encline à séparer les terroristes en "mauvais" et "pas très mauvais".

Comme nous l'avons fait remarquer à plusieurs reprises, de telles approches ne contribuent pas au règlement politique et à la stabilisation, représentent une menace pour l'intégrité territoriale de la Syrie, maintiennent un potentiel de conflit et créent des prémisses pour l'apparition future de nouvelles menaces à la sécurité régionale et internationale.

Nous voudrions souligner une fois de plus que le processus de paix syrien doit aller de l'avant. La stagnation est extrêmement dangereuse car elle pourrait réduire à néant les importants exploits des derniers mois dans la lutte contre les terroristes. On ne peut pas l'admettre.

 

Sur la situation concernant la présidence syrienne de la Conférence du désarmement

 

La situation autour de la Conférence du désarmement de Genève suscite de sérieuses préoccupations.

Les USA et Israël ont adopté, selon nous, une position complètement destructive en annonçant de facto un boycott du travail de la Conférence du désarmement et de ses organes auxiliaires afin d'empêcher le fonctionnement normal du forum pendant la présidence de la Syrie (du 28 mai au 24 juin). Ils ont notamment minimisé leur présence aux réunions plénières de la Conférence du désarmement et ont complètement refusé de participer aux activités informelles en marge de la Conférence et aux contacts bilatéraux avec la délégation syrienne. Avec leurs alliés (l'Australie, la Bulgarie, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Canada, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, la Turquie, la France, la Corée du Sud, le Japon) ils cherchent obstinément à politiser le travail de la Conférence du désarmement. On entend constamment des accusations visant Damas de "nombreux faits" d'usage de l'arme chimique contre son propre peuple et de violation des engagements dans le cadre de la CIAC, ainsi que du TNP (y compris l'accord avec l'AIEA sur les garanties), et on entend parler de manière absolument irresponsable d'"absence", chez les Syriens, de "droit moral" et de "légitimité politique" d'occuper le siège présidentiel. C'est un nouveau terme dans le droit international. Par exemple, l'Ambassadeur de la Syrie peut être membre de l'Onu et prononcer un discours aux réunions du Conseil de sécurité des Nations unies, mais pour une raison qu'on ignore son pays ne peut pas présider la Conférence du désarmement. Qui a inventé ça?

Tout ce qui se passe sur la plateforme de Genève et de la Conférence de presse s'accompagne d'une propagande massive. Malheureusement, les médias internationaux et suisses y sont impliqués. Il s'agit visiblement d'un sabotage de l'activité de la Conférence du désarmement pendant un mois au détriment des efforts entrepris (notamment avec la participation directe de la Russie et de la Syrie) pour trouver un consensus mutuellement acceptable concernant le Programme de travail de la Conférence du désarmement pour le retour de l'activité de ce forum sur une voie constructive.

Nous voudrions attirer l'attention sur le caractère inadmissible d'une telle obstruction mise en scène par les États occidentaux contre la Syrie. Il n'est pas à exclure que les collègues américains tenteront à présent de rejeter à nouveau la responsabilité des défaillances dans l'activité de la conférence sur quelqu'un d'autre. Malheureusement, nous constatons un recours de plus en plus fréquent à de telles manipulations, y compris au sein des organisations internationales, notamment à Washington. Par exemple, à la Conférence du désarmement, personne ne cache comment sont politisées les questions du désarmement et comment le travail de cet organe est boycotté. C'est peut-être moins évident sur d'autres plateformes, mais dans le cadre de l'OSCE nous voyons tout cela.

 

Sur le rapport de la Mission d'établissement des faits de l'OIAC chargée d'enquêter sur l'usage d'armes chimiques en Syrie, concernant les incidents survenus les 24 et 25 mars 2017 à Al-Lataminah

 

Nous avons pris connaissance du rapport de la Mission d'établissement des faits d'usage des armes chimiques en Syrie, publié par le Secrétariat technique de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), concernant les incidents chimiques survenus à al-Lataminah (province de Hama, Syrie) les 24 et 25 mars 2017. Selon les résultats de l'analyse à distance - malheureusement devenue traditionnelle - des informations obtenues de prétendues ONG, de sources ouvertes s'appuyant sur des "conclusions médicales limitées", ainsi que d'interrogatoires de prétendus "témoins", la Mission a conclu au "très probable" usage de sarin et de chlore à al-Lataminah. "Très probablement" est déjà une formule indécente, qui sert à voiler tout ce qui se passe actuellement dans les relations internationales.

Dès la première lecture du rapport, il est clair que les méthodes de travail de la Mission restent toujours aussi éloignées des exigences vis-à-vis du recueil et de l'analyse des informations sur un usage supposé de substances toxiques prévues par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) et le règlement de l'OIAC. Le document affirme que la Mission n'a pas réussi à se rendre à al-Lataminah, se trouvant à l'époque sous le contrôle des forces d'opposition, pour prélever elle-même les échantillons et interroger les témoins. Le rapport ne précise pas si de telles négociations ont été menées, et si oui, avec qui et pour quelle raison le droit de visiter le lieu de l'incident chimique a été refusé à la Mission en transgression du paragraphe 6 de la résolution 2209 (2015) du Conseil de sécurité des Nations unies.

Une fois de plus, l'enquête de la Mission s'appuie sur des "preuves matérielles" apportées par des ONG anonymes agissant sur le territoire contrôlé par des combattants. Cela enfreint grossièrement le principe de base de l'OIAC: la succession des actions pour préserver les preuves matérielles (chain of custody).

On se demande également pourquoi le rapport est paru plus d'un an après le "constat" de l'attaque chimique et quelle est, en principe, la valeur de l'analyse des échantillons après une aussi longue période.

Je voudrais rappeler que le rapport sur un autre cas d'usage "supposé" des armes chimiques à al-Lataminah le 30 mars 2017 était prêt juste avant la réunion de novembre du Conseil de sécurité des Nations unies concernant la prolongation du mandat du Mécanisme d'enquête conjoint - et s'était complètement discrédité. A l'époque, avec le soutien du Secrétariat technique de l'OIAC, nos collègues occidentaux insistaient sur la publication d'un  autre document concernant plus de 60 incidents supposés qui auraient été connus encore depuis décembre 2015. Évidemment, rien ne pouvait et n'a été publié. En ce qui concerne l'opus actuel, pointant clairement la prétendue origine syrienne du sarin utilisé le 24 mars 2017, il est manifestement apparu "sur commande" à la veille de la session spéciale de la Conférence des États Parties de la CIAC (La Haye, 26-28 juin) convoquée par un groupe d’États occidentaux – schéma classique d'adaptation des informations à l'approche des activités visant à débattre de ce sujet. Ce sont des tentatives de liaison grossière et propagandiste non pas d'une enquête et d'un processus d'établissement de la vérité, mais précisément des fameux dossiers à l'approche des activités organisées. Tout ce qui se passe est une falsification des faits, une fausse information précise, ainsi qu'une compilation de faits et de fakes. C'est ce document qui a joué en faveur des pays occidentaux qui s'efforcent de mettre en œuvre leur initiative d'accorder au Secrétariat technique de l'OIAC des fonctions attributives.

Il ne serait pas du tout surprenant qu'à la veille de la Conférence soit publié un autre rapport sur l'incident chimique de Douma, malgré les informations véridiques obtenues par les militaires russes sur la mise en scène de cet incident. Il est évident pour nous que Washington, notamment, cherchait à justifier par tous les moyens l'agression contre la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril. Notre position à ce sujet est bien connue.

Dans l'ensemble, l'approche de la Fédération de Russie reste inchangée – les véritables coupables de l'usage d'armes chimiques doivent être identifiés et traduits en justice. Cela nécessite des enquêtes à part entière respectant rigoureusement les normes de la CIAC, et non une imitation politisée ni, qui plus est, une adaptation des résultats aux conclusions déjà formulées par Washington, Londres ou Paris. Guidée par ces notions, la Russie insiste sur le perfectionnement du travail de la Mission d'établissement des faits et sa mise en conformité avec les normes de la CIAC. Nous appelons également les partenaires occidentaux à adopter le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la création d'un organisme d'enquête professionnel et véritablement impartial. Malheureusement, toutes nos initiatives sont régulièrement bloquées par la "troïka" occidentale des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Sur le vote de la "résolution palestinienne" à l'Assemblée générale des Nations unies

 

Mercredi 13 juin, dans le cadre de la reprise de la session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies, a été adopté un projet de résolution proposé par un groupe de pays arabes et musulmans sur la situation autour de la bande de Gaza et la protection internationale de la population palestinienne. 120 États ont voté pour, Russie y compris. Seulement 8 États, dont les USA, ont voté contre. Plus tôt, le 1er juin, un tel projet avait été examiné au Conseil de sécurité des Nations unies. Cependant, il n'avait pas été adopté parce que la délégation américaine, la seule à s'y opposer, avait utilisé son droit de veto.

Conformément à la résolution adoptée, le Secrétaire général de l'Onu devait, dans un délai de 60 jours, présenter à l'Assemblée générale des Nations unies un rapport avec des propositions pour assurer la sécurité de la population civile sur les territoires palestiniens, et notamment des recommandations sur le mécanisme de protection internationale.

Pendant le débat sur cette question, l'amendement proposé par Washington, qui détournait tout l'esprit du projet vers une condamnation des actions du Hamas et changeait de facto tout le concept du document, n'a pas été soutenu. Tout comme ont échoué les manipulations procédurales entreprises par les Américains. C'est ainsi que nous pouvons décrire les agissements de la délégation américaine à l'Onu d'après nos observations dans le cadre de la polémique et des actions de ses représentants à l'Assemblée générale des Nations unies.

Je voudrais noter que la session spéciale et le vote qui a eu lieu ont été une sorte de référendum international vis-à-vis de la politique des USA au Moyen-Orient. Il y a eu un signal isolé de la délégation américaine à l'Onu au sujet de la manière dont il fallait, dans l'ensemble, percevoir l'activité de l'Organisation et mener sa propre politique en partant, évidemment, des intérêts nationaux tout en respectant le droit international et les autres pays et nations.

Il est évident que la grande majorité des États rejettent la ligne unilatérale et sans appel de la délégation américaine, qui fait l'impasse sur la base juridique internationale du processus de paix palestinien constituée depuis des années. Nous trouvons également révoltantes les tentatives honteuses de la délégation américaine de "briser" les règles procédurales de l'Assemblée générale et de remettre en question les décisions évidentes de son Président, comme nous l'avons vu cette fois.

Je voudrais répéter que ces actions et ces manières n'ont pas abouti.

 

Concernant la situation sur la péninsule coréenne

 

La Fédération de Russie salue la normalisation du dialogue entre les États-Unis et la Corée du Nord, et les ententes obtenues en matière de résolution des problèmes de la péninsule coréenne, notamment dans le domaine nucléaire. Je voudrais confirmer encore une fois cette position russe. Ces avancées positives suivent la logique de la feuille de route russo-chinoise élaborée il y a plus d'un an, qui prévoit une approche complexe du règlement, une résolution par étapes et le caractère synchronisé des actions des parties.

Nous sommes convaincus que l'un des aspects les plus importants de la normalisation de la situation dans la région peut et doit être la modification des sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu contre la Corée du Nord. D'autant plus que ses résolutions concernant les sanctions ont à plusieurs reprises confirmé la volonté du Conseil d'effectuer cette adaptation compte tenu de l'évolution de la situation. Cette évolution est actuellement évidente. Tout cela pourrait favoriser considérablement le règlement politique et diplomatique en Asie du Nord-Est.

Quant aux sanctions "autonomes", introduites par certains États contre la Corée du Nord outre et en contournant les mesures du Conseil de sécurité de l'Onu, tout le monde est parfaitement au courant de notre attitude. Je répète pourtant qu'elle est strictement négative. Nous nous prononçons pour la levée la plus rapide possible de toutes les restrictions unilatérales de ce genre, notamment des sanctions dites "secondaires" et extraterritoriales.

 

Sur la rencontre ministérielle consacrée à l'"économie bleue" dans la région de la mer Noire

 

Une rencontre des représentants politiques chargés de la politique maritime des États de la mer Noire - la Russie, la Bulgarie, la Géorgie, la Moldavie, la Roumanie, la Turquie et l'Ukraine - s'est déroulée le 31 mai en marge de la conférence internationale "La journée maritime européenne" dans la ville bulgare de Bourgas, à l'initiative du Commissaire européen à l'environnement, aux affaires maritimes et à la pêche Karmenu Vella et du Ministre bulgare des Transports Ivaïlo Moskovski. Cet événement a également réuni des dirigeants de la Commission européenne et de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire.

La réunion a porté sur le développement harmonieux de la région en utilisant le potentiel de l'économie maritime sur la base de la coopération internationale. Les participants ont adopté une déclaration commune baptisée "En route vers un agenda maritime commun pour la mer Noire" fixant les dimensions principales des préparatifs, par les pays membres, d'un ensemble de mesures pour le développement du transport de marchandises et de passagers, du tourisme maritime et côtier, la promotion des études de la mer et la formation professionnelle spécialisée, le soutien aux investissements, le renforcement de la protection de l'environnement, la surveillance et le contrôle de l'état de la mer. Cet ensemble de mesures devrait être adopté en 2019.  

Nous soulignons l'attitude positive et l'aspiration à un dialogue respectueux et à une coopération mutuellement avantageuse qui a caractérisé le travail des pays membres, des partenaires des structures de l'UE et des organisations régionales lors des préparatifs et de l'organisation des événements à Bourgas, y compris pendant la rédaction de la Déclaration. Nous espérons pouvoir continuer de progresser dans cette bonne direction, et non seulement en ce qui concerne la région de la mer Noire.

 

Sur l'investiture du nouveau gouvernement italien

 

Nous avons reçu un grand nombre de questions de la part des médias italiens, internationaux et russes concernant l'investiture du nouveau gouvernement italien. Nous avons répondu à toutes ces questions de manière individuelle, mais, compte tenu de leur nombre important, je voudrais présenter notre position de manière générale.

La Russie considère traditionnellement les événements de la vie politique des autres pays comme une affaire intérieure de ces États, et pense qu'il est inacceptable de présenter des estimations à ce sujet.

Dans tous les cas, nous avons constaté le 1er juin en Italie l'investiture du Gouvernement de coalition formé suite aux élections du 4 mars. Le Président russe Vladimir Poutine a félicité Guiseppe Conte le jour-même à l'occasion de son entrée en fonction en tant que Président du Conseil des ministres de la République italienne. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a quant à lui envoyé un message de félicitations à son homologue italien Enzo Moavero Milanesi dans lequel il exprime son espoir de poursuivre les efforts conjoints visant à renforcer la coopération russo-italienne dans divers domaines et la recherche de solutions mutuellement acceptables aux problèmes internationaux d'actualité.  

 

Sur les propos de Georges Soros sur les prétendus "liens étroits" entre la Ligue du Nord italienne et les autorités russes

 

Malheureusement, nous sommes obligés de réagir aux questions et aux demandes de commentaires vis-à-vis des propos de Georges Soros sur les prétendus "liens étroits" de la Ligue du Nord italienne avec les autorités russes. Aucune de nos conférences de presse n'a été exempte de questions ou de commentaires sur de nouvelles fake news concernant l'ingérence prétendue de la Russie dans les affaires des autres.

En réponse à la question de la presse et aux propos mentionnés, je voudrais souligner que ce thème a été soulevé - on le constate souvent ces derniers temps - par des forces qui se trouvent loin de l'Italie, plus concrètement par le financier et le milliardaire américain Georges Soros, créateur d'un réseau d'organisations "caritatives". Son nom est depuis longtemps associé aux provocations et aux scandales internationaux. Il ne s'agit que d'un nouveau fake. Ce dernier visait apparemment à faire peur à l'Europe avec le mythe des "bras longs de Moscou" - comme vous connaissez parfaitement ces clichés, je ne vais pas les répéter -, à torpiller l'ambiance amicale des relations russo-italiennes et à jeter une ombre sur le nouveau Gouvernement de coalition, formé en Italie de manière démocratique suite aux législatives du 4 mars.

Comme on le sait, il existe depuis longtemps en Russie et en Italie un consensus national concernant l'importance et le caractère prioritaire du développement de la coopération russo-italienne. Des représentants des milieux d'affaires et civils les plus larges des deux pays expriment leur intérêt pour ce partenariat. C'est par cette réalité objective que Moscou se laissera guider à l'avenir pour développer son dialogue bilatéral avec Rome.  

 

Sur l'évolution de la situation autour de Constantin Iarochenko

 

Nous continuons de suivre attentivement la situation du citoyen russe Constantin Iarochenko, kidnappé au Liberia en 2010 par les services secrets américains. Vous le savez, il purge aux USA une peine de 20 ans pour un verdict prononcé non pas pour un crime concret, mais basé uniquement sur les affirmations douteuses d'agents - je souligne - d'infiltration.

Nous avons appris qu'il était prévu de transférer Constantin Iarochenko dans un autre établissement pénitentiaire par "souci pour la sécurité personnelle" de notre compatriote qui a été récemment attaqué par un autre détenu.

L'information concernant son nouveau lieu de détention n'a pas encore été communiquée aux collaborateurs consulaires russes aux USA ni à Constantin Iarochenko lui-même. Il est actuellement dans une cellule de transfert à New York. Nos diplomates sont en contact avec lui.

Dès que nous aurons des informations sur le nouveau lieu de détention du citoyen russe, il sera contacté par nos représentants consulaires qui lui rendront visite pour s'assurer du respect rigoureux de ses droits et de la garantie de conditions normales de détention. Comme toujours, il sera également question de son état de santé. Je rappelle qu'il a été sérieusement atteint à cause du violent passage à tabac qui lui a été infligé lors de son enlèvement.

Nous continuons d'exiger le retour de Constantin Iarochenko en Russie, conformément à la Convention du Conseil de l'Europe de 1983 sur le transfèrement de personnes condamnées, entre autres. Les autorités américaines le refusent pour l'instant, mais nous ne diminuons pas nos efforts pour le retour du citoyen russe.

 

Sur le consentement de la Norvège au renforcement de la présence militaire américaine

 

Nous avons noté les communiqués de presse du Ministère norvégien de la Défense qui expriment l'accord d'Oslo pour doubler le contingent d'infanterie de marine américaine déployé sur le territoire norvégien (de 330 à 700 hommes), prolonger leur présence par rotation de 5 ans, élargir la géographie de stationnement vers le nord, plus près de notre frontière, et créer avec des fonds américains l'infrastructure pour stationner des avions de combat dans le cadre de la mise en œuvre de l'"initiative européenne de réfrènement" de la Russie.

Nous pensons que de telles décisions tirent un trait sur la politique norvégienne traditionnelle de non-déploiement à titre permanent de bases militaires étrangères sur son territoire en temps de paix. Il est évident que les actions des autorités norvégiennes actuelles sapent la confiance et la prévisibilité des relations bilatérales et contredisent l'abandon annoncé de la politique à des fins agressives et de la mise à disposition de bases sur le territoire norvégien pour des forces armées étrangères "tant que la Norvège ne sera pas attaquée ou menacée d'une attaque". De quelle attaque est-il question aujourd'hui, de nos jours? Vous le savez, au plus haut niveau, la Norvège a déclaré plusieurs fois que notre pays ne représentait aucune menace. Étant donné que c'est l'infanterie de marine américaine qui se trouve sur le territoire norvégien, c'est peut-être les USA qui ont attaqué la Norvège?

En ce qui concerne les insinuations selon lesquelles le déploiement des forces américaines serait "rotatif" et non permanent, cela ne doit pas induire en erreur parce que les militaires se remplaceront, mais la présence sera permanente. Il faut le savoir.

Nous appelons la Norvège à entendre notre avis sur la situation pour normaliser et ne pas détruire l'atmosphère de bon voisinage qui s'est établie depuis plusieurs années à la frontière entre nos deux pays.

 

Sur les développements de l'affaire Skripal

 

Revenons maintenant à un sujet qui est déjà devenu tragi-comique: l'évolution de l'affaire Skripal. Cette farce tragique se poursuit depuis des mois. La semaine dernière, lors du sommet du G7 au Canada, nous avons constaté de nouvelles tentatives des Britanniques d'''internationaliser" l'affaire Skripal et de l'utiliser comme une plateforme antirusse des actions du gouvernement britannique actuel.

Notre attention a été attirée par le projet de loi sur la protection du Royaume-Uni contre les actions des États hostiles, présenté au Parlement britannique par le Ministère de l'Intérieur, qui prolonge notamment les mesures antirusses infondées que la Première Ministre Theresa May avait annoncées dans le contexte de l'incident de Salisbury. Nous constatons que ces accusations infondées créent déjà la base de l'activité législative britannique.

La police de Londres a appelé la semaine dernière les habitants de Salisbury à contacter les autorités s'ils possédaient des informations concernant l'incident. Plusieurs mois après! Est-ce normal? "S'il vous plaît, contactez la police britannique". La situation doit donc être grave. Tout cela serait amusant, si ce n'était pas si triste. Il ne s'agit que d'un nouveau témoignage des conclusions politisées en l'absence de tout progrès réel dans l'enquête et d'une base tangible de preuves.

Il est à noter que, selon le commissaire adjoint de la police de Londres Dean Haydon, "l'enquête se poursuit dans plusieurs directions que nous ne pouvons pas évoquer à l'étape actuelle". On a pourtant non seulement évoqué l'empoisonnement des Skripal par la substance Novitchok, mais aussi prononcé un jugement qui a été exécuté. C'est n'importe quoi!

Toutes ces circonstances ne font que confirmer les motivations provocatrices des autorités britanniques, qui veulent clairement utiliser l'affaire Skripal qu'elles ont initiée à leur propres fins malhonnêtes, ainsi que l'implication possible des structures britanniques, notamment des services secrets, dans la provocation de Salisbury.

 

Sur la russophobie britannique

 

Il y une semaine, nous avons pris connaissance de l'interview accordée par l'Ambassadeur britannique Laurie Bristow à la presse russe. C'est déjà une bonne vieille tradition. On pourrait ouvrir une rubrique spéciale dédiée aux propos de Laurie Bristow. Il a notamment évoqué la russophobie britannique et affirmé ne connaître "aucun russophobe au Royaume-Uni". Que peut-on dire? Il s'agit soit d'un mensonge prémédité, soit de l'absence de certaines connaissances, notamment de l'histoire. Il existe un grand nombre d'œuvres qui n'ont pas été publiées en Russie, mais à l'étranger, notamment en Grande-Bretagne, en France, en Suisse, en Italie et dans d'autres pays, et qui concernent la formation historique du lobby antirusse et russophobe en Europe, aux États-Unis et dans d'autres pays. D'ailleurs, c'est une bonne idée: nous publierons probablement la liste de ces livres. Nous ne serions pas obligés de les citer si l'on pouvait facilement les consulter. Ces livres ont été publiés directement dans d'autres pays, notamment au Royaume-Uni.

Quelques phrases suffisent pour initier Laurie Bristow au problème de la russophobie au sein de l'establishment politique britannique dans le contexte historique. La majorité des historiens - j'ai consulté beaucoup d'études à ce sujet - considèrent la victoire de l'empereur russe Alexandre Ier sur Napoléon Ier comme un point de départ de la formation de la russophobie auprès de l'establishment politique britannique et - ce qui est le plus important - de son utilisation à des fins politiques. Je voudrais souligner encore une fois que je cite des études historiques à ce sujet et qu'il ne s'agit pas d'une position officielle. Mais comme nous entendons des propos de ce genre de la part des diplomates britanniques et des dirigeants actuels du pays, nous voudrions leur proposer une rétrospective historique. Ainsi, l'une des raisons des tentatives d'imposer ces présupposés concernant la Russie aurait pu apparaître après la révélation suivante, liée au triomphe du 30 mars 1814: comme les Russes se sont libérés et sont entrés à Paris, rien ne les empêcherait de faire la même chose avec les autres pays envisageant de revivre l'expérience napoléonienne. En réalité, les représentants de l'establishment politique britannique ne craignaient pas pour leurs frontières européennes - je doute fort que ce soit leur véritable raison - mais pour leur sphère d'influence dans d'autres régions, par exemple en Asie ou en Inde. C'est pendant cette période que les propagandistes ont créé l'une des falsifications historiques les plus absurdes, qui rappelle parfaitement ce que nous voyons actuellement: le "Testament de Pierre le Grand". Ils faisaient peur aux autres en brandissant ce texte et le présentaient comme un plan de conquête de l'Europe. Ce "document", qui était non seulement mentionné mais aussi activement cité par les médias et le parlement britanniques, se basait sur un prétendu décret de l'empereur russe proclamant la nécessité d'instaurer la domination russe en Europe et la mission divine de la Russie. Napoléon a été le premier à utiliser ce fake pour justifier ses conquêtes, mais ce sont les Britanniques qui l'ont promu au niveau international. Beaucoup d'années après, on a prouvé qu'il s'agissait d'un faux. Cet exemple est de toute façon très important, car il démontre que la propagande et ses outils - comme le montre l'exemple réussi des Britanniques - peuvent justifier n'importe quelle absurdité politique, notamment au niveau des relations internationales.

Je ne veux pas entrer plus dans le détail, mais je voudrais citer encore quelques exemples. En 1830, Henry John Temple, vicomte Palmerston, a été nommé au poste de Ministre britannique des Affaires étrangères. C'est à son nom que les historiens lient en principe la formation de l'idéologie de russophobie auprès d'une partie de l'establishment britannique. C'est lui qui a été l'initiateur principal de la guerre de Crimée avec la Russie en 1853-1856. Ce fait a notamment été mentionné par un poème de Vassili Alferiev publié à cette occasion dans le journal Severnaïa ptchela en 1854.     

Ce vocabulaire utilisé par la presse britannique à l'époque de la guerre de Crimée l'a été pendant des siècles, et l'est encore aujourd'hui. Regardez les archives. Vous serez étonnés.

Plusieurs personnalités, dans la presse britannique, dans les milieux scientifiques et au parlement, exploitaient le thème de la russophobie, malheureusement, commandée. Voici l'exemple du journaliste, diplomate et politicien écossais David Urquhart. Il publiait systématiquement des mensonges sur la Russie. Tout cela se trouve dans les archives historiques.

Je ne vais même pas m'arrêter en détail sur le début du XXe siècle. Voici un autre exemple de recours à de telles falsifications, outre le prétendu "testament de Pierre". Voici la fameuse "lettre de Zinoviev". Le 25 octobre 1924, le journal The Daily Mail a publié un document signé par le chef de l'Internationale communiste (IC) Grigori Zinoviev, son assistant Otto Kuusinen et  l'un des dirigeants du parti communiste anglais Arthur McManus. Ce prétendu document insinuait clairement que le PC anglais se préparait à une insurrection armée avec un soutien actif de l'étranger. Tout simplement la même recette, la même histoire! Un immense scandale diplomatique a éclaté. Mais les Anglais savaient parfaitement que c'était un faux, une invention. Ce n'est pas moi qui le dit. Nous nous référons à l'histoire, aux archives. Dans les années 1990, le Ministre britannique des Affaires étrangères Robin Cook a ordonné de déclassifier une partie des archives. Le monde a alors appris que cette "lettre" était une provocation intentionnelle dans le but de déclencher une hystérie antisoviétique et de porter les conservateurs au pouvoir. Le moment présent reprend complètement les ruses utilisées par le Royaume-Uni au cours des deux ou trois derniers siècles. Ce sont des documents d'archives qui sont en accès libre aujourd'hui.

Et si tous ces exemples historiques semblent trop lointains pour Laurie Bristow qui affirme que toute cette histoire avec les déclarations russophobes est du passé et qu'aujourd'hui cela ne pourrait pas avoir lieu, voici quelques citations de l'histoire très récente, même si une seule suffirait. En 1991, à Houston, l'ex-Première ministre britannique Margaret Thatcher a déclaré littéralement ceci: "Selon les estimations de la communauté internationale, seule la vie de 15 millions d'habitants sur le territoire de la Russie est économiquement rentable". Si quelqu'un pouvait dire que cette déclaration n'a pas été tenue, nous nous en réjouirions. Mais malheureusement, les documents indiquent que cette déclaration a bien été prononcée. Est-ce normal? C'était en 1991. Et que devons-nous faire des 130 millions qui restent? Comment ne pas qualifier ces déclarations de clairement "non-russophiles"? Je ne veux même pas parler de la thèse de l'"empire du mal" qui a été activement introduite et utilisée par les députés, les politiciens et les journalistes: vous la connaissez déjà. Et en 2015, un autre Premier ministre britannique, David Cameron, a qualifié la Russie de "principale menace nationale pour son pays". M. Bristow, étiez-vous au courant de ces déclarations? Je ne veux même pas parler des déclarations russophobes de Theresa May et de Boris Johnson.

Il est toujours important de se référer à ce qui est proche pour les gens du pays qu'ils représentent. Je me réfère aux études publiées dans les années 1950 par l'édition Harvard University Press. Le chercheur John Howes Gleason écrit: "La russophobie est le paradoxe de l'histoire britannique. Au début du XIXe siècle, l'aversion pour la Russie se développait en Grande Bretagne et elle est rapidement devenue l'élément le plus caractéristique et durable de la vision nationale du monde extérieur". Ce n'est qu'une citation. L'étude dans son intégralité est disponible en anglais - vous pouvez acheter ce livre. De plus, l'auteur se demande pourquoi cette russophobie s'est installée dans l'establishment politique auprès de nombreux représentants britanniques et pour aussi longtemps.

Beaucoup d’historiens et journalistes ont réfléchi à ce sujet. Voici un exemple de point de vue. Le site analytique Global Research publie un article de l'ex-agent de la CIA Philip Giraldi intitulé "La haine envers la Russie – un travail permanent". Je ne pense pas que les agents de la CIA soient des russophiles invétérés. Dans cet article, l'auteur se pose la même question: qui provoque et entretient l'image de la Russie comme d'un ennemi? Selon lui, l’État a besoin d'un puissant levier pour justifier sa politique, qui paraîtrait insensée dans d'autres circonstances: les vendeurs d'armes ont besoin d'un ennemi pour justifier leur existence; les médias ont besoin d'une histoire terrifiante pour que leur produit se vende bien; et même le public s'est habitué à voir un monde où une menace se profile constamment à l'horizon, et même le contrôle durci de l’État dans toutes les sphères de la vie ressemble à une mesure nécessaire pour assurer la sécurité de la population. Il s'avère que la russophobie au sens large - et il ne s'agit pas seulement du Royaume-Uni mais également d'autres États - est nécessaire pour justifier la politique de plusieurs pays. En ce qui concerne Salisbury, c'est clairement le cas. Cette histoire était nécessaire non seulement pour atteindre des fins intérieures, mais également pour que le gouvernement de Theresa May montre que le Royaume-Uni se trouve en première ligne de l'activité en politique étrangère. A défaut de pouvoir régler les crises, il faut en créer. C'était un exemple classique. Je voudrais également rappeler à l'ambassadeur britannique non pas des déclarations politiques, mais des manifestations concrètes de tels actes russophobes mineurs. Ils sont nombreux. Je vais parler de ce qui était le plus répugnant.

Prenez l'exemple de l'affiche publicitaire de la maison d'édition Penguin, qui a publié en 2016 dans le métro londonien des citations de la littérature classique mondiale. Parmi tout le patrimoine de la littérature russe, les auteurs de ce projet ont imprimé uniquement une citation du roman d'Ivan Tourgueniev Pères et fils. Mais le fait est qu'ils ont publié une citation déformée et hors contexte d'Evgueni Bazarov: "L'aristocratisme, le libéralisme, le progrès, les principes… ce sont des mots inutiles! Le Russe n'en pas besoin." Mais les auteurs de l'affiche ont caché que la citation était incomplète, qu'il était question de termes empruntés qui avaient leurs analogues lexicaux russes, qu'Evgueni Bazarov était un homme-négation de toutes les valeurs sociales, qui connaît au final un sort tragique. Une fois de plus il fallait montrer qu'une menace historique émanait de la Russie. Pourquoi faire tout cela?

M. Bristow, nous attendons avec impatience vos nouvelles déclarations. Cela nous plaît.

 

Sur l'activité médiatique de Deutsche Welle sur Twitter

 

Autre thème lié à la propagande, en l'occurrence moins journalistico-historique que contemporaine et pratique: l'activité médiatique de Deutsche Welle sur Twitter. Nous avons tant entendu parler de Russia Today, Sputnik, d'ingérence et de subventions. Il y a quelques jours, un utilisateur de Facebook m'a envoyé une capture d'écran des publications de Deutsche Welle. Chaque média (vous le savez et nous aussi) a le droit de publier des articles critiques envers un autre État, politicien ou parti politique. Le problème est ailleurs. Premièrement, on m'a envoyé une capture d'écran d'une information promue en tant que publicité ne contenant pas simplement des informations sur la Russie, mais exprimant purement un jugement sur la Russie. Autrement dit, on promeut avec de l'argent un jugement complètement aberrant et offensant vis-à-vis de la Russie. Deuxièmement, il est question d'un média allemand financé par les fonds publics. Autrement dit, un média qui clame constamment son indépendance et parle de la dépendance d'autres médias et de leur propagande en Russie, je répète, publie ces informations moyennant de l'argent. Troisièmement, c'est la Russie qui est accusée du fait que ses médias promeuvent, moyennant de l'argent, une publicité politique en organisant un grand spectacle politique. Je vais citer des faits sur ce cas concret. Je répète que ce n'est pas nous qui l'avons trouvé. Comme nous le dit la partie britannique quand il est question des plaintes d'Ofcom vis-à-vis de Russia Today: "Les utilisateurs nous ont envoyé". J'ignore quels utilisateurs envoient des informations à Ofcom, mais je sais que les utilisateurs nous en envoient. C'est un fait, je connais son nom et je suis prête à le donner. C'est une personne qui m'est complètement inconnue qui a envoyé à titre d'exemple ce qu'il a trouvé sur son fil d'actualité Twitter. Nous avons mené une "investigation". Je voudrais en parler aujourd'hui et montrer quelque chose. Ce n'est pas nous qui avons dessiné les flèches et les parenthèses. C'est ce que les utilisateurs ont envoyé, qui ont demandé s'il était normal, du côté de Deutsche Welle, de promouvoir de tels jugements en tant que publicité politique. Je voudrais préciser que nous avons demandé à Deutsche Welle de confirmer ou de démentir qu'ils promouvaient ce genre de jugements et de publications outrageantes moyennant de l'argent. Deutsche Welle n'a pas encore répondu officiellement. Ils n'ont pas réussi à le confirmer ou à le démentir. Ils ont pris du temps pour le déterminer d'une certaine manière. Ce n'est pas un fake, c'est ce que les utilisateurs nous ont envoyé, et nous avons posé la question à Deutsche Welle. Je pense qu'aujourd'hui nous enverrons également une requête officielle. Tout simplement, cela nous a intéressés.

Nous avons tenté de retracer tout l'historique de la publication de telles informations, dans lesquelles on perçoit une tentative flagrante de former une opinion publique auprès des auditeurs russophones. Et cette tentative ne se déroule pas dans le cadre du travail journalistique. Même s'il est étrange qu'un seul point de vue soit formé et promu. Il n'est pas question d'un travail journalistique mais d'un travail propagandiste mené pour de l'argent. De plus, il est question d'une stratégie propagandiste et d'un soutien financier gouvernemental de Deutsche Welle.

La possibilité de promouvoir les publications sur les réseaux sociaux à titre commercial est bien connue dans le milieu du marketing des médias sociaux – c'est ce qu'on appelle le targeting (ciblage) payant. Un commentaire ou un tweet est choisi dans le fil d'actualité d'un profil qui doit être diffusé par l'administrateur du compte au plus large public possible, on détermine le pays, l'âge, le sexe, le public ciblé, les délais de diffusion du message. Après le paiement, c'est lancé.

Sincèrement, cela fait longtemps que nous entendons dire que les tweets de Deutsche Welle promus de cette manière apparaissent dans le fil d'actualité des utilisateurs. Aujourd'hui, nous vous présentons un exemple concret. Il est question d'un exemple envoyé par les utilisateurs. Il est à noter également que dans le fil d'actualité de la page de Deutsche Welle, ce même tweet n'a pas de label "promu". C'est donc une manipulation directe. Nous attendons des explications de Deutsche Welle. D'ailleurs, il serait également intéressant d'obtenir des explications de Twitter. Comment le même produit peut être publié avec l'indication "promu" moyennant de l'argent et ne pas se refléter comme payé chez les autres utilisateurs.

L'administration de Twitter affirme que chaque tweet payé doit avoir une telle mention. Mais il est parfaitement évident qu'il existe des moyens de le contourner. A cause des réglages de la campagne de promotion, vous pourriez ne pas du tout voir un tweet payé (je fais référence à la mention qu'il est sponsorisé). Effectivement nous attendons une réaction officielle de Deutsche Welle et de Twitter à cette histoire.

La situation nous inquiète parce que les capacités de ciblage payant permettent d'atteindre sélectivement un certain public. Il serait souhaitable d'apprendre de la part de Deutsche Welle quel public est visé et avec quel argent. La question est posée directement, nous ne cachons rien. Cette citation est dans le fil d'actualité, sans mention qu'il s'agit d'un contenu sponsorisé.

Nous voudrions que, sur l'exemple de cette histoire, on nous explique de quoi il s'agit.

 

Sur l'acte de vandalisme visant le monument aux soldats de l'Armée rouge tombés au combat

 

Nous sommes très préoccupés par les informations provenant de République tchèque sur les actes de vandalisme commis les 6 et 11 juin contre l'obélisque érigée en hommage aux soldats de l'Armée rouge tombés dans les batailles pour Prague en mai 1945. Le monument commémoratif s'élève devant les murs du Château de Prague, ce qui apporte à ces actes illégaux un caractère encore plus démonstratif et révoltant.

Nous sommes indignés par cette attitude blasphématoire envers la mémoire des défunts. Nous espérons que les autorités municipales prendront les mesures nécessaires pour restaurer l'obélisque et empêcher que de tels actes se reproduisent.

Nous remercions le porte-parole du Président tchèque Jiri Ovcacek pour son intervention personnelle et les actions rapidement entreprises pour éliminer les conséquences du vandalisme et l'ouverture d'une enquête. Nous espérons que les coupables seront retrouvés et traduits en justice.

 

Sur la profanation d'un monument aux guerriers soviétiques en Pologne

 

Dans la ville de Sarnice (voïvodie de Grande-Pologne), des vandales ont profané un monument aux éclaireurs russes qui, en 1944, ont donné leur vie dans la lutte pour la libération de la Pologne de l'occupation hitlérienne. Le bas-relief du monument a été arraché et recouvert d'inscriptions outrageantes.

C'est une véritable récidive. En novembre 2017, ce même monument avait déjà subi une attaque barbare. Portés par un sentiment d'impunité dans le cadre du déchaînement en Pologne de la russophobie d’État, les délinquants ont recommencé.

L'épisode de Sarnice montre que les autorités polonaises restent sourdes aux appels à mettre un terme à ce vandalisme qui, malheureusement, traverse le pays. Évidemment, cela sape sérieusement les fondations des relations avec la Russie.

Nos exigences n'ont pas changé. Nous insistons sur le respect, par Varsovie, des engagements internationaux et des normes de conduite civilisée. Nous demandons un respect élémentaire vis-à-vis de la mémoire des guerriers-libérateurs soviétiques. Le monument de Sarnice doit être restauré.

 

Réponses aux questions:

Question: Le Président américain Donald Trump aurait déclaré pendant le sommet du G7 que la péninsule de Crimée faisait partie de la Russie parce qu'on y parlait russe. Est-ce que cela peut témoigner d'un certain tournant dans la politique mondiale vis-à-vis de la Crimée et de son appartenance à la Russie?

Réponse: La Fédération de Russie déclare régulièrement à tous les niveaux que le thème de la Crimée est clos. Nous entendons de nombreuses questions à ce sujet. Il y a des commentaires complètement anti-criméens qui sont offensants par rapport à ceux qui vivent sur la péninsule. Il y a des déclarations de constat appelant à accepter la réalité en face, et notamment à visiter la Crimée pour voir soi-même cette réalité.

Je répète ce qui a été dit à plusieurs reprises à tous les niveaux: la question du statut de la Crimée est close. Nous voudrions souligner à nouveau que s'il existe des doutes concernant le statut de la Crimée, il faut relire la Constitution de la Fédération de Russie. Les commentaires sur ce que quelqu'un a dit ou évoqué à huis clos, les fuites et ainsi de suite sont une affaire ingrate. Les représentants américains officiels se sont refusés à tout commentaire. Il y a de nombreuses fuites véridiques ou fausses. Nous opérons avec les faits. Je répète que la position de la Russie à ce sujet n'a pas changé.

Question: Pendant le sommet du Président américain et du dirigeant nord-coréen, la partie nord-coréenne a réaffirmé son aspiration à la dénucléarisation. Compte tenu de cette dynamique, la Russie compte-t-elle participer au désarmement de la péninsule coréenne? Si oui, quel serait son rôle?

Réponse: Nous avons remarqué et salué la dynamique positive enclenchée suite aux sommets et aux rencontres sur le thème que vous avez mentionné. En ce qui concerne les questions portant sur le désarmement, il existe des institutions internationales spécialisées qui s'occupent directement de ce problème et doivent jouer un rôle central dans son règlement.

Si la participation de la Russie, en tant que membre de ces organisations internationales ou en tant que pays ayant une grande expérience, était nécessaire, vous le savez: Moscou est ouvert à la coopération sur toutes ces questions.

Question: Permettez-moi, au nom de tous les supporters arméniens, de vous féliciter pour la victoire glorieuse de l'équipe de Russie lors du premier match de la Coupe du monde de football, et d'espérer que cela continuera. Après le match entre la Russie et l'Arabie saoudite, le Président russe Vladimir Poutine a organisé une réunion des dirigeants de la CEI qui avaient assisté au match et a présenté le nouveau Premier ministre arménien Nikol Pachinian au Président azerbaïdjanais Ilham Aliev (c'est déjà officiel et a été annoncé par Nikol Pachinian). D'après vous, même si je sais que vous ne commentez pas les affaires présidentielles, pourrait-ce être un coup de pouce vers la reprise des négociations dans le cadre du Groupe de Minsk?

Réponse: Il ne faut pas confondre les formats: la communication entre les dirigeants qui implique une coopération bilatérale et multilatérale, et ce problème particulier qui a son propre format de règlement. Selon nous, la création d'une atmosphère favorable ne fait que contribuer à la promotion des négociations et c'est un gage important de règlement du problème mentionné. Mais je répète que ce sont des formats différents.

Question: Étudie-t-on la possibilité d'une rencontre entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Donald Trump? Évoque-t-on des options concrètes et des dates pour une telle rencontre?

Réponse: Les questions relatives aux sommets sont la prérogative de l'Administration présidentielle, de son service de presse et d'autres de ses représentants.

Question: Le Président russe Vladimir Poutine a personnellement chargé le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de préparer cette rencontre.

Réponse: Les hauts fonctionnaires russes et américains sont en contact étroit sur de nombreuses questions. En ce qui concerne les questions organisationnelles et les rencontres au sommet avec qui que ce soit, c'est la prérogative des commentaires de l'Administration présidentielle. Telle est la tradition dans notre pays.

Question: Le ferry Pétersbourg a été intercepté en Estonie. 11 des 12 membres d'équipage n'ont pas de visa Schengen, il y a des problèmes avec la sortie, l'électricité est périodiquement coupée pour non-paiement. Tout cela pourrait provoquer des conditions anti-sanitaires. Est-ce que le Ministère des Affaires étrangères suit le sort des marins abandonnés par la compagnie de transport? Quelle aide concrète suivra?

Réponse: Le paquebot russe Pétersbourg se trouve au port de Tallinn depuis le 28 avril 2018. Le navire a été saisi pour non-paiement des réparations. Il est question d'une somme conséquente – 350 000 euros. De plus, le navire a également une dette envers la compagnie estonienne pour des services comme l'eau et l'électricité. Cette somme supplémentaire s'élève à 50 000 euros. L'équipage est composé de 12 hommes.

Selon les informations de l'Ambassade de Russie en Estonie, à ce jour tous les marins ont reçu leur salaire dû pour février. On s'attend demain à un changement partiel de l'équipage, trois membres partiront et six nouveaux membres arriveront. Le nouveau capitaine du navire est déjà arrivé à Tallinn, la passation est en cours. Les collaborateurs de l'Ambassade ont l'intention d'assister au remplacement des marins pour savoir si les citoyens russes ont besoin de quelque chose et quelle aide doit être apportée pour leur retour chez eux. Le Ministère russe des Transports participe au règlement de ce problème. Notre Ambassade en Estonie contrôle la situation. On ne peut donc certainement pas dire qu'ils sont "abandonnés", comme vous l'avez suggéré. Toutes les structures compétentes sont impliquées, je peux assurer que les diplomates visitent régulièrement le navire pour contrôler l'état de l'équipage, ils sont au courant des besoins et font tout pour régler la situation.

Question: Le gouvernement afghan aurait annoncé un cessez-le-feu avec les talibans, qui ont également annoncé un cessez-le-feu de trois jours. Que pensez-vous de cette décision? Du point de vue de la Russie, comment doit évoluer la situation?

Réponse: Nous partons du fait que toutes les démarches qui réduisent la tension, y compris celle-ci, apportent la stabilité et sont constructives et importantes aussi bien pour ce pays que pour la région dans l'ensemble. Voilà comment je pourrais le commenter brièvement. Bien sûr, je demanderai des précisions et vous donnerai éventuellement un commentaire plus développé à ce sujet.

Question: En réponse à l'expulsion de diplomates russes des USA, la Russie a expulsé le département politique de l'Ambassade des USA à Moscou. Les effectifs des corps diplomatiques de la Russie et des USA ont-ils été renouvelés?

Réponse: Je n'ai pas d'informations précises au sujet de savoir si un remplacement complet a eu lieu. Je demanderai des précisions.

Question: Dans un article publié par le journal serbe Politika à l'occasion de la Journée de la Russie, l'Ambassadeur de Russie en Serbie Alexandre Tchepourine écrit que la Russie pourrait jouer un rôle plus actif dans le règlement du problème du Kosovo si la Serbie le demandait. Nous savons que Moscou joue déjà un certain rôle (qui n’est pas passif) dans le règlement du problème du Kosovo à l'Onu. Y a-t-il vraiment un espace pour élargir ce soutien?

Réponse: Je n'ai pas vu cette interview mais je pense, comme c'est souvent le cas, que les accents sont légèrement déplacés. J'ai l'impression que la question qui était posée était de savoir si la Russie pouvait jouer un rôle supplémentaire, et c'est la réponse qui a été donnée. Je pense qu'en l'occurrence, si la Serbie le demandait, la Russie pourrait jouer ce rôle. Je ne pense pas que c'était une déclaration d'initiative. Évidemment, tout ce que fait la Russie (et cela a été confirmé par les déclarations politiques) vis-à-vis du règlement du problème du Kosovo reflète avant tout les intérêts et les demandes de la Serbie en tant qu’État, en tant que nation, etc. Il n'est pas question d'intérêts russes imposés à un autre État, mais du fait que la Russie soutient la Serbie à sa demande pour le règlement de cette question très complexe et dramatique. Notre position, et elle reste inchangée, est que ces questions doivent être déterminées par les Serbes eux-mêmes - et la Russie est toujours à côté si besoin.

Question: Je voudrais seulement souligner que les déclarations de l'Ambassadeur me semblent également indiscutables. Elle peuvent être perçues précisément dans le sens que vous leur avez données.

Réponse: Je sais, et malheureusement c'est souvent le cas quand on extrait d'une interview des citations très marquantes, que les accents peuvent être déplacés. Je lirai cet article, mais je pense déjà pouvoir dire qu'il répondait à une question.

Question: La déclaration d'hier du Groupe de Minsk de l'OSCE évoque notamment une éventuelle rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie à court terme. Connaît-on la date et le lieu de déroulement des pourparlers?

Réponse: Pour cette question, veuillez vous adressez, s'il vous plaît, aux parties concernées – à l'Arménie et l'Azerbaïdjan, à leurs représentants officiels. Je pense qu'il serait plus cohérent qu'ils commentent la réunion de leurs ministres des Affaires étrangères.

Question: Pendant la dernière conférence de presse, nous avons posé une question concernant les propos du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, qui estime que les négociations sur le règlement du conflit du Haut-Karabagh devaient se dérouler dans un format trilatéral. Artem Kojine a répondu que "dans l'ensemble, les grandes déclarations qui ne s'inscrivent pas dans le cadre prévu à ce sujet, notamment par l'OSCE, ne paraissaient pas constructives". Ensuite, dans le sténogramme publié sur le site du ministère des Affaires étrangères, le terme "dans l'ensemble" a été remplacé par "vos". Nous voudrions savoir s'il serait possible de corriger cette erreur car cela change le sens.

Réponse: Dites, avez-vous une approche aussi méticuleuse seulement pour cette question? Savez-vous combien de fois, malheureusement, j'ai personnellement vu comment étaient déformés les propos de mes collègues et mes propres propos? Et ce directement chez vous, et vous vous en souvenez. Je ne me souviens pas d'une approche aussi méticuleuse.

Je pense que nos conférences de presses sont organisées pour obtenir des réponses factuelles. Mais, malheureusement, en presque trois ans j'ai assisté plusieurs fois à des situations où les questions ressemblaient à des déclarations politiques. Et vous le savez. Malheureusement, il me semble que ce n'est pas fait pour contribuer au règlement d'une situation très complexe, mais probablement à d'autres fins.

Je m'adresse à tout le monde: pour les informations factuelles et indicatives, vous êtes toujours les bienvenus, nous demanderons toujours des précisions et apporterons des réponses. Mais je ne pense pas qu'il soit juste - et j'insisterai toujours sur ce fait - de poser des questions qui ont une sonorité provocante, qui plus est sur des questions très difficiles qui font souffrir les peuples de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan.

Vous ne m'avez jamais appelé en deux semaines, je n'ai reçu aucun appel de l'agence de presse Trend. C'est très étrange parce que, selon moi, si cette question préoccupait l'agence et vous personnellement en tant que journaliste, vous auriez probablement trouvé un moyen de me la poser par téléphone, mais pour une raison qu'on ignore vous ne l'avez pas fait. Pourquoi avez-vous attendu deux semaines pour revenir dans l'espace public pour évoquer ce sujet? C'était donc une volonté de provoquer quelque chose? Pourquoi?

Notre pays fait tout pour que le problème du Haut-Karabagh soit réglé. Pourquoi? Vous le savez parfaitement. Premièrement, nous voulons que les deux peuples règlent enfin ce problème sanglant. Deuxièmement, parce que nous voulons développer nos relations avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan et que l'Arménie et l'Azerbaïdjan développent des relations entre eux. Je pense que notre travail, avec vous, consiste à rapprocher le moment du règlement et non à l'éloigner.

Je voudrais dire que je me suis permis un tel monologue pour répondre à votre question pour une seule raison: en deux semaines, pour une raison qu'on ignore, vous n'avez pas trouvé la possibilité de me téléphoner. Et je peux dire que beaucoup de personnes m'ont téléphoné d'Azerbaïdjan. Et beaucoup de personnes parmi ceux qui sont présentes dans la salle m'ont également téléphoné et ont obtenu des réponses à leurs questions. Mais votre agence n'a pas téléphoné.

Je propose de travailler de manière constructive, de profiter de la possibilité des questions et des réponses non pas à des fins provocatrices, mais précisément pour régler le problème principal: le conflit du Haut-Karabagh. Vous n'êtes pas d'accord avec moi?

Question: Permettez-moi d'abord de vous féliciter vous et tous les Russes pour l'excellente ouverture de la Coupe du monde de football et la victoire d'hier. Ma question concerne l'activité biologique militaire des USA à proximité des frontières russes. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a récemment soulevé cette question. Avec mon collègue, nous sommes partis hier en Géorgie où nous avons réussi à réunir des preuves, des faits et des documents qui seront présentés dans un documentaire. Est-il possible que la Russie décrète des sanctions contre les personnes et les compagnies américaines qui sont impliquées dans cette activité financée par le Pentagone? Nous avons des preuves que des expériences sont menées, notamment sur des hommes, ce qui représente un grand danger non seulement pour la Russie, mais également pour le monde entier.

Réponse: Merci. Si possible, transmettez-moi ces informations après la conférence de presse. Nous les analyserons et les commenterons.

Question: La déléguée aux droits de l'homme en Russie Tatiana Moskalkova a accusé l'ombudsman ukrainienne Lioudmila Denissova d'enfreindre la législation russe au vu de son intention de rencontrer le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, qui a été condamné. Le Ministère russe des Affaires étrangères est-il au courant d'une infraction commise par Lioudmila Denissova?  Quelles sont les mesures éventuelles qui l'attendent?

Réponse: Je ne dispose pas de telles informations. Je sais qu'à l'issue d'un entretien téléphonique entre les présidents de la Russie et de l'Ukraine le 9 juin a été passé un accord pour que les délégués des droits de l'homme des deux pays puissent rendre visite aux Russes et aux Ukrainiens qui sont en détention. Je sais que ce travail a commencé. Je n'ai pas d'informations plus détaillées, je demanderai des précisions. Bien sûr, nous les attendons directement des sources – des déléguées des droits de l'homme des deux pays.

Question: Quand vous parliez de la Norvège, cela rappelait la série suédo-norvégienne "Occupied" de 2015, où la Russie occupait la Norvège. Ne pensez-vous pas qu'ils ont regardé trop de séries et ont effectivement eu peur de la menace?

Réponse: C'est tout un ensemble de mesures. Nous commentons périodiquement cette propagande. Je répète: je vais essayer d'établir une liste de monographies historiques, de livres, de travaux et d'archives sur la russophobie et son utilisation appliquée. J'ai déjà cité aujourd'hui plusieurs recherches intéressantes.

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Je vous prie de suivre l'information publiée sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères pour savoir dans quelle ville-hôte de la Coupe du monde de football nous organiserons notre conférence de presse régulière mercredi prochain. Moi-même j'ai hâte de voir comment travaillent les Centres de presse municipaux, de voir le stade, comment tout est organisé. Si quelqu'un ne peut pas venir, envoyez préalablement vos questions, nous essaierons d'y répondre.

Merci pour vos félicitations concernant l'ouverture du Mondial et pour notre équipe nationale!

 

 

 

 

 

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