11 juin 201811:50

Réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov suite à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'OTSC, Almaty, 11 juin 2018

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Question: Quel est le contenu de la déclaration de l'OTSC sur le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, adoptée à l'initiative de la Russie?

Sergueï Lavrov: Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTSC ont en effet adopté une déclaration concernant la situation du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Ils y affirment leur soutien à ce texte et expriment leur préoccupation face au fait qu'on constate ces derniers temps des situations permettant de supposer que cet accord est menacé. Cela ne répond aux intérêts de personne: ni à ceux de la Russie ou des États-Unis qui sont ses protagonistes essentiels, ni à ceux de la communauté internationale - notamment des pays membres de l'OTSC.

La déclaration appelle les États-Unis à résoudre toutes les questions dans le cadre des consultations prévues par le traité. Je pense qu'il s'agit d'un texte très approprié. J'espère qu'il ne restera pas sans réponse.

Question: Avez-vous évoqué l'Afghanistan?

Sergueï Lavrov: Tous les ministres ont évoqué la nécessité de stabiliser la situation en Afghanistan et ont exprimé leur préoccupation quant au fait que les combattants de Daech s'introduisent aujourd'hui sur le territoire du pays, notamment depuis la Syrie et l'Irak. Il est surtout inquiétant que les terroristes se mettent à créer une place d'armes au nord de l'Afghanistan, c'est-à-dire à proximité de la zone de responsabilité de l'OTSC. Cela nous préoccupe grandement. Nous constatons que la mission de l'Otan n'agit pas toujours de manière transparente. Les gouverneurs des provinces afghanes ont, à plusieurs reprises, parlé de certains hélicoptères sans signes d'identification qui se dirigeaient vers la zone de présence des terroristes. Comme l'Otan et les États-Unis contrôlent tout l'espace aérien afghan, ils étaient au moins au courant de ces incidents.

C'est pourquoi les pays de l'OTSC continueront de concerter leurs actions, notamment en ce qui concerne le soutien au renforcement des frontières tadjikes. Ils poursuivront tous les efforts prévus au niveau des ministères de la Défense, des services secrets, des ministères de l'Intérieur et des gardes-frontières. Cela concerne également la lutte contre le trafic de stupéfiants dans le cadre de l'opération Kanal. Les ententes entre les pays membres en ce sens restent en vigueur, ce qui a été confirmé aujourd'hui par les ministres.

Parallèlement à la normalisation de la situation militaire en Afghanistan, nous avons soutenu l'appel à un dialogue direct avec les Talibans lancé en mars dernier par le Président afghan Ashraf Ghani. La Russie se prononce depuis longtemps pour ce dialogue. Les Talibans font partie intégrante de la société afghane. Ils doivent participer activement au processus politique à condition qu'ils renoncent aux moyens militaires de protection de leurs intérêts. Pour le moment, ils n'ont pas exprimé leur volonté de mener un tel dialogue mais nous poursuivrons ce travail, y compris en nous appuyant sur les ententes conclues aujourd'hui entre les ministres des Affaires étrangères de l'OTSC. 

Question: Que pouvez-vous dire de la coordination des États membres de l'OTSC en matière de politique étrangère? On a l'impression qu'elle est absente.        

Sergueï Lavrov: Il vaut mieux ne pas s'appuyer sur les sentiments, mais sur les faits. Nous avons une directive collective destinée aux représentants permanents des pays de l'OTSC auprès des organisations internationales, sur la base de laquelle on concerte chaque année une liste de textes communs. Il y en a eu 15 en 2017 et on envisage d'en adopter approximativement le même nombre en 2018. Certains de ces documents ont déjà été adoptés, et le reste devrait être rédigé et présenté aux structures internationales appropriées d'ici la fin de l'année.

Oui, il existe des divergences entre certains membres concernant les votes sur différentes résolutions. A mon avis, cela n'est pas du tout grave. Nous travaillons pour nous débarrasser de ces litiges. Il est important pour nous que nos alliés nous soutiennent fermement lors des votes sur les questions de principe. Je parle de notre vote commun contre les résolutions concernant les violations prétendues des droits de l'homme en Crimée. On a constaté la même solidarité des pays de l'OTSC à l'OIAC dans le contexte de l'affaire Skripal: nous avons rédigé avec beaucoup d'autres États une déclaration commune soulignant la nécessité de résoudre les questions de ce genre uniquement sur la base des procédures fixées par la Convention sur l'interdiction des armes chimiques.  

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