25 mai 201821:41

Réponse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, à une question de la presse sur les accusations visant la Russie concernant sa prétendue implication dans le crash du Boeing malaisien en Ukraine en 2014

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Question: Les accusations avancées par les Pays-Bas et l'Australie visant la Russie concernant son implication dans le crash du Boeing malaisien en Ukraine en 2014 s'appuient, entre autres, sur les reproches envers les autorités russes pour leur coopération insuffisante avec l'enquête sur le crash sur l'affaire du crash aérien. Est-ce que la Russie a réellement refusé de coopérer avec les autorités néerlandaises? Quelles informations ont déjà été transmises par la Russie pour retrouver les coupables du crash du vol MH17?

Réponse: Depuis le crash, la Russie a régulièrement apporté aux Pays-Bas toute la contribution possible et appelait instamment à garantir une transparence maximale de l'enquête. Je rappelle que la Russie était à l'origine de l'adoption de la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations unies qui a exigé l'organisation d'une enquête internationale complète et indépendante et a déterminé ses paramètres précis.

En juillet 2016, des experts et des enquêteurs néerlandais sont venus à Moscou pour des consultations approfondies avec leurs collègues russes. A ce que l'on sache, la partie néerlandaise était satisfaite de ces rencontres. Le Parquet russe réagissait toujours rapidement et entièrement aux requêtes dans le cadre des procédures d'aide juridique. Ainsi, à la demande des Pays-Bas, la Russie a déclassifié et a transmis à l'enquête des informations techniques et de construction sur les missiles du système Bouk. De plus, à leur demande, nous avons fourni les résultats d'une expérience grandeur nature réalisée par le fabricant de ce type de missiles, Almaz-Anteï.

Néanmoins, ces informations ont été ignorées dans le rapport final du Conseil de sécurité des Pays-Bas sur les raisons techniques du crash du vol MH17, qui regorge d'incohérences et d'imprécisions. Nous avons fait remarquer ces défauts à la partie néerlandaise, comme l'a déclaré plusieurs fois le vice-directeur de Rosaviatsia Oleg Stortchevoï. Les remarques russes ont été ignorées. Même chose avec le Groupe d'enquête conjoint qui travaille sous l'égide du Parquet néerlandais.

En octobre 2016, la Russie a envoyé les données radar primaires ayant une importance cruciale pour l'enquête car elles sont impossibles à contrefaire ou à modifier. Elles excluent complètement la possibilité d'un tir de missile depuis le territoire contrôlé par les insurgés - version sur laquelle insiste le groupe d'enquête dans ses conclusions.

La réaction néerlandaise à notre démarche a été extrêmement tardive. Deux mois plus tard, il s'est avéré que le groupe d'enquête n'avait pas réussi à décrypter les données russes. Trois mois plus tard, le Parquet néerlandais a envoyé une requête supplémentaire de les fournir dans le format ASTERIX développé par l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne. En août 2017, les spécialistes russes ont transmis aux experts néerlandais un logiciel permettant de traiter les enregistrements des radars russes.

Cependant, bien avant la fin des analyses des informations, les autorités néerlandaises ont déclaré qu'elles pourraient être utiles pour l'enquête uniquement pour confirmer la principale hypothèse concernant l'absence d'un second avion.

En avril 2018, il a été annoncé que pour examiner les données radar primaires non traitées transmises par la Russie, le groupe d'enquête avait fait appel à des experts indépendants qui ont conclu que le radar russe n'avait pas réussi à "voir" le missile à cause de sa vitesse élevée.

Les spécialistes d'Almaz-Anteï ont démenti de manière argumentée ces conclusions: le radar russe ne pouvait pas ne pas remarquer un missile s'il avait été lancé depuis l'endroit obstinément pointé par le groupe d'enquête, c'est-à-dire à proximité de la commune de Pervomaïskoe. Cependant, le groupe d'enquête n'a pas voulu étudier les versions alternatives de la trajectoire de vol du missile entrant en contradiction avec la principale hypothèse de travail. Comme il s'est avéré, les données radar transmises ne sont pas mentionnées dans le dossier.

Actuellement, le Parquet russe examine deux autres requêtes d'aide juridique. Le fait que le groupe d'enquête rende publics les résultats intermédiaires de l'enquête pénale et accuse la Russie d'être impliquée dans le crash du vol MH17 sans attendre notre réaction témoigne de la réticence de l'enquête de prendre au sérieux les informations transmises par la Russie, ce qui confirme une fois de plus l'orientation idéologique initiale de la recherche des coupables.

En témoigne notamment le refus des Pays-Bas de donner une appréciation à une circonstance fondamentale qui a conduit à la tragédie: la non-fermeture aux vols civils, par les autorités ukrainiennes, de l'espace aérien au-dessus de la zone de conflit intérieur, ainsi que l'absence de requêtes adressées à Kiev sur le transfert des données radar et d'informations sur les activités des services de contrôle aérien.

Il convient de rappeler tout de même que les États-Unis n'ont pas fourni de photos des satellites alors qu'ils avaient annoncé être en leur possession immédiatement après la catastrophe.

 

 

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