25 mai 201814:48

Réponse à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2018, Saint-Pétersbourg, 25 mai 2018

1009-25-05-2018

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

 

Question: L'Australie et les Pays-Bas ont jugé que la Russie était impliquée dans le crash du Boeing malaisien MH17 dans l'est de l'Ukraine. Proposent-ils un dialogue à ce sujet?

Sergueï Lavrov: Le Ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok m'a téléphoné aujourd'hui pour dire ce qui est déjà connu. Le procureur est passé au niveau supérieur de l'enquête. Ils n'ont pratiquement aucun doute que le système Bouk est venu de Russie. Je lui ai demandé des preuves de ces affirmations. Il n'a cité aucune preuve en disant qu'ils veulent que la Russie aide à les établir sur base de soupçons infondés.

J'ai rappelé à mon homologue Stef Blok que la Russie avait coopéré plus que quiconque avec l'enquête, bien qu'elle n'ait pas été invitée dans le Groupe d'enquête conjoint. J'ai rappelé que la compagnie Almaz-Anteï avait organisé une expérience grandeur nature. Les informations très détaillées ont déjà été transmises aux Pays-Bas. Nous avons fourni de nombreuses informations factuelles, y compris les données primaires des radars qui travaillaient dans la région de Rostov en ce jour tragique. Nous avons répondu à toutes les requêtes d'aide juridique du Parquet néerlandais. De plus, une nouvelle requête est parvenue hier à laquelle il était physiquement impossible de répondre. J'ai exprimé mon étonnement qu'en  envoyant une requête et sans même obtenir de réponse le jour même ils ont annoncé le passage au niveau supérieur dans leur travail. Tout en ajoutant que beaucoup de temps serait encore nécessaire pour clore l'enquête.

Cela fait beaucoup penser à l'"affaire Skripal" quand il a été dit que c'est "highly likely" (très probablement) les Russes, mais Scotland Yard a annoncé que l'enquête se poursuivait. Et elle n'est toujours pas terminée.

On a une impression de déjà-vu. Si en l'occurrence, quand il s'agit d'une grave tragédie humaine (des centaines de morts), nos partenaires ont décidé à nouveau de spéculer pour atteindre leurs fins politiques, je le laisse sur leur conscience. Comme l'a déclaré hier le Président russe Vladimir Poutine pendant la conférence de presse avec le Président français Emmanuel Macron, malgré les nombreuses questions que nous nous posons sur cette situation nous restons disposés à coopérer. Le plus important est que cette coopération soit honnête et que les informations et les faits que nous apportons ne soient pas ignorés ou utilisés de manière sélective. C'est là probablement tout le problème.

x
x
Outils supplémentaires de recherche