16 mai 201818:25

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères par intérim Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue de son entretien avec la Ministre équatorienne des Affaires étrangères Maria Fernanda Espinosa, Moscou, 16 mai 2018

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Bonjour,

Nous avons eu une bonne discussion avec mon homologue équatorienne Maria Fernanda Espinosa. L’Équateur est un ami de longue date de notre pays et un partenaire stratégique fiable de la Russie en Amérique latine. Les relations entre nos deux pays se caractérisent par des sentiments réciproques de respect et de sympathie, un niveau d'entente élevé, et la proximité de nos approches d'un large éventail de sujets internationaux.

Nous avons évoqué en détail aujourd'hui l'état de nos relations bilatérales, sommes convenus des contacts à venir au niveau politique et avons réaffirmé notre disposition à renforcer la base juridico-contractuelle des relations russo-équatoriennes.

En ce qui concerne la coopération commerciale, économique et d'investissement, nous sommes d'accord pour dire que la 5e réunion de la Commission intergouvernementale russo-équatorienne qui s'est tenue les 14 et 15 mai à Moscou sous la coprésidence de madame la Ministre, était très utile.

Nous avons constaté une hausse notable des échanges, qui ont déjà passé la barre des 1,5 milliard de dollars l'an dernier. Nous avons noté la mise en œuvre de grands projets communs dans le secteur énergétique, et la coopération productive dans le domaine agroindustriel. Nous nous sommes prononcés pour la diversification de la structure des liens économiques, pour la recherche de nouveaux points de croissance prometteurs comme l'industrie pharmaceutique et les technologies de l'information et des communications.

Nous avons constaté également le développement de la coopération militaro-technique. Nous développons la coopération dans le domaine socioculturel, il y a des échanges actifs de délégations au niveau académique entre les universités de la Russie et de l’Équateur. Il est agréable de voir que le nombre d'étudiants équatoriens souhaitant étudier en Russie augmente. Nous accordons une centaine de bourses par an et nous serons prêts à augmenter ce quota si nos amis équatoriens étaient intéressés.

Sur la scène internationale, nos approches des principaux problèmes de l'agenda mondial convergent. Nous prônons continuellement la formation d'un ordre mondial démocratique plus juste basé sur la primauté du droit international avec un rôle central de l'Onu, et la recherche coordonnée de solutions face aux risques et défis de notre époque. Nous avons évoqué notre coordination à l'Onu et nous sommes reconnaissants envers nos amis équatoriens pour le soutien qu'ils ont apporté à plusieurs initiatives russes.

Nous sommes convenus de renforcer notre coopération dans la lutte contre le terrorisme, contre le crime organisé, contre le trafic de stupéfiants et pour garantir la cybersécurité.

En évoquant l'agenda régional nous avons salué le rôle d'initiative de l’Équateur dans l'évolution des processus d'intégration latino-américains, notamment la Communauté d’États latino-américains et caribéens (Celac) avec laquelle la Russie a établi des relations de dialogue et de partenariat. Nous nous rencontrons régulièrement au niveau des ministres des Affaires étrangères avec le quartet qui dirige l'activité de la Celac. Nous comptons organiser prochainement une nouvelle réunion ministérielle.

Nous souhaitons également comparer nos approches de la situation dans plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes pour contribuer à surmonter les problèmes qui persistent.

Je voudrais remercier la Ministre équatorienne des Affaires étrangères et tous nos amis équatoriens pour cet échange très concret, professionnel et confident. Je suis certain que ce caractère de nos relations au niveau des ministères des Affaires étrangères aidera à faire avancer notre travail commun dans tous les domaines au profit de nos peuples et pays.

Question: Que pensez-vous de l'accusation de l'Ambassadrice américaine à l'Onu Nikki Haley visant les Palestiniens, disant qu'ils sont eux-mêmes responsables de la violence à Gaza où Israël a utilisé la force contre eux?

Sergueï Lavrov: La situation en territoire palestinien nous préoccupe fortement, notamment à Gaza qui se trouve pratiquement en état de siège. Il y a de très sérieux problèmes avec les biens de première nécessité, la nourriture et les produits humanitaires. Bien sûr, comme dans la plupart des autres situations au Moyen-Orient, des cercles extrémistes ne souhaitent pas s'entendre (y compris entre le Hamas et le Fatah) pour rétablir l'unité palestinienne et veulent radicaliser la situation. Quand ces milieux extrémistes cherchent à utiliser des civils pour des protestations qui représentent manifestement un grand risque d'affrontements et de victimes, nous ne pouvons pas l'accepter et nous y sommes opposés.

Dans le même temps, je ne peux pas admettre que les dizaines de milliers de civils, y compris des enfants en bas âge, y compris ceux qui ont été tués pendant ces incidents, soient des terroristes. C'est une déclaration perfide pour s'écarter d'une conversation sérieuse et honnête sur le fond des problèmes qui déchirent le Moyen-Orient et empêchent de remplir les décisions de l'Assemblée générale des Nations unies sur la création de l’État palestinien. Il est possible de le créer uniquement à travers un dialogue direct, y compris sur le statut de Jérusalem. Ce thème ne peut pas faire l'objet de décisions unilatérales. Il faut en parler, il faut s'entendre par un dialogue direct entre les autorités d'Israël et de la Palestine.

Nous sommes prêts à apporter toute notre contribution à un tel dialogue, mais n'oublions pas que le non-règlement du problème palestinien depuis des décennies est l'un des plus graves facteurs qui créent un terreau fertile pour le recrutement des jeunes par les extrémistes.

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