16 mars 201811:09

Allocution d'ouverture du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors des négociations tripartites avec les ministres iranien et turc des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et Mevlüt Çavuşoğlu dans le cadre de la rencontre des pays garants du processus d'Astana, Astana, 16 mars 2018

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Cher Kairat,

Tout d'abord, je voudrais remercier les autorités kazakhes et personnellement le Président du pays Noursoultan Nazarbaïev ainsi que vous, cher Président de cette rencontre, pour l'hospitalité et le soutien infaillible du Kazakhstan depuis le lancement du format d'Astana. Je suis certain que mes homologues les ministres iranien et turc des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif et Mevlüt Çavuşoğlu partagent ces sentiments.

Au cours de notre travail, Astana a confirmé son rôle en tant que l'une des principales capitales au cœur de l'Eurasie, où les traditions et la modernité s'entremêlent de manière harmonieuse. Depuis le lancement de ce processus diplomatique, Astana s'est transformé en plateforme cruciale de prise de décisions sur le règlement du conflit syrien, qui fait partie des questions internationales les plus aiguës. Pour le dire poétiquement, quand les médias évoquent la capitale kazakhe, des millions de Syriens se tournent vers Astana avec l'espoir aux yeux.   

Le format d'Astana, créé il y a un an par la Russie, l'Iran et la Turquie, a déjà prouvé son importance, est devenu un synonyme du progrès vers la normalisation de la situation en Syrie, du concours au règlement politique et diplomatique de la situation. Je ne vais pas énumérer toutes les avancées positives en Syrie, obtenues notamment grâce aux initiatives concertées ici, à Astana. Je vais seulement dire que les zones de désescalade fonctionnent vraiment, qu'on a élaboré les principes du déminage humanitaire et formé un groupe de travail pour la libération des otages qui a tenu ici hier une séance très fructueuse. Notre travail a considérablement facilité l'acheminement de l'aide humanitaire et créé les conditions nécessaires pour le rétablissement d'un processus politique à part entière sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'Onu. Ce fait a été clairement souligné dans la déclaration finale du Congrès du dialogue national syrien, une réunion sans précédent qui a eu lieu à Sotchi et a impliqué tous les groupes ethniques et religieux principaux de la société syrienne.

Je ne peux pas ne pas mentionner que le progrès atteint grâce à nos efforts, qui se basent sur le respect absolu de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie, ne plaît pas à tout le monde. Ceux qui aspirent à partager la Syrie et à changer son régime pour que ce pays crucial du Moyen-Orient soit remplacé par une constellation de petites principautés contrôlées par des acteurs extérieurs - ce qui constitue une violation grossière de toutes les normes du droit international et de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'Onu - n'apprécient pas ce que nous faisons et obtenons à Astana.   

Je suis convaincu que nous nous trouvons du bon côté de l'histoire et que nous sommes du bon côté du droit international. Parallèlement à la lutte incessante contre le terrorisme, nous poursuivrons le progrès dans tous les domaines fixés en tant que priorités par la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'Onu et élaborés par les textes d'Astana et du congrès de Sotchi. J'espère que les coalitions internationales menées par les États-Unis comprendront la nécessité de ne pas protéger les terroristes - ce que nous constatons actuellement dans la Ghouta orientale - mais de lutter progressivement et infailliblement contre les organisations terroristes, notamment contre le Front al-Nosra indépendamment de ses changements incessants d'apparence et de nom. Dans ce contexte, l'un des problèmes principaux - nous l'avions évoqué avec nos collègues américains encore à l'époque de l'administration de l'ancien Président américain Barack Obama - réside dans la nécessité de séparer l'opposition armée bonne et constructive, d'une part, des terroristes, notamment du Front al-Nosra, que la coalition américaine évite toujours de frapper, bien que ce groupe soit une organisation terroriste en conformité avec la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu.

Je ne vais pas évoquer notre futur travail plus en détail. C'est déjà une affaire intérieure. Nous présenterons plus tard à la presse toutes nos ententes d'aujourd'hui. A cette étape, je voudrais remercier encore une fois nos hôtes et amis kazakhs et exprimer ma certitude du fait que le processus d'Astana continuera d'aider efficacement et avec succès le règlement syrien en conformité absolue avec les décisions du Conseil de sécurité de l'Onu.    

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